Archive pour le 15 avril, 2019

Un chef d’oeuvre en flammes….quelle tristesse………….(15/04/2019)

A 18 h 50, les premières flammes ont été vues sous la flèche. La pointe est peu à peu devenue rouge comme une allumette. A peine une heure plus tard, à 19 h 57, cette structure de 93 mètres s’est écroulée. «C’est atroce à voir, c’est absolument dramatique», nous déclarait alors l’adjoint à l’urbanisme Jean-Louis Missika, la voix nouée.

A quelques mètres de là, la maire de Paris, Anne Hidalgo, le préfet, Didier Lallement, le ministre de la Culture, Franck Riester, et le secrétaire d’Etat auprès du ministère de l’Intérieur Laurent Nuñez étaient réunis. Ce dernier faisait le point : «Le feu s’est déclaré au niveau de la toiture, son origine n’est pas connue. Des moyens très importants ont été engagés. Un effondrement s’est produit à l’intérieur du site et les pompiers sont à l’œuvre. Il n’y a pas de blessés. Les pompiers ont fait le maximum pour sauvegarder l’ouvrage.»

Arrivé peu après avec le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale, Emmanuel Macron a évoqué l’«émotion de toute une nation»qui voit «brûler cette part de nous». Edouard Philippe s’est entretenu avec les pompiers puis s’est rendu avec le chef de l’Etat dans la caserne de la Cité, où se trouve la préfecture de police.

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Dans ce quartier touristique, la sidération a tout de suite été totale. L’île de la Cité est fermée. De l’île Saint-Louis voisine, on voit les piliers de la nef rougies par les braises. Le long de la Seine, sur une berge de l’île Saint-Louis, une foule est rassemblée. Un mélange de Parisiens et de touristes, les yeux tournés vers la cathédrale. Téléphones brandis, beaucoup filment le désastre, sans un mot. Comme médusés face à ce qui est en train de se passer sous leurs yeux. A 20 h 15, l’incendie n’est toujours pas maîtrisé, les flammes continuent de plus belle. Un épais nuage blanc-jaune s’élève vers le ciel. Des gens pleurent. Une mère et sa fille observent. «Pourvu que les tours ne brûlent pas aussi», dit la seconde, la main sur la bouche, choquée. Une habitante du IVe arrondissement, un mouchoir en papier à la main pour sécher ses larmes, vient d’arriver : «Ça fait mal au cœur un trésor pareil. C’est l’âme de Paris.»

Que s’est-il passé ? Le procureur de Paris, Rémy Heitz, a souligné qu’il était «trop tôt» pour connaître l’origine du sinistre. Le parquet vient de saisir la police judiciaire. En haut de la cathédrale, les pompiers sont à l’œuvre, comme en témoignent les silhouettes en uniforme coloré, qui détonnent avec la pierre ocre, au niveau de la toiture. «Ça fait mal au coeur quand même», déclare un policier chargé du périmètre de sécurité, alors que la nuit commence à tomber.

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A 21 heures, rien n’indiquait que l’incendie était totalement maîtrisé. Les inquiétudes restaient fortes quant au sort des tours. Dans les milieux religieux, on craignait que l’effondrement de la flèche n’ait définitivement détruit le chœur sculpté en bois du XIVe siècle, l’une des œuvres remarquables de l’édifice.

Rejoignant involontairement la suggestion de Donald Trump, une vieille dame s’écrire en pleurs : «Pourquoi n’envoient-ils pas les Canadair ? C’est plus qu’un bâtiment qui brûle, c’est notre histoire. Je suis effondrée.»

«Comme prêtre, je ressens très fortement ce drame, nous dit Olivier Ribadeau Dumas, porte-parole de l’épiscopat. J’y ai été ordonné mais Notre-Dame et aussi un symbole de l’unité de la nation, là où se retrouvent les Français lors des drames.»

Une cellule de crise a été ouverte à l’hôtel de ville. «Notre -Dame est solide. Nous la reconstruirons», dit Emmanuel Grégoire.

Jérôme Lefilliâtre Charles Delouche Julie Brafman

Lineration.fr

Publié dans:Non classé |on 15 avril, 2019 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………………..

Libération 15 avril 2019
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Eschyle, le «blackface» et la censure

Comment rendre un certain antiracisme impopulaire auprès de toute une opinion progressiste ? Un certain nombre de militants de la cause ont trouvé le moyen adéquat et l’ont mis en œuvre, provoquant l’indignation de ceux qu’ils devraient compter parmi leurs alliés. Le 25 mars, plusieurs défenseurs de la cause noire ont empêché par la force la représentation d’une pièce d’Eschyleles Suppliantes, qui met en scène les pérégrinations d’un groupe de jeunes femmes qui refusent un mariage forcé et vont chercher refuge à Argos, la terre de leurs ancêtres. On peut y voir, pour l’essentiel, une apologie du droit d’asile, aux échos très contemporains. Le metteur en scène, Philippe Brunet, proteste de ses convictions ouvertes et égalitaires. Mais c’est un individu éminemment louche puisqu’il est animé de valeurs humanistes et travaille depuis des lustres sur la langue grecque ancienne, cherchant à mettre en lumière – et à réhabiliter – les influences africaines sur la culture grecque de l’Antiquité. Un raciste qui s’ignore, donc, qui a eu la criminelle idée de rappeler que les «Suppliantes» avaient sans doute la peau cuivrée et qu’il a envisagé de leur brunir le visage avec un onguent, avant d’opter pour des masques de cuivre.

Usant d’un raisonnement péniblement capillotracté, ces censeurs agressifs ont imaginé que ce déguisement de scène rappelait de manière insoutenable la pratique du «blackface» (se grimer en noir) en usage aux Etats-Unis aux temps de l’esclavage – ou après – pour se moquer des populations noires. Dans son inconcevable inconscience, Eschyle, vivant au Ve siècle avant Jésus-Christ, avait omis de prévoir de ses didascalies heurteraient un jour la conscience de certaines minorités. Les comédiens ont ainsi été empêchés de se rendre sur scène par des militants menaçants et l’université, peu soucieuse de déclencher un incident violent, a préféré annuler la pièce.

Cette censure par la force a suscité l’indignation d’une grande partie du monde du théâtre, dont Ariane Mnouchkine, une raciste bien connue, tout comme la réprobation de nombreux universitaires, manifestement dédiés à l’oppression des «dominés». Ils ont eu beau expliquer qu’il n’y avait là aucune moquerie ni aucune intention discriminatoire, que la pratique du masque est consubstantielle au théâtre antique, que les promoteurs de la représentation avaient tous un parcours incontestable en matière d’antiracisme, rien n’y a fait. Ce n’est pas l’intention qui compte, leur a-t-on rétorqué, mais le fait, qui blesse notre sensibilité. Nous avons décidé que votre mise en scène était raciste, c’est donc qu’elle l’est : pièce interdite.

Au vrai, il est parfaitement légitime, en matière de critique théâtrale ou littéraire, d’interroger les significations cachées ou involontaires, de telle ou telle œuvre, de telle ou telle mise en scène. L’analyse des textes n’est pas seulement esthétique. Elle met en jeu des valeurs, des orientations politiques ou idéologiques. On se souviendra que la Politique du mâle, livre fondateur de Kate Millett, figure du féminisme américain, s’appuyait sur l’analyse de trois auteurs révérés de la littérature occidentale, D.H. Lawrence, Henry Miller et Norman Mailer. Comme l’explique dans Libération Laure Murat, intellectuelle féministe, le débat sur ces points a droit de cité. Mais non, ajoute-t-elle, l’interdiction par la force.

En effet, si elle devait servir de précédent, cette censure musclée ouvrirait la porte à une sélection systématique des œuvres admises et à l’interdiction des autres. Elle instaurerait la soumission des metteurs en scène à des critères moraux dont seuls les militants des minorités (et bientôt des majorités qui défendront aussi leur identité) seraient juges. Ainsi l’accusation de tout ce qui évoquerait, d’une manière ou d’une autre le «blackface», en dehors même des intentions affichées du metteur en scène et de l’auteur, proscrirait toute représentation non estampillée par les gardiens de l’ordre moral ; par exemple l’Othello de Shakespeare, dont le héros trahi par Iago est un «maure» à la peau brune. Au feu, donc, les versions filmées d’Othello où jouent Laurence Olivier, Orson Welles ou Pierre Brasseur, tous grimés.

Il faudrait aussi bien mettre à l’index Balzac, dont le Gobseck, usurier, symbolise une vision négative des Juifs, Hugo, coupable de décrire une jeune Rom, Esmeralda, sous un jour discutable. On a d’ailleurs commencé à le faire il y a quelques années en interdisant de fait, sous la pression de groupes intégristes, la représentation du Mahomet le prophète de Voltaire, qui a eu le front de donner de l’islam une version négative. Lequel Voltaire, quoique philosophe de la tolérance, ayant colporté dans ses écrits des préjugés antisémites de l’époque – tout comme Marx dans la Question juive – devrait être rayé de la carte littéraire.

Ne parlons pas des auteurs d’opinions douteuses ou scandaleuses, Céline, Morand, Heidegger, antisémites notoires, Wagner ou Nietzsche, récupérés par les nazis, Kipling, colonialiste, Malraux, champion de «l’appropriation culturelle» dans les temples khmers de la Voie royale, Camus, mou du genou pendant la guerre d’Algérie, et tant d’autres, dont les œuvres devraient être censurées d’urgence.

Quant à ceux qui protesteraient de bonne foi, au nom de la liberté de création et du respect des œuvres, il suffit de les rejeter dans les ténèbres extérieures du racisme, même involontaire (puisque l’intention ne compte pas). Bienfaisante simplification : ceux qui pensent comme les antiracistes radicaux ont cours légal. Les autres sont des racistes, conscients ou inconscients (ces derniers sont les plus dangereux). Les humanistes – la grande majorité – argueraient bien sûr que leur attachement à l’égalité, de leur refus des discriminations, de leur conviction que tout homme ou toute femme a droit au respect et à la dignité. C’est justement ce qu’on leur reproche : ce sont des «universalistes blancs», autant dire des hypocrites adeptes d’une doctrine «surplombante» et vicieusement «néocoloniale», selon le jargon en vigueur. Ce qui revient, pour cette faction de l’antiracisme décolonial, comme dans le cas des Suppliantes, à attaquer ses alliés et à faire rire aux éclats ses adversaires. Citons au passage quelques «universalistes blancs» bien connus, attachés aux droits humains et aux valeurs de l’émancipation pour tous : Rosa Parks, Martin Luther King, Nelson Mandela, etc. Et revenons à Laure Murat : le débat, la critique, la «déconstruction» des textes sont utiles à la cause. L’interdiction ne fait que lui nuire.

LAURENT JOFFRIN
Publié dans:Non classé |on 15 avril, 2019 |Pas de commentaires »

Tu causes, tu causes…………………………(15/04/2019)

Adepte revendiqué de la disruption, Emmanuel Macron va devoir se surpasser pour être à la hauteur des attentes qu’il a lui-même suscitées. Le moment est en effet venu de tirer les conséquences du grand débat lancé mi-janvier en réponse à la crise sociale révélée par les gilets jaunes. Ce lundi à 20 heures, le chef de l’Etat présentera depuis l’Elysée «les premières mesures concrètes» dans une «adresse à la nation». Et mercredi, il donnera une conférence de presse – une première pour Macron – pour s’expliquer en détail sur «les chantiers prioritaires» des trois prochaines années. «Nous ne reprendrons pas le cours normal de nos vies», avait-il proclamé le 10 décembre dans une première et solennelle «adresse» aux Français marquée par l’annonce d’une enveloppe de 10 milliards d’euros en faveur du pouvoir d’achat. Quatre mois plus tard, Macron entend inaugurer «l’acte II» de son quinquennat.

L’exécutif a placé la barre très haut. Dans son discours de restitution du grand débat, le Premier ministre a promis des mesures «puissantes et concrètes». Macron n’écrivait-il pas, dès le 13 janvier dans sa lettre aux Français, que son ambition était de «bâtir un nouveau contrat pour la nation, de structurer l’action du gouvernement et du Parlement, mais aussi les positions de la France au niveau européen et international» ?

Bluffer l’opinion

Avec de telles proclamations, la macronie prend évidemment le risque de récolter de grandes déceptions, et pas seulement chez les irréductibles qui réclament chaque samedi, entre autres, la dissolution de l’Assemblée nationale et la démission du Président. Pour conjurer ce risque, l’Elysée mise sur la surprise. L’effet «blast» censé bluffer l’opinion et pétrifier l’adversaire. Cette stratégie impose le secret, obligeant ministres et parlementaires de la majorité à naviguer dans un épais brouillard. Outre le Premier ministre, reçu dimanche soir à l’Elysée, une poignée de très proches – les conseillers Alexis Kohler et Philippe Grangeon, les présidents du Modem, François Bayrou, et de l’Assemblée, Richard Ferrand – serait dans la confidence.

En attendant que s’ouvre le rideau de «l’acte II» du quinquennat, chacun y va de ses propositions. Les membres du gouvernement y ont d’ailleurs été encouragés par Macron lui-même : à la fin de chaque Conseil des ministres, la partie réservée aux discussions informelles a été consacrée aux solutions à apporter à la crise. Dans cet exercice, les plus entreprenants sont naturellement les plus «politiques», issus de la droite pour la plupart (lire ci-contre).

A l’Elysée, on assure ne pas s’en inquiéter : l’apparente résurgence du clivage gauche-droite n’empêchera pas la majorité de se rassembler derrière le «nouveau contrat» proposé par le Président. Agacé par le procès en ultralibéralisme, Matignon rappelle qu’Edouard Philippe a lui-même indiqué dans sa «restitution» que le grand débat exprimait d’abord «un immense besoin de justice et d’équité».

Privilèges

S’il veut surprendre dans sa réponse, Macron a l’embarras du choix. Il peut, par exemple, puiser dans les 66 propositions du «pacte social et écologique» défendu par l’ex-ministre de l’Ecologie Nicolas Hulot et le patron de la CFDT, Laurent Berger. Ces derniers préconisent l’investissement massif dans la rénovation énergétique des logements ou la mise en place de chèques mobilité. «La rigueur budgétaire portée en totem politique, qui prétend diriger un pays le nez collé au taux de déficit public, n’est pas un projet politique», écrivaient ainsi les deux hommes dans le Journal du dimanche. Où ils invitaient à ne pas confondre «ras-le-bol de l’injustice fiscale» et «ras-le-bol fiscal». Ce qui pourrait se traduire par un impôt sur le revenu allégé pour les classes moyennes et alourdi pour les plus fortunés.

Outre les nombreuses et coûteuses mesures sociales qui ont pu lui être réclamées pendant la centaine d’heures qu’il a consacrée au grand débat – réindexation des petites retraites, aides aux familles monoparentales, baisse de la TVA -, ce sont surtout sur les questions liées à la vie démocratique et à l’accès aux services publics que Macron peut espérer créer la surprise. Il pourrait, par exemple, aller au-delà des 15 % prévus dans l’instauration d’une dose de proportionnelle aux élections législatives ou bien lancer une nouvelle étape de décentralisation. Ou encore s’attaquer à quelques-uns des privilèges dénoncés sur les ronds-points : avantages réservés aux ex-présidents, suppression de l’ENA… Des symboles dont le démontage aurait le mérite d’être budgétairement indolores.

Alain Auffray

Liberation.fr
Publié dans:Non classé |on 15 avril, 2019 |Pas de commentaires »

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