L’Irlande et le Btrexit…..(18/02/2020)

à Carrickarnon, Irlande. PETER MORRISON / AP

Analyse. Presque un siècle de combat parfois sanglant n’a pas permis aux républicains irlandais de satisfaire la plus chère de leurs revendications : la réunification de l’île, partagée depuis 1922 entre une République – au sud – et les six comtés d’Irlande du Nord rattachés au Royaume-Uni. Mais cet objectif historique que ni la lutte politique et militaire ni le terrorisme de l’Armée républicaine irlandaise (IRA) n’ont permis d’atteindre, le Brexit est en train d’en accélérer la réalisation. Le succès éclatant que vient de remporter, aux élections législatives en République d’Irlande, le Sinn Fein, parti dont la raison d’être, depuis sa fondation en 1905, est l’indépendance de la totalité de l’île vis-à-vis de la Grande-Bretagne, n’en est qu’un signe supplémentaire.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Mary Lou McDonald, l’incontournable patronne du Sinn Fein

Certes, la réunification n’était pas un thème débattu dans une campagne électorale dominée par les questions de logement et de protection sociale. Mais en faisant du Sinn Fein le premier parti du pays (24,5 % des voix), les Irlandais ont plébiscité une formation longtemps considérée par beaucoup comme infréquentable car elle fut le bras politique de l’IRA. Seul parti irlandais actif des deux côtés de la frontière, le Sinn Fein cogère déjà l’exécutif régional du nord. Au sud, sa charismatique présidente Mary Lou McDonald est désormais en position de participer à un gouvernement et de pousser l’un des premiers points de son programme : la réunification.

Lire aussi Irlande : le parti nationaliste Sinn Fein réhabilité

Le paradoxe est que, avant le référendum britannique de juin 2016 sur le Brexit, les relations entre Londres et son ancienne colonie étaient au beau fixe. L’Irlande du Nord, secouée par trente années de violence à partir de 1968, avait retrouvé la paix grâce à l’accord du Vendredi saint (1998), la République d’Irlande, ancien parent pauvre devenu symbole de réussite économique, avait scellé en 2011 sa réconciliation avec les Britanniques en réservant un accueil chaleureux à la reine Elizabeth dont le tailleur vert Irlande avait fait sensation. Evénement longtemps inimaginable, la souveraine avait, l’année suivante, serré la main de Martin McGuinness, ancien commandant de l’IRA.

Le Monde

Publié dans : BREXIT |le 18 février, 2020 |Pas de Commentaires »

Vous pouvez laisser une réponse.

Laisser un commentaire

Vu de Corbeil-Essonnes |
ARCHITECTURE D'UN CONGO NOU... |
DEBOUT SAINT ETIENNE |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | PS : UN NOUVEAU SOUFFLE POU...
| Comité de soutien de Quetig...
| Ségolène Royal présidente