Archive pour le 12 avril, 2019

La lettre de Laurent Joffrin……………………….(12/04/2019)

Libération 12 avril 2019
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Le trou noir du Brexit

Attention fake news… Une image circule depuis quelques jours, censée représenter un des «trous noirs» qui parsèment l’univers. On y voit une vague orbe orangée aux contours incertains qui s’enroule autour d’un espace vide, une spirale gazeuse à la trajectoire nébuleuse et au devenir mystérieux. En fait, chacun l’a bien compris, c’est une image du Brexit.

Reculant pour sauter le moins mal possible, Européens et Britanniques sont convenus de repousser l’échéance au 31 octobre prochain, qui coïncide avec la fête d’Halloween. Ainsi deux mascarades se rejoignent dans le calendrier. On espère entre-temps que le Royaume-Uni aura résolu une équation inextricable : comment transformer trois tiers en deux moitiés, dont l’une l’emporterait sur l’autre. L’opinion et le Parlement, en effet, se divisent en trois parties inégales : Brexit dur, Brexit mou, pas de Brexit. Or aucune de ces positions n’est majoritaire et personne ne parvient à les unir deux à deux pour dégager une décision. Les hard Brexiters ne veulent pas de compromis avec l’Europe : ils rejettent le texte signé par Theresa May ; les remainers n’en veulent pas plus : ils rêvent en fait d’un référendum qui annulerait tout Brexit. Les soft Brexiters sont donc isolés face à la coalition de ceux qui ne veulent rien et de ceux qui veulent tout ; lesquels, évidemment, ne peuvent s’accorder, sinon pour tout rejeter et ne rien concéder.

Hors du Royaume-Uni, cette situation floue permet à chacun des camps de projeter ses préjugés pour formuler des conclusions sans appel, toutes contestables. Les partisans de l’Union soulignent la paralysie qui frappe le Royaume-Uni depuis trois ans et prédisent une catastrophe économique. Ils ont raison sur le premier point et tort sur le second. La vie politique britannique est effectivement engluée dans un débat confus et sans issue, qui confine à l’absurde ; en revanche, l’économie du royaume ne se porte pas si mal et elle a même réduit le chômage à un minimum historique (4%). Contrairement aux prévisions apocalyptiques des anti-Brexit, il est probable qu’il surmontera, après un désordre transitoire, l’obstacle de la séparation. Après tout, beaucoup de pays extérieurs à l’Union s’en sortent aussi bien, ou aussi mal, que ceux qui sont à l’intérieur. La Grande-Bretagne, pays résilient qui a survécu au Blitz nazi, survivra aussi au Brexit. Le vrai argument est celui-ci : le Brexit ne sera pas une catastrophe, mais il soumet le pays à une épreuve sans rien lui apporter de tangible, sinon l’illusion de la souveraineté.

Les souverainistes, constatant les difficultés en cours, dénoncent la «prison européenne». Autre fantasmagorie. C’est l’indécision de Londres qui bloque le Brexit et non l’inexistante «dictature de Bruxelles». S’ils arrêtent enfin une position claire, les Britanniques peuvent sortir de l’Union en quelques jours, soit en acceptant l’accord signé par leur propre gouvernement, soit en divorçant sans accord. Tout repose sur eux et personne ne se mettra en travers au sein de l’Union, qui n’a rien d’un empire et tout d’une réunion de pays libres et consentants, dont chacun peut se séparer quand bon lui semble.

La vérité, c’est que le soft Brexit, qui devrait découler spontanément du vote référendaire, consiste à abandonner toute influence au sein de l’Union, mais à respecter les normes juridiques décidées à Bruxelles (par exemple en restant dans l’Union douanière). On en attend un gain de souveraineté alors qu’en fait, c’est une perte. Le hard Brexit est plus cohérent : on sort et on passe des accords commerciaux librement avec tout le monde. Mais là encore, il y a entourloupe. Les hard Brexiters du Parlement sont en fait des souverainistes libéraux. Ils ont pour projet de libéraliser encore plus la société britannique et de l’ouvrir plus largement sur la compétition mondiale. Si bien que l’électorat populaire qui a voté pour la sortie en espérant se protéger mieux de l’extérieur se trouvera confronté plus directement aux duretés de la mondialisation. Le peuple vote pour une chose et obtient son contraire. C’est le principal mensonge du Brexit. D’où la paralysie d’un pays à qui on a promis une meilleure protection et qui s’aperçoit qu’on lui propose de plonger dans la mondialisation sans le bouclier européen. On hésiterait à moins…

LAURENT JOFFRIN
Publié dans:Non classé |on 12 avril, 2019 |Pas de commentaires »

Ca vous a un petit côté clanique………………….(12/04/2019)

Ancien conseiller industriel d’Emmanuel Macron au ministère de l’Economie, Hugh Bailey devient patron de GE France, qui a racheté la branche énergie d ‘Alstom en 2015. Une nomination qui pose question au moment où l’Américain s’apprête à supprimer des centaines de postes à Belfort.

  • Un proche de Macron prend la tête de GE France en pleine restructuration

La nouvelle risque de faire du bruit de Belfort à Paris : un proche d’Emmanuel Macron vient d’être nommé directeur général de GE France, au moment où la filiale du géant américain qui a racheté la branche énergie d’Alstom en 2015 est en pleine restructuration avec des centaines de suppressions de postes à la clé. Il s’agit d’Hugh Bailey, 39 ans, actuellement directeur des affaires publiques de GE France, qui remplace à ce poste Corinne de Bilbao. Cette dernière «a décidé de quitter le Groupe pour donner une nouvelle impulsion à sa carrière», a indiqué le groupe interrogé par Libération.

Hugh Bailey, qui a rejoint GE en 2017, a la particularité d’avoir été conseiller pour les affaires industrielles et le financement à l’export au sein du cabinet d’Emmanuel Macron lorsque ce dernier était Ministre de l’Economie du gouvernement Valls entre l’été 2014 et l’été 2016. A l’époque, Emmanuel Macron avait piloté la vente de la branche énergie d’Alstom à General Electric, après avoir suivi le dossier de très près lorsqu’il était secrétaire général adjoint de l’Elysée auprès de François Hollande.

De Bercy à GE

Haut fonctionnaire pendant de plus de 10 ans au sein de l’administration, ingénieur, titulaire d’un master en finance d’entreprise à l’Institut d’administration des entreprises (IAE) de Paris, Hugh Bailey a suivi un cursus à l’Ecole nationale d’administration (ENA). Il a notamment travaillé à la Direction générale de l’armement (DGA), avant de passer à la Direction générale du trésor et de rejoindre le cabinet d’Emmanuel Macron à Bercy. A ce titre, il a géré de gros dossiers industriels et sociaux. Son arrivée à la tête de GE France est une nouvelle illustration de la pratique très critiquable des «portes tournantes» qui voit régulièrement des hauts fonctionnaires atterrir à des postes de responsabilités bien rémunérés dans le privé. Mais dans le cas d’Alstom-GE, elle pose particulièrement question: «celui qui a piloté la vente catastrophique d’Alstom à GE va être aussi celui qui va être chargé de dépecer ce qui reste de la branche énergie d’Alstom», s’insurge un représentant syndical de GE France. Pour lui, le départ de Corinne de Bilbao montre «qu’un certain nombre de dirigeants du groupe quittent le navire pour ne pas avoir à assumer le plan social à venir».

Saignée à venir à Belfort

Mais il sera peut-être encore plus délicat pour Hugh Bailey d’assumer ce qui se prépare, compte tenu de son CV d’ancien conseiller d’Emmanuel Macron. GE France est en effet en train de procéder à une restructuration drastique de ses activités dans l’énergie : après 700 départs volontaires négociés dans différentes activités du groupe via la nouvelle rupture conventionnelle collective (RCC) mise en place par le gouvernement d’Edouard Philippe, la filiale française du conglomérat américain s’apprête à annoncer un lourd plan social dans sa branche turbines à gaz : comme l’a révélé Libération, près de 800 postes seraient menacés à l’usine de Belfort qui emploie 1 900 salariés.

Selon nos informations, un comité d’entreprise extraordinaire est prévu dès le 30 avril à Belfort pour lancer le processus d’information des représentants des salariés sur ce lourd plan social qui débouchera forcément sur des licenciements secs. La mission d’Hugh Bailey est sans doute d’accompagner au mieux cette saignée sans précédent dans l’ancienne usine d’Alstom, en liaison étroite avec le gouvernement et le ministre de l’Economie Bruno Le Maire. Mais c’est «un pompier pyromane de Macron qu’on nous envoie», s’étrangle le syndicaliste interrogé par Libération. Pour aider à la reconversion du site et des salariés qui vont perdre leur emploi, l’Etat peut compter sur le chèque de 50 millions d’euros qu’a dû signer GE pour ne pas avoir créé les 1 000 emplois en France promis au moment du rachat d’Alstom en 2015. Mais ce ne sera sans doute pas suffisant pour calmer la colère des salariés et des élus de la région qui pointent directement la responsabilité passée et présente d’Emmanuel Macron dans ce désastre industriel et social annoncé.

Jean-Christophe Féraud

Publié dans:Non classé |on 12 avril, 2019 |Pas de commentaires »

Les petits trafics de Macron et sa clique…………..(12/04/2019)

Après la restitution de la consultation lancée pour répondre aux « gilets jaunes », les documents de synthèse montrent que le nombre de contributeurs a été surestimé, et que plus de la moitié des contributions n’ont pas pu être prises en compte.

Quatre jours après la synthèse du grand débat national, le 8 avril, détaillée par l’exécutif, franceinfo a pu consulter les documents de synthèse et relever quelques accommodements, voire distorsions de vérités, dans la manière dont le gouvernement s’en est saisi.

Le nombre de participants n’est qu’une estimation

Selon le gouvernement, 1,5 million de personnes ont participé à la concertation : un tiers sur la plate-forme internet, la même proportion lors des réunions locales et le dernier tiers sur les autres supports, comme l’a précisé la secrétaire d’Etat à la Transition écologique Emmanuelle Wargon, l’une des deux ministres coordinateurs du grand débat, lundi 8 avril au Grand Palais, à Paris. « Environ 500 000 personnes se sont exprimées à travers les ‘cahiers citoyens’ et à travers des courriers à la mission grand débat », a-t-elle annoncé.

Comment Emmanuelle Wargon arrive-t-elle à ce chiffre de 500 000 ? Son cabinet explique avoir estimé à 25 le nombre de pages par « cahier citoyen » et jugé qu’il y avait un participant par page. À l’arrivée, cela donne en effet un peu moins de 500 000 (25 contributeurs × 18 647 cahiers + 27 374 courriers et courriels = 493 549 participants sur ces supports).

Sauf que si l’on regarde la synthèse du cabinet Roland Berger qui a analysé ces documents, il apparaît seulement 11 contributions en moyenne par cahier. Refaisons le calcul, cela ne donne plus que 234 000 participants, au lieu de 500 000 : cela fait tout de même deux fois moins (11 contributeurs × 18 647 cahiers + 27 374 courriers et courriels = 234 216 participants sur ces supports).

La moitié des contributions prises en compte

Reprenons cette promesse renouvelée lundi par Emmanuelle Wargon le 8 avril : « Des équipes qui ont beaucoup travaillé vont pouvoir vous livrer aujourd’hui une analyse à la fois riche, plurielle, transparente, exhaustive. » L’analyse est en effet exhaustive pour ce qui concerne les participations en ligne… mais pas pour les autres.

Moins d’un document de contribution hors ligne sur deux a été pris en compte, c’est ce que l’on comprend à nouveau à la lecture de la synthèse détaillée du cabinet Roland Berger. Pour des questions de délai, le cabinet a stoppé son analyse aux textes qui avaient pu être numérisés au 22 mars, soit 54% de l’ensemble des cahiers citoyens, courriers, e-mails et comptes rendus de réunions locales : 24 183 documents analysés sur 44 975 documents reçus. En tenant compte du nombre actualisé de courriers et courriels (27 374 contre 16 874 selon le site du grand débat), on tombe même à moins d’un document sur deux de cette catégorie analysé (43%).

Une analyse impactée ?

La crédibilité n’est pas forcément remise en cause, à en croire Alain Chagnaud, associé du cabinet Roland Berger. « On considère que la volumétrie des documents traités assure la quasi stabilité du référentiel de propositions obtenues. C’est-à-dire que la liste des propositions ne devrait pas bouger. Donc, c’est à la marge que l’on peut avoir quelques évolutions », assure-t-il. On ressent malgré tout de l’embarras… Voilà ce que répond Alain Chagnaud quand on lui demande s’il n’aurait pas préféré une restitution complète, plus tardive, à cette restitution partielle. « Ça, je vous propose de poser la question au gouvernement, qui a décidé du calendrier des restitutions ».

Du côté du gouvernement, on fait valoir que ce procédé a été validé par les prestataires et les garants. Mais cela ne convainc pas vraiment Pascal Marchand, directeur d’un laboratoire de recherche à l’université de Toulouse, spécialiste de l’analyse lexicale de masse. « Un échantillonnage, cela suit des règles. Donc, on ne peut pas dire que l’on a fini de saisir la moitié des textes, qu’on va analyser ça en attendant et qu’on verra bien ce que ça fait, déclare cet expert. On sera peut-être amené à généraliser des résultats qui ne représentent pas la totalité de la consultation. »

Il faudra encore attendre trois à quatre semaines pour l’analyse globale, a priori après les premières annonces d’Emmanuel Macron, qui devrait s’exprimer en début de semaine prochaine.

Une présentation orientée

Dès le dimanche 7 avril, avant même la restitution au Grand Palais, le ministre chargé des Collectivités territoriales, Sébastien Lecornu, affirme dans le quotidien Ouest-France que les sujets « dont on a le plus entendu parler au début, notamment l’ISF et le référendum d’initiative citoyenne (RIC), se sont progressivement dilués avec d’autres préoccupations ». Une dilution plutôt à haute dose pour ce qui est du retour de l’ISF : s’il n’apparaît pas forcément au tout premier plan des contributions internet et des réunions locales, il fait bien partie de ce qui fait « consensus » selon les termes de l’analyse du cabinet Roland Berger des cahiers citoyens et courriers. Il s’agit même de la proposition la plus citée sur ces supports…

France Info

Publié dans:Non classé |on 12 avril, 2019 |Pas de commentaires »

Super, non ? (12/04/2019)

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