A droite de la droite……………………..(21/05/2019)

Steve Bannon, l’agent trouble venu d’Amérique

Steve Bannon à Paris, le 17 mai 2019.
Steve Bannon à Paris, le 17 mai 2019. (SIPA / Lewis JOLY)

LE CLIN D’ŒIL DE SERGE RAFFY. A quoi joue le banquier prédicateur d’extrême droite, ex-conseiller de Trump, en croisade européenne ? Il inquiète même ses amis français.

Par Serge Raffy

Publié le 21 mai 2019 à 11h33

L’Histoire prend parfois d’étranges détours, ironiques, paradoxaux. Prenez le cas de Steve Bannon, le banquier prédicateur raciste, proche de Donald Trump, venu prêter main-forte aux partis d’extrême droite européens durant la campagne électorale. Ces derniers l’avaient reçu en fanfare il y a quelques mois, voyant en lui un apôtre sillonnant le Vieux Continent pour le sauver des flammes de l’enfer « démocrate », haranguant les foules béates, défendant la supériorité de l’homme blanc.

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L’ancien responsable du secteur « fusion-acquisition » de Goldman Sachs, avec son look de Crocodile Dundee sur le retour, barbe de trois jours, parka et chemise noire, était en voie d’adulation. N’était-il pas celui qui osait dire tout haut ce que les citoyens européens pensaient tout bas ? Son message était sans ambiguïté : il débarquait chez les peuples affaissés par trente ans d’européanisme mortifère pour les galvaniser, et surtout, mener un combat idéologique et culturel : les préparer à l’affrontement contre les hordes venues d’Afrique.

Fascinés par le messianisme très national-socialiste de ce richissime touche-à-tout, média, cinéma, publicité, les dirigeants des partis populistes l’ont accueilli à bras ouverts. L’homme se targuait même d’être un disciple de Gramsci, le philosophe marxiste italien, pour qui le vrai pouvoir était celui de l’hégémonie culturelle sur les peuples. Et les droites extrêmes de s’engouffrer dans cette voie, celle de la bataille des idées, à ciel ouvert, en osant affirmer les valeurs les plus ténébreuses, celles qui ont conduit aux horreurs de la Seconde Guerre mondiale. Bannon superstar !

Et puis, patatras ! La belle mécanique s’est enrayée. Pour cause d’emballement. Le prophète US a pris la grosse tête, s’est mélangé les pédales, en parlant trop. A propos de l’Europe, il a dévoilé un peu trop ses ambitions mégalomaniaques :

« Si je plante un pieu dans le cœur du vampire, tout commencera à se désintégrer. »Le moment clé de ce combat pour « anéantir » l’Union construite sur les décombres du nazisme ? Fin mai 2019. « C’est le moment où nous prendrons l’Europe », a-t-il confié à la presse anglaise. En d’autres termes, Steve Bannon, croisé de la Reconquista de l’Occident dans une Europe malade, est passé du statut d’ami à celui d’envahisseur. Il a même créé une organisation basée à Bruxelles, Le Mouvement, qui a pour objectif de fédérer autour de lui toutes les énergies populistes .

Avec quel trésor de guerre ? Bien sûr, les services de renseignements de certains pays de l’UE ont jeté un œil sur le drôle de jeu de l’ex-conseiller de Trump. Etait-il un électron libre ? Un sous-marin de Mister Tweet, le locataire de la Maison-Blanche ?

Bannon est devenu un danger électoral pour le RN

En quelques jours, l’image du chevalier blanc de l’extrême droite s’est métamorphosée. Bannon est devenu un « agent de l’étranger ». Certains députés français envisagent même de réclamer une commission d’enquête parlementaire sur le Rassemblement national pour « intelligence avec une puissance étrangère ». Grotesque ? Sans doute. Mais Marine Le Pen n’a pas traîné à prendre ses distances avec celui qu’elle considérait comme un allié, quelques semaines plus tôt. L’apôtre de la civilisation blanche n’était plus qu’un renard dans le poulailler d’extrême droite.

L’affaire pouvait devenir virale. Au RN, on a compris que l’exalté de la supériorité de l’homme blanc était devenu un danger électoral, car une bonne partie des électeurs de Marine le Pen ont toujours un antiaméricanisme chevillé au corps

Alors, exit Steve Bannon, renvoyé dans ses foyers virginiens ? A moins qu’il ne décide de faire retraite en Italie, dans les Abruzzes, dans une abbaye du XIIe siècle, perché sur les hauteurs, tel un nid d’aigle, acheté par un de ses disciples pour y lancer une académie de l’occident judéo-chrétien, une école chargée de former des « gladiateurs » pour la bataille culturelle à venir. Là-bas, il pourra se faire oublier. Car le message que ses amis français lui ont envoyé est clair : « Steve, please, do not disturb… »

Serge Raffy

Serge Raffy

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Publié dans : Non classé |le 21 mai, 2019 |Pas de Commentaires »

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