Lamentable Albion………………….(22/09/2019)
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| Trois ans après le référendum sur le Brexit, des négociateurs européens nous confient leur lassitude face à un « feuilleton sans fin » | |
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La cour d’appel d’Edimbourg a estimé que cette décision avait « pour but d’entraver le Parlement ».

Une cour d’appel écossaise a jugé, mercredi 11 septembre, « illégale » la décision du Premier ministre britannique, Boris Johnson, de suspendre le Parlement jusqu’au 14 octobre, deux semaines avant le Brexit prévu le 31 octobre. La cour d’appel d’Edimbourg a en effet estimé que cette décision avait « pour but d’entraver le Parlement ». Il s’agit de la première victoire judiciaire des opposants à cette suspension très controversée.
« Nous sommes déçus de la décision d’aujourd’hui et ferons appel auprès de la Cour suprême », a déclaré le gouvernement dans la foulée.
Boris Johnson a décidé d’une « prorogation« , une décision courante en cas de changement de Premier ministre, qui a pour effet de suspendre les travaux du Parlement. Mais le timing choisi pour cette suspension, qui doit durer cinq semaines et se terminer à deux semaines de la date du Brexit, a été très critiqué par ses opposants, qui y voient un moyen d’empêcher le Parlement de lutter contre un Brexit sans accord.
Boris Johnson perd son sixième vote d’affilée avant de suspendre le Parlement
Encore un vote perdu et le rideau est tombé. En une semaine, Boris Johnson a perdu six votes d’affilée à la Chambre des communes, un record historique en soi. En fait, pour le moment, le Premier ministre a perdu absolument tous ses votes. Sa motion pour obtenir le déclenchement d’élections anticipées a été rejetée largement lundi soir, après un débat interminable et terriblement dissipé. Le Speaker John Bercow, qui avait annoncé plus tôt dans la journée sa prochaine démission, le 31 octobre, a eu un mal de chien à maîtriser les échanges houleux.
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Boris Johnson avait besoin des voix des deux tiers des 650 députés, soit 434 votes, pour que sa motion soit adoptée. Il en a recueilli 293, soit cinq de moins que le vote de la semaine dernière sur exactement la même motion. Toute l’opposition, du Labour aux Libéraux-Démocrates en passant par le Scottish National Party (SNP) et l’unique députée Green, avait décidé de ne pas participer à des élections décidées par Boris Johnson. Leur vote signifie que des élections ne pourront désormais être organisées au plus tôt que fin novembre. La suspension du Parlement dans la nuit, et jusqu’au 14 octobre, empêche en effet tout vote pendant cette période.
Le 14 octobre, sauf nouveau développement extraordinaire impossible à écarter, la reine Elizabeth II lira le «Queen’s Speech», le programme législatif du gouvernement. Ensuite, les députés débattront de ce texte pendant quelques jours. La première date pour voter en faveur de nouvelles élections serait donc vraisemblablement le 21 octobre. Et si la Chambre des communes décidait de déclencher un scrutin, techniquement, la procédure d’organisation mènerait à la fin novembre.
Après le cirque des débats à la Chambre des communes, qui s’est arrêté peu avant 1 heure du matin, les députés ont participé à la pièce de dramaturgie soigneusement chorégraphiée que constitue la cérémonie officielle de la «prorogation», la suspension du Parlement. En fait, tous les élus n’ont pas assisté à la cérémonie. Le SNP et de nombreux députés travaillistes et libéraux-démocrates avaient choisi de rester dans la Chambre des communes pour exprimer leur mécontentement. Des «shame» («honte») ont été criés à plusieurs reprises.
Sous la conduite du Speaker, les autres députés se sont rassemblés dans la Chambre des Lords, où d’étranges personnages en longs manteaux rouges bordés d’hermine, la tête ceinte de chapeaux noirs aux formes curieuses, les avaient convoqués par la voix du «black rod», un autre curieux personnage en tenue noire qui tient le rôle de gendarme du Parlement. Les fauteuils de cuir rouge des Lords étaient vides. Les pairs avaient décidé de boycotter la cérémonie pour exprimer eux aussi leur réprobation. Le Speaker lui-même a exprimé sa violente réticence face à cette prorogation qu’il a qualifiée d’ «anormale». Il s’agit de la plus longue suspension, cinq semaines, du Parlement britannique de l’histoire moderne.
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| Brexit : John Bercow, le président de la Chambre des communes, annonce son départ le 31 octobre au plus tard | |
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© AFP La ministre britannique du Travail Amber Rudd, le 2 septembre 2019.
La ministre britannique chargée du Travail et des Retraites, Amber Rudd, a annoncé sa démission samedi soir en désaccord avec la stratégie de Brexit du Premier ministre Boris Johnson, qui s’englue dans une crise politique.
« Je ne peux pas rester alors que des bons, loyaux conservateurs modérés sont exclus », a déclaré dans un communiqué la ministre et députée, en référence à l’exclusion du Parti conservateur de 21 députés qui ont voté cette semaine avec l’opposition une proposition de loi destinée à éviter un Brexit sans accord.
| 12H49 | ||
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| Brexit : Jo Johnson, frère du Premier ministre Boris Johnson, démissionne du gouvernement | |
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Boris Johnson, déjà la sortie de route ? Mercredi 4 septembre, six semaines à peine après son arrivée à Downing Street, le premier ministre britannique a perdu la maîtrise de sa stratégie sur le Brexit, celle de son calendrier et même celle de son propre camp, en pleine crise interne.
La veille, déjà, Boris Johnson avait encaissé coup sur coup la défection d’une vingtaine de tories de premier plan, perdu sa majorité et cédé le contrôle de l’agenda législatif à la Chambre des communes. « Il y aura des bosses sur la route », avait-il prévenu fin août, à propos d’un éventuel « no deal » ou d’une négociation commerciale avec les Etats-Unis. Avait-il prévu d’être aussi secoué, et aussi vite ?
La surprise n’est pas totale, mais la claque est quand même sonore. Mercredi, vers 17 heures, les députés britanniques infligent à M. Johnson son deuxième camouflet législatif en deux jours, votant à une majorité confortable (28 voix) une loi l’obligeant à aller quémander un report de la date du Brexit au 31 janvier 2020. Le but ? Eviter une sortie sans accord le 31 octobre, brutale et très dommageable pour l’économie britannique.
Aux Communes, Boris Johnson a beau rouler des yeux, dénoncer une « loi défaitiste », jurer qu’il travaille toujours à un accord avec Bruxelles, l’alliance du « non au “no deal” », cet attelage improbable constitué des travaillistes, des libéraux, des indépendantistes écossais et des « rebelles » conservateurs, tient bon. C’en est presque fini du Brexit « do or die » (maintenant ou jamais) promis par le premier ministre pour Halloween.
Le Monde
La nuit de mardi à mercredi va laisser des traces dans la carrière de Boris Johnson. Bras croisés, avachi, le Premier ministre britannique ne s’attendait pas à une telle déconfiture. Le verdict est tombé en fin de soirée : les députés ont voté pour la création d’une loi destinée à empêcher un Brexit sans accord, le fameux « no deal » voulu par le Premier ministre.
Ce mercredi, cette gifle politique fait la Une des journaux britanniques. « Ce qui est quand même très étonnant et qui montre une crise politique majeure, c’est le vote de 21 voix de son propre camp », relève Emmanuelle Saulnier-Cassia, professeure de droit public à l’Université de Versailles, spécialiste du Royaume-Uni. Boris Johnson avait pourtant brandi une menace très forte contre les parlementaires de son camp qui voteraient contre lui : l’exclusion pure et simple du parti. « C’est ce qui a été fait contre les 21 votants dissidents », explique-t-elle.
Résultat, Boris Johnson, qui avait déjà perdu mardi sa majorité absolue au Parlement, se réveille avec 20 soutiens en moins chez les conservateurs. « Dans ces 21 députés rebelles, il y a des piliers du parti conservateur, ce ne sont pas des gens qui se rebellent sur un coup de tête. Il y a notamment celui qu’on appelle le « father of the house », le plus ancien des élus, mais aussi le petit-fils de Winston Churchill, Nicholas Soames. » BoJo ne ferait plus l’affaire chez les conservateurs ? « Il est à la tête d’un cabinet constitué d’une fraction extrême très minoritaire et la majorité des conservateurs ne se sent pas représenté », estime Emmanuelle Saulnier-Cassia. Un clivage jamais vu : « Les questions européennes ont toujours clivé les parlementaires et les membres des deux partis mais là, on est au summum de ce qu’on a pu connaître dans l’histoire ».