Archive pour novembre, 2019

La Marine prend l’eau……………….(06/11/2019)

Par L’Obs avec AFP

Publié le 06 novembre 2019 à 07h26Du matériel de campagne surfacturé aux dépens de l’Etat et des intermédiaires soupçonnés de s’enrichir au passage : le Front national est jugé à partir de mercredi 6 novembre à Paris pour complicité des escroqueries attribuées à des proches de Marine Le Pen, dans les coulisses des législatives de 2012.

Six ans après les premiers soupçons, le FN, devenu Rassemblement national l’an dernier, comparaît devant le tribunal de Paris tandis que se poursuit une autre enquête sur le financement de la formation d’extrême droite, l’affaire des soupçons d’emplois fictifs chez les assistants de ses eurodéputés.

Au total, sept protagonistes – dont le trésorier du parti Wallerand de Saint-Just et l’eurodéputé Jean-François Jalkh – ainsi que trois personnes morales – le FN, la société de communication Riwal et le micro-parti Jeanne – seront jugés en correctionnelle du 6 au 29 novembre.

Ils sont impliqués à divers niveaux dans des accusations d’escroqueries, abus de biens sociaux, recels ou blanchiments, autour des législatives et de la présidentielle de 2012.

Unprochede Marine Le Pen au coeur du dossier

Un proche conseiller de Marine Le Pen, Frédéric Chatillon, 51 ans, se trouve au coeur du dossier. Cet ancien chef du Gud, syndicat étudiant d’extrême droite, est accusé d’avoir mis en place un système frauduleux pour aider le FN, en proie à des difficultés récurrentes de financement, et d’en avoir profité pour s’enrichir, lui et ses proches.

Ni prévenue, ni convoquée comme témoin, la grande absente du procès sera la présidente du parti : Marine Le Pen, mise en examen dans l’affaire des eurodéputés, a en effet échappé aux poursuites dans ce dossier.

Pour les juges d’instructions Renaud Van Ruymbeke et Aude Buresi, c’est bien elle, à sa prise de pouvoir en 2011, qui a imposé au FN de travailler avec Frédéric Chatillon et sa société Riwal, devenue quasiment l’unique prestataire de communication du parti.

Mais les magistrats n’ont pas démontré qu’elle avait joué un rôle ou eu connaissance des montages financiers reprochés, selon leur ordonnance du 5 octobre 2016 sur le volet principal de l’affaire, celui des législatives de 2012.

Des kits decampagne surfacturés ?

Dans ce volet, Frédéric Chatillon, son associé Axel Loustau – autre ancien du Gud – et Jean-François Jalkh seront jugés pour « escroqueries » au préjudice de l’Etat. A l’époque, ils avaient obtenu que le FN oblige 525 candidats à souscrire des « kits » de campagne – tracts, affiches, site internet – fournis par Riwal au prix de 16 650 euros.

Les juges du pôle financier ont estimé que ce montage cachait des prestations « très largement surévaluées », indépendamment des réels besoins des candidats. Ils en ont conclu que le coût des kits était fixé pour obtenir le maximum du remboursement des frais de campagne, assuré par l’Etat pour les candidats dépassant 5 % des voix.

Pour acheter ce « kits », les candidats devaient contracter un prêt à intérêts auprès de Jeanne, une opération qualifiée par les magistrats de simple « aller-retour comptable ». La Commission des comptes de campagne (CNCCFP), qui avait validé le remboursement des « kits », avait en revanche refusé de compenser ces intérêts.

« Nous allons contester avec virulence ces accusations infâmantes », a déclaré à l’AFP l’avocat du FN, Me David Dassa-Le Deist. « Il est sidérant qu’après cinq ans d’instruction, l’accusation ne soit pas en mesure de chiffrer cette allégation de surfacturation », a-t-il expliqué, soulignant qu’« aucun texte ne fixe de tarif ».

Pour les magistrats instructeurs, Jeanne n’était qu’un faux-nez de Riwal, destiné à masquer le financement du FN par une personne morale : le FN se voit ainsi reprocher d’avoir obtenu de Riwal un crédit-fournisseur illégal de quelque 950 000 euros et de lui avoir facturé frauduleusement 412 000 euros d’impressions « largement surévaluées » liées à la présidentielle de 2012.

Pour l’avocat de Frédéric Chatillon et de Riwal, Me Alexandre Varaut, « il s’agit de relations commerciales ordinaires dans le monde extraordinaire de la politique ». Il entend démontrer que les tarifs de Riwal ne s’éloignent pas de ceux pratiqués par d’autres partis.

Dans un second volet ouvert en 2016, Jean-François Jalkh, le mouvement Jeanne et Frédéric Chatillon, un proche de Marine Le Pen au centre du dossier, seront également jugés lors de ce procès pour des montages financiers semblables, cette fois à l’époque des municipales et des européennes de 2014 ainsi que des départementales de 2015.

L'Obs

L’Obs avec AFP

Publié dans:Politique |on 6 novembre, 2019 |Pas de commentaires »

C’est grave…………………………….(06/11/2019)

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Education : 73% des personnels du second degré estiment que leur travail a dégradé leur santé au cours des derniers mois, selon une enquête des syndicats
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Immigration……………….(06/11/2019)

Annoncées au printemps, présentées à l’automne, adoptées pour certaines avant la fin de l’année : l’exécutif dévoilera officiellement, ce mercredi, une série d’initiatives visant à réduire le nombre de demandes d’asile et à favoriser l’immigration professionnelle par la voie des quotas. Un comité interministériel présidé par Edouard Philippe doit entériner dans la matinée ce plan de vingt mesures, toutefois communiquées dès lundi soir à plusieurs parlementaires de la majorité, convoqués à Matignon. Instauration de quotas professionnels, restriction de l’accès des demandeurs d’asile à la couverture maladie, «redéploiement» de l’aide publique au développement figurent parmi les principales décisions du gouvernement, dont certaines modalités doivent encore être détaillées.

A LIRE AUSSIDemandeurs d’asile : l’exécutif durcit le ton

Furieux débat

«Affronter sans fausse pudeur» les défis de la «pression migratoire» : posés en juin par Edouard Philippe, l’objectif a donné lieu, à la rentrée, à un furieux débat autour et à l’intérieur de la majorité. Nourrissant le procès en droitisation d’un exécutif qui se juge, lui, fort légitime à combler les «failles» du système d’accueil. «Quand j’arrive en 2017, les chiffres sont épouvantables sur l’efficacité des politiques de retour», s’est récemment désolé Emmanuel Macron dans un entretien au très droitier magazine Valeurs actuelles, choix qui, jusque dans son camp, a entretenu les interrogations. Ces nouvelles mesures sont loin de répondre aux objectifs du gouvernement. «En France, on est presque au maximum de ce qu’on peut faire, jugeait, à la rentrée, un député de la majorité. Les réponses sont à chercher au niveau européen», dans une réforme de l’espace Schengen et des procédures dites «Dublin». A l’échelle nationale, le Conseil d’Etat planche depuis l’été, et jusqu’en mars 2020, sur une réforme du traitement des demandes d’asile, que le Premier ministre souhaite simplifier et accélérer. Soutenue par les chefs du parti et du groupe LREM à l’Assemblée, Stanislas Guerini et Gilles Le Gendre, l’installation au gouvernement d’un haut commissaire à l’immigration est écartée dans l’immédiat. Déjà flanqué du secrétaire d’Etat Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, se serait démené pour empêcher ce nouvel empiétement sur ses compétences.

A LIRE AUSSILes quotas par profession remis sur le métier

Mardi, la future création de quotas professionnels, censés pourvoir les secteurs économiques en mal de main-d’œuvre, faisait recette à droite, où le secrétaire général de Les Républicains, Aurélien Pradié, a salué cette «idée que nous défendons depuis de nombreuses années». Même l’eurodéputé EE-LV Yannick Jadot y a vu un principe intéressant, car susceptible de «montrer que l’immigration est aussi une chance pour notre pays». Mais le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a jugé l’idée «choquante» et sans «intérêt». Au gouvernement, on se dit «surpris» par la réaction du patron de la CFDT, mais on s’interdit tout commentaire officiel. «Sur ce sujet, il participe à la surenchère verbale, c’est regrettable», confie toutefois un conseiller ministériel.

Tentative de diversion

A gauche, beaucoup dénoncent un débat nauséabond, entretenu pour des raisons électorales. Matignon se désole de ces accusations : «Quand on parle d’immigration, on nous accuse de faire grossir le RN ; quand on n’en parle pas, on nous fait le même procès.» Les mesures présentées ce mercredi par Edouard Philippe sont jugées «équilibrées» à Matignon : «On préserve l’AME, on augmente le flux de l’immigration professionnelle, tout le contraire de ce que prône la droite.» De fait, le vice-président de LR, Guillaume Peltier, pointait mardi les insuffisances d’une politique qui ne dit «rien sur la réforme de l’AME, rien sur l’expulsion des clandestins et des déboutés du droit d’asile».

 

Unepolitique équilibrée ? Ils sont quelques-uns, même dans la majorité, à ne pas s’en laisser convaincre. Et à soupçonner de tentative de diversion un gouvernement confronté à de multiples foyers sociaux, soucieux de capter l’électorat droitier à l’approche d’élections locales, et suspecté de préparer son face-à-face dans les urnes avec le RN. L’empressement à traiter le sujet migratoire interroge la députée LREM Claire Pitollat : «On est dans une précipitation qui n’est pas satisfaisante. En août, on nous annonçait une période de concertation avec le gouvernement. Il y a eu un débat imprécis à l’Assemblée le 7 octobre, puis on nous a annoncé il y a deux semaines que les annonces seraient faites le 4 novembre, et examinées aussitôt après dans l’hémicycle. Sur la forme, on ne peut pas se satisfaire de cela.» 

Alain Auffray Dominique Albertini

Liberation.fr

Publié dans:MIGRANTS |on 6 novembre, 2019 |Pas de commentaires »

Migrants…………………..(05/11/2019)

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Le gouvernement va fixer à trois mois le délai nécessaire pour qu’un demandeur d’asile puisse accéder à la Sécurité sociale de base
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Publié dans:MIGRANTS |on 5 novembre, 2019 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin…………(04/11/2019)

Libération 04 novembre 2019
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Les calendesmacroniennes

Réforme de la retraite, ou retraite de la réforme ? Manifestement, le gouvernement se trouve pris entre ces deux écueils, tel Ulysse entre Charybde et Scylla. Sur le papier, dans le principe (et en pratique pour les cadres aujourd’hui ou dans certains pays scandinaves), le système par points est rationnel et équitable. Tous les salariés sont alignés sur un régime unique qui fait correspondre à chaque point de retraite accumulé au fil de la vie un même montant de pension. Fini les «régimes spéciaux», sources de comparaisons frustrantes entre catégories de salariés, notamment entre public et privé.

Deux bémols viennent troubler cette harmonieuse perspective. Les «régimes spéciaux» ne sont pas tombés du ciel. Ils découlent souvent des conditions «spéciales» dans lesquelles travaillent les salariés concernés. On conçoit que les militaires, par exemple, dont le métier consiste, entre autres, à risquer leur vie au service de leur pays, partent plus tôt. Et si les militaires sont admis à cette exception, pourquoi pas les policiers ? De même, certains métiers sont plus pénibles que d’autres. Comment en tenir compte ? Et qui en décidera ? On peut trouver d’autres exemples…

La réforme poursuit un deuxième but, implicite mais clair : faire des économies pour équilibrer le système à terme. Si bien que l’harmonisation des régimes se fait par le bas. Au lieu d’étendre des avantages à tout le monde, on les supprime pour certains. Entre harmonisation et vaste coup de rabot, la différence est mince. Dans quelque sens qu’on tourne la chose, on aboutit à une régression pour les assurés concernés, qui sont loin de gagner des mille et des cents. A un moment où l’ambiance sociale est inflammable, où plusieurs secteurs touchés par la réforme sont au bord de l’incendie – SNCF, RATP, hôpitaux, etc. – le gouvernement hésite à craquer l’allumette.

D’où les promesses répétées de concertation, de négociation, d’aménagements, formulées par les ministres et le Président. Mais si on aménage pour les uns, que diront les autres ? On en vient à envisager «la clause du grand-père», autrement dit l’application de la réforme aux seuls nouveaux embauchés. Ce qui rassure les travailleurs en place, mais crée, dans l’immédiat, un nouveau régime à côté des autres. On vise la simplification ; on commence par la complication.

Et comment se targuer d’une réforme dont les effets se feront sentir… dans quarante ans ? Il y avait les calendes grecques. Voici les calendes macroniennes. Jusqu’à maintenant, les gouvernements ont modifié les retraites par touches successives, ce qui a permis de limiter les déficits et d’assurer la pérennité de la répartition. Etait-ce une mauvaise méthode ? Bricolage, dit le macronisme rationalisateur. Certes. Mais il agite un projet cartésien et complet, au risque de le mettre en œuvre, si tout va bien… après 2050. Et entre-temps, il devra, lui aussi, bricoler.

LAURENT JOFFRIN
 
Publié dans:Politique |on 4 novembre, 2019 |Pas de commentaires »

Brexit………………..(04/11/2019)

Après sept tentatives, toutes ratées, pour décrocher un poste de député à Westminster, Nigel Farage pourrait faire sourire. L’ex-président du UKIP, devenu chef de file du Brexit Party (BP), a annoncé, dimanche 3 novembre, qu’il renonçait à se présenter une huitième fois, afin, assure t-il, de pouvoir mieux se consacrer aux « 600 candidats » qu’il compte aligner partout « en Angleterre, au Pays de Galles et en Ecosse », en vue des élections générales du 12 décembre.

Mais les gesticulations du patron du BP n’amusent pas du tout du côté des conservateurs. Car elles pourraient leur coûter cette majorité absolue, perdue par Theresa May lors des élections générales de juin 2017 et qu’ils comptent bien reconquérir. C’est dans ce but que Boris Johnson a décroché de haute lutte ces élections anticipées en plein mois de décembre.

« J’ai vraiment beaucoup réfléchi à la question. Est-ce que je me trouve une circonscription pour essayer d’entrer au Parlement ou est-ce que je sers mieux la cause en sillonnant le Royaume-Uni pour soutenir les 600 candidats [du BP] ? J’ai décidé que la deuxième option était la bonne », a assuré M. Farage, 55 ans, sur le plateau de la BBC. Le promoteur de longue date du Brexit aurait-il du mal à céder ce poste d’eurodéputé qu’il occupe depuis vingt ans, malgré le fait qu’il vomit l’Union européenne (UE) dès qu’il arrive à Strasbourg ?

« C’est le seul moyen d’obtenir le Brexit »

Les élections parlementaires britanniques obéissant à un scrutin uninominal majoritaire à un tour (le député élu dans une circonscription est celui qui récolte le plus de votes), le BP n’a presque aucune chance d’envoyer des élus à la Chambre des communes. A en croire un sondage YouGov publié dans le Sunday Times dimanche, il n’est plus crédité que de 7 % des voix, contre 12 % avant l’annonce de la campagne électorale. Or, avec 13 % des voix lors des élections générales de 2015, le UKIP – dont M. Farage fut un des membres fondateurs – avait terminé deuxième dans 120 circonscriptions, mais premier nulle part.

Le message électoral du camp conservateur est clair : Boris Johnson, grâce à son accord négocié mi-octobre avec Bruxelles, est le seul capable de faire aboutir le Brexit rapidement, car cet accord « est prêt », a affirmé le premier ministre, dimanche, dans une interview à Sky News. Pour, enfin, pouvoir passer aux vraies préoccupations des Britanniques : la préservation de leur système de santé publique, la sécurité, etc.

Le Monde

Publié dans:BREXIT |on 4 novembre, 2019 |Pas de commentaires »

Chômage……………….(01/11/2019)

Une « tuerie ». Une « punition« . Une « trappe à pauvreté ». Depuis plusieurs semaines, le numéro un de la CFDT, Laurent Berger, use de tous les superlatifs pour alerter (en vain) l’exécutif sur les conséquences de la réforme de l’assurance-chômage. Le gouvernement a en effet édicté de nouvelles règles qui, à quelques exceptions près, vont restreindre les conditions d’accès à l’indemnisation chômage à partir du vendredi 1er novembre. Cette première salve s’accompagnera, à partir du 1er avril 2020, de nouvelles mesures qui entraîneront une baisse des allocations mensuelles pour une partie des chômeurs.

A l’arrivée, une grande partie des demandeurs d’emploi va voir ses droits réduits. « Au cours de la première année de mise en œuvre de l’ensemble des mesures liées à l’indemnisation, d’avril 2020 à mars 2021, parmi les 2,65 millions de personnes qui auraient ouvert un droit avec les règles 2017, 50% ne seront pas touchées », prévoit l’Unedic dans une note de synthèse publiée en septembre. Il restera donc plus d’un million de personnes qui subiront les nouvelles règles. Présenté comme incitatif à la recherche d’emploi par le gouvernement, cet arsenal permettra à l’assurance-chômage d’économiser 3,4 milliards de 2019 à 2021, hors nouveaux droits (d’un coût de 400 millions d’euros par an à partir de 2020). Passage en revue des mesures et de leur impact, selon votre situation.

Pour les jeunes et les nouveaux chômeurs : des conditions d’accès plus difficiles

Ce qui change. A partir de vendredi, il faudra avoir travaillé six mois (130 jours ou 910 heures) sur les 28 derniers mois, au lieu de quatre mois sur 24, pour ouvrir ses droits à l’assurance-chômage (sauf pour les plus de 53 ans, pour qui la période de référence restera de 36 mois). En contrepartie, la durée minimale d’indemnisation passe de quatre à six mois, pour une durée maximale de deux ans (deux ans et demi pour les 53-55 ans, trois ans pour les plus de 55 ans).

Le seuil de rechargement des droits est également revu à la hausse. Il suffisait auparavant, pendant sa période de chômage, de travailler un mois (ou 150 heures) pour que sa durée d’indemnisation soit prolongée d’autant. Dorénavant, il faudra travailler au minimum six mois pour en bénéficier.

Les conséquences. Elles seront immédiates, avec des retombées amères pour les demandeurs d’emploi ayant prolongé un contrat de travail à la Toussaint sans avoir pris garde à la durée. « Jeudi 31 octobre, ils pouvaient prétendre à une allocation avec quatre mois de travail. Lundi 4 novembre [vendredi 1er novembre étant férié], on leur dira : ‘Désolé, il vous manque deux mois pour toucher quelque chose’ », persifle Pierre-Edouard Magnan, le président du Mouvement national des chômeurs et des précaires (MNCP).

Au total, selon les calculs de l’Unédic, plus de 700 000 demandeurs d’emploi verront leur accès aux droits d’indemnisation annulé, retardé ou réduit par cette seule mesure, d’ici fin 2020. « Dans nos cauchemars les plus fous, quand nous tirions la sonnette d’alarme, nous n’aurions pas sorti ce chiffre », ironise le responsable de l’association de chômeurs. Avant d’ajouter : « Cette mesure va faire baisser le taux de chômage puisque moins de demandeurs d’emploi seront comptabilisés. Mais ceux qui ne pourront plus accéder à l’indemnisation n’auront pas d’autre choix que de se tourner vers le revenu de solidarité active pour vivre. » 

C’est une politique à l’allemande sans le dire : on transfère le chômage vers la pauvreté.Pierre-Edouard Magnan, du Mouvement national des chômeurs et des précairesà franceinfo

« Et c’est tout bénéfice pour le gouvernement, estime-t-il. Le taux de pauvreté, on n’en parle qu’une fois par an. Le taux de chômage, une fois par mois. » 

Pour les précaires, saisonniers et contrats courts : une indemnisation plus faible

Ce qui change. Cette même catégorie de travailleurs précaires ou enchaînant les contrats courts supportera les effets d’une seconde mesure qui entrera en vigueur au 1er avril 2020. A partir de cette date, le salaire journalier de référence, qui sert de base à l’allocation chômage, ne sera plus un quotient calculé sur le nombre de jours travaillés dans les 12 derniers mois, mais sur le nombre de jours ouvrés (travaillés ou pas) allant du début du premier contrat de travail à la fin du dernier contrat de travail occupé dans les 24 derniers mois.

« Imaginons, pour simplifier à l’extrême, que vous avez 10 jours au chômage et 10 jours en emploi sur une période d’un mois. On calcule aujourd’hui le salaire journalier comme ça : le salaire divisé par 10 (nombre de jours travaillés). Demain, on divisera le salaire par 20 (10 jours au chômage + 10 jours de travail) », synthétise Pierre-Edouard Magnan.

Les conséquences. Les ex-salariés ayant travaillé de façon continue et à temps plein sur 24 mois ne sont pas concernés. En revanche, cette disposition touchera, d’avril 2020 à mars 2021, 850 000 personnes dont 400 000 « connaîtront une baisse de leur allocation journalière nette de 20% en moyenne« , selon les prévisions de l’Unédic. Cette moyenne cache de fortes disparités : parmi ces 850 000 personnes, une sur quatre, voire une sur deux, ne touchera que 431 euros mensuels, alors qu’elle aurait perçu 861 euros avant le 1er novembre. En contrepartie, le temps d’indemnisation est en revanche allongé.

« C’est une mesure redoutable parce qu’elle va frapper les gens qui cumulent emploi et chômage », s’indigne Pierre-Edouard Magnan. Du côté de l’association Solidarités nouvelles face au chômage (SNC), l’inquiétude est tout aussi palpable. « Certes, le gouvernement fait valoir que la durée d’indemnisation, donc le capital des droits, est plus important à l’arrivée. Mais les deux tiers des gens ne vont pas jusqu’au bout de leurs droits ! L’important pour eux, c’est ce qu’ils touchent chaque mois », s’alarme Jean-Paul Domergue, ex-directeur des affaires juridiques de l’Unédic, devenu responsable du plaidoyer chez SNC.

Ce changement de calcul va particulièrement pénaliser les personnes les plus en difficulté, avec des effets potentiellement dramatiques pour les précaires et les ‘permittents’ qui risquent de basculer dans les minima sociaux.Jean-Paul Domergue (Solidarités nouvelles face au chômage)à franceinfo

Publié dans:Chômage |on 1 novembre, 2019 |Pas de commentaires »
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