Archive pour la catégorie 'BREXIT'

Merci Monsieur………………………………(22/08/2019)

« Les Français se comportent comme des cons » : d’insultes en polémiques, la relation compliquée de Boris Johnson à la France

Le Premier ministre britannique rencontre Emmanuel Macron jeudi pour un déjeuner de travail. Lorsqu’il était ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson n’a pas épargné les hommes politiques français.

Pour la deuxième étape de sa première tournée à l\'étranger depuis son arrivée au pouvoir fin juillet, M. Johnson sera reçu à déjeuner à l\'Elysée jeudi 22 août. 
Pour la deuxième étape de sa première tournée à l’étranger depuis son arrivée au pouvoir fin juillet, M. Johnson sera reçu à déjeuner à l’Elysée jeudi 22 août.  (NIKLAS HALLE’N / AFP)

Pour la deuxième étape de sa première tournée à l’étranger depuis son arrivée au pouvoir fin juillet, Boris Johnson est reçu à déjeuner à l’Elysée jeudi 22 août. Le Premier ministre britannique vient à Paris pour imposer sa vision d’un Brexit coûte que coûte le 31 octobre, avec ou sans accord. Boris Johnson, habitué des sorties polémiques, est attendu en France, un pays qu’il a souvent raillé et insulté.

François Hollande comparé à un kapo

Dernière provocation en date : « Les Français se comportent comme des cons sur le Brexit ». Quand il prononce ces mots (« turds » en anglais, qu’on peut aussi traduire par « petites crottes » ou « fumiers »), en 2018, Boris Johnson est encore ministre des Affaires étrangères, et une équipe de la BBC le suit pour tourner un documentaire. Cette scène n’a jamais été diffusée car le Premier ministre aurait demandé à la chaîne britannique de couper la séance au montage. L’affaire fait polémique en juin, mais il n’assume pas. « Je n’ai aucun souvenir de ce commentaire, » affirme Boris Johnson en souriant.

S’il ne se rappelle pas de cette insulte, il aura du mal à nier celle-ci : en 2017, en pleine négociation sur le Brexit avec les Européens, il compare François Hollande à un gardien de camp nazi. « Si M. Hollande veut administrer une correction à quiconque essaie de s’échapper, un peu comme dans les films sur la Seconde Guerre mondiale, je pense que ce n’est pas la bonne voie pour aller de l’avant, »  avait alors déclaré Boris Johnson.

Des « sans-culottes » à l’Elysée

En 2012, peu après l’arrivée à l’Elysée de François Hollande, Boris Johnson avait réagi aux prises de position d’Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, qui envisageait une nationalisation d’ArcelorMittal à Florange. « Il semble bien que les sans-culottes ont pris le pouvoir à Paris », raillait-il lors d’un déplacement en Inde, concluant (en français) par un « Venez à Londres, les amis ! » 

« Peut-être que les Anglais vont avoir beaucoup d’influence sur les Français à Calais. Peut-être qu’ils vont regagner Calais ! »,  déclarait-il quelques années plus tôt, tout sourire et en français, à propos du tunnel sous la Manche. Devant Emmanuel Macron, Boris Johnson va-t-il déraper, ou soigner son langage en parlant du Brexit ? Il aura en face de lui un président français aux antipodes, tant sur le fond, que sur la forme.

Publié dans:BREXIT |on 22 août, 2019 |Pas de commentaires »

Brexit……………………………….(18/08/2019)

© Tolga AKMEN / AFP Boris Johnson

Difficile de savoir comment va réellement se terminer le Brexit. D’un côté, le gouvernement de Boris Johnson ne cache plus son intention de quitter l’Union européenne sans le moindre accord avec Bruxelles. De l’autre, des députés de tous bords ont bien l’intention d’empêcher un « no deal » au 31 octobre. Dans cette guerre d’influence, qui tourne à la crise constitutionnelle, le peuple britannique reste partagé.

Peut-être le dernier document révélé ce dimanche par le Sunday Times pourrait faire bouger les lignes. Il s’agit d’un rapport « confidentiel » sur l’impact d’un « no deal » sur l’économie britannique, qui émane directement du 10 Downing Street.

Impact sur l’eau potable ?

En clair, le pays serait confronté à une pénurie d’essence, de médicaments et de nourriture puisque 85% des poids-lourds qui circulent sous la Manche ne sont pas « prêts » pour la réinstauration des contrôles douaniers par la France. Cela aurait aussi pour effet de paralyser les ports pour au moins 3 mois, avant que le trafic des camions ne s’améliore. Entre temps, les prix pourraient connaitre une inflation galopante.

« Il restera de l’eau potable » a ironisé le Premier ministre britannique, sans vouloir commenter les informations du Times. Une remarque pas si anodine, le rapport soulignant qu’un des risques était la pénurie des produits chimiques destinés à traiter l’eau. Si la probabilité de cette pénurie reste « faible », elle affecterait des centaines de milliers de personnes.

Le retour de la frontière irlandaise

Par ailleurs, une frontière dure en Irlande du Nord serait inévitable, indique le rapport. Cette conséquence, qui met le feu aux poudres en Europe mais aussi aux Etats-Unis, a été balayée par Boris Johnson qui a toujours assuré que la technologie devrait permettre d’éviter les barrières. « Mais les plans actuels visant à éviter les contrôles généralisés s’avéreront insoutenables » souligne le document. « Ce n’est pas un rapport pour effrayer tout le monde, c’est l’évaluation la plus réaliste possible et ce n’est pas le pire des scénarios » indique une source au Times.

Alors que les parlementaires britanniques reprennent leurs travaux le 3 septembre prochain, le Royaume-Uni est entré dans le Money Time. Boris Johnson devrait rencontrer Angela Merkel et Emmanuel Macron cette semaine, avant le G7. Pour autant, une motion de censure pourrait être déclenchée contre lui, ce qui devrait entrainer des élections anticipées mais pas forcément un départ de Boris Johnson.

msn.fr

Publié dans:BREXIT |on 18 août, 2019 |Pas de commentaires »

Brexit……………………………………..(15/08/2019)

Jeremy Corbyn, le leader du parti travailliste, a proposé un plan aux autres partis d’opposition du Royaume-Uni. L’idée : évincer le Premier ministre Boris Johnson pour éviter un Brexit dur.

Malgré leurs divisions, ils se rejoignent sur un point : la peur de voir Boris Johnson précipiter le Royaume-Uni vers un Brexit dur. Le nouveau Premier ministre conservateur a en effet promis de faire sortir le pays de l’Union européenne au 31 octobre, avec ou sans accord. Dans ce second cas, ce serait un scénario cauchemardesque pour les partis d’opposition, qui réfléchissent à s’unir pour faire tomber le locataire du 10 Downing Street. Ils pourraient profiter de la position fragile de Boris Johnson au Parlement : depuis une défaite des Torries à une élection partielle, sa majorité ne tient plus qu’à une voix. Et son propre camp est fragmenté.

L’idée vient du Labour, le parti travailliste.  »Nous devons travailler ensemble, même si nous n’aimons souvent pas ce que les uns et les autres disent, nous devons empêcher un Brexit sans accord », a plaidé jeudi Rebecca Long-Bailey, ministre de l’Economie au sein du shadow cabinet (gouvernement fantôme) des travaillistes, à la BBC.

Le plan : une motion de censure et des élections

Mercredi soir, le leader du Labour, Jeremy Corbyn, a écrit une lettre aux principaux chefs de partis, ainsi qu’à quatre conservateurs opposés à un Brexit dur. « Ce gouvernement n’a pas de mandat pour une sortie sans accord, et le référendum de 2016 n’a pas fourni de mandat pour une sortie sans accord », a-t-il affirmé. Sa suggestion? « Déposer une motion de censure dès que possible, quand nous sommes assurés de gagner. » Ensuite, Corbyn pourrait prendre la tête d’un « gouvernement temporaire, strictement limité dans le temps, avec l’objectif de convoquer des élections générales ». Il faudrait alors demander à Bruxelles un nouveau report du Brexit.

Sur le papier, les principaux partis d’opposition sont d’accord pour contrecarrer les plans de Boris Johnson. Ian Blackford, du SNP, a apporté son soutien à une motion de censure. Du côté du petit parti gallois, le Plaid Cymru, Liz Saville Roberts s’est dite ouverte à un gouvernement de coalition. Caroline Lucas, la seule députée écologiste, y est également favorable.

Jeremy Corbyn, le leader du parti travailliste, a proposé un plan aux autres partis d’opposition du Royaume-Uni. L’idée : évincer le Premier ministre Boris Johnson pour éviter un Brexit dur.

Le JDD.fr

 

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Publié dans:BREXIT |on 15 août, 2019 |Pas de commentaires »

Brexit mal parti………………………………(02/08/2019)

, Boris Johnson , le 31 juillet à Londres. POOL / REUTERS

Le roi est nu. Huit jours exactement après son arrivée à la tête du pouvoir, Boris Johnson voit sa majorité parlementaire réduite à son strict minimum : une voix. Le Parti conservateur a perdu une élection législative partielle à Brecon et Radnorshire, au Pays de Galles, jeudi 1er août, la victoire revenant aux libéraux-démocrates.

Les tories ont désormais 310 députés, auxquels il faut ajouter les dix sièges du Parti unioniste démocrate (DUP) d’Irlande du Nord, avec lequel ils ont un accord de soutien. En face, les différentes factions de l’opposition additionnent 319 voix. Cette défaite des conservateurs augmente la probabilité d’avoir des élections anticipées cet automne.

Le Monde

Publié dans:BREXIT |on 2 août, 2019 |Pas de commentaires »

Brexit……………………………(30/07/2019)

Il est arrivé sous les huées et est reparti par la porte de derrière. La visite de Boris Johnson à Bute House, la résidence de la première ministre d’Ecosse, s’est déroulée dans un climat tendu, lundi 29 juillet. Nicola Sturgeon a reçu le nouveau premier ministre britannique sans un sourire, pour une poignée de main glaciale, tandis que les quelque manifestants plantés à proximité criaient leur désapprobation.

M. Johnson a entamé une tournée des trois autres nations qui constituent le Royaume-Uni, outre l’Angleterre : Ecosse, Pays de Galles et Irlande du Nord. Pour ce politicien particulièrement anglais, issu de la bulle médiatique de Westminster, qui a été maire de Londres et est aujourd’hui député d’une circonscription londonienne, le déficit de crédibilité est énorme.

Lire aussi : L’UE répète que l’actuel accord sur le Brexit est « le seul possible »

Les forces centrifuges provoquées par le Brexit sont pourtant très fortes. En Ecosse, qui a voté à 62 % pour rester dans l’Union européenne (UE) en 2016, Mme Sturgeon demande depuis des années un deuxième référendum sur l’indépendance, après celui de 2014. En Irlande du Nord, qui a voté à 56 % pour rester dans l’UE, les appels à une unification de l’île se multiplient. Seul le Pays de Galles, qui a soutenu le Brexit à 52 %, est à peu près épargné par ces poussées indépendantistes.

« Le canot de sauvetage de l’indépendance »

En cas de sortie de l’UE sans accord, qu’envisage sérieusement le premier ministre britannique, ces tensions devraient s’accroître. « M. Johnson risque de découvrir qu’après être sorti d’une union [l’UE], il va passer beaucoup de son temps à essayer d’en sauver une autre [le Royaume-Uni] », note un rapport du cercle de réflexion Institute for Government, publié lundi.

Le Monde

Publié dans:BREXIT |on 30 juillet, 2019 |Pas de commentaires »

Quelle entente…………………………………(19/07/2019)

Les députés britanniques lancent un avertissement à Boris Johnson en votant un texte hostile à un Brexit sans accord

Les parlementaires ont adopté un texte afin d’éviter que le possible futur premier ministre du Royaume-Uni ne contourne le Parlement.

Par Philippe Bernard  Publié hier à 21h32, mis à jour à 06h32

 

Boris Johnson lors d’un meeting à l’ExCel Center à Londres, le 17 juillet.
Boris Johnson lors d’un meeting à l’ExCel Center à Londres, le 17 juillet. FRANK AUGSTEIN / AP

Avant même d’être nommé premier ministre, Boris Johnson a reçu, jeudi 18 juillet, un avertissement du Parlement. Les députés se sont rappelés à son bon souvenir en approuvant un amendement qui pourrait compromettre la promesse centrale du grand favori pour Downing Street : la sortie de l’Union européenne (UE) le 31 octobre « coûte que coûte », y compris sans accord (« no deal ») avec les Vingt-Sept.

Voté avec 315 voix contre 274, le texte complexe ne s’oppose pas frontalement au « no deal », mais plutôt à l’un des moyens caressés par M. Johnson pour y parvenir : suspendre le Parlement afin d’empêcher les députés d’entraver les décisions de l’exécutif.

Contrairement à son adversaire Jeremy Hunt, l’ancien ministre des affaires étrangères envisage cette possibilité extrême, qui remettrait en cause le rôle central du Parlement dans le système politique britannique et impliquerait la reine, qui est la seule à même de déclarer la fin d’une session parlementaire.

Le texte approuvé jeudi, déposé conjointement par deux députés, le travailliste Hilary Benn et le conservateur Alistair Burt, est curieusement adossé à un projet de loi sur le rétablissement du gouvernement régional d’Irlande du Nord, suspendu depuis 2017 pour cause de désaccord entre le DUP et le Sinn Fein, les deux partis qui se partagent le pouvoir à Belfast en vertu de l’accord de paix de 1998.

Coup d’arrêt à la surenchère verbale sur le « no deal »

L’amendement oblige en effet le gouvernement à rendre compte aux députés tous les quinze jours, et cela jusqu’au mois de décembre, des progrès dans la négociation visant à remettre sur pied l’exécutif de Belfast. Il est en fait destiné à empêcher un gouvernement Boris Johnson de suspendre le Parlement de Westminster.

La manœuvre, commencée la semaine passée par l’adoption d’un amendement proposé par le député conservateur proeuropéen Dominic Grieve, s’est précisée jeudi : chaque rapport du gouvernement sur l’Irlande du Nord devra être débattu par les députés dans les cinq jours de sa publication et pendant cinq jours, ce qui entrave de fait toute velléité de suspension.

L’adoption d’un tel texte par une nette majorité constitue un avertissement d’autant plus sérieux pour M. Johnson que dix-sept députés conservateurs – dont la ministre de la culture, Margot James, démissionnaire – se sont rebellés alors que le gouvernement ne dispose théoriquement que de quatre voix de majorité. Quatre ministres de Theresa May, y compris le ministre des finances, Philip Hammond, ont par ailleurs manifesté leur sympathie pour le texte en s’abstenant.

Publié dans:BREXIT |on 19 juillet, 2019 |Pas de commentaires »

Le Brexit ne fait pas que des heureux…(01/08/2018)

Les craintes des Britanniques sont confortées par les fuites d’un rapport sur l’état du royaume en cas de «no deal» avec l’UE d’ici mars, qui présage une hausse des prix de certaines denrées et des difficultés d’approvisionnement. En attendant, Theresa May s’enferre dans les négociations, avec son cabinet comme avec Bruxelles.

  • Avec le Brexit, «on peut penser qu’il y aura des pénuries»

Des avions de l’armée pour le ravitaillement en nourriture et médicaments, des pénuries d’essence, une ambiance de «guerre civile», voilà le scénario prévu par certains au Royaume-Uni en cas de «no deal»,d’absence d’accord sur le Brexit. Plus d’un an après le début des négociations et deux ans après le référendum, le gouvernement britannique n’arrive toujours pas à trouver une entente sur les conditions du Brexit. Un jour accusée d’être trop conciliante envers l’Union européenne puis le lendemain de proposer un Brexit trop dur, Theresa May n’entrevoit pas de sortie aux négociations au sein même de son cabinet.

Mais tandis que le Parlement est en pause estivale et la Première ministre britannique en vacances en Italie, les brexiters, eux, ne prennent pas de repos. Jacob Rees-Mogg, député ultraconservateur, estime que le gouvernement tente d’effrayer les électeurs afin qu’ils soient plus conciliants sur les termes du Brexit. Steve Baker, ancien secrétaire d’Etat au Brexit qui a démissionné début juillet, se ditlui «très préoccupé par la stratégie de communication du gouvernement autour du no deal».Il réclame également la publication d’un rapport, commandé lorsqu’il était en poste, sur les conséquences d’un no deal pour chaque membre de l’UE et pas seulement le Royaume-Uni.

Ces réactions surgissent alors que le gouvernement avait promis de publier pendant l’été des documents expliquant les conséquences d’un Brexit sans accord. Finalement, la publication aura lieu fin août ou début septembre. Mais des informations auraient déjà fuité préconisant le déploiement de l’armée comme l’une des solutions pour parer aux pénuries en Grande-Bretagne après le 29 mars 2019, date officielle de la sortie de l’Union européenne. Des propos démentis par un porte-parole du ministère en charge du Brexit : «Ces fuites concernant l’armée sont des spéculations infondées et ne font pas partie de nos plans.» En revanche, le gouvernement confirme bien se préparer à tous les scénarios : «Nous restons confiants et pensons que c’est dans l’intérêt du Royaume-Uni et de l’Union européenne de trouver un accord. Dans le même temps, nous faisons des préparatifs pour qu’en cas de scénario sans accord nous puissions réagir correctement», précise le porte-parole. L’absence d’accord annulerait la période de transition prévue jusqu’à décembre 2020 et sous-entend donc que le pays devrait se soumettre aux tarifs de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), moins avantageux que ceux négociés au sein de l’UE.

Désastreuses

Selon une étude publiée par Food Foundation, un think tank spécialisé dans l’alimentaire, le budget pour une famille de quatre personnes qui mange – comme recommandé – cinq fruits et légumes par jour passerait de 37,58 à 39,76 livres sterling par semaine (42,12 euros à 44,57 euros) affectant ainsi les foyers les plus modestes. Si les ennemis de Theresa May parlent d’un «Project fear» ou «Projet peur» en référence à la campagne des pro-européens avant le référendum que les partisans du Brexit estimaient basée sur ce sentiment, certaines craintes semblent pourtant bien réelles.

Selon Erik Millstone, professeur à l’université du Sussex et expert en politique alimentaire, les conséquences d’un no deal pourraient bien être désastreuses : «Il y a vingt ou vingt-cinq ans, les revendeurs avaient environ une semaine ou dix jours de stocks, mais aujourd’hui ils n’ont qu’un jour et demi ou deux donc c’est tout à fait réaliste de penser qu’il y aura des pénuries.» Le problème vient surtout des produits périssables dont le Royaume-Uni est très dépendant comme les fruits et légumes ou encore les produits laitiers.

La capacité de stockage insuffisante du pays à l’heure actuelle est aussi problématique. «Si le gouvernement avait envisagé ce scénario dès le vote de 2016, il aurait pu s’organiser, mais maintenant c’est trop tard d’ici à mars 2019», explique Erik Millstone. En effet, pour éviter de voir des files interminables de camions bloqués aux frontières pour les contrôles, il faut des infrastructures plus importantes et du personnel supplémentaire. Une logistique quasi impossible à mettre en place dans les huit prochains mois. Même si le pays utilise déjà les règles de l’OMC pour ses échanges avec les Etats-Unis ou la Chine par exemple, plus de 30 % des produits alimentaires consommés au Royaume-Uni viennent de l’UE.

Le secteur alimentaire n’est pas le seul qui pourrait être touché par le no deal. En plus de la crainte de voir une pénurie d’infirmiers et de médecins issus de l’Union européenne, les approvisionnements en médicaments pourraient aussi être affectés.

Cité dans la revue The Pharmaceutical Journal, Michael Rawlins, président de l’Agence de réglementation de la médecine et des produits de santé (MHRA), alerte : «Prenez juste un exemple : on ne produit pas d’insuline au Royaume-Uni. On importe chaque goutte. Vous ne pouvez pas transporter l’insuline n’importe comment car elle doit être conservée à une température spécifique et 3,5 millions de gens ont besoin d’insuline, y compris la Première ministre». Il ajoute que le pays «ne peut pas soudainement»en produire.

Les conséquences économiques d’un no deal sont encore difficiles à évaluer, mais selon Georgina Wright, il s’agira certainement d’un «choc». La chercheuse spécialiste du Royaume-Uni et de l’Union européenne au think tank Chatham House à Londres décrit trois phases dans le processus de Brexit : le retrait, la période de transition et l’accord final. Selon elle un no deal est encore évitable à cause de la pression politique côté britannique et côté européen. Mais en cas de no deal, l’impact économique serait conséquent : «L’OMC ne couvre pas en détail le commerce et les services, qui représentent un secteur très important au Royaume-Uni. C’est difficile d’évaluer qui sera touché, les vendeurs, les consommateurs et aussi sur quelle période. Quoi qu’il en soit, l’incertitude n’est jamais bonne pour les marchés. Jusqu’ici, aucun pays ne s’est encore retrouvé dans ce genre de situation.»

L’autre risque est que des pays tiers attendent les accords commerciaux que le Royaume-Uni conclura avec l’UE avant de se lancer dans des négociations. L’une des solutions pour éviter ces scénarios catastrophes serait donc de rester dans l’union douanière ou le marché unique. Le hic, c’est que ce sont justement ces sujets qui bloquent auprès des partisans d’un Brexit «dur».

Depuis deux ans, le Brexit semble tourner à la crise politique à chaque occasion. La dernière, c’était début juillet, lorsque le gouvernement s’était mis d’accord sur le «plan de Chequers», délivrant enfin une proposition à donner à Bruxelles. Mais deux jours plus tard, le ministre en charge du Brexit, David Davis, puis le ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, donnaient leur démission. Theresa May n’a pas lâché, faisant quelques concessions à ses collègues conservateurs les plus eurosceptiques. Dans ce plan, elle y proposait un accord douanier simplifié, rejeté par le négociateur européen en chef, Michel Barnier.

A la barre

C’est donc un retour à la case négociations qui devra s’engager à la fin de la pause estivale du gouvernement britannique. Cette fois-ci, il faudra trouver une solution viable, car le temps presse. Lors du sommet européen des 18 et 19 octobre, le Royaume-Uni devra présenter son accord de retrait avant la sortie définitive de l’UE.

En attendant, les Britanniques commencent à s’inquiéter et surtout à s’impatienter. Selon un récent sondage de Sky News, les trois quarts des personnes interrogées pensent que Theresa May et le gouvernement gèrent mal le Brexit, et la moitié d’entre elles estiment que ce dernier sera une mauvaise chose pour le pays. C’est pourtant, comme elle le répète souvent, à elle que le job de sortir le pays de l’Union européenne a été confié. Malgré la pression de ses collègues conservateurs qui la menacent à chaque montée de fièvre de provoquer un vote de défiance, c’est elle qui est à la barre du bateau Brexit. La question reste maintenant de savoir si elle arrivera à sauver le navire du pire, un Brexit sans accord, ou si le naufrage, dans ce contexte de politique interne, est inévitable.

Élodie Goulesque à Londres

Liberation.fr
Publié dans:BREXIT |on 1 août, 2018 |Pas de commentaires »

Brexiteurs en désordre……………….(09/07/2018)

Deux autres secrétaires d’Etat ont aussi jeté l’éponge dimanche soir, et d’autres pourraient suivre, dans ce qui est perçu comme un risque majeur de renversement de Theresa May par les plus ardents des Brexiteurs.

  • Royaume-Uni : David Davis, ministre chargé du Brexit, démissionne

Il avait menacé de jeter l’éponge à plusieurs reprises depuis deux ans. David Davis, ministre chargé du Brexit, a finalement mis sa menace à exécution dimanche soir, peu avant minuit. Dans une lettre cinglante à Theresa May, il a en gros accusé la Première ministre britannique de trahir ses idéaux d’un pur Brexit, d’une sortie radicale de l’Union européenne et «d’affaiblir ainsi la position de négociation du pays». Peu après, Steve Baker et Suella Braverman, deux des secrétaires d’Etat, sur cinq, du DexEu (Department for the Exit of the European Union), le ministère de David Davis, annonçaient aussi leurs démissions.

À lire aussi » Au Royaume-Uni, le Brexit délie la langue

Theresa May était pourtant apparue renforcée vendredi soir avec l’annonce d’un accord gouvernemental sur la forme du Brexit souhaitée pour le pays. Après avoir bouclé ses ministres une journée entière à Chequers, la résidence de campagne des Premiers ministres britanniques, sans accès à un téléphone portable, elle avait annoncé avoir rassemblé autour d’elle l’ensemble de son cabinet. Ce dernier venait de passer deux ans, depuis le référendum du 23 juin 2016, à se déchirer sur le Brexit. La date officielle de la sortie de l’UE du Royaume-Uni est fixée au 29 mars 2019.

Vote de défiance

Toute la journée de vendredi, les médias avaient guetté d’éventuelles démissions. Mais la réunion au sommet s’était achevée dans le calme et Theresa May avait affirmé que son cabinet était désormais uni derrière sa proposition de négociations avec l’UE. Elle devait présenter son plan – un accord de libre-échange avec une forme d’union douanière pour les biens et une fin de la libre-circulation des personnes mais avec éventuellement des aménagements pour la situation des Européens – dans un «white paper», un projet, dont la publication était prévue jeudi. Ce «white paper» devait servir de base aux futures négociations avec l’UE. Sachant que cette dernière doit encore produire sa réaction à cette nouvelle stratégie. En rassemblant son cabinet derrière une version d’un Brexit jugée la plus légère possible pour éviter une catastrophe économique, Theresa May avait signé pour certains la fin du Brexit dur espéré.

Finalement, le programme de la semaine de Theresa May risque d’être fortement chamboulé, voire totalement bouleversé. Le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, un autre ardent Brexiteur qui convoite avidement et depuis toujours le poste de Premier ministre, devait s’exprimer lundi matin pour préciser sa position. Par ailleurs, dans la nuit, des rumeurs couraient sur l’envoi massif de lettres au Comité 1922 du parti conservateur pour demander l’organisation d’un vote de défiance contre Theresa May. Le Comité 1922 regroupe les députés conservateurs qui siègent à la Chambre des communes. Pour organiser un vote de défiance, le président de ce groupe, Graham Brady, doit recueillir les demandes de 15% de ses membres, soit 48 députés. Dans la nuit de dimanche à lundi, le nombre des lettres des députés s’approchait dangereusement de ce seuil.

Programme bouleversé

Si un vote de défiance est organisé et que Theresa May perd, elle serait contrainte de démissionner pour ouvrir la voie à une course au leadership du parti conservateur. Au Royaume-Uni, le chef du parti doté d’une majorité au parlement devient automatiquement Premier ministre. L’élection d’un nouveau chef du parti tory se passe en deux temps. Les députés conservateurs se mettent d’abord d’accord pour désigner deux candidats, puis le vote est soumis à l’ensemble des membres du parti. La démission de David Davis confirme le sentiment que les Brexiteurs les plus virulents ont perdu.

Theresa May a en effet choisi de suivre les recommandations de la plupart des acteurs économiques qui ont mis en garde ces derniers jours contre les conséquences désastreuses d’une sortie trop radicale de l’UE. Theresa May doit, en principe, se rendre au sommet de l’OTAN à Bruxelles en milieu de semaine, avant d’accueillir jeudi soir à Londres pour une visite de deux jours le président américain Donald Trump. En ce lundi matin, rien ne dit que ce programme ne sera pas profondément bouleversé.

Sonia Delesalle-Stolper Correspondante à Londres

Liberation.fr
Publié dans:BREXIT |on 9 juillet, 2018 |Pas de commentaires »

Brexit pas aisé………………..(06/07/2018)

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Brexit : May se met au vert pour fédérer ses troupes

Theresa May avec son homolgue néerlandais, Mark Rutte, mardi à La Haye. Zoom
Theresa May avec son homolgue néerlandais, Mark Rutte, mardi à La Haye. Photo Koen Van Weel. AFP

La Première ministre britannique réunira ses ministres vendredi dans un manoir pour tenter, deux ans après le référendum sur la sortie de l’UE, de trouver un plan enfin cohérent et, enfin, de pouvoir gouverner. Pas gagné…

Démissions ? Explosions ? Duels dans le jardin ? La journée à la campagne organisée vendredi pour ses ministres par Theresa May promet d’être intéressante, sinon violente. A partir de 10 heures et jusque tard dans la soirée, la Première ministre britannique bouclera son cabinet dans la résidence de Chequers, un ravissant manoir du XVIe siècle dans le Buckinghamshire, au nord-ouest de Londres, avec un seul objectif : en sortir avec un accord sur le futur du Royaume-Uni post-Brexit. A priori, les parties de badminton et le gin tonic seront donc bannis.

Deux ans après le référendum sur la sortie de l’Union européenne, neuf mois avant la date officielle du Brexit, le 29 mars 2019, le Royaume-Uni n’a toujours pas de plan. Cette fois-ci, Theresa May en est pourtant sûre, une solution devrait émerger de ce sommet bucolique. On pourrait en douter tant les dissensions internes du gouvernement britannique sur le Brexit empoisonnent depuis des mois la politique au Royaume-Uni et éclipsent toute autre discussion sur des réformes, l’économie, les lois – bref, sur la politique normale d’un gouvernement en exercice.

Propositions fantaisistes

L’impatience monte en flèche depuis quelques mois au sein de l’Union européenne, qui ne cache plus son agacement face au manque de progrès dans les négociations et aux propositions avancées jusqu’ici par Londres, jugées au mieux irréalisables, au pire franchement fantaisistes. Elle grimpe aussi au sein des grands acteurs de l’économie britannique, qui mettent ouvertement en garde le gouvernement contre une catastrophe économique pour le pays. Après Airbus, BMW ou les représentants de l’industrie automobile britannique, c’est le patron de Jaguar Land Rover (JLR), le plus gros fabriquant de voitures au Royaume-Uni, qui a menacé jeudi de stopper tout investissement au Royaume-Uni – 90 millions d’euros sur cinq ans sont envisagés pour développer des véhicules électriques –, voire de retirer sa production, en cas d’absence de clarification urgente du gouvernement May.

«Si je suis forcé de nous retirer parce que nous n’avons pas d’accord correct, alors nous devrons fermer des usines au Royaume-Uni et cela sera très, très triste. C’est hypothétique et j’espère que c’est une option que nous n’aurons jamais à considérer», a prévenu le directeur général de JLR, Ralf Speth, qui emploie 40 000 personnes au Royaume-Uni. La compagnie a récemment transféré toute la production de son véhicule Discovery vers la Slovaquie, et même si elle appartient depuis une dizaine d’années à l’industriel indien Tata Motors, JLR reste dans les esprits au Royaume-Uni un symbole de ce qui fut longtemps l’excellence britannique automobile.

«Troisième voie»

Pourtant, à en croire Downing Street, Theresa May a désormais un plan sérieux, capable de rassembler tous les membres de son cabinet, voire de satisfaire l’UE. Ce plan, dont aucun ministre n’avait pris connaissance avant la réunion à Chequers – y compris David Davis, officiellement ministre en charge du Brexit – est baptisé «Troisième voie». Selon les quelques fuites distillées dans la presse britannique, Theresa May envisagerait de proposer «un arrangement douanier facilité». Les biens arrivant au Royaume-Uni se verraient appliquer des tarifs douaniers fixés par Londres. Mais pour les biens qui ne feraient que transiter par le Royaume-Uni et seraient destinés à l’UE, Londres se chargerait de récolter, pour l’UE, les tarifs douaniers européens et de les lui reverser ensuite.

Le Royaume-Uni jouerait ainsi pour l’UE le rôle de douanier en chef. Un système électronique, non encore testé, ni même vraiment existant, permettrait de retracer quels biens seraient destinés uniquement au marché britannique ou au marché européen. Ce système permettrait de régler la question de la frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande qui resterait donc absente. Mais rien ne dit que Bruxelles jugera ce plan applicable. Comment garantir le risque de fraude massive par certains qui pourraient choisir de payer des tarifs douaniers britanniques plus bas dans un port britannique avant de transférer la marchandise vers le marché européen ?

L’UE bousculée

Theresa May proposerait donc, selon ce plan, de maintenir la libre circulation des biens et des marchandises. En revanche, elle resterait ferme sur la fin de la libre circulation des personnes – même si elle pourrait proposer des aménagements préférentiels pour les citoyens européens –, des services et des capitaux. Le Royaume-Uni envisage une fois de plus de diviser les quatre libertés fondamentales de l’Union européenne, inscrites dans le traité fondateur de 1957.

Or jusqu’à présent, l’UE a opposé une fin de non-recevoir à tout traitement préférentiel pour le Royaume-Uni. Bousculée par la montée des populismes en Italie et en Europe de l’Est, comme par les difficultés d’Angela Merkel en Allemagne, l’Union européenne n’a pas intérêt à se fragiliser encore un peu plus en attaquant les fondements même de son existence. Ce point de vue n’est, semble-t-il, pas audible par le gouvernement britannique qui estime que la situation unique du Royaume-Uni – premier pays à quitter l’UE, poids économique et en matière de sécurité – appelle à une certaine souplesse de la part des Vingt-Sept.

Theresa May s’est rendue mercredi à La Haye rencontrer le Premier ministre Mark Rutte et jeudi à Berlin pour y voir la chancelière Angela Merkel. Ces deux dirigeants sont perçus par Londres comme les plus proches de leurs alliés européens et la Première ministre britannique espérera avoir obtenu au moins un «peut-être» à ses propositions, plutôt qu’un catégorique «non».

«Fuck business !»

Mais, aussi extraordinaire que cela paraisse, l’opinion des Vingt-Sept importe peu pour le moment. Theresa May doit d’abord rallier ses ministres derrière elle. Et c’est loin d’être acquis. Les ardents «brexiters», Boris Johnson, ministre des Affaires étrangères (qui a élégamment déclaré, en réponse aux inquiétudes des entreprises, «fuck business !»), Michael Gove, ministre de l’Environnement ou même David Davis, seront sans doute les plus difficiles à convaincre. Une quarantaine de députés conservateurs, menés par Jacob Rees-Mogg, ont menacé de renverser Theresa May si elle divergeait du plan d’un Brexit total et envisageait finalement de rester, si ce n’est en nom mais au moins en actes, au sein de l’union douanière et du marché unique.

Menace ultime, l’ex-leader du parti europhobe Ukip, Nigel Farage, a même menacé de revenir sur le devant de la politique. Ce n’est pas la première fois, sans doute pas la dernière. Pour Theresa May, l’heure est venue de choisir entre satisfaire ses troupes conservatrices et servir son pays. Les 51,9% de Britanniques qui ont voté pour sortir de l’Union européenne, lors d’un référendum alors uniquement consultatif, n’ont jamais signé pour le marasme économique.

Sonia Delesalle-Stolper Correspondante à Londres

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  • Theresa May avec son homolgue néerlandais, Mark Rutte, mardi à La Haye.
    Photo Koen Van Weel. AFP
Publié dans:BREXIT |on 6 juillet, 2018 |Pas de commentaires »

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Publié dans:BREXIT |on 26 juin, 2018 |1 Commentaire »
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