Archive pour le 13 juillet, 2019

« Ça balance pas mal à Paris »…………………………..(13/07/2019)

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« Ça existe à l’Intérieur, à la Justice, à la Défense, au Quai d’Orsay… » : les dîners, une pratique courante (mais moins ostentatoire) dans plusieurs ministères
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Publié dans:"AFFAIRES" |on 13 juillet, 2019 |Pas de commentaires »

Bonne question !! (13/07/2019)

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Affaires François de Rugy : pourquoi les responsables politiques ne démissionnent-ils pas quand ils sont mis en cause ?
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L’exemplarité macronienne…………………..(13/07/2019)

Les affaires qui ébranlent la « République exemplaire » version Macron

Des emplois fictifs supposés du MoDem au train de vie fastueux de François de Rugy, passage en revue des dossiers qui mettent à mal la « moralisation de la vie politique » voulue par l’exécutif.

Par Maxime Vaudano et Jérémie Baruch Publié hier à 19h14, mis à jour hier à 20h43

 

Le ministre de l’écologie, Francois de Rugy, et le président de la République, Emmanuel Macron, à l’Elysée, le 23 mai 2019.

Le ministre de l’écologie, Francois de Rugy, et le président de la République, Emmanuel Macron, à l’Elysée, le 23 mai 2019. POOL New / REUTERS

Lors de sa campagne présidentielle de 2012, François Hollande avait vanté une « République exemplaire » ; il avait vu son mandat entaché par des manquements, plus ou moins graves, de ses ministres. Avant lui, Nicolas Sarkozy avait défendu une « démocratie irréprochable » ; il est aujourd’hui lui-même empêtré dans des scandales politico-financiers dont la justice est saisie.

Leur successeur a fait usage du même langage. Lors de sa campagne électorale, en 2017, Emmanuel Macron avait prévenu que « le principal danger pour la démocratie [était] la persistance de manquements à la probité parmi des responsables politiques, dont le comportement est indigne de la charge de représentant du peuple ». Une fois élu, promettait-il, les responsables politiques allaient devoir « rendre des comptes sur leur entourage et sur la manière dont ils utilisent l’argent public ».

Les affaires qui ébranlent la « République exemplaire » version Macron

Des emplois fictifs supposés du MoDem au train de vie fastueux de François de Rugy, passage en revue des dossiers qui mettent à mal la « moralisation de la vie politique » voulue par l’exécutif.

Par Maxime Vaudano et Jérémie Baruch Publié hier à 19h14, mis à jour hier à 20h43

Temps de Lecture 10 min.

Le ministre de l’écologie, Francois de Rugy, et le président de la République, Emmanuel Macron, à l’Elysée, le 23 mai 2019.

Le ministre de l’écologie, Francois de Rugy, et le président de la République, Emmanuel Macron, à l’Elysée, le 23 mai 2019. POOL New / REUTERS

Lors de sa campagne présidentielle de 2012, François Hollande avait vanté une « République exemplaire » ; il avait vu son mandat entaché par des manquements, plus ou moins graves, de ses ministres. Avant lui, Nicolas Sarkozy avait défendu une « démocratie irréprochable » ; il est aujourd’hui lui-même empêtré dans des scandales politico-financiers dont la justice est saisie.

Leur successeur a fait usage du même langage. Lors de sa campagne électorale, en 2017, Emmanuel Macron avait prévenu que « le principal danger pour la démocratie [était] la persistance de manquements à la probité parmi des responsables politiques, dont le comportement est indigne de la charge de représentant du peuple ». Une fois élu, promettait-il, les responsables politiques allaient devoir « rendre des comptes sur leur entourage et sur la manière dont ils utilisent l’argent public ».

Symboliquement, les deux premières lois adoptées sous son quinquennat furent dites de « moralisation de la vie politique ». Pourtant, le mandat d’Emmanuel Macron n’a pas été davantage épargné que ceux de ses prédécesseurs à l’Elysée. Des premières affaires impliquant ses alliés du MoDem, dès l’été 2017, aux révélations de ces derniers jours sur le train de vie fastueux de François de Rugy, voici un résumé des principaux scandales qui ont ébranlé la « République exemplaire » version Macron.

François de Rugy

  • Les accusations

Lorsqu’il était président de l’Assemblée nationale, l’actuel ministre de l’écologie a organisé avec son épouse au moins neuf « dîners informels » dans sa résidence de l’hôtel de Lassay. Le personnel de l’Assemblée nationale a été mis à contribution pour ces soirées, ainsi que la vaisselle et des mets fins provenant des cuisines et de la cave de l’Assemblée nationale. Par ailleurs, le site Mediapart fait aussi état d’une rénovation des appartements du couple au ministère de l’écologie pour plusieurs dizaines de milliers d’euros d’argent public, ainsi que de la location soumise à la loi Scellier (donc à tarif préférentiel) d’un appartement de la banlieue nantaise.

  • Où en est l’affaire ?

En déplacement dans les Deux-Sèvres jeudi, il est revenu à Paris en urgence pour s’entretenir avec le premier ministre. A l’issue de leur rencontre, M. de Rugy s’est engagé à « rembourser chaque euro contesté » et à soumettre les frais à la questure de l’Assemblée. Edouard Philippe a par ailleurs demandé « une inspection » du secrétariat général du gouvernement concernant les travaux de l’appartement du ministère.

  • Qu’est-il devenu ?

Il garde – pour l’instant – la confiance de l’exécutif et donc son poste au ministère de la transition écologique et solidaire.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Face aux révélations, François de Rugy sauve son poste mais n’échappe pas à un rappel à l’ordre

Alexandre Benalla

  • Les accusations

Alexandre Benalla, chargé de sécurité à l’Elysée, accompagne les forces de l’ordre en tant qu’observateur lors des manifestations du 1er-Mai 2018, à Paris. Mais il est filmé, place de la Contrescarpe, en train d’interpeller violemment deux manifestants alors qu’il portait un brassard de police. Le lendemain de cette scène, il aurait été mis à pied par le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron. Il sera mis en examen quatre jours après la révélation de l’affaire par Le Monde, le 18 juillet 2018.

Depuis, les révélations se sont enchaînées sur ce personnage sulfureux qui avait toute la confiance du président de la République. Il lui est notamment reproché d’avoir violé son contrôle judiciaire, d’avoir détenu sans autorisation une arme de catégorie B, d’avoir menti face à une commission d’enquête sénatoriale, d’avoir signé un contrat de sécurité avec un proche de Poutine soupçonné de liens avec la mafia moscovite (Iskander Makhmoudov), d’avoir détenu et utilisé de manière indue des passeports diplomatiques…

  • Où en est l’affaire ?

De nombreuses enquêtes ont été lancées contre l’ex-chargé de sécurité du président. Le 19 juillet 2018, au lendemain des révélations du Monde, le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire pour « violence par personne chargée d’une mission de service public » et « usurpation de fonctions » ; le 22 juillet, Alexandre Benalla est mis en examen et placé sous contrôle judiciaire. Il a depuis été mis en examen à au moins trois reprises. En février 2019, il a été placé en détention provisoire suite à une violation du contrôle judiciaire, mais il a été libéré après une semaine en prison. Les enquêtes sont toujours en cours.

  • Qu’est-il devenu ?

Alexandre Benalla reste sous contrôle judiciaire jusqu’à ses éventuels procès. Vendredi 12 juillet, l’association Anticor a déposé une nouvelle plainte contre Alexandre Benalla auprès du Parquet national financier, pour corruption, blanchiment et entrave à la justice dans le cadre de ses contrats avec l’oligarque russe Iskander Makhmoudov.

Lire aussi Affaires Benalla : la chronologie complète pour tout comprendre

Ismaël Emelien

  • Les accusations

Lorsqu’éclate l’affaire Benalla, le 18 juillet 2018, Ismaël Emelien, conseiller spécial d’Emmanuel Macron, entre en possession des images de vidéosurveillance de la place de la Contrescarpe lors des manifestations du 1er-Mai. Il tente alors d’allumer un contre-feu médiatique à l’affaire qui touche l’Elysée en faisant diffuser via les réseaux sociaux les images de vidéosurveillance ainsi qu’un montage visant à disculper le chargé de protection de l’Elysée.

  • Où en est l’affaire ?
  • Il a été interrogé en janvier en toute discrétion par un commissaire de l’IGPN – la police des polices – qui est chargé du volet de l’enquête sur la diffusion en ligne d’images tirées illégalement de la vidéosurveillance de la préfecture de police de Paris. L’enquête est en cours.
    • Qu’est-il devenu ?

    Ismaël Emelien a démissionné le 11 février de ses fonctions de conseiller spécial du président de la République. Cette démission a eu lieu quelques jours après son interrogatoire par l’IGPN, mais il l’a officiellement justifiée par l’annonce de la parution d’un livre coécrit avec David Amiel, lui aussi ex-conseiller à l’Elysée.

    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Comment l’Elysée a fait diffuser un montage vidéo trompeur pour tenter d’excuser Alexandre Benalla

    François Bayrou, Sylvie Goulard et Marielle de Sarnez

    • Les accusations

    Ces trois piliers du MoDem, ministres dans le premier gouvernement d’Edouard Philippe, ont été contraints de démissionner au bout d’un mois après avoir été rattrapés par une vieille affaire. Ils sont soupçonnés d’avoir organisé ou bénéficié d’un système d’emplois fictifs d’assistants parlementaires au Parlement européen, similaire à celui du Rassemblement national (ex-FN).

    • Où en est l’affaire ?

    Le MoDem est sous le coup d’une enquête pour « abus de confiance », « escroquerie » et « détournement de fonds publics » depuis l’été 2017. Si aucune mise en examen n’a été prononcée à ce jour, l’enquête a permis de conforter les soupçons de la justice sur le caractère fictif de certains emplois d’assistants parlementaires, qui aurait bénéficié, en particulier, à Marielle de Sarnez.

    • Que sont-ils devenus ?

    Les trois ministres MoDem sont restés à l’écart du gouvernement, sans pour autant disparaître du paysage politique : François Bayrou reste le président du MoDem et le principal allié d’Emmanuel Macron ; Marielle de Sarnez a retrouvé son mandat de députée de Paris et préside à l’Assemblée nationale la prestigieuse commission des affaires étrangères ; Sylvie Goulard a été nommée sous-gouverneure de la Banque de France grâce à l’appui d’Emmanuel Macron et d’Edouard Philippe.

    Alexis Kohler

    • Les accusations

    Ce proche parmi les proches d’Emmanuel Macron a été rattrapé au printemps 2018 par des soupçons de conflits d’intérêts datant de l’époque où il travaillait à Bercy. Après avoir veillé sur la participation de l’Etat dans le port du Havre et les chantiers navals de Saint-Nazaire, Alexis Kohler avait quitté l’administration entre 2014 et 2016 pour « pantoufler » dans le groupe de croisières MSC, dépendant de commandes publiques de ces mêmes entreprises. Il lui est en outre reproché de n’avoir pas révélé à la Commission de déontologie de la fonction publique ses liens familiaux avec le groupe MSC.

    • Où en est l’affaire ?

    Le Parquet national financier a immédiatement ouvert une enquête après la révélation de cette affaire par Mediapart, en mai 2018. Trois plaintes ont ensuite été déposées contre Alexis Kohler par l’association Anticor, pour « prise illégale d’intérêts », « trafic d’influence », « corruption passive », « faux et usage de faux » et « omission substantielle de ses intérêts ».

    • Qu’est-il devenu ?

    Alexis Kohler a gardé la confiance d’Emmanuel Macron : il est toujours secrétaire général de l’Elysée.

    Richard Ferrand

    • Les accusations

    Cacique du Parti socialiste et l’un des premiers soutiens d’envergure d’Emmanuel Macron, Richard Ferrand a occupé brièvement le ministère de la cohésion des territoires au début du quinquennat, avant de devoir démissionner à la suite de révélations du Canard enchaîné et du Monde. La plupart des soupçons remontent à l’époque où il dirigeait les Mutuelles de Bretagne : il a été accusé d’avoir fait bénéficier ses deux compagnes successives d’une opération immobilière et de contrats litigieux, mais aussi de s’être retrouvé en conflit d’intérêts en défendant en tant que député une proposition de loi sur les mutuelles tout en conservant un poste dans cette structure. Il avait également omis de déclarer certains de ses assistants parlementaires.

    • Où en est l’affaire ?

    Après une plainte de l’association Anticor, le parquet de Brest avait rapidement classé sans suite la première enquête pour « abus de confiance » et « escroquerie », faute de « préjudice avéré ». Une deuxième enquête pour « prise illégale d’intérêts » a toutefois été ouverte en 2018 par le Parquet national financier. Elle est aujourd’hui confiée à trois juges d’instruction lillois.

    • Qu’est-il devenu ?

    Exfiltré du gouvernement après la révélation de l’affaire, Richard Ferrand a immédiatement pris la présidence du groupe des députés macronistes. Il a ensuite remplacé François de Rugy à la présidence de l’Assemblée nationale, à l’automne 2018, devenant ainsi le quatrième personnage de l’Etat.

    Françoise Nyssen

    • Les accusations

    L’ancienne ministre de la culture est soupçonnée d’irrégularités lors de travaux sur les locaux parisiens et arlésiens de sa maison d’édition, Actes Sud, en 2011 et 2012. Elle aurait omis de déclarer les travaux en mairie, au fisc et aux Bâtiments de France, enfreignant les règles d’urbanisme et économisant au passage une partie des impôts fonciers.

    • Où en est l’affaire ?

    L’enquête judiciaire ouverte après la révélation de l’affaire du Canard enchaîné est toujours en cours.

    • Qu’est-elle devenue ?

    Fragilisée par ces révélations, et contestée dans ses fonctions, Françoise Nyssen a été limogée du gouvernement en octobre 2018. Elle est depuis retournée à Actes Sud, sans en reprendre formellement la direction à cause des règles de prévention des conflits d’intérêts, et a publié un livre retraçant son passage en politique.

    Laura Flessel

    • Les accusations

    L’ancienne ministre des sports aurait omis de déclarer des sommes au fisc concernant une société gérant ses droits à l’image, Flessel & Co, qu’elle détient avec son mari. Les sommes en cause se montent à plusieurs dizaines de milliers d’euros sur trois années fiscales. Ces sommes auraient été prélevées sur les comptes de la société et versées en toute illégalité sur les comptes personnels du couple.

    • Où en est l’affaire ?

    C’est la Haute autorité pour la transparence de la vie publique qui a découvert les manquements de la quintuple médaillée olympique d’escrime, dans le cadre des « vérifications de situation fiscale » lancés en 2017. L’administration fiscale a ensuite jugé nécessaire de porter plainte contre la ministre, en transmettant pour avis son dossier à la commission des infractions fiscales (CIF) – cette dernière validant ou non le souhait du fisc de poursuivre en justice.

    • Qu’est-elle devenue ?

    Laura Flessel avait justifié sa démission auprès d’Edouard Philippe en évoquant des « raisons personnelles » et non liées à cette enquête fiscale. Elle a depuis monté un fonds de dotation, Sport’s by Laura Flessel, dédié à la reconversion et la formation des sportifs de haut niveau.

    Muriel Pénicaud

    • Les accusations

    En fin 2015, Business France – un établissement public à caractère industriel et commercial, dont Muriel Pénicaud était alors directrice générale – a signé un contrat de près de 400 000 euros avec Havas Paris pour organiser une soirée avec Emmanuel Macron, alors ministre de l’économie, dans le cadre d’un Salon d’innovations technologiques à Las Vegas. Le contrat a été signé sans appel d’offres préalable, alors qu’il est obligatoire pour l’attribution de marchés publics quand il concerne de tels montants.

    • Où en est l’affaire ?

    En décembre 2016, le ministre de l’économie Michel Sapin diligente une enquête de l’inspection générale des finances, dont le rapport soulève un possible « délit de favoritisme » et des « dysfonctionnements ». Une enquête préliminaire est alors ouverte en mars 2017 par le parquet de Paris sur ces soupçons de favoritisme. Business France a réagi en admettant qu’« au vu des délais », le choix du prestataire avait été fait « selon une procédure pouvant potentiellement être affectée d’irrégularité » . Le 7 juillet 2017, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire « contre personne non dénommée des chefs de favoritisme et recel de favoritisme ». En mai 2018, Muriel Pénicaud a été convoquée par le juge d’instruction pour être auditionnée, puis a été placée sous le statut de témoin assisté. Les juges ont clos l’instruction en octobre 2018 sans la mettre en examen. Elle pourrait par ailleurs être inquiétée dans une autre affaire : des magistrats ont en effet demandé au procureur l’ouverture d’une information judiciaire, là encore en lien avec la société Havas, à nouveau pour soupçon de favoritisme.

    • Qu’est-elle devenue ?

    La ministre du travail, qui a gardé la confiance du gouvernement, est restée à son poste. Le porte-parole du gouvernement de l’époque avait assuré que « s’il y avait une mise en examen de Muriel Pénicaud, elle devrait quitter le gouvernement ».

    Maxime Vaudano et Jérémie BaruchLe Monde

Publié dans:"AFFAIRES" |on 13 juillet, 2019 |Pas de commentaires »

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