Archive pour février, 2019

Usagers, attention…………………………(05/02/2019)

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Paris : trafic très perturbé sur le RER A après un acte de malveillance, la SNCF porte plainte
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Publié dans:Non classé |on 5 février, 2019 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin……………………(04/02/2019)

Libération 04 février 2019
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

La farce tragique de Maduro

Six pays européens, dont deux dirigés par des coalitions de gauche, l’Espagne et le Portugal, ont donc reconnu Juan Guaidó, principale figure de l’opposition vénézuélienne, comme président par intérim chargé d’organiser une nouvelle élection présidentielle. On dira : de quoi se mêlent-ils ? Pourquoi emboîter le pas, d’un continent à l’autre, à Donald Trump, qui a le premier proclamé la légitimité de Juan Guaidó ? Lui qui a ressuscité par sa balourdise éléphantesque le vieil imperium que les Etats-Unis, depuis le président Monroe, se sont abusivement attribué sur les affaires de l’Amérique latine, ranimant ainsi le spectre de l’impérialisme yankee ?

Ils se mêlent en fait des affaires de la démocratie. L’Union européenne avait en son temps émis de très sérieux doutes sur la validité de l’élection du président en titre, Nicola Maduro, organisée à la va-vite par une commission électorale aux ordres du régime, boycottée par l’opposition et marquée par toutes sortes de fraudes. Or la constitution vénézuélienne, un peu comme en France, prévoit qu’en cas d’empêchement du président en titre, celui de l’Assemblée – Juan Guaidó en l’occurrence – exerce un intérim avant l’organisation d’un nouveau scrutin. Guaidó est en quelque sorte un Poher un peu expéditif, qui prend acte de l’illégitimité de Maduro et presse le pas vers de nouvelles élections, régulières, celles-ci. D’où la reconnaissance européenne.

Les soutiens du régime vénézuélien crient au coup d’Etat manipulé de Washington. C’est oublier le contexte. Successeur de Chavez, plus terne et plus répressif, Maduro a ruiné son pays. Assis sur les plus grandes réserves de pétrole au monde, il a réussi en quelques années à diviser par deux le PIB du Venezuela, à réduire son peuple à la misère et à provoquer l’exil forcé de plus de deux millions de ses compatriotes. Appuyé sur l’armée, gangrené par la corruption, le régime a résisté à toutes les protestations en usant d’une répression multiforme et brutale.

La France insoumise, toujours rangée derrière Maduro, dénonce en France, à raison, la répression trop brutale des « gilets jaunes» qui a occasionné de nombreuses blessures graves. Elle oublie de critiquer la répression vénézuélienne, qui a causé la mort de dizaines de personnes en quelques semaines. Politiquement daltonienne, elle soutient avec la même ferveur les «gilets jaunes» et les uniformes kaki des sbires de Maduro. Une légère contradiction…

Le président vénézuélien a proposé d’organiser de nouvelles élections législatives, ce que certains ont interprété comme un geste d’ouverture. En fait, il s’agit d’une mauvaise blague. C’est l’élection du président qui est contestée, non celle du Parlement, qui s’est déroulée dans des conditions honorables et qui a débouché sur la victoire de l’opposition. Maduro, élu illégitimement, propose de rester en place et de dissoudre l’assemblée légitime, privant Guaidó de son point d’appui légal. A juste titre, cette farce potentielle a aussitôt été récusée par l’opposition.

Il n’est qu’une issue à la crise qui a plongé dans le malheur un peuple longtemps abusé et qui se révolte aujourd’hui : l’organisation d’une élection présidentielle sincère. Alors on verra alors si ce régime populiste reçoit toujours l’assentiment du peuple.

LAURENT JOFFRIN
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Benalla…………………………….(04/02/2019)

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Affaire Benalla : la justice ouvre une enquête après la diffusion d’enregistrements par Mediapart, la rédaction s’oppose à une perquisition dans ses locaux
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Bonne idée………………………………………(04/02/2019)

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Alimentation, banques, énergie… L’UFC-Que Choisir s’invite dans le grand débat national avec 12 propositions pour augmenter le pouvoir d’achat
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Gilets jaunes……………………………(02/02/2019)

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« Gilets jaunes » : 58 600 manifestants dans toute la France selon le ministère de l’Intérieur, un chiffre en baisse par rapport aux semaines précédentes
Publié dans:Non classé |on 2 février, 2019 |Pas de commentaires »

Gilets jaunes……………………………….(02/02/2019)

GILETS JAUNES

Acte XII : les violences policières dans le viseur

Par Jonathan Bouchet-Petersen — 1 février 2019 à 20:46
Un policier avec un LBD le 8 décembre, lors de l’acte IV.
Un policier avec un LBD le 8 décembre, lors de l’acte IV. Photo Marc Chaumeil

Les gilets jaunes se mobilisent ce samedi pour leurs «gueules cassées». La veille, le Conseil d’Etat a rejeté la demande de suspension des lanceurs de balles de défense.

  • Acte XII : les violences policières dans le viseur

Un « acte XII» sous le signe des «gueules cassées» et de la dénonciation des violences policières. Avec la triplette Eric Drouet-Priscillia Ludosky-Maxime Nicolle, dont les liens s’étaient distendus ces dernières semaines, de nouveau réunie ce samedi à Paris. «Il faut qu’on avance et qu’on continue sur notre première pensée : le mouvement. Il faut qu’on arrête de se séparer parce qu’on n’a pas les mêmes idées», a lancé le premier sur YouTube.

Samedi dernier, le ministère de l’Intérieur avait dénombré 69 000 gilets jaunes mobilisés, 15 000 de moins que la semaine précédente. Pour poursuivre la mobilisation, la CGT appelle à une «grève générale»mardi – un appel notamment relayé par Eric Drouet, Jean-Luc Mélenchon, Olivier Besancenot (NPA) et le PCF.

Le Conseil d’Etat valide l’usage des LBD

Plus de 9 200 tirs de lanceurs de balles de défense (LBD) ont été recensés par le ministère de l’Intérieur depuis le début du mouvement, en novembre. Saisi en urgence par la Ligue des droits de l’homme (LDH) et la CGT, alors que les blessés par LBD se sont multipliés, le Conseil d’Etat a refusé vendredi de suspendre leur usage pour le maintien de l’ordre, estimant que le risque de violences rendait «nécessaire de permettre aux forces de l’ordre de recourir à ces armes».

«Arme mutilante», doute sur les «conditions légales d’utilisation», «formation insuffisante» : les arguments des anti-LBD ont été balayés par la plus haute juridiction administrative. «Il est regrettable que le Conseil d’Etat constate la gravité des blessures et n’en tire aucune conclusion immédiate», a réagi Me Patrice Spinosi, pour la LDH.

«Le Conseil admet qu’il n’est pas établi, aujourd’hui, que les victimes « se trouvaient dans une situation justifiant cet usage »», veut pour sa part retenir Me Hervé Gerbi, l’avocat de plusieurs victimes. Soulignant que la responsabilité personnelle des agents et de leurs supérieurs est plus que jamais engagée. «Cette décision me surprend. Je suis quand même le vingtième œil qui tombe dans ce mouvement. C’est aberrant, incompréhensible», a pour sa part lancé Jérôme Rodrigues, figure des gilets jaunes blessée samedi dernier à Paris (lire aussi page 36).

L’exécutif défend les forces de l’ordre

Interrogé par Libé à la veille de la décision du Conseil d’Etat, Macron avait jugé «difficile de trancher à chaud», sans prétendre «purger» un débat qui doit, selon lui, se tenir. Cesser d’utiliser le LBD ? Ce serait«une drôle de responsabilité» au moment où des gens «viennent pour tuer» dans ces manifestations du samedi, que le chef de l’Etat considère comme étant d’abord le fait de plusieurs dizaines de milliers de militants de l’extrême gauche violente et de l’ultradroite brutale.

Vendredi, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a réaffirmé combien les forces de l’ordre faisaient un usage proportionné des LBD : «Ce sont des personnels formés, habilités. Ils le font quand il y a des agressions, quand il y a des attaques.» Saluant une «sage décision», Frédéric Lagache, du syndicat de policiers Alliance (situé à droite), a affirmé, à l’instar du ministre Castaner, que sans cette arme non létale, le risque serait, «compte tenu de la violence de certains casseurs, de voir des fonctionnaires de police contraints d’utiliser leur arme de service en légitime défense».

Sur les 116 enquêtes ouvertes par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) après des plaintes de manifestants, plus du tiers viseraient à déterminer si le LBD est en cause. Selon le comptage du journaliste David Dufresne, 14 personnes ont été éborgnées par cette arme jugée «dangereuse» par le Défenseur des droits et que de nombreux pays européens n’utilisent pas pour le maintien de l’ordre, et avec laquelle le tireur n’est censé viser que le torse ou les membres.

La blessure de Jérôme Rodrigues, atteint à l’œil samedi dernier place de la Bastille par l’éclat d’une grenade de désencerclement ou par un tir de LBD (il appartiendra à l’IGPN et à la justice de le déterminer), a placé le débat sur l’usage de la force par la police au même niveau que celui sur la loi anticasseurs examinée cette semaine à l’Assemblée. Plusieurs initiatives prises par des médecins pour dénoncer les dégâts physiques causés par les tirs de LBD ont aussi vu le jour. «Extrêmement déçus» par la décision du Conseil d’Etat, les requérants ont aussitôt annoncé le dépôt d’un nouveau recours – au fond et non plus en urgence. Il sera examiné dans plusieurs mois.

Hommages aux «gueules cassées»

Sur son groupe Facebook «La France en colère !!!», Eric Drouet a lancé un appel à la mobilisation samedi dernier, alors que Jérôme Rodrigues, un proche, était encore hospitalisé. Intitulé «Acte 12 L’ImPaCt !», il réunissait vendredi plus de 10 000 personnes intéressées et 2 500 participants potentiels autour de trois mots d’ordre : «Justice pour les blessés, hommage aux victimes, interdiction des grenades et du Flash-Ball (sic).» Devenu un symbole, Rodrigues parle désormais de «blessures de guerre» : «Il y a eu 14-18 et aujourd’hui on va faire quoi ? Les nouvelles gueules cassées de 2018 et 2019 ?»

Des défilés dédiés aux 1 900 blessés officiellement recensés depuis le début du mouvement et contre les violences policières sont annoncés ce week-end dans plusieurs autres villes comme Nancy, Marseille ou Nantes. A Valence, la préfecture dit attendre entre 6 000 et 10 000 manifestants, dont «10 % de casseurs». 

Jonathan Bouchet-Petersen

Liberation.fr

 

Publié dans:Non classé |on 2 février, 2019 |Pas de commentaires »

Est-ce possible ?? (02/02/2019)

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Une soixantaine d’avocats dénoncent les « dérives » dans le traitement judiciaire des « gilets jaunes »
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La lettre de Laurent Joffrin……………………….(01/02/2019)

Libération 01 février 2019
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Pétain, Zemmour, Wauquiez

Le wauquiezisme est-il un humanisme ? On en doute de plus en plus. Une affaire d’apparence anecdotique livre un indice éclairant. Le 30 janvier, Eric Zemmour était l’invité du Rendez-vous des idées, pince-fesses intellectuel organisé régulièrement par le parti Les Républicains pour se remuer les méninges en bonne compagnie. Jusque-là rien que de banal, Zemmour est le publiciste vedette de la droite dure : la droite en principe moins dure peut bien frotter ses conceptions aux siennes.

Tout change avec la posture adoptée par Wauquiez, qui a tenu a accueillir en personne l’idole des réacs (à connotation xénophobe), avec un sonore «Eric est ici chez lui». Lequel Eric a attiré quelque 700 personnes enamourées qui lui font une ovation de rock star. Etonnante dérive. Rappelons tout de même que le parti dirigé par Wauquiez est l’héritier – lointain désormais – d’une double filiation gaulliste et libérale, par Chirac et Sarkozy interposés. Dire que Zemmour «y est chez lui», c’est répudier d’un coup soixante-dix ans d’histoire politique, même si Sarkozy, mais non Chirac, Balladur ou Juppé, avait déjà mordu la ligne jaune sous l’influence de Patrick Buisson.

Cette fois, on change carrément de file. Zemmour venait défendre son livre consacré à l’histoire de France, défense inutile, puisque l’audience était acquise d’avance à ses thèses. Que dit le livre, en effet ? Que l’histoire de France la plus traditionnelle est la seule valable, qu’elle n’est pas honteusement déformée par ces historiens de gauche voués à la «repentance» et à la glorification des faibles, «les vaincus, les femmes, les colonisés». On reprendra ici le compte rendu de lecture déjà publié dans Libé, mais qui mérite d’être rappelé pour bien mesurer la métamorphose de la droite officiellement républicaine, qui a tout oublié de ses origines. Destin français, l’opus zemmourien, ne livre qu’un seul message : les libertés publiques sont désormais un obstacle au salut de la nation. Une phrase résume le livre (p. 191) : «Ignorant les leçons du passé et oubliant les vertus de son histoire, la France saborde son Etat au nom des droits de l’homme et l’unité de son peuple au nom de l’universalisme». La liberté : voilà l’ennemie.

Après une introduction personnelle, plutôt bien troussée, Zemmour livre un essai chronologique, de Clovis à nos jours. Le livre se présente comme une contre-histoire qui dégonfle les mythes officiels – ce qui se conçoit. Il déterre en fait l’histoire monarchiste nationaliste telle qu’elle fut diffusée par Maurras, Bainville et quelques autres entre les deux guerres. Une histoire cursive, soigneusement écrite, mais une histoire à œillères, outrageusement partisane.

Pour Zemmour, l’histoire de France commence avec Clovis. Choix significatif. Bien sûr, le roi franc a étendu par la guerre son petit fief de Belgique à un territoire qui évoque l’actuel Hexagone, il a choisi Paris pour capitale et, surtout, il s’est converti au christianisme. Pour le reste, le choix est arbitraire : Clovis n’a rien de français (il s’appelle Chlodowig et parle une langue à consonance germanique) et n’a aucunement l’idée d’un pays qui pourrait s’appeler la France. A sa mort, son royaume se désunit et il faut attendre deux siècles pour que Charles Martel reconstitue une entité hexagonale, elle-même englobée dans l’empire de Charlemagne – Karl der Grosse pour les Allemands, qui le revendiquent tout autant – puis de nouveau divisé après le traité de Verdun de 843. A vrai dire, les historiens s’accordent pour dater de Bouvines, ou de la guerre de Cent Ans, l’apparition d’un royaume qui annonce la future France, avec un début de sentiment patriotique. Le choix de Clovis n’a qu’une seule origine : la volonté de célébrer «les racines chrétiennes» du pays.

Tout est à l’avenant : on met en scène un peuple catholique par nature patriote opposé à des élites cosmopolites. Jeanne d’Arc mobilise le camp Armagnac, plus conservateur, contre les Bourguignons alliés aux Anglais, pourtant tout aussi «Français» que leurs adversaires. Louis XIII et Richelieu ont cent fois raison de réprimer les protestants, accusés de séparatisme ; Catherine de Médicis tente la réconciliation pendant les guerres de religion, mais bascule du côté des catholiques avec la Saint-Barthélemy que Zemmour justifie à mots couverts, pour approuver ensuite l’instauration de l’absolutisme – éloge ému de Bossuet –, régime régressif qui a pour seul mérite d’unifier la future nation. Louis XIV, autre héros zemmourien, expulse les protestants, œuvre pie. Il a pourtant ruiné son peuple et mené des guerres incessantes et vaines. Pas un mot sur le Code noir et l’essor de l’esclavage organisé par Colbert au nom du Roi Soleil. Les Lumières inoculent à la vieille France l’illusion universaliste qui corrompt l’identité française. Le chapitre sur Voltaire (qui avait certes des défauts) n’est qu’une démolition systématique ressuscitant le vieux réquisitoire réactionnaire contre le philosophe et son «hideux sourire». Robespierre bénéficie d’un éloge paradoxal pour avoir incarné une République impérieuse et nationale. Sans craindre la contradiction, Zemmour porte aux nues l’insurrection vendéenne (classique de la littérature monarchiste) alors qu’elle fut massacrée sans retenue sous l’égide du même Robespierre. Bonaparte est célébré pour avoir mis fin à la Révolution et étendu sur l’Europe une tyrannie dont Zemmour passe sous silence les tares les plus évidentes. Les Anglais puis les Américains sont fustigés comme agents de la mondialisation sans âme. Le Front populaire disparaît, comme sont effacées du récit les conquêtes du mouvement ouvrier.

Pétain, enfin, est réévalué (réhabilité ?), parce qu’il a opposé aux Allemands son «bouclier», complémentaire du «glaive» de la France libre, vieille thèse maréchaliste qui revient à jeter aux orties le travail des historiens contemporains. La théorie du «bouclier» s’effondre d’elle-même quand on remarque que le Maréchal a poursuivi la collaboration jusqu’au bout, pour finir à Sigmaringen après avoir prêté la main à la déportation des Juifs. Drôle de bouclier… Bref, Zemmour ressuscite la vieille histoire maurrassienne, autoritaire, traditionaliste et antisémite, se contentant de remplacer la haine des juifs par la dénonciation de l’islam. Le livre s’appelle Destin français. Il y avait un meilleur titre : «Action française».

La droite républicaine fait donc un triomphe à un livre de facto monarchiste, aux accents pétainistoïdes. Pauvre Général, condamné à mort par Vichy, un régime que ses héritiers réhabilitent désormais, presque sans y penser…

LAURENT JOFFRIN
Publié dans:Non classé |on 1 février, 2019 |Pas de commentaires »

Automobilistes, à vos poches……………………(01/02/2019)

De plus en plus chères, elles sont l’une des cibles principales des gilets jaunes : à l’heure d’une nouvelle augmentation, ce vendredi, la polémique enfle sur les conditions très avantageuses consenties à des concessionnaires aux bénéfices vertigineux.

  • Péages : les autoroutes aux œufs d’or

Voilà qui ne va pas contribuer à apaiser le mécontentement des automobilistes, ni la colère des gilets jaunes. Alors que les bénéfices des sociétés concessionnaires d’autoroutes (SCA) battent des records – tout comme les dividendes versés à leurs actionnaires -, une nouvelle hausse des tarifs des péages va entrer en vigueur ce 1er février. Elle sera de 1,8 % à 1,9 % en moyenne et s’ajoutera à une cascade de majorations intervenues chaque année depuis la privatisation des concessions d’autoroutes en 2006.

Décidée par Dominique de Villepin, cette opération s’est avérée calamiteuse pour l’Etat et les usagers qui ont vu les prix des péages s’envoler. Sur certains tronçons, comme Paris-Bordeaux (55,60 euros à payer aux barrières), Paris-Strabourg (38,80 euros) ou Paris-Nantes (37 euros), les automobilistes dépensent désormais autant en péage qu’en carburant pour effectuer leur trajet. Aujourd’hui, même au cabinet d’Elisabeth Borne au ministère des Transports, on admet que «les contrats de concession ont été conclus de telle façon qu’ils sont très contraignants et très défavorables aux intérêts de l’Etat».

«Plus vite que l’inflation»

Les hausses incessantes grèvent les budgets des ménages au point que les autoroutes sont devenues l’une des cibles principales des gilets jaunes. Depuis le début du mouvement, plusieurs péages ont été occupés par des manifestants qui ont laissé passer gratuitement les voitures. Il y a eu aussi des actions plus musclées : des barrières ont été arrachées, des péages incendiés, comme à Narbonne, Carcassonne, Perpignan, La Ciotat ou encore Aix-en-Provence… Dans l’Hérault, des inconnus ont carrément mis le feu à un bâtiment de Vinci Autoroutes, l’une des trois grandes sociétés concessionnaires d’autoroutes avec les groupes Eiffage et Abertis. «Le modèle économique des sociétés d’autoroutes repose sur le « consentement à payer »Le mouvement des gilets jaunes montre que face aux hausses de tarifs à répétition ce consentement s’étiole, pointe un ancien cadre supérieur d’une société d’autoroutes rencontré par Libération. Les violences ne sont pas acceptables, mais si les manifestations contre les péages devaient se poursuivre ou s’accentuer, le modèle devrait être sérieusement bousculé.» La pire des situations pour les SCA, auxquelles les contrats de concession mal ficelés donnent la possibilité d’imposer leurs décisions à des pouvoirs publics impuissants. La hausse de leurs tarifs a été sans répit, y compris pendant et après la dure crise économique de 2008 qui s’est traduite par une baisse du PIB et une forte hausse du chômage en France.

Dans un rapport datant de septembre 2014, l’Autorité de la concurrence constate que «les tarifs des péages augmentent bien plus vite que l’inflation […], quelle que soit l’année concernée». Ainsi le chiffre d’affaire des SCA est passé de 6,5 milliards d’euros en 2006, année de la privatisation, à 8,2 milliards en 2013, soit une hausse de 26 % sur sept ans. «Si la forte augmentation du chiffre d’affaires […] ne peut s’expliquer ni par l’augmentation du trafic ni par celle des mises en service de nouvelles sections autoroutières, c’est qu’elle découle essentiellement de l’augmentation du tarif des péages», pointe le rapport. Ces hausses continueront de plus belle les années suivantes. Ce 1er février, ce sera donc un peu moins de 2 %, en dépit de la crise sociale qui secoue la France depuis novembre. Seul geste consenti par les SCA face au mouvement social des gilets jaunes : une réduction tarifaire de 30 % sur tous les tronçons pour les automobilistes qui font au moins dix allers-retours par mois, notamment pour se rendre à leur travail. Mais il convient d’observer que des formules d’abonnement à prix un peu réduit existaient déjà localement pour des usagers réguliers. La nouvelle mesure a l’avantage de généraliser le système de réduction à tout le réseau autoroutier (lire ci-dessous).

«Hausses additionnelles»

En théorie, les sociétés concessionnaires ne peuvent pas augmenter leurs tarifs annuels au-delà de 70 % de l’inflation constatée en France – si l’inflation est de 1 % par exemple, la hausse des péages ne peut excéder 0,7 %. C’est l’argument qu’avaient fait valoir en 2006 le gouvernement et les lobbys qui œuvraient en faveur de la privatisation pour convaincre des Français – sceptiques – du bien-fondé de cette mesure. Toute leur communication avait consisté à laisser entendre qu’avec la privatisation, les tarifs des péages augmenteraient moins vite que la hausse des prix à la consommation. Mais des clauses particulières aux contrats de concession permettent aux SCA de procéder à des «hausses additionnelles» en faisant valoir par exemple la nécessité d’installer des panneaux lumineux pour l’information des automobilistes ou de refaire des aires de repos qui pourtant font bien partie de l’autoroute. L’élargissement d’un tronçon de deux à trois voies donne lieu à une hausse additionnelle substantielle des prix des péages, au motif qu’il s’agit d’un investissement coûteux.

«Sauf que l’Etat est dans l’incapacité d’évaluer le coût réel des travaux, notamment face à Eiffage et Vinci qui sont aussi des géants du BTP, explique l’ancien cadre supérieur d’une société d’autoroutes. Personne n’est vraiment en capacité d’évaluer si le montant des travaux affichés par les sociétés pour justifier une hausse additionnelle du prix des péages correspond au coût réel des travaux réalisés. Il faudrait faire des audits.» Une chose est certaine : on n’a jamais construit aussi peu d’autoroutes que depuis la privatisation des concessions. En sept ans (2007-2013) seulement, 167 nouveaux kilomètres ont été réalisés. C’est peu au regard d’un réseau privatisé de 8 442 kilomètres.

Ce n’est pourtant pas l’argent qui manque. Les SCA affichent une rentabilité et des bénéfices hors du commun. Dans son rapport, l’Autorité de la concurrence observe qu’en 2013, les marges nettes de ces sociétés (le ratio résultat net/chiffre d’affaires) oscillent entre 20 % et 24 %. Autrement dit, sur 100 euros de recettes, elles réalisent entre 20 et 24 euros de bénéfice net. On comprend pourquoi ces incroyables poules aux œufs d’or que sont les sociétés concessionnaires distribuent à leurs actionnaires des dividendes étonnants.

A LIRE AUSSI[Reportage] «Je vais encore payer 2,10 euros dans dix minutes, pour 10 km…»

«L’Etat a privatisé les SCA au moment même où leur rentabilité a commencé à croître fortement, pointe le rapport 2013 de l’Autorité de la concurrence. C’est ainsi que, depuis la privatisation [soit sur la période 2007-2013, ndlr], les dividendes versés par les seules SCA privatisées se sont élevés, dividendes exceptionnels inclus, à 14,9 milliards d’euros.» Les années suivantes, ce sera un véritable festival pour les actionnaires : 1,45 milliard de dividendes en 2014, puis 3,3 milliards en 2015. Et 2016 est un vertige, avec 4,7 milliards de distribués. En 2017, les actionnaires des concessions se contenteront d’un petit 1,7 milliard de dividendes. On attend à présent le cru 2018. Depuis 2007, ce sont donc 26 milliards qui ont été distribués. Libération s’est fourni ces chiffres en consultant des documents officiels, l’Association des sociétés françaises d’autoroutes (Asfa) ayant refusé de communiquer sur ce sujet, manifestement très sensible.

Concessions prolongées

En 2014, face à des automobilistes et une opinion publique remontés contre l’envolée des prix des péages, la ministre de l’Environnement d’alors, Ségolène Royal, également en charge des Transports, avait annoncé un gel des tarifs des autoroutes pour l’année 2015. Une décision illégale au regard des contrats de concession que les sociétés d’autoroutes ont fait payer cher aux pouvoirs publics et aux usagers : menacé par des procès, l’Etat va négocier en catimini avec les SCA et, en septembre 2017, France 2 révèle qu’un accord secret conclu avec les sociétés d’autoroutes prévoit de rattraper intégralement le gel des prix de 2015 à raison d’une hausse additionnelle de 0,26 % des prix des péages pendant cinq ans, sur la période 2019-2023. Une mesure qui se traduira pour les usagers par un surcoût de 500 millions d’euros.

Sous prétexte de nouveaux investissements, les sociétés d’autoroutes obtiendront aussi une prolongation de leurs concessions pour une durée de trois à cinq ans. Des documents de l’accord, récemment dévoilés par Mediapart, montrent que«l’Etat s’est placé dans une position où il a renoncé à tout contrôle, toute mesure qui pourrait limiter les appétits des sociétés concessionnaires», analyse le site. Cette situation renforce le sentiment diffus selon lequel face aux sociétés concessionnaires, l’Etat s’est mis en position de ne plus défendre l’intérêt général. «Et puisque l’Etat ne défend plus l’intérêt général, eh bien les citoyens se mobilisent pour le défendre eux-mêmes. C’est le message envoyé par les gilets jaunes», analyse l’ancien cadre sup d’une société d’autoroutes.

A LIRE AUSSI[Interview] «Les concessionnaires d’autoroutes ont été favorisés au détriment de l’intérêt général»

Contactées par Libération au sujet des prix des péages et de la fronde sociale, les sociétés concessionnaires filiales d’Eiffage et Abertis n’ont pas répondu à nos sollicitations. Vinci Autoroutes nous a fait parvenir son communiqué qui annonce le lancement d’«Ulys 30», la nouvelle formule d’abonnement donnant lieu à la fameuse réduction de 30 %. «Attentif aux préoccupations qui s’expriment en faveur du pouvoir d’achat et des mobilités quotidiennes, Vinci Autoroutes proposera à compter du 1er février un nouvel abonnement permettant de réaliser des économies sur les dépenses de péage», écrit le concessionnaire. Une toute petite réponse au très gros problème de la concession des autoroutes en France.


Réduction de 30 % pour les parcours du quotidien

Un abonnement donnant droit à une réduction tarifaire de 30 % va être mis en place par les sociétés d’autoroutes, et sur tout le territoire, en faveur des personnes qui font chaque mois dix allers-retours et plus sur un même tronçon. Sont notamment concernés les salariés qui utilisent leur voiture pour aller travailler. Ainsi pour un trajet Mâcon-Villefranche-sur-Saône par exemple (2,50 euros de péage soit 5 euros l’aller-retour), un automobiliste effectuant 20 allers-retours par mois (soit 100 euros de péage) bénéficiera d’une réduction de 30 euros.

Tonino Serafini

Liberation.fr
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Publié dans:Non classé |on 1 février, 2019 |Pas de commentaires »

Bon appétit…………………………………(01/02/2019)

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Près de 800 kilos de viande avariée polonaise ont été retrouvés en France dans neuf entreprises
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