Archive pour la catégorie 'Etranger'

Ducky pédale dans la semoule……….(14/08/2018)

TRIBUNE. La multiplication des offensives américaines soulève une série de questions sur leur lisibilité, leur cohérence et leur impact macroéconomique mondial.

Par Jean-François Boittin

Publié le 14 août 2018 à 07h07

Spécialiste d’économie internationale, ancien de la rue d’Ulm et de l’ENA, Jean-François Boittin a mené les équipes françaises pendant les négociations de l’Uruguay Round, jusqu’à la création de l’OMC, puis dirigé les équipes économiques des ambassades de France à Washington et Berlin. Installé à Washington, consultant, collaborateur du CEPII, il analyse régulièrement pour « l’Obs » les décisions internationales prises par Donald Trump.

 

Le président Trump avait affiché la couleur via son mode de communication favori, un jour après l’annonce du relèvement des droits de douane américains sur l’acier et l’aluminium à 25 et 10% : « Les guerres commerciales sont une bonne chose, et se gagnent facilement. » Pour l’instant, aucune victoire ne se profile à l’horizon qui justifierait cette affirmation, mais le président américain et son administration multiplient l’ouverture des fronts : si l’Union européenne et les Etats-Unis ont conclu une trêve, bienvenue, mais dont la solidité est par ailleurs douteuse, le conflit commercial avec le Chine s’envenime et surtout la semaine dernière a vu le lancement de trois offensives contre l’Iran, la Russie et la Turquie, un cocktail surprenant qui rassemble un ennemi héréditaire, l’Iran, un partenaire courtisé par le président, la Russie de Vladimir Poutine, et un pays allié au sein de l’Otan.

L’attaque contre l’Iran, après la sortie de l’accord nucléaire négocié par l’équipe précédente –et honnie –, était attendue et constitue une première phase de sanctions avant une deuxième vague prévue pour novembre. Depuis le 7 août, toute transaction avec l’Iran en dollars, or ou en métaux précieux, mais aussi l’importation d’acier, d’aluminium, de charbon sont interdites, de même que les exportations d’aéronefs ou d’automobiles. L’exportation par l’Iran de tapis ou de pistaches aux Etats-Unis n’est plus possible.

La Russie accusée

Les sanctions annoncées par le département d’Etat contre la Russie représentent en revanche une surprise. Les autorités américaines avaient expulsé un certain nombre de diplomates russes après l’attaque contre Sergei Skripal et sa fille avec un gaz neurotoxique au Royaume-Uni sans invoquer pour autant la loi pour l’élimination et le contrôle des armes biologiques et chimiques (« CBW Act »).

Le département d’Etat a, le 9 août, invoqué cette loi pour mettre en place une première série de sanctions contre la Russie, interdisant l’exportation de technologies à possible usage militaire. Ces sanctions prendront effet le 22 août. Plus grave : si la Russie ne fournit pas, sous 90 jours, des preuves tangibles de sa renonciation à l’utilisation de ces armes, et n’autorise pas l’inspection de ses facilités de production par des inspecteurs des Nations unies – ce qui est peu vraisemblable –, la loi CBW impose des mesures autrement draconiennes : réduction du niveau des relations diplomatiques entre les deux pays, fermeture du territoire américain à Aeroflot. De manière significative, le président n’a fait aucun commentaire sur le sujet et n’a pas démenti le porte-parole du département d’Etat, qui avait cru bon de souligner « l’unité » de l’administration sur le sujet. Il est difficile cependant de ne pas croire que la mesure prise l’a été par l’entourage du président et une équipe diplomatique de « babysitters » dont les efforts pour encadrer ses humeurs par exemple pendant le sommet de l’Otan sont décrits par les journalistes du « New York Times ».

La prise d’otage d’un pasteur

En ce qui concerne la Turquie, le président est à la manœuvre. Indépendamment des sujets de crispation récurrents (du côté américain, achat de missiles sol-air russes par Ankara, du côté turc, soutien américain aux milices kurdes en Syrie), c’est la prise en otage d’un pasteur évangélique qui a mis le feu aux poudres. Andrew Brunson est accusé de complicité dans le coup d’Etat contre le président Erdogan, mais il est facile d’imaginer qu’il est un pion que la Turquie souhaite échanger contre Gülen, dont elle demande l’extradition depuis l’échec du putsch.

Le sujet est sensible pour la base évangélique du président Trump. Sortant de l’ordinaire parce que visant deux ministres d’un allié des Etats-Unis au sein de l’Otan, les sanctions prises contre le ministre de la Justice et le ministre de l’Intérieur seraient restées anecdotiques si la rhétorique déployée de part et d’autre n’avait envenimé la situation à un moment de fragilité de la situation économique en Turquie et de faiblesse de la monnaie turque. L’annonce par tweet présidentiel du doublement des droits de douane sur l’acier et l’aluminium exportés par la Turquie, à 50 et 20% respectivement, a précipité l’effondrement de la lire turque (15% vendredi 10 août, 40 % depuis le début de l’année).

La multiplication des offensives américaines soulève une série de questions sur leur lisibilité, leur cohérence et leur impact macroéconomique mondial :

  • Lisibilité : fait du prince, le doublement des droits sur l’acier et l’aluminium turcs est justifié par l’administration comme nécessaire pour des raisons de sécurité nationale, le paravent déjà utilisé pour prendre des mesures « erga omnes » et qui apparaît de plus en plus comme un outil de pur arbitraire.
  • Cohérence en termes de politique étrangère comme de politique économique. Alors que la pression sur l’Iran, pour être efficace, nécessite la mise en place d’une coalition internationale, les mesures américaines incitent leurs cibles à serrer les rangs, comme en témoigne l’accord sur la Caspienne, ou les échanges entre Erdogan et Poutine. Le président Trump ne manque pas de saluer comme des victoires la mauvaise performance de l’économie iranienne – ou chinoise –, et la dépréciation de la monnaie iranienne ou de la lire turque, oublieux de la contradiction évidente entre son souci d’améliorer la balance commerciale américaine et le renchérissement du dollar : celui-là même qui décriait il y a un mois la politique de dévaluation monétaire de l’Europe salue le dollar « fort », alors que la crainte de la contagion turque sur les banques européennes fait perdre 1% à l’euro en un jour.
  • Impact macroéconomique : la Turquie est dans une position fragile, mais n’est pas seule. De nombreux pays émergents sont vulnérables, à des degrés divers, à un renchérissement du dollar, inévitable compte tenu de la politique budgétaire américaine, et aggravé par des crises internationales. Les Etats-Unis ont toujours joué le rôle de leader lors des crises internationales. Le voudront-ils en cette période d’ »America First » ? Le voudraient-ils, en auraient-ils les moyens ? La fin de semaine dernière offre un précédent inquiétant. Pendant que les pompiers du Treasury s’efforçaient d’éteindre l’incendie turc en prodiguant quelques conseils, des plus classiques au demeurant, le pyromane en chef versait consciencieusement de l’huile sur le feu.

 

L'Obs

Jean-François Boittin

desirdavenir77500
Publié dans:Etranger |on 14 août, 2018 |Pas de commentaires »

Les doutes d’un dictateur……………….(23/06/2018)

Kayhan Ozer. Anadolu Agency.

Le chef de l’Etat, homme fort du pays depuis quinze ans, se voit pour la première fois menacé lors des élections générales anticipées qu’il a convoquées ce dimanche. Celui qui voulait consolider encore son pouvoir doit désormais tenter de le conserver.

  • Turquie : crise de doutes pour Erdogan

Convoquées à la hâte le 18 avril, les élections législatives et présidentielle qui se tiennent ce dimanche marquent la volonté de Recep Tayyip Erdogan de parachever sa marche vers un pouvoir quasi absolu. Le pari présente de gros risques et de nombreuses inconnues, tant pour le «reis» que pour la stabilité de la Turquie.

Le détonateur économique

Premier sujet d’inquiétude des Turcs, la situation économique du pays aura été le moteur de cette campagne électorale. C’est la menace d’une crise imminente qui aurait même en partie décidé le président Erdogan à annoncer la tenue de ces élections anticipées. La liste des maux est longue. La livre turque a perdu près de 20 % de sa valeur face au dollar depuis le début de l’année. L’inflation dépasse les 12 %. Le chômage s’enracine autour de 17 %. Et l’incertitude qui pèse sur le scrutin ne fait qu’exacerber les inquiétudes des marchés et des investisseurs financiers à l’égard de la Turquie et de son leader. Jusque-là plébiscité lors des scrutins grâce à des indicateurs au vert et un taux de croissance fringuant, Erdogan et son parti islamo-conservateur, l’AKP, pourraient bien pâtir dans les urnes des nuages sombres qui s’accumulent au-dessus de l’économie turque.

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L’incertitude des prévisions

«Les électeurs ne parlent pas. Ils n’osent pas déclarer leurs véritables intentions.» Ces propos reviennent dans la bouche des responsables de nombreux instituts de sondage. Qu’ils soient pro-AKP ou considérés comme «sérieux», ils n’ont cessé de faire valoir la volatilité des réponses des électeurs, comme leur réticence à s’exprimer. «Habituellement, pour remplir 18 questionnaires, un enquêteur doit frapper à 40 portes, indique le responsable de l’institut Gezici dans le quotidien Cumhuriyet. Cette fois, il lui fallait frapper à 120 portes.» Conséquence, les résultats contradictoires des différents sondages publiés font le grand écart. Le score attribué à Erdogan pour le premier tour de la présidentielle varie ainsi entre 40 et 60 %.

Des alliances improbables

Deux principales alliances concurrentes se présentent aux élections législatives. Le Cumhur Ittifaki (Alliance du peuple) est celle du pouvoir sortant, avec l’AKP allié au parti ultranationaliste de droite MHP. Le Milli Ittifaki (Alliance de la nation) est formé, lui, de quatre partis d’opposition aussi disparates par leur taille que par leur ancrage politique. Parmi eux, le Parti républicain du peuple (CHP, centre gauche, laïque), qui mène le groupe de par son poids de première force d’opposition du pays ainsi que par l’ascension de son candidat à la présidentielle, Muharrem Ince , qui grappille du terrain sur Erdogan. En revanche, l’assemblage avec d’une part le nouveau parti IYI (libéral, nationaliste et pro-occidental) et d’autre part le vieux parti islamiste Saadet («félicité») peut difficilement constituer une alternative de gouvernement. «C’est une coalition fourre-tout, incohérente et opportuniste, estime Dorothée Schmid, directrice de la recherche sur le Moyen-Orient et la Turquie à l’Institut français des relations internationales. Plutôt que « tout sauf Erdogan », elle semble fondée sur un « tout sauf les Kurdes ».» Le Parti démocratique des peuples (HDP), pro-kurde et deuxième force d’opposition, n’a pas été convié à rejoindre l’alliance.

Les Kurdes, faiseurs de roi ?

Ce sera l’un des enjeux majeur de ce scrutin : le HDP va-t-il franchir le seuil national de 10 % nécessaire pour siéger au Parlement ? Du résultat de cette formation de gauche qui récolte la majorité de ses voix dans le sud-est du pays (à majorité kurde) dépend l’issue des législatives. En effet, si le HDP venait à passer ce barrage, il priverait dans le même temps l’AKP – son seul rival électoral dans le Sud-Est – d’une soixantaine de sièges de députés et ainsi de sa majorité, trustée depuis 2002. Présent à l’Assemblée, le HDP pourrait devenir un potentiel partenaire des autres partis d’opposition. Avant d’en arriver là, le HDP a dû traverser une campagne extrêmement tendue, émaillée de violences et d’arrestations. Aujourd’hui, plusieurs milliers de ses membres, dont son ancien leader et candidat à la présidentielle de ce dimanche Selahattin Demirtas, sont toujours emprisonnés.

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La peur du bourrage d’urnes

Avec des sondages très incertains, la crainte de fraudes gagne une partie de l’électorat de Turquie. Pour tenter de pallier cela, les quatre principaux partis d’opposition du pays ainsi que des ONG ont décidé de mettre sur pied une plateforme pour réaliser leur propre décompte et validation des voix. L’objectif est ainsi d’éviter le scénario du référendum d’avril 2017, un scrutin entaché par d’importants soupçons. Mais plusieurs décisions récentes de la majorité et du Haut Comité électoral, comme la prise en compte, le jour du scrutin, des bulletins et enveloppes sans tampon officiel, ont ravivé la peur du bourrage d’urnes. Une crainte particulièrement présente dans le sud-est de la Turquie, où le HDP dénonce la présence massive de forces de sécurité qui pourraient décourager leurs électeurs.

Hala Kodmani envoyée spéciale en Turquie , Quentin Raverdy Correspondance à Istanbul

Liberation.fr
Publié dans:Etranger |on 23 juin, 2018 |Pas de commentaires »

Ducky fait de siennes…………….(07/06/2018)

A la veille du G7 qui va débuter au Québec, les Etats-Unis font peser la menace d’une guerre commerciale avec l’Europe sur les droits de douane.
Par Jean-François Boittin
Publié le 07 juin 2018 à 06h30
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Trump lance la guerre des taxes : pourquoi l’Europe a raison de répliquer

Spécialiste d’économie internationale, ancien de la rue d’Ulm et de l’ENA, Jean-François Boittin a mené les équipes françaises pendant les négociations de l’Uruguay Round, jusqu’à la création de l’OMC, puis dirigé les équipes économiques des ambassades de France à Washington et Berlin. Installé à Washington, consultant, collaborateur du CEPII, il analyse régulièrement pour « l’Obs »  les décisions internationales prises par Donald Trump.
La justification du G7 est double : il réunit les dirigeants des principales économies des pays dits développés, unis en principe par leur attachement à la démocratie comme à la libre entreprise, et à des échanges ouverts. Cette justification est remise en cause aujourd’hui : le plus gros – dans tous les sens du terme – membre préfère visiblement les autocrates à ses homologues européens, et multiplie les initiatives protectionnistes, tout en proclamant –avec une hypocrisie totale – son attachement au libre-échange pourvu qu’il soit « loyal » et « réciproque ».
Nul doute que les Européens du G7 vont se voir reprocher abondamment leur droit de douane de 10% sur les automobiles, alors que les Etats-Unis imposent un droit de 2,5%, exemple favori du président Trump. Ce à quoi la réponse est facile.
Les deux droits de douane US
Premièrement : le président et ses sbires, à commencer par le secrétaire au Commerce, Wilbur Ross, propagent allègrement ce que Donald Trump baptise une fausse nouvelle (« fake news ! »). Il n’y a pas un, mais deux droits de douane aux Etats-Unis, un de 2,5% sur les voitures particulières, et un de 25% sur les « pick-up trucks », des pseudos tout terrain qui quittent rarement l’asphalte, favoris du consommateur et source de l’essentiel des profits de l’industrie automobile locale. Ces 25% sont suffisamment chers au cœur des industriels américains pour que le démantèlement de ce droit ait été repoussé à 30 ans dans la récente renégociation de l’accord de libre-échange avec la Corée.
Deuxièmement : le droit européen de 10% n’a jamais été remis en cause par les négociateurs américains précédents, non pas, comme le pense le président, parce qu’ils étaient incompétents, mais parce qu’il « protégeait », faiblement certes, les constructeurs américains installés en Europe, Ford et General Motors, contre la concurrence des entreprises japonaises ou coréennes. Ce droit de douane était en particulier la seule ligne de défense européenne, totalement légale au regard du GATT puis de l’OMC, alors que les Etats-Unis avaient mis en place, dans les années 1980, de prétendues « restrictions volontaires aux exportations » à l’égard du Japon, totalement illégales au regard de l’OMC.
Les Américaines ne font plus rêver
Troisièmement : le facteur décisif dans la concurrence internationale est la compétitivité des produits. L’automobile américaine n’est pas compétitive en Europe : GM a accumulé des pertes pendant dix-sept années consécutives, avant d’être racheté par PSA. Ford, qui va mettre fin aux Etats-Unis à sa production de voitures pour se concentrer sur les automobiles électriques et les pick-up, se pose régulièrement la question de sa présence de ce côté-ci de l’Atlantique.
La concurrence est trop forte : Volkswagen, PSA et Fiat sur le bas et moyen de gamme, Audi, BMW et Volvo sur le haut de gamme. Même situation sur les marchés tiers : au Japon, où le droit de douane est nul, et les contrôles techniques identiques, l’Europe vend 14 fois plus de véhicules automobiles que les Etats-Unis.
Voilà pour l’automobile. Et le reste ? Les chiffres sont éclairants : en ce qui concerne les produits industriels, le gros des échanges transatlantiques, et le seul secteur qui intéresse le président Trump, les produits américains sont frappés de droits de 1,4%, en moyenne pondérée, à l’entrée dans l’Union, les produits européens de droits de 1,6% (statistiques de l’OMC).
Une négociation devrait déboucher, en bonne logique, sur un relèvement moyen de 14% des droits européens à l’égard des produits américains, ou une réduction comparable des droits américains. Chiche !

Jean-François Boittin

Publié dans:Etranger |on 7 juin, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin……………(30/05/2018)

Libération 29 mai 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Désastre à l’italienne

Comme des lapins dans les phares, les dirigeants européens regardent, paralysés, se défaire peu à peu la construction patiemment bâtie par trois ou quatre générations. La crise italienne, désormais portée à un point d’incandescence maximal, débouchera sans doute sur de nouvelles élections à l’automne. Echéance cruciale. La défection de l’Italie sonnerait le glas du projet européen.

Personne ne conteste la rectitude du président Mattarella, qui a refusé de nommer au ministère de l’Economie un adversaire patenté de l’euro, soupçonné de préparer par la bande une sortie de la monnaie unique, sur fond d’aggravation des déficits et de conflit avec la Commission. Mais on peut se demander si cette décision, qui a bloqué la formation du gouvernement de coalition Ligue-Cinq étoiles ne va pas encore aggraver les choses. Les vainqueurs du scrutin ont beau jeu de dénoncer un déni de souveraineté, plus ou moins téléguidé par Bruxelles sous la pression des marchés financiers. Le cas italien donne à tous les ennemis de l’Union sur le continent un thème en or : Bruxelles et les marchés contre les peuples, les élites contre la démocratie. Mattarella a redoublé la provocation en proposant au poste de président du Conseil Carlo Cottarelli, un technocrate issu du FMI, connu pour ses penchants austéritaires. Si les élections ont lieu, on voit d’ici le boulevard qui s’ouvre aux populistes eurosceptiques : le scrutin se transformera en référendum pour ou contre l’Union, pour ou contre «la caste technocratique», pour ou contre «ces messieurs du spread», selon la formule de la Ligue. On sait qu’à ce jeu-là, l’Europe sort rarement gagnante.

L’Union paie dans cette affaire les erreurs calamiteuses qu’elle commet avec une régularité d’horloge. A force de jouer les mères fouettardes de l’orthodoxie budgétaire, elle a pris le rôle désastreux d’ennemie des classes populaires et moyennes, qui voient à chaque réforme favorisée par Bruxelles les protections dont elles bénéficiaient de réduire comme peau de chagrin. L’Allemagne et les pays du Nord, dont la compétitivité s’accommode très bien de la rigueur financière, s’abstiennent toujours de relancer leur propre consommation, ce qui aurait pour effet de soulager les économies de leurs partenaires.

L’Allemagne est assise sur un excédent commercial colossal, certes obtenu par l’excellence de son industrie, mais qui déséquilibre totalement les échanges intra-européens. Légitime sur le papier, cette domination commerciale disloque chaque jour davantage l’Union en raison de ses effets politiques délétères. A cela s’ajoute une impuissante criante dans le règlement de la crise migratoire, dont la charge pèse en priorité sur l’Italie. A force de ne pas faire de politique à l’échelle du continent, de prendre le mauvais rôle, ou pas de rôle du tout, l’Europe scie avec énergie la branche de plus en plus mince sur laquelle elle repose. Les populistes avancent des projets irresponsables, les antieuropéens travaillent avec fureur au démembrement de l’Union, commencé en Grande-Bretagne, mais qui menace désormais le continent. Ils doivent être dénoncés comme tels. Encore faut-il éviter de leur apporter sur un plateau les arguments qui alimentent leur propagande nationaliste.

Laurent Joffrin
Publié dans:Etranger |on 30 mai, 2018 |Pas de commentaires »

Il est complétement félé le Ducky………………(09/05/2018)

Analyse

Accord nucléaire iranien : Trump se retire avec fracas et force sanctions

Par Isabelle Hanne, correspondante à New York — 8 mai 2018 à 23:46
Après l'annonce de la sortie de l'accord, mardi.
Après l’annonce de la sortie de l’accord, mardi. Photo Saul Loeb. AFP

Sanctions économiques maximales, menaces de rétorsions, accusations de mensonge : en optant pour la ligne dure envers la République islamique, et non pour une sortie en douceur, comme l’y ont invité ses alliés européens, le président américain compromet ses chances de négocier l’accord durable et global qu’il appelle de ses vœux.

  • Accord nucléaire iranien : Trump se retire avec fracas et force sanctions

Emmanuel Macron, Angela Merkel et Boris Johnson y sont tous allés de leur voyage à Washington ces dernières semaines pour tenter de convaincre Donald Trump, mais rien n’y a fait. Malgré le plaidoyer de ces représentants de pays signataires de l’accord sur le nucléaire iranien (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni et Allemagne), le président américain a annoncé ce mardi sa décision de tourner le dos au pacte de 2015, qui visait à empêcher Téhéran de se doter de l’arme nucléaire en échange de la levée des sanctions économiques occidentales.

«J’annonce aujourd’hui que les Etats-Unis se retirent de l’accord sur le nucléaire iranien : nous n’allons pas permettre à ce régime d’avoir accès à l’arme la plus meurtrière du monde», a martelé Donald Trump, mardi en début d’après-midi depuis la Maison Blanche, avant d’annoncer la signature imminente d’un mémorandum pour réinstaurer les sanctions économiques sur le régime de Téhéran en vigueur avant l’accord de 2015, notamment sur les secteurs de l’énergie, de la pétrochimie et de la finance. Et même, «le plus haut niveau de sanctions», pour que l’Amérique ne soit plus «prise en otage», a-t-il précisé. Trump a ainsi opté le scénario du pire pour les chefs d’Etat et de gouvernement européens signataires de l’accord, qui espéraient une «sortie en douceur» de l’accord. Les entreprises européennes comme américaines devront prochainement quitter l’Iran sous peine de «lourdes conséquences», avance un communiqué de la Maison Blanche. Qui précise néanmoins que «ceux qui font des affaires en Iran bénéficieront d’une certaine période de temps pour leur permettre de réduire graduellement leurs activités liées à l’Iran.»

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«Mensonge»

A l’inverse des conclusions de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), et même des déclarations de membres de son administration – dont son secrétaire d’Etat Mike Pompeo fin avril –, le président américain a affirmé «avoir la preuve que les engagements iraniens sont un mensonge : l’Iran n’a pas cessé de développer l’arme nucléaire», reprenant la rhétorique du Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, qui a divulgué des documents secrets début mai sur un programme existant avant la signature de l’accord. La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni «regrettent la décision américaine», a déclaré l’Elysée juste après le discours de Trump. Le président américain a cependant évoqué sa volonté de «bâtir un nouvel accord durable» sur le nucléaire iranien avec ses alliés, qui permettrait de «bloquer ses activités malveillantes dans le Moyen-Orient». Avant de menacer : «Si le régime continue, il aura les plus gros problèmes qu’il n’a jamais connus.»

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Son annonce n’est pas une surprise. Trump a toujours affiché sa détestation envers l’accord sur le nucléaire iranien. Lors de sa campagne électorale, il avait promis de «déchirer» ce texte, qu’il a plusieurs fois qualifié de «désastre». En cause selon lui, une période d’engagement trop courte des Iraniens (jusqu’en 2025), et sa portée trop limitée – il n’empêche pas l’Iran de poursuivre ses activités malveillantes dans la région de son soutien envers le régime de Bachar al-Assad aux rebelles chiites houthis au Yémen, ni ses tests de missiles balistiques. Trump a d’ailleurs qualifié Téhéran de «principal sponsor du terrorisme». «Nous travaillerons collectivement à un cadre plus large, couvrant l’activité nucléaire, la période après 2025, les missiles balistiques et la stabilité au Moyen-Orient, en particulier en Syrie, au Yémen et en Irak», a réagi le président français Emmanuel Macron sur Twitter, juste après le discours de Trump. Le régime international de lutte contre la prolifération nucléaire est en jeu». Le président de la République islamique d’Iran Hassan Rohani a, lui, affirmé qu’il voulait continuer à discuter avec les Européens, les Russes et les Chinois, tout en restant dans l’accord.

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«Promesses vides»

Après un discours très dur envers l’Iran à l’Assemblée générale des Nations unies en septembre, le président américain avait refusé en octobre de «certifier» que l’accord était conforme aux intérêts de sécurité nationale. Le mémorandum qu’il a signé ce mardi met fin officiellement à la participation des Etats-Unis dans l’accord nucléaire iranien et rétablit les sanctions. «Les Etats-Unis ne feront plus de promesses vides, a-t-il déclaré. Quand je m’engage à quelque chose, je m’y tiens.» Une ligne dure qui signe l’influence de son entourage direct, notamment des faucons qui viennent de rejoindre son administration : le secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, et le conseiller à la Sécurité nationale, John Bolton, ont toujours rejeté le pacte de 2015 et prôné la plus grande fermeté envers la République islamique.

Donald Trump détricote une nouvelle fois l’héritage diplomatique de Barack Obama, après la sortie des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat. L’ancien président américain a d’ailleurs qualifié de «grave erreur» cette décision : «Nous allons nous retrouver dans une situation perdant-perdant ou nous aurons le choix entre un Iran nucléaire et une nouvelle guerre au Moyen Orient.» «Bafouer de façon répétée les accords dans lesquels les Etats-Unis sont partie prenante met à mal la crédibilité américaine», a déclaré Obama après le discours de Trump.

D’autant que les Etats-Unis sont sur un autre front, tout aussi nucléaire : la Corée du Nord. Donald Trump a d’ailleurs annoncé, lors de son discours, que Mike Pompeo était en route pour Pyongyang pour préparer la future rencontre entre le président américain et Kim Jong-un. «Rester dans l’accord [iranien] est particulièrement important pour le président Trump en amont d’un possible sommet avec Kim Jong-un, écrivait il y a quelques jours Ernest Moniz, l’ancien secrétaire à l’Energie d’Obama, aujourd’hui à la tête de la Nuclear Threat Initiative. Si Trump retire les Etats-Unis de l’accord, alors que l’Iran le respecte et avec des alliés très en faveur de sa poursuite, il compromettra la norme de vérification nucléaire la plus rigoureuse jamais mise en place.» Avec cette idée que les Etats-Unis peuvent faire et défaire les grands accords internationaux, au gré des humeurs de leur président et de leur administration.

Isabelle Hanne correspondante à New York

Liberation.fr
desirdavenir77500
Publié dans:Etranger |on 9 mai, 2018 |Pas de commentaires »

Malade le « p’tit gros »………………………..(21/04/2018

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La Corée du Nord annonce la fermeture de son site d’essais nucléaires et la suspension de ses tirs de missiles
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Publié dans:Etranger |on 21 avril, 2018 |Pas de commentaires »

Syrie…………………………….(16/04/2018)

Décryptage

Attaque chimique : des preuves à l’épreuve

Par Vittorio De Filippis , Luc Mathieu et Hala Kodmani — 15 avril 2018 à 21:46
Bombardement sur Douma, la ville principale de l'enclave de la Ghouta orientale, le 20 mars.Zoom
Bombardement sur Douma, la ville principale de l’enclave de la Ghouta orientale, le 20 mars. Photo HASAN MOHAMED. AFP

Américains, Français et Britanniques se sont passés de l’accord de l’ONU pour frapper la Syrie samedi. Une opération limitée, en réponse à l’attaque du 7 avril à Douma.

Ne plus revoir les images de ces enfants syriens suffocants, de populations terrorisées. C’était l’objectif des frappes menées contre Damas, par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni. Questions autour d’une guerre qui a fait plus de 350 000 morts et qui sème le chaos depuis 2011.

Que s’est-il passé samedi matin ?

Très tôt, Washington, Paris et Londres ont bombardé des installations militaires en Syrie, près d’une semaine après l’attaque chimique à Douma. «Les faits et la responsabilité du régime syrien [dans cette attaque] ne font aucun doute», a justifié l’Elysée dans un communiqué. Le ministère des Armées français a ensuite publié un rapport sur l’attaque du 7 avril et le «programme chimique clandestin syrien». Le raid a été annoncé à 3 heures, heure de Paris, par Donald Trump : «J’ai ordonné aux forces armées des Etats-Unis de procéder à des frappes de précision sur des cibles associées aux capacités du dictateur syrien, Bachar al-Assad, en matière d’armes chimiques.» Samedi après-midi, le chef d’Etat américain a tweeté «Mission accomplie !» (lire page 4), remerciant le Royaume-Uni et la France. La ministre des Armées, Florence Parly, s’est elle aussi réjouie du «succès de la mission» lors d’une conférence de presse après un Conseil de défense : «La capacité de la Syrie à concevoir, produire et stocker des armes chimiques a été considérablement amoindrie.» La participation française à cette opération reste limitée, malgré l’engagement d’importants moyens par Paris. Selon le ministère des Armées, douze missiles ont été tirés, neuf par des Rafale et trois par une frégate multimissions (Fremm), présente en Méditerranée. Soit 10 % de la centaine de missiles de croisière tirés au total sur la Syrie dans la nuit de vendredi à samedi. Les frappes françaises se sont concentrées sur deux sites de stockage et de production d’armes chimiques dans la région de Homs. Selon le chef d’état-major des armées, François Lecointre, l’une de ces installations souterraines a été détruite par «sept missiles Scalp» français, et l’autre conjointement avec les Etats-Unis. Une troisième installation, proche de la capitale, a été visée par les Britanniques et les Américaines.

Y a-t-il débat sur les preuves ?

Oui. Les Etats-Unis ont affirmé en détenir. Elles montreraient que l’attaque chimique sur Douma a été commise par le régime syrien. Mais ils ne les ont pas dévoilées. Ce qui a été utilisé pour condamner les frappes américaines, françaises et britanniques de samedi par des responsables politiques français, dont Jean-Luc Mélenchon (LFI) et Valérie Boyer (LR). Samedi, la France a diffusé une «évaluation nationale», qui rassemble des renseignements déclassifiés. «Les éléments réunis par la France et ses alliés constituent un faisceau de preuves suffisant pour mettre en cause la responsabilité du régime syrien», indique le document. Dès le 7 avril, les vidéos des victimes et les récits des médecins syriens ne laissaient guère de doute. Les symptômes correspondaient à un bombardement mêlant du chlore et un neurotoxique, tel du sarin. Si le chlore est facilement disponible, le sarin, très volatil, est particulièrement complexe à manipuler. Il se stocke sous forme de précurseurs qui doivent être mélangés ; seuls des chimistes spécialisés travaillant dans des laboratoires sont en mesure de le faire. Une équipe de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) devait débuter dimanche son enquête à Douma. Elle risque de ne pas être aisée, la ville étant contrôlée depuis une semaine par la police militaire russe et l’armée syrienne. En octobre 2017, une autre mission d’enquête, menée par l’OIAC et le Conseil de sécurité de l’ONU, avait conclu que Damas avait commis une attaque au sarin à Khan Cheikhoun, dans le nord-ouest de la Syrie, qui avait tué au moins 83 personnes. Un mois plus tard, la Russie bloquait le renouvellement du mandat des enquêteurs qui venait de s’achever.

Les alliés se sont-ils affranchis du droit international ?

Pour frapper les trois sites syriens, Paris, Washington et Londres se sont passés d’une résolution des Nations unies, dont on imagine mal qu’elle aurait été votée par la Russie, membre permanent du Conseil de sécurité. Fidèle à son soutien au régime de Damas, Moscou a en effet opposé douze vetos en sept ans de conflit. «Douma, #Syrie : notre devoir est de réagir», affirmait vendredi sur son compte Twitter le ministère français des Affaires étrangères, vidéo à l’appui. Illégales du point de vue du droit international, mais présentées comme moralement nécessaires. Si l’attaque de Douma par armes chimiques représente une violation de la convention sur l’interdiction des armes chimiques, ratifiée en 2013 par la Syrie, «elle n’ouvre pas le droit au recours à la force», a souligné à l’AFP Françoise Saulnier, directrice juridique de Médecins sans frontières (MSF). Les pays alliés, membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, ne pourront s’appuyer sur les trois motifs qui autorisent l’utilisation de la force armée, du moins selon les règles édictées par les Nations unies : feu vert du Conseil de sécurité, demande formulée par l’Etat hôte, ou l’article 51 de la Charte permettant d’invoquer la «légitime défense». Pour justifier leur action, Paris, Washington et Londres se sont donc placés sur le registre de l’exigence morale face à Bachar al-Assad.

Quelles sont les conséquences sur le conflit syrien ?

«Même pas mal !» C’est un message de défi que le régime de Bachar al-Assad a affiché au lendemain des frappes menées par les trois puissances occidentales. Ses partisans ont célébré la «victoire» dans les rues de Damas en chantant et dansant et en agitant des drapeaux russes et iraniens, au côté du drapeau syrien. Le sentiment que le régime est sorti renforcé après «l’attaque tripartite», selon l’expression des médias officiels, est partagé par ses opposants. Grisé par sa victoire totale et écrasante, qui vient d’être couronnée par sa reprise de la Ghouta orientale, le régime a clairement signifié son intention de poursuivre sa reconquête de l’ensemble du pays. Dès dimanche matin, son aviation a d’ailleurs mené des raids sur les régions d’Idlib et de Hama, sous le contrôle de l’opposition. Essentiellement punitive, l’intervention visait l’usage prohibé des armes chimiques par Bachar al-Assad. Les autres bombardements par toutes sortes d’armes, notamment les bombardements aériens, qui tuent des milliers de civils, ne sont pas à l’origine des dernières frappes. Par ailleurs, il ne s’agit nullement de changer la donne sur le terrain syrien en remettant en cause les avantages décisifs accumulés par le régime ces deux dernières années. La reconquête progressive d’une grande partie du territoire qui échappait à son contrôle depuis l’intervention militaire russe massive pour le soutenir à l’automne 2015 a constitué un tournant bien plus que militaire en faveur de Bachar al-Assad. L’allié russe s’est aussi investi diplomatiquement et politiquement pour devenir quasiment seul maître du jeu international dans le dossier syrien. Il a trouvé, pour ce faire, deux partenaires improbables mais qui se sont révélés solides : l’Iran et la Turquie. Les trois pays présents physiquement sur le territoire syrien en veulent, chacun pour ses raisons, aux Occidentaux et cherchent à les écarter du dossier. Ils collaborent étroitement depuis deux ans à travers des conférences réunissant les différents partenaires du gouvernement et de l’opposition syrienne, y compris les groupes armés rebelles. Ils sont parfois parvenus à des résultats, comme des cessez-le-feu temporaires dans plusieurs territoires, mais ont surtout réussi à saboter le processus mis en place par la communauté internationale dans les discussions de Genève.

Vittorio De Filippis , Luc Mathieu , Hala Kodmani

Liberation.fr
Publié dans:Etranger |on 16 avril, 2018 |Pas de commentaires »

C’est gai………………………..(11/04/2018)

Syrie : Russie et Occident au bord de la guerre, la vraie ?

Syrie : Russie et Occident au bord de la guerre, la vraie ?
A bord du porte-avions américain « Theodore Roosevelt » dans la mer de Chine méridionale, le 10 avril 2018. (AFP PHOTO / TED ALJIBE)

Alors que Donald Trump annonce qu’il va bombarder des sites syriens en rétorsion à l’attaque chimique de Douma, la Russie menace de répliquer…

Après la guerre froide bis, la vraie ? Tels des somnambules, les dirigeants occidentaux et russes semblent avancer inexorablement vers un conflit armé, aux conséquences potentiellement catastrophiques. Pour l’instant, il ne s’agit que d’un « the game of chicken » comme on dit en anglais, un jeu des poules mouillées : deux voitures filent à grande vitesse face à face, le perdant est celui qui, de peur, donne un coup de volant. Dans l’affaire des représailles contre l’attaque chimique de la Douma le 7 avril, qui lèvera le pied ? Donald Trump ou Vladimir Poutine ?

La première fois depuis…1950

En ce moment, les deux bolides foncent.

« En cas de frappe américaine, les missiles seront abattus et même les sources d’où proviennent ces missiles seront prises pour cibles », a martelé mardi l’ambassadeur russe au Liban.Autrement dit, l’artillerie et l’aviation russes frapperont les navires et les avions américains et français engagés, ce qui serait le premier affrontement militaire direct entre Russes et Occidentaux depuis… 1950 en Corée. Par cette menace, le Kremlin déplace l’enjeu du conflit américano-russe : l’enjeu n’est plus seulement la suprématie sur la Syrie mais l’ascendant géopolitique de Moscou sur Washington. Pied sur le champignon, Donald Trump a immédiatement répliqué en défiant Vladimir Poutine par un tweet ricaneur cette nuit :

« Prépare-toi Russie, parce qu’ils arrivent [les missiles], supers et nouveaux et ‘intelligents’. Vous ne devriez pas être alliés avec un animal qui gaze sa population et y prend plaisir ! » 

Autrement dit, nous sommes beaucoup plus forts que vous, les barbares!

Macron redoute « l’escalade »

A ce jeu-là, on pourrait donc bien assister dans quelques heures à des échanges de tirs entre soldats russes et américains. Des escarmouches, d’abord. Mais qui sait ce qui pourrait en résulter entre deux puissances nucléaires dirigées l’une par un leader imprévisible et menacé d’ »impeachment » et l’autre par un autocrate qui tient son pays par la force et l’aventurisme militaire.

Voilà pourquoi Emmanuel Macron, qui entend participer aux représailles aux côtés des Etats-Unis, dit redouter « une escalade ». Mais comment l’éviter sans faire perdre la face à l’un des deux conducteurs ? De la réponse dépend peut-être l’avenir de la planète…

Vincent Jauvert  

Publié dans:Etranger |on 11 avril, 2018 |Pas de commentaires »

Sacré Ducky……………………….(04/04/2018)

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Cambridge Analytica, qui a travaillé pour la campagne de Donald Trump, a accédé aux données de 87 millions d’utilisateurs de Facebook
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Publié dans:Etranger |on 4 avril, 2018 |Pas de commentaires »

Au moins, les choses sont claires……………(11/03/2018)

Logo Francetv info 09h31
Alerte info
Chine : le parlement abolit la limite des mandats présidentiels, Xi Jinping obtient son ticket pour une présidence à vie
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Publié dans:Etranger |on 11 mars, 2018 |Pas de commentaires »
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