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Culture….enfin presque…………………(06/07/2014)

Aurélie Filippetti, « une battante qui en a pris plein la gueule »

Le Nouvel Observateur

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Publié le 06-07-2014 à 08h49Mis à jour à 08h53

La ministre de la Culture a un caractère tranchant. Mais fragilisée par le conflit des intermittents, elle manque de relais et de moyens pour apaiser un milieu habitué à être choyé. Portrait.

La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti quitte l'Elysée après le conseil des ministres, le 28 mai 2014. (Stéphane de Sakutin/AFP PHOTO)La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti quitte l’Elysée après le conseil des ministres, le 28 mai 2014. (Stéphane de Sakutin/AFP PHOTO)

En ce 21 juin, Fête de la Musique, François Hollande fait une apparition surprise sur les rives de la Seine à l’Institut du Monde arabe présidé par… Jack Lang. Tandis que sa ministre de la Culture s’apprête à lancer les festivités dans les jardins du Palais-Royal, c’est aux côtés de « Jack », ministre monument, icône des beaux jours des arts, des lettres et de la fête, que le président vient promettre qu’il défendra  »encore et toujours la culture ».

Lui qui ne s’en soucie guère depuis le début de son mandat voit qu’il y a le feu dans la maison. Les intermittents les plus radicaux menacent les festivals de l’été et le premier d’entre eux, Avignon. La potion est amère pour Aurélie Filippetti, le camouflet évident. Interpellée une semaine plus tôt à Guise, en Picardie, par une troupe d’intermittents venus dans le plus simple appareil, elle a été inaudible. Ils étaient nus et sûrs de leur fait, elle était pâle et peu assurée. Elle qui aime tant les caméras, soudain ne savait plus se mettre en scène.

Le statut des intermittents, un machin incompréhensible

Tous les ministres de la Culture sont tétanisés par la question des intermittents. Un statut fait d’injustices et d’abus, un machin incompréhensible pour qui n’est pas du métier. Quelques paragraphes seulement dans la convention de l’assurance-chômage que négocient les partenaires sociaux, patronat et syndicats, et que l’Etat agrée. Une variable d’ajustement dans les discussions pour le ministre du Travail, un nid à conflits pour tout ministre de la Culture.

L’un d’entre eux, Jean-Jacques Aillagon, y avait laissé son maroquin après l’annulation totale du Festival d’Avignon en 2003. Pour avoir la paix, son successeur Renaud Donnedieu de Vabres avait mis sur pied un fonds transitoire achetant la paix sociale pour trois ans (coût de l’ardoise : 200 millions d’euros). Quant à Frédéric Mitterrand, avec l’aplomb et la fantaisie qui le caractérisent, il avait annoncé qu’il laissait  »ça » à son successeur.

Aurélie Filippetti se retrouve dans l’oeil du cyclone.

Je voyais la crise arriver », confie-t-elle.

Plusieurs fois, elle a tiré le signal d’alarme sans être entendue :

J’avais l’impression de ramer sur le sable. »

« C’est vrai qu’elle a fait part très tôt de son inquiétude pour les précaires, mais elle est restée arc-boutée sur la convention qu’on ne pouvait pas ne pas agréer, dit un poids lourd du gouvernement. Au lieu d’être un frein elle aurait dû être à l’initiative. » In fine, Manuel Valls a dû monter au front, annonçant la compensation par l’Etat du différé d’indemnisation (entre la cessation d’activité et le versement de l’allocation chômage), allongé par un accord Unedic dont FO et la CFDT furent, sur ce point, les maîtres d’oeuvre.

Le Premier ministre a aussi promis la remise à plat du statut avant la fin de l’année. A Aurélie Filippetti d’assurer l’explication à Avignon, d’affronter la colère de ceux qui se sentent « trahis » par la gauche[l’ouverture du Festival, vendredi soir, a été annulée, NDLR].

Les critiques flambent

Les critiques qui couvaient depuis son arrivée rue de Valois désormais flambent. Pour ses contempteurs, elle n’a pas les épaules pour ce ministère prestigieux et exposé. Il y faut du verbe, de la flamboyance, elle est transparente, déplorent les uns. Il y faut de l’entregent, des soutiens dans les musées, la musique, le théâtre, le cinéma, or elle est isolée, soulignent les autres. C’est au mieux une bonne élève, travailleuse mais, depuis deux ans, demandent les derniers, qu’a-t-elle vraiment fait ?

« Il ne faut pas être injuste… elle a beaucoup décoré », raille un ponte de la musique qui s’amuse de son côté  »midinette » devant les artistes.

Ce qui est gênant, c’est qu’elle ne donne pas le sentiment d’avoir une véritable vision culturelle », ajoute un grand patron de musée.

« Je me souviens de lui avoir présenté un projet qui semblait l’enthousiasmer, raconte un autre, elle m’a promis de mettre quelqu’un sur le dossier pour nous aider à le concevoir. Et puis je n’ai plus eu de nouvelles. »

Tandis que le petit peuple de la culture se désespère, les nantis critiquent sa gestion. Un comédien de renom se plaint de n’avoir jamais été invité à sa table en tête à tête, une patronne de théâtre de s’être vu signifier son congé avec brutalité. On la dit tantôt absente, tantôt tranchante, pas assez vue ici ou là, dans ces salles ou ces cocktails où il faut se montrer…

Bal masqué

L’insatisfaction a failli lui coûter son ministère lors du remaniement. Sa réélection à Metz dans la roue du maire sortant – une jolie performance au regard de la déroute des socialistes aux municipales – l’a sauvée à Paris. La petite musique grinçante, toutefois, ne s’est pas tue.

Ces ragots anonymes, ces propos jaloux sont nourris de parisianisme. C’est un milieu de l’entre-soi, d’un tout petit monde. Il y a beaucoup de prétendants pour ce joli salon », riposte Aurélie Filippetti en désignant son bureau. S’ils ont des choses à dire, pourquoi ne pas le faire à visage découvert ? »

Mais dans ce monde merveilleux et égocentré, c’est toujours bal masqué. Une  »commedia dell’arte », dit Philippe Douste-Blazy dans le dernier numéro de la revue « Charles » :  »En tant que ministre de la Culture, vous êtes invité tous les jours par les personnes les plus riches, les plus en vue, qui vous expliquent que vous êtes le plus beau, le meilleur ministre et qu’elles espèrent que vous deviendrez président de la République. Tout ça pour avoir des subventions. » Et s’il n’y en a pas…

Culture....enfin presque.....................(06/07/2014) dans CULTURE 7494895Aurélie Filippetti au Festival de Cannes, le 14 mai 2014 (Joel Ryan/AP/SIPA).

 

En 2012, Aurélie Filippetti s’est installée rue de Valois par temps de disette. Pourquoi pas une agrégée de lettres classiques, auteur de deux romans ? se sont dit en la découvrant les milieux culturels. Une princesse prolo, élégante et fière de ses racines, fille d’un mineur de Lorraine. Une novice au gouvernement mais une députée rompue à la politique.

Bon petit soldat

Le choc a été brutal lors de l’annonce des coupes claires de son ministère, amputé de plus de 4%.

Jérôme Cahuzac lui a ratiboisé son budget. Il était alors l’étoile montante du gouvernement, rien ne lui résistait et elle n’avait pas de relais. C’était le pot de terre contre le pot de fer », raconte un élu socialiste.

En bon petit soldat, Filippetti  défend l’idée qu’en temps de crise la culture doit participer à l’effort de guerre, se bat pour préserver les crédits du spectacle vivant en taillant dans les subventions des grands établissements.

Mais le signal donné est violent, vécu comme une rupture par les artistes.  »Ce premier budget, désastreux, était l’arbitrage de Jean-Marc Ayrault, souligne un homme influent dans les allées du pouvoir, autant comme maire à Nantes il avait consacré du temps et de l’argent à la culture, autant comme Premier ministre il a été loin de la culture. » De mauvaises, les relations entre Filippetti et Ayrault deviennent exécrables après la bataille perdue des hauts- fourneaux de Florange, où elle s’était engagée aux côtés d’Arnaud Montebourg.

La révolution numérique, un chantier urgent

Sans argent, sans soutien, il faut des idées. La culture face à la révolution numérique est un chantier ambitieux, urgent, complexe. « Un enjeu historique », dit-elle en lançant en grande pompe, devant la presse nationale et internationale, une mission présidée par Pierre Lescure. Que deviennent les industries du cinéma et de la musique, l’édition et la télévision face à Google, Apple, Amazon ?

Sans se retrancher dans le village gaulois, il faut protéger la création, les droits d’auteur. Ce sera  »l’acte II de l’exception culturelle ». Des pin’s sont conçus pour l’occasion, aujourd’hui ils sont partis au rebut. Pierre Lescure est devenu le nouveau patron du Festival de Cannes et la loi Création promise par Aurélie Filippetti n’est pas près de voir le jour.

Elle était partie sur un projet de loi fondateur d’une centaine d’articles. Elle a voulu faire un monstre, il fallait faire des petits paquets. Deux, trois sujets précis. Si elle avait été maligne, elle aurait adopté une politique de petits pas, au lieu de vouloir un grand soir. C’est d’un amateurisme total ! », explose le patron d’un des secteurs concernés.

Quant à la Hadopi, tous les socialistes prient pour que le sujet reste aux oubliettes… Lorsqu’elle plaide pour la démocratisation culturelle, ses accents sont sincères. De là à faire de l’éducation artistique la priorité de son mandat, c’est un choix périlleux.

« C’est un beau voeu, bien de gauche. Sauf que c’est une question centrale pour la ministre de la Culture et négligeable pour le ministre de l’Education nationale, donc difficile à faire avancer », décrypte un socialiste. Le projet pour l’heure accouche d’une souris. Bref, mis à part la restitution de ses pouvoirs au CSA en matière de nomination dans l’audiovisuel public, les décisions marquantes ne sont pas légion.

« Elle connaît parfaitement ses dossiers »

« Je trouve qu’il y a une grande injustice à son égard », s’insurge le président de la Réunion des Musées nationaux et du Grand Palais, Jean-Paul Cluzel. Le patron du Théâtre du Rond-Point, à Paris, Jean-Michel Ribes, lui, se montre plus déçu par François Hollande que par sa ministre :

Elle n’a peut-être pas écrit ‘la Légende des siècles’ mais c’est une battante. Elle en a pris plein la gueule. »

Cluzel est un plaideur convaincu :

Elle connaît parfaitement ses dossiers et elle a l’ambition de voir des publics nouveaux, issus des communautés les plus pauvres, accéder à une offre culturelle pas réservée à ceux qui ont l’habitude de fréquenter les institutions. Dans des temps plus heureux financièrement, son prédécesseur [Frédéric Mitterrand, NDLR] pouvait prendre le temps d’aller visiter un musée de la dentelle. »

La ministre, dont le premier ouvrage est intitulé « les Derniers Jours de la classe ouvrière », allie à l’opportunisme politique des convictions ancrées. Son analyse face à la crise actuelle, c’est un proche qui la livre : « Nous n’avions pas les barons, les bourgeois de la culture restent nostalgiques des flatteries sarkozystes et, maintenant, on perd les petits qui vont chez Mélenchon. »

« Manuel Valls est un ami »

Est-elle à l’aise au sein du nouveau gouvernement ?

Manuel Valls est un ami. Il a envie de donner un nouvel élan à la culture. Le budget pour la création et le spectacle vivant sera préservé dans les trois ans à venir », répond-elle.

Ils ont partagé des combats politiques, la campagne présidentielle de Ségolène Royal, puis celle de François Hollande. Fils d’un artiste peintre catalan, le Premier ministre est sensible à la culture et son épouse, la violoncelliste Anne Gravoin, a de l’entregent dans le monde du spectacle. C’est un point d’appui pour Filippetti. Ce n’est pas une assurance-vie, surtout s’il faut à Manuel Valls jouer un peu trop souvent les pompiers volants.

7494791 dans CULTUREAurélie Filippetti et Manuel Valls à l’Assemblée nationale, le 16 octobre 2012 (WITT/SIPA).

 

Comme lors du conflit sur le Musée Picasso.  »Sur le fond, elle avait raison de vouloir mettre un terme au mandat d’Anne Baldassari, dit un conseiller qui a suivi l’affaire. S’y est-elle bien prise ? C’est autre chose. Elle a trop donné le sentiment que c’était un enjeu personnel. » Le limogeage de la conservatrice a conduit Claude Picasso, allié de cette spécialiste de renom, à demander audience au Premier ministre. Et le fils du grand homme de confier que Manuel Valls lui avait semblé  »terrorisé par Filippetti. Il m’a dit : ‘Vous savez, c’est difficile de lui parler’ ». Certains y voient, en l’espèce, une habileté du Premier ministre…

« Elle va au contact, c’est une guerrière »

« Quand elle est dans une logique de rupture, confie un socialiste, elle est tranchante. » Ainsi s’est-elle brutalement débarrassée en avril dernier de sa directrice de cabinet, Laurence Engel, peu après la démission de l’époux de cette dernière, Aquilino Morelle, le conseiller politique du président, soupçonné de conflit d’intérêts.  »Aurélie est autoritaire, Engel était autoritariste, c’était nuisible », dit un socialiste. Un ministre adoucit le portrait :

Aurélie est extrêmement sensible et impliquée. »

Ils sont rares à l’apprécier sans retenue.  »Elle est à part », dit un autre membre du gouvernement. En revanche, Michel Sapin comme Arnaud Montebourg applaudissent son courage :  »Elle va au contact, c’est une guerrière. »

Dans l’attente de l’ouverture houleuse du Festival d’Avignon, Aurélie Filippetti laissait la semaine dernière transparaître une envie de calme.  »Ma place est à Avignon. Aux côtés des intermittents, disait-elle, tout en se projetant vers la rentrée. Je voudrais valoriser des événements littéraires, c’est mon milieu naturel. » Comme un port à l’abri des tempêtes.

Bernard Géniès, Véronique Groussard et Marie Guichoux – Le Nouvel Observateur

Publié dans:CULTURE |on 6 juillet, 2014 |Pas de commentaires »

Un peu d’histoire…………………………(01/12/2013)

Actualité > Essais > Ce que la France doit aux Arabes

Ce que la France doit aux Arabes

Publié le 30-11-2013 à 18h34 – Mis à jour à 19h23

Trente ans après la « Marche des beurs », l’historien Pascal Blanchard raconte la saga passionnelle de la France arabo-orientale commencée il y a treize siècles.

La "Marche des beurs" s'était achevée à Paris. C'était il y a 30 ans. (LE PARISIEN/MAXPPP)

La « Marche des beurs » s’était achevée à Paris. C’était il y a 30 ans. (LE PARISIEN/MAXPPP)

L’historien Pascal Blanchard, spécialiste de l’histoire de l’empire colonial français, avait dirigé il y a trois ans un ouvrage collectif intitulé «la France noire» (Editions La Découverte). Il poursuit cette démarche en publiant chez le même éditeur «la France arabo-orientale». Le même sujet fait l’objet d’une journée de débats et conférences ce 1er décembre au Sénat, à l’occasion du 30e anniversaire de la«Marche des beurs», en présence de nombreux intellectuels et politiques parmi lesquels l’historien Benjamin Stora et la ministre Christiane Taubira.

Le Nouvel Observateur A quand remonte la première présence arabe en France?

Pascal Blanchard Au début du VIIIe siècle, vers 718-719, quand les premières razzias arabes arrivent d’Andalousie. A l’époque, on sait qu’il y a de l’autre côté de la Méditerranée un peuple conquérant avec une autre religion. Combattre le Sarrasin, repousser l’Arabe au-delà des Pyrénées, c’est donc déjà fabriquer la France, ou plutôt commencer à construire un espace carolingien. Les Arabes occupent le Sud-Ouest puis tout le Sud-Est. Ils remontent jusqu’à Lyon. Charles Martel, puis Charlemagne et ses successeurs s’y opposeront pendant plus d’un siècle.

Contrairement à la légende, la bataille de Poitiers de 732 ne marque donc pas un coup d’arrêt définitif?

Pas du tout. Les Arabes restent presque jusqu’en l’an mil, exactement jusqu’en 973. A Perpignan, Montauban ou Saint-Tropez, leur présence est continue pendant plus de quatre-vingts ans. Elle marque la toponymie et donne, par exemple, son nom au massif des Maures. L’historien Henri Pirenne a eu cette phrase lourde de sens: «Charlemagne, sans Mahomet, serait inconcevable.»

Tout le monde connaît «la Chanson de Roland» à Roncevaux mais on oublie que, lorsque Roland est attaqué par les Basques dans les Pyrénées, c’est au retour d’une expédition à Barcelone où il est allé aider un prince arabe. C’est déjà le temps de la diplomatie ; certains de ces Arabes sont nos alliés. Dans le même temps, on se bat contre l’Orient et… on commerce avec lui.

Après le temps du commerce vient celui des croisades…

En 1095, l’appel à la croisade (Urbain II) est un grand tournant. Nos armées ne sont pas encore arrivées à Jérusalem que l’iconographie raconte déjà la croisade. L’Orient entre pour la deuxième fois dans notre imaginaire. C’est la revanche de Poitiers. D’ailleurs, au Palais de la Porte-Dorée, à Paris, bâti à l’occasion de l’Exposition coloniale de 1931, le nom qui ouvre la liste des dizaines de figures de notre histoire coloniale, c’est celui de Godefroy de Bouillon!

Notre histoire coloniale commence à cet instant, avec le «roi de Jérusalem». C’est dans cette continuité que l’on comprend l’alliance de François Ier avec Soliman le Magnifique, la fascination de Louis XV pour les «turqueries», ou l’expédition de Bonaparte en Egypte. Et, si la France se préoccupe autant de la situation en Syrie aujourd’hui, c’est aussi parce qu’en 1860 Napoléon III y a envoyé l’armée pendant six mois et que cette expédition a donné naissance au Liban…

Le rapport que la France entretient avec les Arabes n’est pas toujours guerrier?

Il est en même temps conflictuel et apaisé. Par exemple, la France contracte en 1543 l’alliance du croissant et du lys avec les armées de Barberousse (dont la marine ottomane est basée à Alger), qui s’installent à Toulon pour nous aider à combattre Charles Quint et les cités italiennes.

Nous sommes la seule nation d’Occident à faire alliance avec l’empire ottoman et, dans le même temps, nous dénonçons les Sarrasins qui sont aux portes de Vienne ! Les ambassadeurs venus des pays arabes sont accueillis en grande pompe, et Paris devient la capitale d’Orient en Occident. La traduction des «Mille et Une Nuits» est un best-seller au début du XVIIIe siècle. Il y a à la fois une proximité et une dimension conflictuelle qu’aucune autre nation européenne n’a connue.

La colonisation de l’Algérie repose-t-elle sur la même ambiguïté?

Trente ans avant la conquête de l’Algérie, en arrivant en Egypte, Bonaparte avait déjà lancé aux Egyptiens: «Nous seuls, les Français, sommes capables de comprendre votre civilisation. Nous sommes faits pour vous gouverner, car nous serons beaucoup plus justes que les Mamelouks qui vous dirigent.» La France est la seule nation qui vient conquérir un peuple en l’assurant de son amour. C’est d’une prétention incroyable !

Les Français débarquent en Algérie en exaltant cette même mythologie du peuple libérateur. La France dit aux Arabes: «On va vous libérer des ténèbres et vous faire entrer dans la grande nation qu’est la France.» Dès 1848, l’Algérie devient un département français. C’est un cas unique, d’une rapidité surprenante, dans l’histoire coloniale.

En 1863, les tirailleurs algériens constituent la garde impériale qui stationne devant le jardin des Tuileries, après avoir participé aux campagnes du second Empire, en Italie, au Mexique et en Crimée. En 1870, des milliers de «Turcos» combattent à nos côtés contre les Prussiens. Le «sauvage», en 1870, ce n’est plus l’Arabe, c’est le Prussien ! A l’époque, les grands républicains exhortent la France à puiser des forces régénératrices dans nos colonies.

C’est la guerre d’Algérie qui va faire basculer cet imaginaire?

Elle importe sur le sol de France une tension qui existait depuis cent trente ans de l’autre côté de la Méditerranée. Mais le rapport reste paradoxal puisque la France fait rentrer près de 100.000 travailleurs par an dans l’Hexagone. Les Trente Glorieuses vont reposer en grande partie sur ces travailleurs que l’on fait venir… pendant que l’on fait la guerre à «leurs compatriotes» en Algérie. Le vrai changement, c’est le regroupement familial, à partir de 1973: les «mamans» arrivent. Les Français commencent à comprendre que les « Arabes » vont rester. Il y a une flambée de crimes racistes, entre 1971 et 1983, avec plusieurs dizaines de victimes, surtout dans le Sud.

En réaction, le début des années 1980 voit l’éclosion d’un puissant mouvement antiraciste?

Le déclic, c’est la Marche des beurs (la Marche pour l’égalité et contre le racisme), dont on célèbre le 30e anniversaire. Jusque-là, leurs pères avaient des revendications liées aux conditions de travail. A partir du début des années 1980, leurs gamins disent: «Non, on ne retournera pas au bled !» La marche de 1983, c’est aussi la continuité de la révolte des harkis de 1975 et une nouvelle forme de revendication politique des enfants d’immigrés, à l’image de la marche pour les droits civiques des Afro-Américains en 1963, aux Etats-Unis. Les premiers «Arabes» deviennent visibles en quelque sorte. Ils vont prendre le pouvoir médiatique pour sortir de l’invisibilité.

Pourquoi la nouvelle génération semble-t-elle se replier sur la religion?

Sans doute parce que ces jeunes-là, français et nés en France, se sentent à la fois indigènes et immigrés. Ils reconstituent une identité complexe, postcoloniale. Le repli sur la religion, pour certains, est une manière de répondre à un pays qui ne veut pas d’eux. Jamel Debbouze dit par exemple : «Je suis un « icien ». Je suis né ici !» Ce sont des gamins dont on a utilisé les grands-pères et les pères dans les tranchées, puis sur les chantiers, et auxquels on dit qu’ils ne sont pas français. En fait, la peur qui se focalise aujourd’hui sur l’islam n’est qu’une nouvelle forme de rejet de l’Arabe.

Ce rejet prend-il une intensité inédite?

Dans les années 1892-1898, il y avait une trentaine de journaux antisémites dans les kiosques et on lisait «la France juive» de Drumont. La haine du juif était d’une violence extrême. Et, là aussi, elle était plus raciale que religieuse. Toutes proportions gardées, nous connaissons une tension similaire à l’égard des Arabes. Or 12 ou 13 millions de Français, juifs, chrétiens et musulmans, ont une partie de leur histoire de l’autre côté de la Méditerranée.

La France est aussi une grande puissance arabo-orientale, il va falloir le raconter, en prendre conscience. En 1945, prédire qu’il existerait un jour un manuel d’histoire franco-allemand et qu’un président allemand viendrait se recueillir à Oradour-sur-Glane, c’était passer pour un rêveur utopique… Pourtant, nous l’avons vu. Un jour, nous écrirons un grand manuel scolaire d’histoire qui sera le même à Dakar, Alger et Pointe-à-Pitre. Nous serons alors capables de digérer cette histoire… ensemble. Ce livre, «la France arabo-orientale», est une manière de commencer à écrire cette histoire commune.

Propos recueillis par Renaud Dély

Sur le web: Pascal Blanchard, historien et spécialiste de l’histoire des immigrations

Publié dans:CULTURE |on 1 décembre, 2013 |Pas de commentaires »

L’édito de Nicolas Demorand………………………….(19/06/2013)

Matrice

18 juin 2013 à 22:16
Par NICOLAS DEMORAND

Un «McFrog», un gros hamburger de grenouille. L’œuvre de Toilet Paper, la publication du duo de plasticiens Maurizio Cattelan et Pierpaolo Ferrari, invités de Libération aujourd’hui, résume de manière drôle, lapidaire et diagonale cette éternelle bataille d’Hernani qu’est l’exception culturelle. N’en déplaise à M. Barroso, cette bataille vient d’être gagnée par la France, qui a obtenu la préservation d’un statut particulier pour les œuvres de l’esprit au sein du commerce mondial. L’agitation de la Commission européenne révèle d’abord, perinde ac cadaver, qu’elle demeure bien le dernier bastion d’un ultralibéralisme de choc, qu’importe la crise de ce modèle et de cette école de pensée. Mais derrière le chiffon rouge de l’exception culturelle se joue surtout le combat pour les autres normes, notamment sociales et environnementales, qui définissent le modèle européen et risquent de passer à l’équarrissage des négociations entre l’UE et les Etats-Unis. Ne pas oublier, derrière le brouillard du fumigène culturel, de regarder les sujets infiniment techniques, difficiles à médiatiser, réglés dans les coulisses de Bruxelles desquelles les citoyens européens sont absents alors que se jouent là une partie de leur mode de vie, voire de leur avenir. Où l’on se prend à espérer que l’exception devienne la règle et que la culture serve de matrice à d’autres secteurs de l’économie, qui ont tout autant besoin de régulation ingénieuse et ambitieuse. Non pas un pré carré d’artistes, donc, mais une zone de déploiement offensif pour tous les citoyens.

Liberation.fr

Publié dans:CULTURE |on 19 juin, 2013 |Pas de commentaires »

Un bon point………………………….(15/06/2013)

 

Exception culturelle : la France gagne son bras de fer

 

Créé le 15-06-2013 à 10h45 - Mis à jour à 10h56

L’accord exclut le secteur audiovisuel des négociations commerciales avec les Etats-Unis. Une « victoire de la France » saluée par Aurélie Filipetti.

Mots-clés : , commerce, , négociations, , exception culturell

 

Très attachée au principe d'exception culturelle, la France avait brandi la menace d'un véto si l'audiovisuel était inclus dans le mandat de négociations. (Hamilton - Sipa)

Très attachée au principe d’exception culturelle, la France avait brandi la menace d’un véto si l’audiovisuel était inclus dans le mandat de négociations. (Hamilton – Sipa)

La France a eu gain de cause vendredi 14 juin dans sa lutte pour protéger l’exception culturelle après l’accord intervenu entre Européens pour exclure le secteur audiovisuel du mandat de négociations commerciales avec les Etats-Unis, comme Paris le réclamait avec vigueur.

« Nous avons obtenu l’exclusion de tout ce qui concerne l’audiovisuel » dans le mandat, s’est réjouie la ministre française du Commerce, Nicole Bricq, vendredi soir lors d’une conférence de presse à l’issue de 13 heures de discussions, saluant « un bon accord » aussi bien pour la France que pour ses partenaires européens.

C’est une « victoire de la France », a renchéri, enthousiaste, la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, sur son compte Twitter.

« Un succès pour la diversité culturelle »

« C’est un succès pour la diversité culturelle partout en Europe. C’est un mandat sans équivoque qui, après une journée d’intenses discussions, a été adopté ce soir », a ajouté la ministre dans un communiqué publié dans la soirée.

« Comme l’ont fermement demandé le président de la république François Hollande et le gouvernement français, les services audiovisuels seront complètement exclus des négociations commerciales avec les États Unis. L’Europe a ainsi fait le choix de respecter une position constante : celle qui garantit le principe de l’exception culturelle. Toute évolution du mandat de négociation exigera un accord unanime de l’ensemble des pays de l’Union Européenne. Aucune concession ne sera faite », a également affirmé Aurélie Filippetti dans le communiqué.

Réunis à Luxembourg, les ministres du Commerce des 27 devaient se mettre d’accord sur le mandat confié à la Commission européenne pour négocier le plus gigantesque accord commercial du monde entre l’UE et les Etats-Unis.

Menace d’un veto français

Très attachée au principe d’exception culturelle, la France avait brandi la menace d’un veto si l’audiovisuel était inclus dans le mandat de négociations.

Elle craignait en effet que les Etats-Unis, en demandant leur gel, cherchent à rendre caducs les quotas de diffusion sur les chaînes de télévision, les subventions ou les réglementations discriminatoires selon la nationalité des sociétés ou des capitaux.

Paris redoutait également que les Etats-Unis veuillent obtenir des règles spécifiques pour les « nouveaux services audiovisuels » (vidéo à la demande, télévision de rattrapage).

Les 27 ont accédé aux demandes de la France, mais le compromis final prévoit que l’audiovisuel pourra être ajouté « plus tard » dans le mandat de négociations, a indiqué le commissaire européen en charge du Commerce, Karel De Gucht, qui militait pour n’écarter aucun domaine des discussions avec les Etats-Unis de peur qu’ils fassent de même.

La Commission se réserve donc la possibilité de réviser les termes du mandat, et donc d’inclure le secteur audiovisuel. Dans cette hypothèse, l’unanimité serait requise. Mais « il faudrait alors la même procédure: on redemanderait l’avis de la France et on dirait une nouvelle fois non », a souligné Nicole Bricq.

Irritation de Washington

La position française était soutenue par le Parlement européen, les ministres de la Culture d’une quinzaine de pays, et nombre d’artistes prestigieux – de Costa-Gavras à Steven Spielberg. Mais très peu de capitales avaient clairement manifesté leur soutien à Paris.

La Pologne, l’Italie, la Belgique, la Roumanie, l’Autriche partagent les préoccupations de la France, « mais tous ces pays ne sont pas prêts à afficher la même détermination », avait reconnu Nicole Bricq.

De son côté, Washington avait exprimé son irritation face aux réticences européennes. Un responsable du commerce extérieur a jugé jeudi, sous couvert d’anonymat, qu’il n’était pas « bienvenu » d’exclure l’audiovisuel « avant même que les discussions aient commencé ».

Le sujet est d’autant plus sensible que l’accord de libre-échange entre l’UE et les Etats-Unis doit doper les deux économies et devrait rapporter environ 119 milliards d’euros par an au Vieux continent et 95 milliards par an pour les Etats-Unis, selon des estimations.

Avant la réunion du G8

Afin d’infléchir la position de la France, plusieurs propositions avaient été faites, sans succès: la Commission s’était dite prête à accorder aux Etats membres un droit de regard spécifique lorsque les négociations avec les Etats-Unis aborderaient le secteur audiovisuel.

La présidence irlandaise de l’UE avait elle proposé, sans exclure la culture, de fixer des lignes rouges à ne pas franchir en ce qui concerne le secteur audiovisuel: protection des subventions et des quotas, et possibilité de les adapter aux nouveaux modes de diffusion numériques.

Un échec des discussions vendredi aurait jeté une ombre sur la réunion du G8 qui se tient la semaine prochaine en Ulster. Les négociations pour établir l’accord de libre échange entre l’UE et les Etats-Unis devraient y être officiellement lancé

Publié dans:CULTURE |on 15 juin, 2013 |Pas de commentaires »

Les « Libres Penseurs » communiquent……………………………(26/05/2013)

Par Régis BOUSSIERES 

L’inquisition ? C’est du passé !

La lutte de l’Église contre la République et la Franc-maçonnerie ? fm

Vous retardez de deux siècles, environ. C’est fini, bon sang ! La preuve, regardez Gérard Collomb, Maire de Lyon et membre du Grand Orient de France, il fait financer les cultes avec le denier … pardon, avec l’argent du contribuable, il rencontre régulièrement Mgr Barbarin, l’homophobe biblique, qui a peur que le mariage pour tous ouvre la voie au mariage à trois ! Cela n’empêche pas Gérard Collomb de louer Barbarin et son Église, quant à Barbarin il apprécie énormément ce Maire si compréhensible. Alors circulez les ringards qui nous parlent d’un temps révolu où l’Église était intolérante et luttait contre les francs-maçons. Tous ceux qui tiennent ce discours en seront pour leurs frais. Nous venons d’apprendre que le Vatican, via la Congrégation pour la doctrine de la foi créée en 1542 pour défendre l’Eglise des hérésies (une survivance de l’Inquisition) vient de démettre un prêtre 23259868de Haute-Savoie, car il est franc-maçon. En effet, le Vatican, qui a été alerté par des courriers anonyme (un vieux souvenir de la délation sous Pétain) est intervenu auprès du curé de Megève, Pascal Vesin afin de lui demander de choisir entre la franc-maçonnerie et l’Église, car il y a «  une incompatibilité », on ne peut pas être curé et franc-maçon. Il reste prêtre mais ne pourra pas exercer, il ne pourra pas recevoir les sacrements. Cette peine peut être levée, si le curé quitte la franc maçonnerie, l’Église est charitable…. Le curé ne pensait pas « qu’ils iraient jusque là », il rajoute que « le combat entre l’Église et la franc-maçonnerie date de la IIIe République, ce n’est plus de mise ». En ce qui concerne certains francs-maçons nous le constatons en effet, quant à l’Église, elle démontre que ce combat est toujours de mise. Voilà qui devrait faire réfléchir certains. Le curé aime la franc-maçonnerie car il « y trouve une complémentarité », « une liberté de pensée », n’a t’il pas comprit que l’Église n’aime pas la liberté de penser, qui sème le doute et corrompt la foi ? Ne sait-il pas que tout est déjà écrit dans la Bible ? Alors pourquoi se poser tant de questions quand il suffit, simplement d’obéir aux textes sacrés ? Est-ce étonnant si ce curé est pour le mariage gay ou l’ordination des prêtres mariés ? Non, il a réfléchi… Tout le contraire de ce que doit faire un curé qui n’est qu’un gardien du dogme.

Régis Boussières

Publié dans:CULTURE |on 26 mai, 2013 |Pas de commentaires »

« L’Opération Lescure »……………………………….

Hollande, Hadopi et la culture : les dessous de l’opération Lescure

Créé le 24-04-2013 à 13h45 – Mis à jour le 10-05-2013 à 19h11

Le fondateur de Canal+ doit rendre lundi 13 mai son rapport sur l’exception culturelle française. Enquête sur la genèse de cette mission.

Pierre Lescure le 15 mai 2012 à l'Elysée. A droite, Jean-Michel Ribes. (Sipa)

Pierre Lescure le 15 mai 2012 à l’Elysée. A droite, Jean-Michel Ribes. (Sipa)

Chez les cinéastes, certains l’appellent « notre ministre de la Culture ». Une boutade qui n’en est pas vraiment une. Pierre Lescure a entre les mains le plus gros chantier culturel du quinquennat depuis que l’Elysée l’a chargé de tracer l’avenir des industries du secteur, confrontées à la révolution numérique. Comment protéger le cinéma, mais aussi la musique et le livre, face à l’hégémonie des géants du Net ? Comment préserver les créateurs quand tout un chacun fait son marché sur les nouveaux écrans, tablettes et smartphones ? Tous attendent l’oracle de « Pierre » qui, début mai, remettra au président les conclusions de sa mission, baptisée « Acte 2 de l’exception culturelle ».

C’est un come-back éclatant pour le fondateur de Canal+, qui a connu la traversée du désert. C’est aussi le résultat du lobbying discret et efficace d’une poignée de compères, inquiets de voir François Hollande se présenter à l’Elysée sans grand dessein pour la culture. L’offensive remonte à la campagne présidentielle. Elle se joue chez Jean-Michel Ribes, entre rires à profusion et tagine à volonté. Ce 1er février 2012, il a organisé chez lui à Ménilmontant un dîner amical autour du candidat socialiste. L’ancienne usine à chaussures devenue le domicile du directeur du théâtre du Rond-Point est une caverne d’Ali Baba, pleine d’objets rapportés de ses voyages et de toiles peintes par des amis de renom. Une tanière chaleureuse, où se noue à cet instant un pacte secret entre François Hollande et le monde de la culture.

La vieille garde a rendez-vous avec le candidat

Face au candidat, accompagné de Valérie Trierweiler et d’Aurélie Filippetti, chargée des questions culturelles dans son équipe de campagne, il y a Pierre Lescure, les réalisateurs Bertrand Tavernier, Pierre Jolivet, Laurent Heynemann et le porte-parole des auteurs, Jacques Fansten. Ce ne sont pas des perdreaux de l’année. Si certains sont des amis du leader socialiste (Ribes depuis un mémorable fou rire partagé dans une loge de télévision, Lescure par l’entremise de Bernard Cottin, énarque de la promotion Voltaire), si d’autres ont des affinités électives, ce soir-là c’est la vieille garde des intérêts de la profession qui a rendez-vous avec le candidat. Elle est à cran : la gauche, dans son écrasante majorité, rêve de pulvériser au plus vite la loi Hadopi qui réprime le téléchargement illégal sur internet. Au lendemain de la victoire, quel beau symbole ce serait d’une liberté retrouvée après le sarkozysme liberticide. Les plaideurs avaient su se faire entendre de Nicolas Sarkozy, ils ne vont tout de même pas connaître la défaite sous la gauche.

Hollande, Hadopi : les dessous de l’opération Lescure
Jolivet, l’agitateur. Il a dirigé l’ARP, participé aux combats de la profession, sait par expérience qu’ »il faut un rapport de force avec le pouvoir » (Sipa)

Alors ils argumentent, fiévreux et inquiets. Hadopi est un chiffon rouge, ils le savent. Sans doute faut-il l’amender, ils l’admettent. De là à basculer dans le tout permissif, c’est niet. La peur du gendarme, ça marche ! Et de toute façon le chantier est bien plus vaste et crucial qu’Hadopi. C’est d’une grande politique culturelle repensée pour l’ère numérique dont le pays a besoin.

Sans le prix unique du livre, rappellent-ils, Hachette ne serait jamais devenu numéro deux mondial, sans l’obligation pour les télévisions de financer le cinéma, celui-ci aurait été balayé, comme partout en Europe par Hollywood. Sans la loi sur la copie privée, cette taxe prélevée sur tous les supports d’enregistrement, Universal ne serait pas numéro un mondial… Mais c’était déjà au siècle dernier, un univers sans iPad ni smartphones. Sous la poussée de Google, Apple, Amazon, les fondations de notre système se fissurent. Si la France veut rester une exception culturelle, son président devra penser vite et grand, sinon il sera trop tard ! « Ca va ! J’ai compris. » Un léger agacement perce dans la voix de François Hollande qui finit par se ranger à leurs vues. S’il accède à l’Elysée, il lancera une grande mission, digne de l’enjeu. Ce sera le moyen, aussi, de se donner du temps face aux élus socialistes impatients d’en finir avec Hadopi. « Alors, qui pour piloter la mission ? » demande, faux ingénu, Pierre Jolivet. Hollande fixe Lescure : « Pierre ? »

Vision panoramique et carnet d’adresses

Pierre, bien sûr. Créateur de l’émission mythique « les Enfants du rock », cet ancien journaliste, fou de Bashung, n’a jamais coupé le lien avec la musique. Il connaît par coeur les intrigues et le corporatisme du monde du cinéma qui a assuré la prospérité de Canal+ et réciproquement. Il est aussi à l’aise avec la génération Costa-Gavras, Tavernier qu’avec les Chabat, Debbouze, Hazanavicius, nés à Canal+. Viré sans ménagement du groupe après dix-huit années aux manettes, il est depuis 2008 le directeur artistique du Théâtre Marigny Autant dire qu’il a une vision panoramique et, à 67 ans, un carnet d’adresses riche « d’une centaine de personnes dans le cinéma [il a partagé un temps la vie de Catherine Deneuve], une centaine dans la télé, deux cents dans le théâtre, une cinquantaine dans le journalisme, une dizaine dans l’édition » – liste établie par lui-même dans son autobiographie, « In the baba » (Grasset). Sympathique, l’homme n’est pas un enfant de choeur.

De fait, il est déjà à la manœuvre, bien avant le dîner de Ménilmontant. Hollande est son candidat, il aime ses manières, pas celles des autres prétendants à gauche. Mais son poulain l’inquiète. Il se fiche du théâtre comme de sa première chemise, ne prétend pas être cinéphile et quand il ouvre un livre avec plaisir, c’est le Code général des Impôts. La culture n’est jamais à la fête dans les campagnes présidentielles, mais avec lui elle est inexistante.

Une journée désastreuse, trois mois avant les primaires socialistes, l’a marqué. Martine Aubry et François Hollande s’étaient retrouvés le 17 juillet 2011, faisant tous les deux campagne au Festival d’Avignon tout en s’évitant soigneusement. La comparaison est cruelle. Aubry, louée pour son bilan culturel à Lille, est sollicitée, entourée. La profession ronronne en écoutant ses promesses : augmentation du budget de la culture de 30% à 50%, abandon d’Hadopi au profit d’une contribution mensuelle des internautes de 2 à 5 euros. Lescure fulmine : « Scandaleux ! C’est une erreur, une facilité. » Hollande traverse, lui, le festival dans la plus grande indifférence. Il n’y a guère que Jean-Michel Ribes et le comédien Jacques Weber pour trotter sur ses talons. Il faut se rendre à l’évidence : face à Aubry, Hollande manque terriblement de convictions.

Lescure et Ribes inséparables

Lescure et Ribes décident de prendre la situation en main. Ils font la paire, ne se sont plus quittés depuis « Palace », cette série à l’humour divinement absurde écrite par l’un et diffusée par l’autre sur Canal+ . Leurs théâtres se font face des deux côtés des Champs-Elysées : l’intello et public « Rond-Point » face à l’archétype de l’institution bourgeoise et privée « Marigny ». Les anciens rallient à eux les modernes. Pierre Jolivet présente à François Hollande le réalisateur de « The Artist », Michel Hazanavicius, qui quelques mois plus tard prendra la tête de l’ARP, la société des auteurs-réalisateurs-producteurs.

Le puissant lobby du cinéma ne va plus lâcher Hollande. « Durant toute la campagne, nous l’avons vu au moins deux fois par semaine, lui-même ou l’un de ses proches », raconte la déléguée générale de l’ARP, Florence Gastaud. On le fera dîner, rencontrer les réalisateurs Philippe Lioret, Jamel Bensalah, Radu Mihaileanu, le distributeur Vincent Maraval, les actrices Julie Gayet, Audrey Dana… Une formation en accéléré, une évangélisation en bonne et due forme. Mais l’élève lambine, reste fou, indéterminé.

L’inquiétude monte d’un cran avec le choix d’Aurélie Filippetti pour piloter les dossiers culturels pendant la campagne. Novice, voilà surtout qu’elle embarque dans son équipe le fils du producteur Paulo Branco, Juan Branco, 22 ans, un anti-Hadopi acharné. La loi qui menace les pirates de poursuites pénales est très impopulaire auprès des jeunes, Filippetti est convaincue que l’abrogation de ce symbole honni serait politiquement payante. Pour son jeune conseiller, les professionnels du cinéma et de la musique ne sont que des « conservateurs », des corporatistes accrochés à leurs droits acquis. Pierre Lescure fera savoir à qui de droit ce qu’il pense de ce jeune chien fou.

La ministre avale son chapeau avec le sourire

Au lendemain de la victoire de François Hollande, la profession gagne la première manche. Aurélie Filippetti arrive rue de Valois sans Juan Branco et lance dans la foulée une mission baptisée « Acte 2 de l’exception culturelle » confiée à Pierre Lescure. Selon une vieille loi de la politique – feignons d’organiser ce qui nous échappe -, la ministre avale son chapeau avec le sourire. En outre, elle apprécie « Pierre », se dit qu’il sera bien temps de monter en première ligne. Dans ce dossier, il y a beaucoup de coups à prendre.

Ceux-ci ne tardent pas à pleuvoir. Alors que ses amis se réjouissent de voir leur ministre-bis dans la place, l’UFC- « Que Choisir » et l’association libertaire la Quadrature du Net dénoncent, dans une tribune publiée dans « Libération », « les conflits d’intérêt qui devraient interdire de le nommer » et décident de boycotter les auditions. Visés, les sièges qu’occupe Lescure chez Havas, Lagardère et dans la société Kudelski, « qui joue un rôle essentiel dans les dispositifs de contrôle d’usage des œuvres ».

Un pied dans le business et le politique

Pierre Lescure a un pied partout, dans le business comme en politique : parlant à l’oreille de Hollande mais salarié à Marigny de François Pinault, intime de Chirac ; créateur de Canal avec André Rousselet, l’ancien directeur de cabinet de Mitterrand, mais copain sous un autre règne de Pierre Charon, l’âme damnée de Sarkozy… « Paradoxalement, Lescure était le bon choix, souffle un conseiller ministériel. Il n’y a pas mieux qu’un mec dans le système si on veut essayer de le faire bouger. »

Offre légale, chronologie des médias, obligations des chaînes, fiscalité du numérique : la mission est attendue sur tous les fronts. Et son président, que le magazine branché « GQ » a désigné comme la deuxième personnalité la plus influente des médias, après Xavier Niel le grand manitou de Free, va être jugé sur pièces. Tiendra-t-il son rang ? Les doléances sont sur la table. L’actualité leur donne du poids. Depuis que la mission Lescure a été lancée, le Virgin Megastore des Champs-Elysées a été placé en redressement judiciaire, la Fnac a abandonné le service de téléchargement de musique à iTunes, Harmonia Mundi supprime la moitié de ses boutiques, YouTube diffuse des films sans débourser un kopeck, les télévisions engrangent moins de publicité et, du coup, réduiront leur part de financement dans le cinéma…

Pendant ce temps, les géants du Net évitent la fiscalité française, comme américaine, en s’établissant en Irlande ou au Luxembourg. Ils profitent de taux de TVA bien inférieurs à celui appliqué en France. « C’est ainsi qu’a été compromise toute possibilité de créer des « champions » français d’internet dans le domaine du téléchargement légal », grogne la filière musicale, oubliant un peu vite la réussite de Deezer, un site français d’écoute à la demande riche de 20 millions de titres. Leur prospérité, en tout cas, se fait sur le dos de la création, véritable matière première.

Regardez la pub pour le lancement de l’iPad à 199 euros, c’est « 10 000 chansons dans ta poche ». Et on va toucher combien pour ces 10 000 chansons ?, s’emporte Pascal Nègre, patron de Universal France.

Les gens accepteraient-ils de payer si cher ces appareils s’ils ne pouvaient pas y écouter une chanson ou lire un journal ? Evidemment non ! » Trois chiffres le font rire et pleurer à la fois. La capitalisation boursière d’Apple : 300 milliards d’euros, celle de Google : 200 milliards. Celle de Vivendi, qui possède des contenus : 21 milliards.

« On assiste aux étranges fiançailles des ultralibéraux et des ultralibertaires »

Le cinéma, un secteur qui se porte encore bien (la France est le 3e producteur mondial de films), est le suivant sur la liste. « Tablettes et mobiles sont présentés comme des objets. Quelle arnaque sémantique ! Ce sont en réalité des écrans. Et les fournisseurs d’accès à internet, de nouvelles chaînes de télévision ! », s’exclame Michel Hazanavicius. Des écrans libres de toute obligation, de tout quota, fonctionnant sur la seule marchandisation des biens culturels pour le plus grand bonheur des antirégulation. « On assiste, dit-il, aux étranges fiançailles des ultralibéraux et des ultralibertaires. »

Hollande, Hadopi : les dessous de l’opération Lescure
Michel Hazanavicius, réalisateur de « The Artist, président de la société des auteurs-réalisateurs-producteurs (ARP) (Sipa)

Le 22 janvier, auréolé de son oscar pour « The Artist », il était à Berlin pour commémorer le Traité de l’Elysée, symbole de la réconciliation de la France et de l’Allemagne. François Hollande l’avait convié à un petit déjeuner avec Angela Merkel. Face à la chancelière « très évasive » sur la renégociation du GATT, le président français s’est montré « beaucoup plus concerné » par l’impérative nécessité d’exclure la culture des discussions sur la libéralisation du commerce qui auront lieu l’an prochain entre l’Europe et les Etats-Unis. Il a redit à Hazanavicius son engagement en faveur de l’exception culturelle. Ce dernier reste prudent. « François Hollande a la chance d’avoir ce rendez-vous dans son agenda. Sera-t-il présent ? Il n’y a pas de grand président sans une grande politique culturelle. »

Septembre 1993, la mère de toutes les batailles

La mère de toutes les batailles est dans les esprits. François Mitterrand était alors à l’Elysée et Jacques Toubon à la Culture. La cohabitation n’avait pas empêché de jeter toutes les forces dans le combat. En septembre 1993, une vingtaine de vedettes du cinéma français étaient venues plaider devant le Parlement européen. En tête, les acteurs Gérard Depardieu, Brigitte Fossey, Isabelle Huppert, Christian Clavier, Valérie Lemercier, suivis par les metteurs en scène Bertrand Tavernier, Gérard Oury, Claude Berri et des producteurs comme Nicolas Seydoux.

Aujourd’hui, Gérard Depardieu a fui l’impôt en Mordovie, Dany Boon est critiqué pour s’être mis à l’abri à Los Angeles et la polémique sur les cachets dispendieux des acteurs français a enflé. « Trois cent cinquante mille personnes travaillent dans le cinéma, les gros riches, c’est 0,0001%. On oublie que le cinéma, c’est aussi une industrie, réplique le réalisateur de « The Artist ». Je sens dans la classe politique un désamour pour les gens du cinéma. » Comme s’ils n’étaient que des nantis au regard de la crise. Le lobby du cinéma, naguère réputé aussi puissant en France que celui de l’agriculture, n’est plus en terrain conquis.

La mission Lescure fait aussi figure d’opération de réconciliation

Entre la gauche et la culture, ce n’est pas la folle passion. Les mesures d’économies budgétaires ont douché les professionnels. Mais il y a plus que cela, souligne Jean-Michel Ribes : « Nicolas Sarkozy avait fait une pénétration incroyable dans le monde de la culture. » Pascal Rogard, directeur général de la Société des Auteurs et Compositeurs dramatiques et grand zélateur d’Hadopi, vante encore les mérites de l’ancien président : « Il nous avait reçus quand Bercy envisageait d’augmenter la TVA de Canal+. Il nous avait dit : « Vous êtes tous vendus à Canal mais j’ai compris. »" Bercy avait dû battre en retraite. Et Rogard d’ajouter : « Il s’était mis dans la tête d’être le protecteur des arts et des lettres et il a défendu la création. »

Frédéric Mitterrand, rue de Valois, excellait à câliner la profession, Carla Bruni tout comme Pierre Bergé favorisaient les rapprochements avec l’Elysée. « Certains ont même été des serviteurs zélés », grince Robert Zarader, expert en communication corporate, proche de François Hollande qu’il a conseillé tout au long de la campagne. « Marin Karmitz [le fondateur des MK2 nommé par Sarkozy à la tête du Conseil de la Création artistique], c’est quand même une trahison lourde ! » Ca ne s’oublie pas. « Hollande, poursuit Zarader, se méfie des artistes qui ont si souvent été dans le sens du vent ! »

Dans ce contexte, la mission Lescure fait aussi figure d’opération de réconciliation. Certains redoutent le classement vertical, ce qui serait terrible pour un secteur qui emploie autant de monde que l’automobile. D’autres se rassurent en se disant que Hollande ne peut pas « planter son pote Lescure ». Michel Hazanavicius, lui, conclut : « Ce serait un constat amer de se dire, à la fin du quinquennat, que Sarkozy aurait fait plus ou mieux. »

Véronique Groussard et Marie Guichoux – Le Nouvel Observateur

Publié dans:CULTURE |on 11 mai, 2013 |Pas de commentaires »

L’édito de François Sergent……………………………….(14/03/2013)

Pouvoir

13 mars 2013 à 22:46 (Mis à jour: 23:06)
Par François SERGENT

Premier jésuite devenu pape, premier américain du Sud à succéder à une dynastie d’Européens qui semblait éternelle, le cardinal de Buenos Aires va régner sur une Eglise que Benoît XVI n’a su, ni pu, transformer, embarquée dans des scandales financiers et sexuels à répétition. Les cardinaux ont créé la surprise, bouclant en deux jours un conclave que l’on disait incertain et ouvert. Ils n’ont pas choisi l’audace en élisant un pape africain ou asiatique, ni même nord-américain. François Ier est argentin, mais ses parents sont italiens et la puissante curie romaine devrait se retrouver malgré tout en ce cardinal du bout du monde.

Jean Paul II avait étonné le monde même non chrétien et changé la papauté. Il avait su user de son pouvoir spirituel et de son charisme, saisissant le moment historique de la transformation de l’Europe communiste. Il fut un leader temporel autant que spirituel. Après cet «athlète», Benoît XVI est apparu terne, semblant régner finalement contre son gré, comme sa démission surprise l’a confirmé. Que fera François Ier ? Le monde est déchristianisé, même si l’Eglise de Rome revendique près de 1,2 milliard de fidèles. Saura-t-il comme le conseillait avec humour The Economist se concentrer sur l’essentiel de sa mission, la religion ? Abandonnant les marchands du Temple et le pouvoir financier du Vatican, de ses banques et de son immense empire immobilier à travers le monde. Ce vieil homme saura-t-il emmener son Eglise et ses fidèles vers une plus grande ouverture aux femmes, aux sexualités différentes ou, comme ses prédécesseurs, restera-t-il un rigide gardien du dogme ?

Liberation.fr

Publié dans:CULTURE |on 14 mars, 2013 |Pas de commentaires »

L’édito d’Eric Decouty……………………………(09/11/2012)

Exaspération

8 novembre 2012 à 22:26
Par ERIC DECOUTY

L’interpellation du président de la République par le Conseil français du culte musulman est un signal politique. Même si le CFCM ne représente qu’imparfaitement la communauté, sa déclaration d’hier met le pouvoir socialiste face à trois grandes responsabilités.

La demande «d’une déclaration solennelle» du chef de l’Etat contre l’islamophobie atteste tout d’abord de la profonde exaspération de l’immense majorité des musulmans. Le pain au chocolat de Copé puis l’invasion de la mosquée de Poitiers par une poignée de fanatiques sont autant de meurtrissures pour une communauté qui a vu une augmentation considérable, l’année dernière, des actes islamophobes. Le gouvernement ne doit pas négliger cette tension. Comme il ne doit pas être sourd au souhait, formulé en creux hier par le CFCM, de voir la deuxième religion française être traitée avec les mêmes égards que la communauté juive, dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme.

Enfin, l’interpellation présidentielle vient souligner le manque d’une véritable politique sur l’islam français. Si, ces dernières années, la droite a multiplié les réformes institutionnelles sans jamais affronter les questions de fond, la gauche peine aujourd’hui à accompagner un islam moderne. Or, en plus d’une indispensable politique de sécurité, l’enjeu essentiel est bien d’engager une action en profondeur qui sape les bases de la radicalisation. Faire en sorte que des jeunes ne répondent plus aussi aisément aux appels des extrémistes et que les recruteurs salafistes ne profitent plus d’un renoncement de l’Etat dans certains quartiers. Au-delà d’une déclaration solennelle, François Hollande doit tracer une autre perspective à cet islam de France dans le cadre l’une laïcité réaffirmée.

Liberation.fr

Publié dans:CULTURE |on 9 novembre, 2012 |Pas de commentaires »

L’édito de François Sergent……………………..(18/09/2012)

Rages

17 septembre 2012 à 22:26
Par François SERGENT

Dans son portrait sur Twitter, Salman Rushdie, dont la mise à prix de la mise à mort a été encore accrue dimanche par le régime des mollahs, écrit : «Pour citer les mots immortels de Popeye le marin, je suis ce que je suis et c’est tout ce je suis.»

Preuve que l’on peut être un immense écrivain menacé depuis vingt ans et pratiquer l’humour noir, et même très noir. Une nouvelle fois, l’auteur des Enfants de minuit est rattrapé par un islam enflammé et dévoyé. Victime lui aussi de la rage qui a saisi des pans entiers du monde arabe et musulman pour une vidéo stupidement provocatrice.Quatre Américains, dont un ambassadeur, et des dizaines de musulmans manifestant du Soudan au Yémen ont trouvé la mort, proies de cette vague de rages et de haines. Ils sont morts au nom de Dieu et de la religion musulmane qui prône pourtant le respect de l’autre et la tolérance comme tentent de le rappeler les tenants d’un islam modéré et de dialogue. Même l’Europe a été gagnée ce week-end par des manifestations d’islamistes français ou britanniques.Le monde arabe, qui vit depuis bientôt deux ans un bouleversement historique, a pourtant mieux à faire que ces crises de colères exaltées pour un brûlot fanatique et isolé. A la différence des dictateurs qui cherchaient à se gagner un crédit sur le dos de la religion, les nouveaux leaders nés du printemps arabe doivent clairement se dissocier de leurs extrémistes. L’occasion pour eux de faire preuve de courage politique et de gagner une véritable légitimité.

Liberation.fr

Publié dans:CULTURE |on 18 septembre, 2012 |Pas de commentaires »

La Culture attendra……………………….(10/09/2012)

Le gouvernement enterre plusieurs projets culturels

Créé le 10-09-2012 à 12h30 – Mis à jour à 16h15

La ministre de la Culture Aurélie Filippetti a annoncé l’arrêt ou le report de plusieurs projets culturels du gouvernement précédent.

Mots-clés : politique, musée, Maison de l’histoire de France, Comédie française, Lascaux, Hôtel de Nevers
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Ici figurait une photo du Sipa supprimée à sa demande : merci aux censeurs de tous poils.

La ministre de la Culture annonce, dans « Le Monde » daté du mardi 11 septembre, l’arrêt pur et simple de toute une série de projets culturels voulus par le précédent gouvernement :

- l’Hôtel de Nevers pour la photographie,

- le Centre d’art pariétal Lascaux 4,

- la salle supplémentaire pour la Comédie-Française

A cette liste s’ajoute la fin, déjà annoncée, du projet d’une Maison de l’histoire de France.

Plus d’1 milliard d’euros

La ministre de la Culture explique ces décisions : elle entend faire porter l’effort budgétaire sur « certains projets, annoncés avec légèreté et, pour l’essentiel, non budgétés par l’équipe Sarkozy. Le total de ces projets dépasse le milliard d’euros. Nous en arrêtons certains, nous en suspendons ou en reportons d’autres ».

La ministre refuse de commenter l’éventualité d’une baisse de 3% du budget de son ministère. « Qui parle de 3 % ? Toute annonce avant la fin des arbitrages est prématurée. Mais je n’ai pas l’impression d’être maltraitée. On traverse une crise économique d’une gravité inouïe. Tout le monde doit être mis à contribution. »

Ainsi, « la création d’un musée de la photo à l’Hôtel de Nevers, à Paris, annoncée sans préparation, est interrompue ». De même, « Lascaux 4, autrement dit le Centre d’art pariétal, 50 millions d’euros pour un projet non prioritaire, nous l’arrêtons. » « Idem pour la salle supplémentaire de la Comédie-Française, à la Bastille. »

Et des suspensions

D’autres projets sont suspendus :

- la tour Utrillo, à Clichy-Montfermeil. « Il faut retravailler ce projet de « Villa Médicis » en banlieue, le redimensionner avec les élus », estime Aurélie Filippetti.

- les archives photographiques d’Arles. « La priorité, c’est le déménagement de l’Ecole de photographie. Il sera fait, mais la seconde phase du projet doit être réexaminée… »

- le centre des réserves de Cergy : « Il répondait au souci de protéger les réserves du Louvre, objectif auquel s’était greffé un projet beaucoup plus coûteux et plus long à mettre en place, porté par les élus, de centre de recherche et d’exposition ouvert au public. Nous allons répondre à l’urgence patrimoniale, mais l’idée d’un grand centre n’était pas financée et ne pourra pas l’être aujourd’hui… »

- l’hôtel de la Marine : « Tout est suspendu au calendrier du ministère de la défense, qui doit d’abord quitter les lieux… »

En revanche, « la Philharmonie, le Mucem (Musée des civilisations d’Europe et de Méditerranée de Marseille), les Archives nationales à Pierrefitte ou le Musée Picasso, seront achevés dans le rythme prévu ».

Le NouvelObs.fr

Publié dans:CULTURE |on 10 septembre, 2012 |Pas de commentaires »
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