Archive pour le 11 juin, 2019

La lettre de Laurent Joffrin………………(11/06/2019)

Libération 11 juin 2019
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

L’honneur de la SNSM

Souvent les faits divers sont politiques. Ainsi du drame des Sables-d’Olonne, où trois sauveteurs en mer ont péri en se portant au secours d’un pêcheur pris dans la tempête, lui-même disparu. Par l’émotion nationale qu’il a suscitée, il contredit un préjugé politique largement répandu, pas seulement à droite. On connaît la chanson : notre société marchande, technologique, impersonnelle, obsédée de performance et de rentabilité, a ruiné les valeurs traditionnelles, consacré l’individualisme – qu’on confond avec l’égoïsme – et ringardisé tout ce qui ressemble à un sens du sacrifice, au consentement à risquer sa vie pour les autres ou pour son pays. Nous sommes en pleine décadence, ajoute-t-on, et le chacun pour soi est devenu l’alpha et l’oméga de la morale publique.

La mort de trois sauveteurs de la SNSM et bien d’autres exemples montrent qu’il n’y a rien de plus faux. La Société nationale de sauvetage en mer est une association composée essentiellement de bénévoles, souvent des retraités de la marine ou de la pêche, mais pas que. Ils sont ainsi quelque 5 000 sauveteurs et sauveteuses à obéir à une règle très simple : dès que leur «bip» sonne, ils (ou elles) doivent rejoindre le canot en moins de huit minutes quoi qu’ils fassent à ce moment-là et quel que soit l’état de la mer (souvent mauvais : les bateaux de la SNSM sortent quand les autres rentrent). Autrement dit, ces 5 000 personnes sont prêtes à risquer leur vie sans toucher en échange un seul centime, au gré de quelque 5 000 interventions chaque année. Fort heureusement, grâce à la fiabilité des bateaux et à la compétence des équipages, les accidents sont rares. Mais tout de même…

On dira que c’est la tradition des gens de mer, qui formeraient un monde à part, voué à une solidarité ancestrale née des duretés de la navigation. C’est tout aussi faux. Les métiers du sauvetage, souvent dangereux (pompiers, gendarmes, secouristes divers) n’éprouvent pas de difficulté de recrutement. Pas plus, d’ailleurs, que les armées, où l’on risque sa vie, cette fois, pour son pays. Le respect populaire qui entoure les soldats tués au combat ou dans des missions de sauvetage (voir le cas du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, ou celui des deux militaires des forces spéciales tués au Mali, Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello) montre que cette morale dite «du sacrifice» ou «de l’honneur» est largement partagée et admirée.

Bien entendu, ce sont des faits patents que les prophètes du «déclin» ou de la «décadence démocratique» ignorent superbement. Mais s’il fallait s’occuper des faits quand on défend une thèse qui flatte les préjugés réactionnaires, où irait-on ?

LAURENT JOFFRIN
Publié dans:Non classé |on 11 juin, 2019 |Pas de commentaires »

Hôpitaux en danger………………………………(11/06/2019)

Hôpital : les urgences polytraumatisées
Par Eric Favereau, Photo Albert Facelly — 10 juin 2019 à 20:06
Manifestation de personnel urgentiste près du ministère de la Santé à Paris, le 6 juin. Photo Albert Facelly pour Libération
Face au manque criant de moyens, les urgentistes manifestent ce mardi et tentent de mobiliser le reste du personnel hospitalier. Ils dénoncent également les maigres annonces de la ministre de la Santé, alors que le Sénat adopte la loi santé 2022.
Hôpital : les urgences polytraumatisées
Ce n’est manifestement pas la fin des tourments à l’hôpital. Ce mardi, les fédérations santé des syndicats CGT, FO, SUD et CFE-CGC tentent d’élargir le conflit des services d’urgences à l’ensemble du personnel, en appelant à «une journée de mobilisation et de grève nationale»pour «élever le rapport de force» face à l’exécutif afin d’obtenir une hausse des effectifs et des salaires. Pari incertain tant le désabusement est général et les mobilisations intercatégorielles hasardeuses.

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Reste qu’en annonçant jeudi – même sur un ton conciliant – une mission de «refondation» des services d’urgences, avec un soutien financier aux établissements connaissant des surcroîts d’activité, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, n’a pas convaincu. «Très insuffisant par rapport aux revendications des personnels», a réagi Hugo Huon, infirmier et membre du collectif Inter-urgences. «Je suis très déçu», a abondé Patrick Pelloux, emblématique président de l’Association des médecins urgentistes de France, pour qui «le gouvernement ne mesure pas l’ampleur de la contestation». Christophe Prudhomme, de la CGT urgences, a lui fustigé «une vaste blague. Créer une mission, c’est pour enterrer le problème».

«Moyens constants»
Au même moment est en train d’être adoptée au Sénat la loi santé 2022 qui doit réorganiser, entre autres, la médecine de ville pour lui permettre de mieux remplir son rôle et de ce fait d’assumer «les petites urgences», qui embolisent les hôpitaux. Mais l’exécutif a toujours un train de retard en matière de réforme de l’organisation de notre système de santé, réagissant ainsi tardivement aux crises des urgences. Près de 90 services sont en grève, renvoyant tous à des situations particulières. Là, dans l’Oise, c’est un établissement privé qui a débauché trois urgentistes, rendant la permanence des soins de l’hôpital public impossible. Ici, c’est un directeur d’hôpital, obsédé par le déficit de son établissement, qui refuse le moindre geste pour faire face à des arrêts de travail multiples aux urgences. Là, en banlieue nord de Paris, l’absence de médecine de ville ne laisse pas le choix, les patients ne peuvent se rendre qu’à l’hôpital.

Autre cas encore, à l’hôpital Saint-Louis à Paris : la création d’un miniservice pour hospitaliser les patients en situation d’urgence aiguë a absorbé du personnel sans contrepartie, et les urgences, qui tournaient bien, sont désormais à deux doigts de craquer. «On nous parle d’agressivité des patients, Chez nous, c’est plutôt de l’agressivité avec les médecins des autres services qui ne nous aident guère», raconte un médecin des urgences. «De toute façon, on ne peut pas continuer à moyens constants avec une augmentation de 5 % des activités tous les ans», lâche un des dirigeants des Hôpitaux de Paris. Un haut fonctionnaire de l’Agence régionale de santé de l’Ile-de-France ajoute : «C’est comme un domino. Si vous fermez en Ile-de-France tel service d’urgence, par ricochet l’activité va basculer vers d’autres lieux. Et comme tout est à flux tendu, les services peuvent s’écraser les uns après les autres.» Dans le jargon, cela s’appelle une réaction systémique.

Dans ce contexte, Agnès Buzyn, qui avait su lors de la première année de son exercice ministériel réconcilier les pouvoirs publics avec le monde médical, a paru donner le sentiment de ne pas prendre la mesure du malaise. Lâchant parfois des propos maladroits à l’égard du personnel hospitalier. La tension reste vive, chargée de malentendus, de méfiance. Le climat est inflammable. D’autant qu’arrive l’été, avec les craintes d’une surchauffe incontrôlée des hôpitaux. «Imaginez dans ce contexte un épisode de canicule mal anticipé», alerte ainsi le Dr François Braun, président de Samu-urgences de France.

Nouveaux outils
L’adoption de la loi santé 2022 au Sénat ne changera pas la donne dans l’immédiat. La création d’hôpitaux de proximité et l’émergence de nouveaux outils pour organiser la médecine de ville, notamment, ont été présentées par le gouvernement comme indispensables pour asseoir une organisation cohérente de notre système de santé. Il y a peut-être urgence.

Eric Favereau Photo Albert Facelly
Liberation.fr

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La Sécu…………………………..(11/06/2019)

Le déficit de la Sécurité sociale va replonger en 2019

Selon un rapport de la Commission des comptes, le déficit plongera au moins à 1,7 milliard d’euros et pourrait même atteindre 4,4 milliards, ce qui compromet le retour à l’équilibre annoncé.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 00h46, mis à jour à 07h43

Le déficit de la Sécurite sociale « se creuserait » de nouveau en 2019, selon une synthèse de la Commission des comptes.
Le déficit de la Sécurite sociale « se creuserait » de nouveau en 2019, selon une synthèse de la Commission des comptes. DENIS CHARLET / AFP

Revenu en 2018 à son plus bas niveau en deux décennies, le déficit de la Sécurité sociale « se creuserait » de nouveau en 2019, entre 1,7 milliard et 4,4 milliards d’euros, selon une synthèse de la Commission des comptes dont l’Agence France-Presse (AFP) a obtenu copie, lundi 10 juin.

En septembre 2018, Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, et Gérald Darmanin, son collègue de l’action et des comptes publics, annonçaient fièrement un déficit au plus bas depuis 2001 (– 1,2 milliard d’euros) et ils prévoyaient, enfin, le retour à l’équilibre pour 2019. Mais le vent a tourné et la promesse s’est fracassée sur la réalité du ralentissement économique et les concessions faites aux « gilets jaunes ».

« Mesures d’urgence »

Selon la Commission des comptes, cette rechute « résulte pour l’essentiel d’une croissance de la masse salariale (…) nettement inférieure [en France] à la prévision initiale » du gouvernement. Au lieu des 3,5 % espérés à l’automne 2018, Bercy ne table plus que sur une progression de 3,1 %, selon le programme de stabilité transmis à Bruxelles en avril.

 

Mais à cause de la « prime Macron » votée en décembre 2018 (une exonération totale de cotisations et d’impôts jusqu’à 1 000 euros), la Sécurité sociale devra même se contenter de 2,9 %. Soit, au bout du compte, de « recettes plus faibles qu’attendu » de l’ordre de 1,7 milliard d’euros, l’équivalent du montant du déficit prévu, dans le meilleur des cas.

Car l’addition pourrait se corser si l’Etat ne compensait pas à la « Sécu » les autres « mesures d’urgence » adoptées en fin d’année, au plus fort de la crise sociale. L’exonération de cotisations sur les heures supplémentaires dès le 1er janvier, et la baisse du taux de contribution sociale généralisée (CSG) pour une partie des retraités, coûteront « respectivement 1,2 milliard et 1,5 milliard d’euros », estime la Commission des comptes.

De quoi aggraver le « creusement » du déficit « qui atteindrait alors 4,4 milliards d’euros », poursuit-elle, ajoutant que « la trajectoire de retour à l’équilibre de la Sécurité sociale pourrait être remise en cause ».

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Une projection de départ chimérique

D’autant plus que l’avenir s’annonce aussi moins rose qu’espéré : avec une croissance économique revue de + 1,7 % à + 1,4 % cette année, le scénario d’une Sécurité sociale en excédent en 2020 « risquerait également d’être compromis ».

Sans oublier qu’il faudra financer les nouveaux gestes en faveur des retraités, annoncés par Emmanuel Macron en avril : réindexation d’une majorité de pensions sur l’inflation et augmentation du « minimum contributif » à 1 000 euros pour une carrière complète. Deux mesures dont « le coût total est estimé à 1,5 milliard d’euros et qui détériorera d’autant le solde de la Sécurité sociale », prévient la Commission des comptes.

Cette « détérioration » durable viendrait compromettre un autre engagement de l’exécutif : la reprise et le remboursement d’un reliquat de 15 milliards d’euros de dette sociale, impossible avec des comptes dans le rouge, ce qui exposerait la Sécurité sociale au risque d’une remontée des taux d’intérêt. Une mise en garde identique à celle du Haut Conseil du financement de la protection sociale, qui jugeait, dès mars, que la sortie des déficits était « remise en question » et évaluait alors les pertes pour 2019 à 3,6 milliards d’euros.

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Le gouvernement sait en réalité depuis plusieurs mois que sa projection de départ est devenue chimérique. Mme Buzyn l’avait reconnu en janvier : « Le retour à l’équilibre en 2019 est compromis. »Mais les chiffres n’ont toujours pas été révisés, laissant planer le doute sur une volonté de laisser filer le déficit de la Sécurité sociale pour ne pas accroître celui de l’Etat. « Nous allons travailler pour améliorer ce déficit de façon à reprendre la trajectoire initialement prévue », a seulement déclaré la ministre des solidarités et de la santé au début de mai devant le Sénat, en renvoyant le sujet au budget 2020, qui sera présenté à la fin de septembre.

NDLR : Une fraude de 800 ME a été constatée : y aurait-il un rapport ?

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