Archive pour le 11 juillet, 2019

La lettre de Laurent Joffrin………………………….(11/07/2019)

Libération 11 juillet 2019
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Rouge homard et ministre vert

Pour les hommes publics, il y a des objets maudits, dont le simple contact, dans certaines circonstances, peut être mortel, un peu comme la pomme de Blanche-Neige ou le fuseau de la Belle au bois dormant. Ainsi les chaussures trop bien cirées d’Aquilino Morelle, les cigares de Christian Blanc, le jet privé d’Alain Joyandet, la Porsche qui a véhiculé Dominique Strauss-Kahn, les taxis d’Agnès Saal, le marbre de Carrare de Jacques Attali, les diamants de Giscard, les médailles du président Grévy, etc. Et maintenant, les homards géants de François de Rugy. L’objet, par sa force symbolique, ajoute sa part d’irrationnel, d’emblème maléfique, à des pratiques qui peuvent être scandaleuses, contestables, illicites ou anodines. Objet transactionnel du ressentiment populaire, il plonge dans l’embarras celui qui a été contaminé par leur simple contact, qu’il soit coupable ou innocent.

Dans le cas du ministre de la Transition écologique, il y a peut-être, derrière ce homard, anguille sous roche. Car sur le fond, la question n’est pas tant le menu des dîners fins de l’hôtel de Lassay (la présidence de l’Assemblée est en tout état de cause, une table renommée, dotée d’une des meilleures caves de France), que leur nature : publique ou privée. François de Rugy a-t-il convié à dîner, non des «représentants de la société civile», mais plus trivialement ses amis personnels ou ceux de son épouse ? Il s’en défend et les témoignages sont sur ce point contradictoires. Ces amis étant par ailleurs «membres de la société civile» comme tout un chacun (nous le sommes tous, du SDF au PDG), il a une ligne de défense toute trouvée. C’est le homard qui fait la différence (et le Cheval Blanc en magnum). Aurait-il mangé des topinambours que sa situation serait meilleure…

Les temps sont à la rigueur éthique. Rugy peut-il se maintenir, tant le homard à la rouge carapace est provocateur après le mouvement gilet jaune ? Le site Mediapart pourra-t-il accrocher à son tableau de chasse une nouvelle tête de ministre? On ne sait, mais l’affaire laissera une trace : elle alimentera une nouvelle fois le désaveu des poltiiques qui mine la démocratie française. Dans ces conditions, le gouvernement ne peut rester inerte. D’abord parce que dans cette période de rejet de la classe politique, les élus (ou les élues) doivent être comme la femme de César : on ne doit pas pouvoir les soupçonner. Ce homard serait-il anodin, habituel, régulier, blanc-bleu quoique rouge, muni de tous ses papiers et laissez-passer, qu’il serait encore de trop. Question de tact politique. Le général de Gaulle payait lui-même – exemple légendaire – la note des repas familiaux qu’il tenait à l’Elysée. Nommant Georges Pompidou à Matignon, il eut avec lui ce dialogue :

«Pompidou, il paraît que vous passez vos vacances d’été à Saint-Tropez.

– Euh, oui, mon général, cela m’arrive.

– Vous êtes Premier ministre, vous irez en Bretagne.»

Quand l’opinion est métaphoriquement prête à mettre la tête des élus au bout d’une pique, mieux vaut éviter les fastes de Versailles, ou ceux de Lassay. La République aurait avantage, au passage, à simplifier encore le train de vie des ministres et des députés (elle a commencé) et à réserver ses pompes aux visiteurs étrangers.

Reste une interrogation : si Rugy est condamnable pour ses agapes mi-parlementaires mi-privées, quid d’un ministre de l’Economie qui invite à sa table le tout-establishment, non pour parler industrie ou finance, mais pour préparer son raid sur l’Elysée ? Dîner aux frais de la princesse avec ses potes ou avec ses soutiens, quelle différence ? Le bruit fait autour de Rugy, écologiste vert émeraude, couvre pour l’instant la question.

LAURENT JOFFRIN
Publié dans:"AFFAIRES" |on 11 juillet, 2019 |Pas de commentaires »

Rideau de fumée……………………………………(11/07/2019)

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François de Rugy limoge sa directrice de cabinet, qui a gardé un HLM sans l’occuper pendant douze ans, selon Mediapart
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Publié dans:"AFFAIRES" |on 11 juillet, 2019 |Pas de commentaires »

Brave garçon………………………………..(11/07/2019)

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Municipales 2020 à Paris : ambitieux contrarié, « gros bosseur » et « arrogant »… Qui est Benjamin Griveaux, choisi par LREM pour conquérir la capitale ?
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« Bon appetit messieurs, ô ministes intègres »…………………….(11/07/2019)

Francois de Rugy, le 9 juillet à Paris. LUDOVIC MARIN / AFP

En période de disette budgétaire, la dépense passe mal auprès de certains fonctionnaires de l’Assemblée. Le site d’information en ligne Mediapart révèle, mercredi 10 juillet, que François de Rugy a organisé entre octobre 2017 et juin 2018 au moins une dizaine de dîners lorsqu’il était président de l’Assemblée nationale, sans lien apparent avec ses fonctions.

Sur la table des salons de l’hôtel de Lassay, résidence de la présidence, ont été servis des homards géants, du champagne et des vins de la cave de l’Assemblée – du Château Cheval Blanc 2001 estimé à 550 euros la bouteille ou du Château d’Yquem 1999, estimé à 265 euros.

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« Filtre relationnel »

Parmi les convives identifiés par Mediapart figurent notamment des membres de sa famille et des amis de sa femme Séverine, journaliste à Gala. Interrogé par le site d’information, l’éditorialiste Jean-Michel Aphatie, invité par l’intermédiaire de sa femme, une proche de Mme de Rugy, raconte : « J’ai hésité à y aller parce que si le déjeuner est un espace de travail, le dîner est un espace ambigu. (…) J’ai vite compris que cela n’avait pas beaucoup de sens d’être là pour moi. Ce n’est pas un dîner de travail. Et si c’était à refaire, non, je ne le referais pas. »

Interrogé par France Inter mercredi 10 juillet, le ministre a déclaré :

« J’assume que ma femme ait pu participer, je défendrai ma femme. Nous n’avons rien à nous reprocher (…). [Quant aux invités], ce ne sont pas des amis, certains nous les connaissions, d’autres pas (…), c’est ça le propre d’avoir des relations de travail. »

A Mediapart, M. de Rugy avait également indiqué qu’il s’agissait de « dîners informels liés à l’exercice de [ses] fonctions avec des personnalités issues de la société civile », pour « répondre à l’exigence de représentation liée à [sa] fonction ». De son côté, Séverine de Rugy avait confirmé au site d’information qu’elle opérait elle-même un « filtre relationnel » et que les invités appartenaient pour l’immense majorité à son cercle « amical ».

Dîner de Saint-Valentin

Sur France Inter, l’actuel ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie a qualifié l’article de « grotesque » et « pamphlétaire » : « La réalité, c’est que, élu président de l’Assemblée nationale, j’ai mis un peu d’ordre dans la gestion de certains budgets. J’ai réduit la retraite des députés, supprimé les avantages des anciens présidents de l’Assemblée… ». Selon l’entourage du ministre, ce dernier « a fait baisser les frais de réception de l’hôtel de Lassay plus de 13 %, ses frais de déplacement de plus de 34 %, les coûts liés aux rémunérations de son cabinet de près de 13 %, ainsi que les frais de déplacement du cabinet d’environ 37 % ».

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D’après d’autres éléments recueillis par Mediapart, les moyens de l’Assemblée nationale auraient également été utilisés pour organiser le dîner de Saint-Valentin du couple en 2018. « Le service de restauration de l’hôtel de Lassay a eu la délicate attention, sans qu’aucune demande préalable ne leur soit faite, de décorer la table de François de Rugy et son épouse », a justifié l’entourage du ministre au site d’information.

L’ancien président de l’Assemblée nationale avait déjà été épinglé par la presse en juillet 2018, pour avoir notamment organisé le déjeuner de son mariage à l’hôtel de Lassay, le 17 décembre 2017. Il avait alors affirmé avoir remboursé une partie importante des frais engagés par l’Assemblée.

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Appel à la démission

La polémique autour de ces dîners luxueux fait des vagues au sein même du parti présidentiel. Sous couvert d’anonymat, un cadre de La République en marche (LRM) déplore « l’effet dévastateur » des révélations de Mediapart dans l’opinion publique.

« C’est scandaleux cette histoire. C’est précisément ce que nous ont reproché les “gilets jaunes” ! Cela risque d’accréditer l’idée que les ministres sont pleins aux as et se gavent en profitant de l’argent public. Symboliquement, c’est très lourd », juge ce responsable national de la formation macroniste, en ne cachant pas sa colère contre « une vraie connerie ». Jugeant que le ministre peut « difficilement rester » à son poste, cette source craint également que ce type de polémique redonne du carburant aux “gilets jaunes” : « C’est typiquement le genre d’histoire qui peut relancer une manif… », se désole-t-il. De son côté, la députée et ancienne ministre de l’écologie, Delphine Batho estime que « sa démission s’impose ».

Le Monde.fr (avec Alexandre Lemarié et Manon Rescan)
Publié dans:Non classé |on 11 juillet, 2019 |Pas de commentaires »

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