Archive pour avril, 2019

La pieuvre scientiste…………………………….(19/04/2019)

  • Saint-Denis : les scientologues lancent le siège, les élus résistent

La façade de l’immeuble est pour l’instant anonyme. Bientôt, elle sera ornée de la croix à huit branches de la scientologie. A Saint-Denis, le mouvement sectaire s’apprête à installer son nouveau siège en France. Un octogone en verre de 7 331 mètres carrés, haut de cinq étages. Le bâtiment est une vitrine de choix, à deux pas du Stade du France, immanquable pour les automobilistes qui entrent à Paris par l’autoroute A1. D’après les plans d’architecte que Libération a consultés, le projet s’annonce clinquant. L’édifice doit accueillir un auditorium de 720 places, des salles de cinéma, un espace fitness, une bibliothèque, des salles de formation, des dizaines de bureaux et même quatre saunas. Au rez-de-chaussée, une librairie intégralement dédiée à Ron Hubbard, le fondateur du mouvement, mort en 1986, sera ouverte au public. Avec bien sûr une réplique à taille réelle de son bureau des années 70, comme c’est le cas dans tous les bâtiments de la scientologie à travers le monde.

Fonds d’investissement

La SCI Building Investment Group a acheté l’immeuble dans le courant de l’année 2017. L’adresse de cette société écran, dont les actionnaires sont inconnus, renvoie vers une entreprise de domiciliation sur les Champs-Elysées. Sa trace se perd dans le comté de Fairfax en Virginie, où est enregistré l’avocat américain qui l’a déclarée au registre du commerce français. Afin de garder secrète l’identité de l’utilisateur final, une clause de confidentialité a été insérée à la promesse de vente avec l’ancien propriétaire, le fonds d’investissement allemand Warburg-HIH. Montant de la transaction : 33 millions d’euros, plus 2 millions de remboursement de TVA. Pour les contrats de cette importance – une poignée par an à Saint-Denis – la procédure habituelle veut que la Ville soit mise au courant de la future activité. Soucieuse de garder de bonnes relations avec la municipalité, le «broker» en charge de la vente a fini par révéler l’usage du futur bâtiment. La mention «exploité pour les besoins de l’Eglise de scientologie» est même ajoutée à la déclaration d’intention d’aliéné, le document officiel remis aux pouvoirs publics à chaque transaction immobilière.

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Depuis, la mairie a engagé un bras de fer avec la scientologie. Mais rien ne semble pouvoir empêcher sa future installation. Le mouvement a beau être qualifié de «secte» par plusieurs rapports parlementaires et ses abus largement documentés, il a le droit avec lui. A tel point que les élus se gardent de l’attaquer trop frontalement. Officiellement, ils restent «très vigilants». En réalité, ils ont envisagé de préempter le bâtiment, le seul moyen légal d’empêcher l’installation. Mais sans projet à substituer à celui de la scientologie, la mairie s’expose à être condamnée pour pratique discriminatoire. «C’est aberrant, s’offusque David Proult, adjoint PCF en charge à l’urbanisme et vice-président de Plaine Commune, l’établissement public territorial qui regroupe les agglomérations du secteur. Pour préempter un bâtiment, il faut justifier d’un intérêt public. Or aujourd’hui, empêcher un mouvement sectaire de s’installer dans une ville n’est pas reconnu comme d’intérêt public dans le droit français.» D’autant plus que les avocats des parties adverses sont prêts à porter plainte à la moindre occasion. Suspectant la mairie de ralentir délibérément la vente après un rendez-vous annulé, l’un d’entre eux s’est fendu d’une lettre recommandée pour dénoncer une «attitude discriminatoire à l’égard de [la scientologie]» et brandir la menace d’un procès.

Sans levier d’action, la municipalité attend l’aide de l’Etat. «Mais on n’est pas suffisamment soutenu», déplore le maire communiste, Laurent Russier, dont les courriers au ministère de l’Intérieur et à la préfecture de Seine-Saint-Denis sont restés lettre morte. Il y a bien la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), sans président depuis six mois. «C’est une coquille vide, tacle le député communiste de Seine-Saint-Denis Stéphane Peu. Leur réponse c’est « on va informer les gens pour dire qu’il faut se méfier ». Eux-mêmes ne peuvent pas faire quoi que soit.» Le 19 mars, le parlementaire a déposé une question écrite à l’Assemblée nationale, adressée à Bruno Le Maire, ministre de l’Economie. Il lui demande d’annuler la vente et d’engager des poursuites contre Warburg-HIH, le fonds d’investissement qui a vendu le bâtiment à la scientologie en toute connaissance de cause.

Faux nez

En attendant une hypothétique réponse, la direction de l’urbanisme inspecte chaque pièce du dossier à l’affût de la moindre erreur de procédure. Petite victoire : elle a réussi à justifier un refus d’autorisation de travaux car le bâtiment va changer d’affectation. Il faudra donc passer par un permis de construire, beaucoup plus contraignant et qui nécessite l’aval de la préfecture. Mais en face, la scientologie a le temps et les moyens de mener bataille. Pour rénover le bâtiment, elle a fait appel à Gensler, la plus grande agence d’architecture au monde avec plus de 5 000 employés et un chiffre d’affaires annuel de 1,2 milliard de dollars (environ 1 milliard d’euros). Depuis le milieu des années 2000, le mastodonte est le prestataire régulier de «l’Eglise» pour ses projets architecturaux. La maîtrise d’ouvrage est assurée par le cabinet Currie & Brown, là encore un géant mondial dans le secteur du conseil en construction, déjà engagé par la scientologie auparavant. Sur place, les deux multinationales s’appuient sur le travail de trois agences d’architecture françaises, épaulées par un cabinet d’avocats. Sollicités par Libération, aucun des prestataires engagés sur le projet n’a souhaité nous répondre, en vertu d’une clause de confidentialité signée avec leurs clients.

En parallèle, le mouvement sectaire prépare le terrain à sa future installation. Depuis le début de l’année, l’association le Chemin du bonheur multiplie les opérations de communication dans la ville. Cette structure, qui se présente parfois sous le nom de Plus cool la vie, est l’un des principaux faux nez de la scientologie en France. En février, ses bénévoles contactent par téléphone et courrier les présidents d’associations de Saint-Denis – allant d’une Amap à une compagnie de danse – afin de proposer leurs services… Sans jamais mentionner la scientologie, bien sûr. Le Chemin du bonheur déploie aussi ses tentes sur la place de la gare afin de distribuer des fascicules, sans que la préfecture n’y ait à redire. En septembre 2018, l’association organisait même une opération de ramassage d’ordures dans la cité des Franc-Moisin, suscitant l’enthousiasme d’une partie des habitants.

La scientologie est pourtant en perte de vitesse. En France, ses responsables avancent régulièrement le chiffre de 40 000 adeptes. Selon un ancien cadre qui les a quittés au début des années 2010, ils seraient à peine 400. Le Celebrity Centre, sa vitrine ouverte à Paris en 1985, a le plus grand mal à attirer des artistes, son objet initial. Dans ce contexte, difficile d’imaginer la branche française capable de financer un bâtiment comme celui de Saint-Denis. «Cela ne fait aucun doute que l’argent vient largement de la maison mère», commente Mike Rinder, qui a quitté la scientologie en 2007, après avoir assisté pendant vingt ans le dirigeant actuel, David Miscavige. Depuis 2004, ce dernier planifie le développement d’«org idéales» partout dans le monde. En charabia scientologue, cette expression désigne des complexes géants dans lesquels les adeptes peuvent réaliser tous les exercices nécessaires (et payants) à leur accomplissement. Au menu, «programme de purification» dans des saunas et «séances d’audition». Lors de ces entretiens individuels, les adeptes sont incités à livrer leurs traumatismes les plus secrets à des cadres plus expérimentés et à explorer leurs vies antérieures. Une technique d’emprise.

«Fisc»

Ces dernières années, des «org idéales» ont déjà ouvert à Stuttgart, Amsterdam ou encore Budapest. A chaque fois, des inaugurations tape-à-l’œil, à grand renfort de fanfares et de cotillons, pour faire la communication du mouvement. «L’objectif est de convaincre les donateurs que la scientologie s’étend partout dans le monde, décrypte Mike Rinder. Mais après la coupure du ruban d’inauguration, les bâtiments sont tous les mêmes : vides.» Reste à savoir pourquoi la scientologie investit massivement dans des biens immobiliers alors que le mouvement est moribond. La réponse est peut-être liée à la situation fiscale de l’organisation. Considérée comme une église par le gouvernement américain, la scientologie ne paie pas d’impôts outre-Atlantique. En contrepartie, elle est obligée de dépenser son argent dans des projets d’intérêt public. «L’achat de biens immobiliers permet d’éviter une accumulation excessive de capital qui la mettrait en délicatesse avec le fisc, tout en lui permettant des investissements sûrs», estime Jeffrey Augustine, un ancien adepte qui anime le site The Scientology Money Project. Les actifs immobiliers de la scientologie à travers le monde sont estimés à 3,5 milliards de dollars.

Sollicité par Libération, le service presse de la maison mère, à Los Angeles, n’a pas répondu, pas plus que Martine Rhein, la porte-parole du mouvement en France. Son médiatique prédécesseur Eric Roux, dorénavant vice-président du bureau européen de la scientologie, jure avoir appris l’achat du bâtiment de Saint-Denis par «une alerte Google».

Robin d’Angelo

 

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Bonne question………………………………..(18/04/2019)

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ALERTE INFO
Supprimer l’ENA… mais pour la remplacer par quoi ?
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La lettre de Laurent Joffrin………………………(18/04/2019)

Libération 17 avril 2019
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Haro sur l’ENA

Il fallait un bouc émissaire : pourquoi pas l’ENA ? Etrange paradoxe de la scène française. On prend une sanction symbolique contre les hauts fonctionnaires, qui pourtant obéissent en tout point aux politiques, qui sont en général dévoués à l’intérêt public et qui sont, tout de même, rarement milliardaires. Dans le même temps, le bon peuple est convié à s’esbaudir de la générosité des vrais milliardaires, qui ouvrent leur cassette pour financer la reconstruction de Notre-Dame, mais qui, semble-t-il, portent une responsabilité dans les inégalités dont se plaignent les gilets jaunes et une bonne partie des Français. Haro sur l’Etat, vive le privé ! Drôle de conception de la République.

Réformer le mode de sélection des grands commis, pourquoi pas ? Leur représentativité sociale est faible (2% de fils d’ouvriers à l’Ecole nationale d’administration), il serait donc utile d’aller vers plus de diversité sociale. De même, la consécration précoce d’une mince phalange de super-fonctionnaires polyvalents, qui reçoivent à 25 ans l’oint du Seigneur qui leur garantit une carrière météorique, pratiquement quoi qu’ils fassent, pose un problème méritocratique. Le mérite s’apprécie aussi à l’ouvrage, pas seulement à la capacité à passer un concours difficile à la fleur de l’âge. Réforme, donc. Mais Emmanuel Macron, dans le texte qui a fuité depuis deux jours, parle de «suppression». Ce qui pose aussitôt la question : quoi donc à la place de l’ENA ? On se souvient que la création de l’école, préparée par Maurice Thorez, mesure emblématique voulue par les résistants qui ont changé le pays après la guerre, avait marqué un progrès républicain considérable. C’est ensuite que le système s’est dévoyé. Donc, s’il s’agit d’ouvrir le recrutement tout en conservant l’excellence technique, de moderniser l’enseignement, de diversifier les sources idéologiques des programmes, fort bien. Mais s’il s’agit de créer une autre ENA à la place de l’ENA, sans prévoir les mécanismes adéquats qui changeront sa composition sociale et ses modalités de promotion une fois les diplômes acquis, ou, pire, si l’on envisage de recruter sur dossier au nom de l’ouverture au privé, en perdant l’anonymat qui reste une condition de l’équité, on aura seulement, par un tour de bonneteau, fait des concessions inutiles au poujadisme ambiant.

LAURENT JOFFRIN
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Bonne nouvelle……………………………..(17/04/2019)

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Dioxyde de titane : l’additif E171 sera interdit dans les denrées alimentaires en France à partir du 1er janvier 2020
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Notre Dame…………………………………….(17/04/2019)

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ALERTE INFO
Dégâts, reconstruction, assurances… On répond aux questions que vous vous posez sur l’incendie qui a ravagé Notre-Dame de Paris
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La lettre de Laurent Joffrin……………………….(16/04/2019)

Libération 16 avril 2019
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

La cathédrale humaine

Notre-Dame pour tous… En quelques minutes, l’émotion suscitée par l’incendie de la cathédrale de Paris s’est changée en vague planétaire. Réactions innombrables, témoignages de soutien, sidération internationale : le monde entier a été frappé au cœur par cet incendie ravageur, il a tremblé pour les deux tours menacées par les flammes, lointain écho du 11 septembre, il a produit un élan sans frontières de compassion et de solidarité. Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?

Quelques idiots ont suggéré que la chute de la flèche qui surmontait l’édifice symbolisait celle, prochaine, de la civilisation française, ou même de la chrétienté tout entière. C’est le contraire qui est vrai : une fois le choc éprouvé, il n’est question que de souscription, de mobilisation, de reconstruction, de projets d’avenir. Une nouvelle fois, les sociétés démocratiques montrent qu’elles n’ont rien à envier aux autres en matière de résilience et d’opiniâtreté.

Pourquoi cette émotion mondialisée ? Pourquoi Français et étrangers ont-ils pensé que c’était, somme toute, une part d’eux-mêmes qu’ils voyaient partir en fumée ? Les «racines chrétiennes», diront certains. C’est une petite partie de la réalité, attestée par les groupes en prière rassemblés autour du bâtiment dévoré par les flammes, incarnée par la conscience meurtrie de la France catholique. Mais Notre-Dame, on le sent bien, est tout autre chose. Identité française ? A coup sûr. Entre Jeanne d’Arc, Henri IV, Louis XIV, Napoléon, De Gaulle ou l’abbé Pierre, une partie de l’histoire du pays s’est déroulée sous ces ogives lancées vers le ciel. Le «fonds indivisible d’impressions, d’images, de souvenirs, d’émotions» qui forme l’attachement à la Nation (Jaurès) a été incendié : chacun se sent atteint. A quoi fait écho Marc Bloch : «Qui n’a pas vibré au sacre de Reims et à la fête de la Fédération n’est pas vraiment français.» Chrétienne mais aussi républicaine – voir la Libération de Paris et le Te Deum pour la Résistance – Notre-Dame est une pièce de cet édifice de mémoire qui unit un pays, au-delà de ses déchirements, quand la cathédrale, joyau du patrimoine populaire, est un sémaphore pour ce peuple parisien rebelle et patriote à la fois. Victor Hugo l’avait compris, qui en a fait un monument du peuple, plus que des prêtres et des puissants. On lui a même reproché, à la parution du roman, d’avoir mis de côté sa force spirituelle, au profit de passions trop humaines, celles de Frollo, d’Esmeralda et de Quasimodo.

Mais il y a plus. Dans le monde tourmenté par les conflits de tous ordres, dans un paysage culturel agité par les réseaux et l’omniprésence des médias de l’éphémère, Notre-Dame de Paris est un môle de paix et de profondeur de temps. La religion de la culture, dans les sociétés modernes, est aussi forte que la religion tout court. L’hymne à la beauté et à l’harmonie d’un monument révéré vaut tous les cantiques de tous les cultes. La culture, l’histoire, le passé, l’esthétique, réunissent par l’émotion ce que la philosophie des droits de l’homme rassemble par la force des principes. Le respect pour les œuvres offre un pendant affectif à la froideur de l’universalisme. Comme la liberté et l’égalité en sont l’esprit, l’amour de la culture en est l’âme, qui vient compléter, corriger, transcender, la froideur de la civilisation technicienne.

LAURENT JOFFRIN
Publié dans:Non classé |on 16 avril, 2019 |Pas de commentaires »

Les « annonces » de Macron…………………….(16/04/2019)

Cette allocution présidentielle devait être le point d’orgue du grand débat national mis en place en janvier pour répondre à la colère des « gilets jaunes ». Une intervention télévisée annulée à la dernière minute, lundi 15 avril, en raison de l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Franceinfo a pu prendre connaissance des principales mesures qui devaient être annoncées par Emmanuel Macron et que l’Elysée refuse désormais de commenter. Des annonces que le chef de l’Etat a souhaité reporter pour « respecter un temps de recueillement et avoir la responsabilité qui s’impose dans ce moment de grande émotion nationale », a précisé l’Elysée dans un communiqué.

 

Un référendum d’initiative partagée plus accessible, des RIC locaux

Emmanuel Macron ne ferme pas totalement la porte au référendum d’initiative citoyenne (RIC). Le président avait prévu, lors de son allocution, de citer cette revendication phare des « gilets jaunes ». Avec un bémol de taille : ces scrutins ne pourraient être organisés que pour des sujets d’intérêts locaux.

Le chef de l’Etat devait, en outre, se dire favorable au fait de faciliter l’organisation du référendum d’initiative partagée (RIP). Ce mécanisme, qui existe déjà dans la Constitution, n’est actuellement possible qu’avec l’obtention des signatures de 185 parlementaires, et de 10% du corps électoral. Enfin, Emmanuel Macron avait prévu d’annoncer la mise en place d’une convention de 300 citoyens tirés au sort pour travailler sur le thème de la transition écologique.

Une baisse de l’impôt sur le revenu

Autre mesure phare qu’Emmanuel Macron avait prévu d’annoncer : un moratoire sur des hausses d’impôts, ainsi qu’une baisse de l’impôt sur le revenu. Une baisse qui serait financée par la suppression de niches fiscales, la réduction de la dépense publique, mais aussi « la nécessité de travailler davantage », selon ce qu’avait envisagé le chef de l’Etat, sans plus de précisions.

En revanche, le président n’avait pas l’intention de revenir sur la réforme de l’impôt sur la fortune, depuis rebaptisé impôt sur la fortune immobilière (IFI). Comme il s’y était déjà engagé par le passé, une évaluation de cette réforme sera engagée afin, éventuellement, de la corriger.

 

La pérennisation de la prime exceptionnelle de fin d’année

En décembre, lors du dévoilement de la première batterie de mesures pour calmer la colère des « gilets jaunes », Emmanuel Macron avait annoncé la mise en place d’une prime exceptionnelle entièrement exonérée d’impôts et de charges, versée par les employeurs sur la base du volontariat. Le chef de l’Etat avait prévu d’annoncer lundi soir sa pérennisation. Elle pourrait donc être versée chaque année.

 

Les retraites de moins de 2 000 euros à nouveau réindexées sur l’inflation

Après le recul du gouvernement sur la hausse de la CSG, Emmanuel Macron avait prévu de donner de nouveaux gages aux retraités modestes, en réindexant les pensions de retraite sur l’inflation. Dans le budget 2019, une hausse de 0,3% des pensions était prévue, bien loin du niveau de l’inflation (estimée à 1,6%). Lundi soir, Emmanuel Macron avait prévu d’annoncer la réindexation des retraites inférieures à 2 000 euros.

Autre mesure de solidarité que comptait annoncer le président : la garantie par l’Etat des pensions alimentaires des mères isolées.

 

Un moratoire sur les fermetures d’écoles et d’hôpitaux

Ce devait être l’un des engagements forts de cette allocution présidentielle. Emmanuel Macron avait prévu d’annoncer la fin des fermetures d’écoles ou d’hôpitaux d’ici à la fin du quinquennat. Par ailleurs, le chef de l’Etat avait prévu d’annoncer l’intensification du dédoublement des classes en CP et CE1 dans les zones d’éducation prioritaire. Autre grande annonce qui aurait dû être faite lundi soir : des classes de 24 élèves maximum de la grande section de maternelle au CE1.

 

La suppression de l’ENA

Emmanuel Macron avait prévu d’annoncer une refonte profonde de la haute fonction publique, avec une mesure choc : la suppression de l’Ecole nationale d’administration (ENA), dont il est lui-même issu. Il entend ainsi favoriser l’égalité des chances et le mérite.

 

AUSSI SUR MSN: Incendie à Notre-Dame: «Cette cathédrale, nous la rebâtirons» annonce Emmanuel Macron

Publié dans:Non classé |on 16 avril, 2019 |Pas de commentaires »

Un chef d’oeuvre en flammes….quelle tristesse………….(15/04/2019)

A 18 h 50, les premières flammes ont été vues sous la flèche. La pointe est peu à peu devenue rouge comme une allumette. A peine une heure plus tard, à 19 h 57, cette structure de 93 mètres s’est écroulée. «C’est atroce à voir, c’est absolument dramatique», nous déclarait alors l’adjoint à l’urbanisme Jean-Louis Missika, la voix nouée.

A quelques mètres de là, la maire de Paris, Anne Hidalgo, le préfet, Didier Lallement, le ministre de la Culture, Franck Riester, et le secrétaire d’Etat auprès du ministère de l’Intérieur Laurent Nuñez étaient réunis. Ce dernier faisait le point : «Le feu s’est déclaré au niveau de la toiture, son origine n’est pas connue. Des moyens très importants ont été engagés. Un effondrement s’est produit à l’intérieur du site et les pompiers sont à l’œuvre. Il n’y a pas de blessés. Les pompiers ont fait le maximum pour sauvegarder l’ouvrage.»

Arrivé peu après avec le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale, Emmanuel Macron a évoqué l’«émotion de toute une nation»qui voit «brûler cette part de nous». Edouard Philippe s’est entretenu avec les pompiers puis s’est rendu avec le chef de l’Etat dans la caserne de la Cité, où se trouve la préfecture de police.

A LIRE AUSSIDe la Reine Margot à la Libération, Notre-Dame ou l’église de la nation

Dans ce quartier touristique, la sidération a tout de suite été totale. L’île de la Cité est fermée. De l’île Saint-Louis voisine, on voit les piliers de la nef rougies par les braises. Le long de la Seine, sur une berge de l’île Saint-Louis, une foule est rassemblée. Un mélange de Parisiens et de touristes, les yeux tournés vers la cathédrale. Téléphones brandis, beaucoup filment le désastre, sans un mot. Comme médusés face à ce qui est en train de se passer sous leurs yeux. A 20 h 15, l’incendie n’est toujours pas maîtrisé, les flammes continuent de plus belle. Un épais nuage blanc-jaune s’élève vers le ciel. Des gens pleurent. Une mère et sa fille observent. «Pourvu que les tours ne brûlent pas aussi», dit la seconde, la main sur la bouche, choquée. Une habitante du IVe arrondissement, un mouchoir en papier à la main pour sécher ses larmes, vient d’arriver : «Ça fait mal au cœur un trésor pareil. C’est l’âme de Paris.»

Que s’est-il passé ? Le procureur de Paris, Rémy Heitz, a souligné qu’il était «trop tôt» pour connaître l’origine du sinistre. Le parquet vient de saisir la police judiciaire. En haut de la cathédrale, les pompiers sont à l’œuvre, comme en témoignent les silhouettes en uniforme coloré, qui détonnent avec la pierre ocre, au niveau de la toiture. «Ça fait mal au coeur quand même», déclare un policier chargé du périmètre de sécurité, alors que la nuit commence à tomber.

A LIRE AUSSIEmotion unanime de la classe politique devant l’incendie de Notre-Dame

A 21 heures, rien n’indiquait que l’incendie était totalement maîtrisé. Les inquiétudes restaient fortes quant au sort des tours. Dans les milieux religieux, on craignait que l’effondrement de la flèche n’ait définitivement détruit le chœur sculpté en bois du XIVe siècle, l’une des œuvres remarquables de l’édifice.

Rejoignant involontairement la suggestion de Donald Trump, une vieille dame s’écrire en pleurs : «Pourquoi n’envoient-ils pas les Canadair ? C’est plus qu’un bâtiment qui brûle, c’est notre histoire. Je suis effondrée.»

«Comme prêtre, je ressens très fortement ce drame, nous dit Olivier Ribadeau Dumas, porte-parole de l’épiscopat. J’y ai été ordonné mais Notre-Dame et aussi un symbole de l’unité de la nation, là où se retrouvent les Français lors des drames.»

Une cellule de crise a été ouverte à l’hôtel de ville. «Notre -Dame est solide. Nous la reconstruirons», dit Emmanuel Grégoire.

Jérôme Lefilliâtre Charles Delouche Julie Brafman

Lineration.fr

Publié dans:Non classé |on 15 avril, 2019 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………………..

Libération 15 avril 2019
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Eschyle, le «blackface» et la censure

Comment rendre un certain antiracisme impopulaire auprès de toute une opinion progressiste ? Un certain nombre de militants de la cause ont trouvé le moyen adéquat et l’ont mis en œuvre, provoquant l’indignation de ceux qu’ils devraient compter parmi leurs alliés. Le 25 mars, plusieurs défenseurs de la cause noire ont empêché par la force la représentation d’une pièce d’Eschyleles Suppliantes, qui met en scène les pérégrinations d’un groupe de jeunes femmes qui refusent un mariage forcé et vont chercher refuge à Argos, la terre de leurs ancêtres. On peut y voir, pour l’essentiel, une apologie du droit d’asile, aux échos très contemporains. Le metteur en scène, Philippe Brunet, proteste de ses convictions ouvertes et égalitaires. Mais c’est un individu éminemment louche puisqu’il est animé de valeurs humanistes et travaille depuis des lustres sur la langue grecque ancienne, cherchant à mettre en lumière – et à réhabiliter – les influences africaines sur la culture grecque de l’Antiquité. Un raciste qui s’ignore, donc, qui a eu la criminelle idée de rappeler que les «Suppliantes» avaient sans doute la peau cuivrée et qu’il a envisagé de leur brunir le visage avec un onguent, avant d’opter pour des masques de cuivre.

Usant d’un raisonnement péniblement capillotracté, ces censeurs agressifs ont imaginé que ce déguisement de scène rappelait de manière insoutenable la pratique du «blackface» (se grimer en noir) en usage aux Etats-Unis aux temps de l’esclavage – ou après – pour se moquer des populations noires. Dans son inconcevable inconscience, Eschyle, vivant au Ve siècle avant Jésus-Christ, avait omis de prévoir de ses didascalies heurteraient un jour la conscience de certaines minorités. Les comédiens ont ainsi été empêchés de se rendre sur scène par des militants menaçants et l’université, peu soucieuse de déclencher un incident violent, a préféré annuler la pièce.

Cette censure par la force a suscité l’indignation d’une grande partie du monde du théâtre, dont Ariane Mnouchkine, une raciste bien connue, tout comme la réprobation de nombreux universitaires, manifestement dédiés à l’oppression des «dominés». Ils ont eu beau expliquer qu’il n’y avait là aucune moquerie ni aucune intention discriminatoire, que la pratique du masque est consubstantielle au théâtre antique, que les promoteurs de la représentation avaient tous un parcours incontestable en matière d’antiracisme, rien n’y a fait. Ce n’est pas l’intention qui compte, leur a-t-on rétorqué, mais le fait, qui blesse notre sensibilité. Nous avons décidé que votre mise en scène était raciste, c’est donc qu’elle l’est : pièce interdite.

Au vrai, il est parfaitement légitime, en matière de critique théâtrale ou littéraire, d’interroger les significations cachées ou involontaires, de telle ou telle œuvre, de telle ou telle mise en scène. L’analyse des textes n’est pas seulement esthétique. Elle met en jeu des valeurs, des orientations politiques ou idéologiques. On se souviendra que la Politique du mâle, livre fondateur de Kate Millett, figure du féminisme américain, s’appuyait sur l’analyse de trois auteurs révérés de la littérature occidentale, D.H. Lawrence, Henry Miller et Norman Mailer. Comme l’explique dans Libération Laure Murat, intellectuelle féministe, le débat sur ces points a droit de cité. Mais non, ajoute-t-elle, l’interdiction par la force.

En effet, si elle devait servir de précédent, cette censure musclée ouvrirait la porte à une sélection systématique des œuvres admises et à l’interdiction des autres. Elle instaurerait la soumission des metteurs en scène à des critères moraux dont seuls les militants des minorités (et bientôt des majorités qui défendront aussi leur identité) seraient juges. Ainsi l’accusation de tout ce qui évoquerait, d’une manière ou d’une autre le «blackface», en dehors même des intentions affichées du metteur en scène et de l’auteur, proscrirait toute représentation non estampillée par les gardiens de l’ordre moral ; par exemple l’Othello de Shakespeare, dont le héros trahi par Iago est un «maure» à la peau brune. Au feu, donc, les versions filmées d’Othello où jouent Laurence Olivier, Orson Welles ou Pierre Brasseur, tous grimés.

Il faudrait aussi bien mettre à l’index Balzac, dont le Gobseck, usurier, symbolise une vision négative des Juifs, Hugo, coupable de décrire une jeune Rom, Esmeralda, sous un jour discutable. On a d’ailleurs commencé à le faire il y a quelques années en interdisant de fait, sous la pression de groupes intégristes, la représentation du Mahomet le prophète de Voltaire, qui a eu le front de donner de l’islam une version négative. Lequel Voltaire, quoique philosophe de la tolérance, ayant colporté dans ses écrits des préjugés antisémites de l’époque – tout comme Marx dans la Question juive – devrait être rayé de la carte littéraire.

Ne parlons pas des auteurs d’opinions douteuses ou scandaleuses, Céline, Morand, Heidegger, antisémites notoires, Wagner ou Nietzsche, récupérés par les nazis, Kipling, colonialiste, Malraux, champion de «l’appropriation culturelle» dans les temples khmers de la Voie royale, Camus, mou du genou pendant la guerre d’Algérie, et tant d’autres, dont les œuvres devraient être censurées d’urgence.

Quant à ceux qui protesteraient de bonne foi, au nom de la liberté de création et du respect des œuvres, il suffit de les rejeter dans les ténèbres extérieures du racisme, même involontaire (puisque l’intention ne compte pas). Bienfaisante simplification : ceux qui pensent comme les antiracistes radicaux ont cours légal. Les autres sont des racistes, conscients ou inconscients (ces derniers sont les plus dangereux). Les humanistes – la grande majorité – argueraient bien sûr que leur attachement à l’égalité, de leur refus des discriminations, de leur conviction que tout homme ou toute femme a droit au respect et à la dignité. C’est justement ce qu’on leur reproche : ce sont des «universalistes blancs», autant dire des hypocrites adeptes d’une doctrine «surplombante» et vicieusement «néocoloniale», selon le jargon en vigueur. Ce qui revient, pour cette faction de l’antiracisme décolonial, comme dans le cas des Suppliantes, à attaquer ses alliés et à faire rire aux éclats ses adversaires. Citons au passage quelques «universalistes blancs» bien connus, attachés aux droits humains et aux valeurs de l’émancipation pour tous : Rosa Parks, Martin Luther King, Nelson Mandela, etc. Et revenons à Laure Murat : le débat, la critique, la «déconstruction» des textes sont utiles à la cause. L’interdiction ne fait que lui nuire.

LAURENT JOFFRIN
Publié dans:Non classé |on 15 avril, 2019 |Pas de commentaires »

Tu causes, tu causes…………………………(15/04/2019)

Adepte revendiqué de la disruption, Emmanuel Macron va devoir se surpasser pour être à la hauteur des attentes qu’il a lui-même suscitées. Le moment est en effet venu de tirer les conséquences du grand débat lancé mi-janvier en réponse à la crise sociale révélée par les gilets jaunes. Ce lundi à 20 heures, le chef de l’Etat présentera depuis l’Elysée «les premières mesures concrètes» dans une «adresse à la nation». Et mercredi, il donnera une conférence de presse – une première pour Macron – pour s’expliquer en détail sur «les chantiers prioritaires» des trois prochaines années. «Nous ne reprendrons pas le cours normal de nos vies», avait-il proclamé le 10 décembre dans une première et solennelle «adresse» aux Français marquée par l’annonce d’une enveloppe de 10 milliards d’euros en faveur du pouvoir d’achat. Quatre mois plus tard, Macron entend inaugurer «l’acte II» de son quinquennat.

L’exécutif a placé la barre très haut. Dans son discours de restitution du grand débat, le Premier ministre a promis des mesures «puissantes et concrètes». Macron n’écrivait-il pas, dès le 13 janvier dans sa lettre aux Français, que son ambition était de «bâtir un nouveau contrat pour la nation, de structurer l’action du gouvernement et du Parlement, mais aussi les positions de la France au niveau européen et international» ?

Bluffer l’opinion

Avec de telles proclamations, la macronie prend évidemment le risque de récolter de grandes déceptions, et pas seulement chez les irréductibles qui réclament chaque samedi, entre autres, la dissolution de l’Assemblée nationale et la démission du Président. Pour conjurer ce risque, l’Elysée mise sur la surprise. L’effet «blast» censé bluffer l’opinion et pétrifier l’adversaire. Cette stratégie impose le secret, obligeant ministres et parlementaires de la majorité à naviguer dans un épais brouillard. Outre le Premier ministre, reçu dimanche soir à l’Elysée, une poignée de très proches – les conseillers Alexis Kohler et Philippe Grangeon, les présidents du Modem, François Bayrou, et de l’Assemblée, Richard Ferrand – serait dans la confidence.

En attendant que s’ouvre le rideau de «l’acte II» du quinquennat, chacun y va de ses propositions. Les membres du gouvernement y ont d’ailleurs été encouragés par Macron lui-même : à la fin de chaque Conseil des ministres, la partie réservée aux discussions informelles a été consacrée aux solutions à apporter à la crise. Dans cet exercice, les plus entreprenants sont naturellement les plus «politiques», issus de la droite pour la plupart (lire ci-contre).

A l’Elysée, on assure ne pas s’en inquiéter : l’apparente résurgence du clivage gauche-droite n’empêchera pas la majorité de se rassembler derrière le «nouveau contrat» proposé par le Président. Agacé par le procès en ultralibéralisme, Matignon rappelle qu’Edouard Philippe a lui-même indiqué dans sa «restitution» que le grand débat exprimait d’abord «un immense besoin de justice et d’équité».

Privilèges

S’il veut surprendre dans sa réponse, Macron a l’embarras du choix. Il peut, par exemple, puiser dans les 66 propositions du «pacte social et écologique» défendu par l’ex-ministre de l’Ecologie Nicolas Hulot et le patron de la CFDT, Laurent Berger. Ces derniers préconisent l’investissement massif dans la rénovation énergétique des logements ou la mise en place de chèques mobilité. «La rigueur budgétaire portée en totem politique, qui prétend diriger un pays le nez collé au taux de déficit public, n’est pas un projet politique», écrivaient ainsi les deux hommes dans le Journal du dimanche. Où ils invitaient à ne pas confondre «ras-le-bol de l’injustice fiscale» et «ras-le-bol fiscal». Ce qui pourrait se traduire par un impôt sur le revenu allégé pour les classes moyennes et alourdi pour les plus fortunés.

Outre les nombreuses et coûteuses mesures sociales qui ont pu lui être réclamées pendant la centaine d’heures qu’il a consacrée au grand débat – réindexation des petites retraites, aides aux familles monoparentales, baisse de la TVA -, ce sont surtout sur les questions liées à la vie démocratique et à l’accès aux services publics que Macron peut espérer créer la surprise. Il pourrait, par exemple, aller au-delà des 15 % prévus dans l’instauration d’une dose de proportionnelle aux élections législatives ou bien lancer une nouvelle étape de décentralisation. Ou encore s’attaquer à quelques-uns des privilèges dénoncés sur les ronds-points : avantages réservés aux ex-présidents, suppression de l’ENA… Des symboles dont le démontage aurait le mérite d’être budgétairement indolores.

Alain Auffray

Liberation.fr
Publié dans:Non classé |on 15 avril, 2019 |Pas de commentaires »
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