Archive pour avril, 2019

Gilets jaunes……………………………….(30/04/2019)

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ALERTE INFO
Syndicats, « gilets jaunes », black blocs… A quoi faut-il s’attendre pour les manifestations du 1er-Mai ?
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Publié dans:Non classé |on 30 avril, 2019 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin…………………..(29/04/2019)

Libération 29 avril 2019
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Résilience de la social-démocratie

Tel un couteau suisse, un vieux jean délavé ou un vénérable tube des Beatles, elle est décidément inusable. Depuis dix bonnes années, un chœur intéressé versait des larmes de crocodile au chevet de cette social-démocratie qu’on disait moribonde, libéraux sémillants, souverainistes conquérants, radicaux «plus rouges que nous, tu meurs». Las ! La victoire de Pedro Sanchez, jeune revenant du Parti socialiste espagnol, montre que le moribond a encore de la ressource. Avec 29% des voix, le PSOE arrive en tête du scrutin législatif et doit logiquement diriger le prochain gouvernement de Madrid. Avec une coalition fragile ? Certes : c’est le cas de la grande majorité des partis européens, soumis à un scrutin proportionnel qui exige des alliances.

Disparue, la social-démocratie qu’on dit reléguée dans les marges de la scène politique ? Certes, elle s’est effacée en Italie, en Pologne ou dans certains pays de l’Est. En France, elle est réduite à la portion congrue. Mais elle gouverne au Portugal, en Grèce, en Suède, en Allemagne avec la CDU. Elle est la première force d’opposition en Grande-Bretagne – où elle a regagné des voix chez les jeunes et les ouvriers –, au Danemark, ou en Belgique francophone. Aux prochaines élections européennes, elle restera sans doute le deuxième groupe d’élus du continent derrière les conservateurs.

Au fond, sa caractéristique première – outre d’avoir modelé l’Etat social dans la plupart des pays d’Europe et modernisé la société –, c’est la résilience. Elle traverse une crise profonde ? Certes : c’est la troisième ou la quatrième de sa longue histoire. Elle dure comme le vieux chêne et plie comme le roseau, pour se redresser ensuite. Est-ce vraiment étonnant ? Sa survie tient à un raisonnement simple : si l’on récuse le libéralisme inégalitaire et le national-populisme régressif, il ne reste qu’une voie pour gouverner : réformer sans trêve l’économie de marché pour la rendre plus humaine, plus libre et conforme à l’impératif écologique. Ce que toutes les gauches réformistes, à travers mille vicissitudes, s’efforcent de faire.

Selon le mot d’Henri Weber, cette crise-là, qui lui a coûté cher sans l’abattre, est une crise de refondation. Repenser l’Etat social, démocratiser la démocratie, dompter la finance et la technologie, allier justice sociale et respect de la planète, conjuguer nation, Europe et mondialisation, résister à la montée en puissance des géants d’Amérique et d’Asie : à chacun de ces défis il faut trouver des réponses nouvelles. Elles manquent. D’où l’actuel passage à vide. Mais d’où l’espoir. Changer de diagnostic en gardant les valeurs, bâtir une stratégie politique qui passe par la reconquête des classes populaires, c’est la tâche des années qui viennent.

LAURENT JOFFRIN
Publié dans:Non classé |on 29 avril, 2019 |Pas de commentaires »

C’est la tête, docteur…………………………….(29/04/2019)

LES BLOGS

29/04/2019 11:01 CEST | Actualisé il y a 2 heures

Emmanuel Macron est-il malade?

La question effleure beaucoup de Français tant le Président semble incapable d’être attentif au vécu de ses concitoyens. Il a assuré « le show » comme si la politique n’était que fiction.

  • Elodie Mielczareck Sémiologue, spécialisée dans le langage et bodylanguage, conseil aux dirigeants, auteure de « La stratégie du caméléon »

Après les analyses journalistiques ”à chaud” de l’élocution présidentielle de jeudi dernier, supposée être une réponse à la crise des Gilets Jaunes, sous la forme d’un “résumé” du Grand débat, prenons le temps de revenir sur la dimension sémiologique -forme et fond réunis- de cette prestation. En effet, la performance d’Emmanuel Macron s’assimile davantage à une cure psychanalytique qu’à un programme présidentiel. De là à répondre à la question que certains se posent “Emmanuel Macron est-il malade?”, il n’y a qu’un pas…

I- Emmanuel Macron moins président qu’athlète de la langue française, réussit une performance parfaitement soignée et contrôlée

Qualifiée de “grand oral” par les chaînes d’informations en continu, la prise de parole du Président est spectaculaire par différents aspects:

- la performance : pendant plus de deux heures, Emmanuel Macron va prendre la parole, sans jamais se perdre dans le fil des ses pensées, en ne butant que deux fois sur les mots, en gardant l’aspect d’un discours rationnel et logique. L’épreuve est réussie avec brio pour tous les aspects qui renvoient à ce que l’on appelle communément “l’art oratoire” (élocution, mémoire, rhétorique, maniement de la langue française, etc.) Emmanuel Macron apparaît moins en président qu’en athlète de la langue, sur-entraîné et de haut niveau.

- la mise en scène: seul derrière un pupitre designé pour l’occasion, d’une blancheur immaculée en résonance avec la netteté des murs et des dorures simplifiées et présentes à l’arrière-plan, Emmanuel Macron focalise toutes les attentions. Rien n’est venu parasiter la mise en scène magistrale et jupitérienne de cette prise de parole: pas un zozotement, pas une seule micro-démangeaison, pas un seul gros plan sur un quelconque défaut. Tout a été parfaitement soigné et contrôlé. A l’extrême. Et c’est ce soin particulièrement porté à l’image et aux mots qui ont attiré notre attention.

Autrement dit, cette perfection n’est-elle pas un “masque”, un ”écran”, voire un “miroir aux alouettes”? Derrière cet idéal d’élégance et de perfectionnisme, n’y a-t-il pas autre chose qui se donne à voir?

II- Emmanuel Macron en psychanalyse: notre Président souffre-t-il d’un narcissisme maladif? 

Voici les 5 principales dimensions psychanalytiques que j’aimerais développer: la présence de “mots-fétiches”, la sur-représentation des tournures syntaxiques “je veux”, “je souhaite”, l’absence de tournures empathiques, l’attention extrême portée aux questions journalistiques, l’absence de rationalité derrière la logique apparente.

1- la présence de “mots-fétiches”: ce sont les mots les plus répétés du discours. Le lexique de la “proactivité” est le plus présent: “changement”, “relancer”, “rebâtir”, “solutions”, “ambition”, “plus vite”, “nouvel acte”, “inédit”, “avancer”, sont les items les plus récurrents. Je cite François Noudelmann dans Le Génie du mensonge: “Insister, répéter, marteler sont des gestes langagiers suspects qui révèlent une inquiétude inverse à l’assurance exposée par l’énonciateur. Freud observait que nous répétons ce que nous n’arrivons pas à dire une bonne fois pour toutes.” Une manière d’expliquer sans doute le décorum rétrograde de chaque prise de parole présidentielle dont la dimension hiérarchique est ostentatoire. La marche lente et solitaire vers la pyramide du Louvre, l’incarnation jupitérienne, et la mise en scène spectaculaire en sont quelques expressions visuelles. Une “politique à papa” désuète en même temps que le langage verbal du changement “ensemble, c’est notre projet”. Freud nous rappelle que les Chinois vénèrent le pied féminin pour mieux le mutiler et le rabaisser. Dès lors, ne paraît-il pas illusoire d’espérer le grand renouveau tant promis pendant la campagne présidentielle?

2- La sur-représentation des tournures syntaxiques “je veux”, “je souhaite” qui ponctue le discours plus qu’elle ne propose une réalisation concrète. Le linguiste Alain Rey, disait avec humour à propos de Nicolas Sarkozy, “même le Roi dit Nous voulons”. Peut-être parce qu’il est Sarkozy en mieux, Emmanuel Macron se positionne en maître des tournures de phrases égocentrées. Dès lors ce grand oral n’est pas une réponse mais un monologue, construit autour de la glorification de celui qui l’énonce. Prenons, par exemple, cette phrase illustratrice: “La fierté qui est la mienne de voir nos concitoyens participer aux débats (…) j’ai moi-même beaucoup appris.” Cela n’est pas “nos concitoyens peuvent-être fiers d’avoir participé”, c’est de manière plus subtile et maquillée un “je suis fier que nos concitoyens…”. Le sentiment de fierté n’est donc plus attribué aux concitoyens mais devient le fait de la démarche présidentielle. Ce type d’arrangements syntaxiques est trop important dans l’allocution présidentielle pour être le fruit du hasard. Par ailleurs la gestuelle conquérante est venue appuyer le discours égotique: gestes en hauteur, amples, occupant tout l’espace. La démonstration de force d’un Macron jupitérien est-elle l’indice que le “changement” tant répété dans le discours (et demandé aux “gaulois réfractaires”) est inversement proportionnel à la remise en cause de celui qui prend parole? Une parole qui ne saurait être remise en cause avec des tournures inondées par un présent ”à valeur de vérité générale”: “C’est la fin de l’esprit de division (…). C’est la volonté de vivre ensemble profondément, résolument” sont les derniers mots qui concluent le discours. La tournure C’EST+PRESENT+VALEURS ABSTRAITES empêche cognitivement toute opposition critique.

3- L’absence de tournures empathiques: photographie négative du point 2, l’inflation du discours égotique traduit en creux une incapacité projective et empathique (faire sienne les émotions des autres). Les “nous” sont très peu présents, les “vous” sont absents. Concernant les “remontées” du grand débat collectif, voici les phrases prononcées: “après avoir beaucoup écouté et réfléchi je veux dire où je me situe (…) je ne retiendrai pas cette option… je ne crois pas (…) je le crois (…) quand je regarde (…) je ne la retiendrai pas (cette option) (…) et je sais une chose (…) moi je veux bien (…) Je veux/je souhaite (…) moi je suis persuadé”. L’autre est ainsi nié dans le discours. Par ailleurs nous notons que la phrase “je considère les Gilets Jaunes” est prononcé à 2h17 sur un discours dont la durée est de 2h24. Une autre dimension étonnante est le rejet quasi-systématique de certaines responsabilités sur des causes extérieures. Les déformations de phrases proviennent “du monde dans lequel on vit”, la crise que nous traversons est celle que “nombre de démocraties dans le monde traversent”, les erreurs d’interprétations sont causées par les récepteurs. Concernant la métaphore de la cordée, Emmanuel Macron affirme: “Je suis forcé d’être lucide, je n’ai pas été compris, cette image n’a pas été comprise mais je l’assume (…) c’est ça que j’ai voulu dire, tout le contraire de ce qui a été compris.” Un manque d’empathie structurel que trahissent les phrases suivantes: “On a découvert avec étonnement il faut bien le dire (…) celles et ceux qui (…) ces portraits chinois que je viens d’évoquer… ces cas concrets se sont exprimés à nous (…) Il y a comme des plis de la société qui se sont révélés (…) des angles-morts.” Emmanuel Macron est un Président dans la “découverte” et la “révélation” sur les conditions de vie d’une partie de ses concitoyens. Le projet d’Emmanuel Macron pour y remédier est clairement énoncé: “Redonner une espérance (…) redonner l’art d’être français.” Un projet tout à la fois abstrait et spirituel. Marcel Archard n’a-t-il pas écrit: “L’espérance est un de ces remèdes qui ne guérissent pas mais qui permettent de souffrir plus longtemps”? Les seules inflexions émotionnelles observées (hésitations, voix ralentie, retour émotionnel) concernent l’affaire Benalla… Autrement dit, les émotions apparaissent uniquement et seulement lorsque le Président est concerné.

4- L’attention extrême portée aux journalistes. Le temps des échanges montre une dynamique comportementale différente, bien que complémentaire à la posture narcissique démontrée ci-dessus. Si Emmanuel Macron déclare ne pas être “celui qui cherche à plaire”, son attitude corporelle raconte l’inverse: focalisation extrême du regard sur celui ou celle qui lui pose la question (comme oubliant tout le reste autour de lui), sourires de séduction et de connivence répétés, Emmanuel Macron aime porter attention à celui ou celle qui s’intéresse à lui. S’épanchant parfois, souriant toujours (même lorsque la question est désagréable). Les items corporels de séduction sont nombreux.

LE HUFF

Publié dans:Non classé |on 29 avril, 2019 |Pas de commentaires »

Malaise dans la police…………………………(29/04/2019)

Une capitaine de 48 ans à Montpellier, un gardien de la paix de 25 ans à Villejuif, un CRS de 42 ans au Mans, un agent de 40 ans de la police aux frontières à Querqueville… Depuis début janvier, 28 policiers se sont donné la mort. L’an dernier, ce chiffre n’avait été atteint qu’au mois de septembre. A l’heure où certains scandent «suicidez-vous !» en manif ou taguent «flics suicidés à moitié pardonnés», cette série macabre rappelle qu’il y a des hommes derrière les matricules. Le 19 avril, les flics de France se sont réunis devant leurs commissariats à la mémoire des collègues. Message fort et inédit, le directeur général de la police nationale (DGPN), Eric Morvan, a lui-même enjoint toute la hiérarchie à participer à ce recueillement. «Il est trop tôt pour parler de hausse, mais ce nombre est extrêmement inquiétant. La tendance est malheureusement à une année record», affirme le chercheur Mathieu Zagrodzki, auteur de Que fait la police ? Le rôle du policier dans la société. Beaucoup redoutent en effet une année noire, à l’instar de 1996 et ses 70 suicides. L’éprouvante mobilisation dans le cadre des gilets jaunes joue-t-elle ? Beauvau affirme qu’il n’y a pas de corrélation, mais «ce contexte de confrontation entre police et manifestants pourrait être un élément se mélangeant au stress professionnel et à d’autres circonstances plus structurelles», estime le chercheur au CNRS Sebastian Roché.

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Dans la foulée des plans anti-suicide de ses prédécesseurs lancés en 2015 et 2018, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, inaugure ce lundi une «cellule alerte prévention suicide». Dirigé par Noémie Angel de l’Inspection générale de l’administration (IGA), le dispositif a pour vocation d’être un réceptacle des pratiques et une force de proposition auprès du ministre de l’Intérieur. «Nous ne laisserons pas le suicide devenir un risque du métier», a assuré Castaner en visite à l’hôpital des Gardiens de la paix à Paris, le 12 avril. Dans ce centre accueillant des agents «fragilisés», il a rencontré une équipe pluridisciplinaire pour parler prévention. Autour de la table, on évoque pêle-mêle : la détection des signaux faibles, une meilleure appréhension des tentatives de suicide, mais aussi une «libération de la parole» dans ce milieu d’hommes où il est si difficile de parler, ainsi que la nécessité de sensibiliser la hiérarchie. Souvent désignée comme responsable, celle-ci doit devenir «une vigie attentive et bienveillante», dira Castaner dans son discours, enjoignant à lever «le tabou du besoin d’aide». Si une ligne téléphonique existait déjà pour les agents en détresse, elle sera dorénavant ouverte vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept. Mise en place en juin, précise-t-on au cabinet du ministre. Une rencontre aura également lieu «très rapidement» avec l’ensemble des syndicats qui «ont un vrai rôle à jouer», dixit Beauvau.

Le «fléau», lui, n’est pas nouveau. Depuis une vingtaine d’années, le nombre de suicides oscille entre 30 et 60 par an. En 2018, 35 policiers et 33 gendarmes se sont donné la mort. Si les effectifs de la sécurité publique sont les plus touchés, aucun corps ni grade n’est épargné. Le taux de suicides dans la profession est supérieur de 36 % à celui de la population générale, selon une étude de l’Inserm menée de 2005 à 2009. Comment l’expliquer ? L’épidémiologiste Gaëlle Encrenaz, coauteure de cette enquête, met en garde : «Le suicide est un phénomène complexe et multifactoriel, ce qui le rend compliqué à comprendre. En général, il survient quand plusieurs sphères de vie sont affectées.»

«En retard»

Longtemps, l’administration policière a pourtant renvoyé les morts volontaires dans ses troupes à la seule sphère privée, faisant fi des conditions de travail et suscitant le courroux des syndicats et des familles endeuillées. «Rien n’est fait en amont pour accompagner les agents en difficulté. On n’intervient qu’après la tentative de suicide ou le suicide»,dénonce Guillaume Lebeau, de l’association Mobilisation des policiers en colère. Y a-t-il des facteurs propres au métier ? Quel rôle peuvent jouer le surmenage, la confrontation quotidienne à la violence et la mort ou encore l’isolement des recrues affectées en région parisienne alors qu’elles sont souvent originaires de province ? Aucune étude récente n’existe sur le sujet. «Le ministère, très en retard en matière de recherche scientifique, n’a jamais développé d’outils ni de capacités d’analyse», déplore Sebastian Roché, auteur de l’ouvrage De la police en démocratie : «Il y a un déficit réel de considération du problème : le gouvernement annonce des mesures successives, sans faire de suivi ni vérifier leur efficacité.» Et de glisser quelques pistes, comme veiller à «former l’encadrement et multiplier les portes d’entrée pour que la personne puisse appeler à l’aide».

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Dans la gendarmerie, où l’on se suicide moins, on constate une meilleure cohésion de groupe ; celle-là même qui se serait étiolée au sein de la police. La vie en caserne permettrait aussi de mieux détecter les signes précurseurs. «Il faut développer un management plus horizontal dans la police et une culture du débrief après les interventions», suggère le chercheur Mathieu Zagrodzki. Car derrière l’aspect technique et opérationnel, ces échanges sont l’occasion de dire bien plus. Un bilan de personnalité annuel pourrait aussi permettre d’ouvrir le dialogue. «La première façon de prévenir, c’est de parler. On doit comprendre que faire appel à un psy, c’est pro», martèle le directeur départemental de la sécurité publique du Nord, Jean-François Papineau, confronté à une douzaine de suicides en trente-cinq ans de carrière.

Groupes de parole

Depuis la création du Service de soutien psychologique opérationnel (SSPO) en 1996, les comportements ont toutefois évolué. «Au départ, les policiers ne s’autorisaient pas à venir. Maintenant, la démarche est moins taboue», assure la psychologue coordinatrice du Nord, Nathalie Bascop. En 2018, les équipes du SSPO ont ainsi mené 32 000 entretiens et 2 916 actions post-traumatiques individuelles ou collectives, tels des débriefings émotionnels ou des groupes de parole après des situations éprouvantes. La prise en charge opère sur un champ assez large : un usage de l’arme de service, une mise en joue par un délinquant, une opération qui s’est mal déroulée, une intervention sur un suicide, une mort d’enfant, une attaque terroriste… «Si besoin, on se déplace dans chaque service. Il est important que les fonctionnaires de terrain puissent échanger sur les situations qu’ils ont vécues», déclare Nathalie Bascop, qui dirige les sept psychologues du département. Il y a vingt ans, à la naissance du SSPO, les praticiens n’étaient qu’une dizaine. Désormais, ils sont 89 au service des quelque 150 000 policiers français. «C’est encore trop peu ! Cela fait un référent pour 1 800 agents. Surtout, il y a toujours cette crainte d’aller voir le psychologue de l’administration parce qu’on a peur que ça se sache auprès de la hiérarchie», complète Frank Baudry, modérateur du groupe Facebook «SOS Policiers en détresse», lancé à l’automne. Depuis quelques jours, les demandes d’adhésion «explosent» sur ce petit groupe privé, où l’on vient échanger et se soutenir entre collègues.

Chloé Pilorget-Rezzouk , photo Aimée Thirion

Liberation.fr
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Gilets jaunes XXIV………………………..(27/04/2019)

© NICOLAS TUCAT / AFP Les « gilets jaunes » ont pour leur part comptabilisé « 60.132 manifestants minimum », selon un décompte provisoire.

Les « gilets jaunes » ont pour leur part comptabilisé « 60.132 manifestants minimum », selon un décompte provisoire.

Pour leur acte 24, les « gilets jaunes » ont été 23.600 à manifester samedi en France, dont 2.600 à Paris, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, parmi les plus bas depuis le début du mouvement social en novembre 2018.

Les « gilets jaunes » ont pour leur part comptabilisé « 60.132 manifestants minimum », selon un décompte provisoire. La semaine dernière, le ministère avait comptabilisé 27.900 manifestants, dont 9.000 dans la capitale.

Deux cortèges à Paris

Dans la capitale, les « gilets jaunes » ont manifesté dans le cadre d’un appel de fédérations et unions départementales CGT. Un autre cortège a effectué une marche devant le siège de plusieurs médias audiovisuels pour réclamer « un traitement médiatique impartial » du mouvement. Selon la préfecture de police de Paris, 8.920 contrôles préventifs ont été effectués et 11 personnes ont été interpellées.

Quatre jours avant le 1er mai, 2.000 manifestants étaient notamment présents dans les rues de Strasbourg. Ce défilé a été marqué par des nombreux heurts entre manifestants et forces de l’ordre, ainsi que par des dégradations. 26 personnes ont été interpellées, selon la préfecture.

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Cadeau fiscal ou trompe couillon ? (27/04/2019)

    • Pas mille moyens pour financer le cadeau fiscal

    Près de 6,5 milliards d’euros. C’est l’addition (minimale) que l’on peut dresser après les annonces d’Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse de jeudi : 5 milliards rendus à «ceux qui travaillent» via une importante baisse de l’impôt sur le revenu et près d’1 milliard et demi pour certains retraités. Certes, cela reste en deçà de la première facture présidentielle signée en décembre pour apaiser le mouvement des gilets jaunes : près de 12 milliards d’euros en faveur des ménages. Mais c’est assez pour donner des migraines à son gouvernement et sa majorité – réunis ce lundi à Matignon – pour parvenir à faire entrer tout ça dans le cadre budgétaire que s’est fixé la France : un déficit public qui ne dépasse plus les 3 % de PIB et une dette qui dégonfle.

    Qui sera concerné par ces gestes fiscaux ?

    Les «classes moyennes» et les retraités avec moins de 2 000 euros par mois. L’an prochain, ces derniers verront leurs pensions suivre, de nouveau, l’évolution des prix après avoir été coincées à + 0,3 % en 2019. Le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a expliqué vendredi vouloir «qu’environ 15 millions de foyers fiscaux français puissent être touchés» par la baisse de l’impôt sur le revenu au 1er janvier. Pour son camarade à l’Action et aux Comptes publics, Gérald Darmanin, «il s’agi[ra] d’une baisse d’impôt d’à peu près 10 % pour chacun des Français qui paient l’impôt sur le revenu, à l’exception des plus riches d’entre eux».

    Comment ? Mystère… «Le hic, c’est de ne pas avoir donné de concret. Il y a un vrai risque de décevoir : 5 milliards, ça ne veut rien dire»,s’inquiète un membre du gouvernement. Bercy va devoir, d’ici la présentation du prochain budget fin septembre, proposer une solution adéquate pour, comme l’a souligné Bruno Le Maire, «que ces 5 milliards d’euros se concentrent principalement» sur la tranche d’entrée dans l’impôt sur le revenu : celle à 14 %, soit les revenus compris, après abattement, entre 9 645 et 27 519 euros. Le retour d’une tranche inférieure après la suppression de celle à 5,5 % sous Hollande ? Ou la création d’une tranche intermédiaire avant celle à 30 %, qui concerne les revenus compris entre 27 520 et 73 779 euros ? Plusieurs parlementaires de la majorité proposaient notamment de découper la tranche à 14 % pour y insérer deux nouvelles étapes, à 5 % et 10 %. «Pas forcément»,leur a indirectement répondu le ministre de l’Economie, plutôt enclin à une solution technique de «décote» permettant de «lisser» le passage d’une tranche à l’autre. «On n’est pas obligés de rajouter des tranches. On peut jouer sur les décotes», appuie-t-on aussi dans l’entourage de Darmanin, assurant néanmoins que «plusieurs scénarios» sont à l’étude.

    «Il faut adoucir l’entrée dans l’impôt, a tout de même insisté Le Maire. Cela n’incite pas à reprendre un travail quand on sait que lorsqu’on gagne 100 euros de plus, on peut perdre 40 euros en prélèvements obligatoires. C’est totalement dissuasif.» Dans son entourage, on précise vouloir «baisser le taux des deux premières tranches», sans dire encore de combien. «On va discuter des modalités, on a le temps», répond-on, renvoyant à de futurs arbitrages de l’exécutif et des «discussions» avec les parlementaires. «Il faut que ce soit lisible et visible», met en garde la députée Bénédicte Peyrol, cheffe de file des députés LREM en commission des finances. Et qu’au passage, ce geste fiscal ne soit pas vu, une fois de plus, comme un «cadeau» aux plus aisés.

    Les plus riches vont-ils aussi en profiter ?

    L’exécutif, comme les députés de la majorité, veulent à tout prix l’éviter. Problème. «Quand on touche au bas du barème, tout le monde en profite, y compris les plus aisés, rappelle le député LR Gilles Carrez, ex-président de la commission des finances. Certes, l’essentiel de leur impôt reste localisé dans la tranche à 45 % [au-delà de 156 246 euros de revenus annuels, ndlr] mais, en pourcentage, ils bénéficieront eux aussi de cette baisse.» Ce qu’un conseiller de Bercy illustre par une métaphore : «Lorsque l’on distribue des bonbons à la première gare, tout le monde en profite : ceux qui descendent du train comme ceux qui continuent leur chemin.» Conscients de ce risque politique, les députés LREM avaient proposé de «neutraliser» cette baisse par un plafonnement des niches fiscales pour les plus hauts revenus. Mais Emmanuel Macron a exclu jeudi soir tout rabot sur les crédits d’impôts pour les particuliers.

    A Bercy, on voit aussi le danger, puisque l’entourage de Bruno Le Maire précise que l’objectif consiste à ce que «les troisième et quatrième tranches [celles à 41 % et 45 %] n’aient aucun gain». Comment ? En annihilant cette baisse sur les tranches les plus basses par des augmentations de taux pour les tranches hautes ?

    Comment finance-t-on tout ça ?

    Emmanuel Macron a défini trois pistes pour compenser ce manque à gagner : «suppression de certaines niches fiscales pour les entreprises», «réductions de notre dépense publique» et «nécessité de travailler davantage», c’est-à-dire «plus longtemps», en allongeant la durée de cotisation retraite. On voit mal cependant comment cette dernière option pourrait entrer en vigueur dès 2020 avec une réforme des retraites encore en gestation et prévue pour… 2025. Exit, donc. Restent les aides et crédits d’impôts dont bénéficient les entreprises et les économies budgétaires. Quelles niches «On ne va pas s’amuser à mettre des choses tout de suite dans la nature», dilue-t-on à Bercy. «Il y en a une multitude et on se demande parfois quel est leur effet économique»,pointe pourtant la députée LREM de la Meuse, Emilie Cariou. Classée à l’aile gauche du groupe, la vice-présidente de la commission des finances ne fait pas le deuil de toucher aux ménages les plus aisés : «Sur les 4 milliards qui concernent les aides à domicile, 1,3 milliard concernent des revenus où chacun dispose de plus de 100 000 euros de revenus !» Là aussi, Parlement et Cour des comptes seront chargés de faire des «propositions». Bénédicte Peyrol souhaite de son côté regarder «les dépenses fiscales défavorables à l’environnement». «On ne peut pas dire qu’on fait un Conseil de défense écologique et, en même temps, continuer à subventionner les énergies fossiles», souligne la députée de l’Allier. Avant le mouvement des gilets jaunes, le gouvernement comptait d’ailleurs économiser 1 milliard d’euro en arrêtant les exonérations sur le gazole non routier. «J’ai hâte de voir ce qui va être proposé», ironise Gilles Carrez, pour qui «la plus grosse niche pour les entreprises s’appelait le CICE, qui a été transformé cette année en baisse de charges». Le gouvernement pourrait s’inspirer d’une proposition du Conseil d’analyse économique.

    Cet organisme proche de Matignon préconisait mi-décembre «une remise en cause des réductions du coût du travail au-delà du seuil de 1,6 smic», mesure issue du «pacte de responsabilité» de François Hollande. Gains estimés : 4 milliards. Quant à la «réduction de la dépense publique», Macron n’a pas été non plus très disert, il a seulement mentionné de manière évasive la «suppression d’organismes», dont on ne connaît pas encore les noms. Gérald Darmanin a rappelé vendredi les «efforts» sur le logement, les contrats aidés, les réformes à venir de l’assurance chômage ou de l’audiovisuel public. Suffisant ? «Si on ne joue pas sur la masse salariale de l’Etat, il n’y a aucune chance d’aboutir», assure Gilles Carrez. Or, jeudi, le chef de l’Etat a laissé entendre qu’il pouvait abandonner son objectif de campagne de 120 000 suppressions de postes d’ici à 2022. De quoi compliquer encore l’équation.

    Est-ce tenable financièrement ?

    Oui, à condition de faire d’importantes économies. Le Président n’a pas le choix : il s’est engagé à ne plus augmenter le moindre impôt. Il ne veut pas que ces baisses de prélèvements «ce soit de la poudre de perlimpinpin ou qu’elles soient financées par du déficit cumulé, c’est-à-dire […] par de la dette supplémentaire». Et pour cause : si la France est revenue en partie dans les clous de l’UE question déficit public (- 2,8 % en 2017 et – 2,5 % en 2018), la dette devrait, elle, atteindre un pic de près de 99 % cette année. Rester dans l’histoire comme le président qui a franchi la barre symbolique des 100 % n’était pas dans ses plans.

    Lilian Alemagna

    Liberation.fr
Publié dans:Non classé |on 27 avril, 2019 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin……………………….(27/04/2019)

Libération 26 avril 2019
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Macron: le clin d’œil aux identitaires

Cultiver «l’art d’être français» ? Noble intention. En usant de cette formule au parfum littéraire, Emmanuel Macron veut répondre – et c’est légitime – aux accusations de la droite et de l’extrême droite, qui le présentent comme un cosmopolite, un moderniste échevelé, un mondialiste fou et même, dans le pire des cas, comme un banquier apatride issu de chez Rothschild, coupé des réalités nationales et populaires. Le président définit donc un «art d’être français», réplique indirecte à ceux qui le portraiturent en mauvais Français: il s’agit d’être «enraciné mais universel»,de recueillir un héritage, mais aussi de se tourner vers l’avenir, toutes choses auxquelles adhèrent tous les bons républicains, patriotes en même temps qu’ouverts sur le grand large. Avec à la clé trois mesures concrètes. Pour la famille new-look, c’est-à-dire souvent séparée ou recomposée: une meilleure assurance de versement des pensions alimentaires pour les mères seules; un statut des «aidants», ceux qui consacrent une grande partie de leur temps à s’occuper des anciens ou des personnes handicapées; et enfin, pour les futurs citoyens, qui ne sont pas seulement «des individus» mais des membres d’une collectivité solidaire, un service civique élargi, facilité, financé. Fort bien.

Mais à partir de là, les choses se gâtent. Dans le vocabulaire, en tout cas. Citons le président: il faut défendre «un projet de résistance à la mondialisation». Celle-ci est donc avant tout une menace, qui nous promet l’envahissement, l’arrivée d’éléments allogènes, l’attaque de nos valeurs, la corruption de notre héritage, etc. Replions-nous, défendons l’identité, relevons les anciens parapets. Valeurs Actuelles n’est pas loin. Il faut ensuite «préserver, garder, consolider»: ce sont les mantras du discours conservateur, qui fustige le «bougisme», l’innovation à tout prix, la manie du changement. Certes, on le sait, il faut préserver ce qui est bien, ce qui correspond au génie républicain, aux impératifs du progrès humain. Mais il faut aussi réformer, améliorer, éliminer, ce qui est contraire aux valeurs de liberté et d’égalité. Macron ne l’a pas dit: dangereuse concession à la réaction ambiante.

Il faut enfin, dit le Président, rétablir «les limites, les frontières». Faux pléonasme: les «limites», ce ne sont pas les frontières, ce sont celles qu’on oppose à la modernisation, au progrès, au changement, toutes choses jugées dangereuses pour l’identité, pour l’héritage, pour la transmission. C’est accessoirement – mais non fortuitement – le titre d’une revue animée par un groupe de jeunes cathos intégristes branchés, très actifs, qui ont pris leur place dans la «réacosphère». Quant aux «frontières», elles promettent une politique de l’immigration «à refonder», dixit le président. On devine que cette refondation n’ira pas dans le sens de l’accueil ou de l’ouverture.

Macron converti au conservatisme? Sans doute non. Il reste libéral, européen, à l’aise dans la mondialisation. Mais il s’inquiète, tout autant, de la montée, apparente ou rélle, du courant LR représenté dans les européennes par François-Xavier Bellamy. La gauche éclatée est inoffensive: le danger électoral vient de l’ancienne UMP, qui se prend à rêver aux fastes d’antan. D’où ce clin d’œil identitaire, aux arrière-pensées très tactiques.

LAURENT JOFFRIN
Publié dans:Non classé |on 27 avril, 2019 |Pas de commentaires »

Le blabla présidentiel…………………………..(26/04/2019)

Jeudi soir, après un report de plus d’une semaine de la première conférence de presse de son mandat, le Président a annoncé plusieurs mesures sociales et institutionnelles. Plutôt qu’un grand tournant, le chef de l’Etat a choisi de garder le cap et d’accélérer.

  • Allocution présidentielle : peu d’inflexion de voie chez Macron

Peu de surprises et encore moins de précisions. En plus de deux heures de conférence de presse, Emmanuel Macron a détaillé ses réponses à la crise des gilets jaunes : plus de représentativité démocratique, moins d’impôts, des services publics plus proches et une antienne «travailler plus». Avant un séminaire du gouvernement lundi, qui précisera la méthodologie et le calendrier.

Démocratie

Représentation

Les citoyens veulent s’exprimer, débattre, participer. Le Président a compris, mais il a tout de même souligné, dès le début de son discours, la «légitimité que procure l’élection». Reste donc à rétablir la confiance. Alors qu’il l’avait déjà évoquée dans le discours qui avait fuité dans la presse la semaine dernière après l’incendie de Notre-Dame, il a répété sa volonté de réduire le nombre de parlementaires – environ 30 % – et d’introduire une dose de proportionnelle – autour de 20 %. Recyclant son projet de réforme constitutionnelle, il a répété vouloir limiter le nombre de mandats dans le temps – en avril 2018, le Premier ministre avait fixé le seuil à trois mandats maximum – et prôner des procédures parlementaires «simplifiées». Pas de précisions, mais la nécessité d’accélérer le calendrier parlementaire a été évoquée plusieurs fois depuis le début du quinquennat, notamment avec la limitation du nombre d’amendements en fonction des groupes parlementaires. Le rôle des maires, mis à l’honneur pendant la conférence de presse, devrait par ailleurs être «conforté par un statut digne de ce nom», dont les contours n’ont pas été précisés.

Participation

Evacuée, la prise en compte du vote blanc et du vote obligatoire, souvent citée sur les ronds-points et défendue pendant le grand débat. Mais «on doit choisir», sans «contraindre», a justifié le Président qui a en revanche confirmé vouloir simplifier le référendum d’initiative populaire (RIP). Mise en place par Sarkozy en 2008, la procédure a été enclenchée début avril pour la première fois pour contester le projet de privatisation d’Aéroports de Paris, porté par la majorité. Désormais, 1 million de citoyens pourraient pousser le Parlement à examiner un texte, contre 4,5 aujourd’hui. Exit l’étape du cinquième des parlementaires. A l’échelle locale, le «droit de pétition» devrait par ailleurs être renforcé. Sortie du chapeau, une réforme du Conseil économique, social et environnemental (CESE), depuis longtemps promise : le nombre de ses membres (233 représentants patronaux, syndicaux ou encore membres d’associations) sera divisé par deux et un nouveau collège sera constitué par des citoyens tirés au sort donnant naissance à un «Conseil de participation citoyenne». Avant même l’adoption de cette réforme constitutionnelle, annoncée pour l’été, cette nouvelle instance se réunira dès juin, planchera sur les enjeux écologiques.

Haute fonction publique

C’est l’une des mesures du discours prévu la semaine dernière qui avait suscité le débat : la suppression de l’Ecole nationale d’administration (ENA) a été confirmée. Alors qu’il en est issu et qu’il défendait pendant sa campagne présidentielle son «concours méritocratique»,Macron a critiqué jeudi son manque de représentativité et de diversité. Frédéric Thiriez, énarque passé par le Conseil d’Etat et ancien président de la Ligue de football professionnel, sera mandaté pour «refonder le recrutement de nos fonctionnaires, leur formation et la gestion des carrières». Emmanuel Macron a cependant déjà promis la fin des «grands corps» et leur «protection à vie».

Pouvoir d’achat

Baisse des impôts, réindexation des retraites, garantie des pensions alimentaires

Une réduction «significative» de l’impôt sur le revenu en 2020. Si le chef de l’Etat a renvoyé au gouvernement le détail de cette réforme fiscale – une partie des députés de la majorité propose de recréer deux tranches avant celle à 14 % -, il a chiffré à «environ 5 milliards d’euros» cette réforme destinée à un «maximum de nos concitoyens et en particulier de toutes celles et ceux qui travaillent et en premier chef des classes moyennes». Comment la financer ? «Par la suppression de certaines niches fiscales pour les entreprises, la nécessité de travailler davantage et des réductions de notre dépense publique.» Emmanuel Macron n’a pas été plus précis, renvoyant là aussi les «choix» et les «propositions» à son gouvernement qui se réunit lundi, avec l’ensemble de la majorité. Le Président a simplement évoqué l’idée de «supprimer nombre d’organismes inutiles» et promis de ne pas toucher aux crédits d’impôts des ménages. Le chef de l’Etat a également défendu ses baisses d’impôts pour les plus riches en début de quinquennat. La suppression de l’ISF ? «C’est une réforme pour produire, pas un cadeau pour les plus fortunés», a-t-il répété, recyclant sa promesse d’une évaluation en 2020. «Si elle n’est pas efficace, nous la corrigerons», a-t-il juré. Le Président a également confirmé la «répétition cette année» de la prime exceptionnelle que peuvent verser les entreprises et totalement défiscalisées depuis la loi d’«urgence économique et sociale» de décembre. Il a aussi garanti aux mères isolées l’aide des caisses d’allocations familiales «pour [aller] prélever directement» chez l’ex-conjoint «les pensions alimentaires [non] versées».

Enfin, conscient de s’être mis à dos en moins de deux ans une grande partie des retraités, Emmanuel Macron a confirmé le souhait du gouvernement de revaloriser, en 2020, les retraites «de moins de 2 000 euros» en fonction de l’évolution des prix : soit autour de 1 %, contre 0,3 % pour les autres dont l’augmentation continuera donc d’être «maîtrisée». Cette année, cette désindexation des pensions doit permettre d’économiser près de 3 milliards d’euros. L’an prochain, Bercy en attendait plus de 5 milliards. «A partir de 2021», Macron a dit souhaiter qu’il n’y ait «plus de sous-indexation». Il veut également, dans le futur système de retraites universel par points sur lequel travaille actuellement le gouvernement, que la retraite minimale d’une carrière complète soit «au minimum» de 1 000 euros.

Travail

Vivre plus, cotiser plus longtemps

Faire que «le travail paye» pour «corriger les injustices». Tel est le mantra du chef de l’Etat. Et en la matière, Emmanuel Macron assure que «des réformes essentielles» ont déjà été menées, avec notamment un «investissement massif» et «une politique résolue d’aides aux entreprises». Elles ont, selon lui, permis de créer 500 000 emplois en deux  ans. Pour aller «plus loin», le Président mise désormais sur une «réforme la plus ambitieuse possible de l’assurance chômage» dès cet été. Rien de neuf, puisqu’elle était déjà à l’agenda, avec pour objectif de lutter contre le recours aux CDD.

Mais cette dernière devra aussi s’accompagner d’une réflexion sur l’accès à l’emploi, notamment sur les «freins» que peuvent représenter les difficultés liées au logement, au déplacement ou de garde d’enfants. Un chantier renvoyé aux partenaires sociaux, aux associations et aux élus qui devront, sous l’autorité du Premier ministre, trouver des solutions concrètes pour septembre. Autres réformes déjà dans les tuyaux : la mise en place d’un revenu universel d’activité, «pour tourner vraiment nos prestations sociales vers l’incitation à la reprise d’un emploi», ou encore la réforme de la participation et de l’intéressement dans les entreprises.

Le Président a en revanche écarté l’idée formulée dans sa majorité de supprimer un jour férié, mesure trop «complexe», a-t-il jugé. Sans abandonner toutefois l’idée que les Français doivent «travailler plus». «On va travailler plus longtemps, car on vit plus longtemps», a-t-il résumé. Pas question pour autant de reculer l’âge légal de départ à la retraite fixé aujourd’hui à 62 ans. «Je me suis engagé à ne pas le faire»,a rappelé le Président, qui juge que cette décision serait «hypocrite»sans être dans le plein emploi. C’est donc du côté de l’allongement de la durée de cotisations pour bénéficier d’une retraite à taux plein que le chef de l’Etat regarde pour «dégager des économies». Une «option de libre choix», assure-t-il, «sans forcer personne». Ou du moins ceux qui pourront compter sur des pensions suffisamment élevées pour se permettre de choisir de partir quand ils le souhaitent.

Services publics

Le canton superstar, les fonctionnaires préservés ?

Il n’y aura plus «d’ici la fin du quinquennat de nouvelles fermetures, ni d’hôpitaux ni d’écoles sans l’accord du maire», a annoncé Emmanuel Macron en réponse au sentiment d’abandon et d’inégalités territoriales, exprimé par le mouvement des gilets jaunes et par les participants au grand débat. «Ça ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de réorganisation, elles sont parfois indispensables. Ça veut dire n’y aura plus de disparition, comme on l’a trop vécu.» L’idée est au contraire de remettre du service public dans les territoires grâce à «une profonde réforme de l’administration». Elle aura pour objectif de déployer «plus de fonctionnaires sur le terrain» en supprimant notamment des postes «en administration centrale», c’est-à-dire à Paris. Le chef de l’Etat a également promis un «nouvel acte de décentralisation» qui «devra aboutir» pour le premier trimestre 2020. Dans cet objectif, le canton va redevenir un maillon essentiel de la présence de l’Etat sur le terrain. Dans chacun des 2 000 cantons que compte la France, il sera créé d’ici la fin du quinquennat un point d’accueil des administrés, où l’on trouvera des fonctionnaires de terrain. Baptisés «France Service», ces points d’accueil devront «apporter des solutions» aux demandes, démarches et problèmes des citoyens. Conséquences possibles : pour la première fois, le président de la République s’est montré ouvert à l’abandon de sa promesse de campagne de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires (50 000 d’Etat, 70 000 dans les collectivités) d’ici à 2022. «On ne peut pas tout poursuivre, a-t-il dit. J’assume totalement, si ce n’est pas tenable, d’abandonner cet objectif.»

Des classes moins nombreuses

Pour traiter «les inégalités à la naissance», Emmanuel Macron abat sa carte favorite (déjà utilisée pendant la campagne présidentielle : poursuivre les dédoublements des classes en éducation prioritaire. Cette mesure consensuelle, qui vise aujourd’hui les CP et les CE1, sera étendue aux grandes sections de maternelle. La mise en œuvre interroge tout de même. Il y a peu, le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, reconnaissait qu’en Seine-Saint-Denis, le département le plus pauvre de France et donc comportant le plus d’écoles en éducation prioritaire, les dédoublements des CE1 en REP étaient ajournés et repoussés à septembre 2020… faute d’enseignants et de locaux en nombre suffisant. Autre mesure annoncée, consensuelle également : «Avoir, dans toutes les écoles de la République, de la grande section au CE1, des classes à taille humaine, c’est-à-dire qui ne dépassent jamais 24 élèves.» Selon le SnuiPP (syndicat majoritaire en primaire), 14 % de ces classes seraient concernées. Mais là encore, le Président n’a pas donné de gages sur l’application concrète : cet engagement s’accompagnera-t-il de création de postes d’enseignants ? Ou sera-t-il appliqué à moyens constants, et donc avec le risque que les effectifs grimpent dans les classes des autres niveaux ? Emmanuel Macron a ensuite parlé de la nécessaire «revalorisation du métier d’enseignant, essentiel à la nation. Il faut revoir la profession en profondeur et la revaloriser», a-t-il insisté. Une façon de calmer la fronde des enseignants contre la réforme du lycée et le projet de loi Blanquer ?

Tonino Serafini Marie Piquemal Lilian Alemagna Amandine Cailhol Charlotte Belaich

Liberation.fr
Publié dans:Non classé |on 26 avril, 2019 |Pas de commentaires »

Curieux, non ? (26/04/2019)

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Accusations de violences policières : 220 enquêtes confiées à l’IGPN depuis le début du mouvement des « gilets jaunes », aucune n’a encore abouti, selon Christophe Castaner
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Publié dans:Non classé |on 26 avril, 2019 |Pas de commentaires »

Les retraites vues par un technocrate…………………..(26/04/2019)

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Système à points, calendrier… Sept questions pour comprendre la réforme des retraites prévue par Emmanuel Macron
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Publié dans:Non classé |on 26 avril, 2019 |Pas de commentaires »
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