Archive pour la catégorie 'Emploi'

Libres propos………………………………(20/09/2017

Interview

Pôle Emploi : «On ne s’y prendrait pas mieux pour tuer un service public»

Par Amandine Cailhol — 20 septembre 2017 à 07:01
La ministre du Travail, Muriel Pénicaud , à Paris le 31 août.Zoom
La ministre du Travail, Muriel Pénicaud , à Paris le 31 août. Photo Alain Jocard. AFP

Ce n’est pour l’heure qu’un bruit de fond, mais, déjà, le «dégraissage» de l’agence, évoqué dans la presse ce mardi, hérisse les syndicats. Pour Jean-Charles Steyger, de la FSU, l’enjeu ne se limite pas à la question des effectifs.

  • Pôle Emploi : «On ne s’y prendrait pas mieux pour tuer un service public»

Secoués par les informations publiées mardi par le Parisien sur un probable «dégraissage» massif à Pôle Emploi, avec des milliers de postes supprimés, les syndicats préparent la riposte, explique Jean-Charles Steyger, secrétaire général de la FSU Pôle Emploi. Mercredi, ils se réuniront en intersyndicale pour exiger un démenti de leur direction générale.

Le gouvernement cherche à faire des économies. Les salariés de Pôle Emploi vont-ils faire partie des grands sacrifiés du budget 2018 ?

On n’a aucune info, on a appris ça entre la biscotte et le café, mardi matin, en lisant la presse… Certes, depuis quelque temps, on sent bien que des choses se préparent. Quand la ministre du Travail a annoncé, il y a quelques mois, qu’elle ne commenterait plus les chiffres du chômage publiés chaque mois par Pôle Emploi, on a eu quelques inquiétudes, notamment pour le service statistiques, qui semble aujourd’hui dans le viseur. La semaine dernière, lors d’un comité central d’entreprise, nous avons interrogé la direction sur notre avenir. Mais on nous a juste répondu qu’il n’y avait rien de particulier. Sauf que, quelques jours plus tard, la ministre annonce qu’il y aura bien une réduction d’effectifs à Pôle Emploi, car le chômage baisse. Ce que semble confirmer notre direction, même si elle évoque des licenciements réduits. Or, depuis huit ans, le nombre de chômeurs n’a cessé d’augmenter et on nous a toujours dit qu’on ne pouvait rien faire en termes d’effectifs. Comme quoi, ça ne marche que dans un sens…

L’autre danger qui plane sur Pôle Emploi, c’est celui de la privatisation… Mais l’agence n’a-t-elle pas déjà cédé aux sirènes du privé ?

Non, aujourd’hui, rien n’est privatisé à Pôle Emploi, mais plusieurs missions sont sous-traitées, notamment une partie de l’accompagnement des chômeurs. Là aussi, nous ne serions qu’à moitié surpris par un tel projet. La nomination au ministère de l’Economie de Bruno Le Maire qui, pendant la primaire de la droite, s’était prononcé en faveur de la privatisation de Pôle Emploi, nous avait alertés. On sait bien que la politique de Macron, c’est l’ultralibéralisme. Une politique qui vise à tout libéraliser, que ce soit l’école ou l’accompagnement des chômeurs. Mais pourquoi démonter un outil qui fonctionne ? Nous avons de bons résultats, notamment pour l’accompagnement et la formation.

Cela n’a pas toujours été le discours des syndicats, souvent prompts à critiquer les décisions de l’agence…

Ce sont les politiques publiques que nous dénonçons régulièrement, celles qui visent un traitement purement statistique du chômage. Mais pas le travail des agents. En termes de placement des chômeurs, on fait deux fois mieux et un peu moins cher que le privé. Mais la libéralisation du placement, c’est un marché juteux de près d’un milliard d’euros…

Quelles pourraient être les conséquences d’une telle décision ?

Nous sommes bien sûrs inquiets pour l’emploi à Pôle Emploi. D’autant que 90% des agents sont aujourd’hui sous contrat de droit privé et qu’il sera plus facile de les licencier avec les nouvelles ordonnances Pénicaud. Mais l’enjeu est aussi celui du service public. Demain, si on s’oriente vers un modèle anglo-saxon privé, les plus faibles risquent d’être oubliés. Les entreprises qui seront payées aux résultats ne vont pas s’embêter avec ceux qui seront les moins employables. L’universalité du service public est donc en jeu, et tout cela pour des raisons purement technocratiques, de budget. On ne s’y prendrait pas mieux pour tuer un service public ! Mais le moment est à la riposte. Dès demain, nous allons nous réunir en intersyndicale. Vendredi, un nouveau comité central d’entreprise est prévu. Et il risque d’être un peu secoué.

Amandine Cailhol

Liberation.fr
Publié dans:Emploi |on 20 septembre, 2017 |Pas de commentaires »

Et pour cause…………………..(01/09/2017)

Loi travail : une majorité de Français opposée au plafonnement des indemnités prud’homales, selon un sondage

Une majorité de Français est favorable à quatre mesures phares de la réforme du Code du travail, mais 57% sont opposés à la cinquième, le plafonnement des indemnités prud’homales. C’est ce que révèle un sondage Odoxa publié jeudi.

La réforme du Code du travail a été dévoilée jeudi 31 août. Image d\'illustration.
La réforme du Code du travail a été dévoilée jeudi 31 août. Image d’illustration. (MAXPPP)
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franceinfoRadio France

Mis à jour le 31/08/2017 | 22:07
publié le 31/08/2017 | 21:59

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LA NEWSLETTER ACTUNous la préparons pour vous chaque matin

Selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting* pour franceinfo et Le Figaro, 52% des Français se montrent favorable à l’idée de la réforme du Code du travail.

L’enquête ayant été réalisée avant la révélation à Matignon, jeudi 31 août, du contenu précis des ordonnances de la réforme, les sondés ont été interrogés sur les principales mesures de la réforme.

Adhésion au CDI de projet et à la réforme du dialogue social

« Quatre des cinq mesures testées suscitent une très forte adhésion de l’opinion », indique le sondage Odoxa-Dentsu Consulting. « C’est singulièrement le cas de l’élargissement du CDI de projet à d’autres secteurs que celui du bâtiment (71%), mais c’est aussi valable pour les mesures concernant la réforme du dialogue social dans les entreprises. » 

Ainsi, 69% des sondés sont favorables à la possibilité, dans les petites entreprises, de conclure un accord avec un représentant du personnel hors syndicat, ou encore à la possibilité d’organiser un referendum d’entreprise à l’initiative de la direction. Enfin, 61% des personnes interrogées sont favorables à l’inversion des normes.

57% contre le plafonnement des indemnités prud’homales

En revanche, il y a une mesure qui ne passe pas auprès des Français : le plafonnement des indemnités prud’homales. 57% des personnes interrogées « restent hostiles » à cette mesure, qui a été confirmée par le gouvernement lors de la révélation des ordonnances à Matignon, jeudi.

« Le rejet est tout aussi majoritaire à gauche (68%) qu’au Front national (60%) et s’avère particulièrement puissant auprès de salariés (67%), des ouvriers (70%) et des Français en fin de carrière professionnelle (65% auprès des personnes âgées de 50 à 64 ans) », rapporte Odoxa-Dentsu Consulting.

Pour Gaël Slimane, le président d’Odoxa, « à lui seul, cet élément suffit à totalement discréditer l’ensemble de la portée de cette réforme aux yeux des Français. On verra dans les semaines qui viennent s’il y a du lest qui est lâché aux syndicats sur cette question spécifique ou si le gouvernement et Emmanuel Macron tiennent bon là-dessus. »

Macron, les Français et les réformes

Toujours selon le sondage Odoxa-Dentsu Consulting, six personnes sur dix pensent que le président ne cédera pas face aux syndicats et qu’il ira jusqu’au bout.

Par ailleurs, 57% des Français « donnent raison à Emmanuel Macron pour ses propos sur les Français et les réformes [le 24 août, le chef de l’État a déclaré que ‘les Français détestaient les réformes’] et 60% pensent qu’il ne cèdera pas face aux syndicats ».

 

* Enquête réalisée auprès d’un échantillon de Français interrogés par Internet les 30 et 31 août, avec un échantillon de 995 personnes représentatif de la population de 18 ans et plus, parmi lesquelles 231 sympathisants de gauche et 107 sympathisants En Marche, 131 sympathisants de droit hors FN, et 163 hors FN.

Publié dans:Emploi |on 1 septembre, 2017 |Pas de commentaires »

N’hésitez pas……………………………….(31/08/2017)

Publié dans:Emploi |on 31 août, 2017 |Pas de commentaires »

L’édito de Laurent Joffrin……………..(29/08/2017)

édito

Trou béant

Par Laurent Joffrin — 28 août 2017 à 20:46

ÉditoLe discours est récurrent dans les hautes sphères : les emplois aidés, ces postes en partie financés par la puissance publique, sont «artificiels»,«trop coûteux»,«sans effet réel sur le chômage». Tout n’est pas faux dans ce lamento : une partie de ces embauches subventionnées ne débouchent pas sur un CDD en bonne et due forme, et laissent le salarié qui en bénéficie, une fois la mission effectuée, gros-Jean comme devant. Elles sont aussi utilisées, il faut bien le dire, par des gouvernements en difficulté qui souhaitent dégonfler quelque peu les statistiques du chômage à l’approche d’une consultation électorale. Certes.

Mais cette méthode dispendieuse a aussi un immense et double avantage : elle fait revenir sur le marché du travail des personnes que les difficultés de la vie ou de l’économie ont tenues à l’écart pendant longtemps. Elle est imparfaite mais elle est un indiscutable facteur d’intégration sociale. Elle permet aussi, quoi qu’en disent les orthodoxes du libéralisme, de remplir, à moindre coût pour les écoles, les associations ou les collectivités locales, des tâches de service public dont personne ne peut affirmer qu’elles sont inutiles. Or voici que le gouvernement, dans un souci d’économie budgétaire, vient d’en supprimer une grande partie d’un simple trait de plume. Comme si, par enchantement, ces emplois transitoires allaient être remplacés par «de vrais emplois». C’est tout le contraire qui se produit : dans cette «France périphérique» dont on déplore rituellement l’abandon par les autorités, dans ces écoles rurales ou de quartier, dans ces villages déjà désertés par les services publics, la mesure laisse un trou béant dans le filet de protection qui maintient, tant bien que mal, un semblant d’équilibre. Le budget s’en portera peut-être mieux. Le lien social et les territoires fragiles, certainement pas.

Laurent Joffrin

Lineration.fr
Publié dans:Emploi |on 29 août, 2017 |Pas de commentaires »

Circulation………………….(21/06/2017)

Publié dans:Emploi |on 21 juin, 2017 |Pas de commentaires »

Code du travail……………………….(05/06/2017)

Réforme du Code du travail : ce que contient "l'avant-projet de loi" du gouvernement Macron
. (CHARLES PLATIAU / POOL / AFP)

Détail des mesures et agenda des réformes… que nous apprend la version de travail dévoilée ce lundi par « Le Parisien » ?

L'Obs Publié le 05 juin 2017 à 10h40

Neuf ordonnances, « dont certaines portant sur des points jamais évoqués ». C’est ce que contient « l’avant-projet » de la réforme du Code du travail qu’entend mener le gouvernement Macron, affirme ce lundi « Le Parisien », qui s’est procuré « une version de travail de 10 pages » datée du 12 mai 2017. Dans la matinée, le gouvernement a assuré que ce document n’émanait pas de lui, sans pour autant le désavouer sur le fond.

Dans l’esprit, cet avant-projet de loi est fidèle aux priorités affichées par Emmanuel Macron pendant toute sa campagne présidentielle : il entend « faciliter la création d’emplois grâce à une meilleure fluidité du marché du travail », et ce, par ordonnance si c’est nécessaire. Mais, sur certains points, il va bien au delà de ce qui avait été annoncé…

Autre point intéressant, il détaille aussi l’agenda de réformes en 100 jours, du 28 juin au 20 septembre, imaginé par le gouvernement.

Publié dans:Emploi |on 5 juin, 2017 |Pas de commentaires »

L’édito d’AE…………………………(26/05/2017)

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Pôle Emploi, moteur à injonctions

ÉditoUn demandeur d’emploi «efficace» commence sa journée à 7 h 45 par «une petite séance d’exercice à jeun» et l’achève à 17 h 30 en retrouvant ses proches pour «sociabiliser un peu». Non sans avoir avalé un petit-déjeuner, ciblé les entreprises susceptibles de l’embaucher, répondu à des offres – y compris des boulots précaires – et réseauté sur LinkedIn. Autrement dit, sa journée de chômage doit être aussi énergique que les huit heures de boulot d’un cadre dynamique. En résumant ce propos dans une infographie logotée Pôle Emploi (et visiblement issue d’une agence de Margny-lès-Compiègne, dans l’Oise), l’opérateur public a suscité un tollé. Le schéma enchaîne en effet les maladresses. Quasi copié-collé d’un article du site Business Insider, il respire la culture de l’efficacité chère aux Anglo-Saxons et pourrait être issu d’un livre de conseil en développement personnel qui promet de faire du lecteur un «winner» en puissance.

Sauf qu’un chômeur n’est pas un jeune loup sorti d’école de commerce. Il ne se réveille pas le cœur léger, ne chante pas sous la douche en rêvant à ses «objectifs» et ses «envies». A mesure que les mois passent, il a plutôt les idées noires, l’estime de soi en miettes et peu de confiance en l’avenir, quand sa famille et sa vie sociale n’ont pas déjà volé en éclats. Pôle Emploi a vite compris le potentiel de «bad buzz» et battu en retraite, en chargeant une «initiative personnelle et isolée» qui n’aurait pas reçu l’aval de la direction. Les auteurs du graphique auront droit à un «debrief» – pour ne pas dire une soufflante. Les agents bénéficient d’une certaine autonomie pour préparer des supports ou des ateliers à destination de leur «portefeuille», les chômeurs dont ils suivent les dossiers. Cette petite liberté redonne parfois un peu de sens au travail des salariés d’une grosse machine qui a créé beaucoup de mal-être depuis la fusion mal gérée de l’ANPE et des Assédic en 2008.

Pourtant, l’infographie ne dit pas grand-chose que Pôle Emploi – sa tête cette fois – n’aurait pu dire ou écrire. Elle n’étonnera pas ceux qui se sont frottés à l’opérateur ou à l’écosystème de l’aide à la recherche d’emploi, publique comme privée, aussi prospère que le chômage. Les conseils pour «booster» sa recherche, selon le terme consacré, constituent même un des fonds de commerce de la maison. Comme celui d’une armée de médias, coachs, blogs (souvent adossés aux portails emploi) ou maisons d’édition. Le site de Pôle Emploi ne propose pas d’infographie heure par heure pour faire fructifier son chômage, mais sa page «trucs et astuces» (un exemple parmi d’autres) ne dit rien d’autre : «structurez votre journée», «organisez-vous un « coin recherche d’emploi » où vous serez au calme et où vous disposerez d’une table, d’un téléphone, de votre agenda, de votre répertoire et de vos fiches de suivi», «gardez le contact avec vos relations et vos amis», «ménagez-vous tout de même des périodes de repos et de loisirs», «gardez votre équilibre» et «apprenez à positiver». Positiver…

Plus que le schéma, ce sont ces injonctions qui posent problème, car elles contiennent toujours le reproche implicite que le chômeur est responsable de sa situation. Lui et son heure de réveil, son manque de motivation, plus que l’économie en berne, les fermetures d’usine, les patrons qui ne veulent pas embaucher les trop vieux, les trop jeunes, les mères de famille, les Noirs, les Arabes… Faute de pouvoir offrir à ses «usagers» un travail en phase avec leur savoir-faire, Pôle Emploi et ses prestataires semblent parfois n’avoir d’autre choix que de les occuper, en leur faisant refaire leur CV jusqu’à l’absurde, en les faisant travailler leur «savoir-être» ou, ici, en leur apprenant à organiser leur journée. Parfois, ça marche. Un jeune diplômé ou un cadre dirigeant sur la touche n’a peut-être pas besoin de plus, et tant mieux. Mais le gros des chômeurs de longue durée, qui cumulent les handicaps, sans diplômes, âgés, fragilisés, isolés dans des zones sinistrées, quels espoirs vont-ils pouvoir nourrir dans leur «coin recherche d’emploi» ?

Alexia Eychenne Journaliste au service France

Publié dans:Emploi |on 26 mai, 2017 |Pas de commentaires »

Flash « francetvinfo »……………………………..(06/07/2016)

Logo Francetv info 15H28
ALERTE INFO
Loi Travail : les députés frondeurs du PS échouent à nouveau à déposer une motion de censure de gauche, à deux signatures près. Suivez notre directIl n’y aura pas de motion de censure contre le gouvernement après le recours à l’article 49.3 sur le projet de loi Travail. L’opposition de droite avait renoncé à en déposer une. Mercredi 6 juillet, les députés frondeurs du PS ont annoncé qu’ils avaient à nouveau échoué à déposer une motion de censure de gauche, à deux signatures près, comme lors du premier examen du texte à l’Assemblée.
Publié dans:Emploi |on 6 juillet, 2016 |Pas de commentaires »

Code du Travail……………………………………………(09/09/2015)

Comment la réforme du code du travail s’est imposée dans le débat

Par Amandine Cailhol — 8 septembre 2015 à 20:06 (mis à jour à 07:29)

Plusieurs publications ont créé, ces derniers mois, un climat médiatique favorable à une adaptation. Sous l’œil bienveillant de l’exécutif.

  • Comment la réforme du code du travail s’est imposée dans le débat

Réformer le code du travail serait devenu en quelques mois la nouvelle pensée unique, de la gauche dite «réformiste» jusqu’aux libéraux. Avant de se faire remettre ce mercredi matin le rapport de la commission Combrexelle sur «la négociation collective, le travail et l’emploi», Manuel Valls peut se féliciter de débarquer sur un terrain en partie déminé. En trois mois, deux rapports et un livre auront imposé la réforme du code du travail comme seul horizon du débat. Et coup de pouce bienvenu, deux d’entre eux ont été écrits par des gens de gauche. En juin, Robert Badinter, la figure morale du socialisme publie avec le professeur de droit Antoine Lyon-Caen un livre qui se propose de simplifier le code du travail, pour eux devenu illisible, en 50 grands principes. Trois mois plus tard, c’est le think tank proche du PS Terra Nova qui présente l’ouvrage de l’avocat Jacques Barthélémy et de l’économiste Gilbert Cette, Réformer le droit du travail, qui plaide pour une «refondation du droit social» et le «développement d’un droit conventionnel dérogatoire au droit réglementaire». Gilbert Cette a la particularité d’avoir été un conseiller de Martine Aubry et d’être considéré comme un des pères des 35 heures, cette fierté de la gauche. Le même jour, c’est l’Institut Montaigne, think tank ouvertement libéral, qui propose dans un autre rapport d’aller encore plus loin en faisant de l’accord d’entreprise «la norme de droit commun». Et cerise sur le gâteau, au même moment, le patron de la CFDT, Laurent Berger, déclare dans le journal le Monde : «Non au statu quo sur le code du travail.»

Course. Une séquence si parfaite qu’elle donne l’impression d’avoir été sinon orchestrée au moins pensée par l’exécutif. En tout cas, c’est comme cela que le comprennent certains syndicats. «Ces publications tombent au bon moment ! pointe Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC. Je ne crois pas à la magie, on voit bien que cela est préparé par le lobbying des ultra-libéraux de gauche.»Et conclut : «C’est une façon de préparer l’opinion publique.» L’Elysée a-t-il vraiment pensé ce plan média dans ses moindres détails ? Non. «En fait, on aurait pu organiser tout cela, on l’a un peu fait, mais pas tant que cela, raconte un proche de François Hollande. On a surtout évité de tomber dans un débat stérile entre les tenants du statu quo et ceux aux positions trop radicales.» Tout commence fin 2014. Badinter et Lyon-Caen sont les premiers à se lancer. «Ils font un tour de piste des différents syndicats. Mais le gouvernement ne pense pas, alors, que leurs travaux vont aller très loin», raconte une source bien informée. En clair, les auteurs forment «un équipage autonome». L’Elysée est informé. Mais les deux hommes ne travaillent pas sur commande.

Au même moment, Terra Nova, think tank proche du PS, part aussi à la rencontre des partenaires sociaux, sur fond d’échec de la négociation sur la modernisation du dialogue social. Le think tank propose alors à l’économiste Gilbert Cette d’écrire une nouvelle version de son précédent ouvrage, coécrit en 2010 avec Barthélémy et dont le titre est plus que jamais d’actualité : Refondation du droit social: concilier protection du travail et efficacité économique. En février, Cette est reçu à déjeuner à Matignon par Valls. Ses thèses d’inspirations sociales-libérales intéressent au plus haut sommet de l’Etat. Et pour cause, «après avoir fermé le dossier de la réforme du contrat de travail, au début de l’année, il nous fallait rebondir sur un autre pan du code du travail», explique un proche de Hollande. Son nom est donc évoqué pour présider une commission qui devra faire des propositions en ce sens. Mais jugeant que sa plume pourrait être trop excessive, on lui préfère un homme plus consensuel : Jean-Denis Combrexelle, haut fonctionnaire au Conseil d’Etat et ex-directeur général du travail. En mai, Matignon le nomme à la tête de la commission qui porte depuis son nom. «Le choix de Combrexelle n’est pas anodin, le gouvernement avait besoin de quelqu’un qui contienne les débordements», explique un protagoniste. «Il fallait quelqu’un avec une position centrale et non pas un économiste qui défend les thèses les plus libérales», raconte-t-on à l’Elysée. Privé de label gouvernemental, Gilbert Cette accepte, de son côté, de rendre ses recommandations à Terra Nova.

Le calendrier va s’accélérer. En juin, Badinter et Lyon-Caen présentent leur ouvrage à l’Elysée, avant de le rendre public. Les médias (dont Libération) s’emparent du sujet. Et crispent les syndicats et beaucoup de spécialistes du droit du travail. Puis, début septembre, c’est la course. Terra Nova double Combrexelle en publiant ses recommandations le 3 septembre, soit une semaine avant lui. Le duo Cette-Barthélémy va jusqu’à proposer un big bang social en défendant un salaire minimum pour les jeunes et différent selon les régions. Ces deux rapports vont baliser le débat. «Cela va servir à donner une apparence moins méchante au rapport Combrexelle et présenter le gouvernement comme pas si libéral», décrypte Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO. «C’est vrai», reconnaît un proche de Hollande. «Tout cela nous va bien, cela nous permet d’avoir une position centrale, un peu plus modérée.»

«Normes». Comme l’a répété lundi le Président, il ne s’agit plus d’arracher des pages au code du travail, mais juste de donner plus de place à la négociation sociale. «L’inversement de la hiérarchie des normes et le basculement vers le niveau des entreprises est une tendance lourde qui prévaut en Europe depuis la crise de 2008», estime Mailly. «C’est un débat classique sur l’articulation entre démocratie sociale et politique, ce n’est pas nouveau, note, pour sa part, Luc Bérille, secrétaire général de l’Union nationale des syndicats autonomes. Mais il est vrai que les gens sont de plus en plus intoxiqués par le Medef qui fait de la simplification du code du travail le nec plus ultra de la compétitivité de l’économie française.»

Sulfureux. Reste une autre question : celle du casting des personnes retenues pour rédiger ces textes. Ou plutôt de l’étonnant don d’ubiquité de ces têtes pensantes, qui, tour à tour, ont distillé leur savoir dans l’un et l’autre de ces cercles de réflexion. Il en est ainsi de Lyon-Caen, à la fois auteur de son propre ouvrage et membre de la commission Combrexelle. Ou encore de Pierre Cahuc, professeur d’économie à l’Ecole polytechnique, membre du groupe de travail de l’Institut Montaigne, de celui mis en place par Combrexelle, mais aussi coauteur, en 2008, d’un rapport sulfureux contre le salaire minimum, avec un certain Gilbert Cette. Mais le record revient à Jacques Barthélémy, dont le nom, outre qu’il figure sur son ouvrage, se retrouve dans les deux autres publications, par le biais du cabinet qu’il a fondé. D’un côté, son associé, Paul-Henri Antonmattei, également professeur de droit, siège près de Combrexelle, de l’autre, deux de ses avocats ont participé au rapport de l’Institut Montaigne. Un petit monde ? «Plutôt un courant de pensée qui se développe, alors qu’il peinait à s’imposer jusqu’alors, car beaucoup ne voulaient pas entendre dire que l’on peut toucher au code du travail», nuance Jacques Barthélémy. Ce dont pourra se féliciter le gouvernement.

Davantage de place pour la négo d’entreprise

La version non définitive du rapport, que Libération a pu consulter, propose de conserver, tout en clarifiant leur champ respectif, la hiérarchie des sources du droit du travail. Avec un code du travail pour les grandes règles impératives, des conventions de branches pour les secteurs professionnels, puis des accords d’entreprise aux domaines élargis, désormais majoritaires et à durée limitée. Ces derniers deviendraient notamment «prioritaires» dans les secteurs des conditions de travail, du temps de travail, de l’emploi et des salaires, tout en restant encadrés par les deux niveaux supérieurs. Le texte s’interroge néanmoins sur la possibilité de négocier, dans les entreprises ou les branches, de «nouvelles formes de contrat de travail», mais aussi le seuil de déclenchement des heures sup, ce qui constituerait une remise en cause de la durée légale du travail. Un point fermement rejeté mardi encore, auprès de Libération, par l’Elysée.

Amandine Cailhol

Liberation.fr
Publié dans:Emploi |on 9 septembre, 2015 |Pas de commentaires »

Flash « francetvinfo »………………………….(02/09/2014)

 

FranceTV Info
Alerte info Mardi 02 septembre  |  08h50
Le ministre du Travail demande à Pôle emploi de « renforcer les contrôles » sur les chômeursFrançois Rebsamen demande à Pôle emploi, mardi 2 septembre, de  »renforcer les contrôles »pour vérifier que les chômeurs « cherchent bien un emploi ». Le ministre du Travail estime sur i-Télé qu’une « sanction » est nécessaire dans le cas contraire.

sh

Publié dans:Emploi |on 2 septembre, 2014 |Pas de commentaires »
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