Mauvais mois pour May……………………..(12/03/2019)

e Parlement britannique a rejeté une seconde fois, mardi soir, l’accord conclu avec les Vingt-Sept, à seize jours de la sortie prévue de l’UE.

Dehors, la tempête souffle. À l’intérieur de la Chambre des communes, ambiance lugubre. La moitié des bancs conservateurs sont vides pour ce qui devrait être un débat historique. À quelques heures du second vote pour sauver son accord sur le Brexit, Theresa May entreprend son discours pour le défendre. Épuisée, elle est littéralement sans voix, métaphore de sa situation. Comme une réédition de son discours cauchemardesque du congrès conservateur 2017 perturbé par une toux persistante, elle se bat pied à pied d’une voix cassée, faisant face à de multiples interruptions de députés en suçant des pastilles. Pour couronner le tout, une avalanche fait deux morts dans la plus haute «montagne» du pays, Ben Nevis (1344 mètres), en Écosse.

En début de soirée, le verdict tombe. L’accord de sortie de l’Union européenne est rejeté par 391 voix contre 242. C’est moins que l’écart de 230 voix de la première tentative, le 15 janvier. Mais, à seize jours de la date prévue de la sortie de l’UE, cela sonne la fin des efforts de Theresa May pour imposer sa vision, près de 1 000 jours après son arrivée à Downing Street. «L’accord est arrivé au bout de la route», tranche Boris Johnson.

De retour dans la nuit de Strasbourg où elle avait négocié in extremis avec les dirigeants de l’UE des garanties supplémentaires censées répondre aux inquiétudes des députés, la première ministre les a enjoints de soutenir son accord, sans quoi «le Brexit pourrait être perdu». Cela n’a pas suffi à les convaincre, en dépit du ralliement de plus d’une vingtaine d’élus conservateurs qui avaient voté contre en janvier, comme l’ancien ministre du Brexit David Davis. Pour Charles Walker, l’un des dirigeants de l’influent «Comité 1922» qui représente les élus tory de base, il est grand temps de rebattre les cartes par de nouvelles élections.

Sortie sans accord

En attendant, les députés doivent se prononcer mercredi sur l’opportunité ou non de quitter l’UE sans accord le 29 mars. «Je continue à croire que le meilleur résultat pour le Royaume-Uni est de sortir de façon ordonnée avec un accord», a annoncé mardi soir d’une voix d’outre-tombe Theresa May, qui laissera les conservateurs voter selon leur conscience. Si un «no deal» est écarté, la Chambre devra ensuite voter jeudi sur la possibilité d’un report de la date. «L’UE voudra alors savoir de quelle manière nous souhaitons utiliser cette extension, a précisé la première ministre. La Chambre devra répondre à cette question: veut-elle révoquer l’article 50 (sur la sortie de l’UE), tenir un second référendum ou avec un autre accord que celui-ci?» Les Vingt-Sept seront en effet chargés d’arbitrer sur cette requête, notamment sa durée.

Après plusieurs mois de tentatives pour renégocier l’accord conclu fin novembre avec les Européens, Theresa May a échoué à en présenter une version acceptable par son parlement. Elle s’était pourtant montrée satisfaite, lundi soir, d’avoir arraché de nouvelles garanties légales aux Européens. Il s’agissait de réaffirmer le caractère temporaire du «filet de sécurité» («backstop») destiné à éviter une frontière en Irlande en maintenant le Royaume-Uni dans une union douanière avec l’UE jusqu’à la conclusion d’un futur accord de libre-échange. Les Vingt-Sept avaient concédé à Londres la possibilité d’établir par une déclaration unilatérale sa volonté d’en sortir.

L’avis de l’Attorney general (procureur général du gouvernement) Geoffrey Cox était attendu mardi matin comme le messie pour déterminer l’acceptabilité du deal relooké. Las. Il affirmait que le «risque juridique» demeurait inchangé que le pays reste «détenu indéfiniment et involontairement» dans le mécanisme. Tout en incitant les députés à prendre la décision politique qu’ils estimaient s’imposer. Cet avis négatif a entraîné en cascade le vote contre l’accord des dix députés du Democratic Unionist Party (DUP), allié théorique du gouvernement conservateur, puis celui d’une majorité de la branche des «hard brexiters» conservateurs. Partisan, lui, d’un Brexit «soft», Nick Boles enjoignait ses collègues de «prendre leurs gains» ou de se préparer à perdre leur combat. «Nous avons promis de sortir au 29 mars. Je suis convaincu que cela sera impossible si cet accord n’est pas adopté. Je ne veux pas prendre le risque d’un “no Brexit”, que je ne pourrais justifier devant mes électeurs», se résignait de son côté Ben Bradley, après avoir voté contre l’accord la fois précédente.

«May s’est convaincue qu’elle avait perdu en janvier à cause de l’avis de Geoffrey Cox et s’est fourvoyée à chercher à rouvrir le backstop jusqu’à ce qu’il change d’avis», commente un haut responsable européen. Les Vingt-Sept, qui n’en peuvent plus de ces obsessions de la classe politique britannique, assurent avoir brûlé leur «dernière cartouche». «Il n’y aura pas de troisième chance, avait prévenu lundi soir le président de la Commission, Jean-Claude Juncker. Il n’y aura pas d’interprétation de l’interprétation, d’assurance sur les réassurances.» Plusieurs dirigeants européens laissent déjà entendre qu’il n’est pas question de laisser prendre en otage leur sommet à Bruxelles la semaine prochaine pour une énième renégociation du Brexit. «Il est difficile de donner un coup de main à des gens qui gardent les deux mains dans les poches», s’est énervé le premier ministre danois, Lars Lokke Rasmussen.

Le Figaro.fr

Publié dans : Non classé |le 13 mars, 2019 |Pas de Commentaires »

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