Archive pour le 11 mars, 2019

La lettre de Laurent Joffrin……………………….(11/03/2019)

Libération 11 mars 2019
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

«On lâche rien»

Entendu pendant les manifs de gilets jaunes ce week-end, le mantra qui tend à dominer désormais le vocabulaire protestataire en France : «On lâche rien». Slogan banal en apparence, qui est aussi le titre d’une «chanson de manif» du groupe HK et les Saltimbanks, entraînante, radicale et sympathique, reprise en hymne militant par Jean-Luc Mélenchon ou par Philippe Poutou et dont les gilets jaunes font un abondant usage. Une version modernisée de l’antique «Ce n’est qu’un début, continuons le combat», prisé par les manifestants des années 70. Inoffensif, au fond.

Encore que… Prise au pied de la lettre, elle pose un léger problème. Remarquons d’abord que ces gilets jaunes qui «ne lâchent rien» ont été massivement lâchés par la majorité de ceux qui se faisaient fort de ne rien lâcher. De quelque 300 000 au début du mouvement, les manifestants sont désormais moins de 30 000, ce qui tend à prouver qu’il y avait, malgré tout, au sein de ces ennemis du lâchage, une majorité de lâcheurs.

Dans cette locution batailleuse, c’est le mot «rien» qui retient l’attention. Sous cet emblème définitif, nous avons vu défiler successivement ceux qui protestaient contre la réforme des retraites de François Fillon, la loi travail de Manuel Valls, la réforme du marché du travail de Muriel Pénicaut, la réforme de la SNCF du gouvernement Philippe. Or tous ces mouvements ont échoué à atteindre leur objectif, qui était le retrait des projets contestés. Ils n’ont «rien lâché». Du coup, ils n’ont rien obtenu.

Dans la même période, le mouvement syndical, divisé entre ceux qui ne «lâchent rien», CGT, Solidaires et quelques autres, et ceux qui sont prêts au compromis – la CFDT principalement – s’est modifié au profit des seconds, puisque la centrale de Laurent Berger, à qui on reproche en permanence de «trop lâcher», est devenue le premier syndicat de France, devant ceux qui «ne lâchent rien». Même réflexion dans le champ politique : en 2017, c’est le mouvement centriste En marche, adepte du «en même temps», et non du «on lâche rien», qui a remporté haut la main les deux scrutins nationaux. Et ses ennuis ont commencé quand il s’est raidi et a décidé, précisément, de ne rien «lâcher» sur l’application de son programme, entre-temps fortement droitisé, bien loin du «en même temps» initial. En ne lâchant rien alors qu’il n’a réuni qu’un quart des électeurs qui se sont exprimés au premier tour de la présidentielle, il a tout perdu, ou presque, en popularité. Laquelle popularité s’est un peu requinquée, justement, après qu’il a choisi de lâcher quelque chose au mouvement des gilets jaunes, lesquels n’ont «rien lâché», mais voient la cote gouvernementale se rétablir au fur et à mesure que leurs manifestations continuent en ne «lâchant rien».

Cette stratégie du «tout ou rien» pose un problème démocratique essentiel. La démocratie consiste aussi, dans le cours ordinaire du temps, à concilier les aspirations contradictoires de la société, autour de compromis négociés, ou bien arrachés par la lutte sociale. Dans ce scénario favorable, le gouvernement lâche des concessions et le mouvement social, en contrepartie, lâche une partie de ses revendications. Mais si personne «ne lâche rien», tout échoue. A moins de provoquer le «grand soir» du remplacement brutal d’un pouvoir par un autre, perspective aussi nébuleuse que lointaine.

Ainsi cette «punchline», comme on dit désormais, combative et séduisante, traduit aussi, si on la prend au sens strict, le recul de la culture démocratique dans le pays. Pour les amateurs d’histoire, on rappellera une autre «punchline», celle de Siéyès, qui avait toutes sortes de défauts, mais s’y connaissait un peu en stratégie révolutionnaire : «Qu’est-ce que le Tiers-Etat ? Tout. Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique ? Rien. Que demande-t-il ? A être quelque chose.»Ainsi Siéyès ne voulait ni tout ni rien, mais quelque chose. Il est probable qu’à la fin du «grand débat» et une fois les décisions du gouvernement connues, le mouvement des gilets jaunes se retrouvera dans la même position : il n’aura ni tout ni rien, mais quelque chose. «On ne lâche rien ?». Si : c’est comme cela qu’on progresse.

 Laurent Joffrin

Publié dans:Non classé |on 11 mars, 2019 |Pas de commentaires »

Un éclair de lucidité…………………………….(11/03/2019)

Logo Francetv info 18H43
ALERTE INFO
Algérie : Abdelaziz Bouteflika renonce à briguer un cinquième mandat et annonce le report de l’élection présidentielle
Cliquez ici pour plus d’informations
Publié dans:Non classé |on 11 mars, 2019 |Pas de commentaires »

Avec l’aval de Sarko……………………………….(11/03/2019)

Logo Francetv info 12H15
ALERTE INFO
Crédit lyonnais : l’article à lire pour comprendre le procès de Bernard Tapie dans l’affaire de l’arbitrage controversé
Cliquez ici pour plus d’informations
Publié dans:Non classé |on 11 mars, 2019 |Pas de commentaires »

Brexit or not brexit ? (11/03/2019)

Entre Londres et Bruxelles, les reproches mutuels ont pris le pas ces derniers jours sur les pourparlers. A quelques heures d’un nouveau vote décisif à la Chambre des communes sur le traité du divorce, c’est mauvais signe : la preuve que côté Européens, on craint toujours autant une sortie de route – un Brexit sans accord – et qu’on prépare désormais ses arrières afin d’éviter d’en porter le chapeau.

Vendredi 8 mars, Michel Barnier, le négociateur en chef pour les Vingt-Sept, a publié une série de Tweet très inhabituels, dévoilant le contenu des discussions avec son alter ego britannique Steve Barclays et le procureur général Geoffrey Cox. Les négociations sont toujours dans l’impasse, les Britanniques continuant à critiquer le principe et la forme du « backstop », ce filet de sécurité censé prévenir, après le Brexit, le retour d’une frontière dure en Irlande.

« L’Union européenne a proposé une interprétation légalement contraignante de l’accord de retrait, précisait le Français, confirmant travailler à cette demande formulée par Theresa May en février. L’UE s’engage à donner au Royaume-Uni la possibilité de sortir unilatéralement de l’union douanière, à condition que les autres éléments du filet de sécurité irlandais restent en place (…). Le Royaume-Uni ne sera pas coincé dans une union douanière contre sa volonté. »

Injonction très malvenue

Pas question de laisser penser que Bruxelles voudrait piéger le Royaume-Uni dans cette relation douanière le privant, pour un temps indéterminé, d’une politique commerciale indépendante. Mais attention, prévient M. Barnier : pour éviter, quoi qu’il arrive, le retour d’une frontière en Irlande, Londres devrait accepter un maintien de l’Irlande du Nord dans le marché intérieur. Une option que le Français avait formulée dès fin 2017, mais que Mme May avait repoussée en octobre 2018 et que le DUP, le petit parti unioniste nord-irlandais, allié à la première ministre, refuse absolument.

Quelques heures plus tôt, Theresa May avait réclamé un « dernier effort » aux Européens. Une injonction très malvenue à Bruxelles, où les négociateurs estiment avoir fait plus que leur part du travail : les 600 pages du traité de divorce sont prêtes, elles ont été endossées conjointement par Mme May et les Vingt-Sept fin novembre.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Brexit : la semaine de la dernière chance

Il y a une quinzaine de jours, M. Barnier était pourtant sorti plutôt optimiste d’un rendez-vous avec Geoffrey Cox. Il pensait pouvoir le convaincre de revenir sur l’avis juridique que ce juriste respecté avait émis fin 2018 sur le « filet de sécurité « irlandais. Mais leur dîner, mardi 5 mars, s’est mal passé : M. Cox a réclamé qu’un panel d’arbitres indépendants puisse statuer sur l’abandon de ce dispositif sans l’avis de la Cour de justice de l’UE. Inacceptable pour Bruxelles.

Depuis, les équipes du Français et Olly Robbins, l’homme de confiance de Mme May, ont continué de plancher pour tenter de trouver un accord, mais, preuve qu’il n’y croyait plus vraiment, M. Barnier a maintenu dimanche un déplacement à Dublin pour assister au match de rugby Irlande-France du Tournoi des six nations.

Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)

Le Monde.fr

Publié dans:Non classé |on 11 mars, 2019 |Pas de commentaires »

Vu de Corbeil-Essonnes |
ARCHITECTURE D'UN CONGO NOU... |
DEBOUT SAINT ETIENNE |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | PS : UN NOUVEAU SOUFFLE POU...
| Comité de soutien de Quetig...
| Ségolène Royal présidente