Archive pour la catégorie '« AFFAIRES »'

L’édito de Nicolas Demorand (20/05/11)…………

Réaction

Par NICOLAS DEMORAND

    L’audience suivie en direct sur Twitter, via les journalistes français présents sur place. Dont Libération. Messages courts. Faits bruts. L’arrivée d’Anne Sinclair. L’entrée de DSK, rasé, costume gris anthracite, sans menottes. Le sourire qu’il échange avec sa famille. Puis les interventions de la défense, la première pour demander qu’il n’y ait pas d’images alors qu’une caméra est déjà en place dans la salle du tribunal. Refusé. Audience planétaire. Suspension des débats. Pendant l’interruption, les premières images arrivent en léger différé sur les chaînes d’information en continu. Folie que cette boucle multimédia et ce flux d’informations qui se consomment sur tous les écrans à la fois, ordinateur, téléphone, télévision. Sidération intacte devant cette affaire qui garde, plusieurs jours après, la même force captivante. Et sentiment de voir à l’œuvre, sur tous ces canaux, un système judiciaire qui fonctionne et une démocratie exemplaire. Si la justice américaine peut, à juste titre, être critiquée pour la punition médiatique qu’elle inflige aux prévenus, l’obscénité vengeresse de la mise en scène de sa propre puissance, il faut aussi lui reconnaître sa capacité de réaction rapide, son recours extrêmement modéré à la détention préventive. Si un inculpé n’a pas à être en prison en attendant son procès, il en sort. Et vite. Quitte même à se déjuger et à revenir sur une décision prise l’avant-veille par un autre magistrat. Sur tous ces points, la France, qui a été prompte cette semaine à critiquer le système judiciaire américain, a encore beaucoup de chemin à faire.

    Publié dans:"AFFAIRES" |on 20 mai, 2011 |Pas de commentaires »

    DSK : un « faux frère »……………

    Le « frère » de la victime présumée de DSK admet n’être qu’un ami

    Un homme qui s’était présenté comme « le frère » de l’accusatrice de l’ex-patron du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn a reconnu jeudi n’être en fait qu’un ami de cette femme de chambre de l’hôtel Sofitel de New York.

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    Le café de Harlem où l'homme, présenté faussement comme le frère, travaille, le 18 mai 2011 photo : AFP

    Un restaurateur du quartier de Harlem avait été cité dans plusieurs médias, y compris l’AFP, comme étant le frère de la jeune femme. Il avait affirmé que la jeune femme l’avait appelé après le crime sexuel présumément commis dans une chambre du Sofitel de Manhattan.

    « Elle ne savait pas qui était Dominique Strauss-Kahn au moment des faits. C’est moi qui lui ai expliqué qui il était quand elle m’a appelé », avait-il dit à l’AFP. « Les médias européens qui doutent de cette affaire, ça m’énerve ».

    Contacté jeudi par l’AFP après des informations de la presse new-yorkaise selon lesquelles il n’était pas le frère de la présumée victime, il a déclaré: « Je ne suis pas un menteur. Je n’ai jamais dit qu’elle était ma soeur de sang, je n’ai pas de soeur de sang aux Etats-Unis. C’est une bonne amie, une cliente régulière du restaurant ».

    Selon des journalistes l’ayant interrogé en début de semaine, l’homme s’était néanmoins présenté comme le frère de la victime présumée.

     

    Il porte le même nom de famille que cette dernière, que les médias américains ont choisi de ne pas identifier conformément à leur politique de protection des victimes.

    Publié dans:"AFFAIRES" |on 20 mai, 2011 |Pas de commentaires »

    DSK : le FMI c’est fini…………..

    DSK démissionne du FMI et clame son innocence

    19/05/11 à 08:51

    « Je veux consacrer toutes mes forces, tout mon temps et toute mon énergie à prouver mon innocence », affirme-t-il dans une lettre au conseil d’administration du Fonds.

    Dominique Strauss-Kahn, alors directeur du FMI (AFP)Dominique Strauss-Kahn, alors directeur du FMI (AFP)

    Dominique Strauss-Kahn a démissionné jeudi 19 mai de ses fonctions de directeur général du Fonds monétaire international (FMI), mais il maintient qu’il est innocent des accusations d’agression sexuelle retenues contre lui.

    Dans une lettre de démission remise au conseil d’administration du FMI, Dominique Strauss-Kahn « présente [sa] démission [du] poste de directeur général du FMI », « avec une infinie tristesse ».

    Il affirme vouloir « protéger cette institution qu’[il a] servi avec honneur et dévouement », mais souhaite « consacrer toutes [ses] forces, tout [son] temps et toute [son] énergie pour prouver [son] innocence ».

    Il ajoute : « je nie avec la plus grande fermeté possible toutes les allégations qui ont été faites contre moi ». DSK dit « penser à [sa] femme – qu’[il] aime plus que tout – à [ses] enfants, à [sa] famille et à [ses] amis ».

    Le FMI doit communiquer, « dans un avenir proche », sur le processus du Conseil exécutif pour désigner un nouveau directeur général. En attendant, le numéro 2, John Lipsky, reste directeur général par intérim.

    Dominique Strauss-Kahn avait pris ses fonctions en novembre 2007 pour un mandat de cinq ans.

    Le Nouvel Observateur – AFP

    Publié dans:"AFFAIRES" |on 19 mai, 2011 |Pas de commentaires »

    L’édito de Nicolas Demorand (19/05/11)…………

    Cocu

    Par NICOLAS DEMORAND

      Que savaient exactement les dirigeants socialistes de la vie privée de DSK ? De son rapport aux femmes ? Estimaient-ils qu’il y avait là un problème, voire un risque politique ? Ou pensaient-ils que les communicants sauraient trouver les mots, arrondir les angles, peut-être étouffer les scandales ? Comment ont-ils reçu les propos d’une des leurs, députée PS, avouant sa peur de se retrouver seule dans la même pièce que lui ? Et ceux de la fille d’une des leurs, faisant état à la télévision d’une tentative de viol présumée ? Sur cette dernière affaire, que savait exactement François Hollande, dont les journalistes Christophe Deloire et Christophe Dubois disent, dans Sexus politicus (Albin Michel), qu’il avait à l’époque réconforté la jeune fille ? Ces questions, et toutes les autres, doivent être posées et appellent désormais des réponses. Car derrière le sort personnel de DSK, derrière la crise profonde que traverse aujourd’hui le PS, c’est surtout la responsabilité politique de l’opposition qui se trouve engagée. En démocratie, les partis n’ont pas seulement vocation à patienter en attendant d’exercer cycliquement le pouvoir. Ils ont un rôle actif : construire les alternances et les alternatives, présenter un contrat aux citoyens dont ils solliciteront le vote. Tout mettre en œuvre, en leur sein, pour désigner ou faire désigner le ou la meilleure d’entre eux, le ou la plus apte à porter le changement. Le «peuple de gauche», dont on célébrait le 10 mai dernier le rôle moteur dans l’élection de François Mitterrand, peut à juste titre aujourd’hui se sentir bien seul. En colère. Et même cocu.

      Publié dans:"AFFAIRES" |on 19 mai, 2011 |Pas de commentaires »

      Belles têtes de faux Q………….

      Affaire DSK : le petit mensonge de Benjamin Lancar

      18/05/11 à 16:31

      « Jonathan Pinet ? Je ne le connais pas », a assuré le président des Jeunes Pop. Sauf que…

      Jonathan Pinet et Benjamin Lancar  D.RJonathan Pinet et Benjamin Lancar D.R

      Jonathan Pinet ? « Je ne le connais pas », répondait, mardi 17 mai, Benjamin Lancar, le président des Jeunes Pop interrogé par le Parisien sur l’auteur du premier tweet évoquant l’arrestation de DSK à New York.

      Le journal souligne que Benjamin Lancar a pourtant lancé en janvier dernier avec lui l’ « Observatoire des mensonges de la gauche » (ironie du sort). Certes.

      Mais le même Jonathan Pinet était surtout , jusqu’à la semaine dernière, en stage au bureau des Jeunes Pop… « Il n’y met plus les pieds », assure toutefois un jeune UMP. Et d’expliquer ce petit mensonge de Benjamin Lancar par la consigne du secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé « de ne pas faire de vagues ».

      Le Nouvel Observateur

      Publié dans:"AFFAIRES" |on 18 mai, 2011 |Pas de commentaires »

      Et pourquoi pas……………..?

      57% des Français pensent que DSK est victime d’un complot

      18/05/11 à 06:47

      Chez les sympathisants socialistes, 70% d’entre eux croient à la thèse du complot. Un complot qui profiterait surtout à Nicolas Sarkozy, selon les sondés.

      Dominique Strauss-Kahn au tribunal de Manhattan (AFP)Dominique Strauss-Kahn au tribunal de Manhattan (AFP)

      Une grande majorité de Français (57%) considère que Dominique Strauss-Kahn est « victime d’un complot« , selon un sondage réalisé par CSA pour BFM-TV, RMC et 20 Minutes et publié mercredi 18 mai.

      En revanche 32% d’entre eux estiment qu’il n’est pas « victime d’un complot », 11% ne se prononçant pas.

      Parmi les sympathisants socialistes, 70% d’entre eux croient au complot, contre 23% qui n’y croient pas et 7% qui ne se prononce pas.

      Par ailleurs, 52% des personnes interrogées considèrent que les hommes politiques ont eu en général un comportement responsable dans cette affaire, 38% pensant le contraire. Les responsables PS ont été « plutôt responsables » pour 57% des personnes interrogées, contre 31% qui pensent l’inverse.

      Et pourquoi pas.................? dans

      - Sondage réalisé par téléphone le 16 mai auprès d’un échantillon national représentatif de 1.007 personnes âgées de 18 ans et plus, dont ont été extraites 838 personnes inscrites sur les listes électorales en France selon la méthode des quotas, après stratification par région et catégorie d’agglomération.

      Le Nouvel Observateur – AFP

      Publié dans:"AFFAIRES", SONDAGES |on 18 mai, 2011 |Pas de commentaires »

      DSK : la déclaration de Martine Aubry…………

       

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      Paris, le 17 mai 2011

      Déclaration

      Martine Aubry,

      Première secrétaire du Parti socialiste


      Comme vous le savez j’ai souhaité réunir l’ensemble des responsables socialistes ce midi. Il le fallait, pour deux raisons, pour nous retrouver dans ce moment douloureux, pour l’un d’entre nous et pour nous tous et aussi parce que nous savons ce qu’attendent les Français, il fallait rappeler le cap. Le faire tous ensemble et c’est vraiment cet état d’esprit qui était celui du bureau national à l’instant même.


      Après la stupéfaction et la sidération et je crois qu’on peut dire, pour rencontrer beaucoup de Français, que le choc est partagé, bien au delà des socialistes et de la gauche. On a l’impression que beaucoup de gens ne veulent pas croire, attendent et sont dans un espèce de choc.

      Depuis hier, nous sommes tous bouleversés par les images et aussi par les charges qui sont portées contre Dominique Strauss-Kahn.

      Nous avons rappelé aujourd’hui, ce que nous faisons tous unanimement depuis trois jours maintenant, c’est-à-dire rappeler d’abord la présomption d’innocence et dire d’ailleurs, et je le dis simplement, je regrette que les medias français n’aient pas respecté la loi qui est la notre, la loi Guigou de 2000, qui impose l’absence d’image humiliante et dégradante pour quelqu’un protégé par la présomption d’innocence.


      De même que vous le savez, aux Etats Unis, une caméra peut être dans la salle d’audience, ce qui n’est pas le cas dans notre pays. Je me permets de le dire, parce que parfois quand on nous dit trop durs, lorsque nous avons défendu le maintien du juge d’instruction, c’est parce que nous ne voulons pas, justement, de procès de ce type. Et dans le fond, aujourd’hui, la justice américaine, elle ne fait que respecter ses propres règles. Je rappelle qu’il n’y a pas un juge d’instruction, il y a un procureur, une police, qui travaillent à charge, qui ont le rôle de l’accusation et aujourd’hui, nous n’avons entendu que l’accusation, par la voix du procureur. C’est leur règle, ils la respectent. Ce ne sont pas les nôtres. Et nous, nous attendons l’autre voix, celle que Dominique Strauss Kahn et ses avocats, vont porter dans les jours qui viennent. Je le dis, cette affaire est dramatique, elle est dramatique pour un homme, pour une famille, elle est dramatique aussi pour la jeune femme dont nous respectons les propos. Je l’ai dit ce matin, dans un drame comme celui-ci il y aura une victime profonde, ce sera Dominique Strauss Khan s’il est innocenté, ce sera, bien sûr, cette jeune femme, si les faits sont avérés. Tout commentaire sur les faits n’a aucun sens ; ils n’ont aucun sens car nous ne savons pas. Je pense aujourd’hui que cette jeune femme et Dominique Strauss Khan sont les seuls qui savent, et donc nous devons attendre, pour comprendre, attendre la voix qui nous permette d’avoir la vérité des faits et en tirer, à ce moment là toutes les conséquences.


      Ce matin, j’ai remercié chacun des socialistes, parce que nous avons été unis, à la fois, bien sur dans l’émotion et je crois que chacun peut la comprendre, l’émotion et la sidération, mais aussi nous avons été responsables, chacun. Et le second message que je souhaite faire passer aux Français, c’est que nous savons ce qu’est notre responsabilité, et nous savons que la situation de la France, la situation des Français aujourd’hui nécessite que nous continuons ce que nous avons fait depuis 3 ans, avec la feuille de route que nous avons décidé. Je l’ai rappelé ce matin et l’ensemble des dirigeants qui se sont exprimés, j’allais dire, d’une même voix, ont eu le même sens de la responsabilité et une voix unique. Nous devons aujourd’hui, être là où les Français nous attendent, c’est-à-dire dans l’apport de réponses pour redresser notre pays. Pour faire en sorte que la justice revienne au cœur de tout, pour que la France retrouve sa parole dans le monde. Et nous sommes dans le temps du projet, ce temps du projet nous l’avions décidé, il n’y a aucune raison d’en sortir, nous populariserons les propositions du Parti socialiste, nous disons aux Français qu’il existe un autre modèle possible, il y a d’autres propositions, pour redresser notre pays, et pour que vous viviez mieux, voilà ce que nous leurs disons, c’est ce soir ce que j’irai faire à Bordeaux, mais il y a ce soir beaucoup de réunions.


      Il y a ce soir beaucoup de réunions partout en France, il y en a demain, il y en aura la semaine prochaine, tous nos responsables sont sur le terrain, proches des Français. Donc, nous nous devons de continuer ce travail pour présenter notre projet que nous adopterons le 28 mai en étant dans la proximité avec les Français. Et puis, nous avons bien sûr un deuxième rendez-vous, nous l’avons fixé et il faut en garder et le principe et le calendrier c’est celui de proposer un candidat ou une candidate qui porteront pour les Français cet espoir et cela conduit à des dépôts de candidature puis à des primaires, vous le savez, au mois d’octobre où nous faisons confiance aux Français pour nous aider à se mobiliser derrière celle ou celui qui porteront leurs espoirs. Et puis, enfin, il y a un autre travail sur lequel je suis fortement engagée, qui est celui du rassemblement de la gauche. Je réunirai d’ailleurs, c’était prévu la semaine prochaine, je ne sais pas si je garderai cette date là, le conseil politique pour parler avec les principaux responsables du point où nous en sommes, de ce travail avec nos principaux partenaires car chacun le sait, nous devons dans cette période être encore plus nous-même, encore plus unis, nous le sommes. Depuis trois ans, nous avons passé beaucoup d’étapes et nous avons réussi à nous unir autour de l’essentiel, c’est-à dire des propositions que nous avons à faire aux français. Nous devons être plus que jamais auprès d’eux, ils en ont besoin, ils nous attendent, et je l’ai vu dans les mots, de beaucoup ces derniers jours et nous devons bien évidemment rassembler la gauche, mobiliser les Français autour du projet qui sera celui des socialistes mais aussi celui de la gauche. Voilà, donc, unité, responsabilité, combattivité. Voilà les trois mots qui sont venus le plus ce matin, il y a l’émotion bien sûr, il y a le bouleversement que chacun ressent, mais il y a notre responsabilité : être à la hauteur et je le dis très simplement aux Français, nous serons au rendez-vous de 2012, le Parti socialiste sera là pour retrouver à la fois la France qu’on aime mais pour faire en sorte que la justice soit au cœur de tout, pour redresser notre pays et pour faire qu’enfin il retrouve sa voix dans le monde, ce qui a fait la fierté des Français depuis toute leur histoire. Merci.

      Publié dans:"AFFAIRES" |on 17 mai, 2011 |Pas de commentaires »

      DSK : libres propos de Jean Daniel…….

      Affaire Strauss-Kahn : encore un mot, d’urgence !

      17/05/11 à 16:18

      « Le sort infligé à DSK par la justice américaine » me fait penser « que le peuple américain et nous n’appartenons pas à la même civilisation ». Par Jean Daniel

      Dominique Strauss-Kahn (AFP)Dominique Strauss-Kahn (AFP)

      Des impératifs rédactionnels m’obligent chaque semaine à rédiger mon éditorial pour le lundi soir à 17h00. Plus rien n’est possible après. Jusqu’à maintenant, il n’y avait pas eu de catastrophes. Cette fois-ci, c’est différent. J’ai passé la nuit à pester contre la technique. Donc, aujourd’hui, ceci.

      Le sort infligé à DSK par la justice américaine, par la conception que nous avons de la transparence, par le règne de l’image, bref par les lois nouvelles de notre métier, ce sort est tout simplement épouvantable. Nous avons assisté à l’organisation médiatique d’une mise à mort, comme dans une corrida où l’on sait que le taureau va mourir, sauf qu’il n’y avait cette fois aucun torero qui prenne des risques. Strauss-Kahn donnait bien l’impression d’un taureau blessé qui met un genou à terre et attend l’estocade. Il avait l’air de dire : « Finissons-en puisque vous voulez ma mort. » Pourquoi cette retransmission publique de son calvaire ? Au nom de l’égalité ! Au nom du devoir de transparence ! Voilà comment l’on transforme, salit et déshonore des principes qui ont eu leur noblesse. L’égalité ? Tous les acteurs élus de cette cérémonie – car ils sont tous élus, la juge comme les policiers – savaient que Strauss-Kahn n’était pas un homme comme les autres et qu’il ne serait pas également traité par la meute des journalistes, des photographes et de cameramen qui l’attendaient. C’était au contraire une inégalité savamment organisée et appliquée. La transparence ? Mais laquelle ? Ou a-t-on entendu un juge quelconque donner le détail des chefs d’accusation, tous les détails mais surtout les preuves. Car c’est bien cela, la présomption d’innocence. Si l’on renonce à présumer innocent un accusé, alors, il faut justifier ce renoncement en disant sur quelles preuves on s’appuie. C’est là l’essentiel. Or jusqu’ici, on ne nous a présenté aucune preuve, se contentant de dire que si l’on maintenait Dominique Strauss Kahn en prison, « ce n’était pas pour rien » et aussi par crainte qu’il ne s’enfuie s’il était mis en liberté provisoire. C’est cela le plus choquant, ce raisonnement qui revient à dire « Il n’y a pas de fumée sans feu », ou encore « Pensez-vous que nos juges élus, qui représentent le peuple américain, enverraient dans une prison de bagnards l’un des plus hauts fonctionnaires internationaux sans savoir ce qu’ils font ? ». Car ces hommes responsables de la mise à mort de DSK sont des représentants du peuple, au même titre que les sénateurs ou les membres du Congrès.

      Supposons, oui, j’accepte cette supposition, que Dominique Strauss-Kahn soit réellement l’auteur de ce dont la femme de chambre l’accuse, dans ce cas-là, elle serait la victime et il ne faudrait pas l’oublier. Et le présent texte n’a pas pour objet d’innocenter un coupable et d’accabler une innocente. Supposons que la juge américaine ait pensé avoir de très bonnes raisons de maintenir en détention un présumé innocent et d’offrir à la foule le spectacle d’un homme désigné à une sorte de lynchage médiatique. Tous nos arguments demeureraient les mêmes. Pour éviter le lynchage et la vindicte populaire, on a inventé la présomption d’innocence. Cela ne veut pas dire que cela doive profiter si peu que ce soit à une éventuelle victime. Si jamais les preuves étaient données de la culpabilité de Dominique Strauss-Kahn, cela ne justifierait en rien le manquement aux principes et les vices de procédure. Simplement, en ce qui nous concerne, nous serions scrupuleusement attentifs et compréhensifs pour cette femme de chambre que l’on décrit comme noire, digne et à l’abri de tout soupçon.

      L’année dernière, j’ai eu l’impression que s’ouvrait un fossé entre le peuple américain et nous. J’ai même pensé que nous n’appartenons pas à la même civilisation. Or, au moment où j’écris, je vois que de grandes voix se sont élevées pour exprimer un point de vue très proche du nôtre. Ce serait un immense soulagement si elles arrivaient à dominer l’hystérie de la majorité des commentaires.

      Jean Daniel

      Publié dans:"AFFAIRES" |on 17 mai, 2011 |Pas de commentaires »

      DSK : à travers la presse française………..

      L’affaire DSK : la presse française s’interroge

      17/05/11 à 08:11

      Au delà de la culpabilité éventuelle de Dominique Strauss-Kahn, la presse quotidienne française s’interroge aussi bien sur la manière dont il a été traité hier à New York que sur ce qui va se passer au PS.

      Dominique Strauss-Kahn (c) AFPDominique Strauss-Kahn (c) AFP

      Au delà de l’innocence ou de la culpabilité de Dominique Strauss-Kahn, la presse quotidienne française s’interroge mardi 17 mai aussi bien sur la manière dont il a été traité hier à New York, que sur les « silences » des medias français sur les dérèglements des politiques ou bien encore sur ce qui va se passer au PS.

      Au delà de la comparaison facile avec les séries télévisées américaines qui est faite par de très nombreux titres, c’est la « descente aux enfers » (La Presse de la Manche, Jean Levallois) du patron du FMI qui revient souvent.

      « Cercueil politique du patron du FMI »

      Dans Libération, Nicolas Demorand note que la chute de DSK se poursuit « à une vitesse vertigineuse et dans une atmosphère d’effondrement, de débâcle« . Ce qui fait dire à Gilles Debernardi (Le Dauphiné Libéré) que « la scène restera à jamais gravée dans la conscience collective ».

      Car « les images sont des piloris modernes » et « cette transparence est la descendante en droite ligne des supplices en place de grève », selon Pascal Jalabert (Le Progrès). Jacques Guyon, de La Charente libre, estime dès lors que « cette photo terrible (de DSK) était bien le premier clou planté dans le cercueil politique du patron du FMI ». Ce qui conduit Jean-René Lore à s’interroger dans Nord-Eclair: « pourquoi ces images ? (…) Ne sommes-nous pas dans une forme de double peine » ?

      « Aubry au pied du mur de la candidature »

      Un tel « déballage donne le vertige et la nausée » à Daniel Muraz du Courrier Picard.

      Sur le plan plus politique, dans Le Figaro, Paul-Henri du Limbert estime que « le destin tragique de Dominique Strauss-Kahn va planer au-dessus des primaires PS ». Une opinion que ne partage pas l’Humanité car, selon Patrick Apel-Muller, « quelles que soient les suites de cette affaire, le PS aura un candidat au printemps prochain », d’autant, souligne Michel Urvoy (Ouest-France), que « DSK n’est pas le PS à lui tout seul ! ».

      Pour Hervé Favre (La Voix du Nord), « Martine Aubry se retrouve subitement au pied du mur de la candidature ». Quant à « imaginer un réflexe d’union sacrée derrière la première secrétaire investie comme la candidate légitime », Hervé Favre estime que « ce n’est pas le scénario retenu à ce jour ».

      Le silence coupable de la presse française

      Enfin de nombreux journaux s’interrogent sur les manquements de la presse française concernant le traitement qui est fait des élites dirigeantes françaises au nom d’une bien commode « protection de la vie privée ».

      Dans Les Dernières Nouvelles d’Alsace, Olivier Picard remarque que « le petit monde politico-médiatique parisien pourrait s’interroger sur sa fâcheuse tendance à minimiser, ou à tolérer, les comportements limite (fric ou sexe ou les deux) de ses élites. Depuis des années, le personnel politique et nombre de journalistes étaient parfaitement au courant des petites faiblesses de DSK ».

      Même interrogation dans La Montagne, dans laquelle Daniel Ruiz se dit forcé « de constater qu’un DSKgate n’est possible en France que lorsqu’il part des États-Unis ».

      Philippe Waucampt écrit même dans Le Républicain lorrain que se pose « la question de l‘omerta sur « sa relation obsessionnelle aux femmes qui n’était un secret pour personne ». « Tout le monde a réalisé que c’est ce silence complaisant qui a conduit DSK – et notre réputation avec – là où il est ».

      Mais, souligne comme en écho Jacques Camus (La République du Centre), « attendre que DSK soit à terre pour briser l’omerta est indigne. »

      Le Nouvel Observateur – AFP

      DSK : à travers la presse française........... dans

      Publié dans:"AFFAIRES" |on 17 mai, 2011 |Pas de commentaires »

      L’édito de Nicolas Demorand (17/05/11)…………

      Déchéance

      Par Nicolas Demorand

        La chute de Dominique Strauss-Kahn se poursuit. A une vitesse vertigineuse et dans une atmosphère d’effondrement, de débâcle. Après l’arrestation, la détention provisoire, fait rarissime dans un système judiciaire fondé sur l’habeas corpus. Après la première accusation de viol, peut-être une nouvelle, révélée au tribunal par le procureur sans plus de précision, et sur laquelle la justice américaine entend désormais aussi mener l’enquête. Et puis les images, leur mise en scène soignée, télégénique : la lente sortie du commissariat; l’arrivée au tribunal et l’attente dans une pièce sordide, éclairée au néon bleu; l’audience en elle-même, avec le visage défait de l’accusé en gros plan, réduit au silence, face à la juge, une femme. Partout des caméras et des appareils photos, cette transparence totale qui caractérise la justice américaine mais qui rappelle, ici, un vieux supplice d’Ancien régime : l’exposition publique, autrefois réservée aux condamnés qui, sous les yeux de la foule, devaient payer leurs fautes au prix de la honte. Le spectacle de cette déchéance marquera profondément, et pour longtemps, le rapport des Français à la politique. Les sentiments qu’inspire cette chute cohabitent mal avec l’horreur que suscitent les accusations portées contre Dominique Strauss-Kahn. Ni donjuanisme, ni libertinage, ni même harcèlement : crimes sexuels. Ses avocats ont redit qu’il niait en bloc la totalité de ce qui lui est reproché. La suite de la procédure judiciaire établira l’ensemble des faits, qui demeurent à ce jour partiels, en dépit de la force des images qui font du présumé innocent un présumé coupable. Une certitude : cette affaire ne fait que commencer.

        Publié dans:"AFFAIRES" |on 17 mai, 2011 |Pas de commentaires »
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