Archive pour mars, 2019

Dictature ? (03/03/2019)

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Publié dans:Non classé |on 3 mars, 2019 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………………………………….(01/03/2019)

Libération 01 mars 2019
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Les terroristes et leurs enfants

Rapatrier les jihadistes faits prisonniers en Irak ou en Syrie ? Rapatrier leurs enfants ? Sur ces points, l’opinion française est quasi unanime : c’est non. Avec quelques nuances selon les appartenances politiques, mais «non» tout de même.

En fait, les deux cas, celui des parents et celui des enfants, sont très différents. Selon un principe juridique de souveraineté mondialement admis, ceux qui commettent des crimes ou des délits dans un pays donné doivent être jugés sur place. Hormis les jihadistes, quelque 2 000 Français sont actuellement accusés ou convaincus de crimes ou de délits à l’étranger (pour des faits de vol, d’assassinat, de trafic de drogue, etc.) Leur sort dépend des tribunaux locaux et non des autorités françaises. Pourquoi les jihadistes français capturés à l’étranger, en vertu d’un étrange privilège, devraient-ils échapper à la règle ? Pourquoi, après avoir usé de moyens cruels hautement revendiqués, après avoir commis, ou concouru à des crimes inhumains, devraient-ils se soustraire à la justice des pays où ces crimes ont été commis, un peu comme les enfants qui disent «pouce» quand le jeu auquel ils participent tourne en leur défaveur ? Car il ne s’agit pas d’un jeu, mais d’une guerre impitoyable déclenchée par les fanatiques de l’islamisme armé, qui doivent maintenant assumer les conséquences de leurs actes.

Au passage, il faut se réjouir, en France, de les voir, par l’intermédiaire de leurs avocats, réclamer d’être jugés dans leur pays natal. Ainsi ces soldats du califat, après avoir adhéré à une idéologie qui présente la France comme un Etat tyrannique, dominé par les «mécréants, les croisés et les juifs», exiger de comparaître, non devant des tribunaux musulmans, ou d’Etats musulmans (qu’ils devraient préférer en vertu de leurs convictions), mais devant la justice de la nation qu’ils ont répudiée et contre laquelle ils ont pris les armes.

Quel plus bel hommage à l’universalisme des droits humains, qu’on présente parfois comme un instrument de domination de l’Occident, que de voir ses pires ennemis en appeler à la protection des mêmes principes, soi-disant «occidentaux», alors qu’ils sont de tous les pays et de toutes les latitudes. Il semblerait donc que les principes d’égalité des droits, de libertés publiques, de procès équitable, d’habeas corpus, servent de référence à beaucoup de gens hors des pays occidentaux, y compris à ceux qui en rejettent violemment le système et la philosophie. Dès qu’ils sont menacés dans leur liberté ou dans leur vie, les ennemis de l’Occident cherchent refuge… en Occident. Ainsi la victoire militaire contre Daech se double d’une victoire idéologique. On ne le souligne pas assez.

Il en va tout autrement des «enfants de jihadistes». Malgré d’intenses recherches sur l’ADN, personne n’a été capable de mettre en évidence l’existence d’un gène du terrorisme. Les enfants de jihadistes, autrement dit, ne sont pas des jihadistes eux-mêmes. Ils n’ont rien fait, rien voulu, rien commis. Leur seul sort est d’être nés au mauvais endroit, dans la mauvaise famille. Or ce n’est pas un crime de naître. Des «bombes à retardement», comme on l’a dit ? Pure spéculation, préjugé appliqué à des innocents, dont rien ne dit qu’ils deviendront coupables comme leurs parents. Ainsi la société française serait incapable d’élever, ou de faire élever, ces enfants dans la conception commune ? Voilà une idée bien faible et résignée des valeurs qui gouvernent les sociétés européennes. Il faut faire fond sur l’humain et tenir le pari du libre arbitre, qui laisse à l’enfant qui grandit la liberté de choisir son destin, hors des déterminations familiales. Il faut donc s’efforcer d’accueillir, de former, d’émanciper ces enfants, par nature étrangers aux folies qui ont égaré et perdu leurs parents.

LAURENT JOFFRIN
Publié dans:Non classé |on 2 mars, 2019 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin……………………..(01/03/2019)

Libération 28 février 2019
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Européennes : du rose au vert

C’est le bras de fer ignoré des prochaines européennes. Macron contre Le Pen ? Mélenchon contre le reste de la gauche ? La droite classique contre l’extrême droite ? Non : les écolos contre tous les autres et, d’abord, contre la gauche. David Cormand, chef du parti vert, explique tout cela très bien dans le Libé de demain.

Les écolos, quoi qu’il arrive, iront seuls à la bataille. Pour se refaire la cerise après leur absence à la présidentielle ? Pas seulement. Dans cette élection proportionnelle à un tour, ils s’estiment capables de passer la barre des 10% et de coiffer tous leurs concurrents du camp progressiste. Dans le dernier sondage Elabe-BFM, ils sont à 9-10%, devant la France insoumise à 7-8%, et les autres loin derrière. Une fois l’étape franchie, ils se poseront en pivot de la partie gauche du spectre électoral, détrônant dans ce rôle le PS, qu’un score miteux aura rejeté dans le royaume de Lilliput. Traditionnellement, la gauche était rose. Elle sera verte. Et verte, elle posera sa candidature au pouvoir.

Tel est le projet agité au grand jour par Yannick Jadot et ses troupes, qui compensent leurs petits effectifs par une grande ambition. Le logiciel social-démocrate, disent-ils, a fait son temps. Il a servi à améliorer la condition salariale en temps de croissance. Il a laissé de côté le rapport à la nature, qui est pourtant en passe de dominer pour les années à venir toute action politique. L’urgence climatique, les dommages infligés à la planète, qui menacent à terme l’humanité tout entière, placeront immanquablement l’impératif écologique en tête de tout programme adapté au nouveau siècle. L’opinion, les jeunes générations notamment, commence à le comprendre. Un seul parti dit cela depuis longtemps : le parti de Jadot. Ralliez-vous à mon panache vert !

Tout cela a le mérite de la cohérence. Si le sauvetage de la planète est la priorité absolue, les écolos jugent qu’ils sont les mieux placés pour l’organiser. Les mobilisations de ces dernières années montrent que les enjeux environnementaux touchent l’opinion et font lever une nouvelle vague militante.

Restent quelques menues questions à débrouiller. Décroissance ou croissance verte ? Le parti vert n’a pas tranché sur ce point décisif. Dans la première hypothèse, il faut habituer les populations à la baisse continue du niveau de vie (certains «collapsologues» estiment qu’il faut le diviser par six en quelques années pour avoir une chance d’éviter l’effondrement). Dans la deuxième, il faut parier sur la technologie, sur l’économie, pour trouver les voies et moyens d’une expansion soutenable. Et dans ces conditions, quid du sort des classes moyennes et populaires ? Les riches s’en tireront toujours. Mais les pauvres ? Doivent-ils se faire à une frugalité pérenne, eux qui la connaissent déjà ? Rappelons que c’est une mesure écologique, la hausse de la taxe carbone, qui a déclenché le mouvement des gilets jaunes. Il faudra donc concilier action sociale et action environnementale. Comment ? C’est autour de la réponse à ces dilemmes essentiels que se jouera la lutte finale entre la gauche et les écolos.

LAURENT JOFFRIN
Publié dans:Non classé |on 1 mars, 2019 |Pas de commentaires »

Européennes………………………………(01/03/2019)

La France insoumise ne panique pas. A quelques mois des Européennes, le mouvement plonge, la tête vers le bas, dans les sondages ? Tranquille. Les têtes pensantes développent leurs arguments. Jeudi après-midi, c’était à Troyes, dans l’Aube. Dans un petit restaurant, la tête de liste Manon Aubry et le député du Nord Adrien Quatennens s’installent devant une petite poignée de journalistes. Ils prennent la parole l’un après l’autre. Manon Aubry ouvre la marche. L’ancienne porte-parole d’Oxfam regarde, comme souvent, du côté des médias. Elle a hâte de parler de fond, du programme de La France insoumise. Elle ne supporte plus les questions autour de l’actualité et des polémiques. Adrien Quatennens, lui, pointe les instituts de sondages.

Tout en finesse

Ces derniers jours, sur les réseaux sociaux, Jean-Luc Mélenchon et Manuel Bompard – qui a eu 20/20 au bac en maths – ont accusé les sondeurs d’êtres nuls avec les chiffres. En fait, pas tout à fait, c’est même pire : ils accusent les sondages «de vouloir faire l’événement».Comprendre : faire baisser les insoumis et mettre en avant la liste verte de Yannick Jadot. Pourquoi ? L’enquête est en cours ! En attendant, ils font campagne : un meeting par semaine, partout en France. Manon Aubry sera, à chaque fois, accompagnée d’un député. Les insoumis rêvent d’arriver en bande au Parlement européen, afficher des nouvelles têtes. Adrien Quatennens appelle ça un«commando démocratique».

Les sondages c’est (peut-être) du flan mais La France insoumise a Yannick Jadot dans le viseur. Pas question de finir derrière lui, de perdre la main à gauche et chez les écolos. Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon ne veut pas laisser sa place, celle de premier de la classe. Donc ils tapent. Pas comme des brutes, tout en finesse. Manon Aubry explique à qui veut l’entendre que l’écologie n’est pas un «totem», un simple mot, et que pour mener une véritable politique verte, il faut sortir des traités actuels sans «quitter le cadre européen». Adrien Quatennens, lui, place au même niveau les questions sociales et écolos. Il en a fait un slogan : «Fin du monde, fin du mois, même combat.» 

«La campagne est encore longue»

La France insoumise ne tombe pas dans la marmite verte. Déjà, durant la dernière présidentielle, le candidat Mélenchon a bousculé son monde. Son programme n’avait rien à envier au plus acharné des écolos. La fin du diesel, des repas bio dans toutes les cantines scolaires, la sortie du nucléaire… Il avait également promis d’inscrire dans la constitution «la règle verte instaurant l’obligation de ne pas prélever davantage que ce que notre planète peut régénérer». Une mission réussie. De nombreux électeurs verts ont glissé un bulletin «Mélenchon» dans l’urne. Pour les Européennes, une élection qui attire l’électorat écolo, La France insoumise espère les convaincre une nouvelle fois. La bataille s’annonce rude avec Yannick Jadot qui compte une petite longueur d’avance.

A LIRE AUSSIGauche : Les rêves d’OPA verte

Mais les insoumis ne sont pas du genre à baisser les bras. Ils rappellent que leur chef Mélenchon a fait vibrer les foules durant la présidentielle de 2017, avec une remontée folle – personne ne contestait alors les sondeurs – tel un grimpeur du tour de France sur le mont Ventoux. L’histoire va-t-elle se répéter ? Manon Aubry : «La campagne est encore longue, on aura le temps de comparer les programmes, de débattre.» Un peu après 19 heures, dans une petite salle municipale de Saint-Juliens-les-Villas, Adrien Quatennens et la tête de liste ont grimpé sur scène. Des mots devant une petite foule, près de 250 militants. Des habitués. Mais pour repartir de l’avant, il faudra, au moins, convaincre les électeurs d’hier qui regardent ailleurs aujourd’hui, et notamment les écolos…

Liberation.fr

Publié dans:Non classé |on 1 mars, 2019 |Pas de commentaires »
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