Où en est et où va la gauche ? (27/05/2019)

Le Parti socialiste a sauvé les meubles dimanche soir, avec 6,4% des voix selon l’estimation Ifop-Fiducial pour Paris Match. «Quel gâchis pour la gauche», se désole toutefois le sénateur socialiste David Assouline, l’un des rares présents à la soirée électorale de la liste emmenée par Raphaël Glucksmann.

Paris Match. Quel est votre sentiment après les résultats de ce soir?
David Assouline. C’est d’abord la confirmation d’une crainte : le Rassemblement national et ses idées sont tout le temps présents. Même quand la participation est forte, ça c’est une première. C’est la faute directe d’Emmanuel Macron qui, en disant «l’enjeu c’est moi ou le Front national, ce n’est pas l’Europe», a conduit tous ceux qui voulaient le sanctionner à voter pour une force qui est dangereuse pour la France. Mon deuxième constat est : quel gâchis pour la gauche! On avait l’impression, dans les débats, que Raphaël Glucksmann, Yannick Jadot, Benoît Hamon et même Ian Brossat disaient la même chose… Ensemble, ils auraient été l’évènement de la soirée, avec plus de 25%. J’espère -j’y mettrai toutes mes forces- que dès demain tous ceux qui aiment la gauche, qui veulent la revoir sur le devant de la scène vont contraindre ses dirigeants à se mettre d’accord. Il faut vraiment qu’ils arrêtent leurs bêtises. (…) Il faut vraiment mettre les égos des uns et des autres de côté parce que cette soirée révèle que cette gauche démocratique a un espace. Les gens sont là, disponibles. Ce résultat donne un devoir d’unité. Et certainement pas des guerres encore plus prononcées pour se positionner pour la présidentielle ou autre. J’alerte tout le monde parce que je sens que le meilleur est possible, et je sens aussi que certains jouent toujours au pire.

« Est-ce que ce sera le PS à l’identique? Non! »

Le PS a sauvé les meubles ce soir…
Il ne faut surtout pas se reposer sur ce laurier qui est minime. Il y a une nouvelle génération qui sait s’ouvrir. Ça a été une audace, un courage de s’ouvrir à Raphaël Glucksmann, à Place publique, à d’autres forces… Certains étaient contre. Si les choses avaient mal tournées ils auraient, dès demain, sorti les couteaux avec plus de force. Peut être qu’ils vont les sortir quand même… J’espère que non. C’est le début d’une reconstruction. Est-ce que ce sera le PS à l’identique? Non! Ça n’a jamais été le cas. Le PS est une histoire de socialisme. Est-ce que le PS de Jaurès a été celui de Blum, puis celui de Mendès-France, de Mitterrand? Non.

Le message de Raphaël Glucksmann et Olivier Faure est celui du rassemblement et de la reconquête. Vous y croyez?
Oui. A partir du moment où les électeurs de gauche se sont rendus compte qu’Emmanuel Macron faisait une politique de centre droit, voir de droite, cela redonnait une responsabilité à la gauche. Elle n’était pas morte. On est mort quand les fondements, les raisons d’être d’une force, ont disparu. Ils sont encore plus d’actualité qu’avant, avec bien sûr maintenant la compréhension que cela ne peut être qu’avec l’écologie au cœur du projet social. C’est la grande mutation de ce siècle.

Lire aussi :A gauche, après la décomposition, l’heure est à la recomposition

Vous êtes un des seuls «poids lourds» socialistes présent ce soir. Vous n’êtes pas un peu déçu que cette soirée électorale ait si peu mobilisé?
Beaucoup de mes amis sont dans les bureaux de vote (…) C’est vrai que j’ai connu des soirées électorales où il y avait un peu plus de responsables nationaux… Ne vous en faites pas, ils viendront…

Paris Match

Publié dans : Non classé |le 27 mai, 2019 |Pas de Commentaires »

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