Archive pour la catégorie 'Etranger'

Erdohgan, le fin politique humaniste………………….(11/10/2019)

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Résurgence de l’Etat islamique, crise migratoire… Quelles peuvent-être les conséquences de l’offensive turque en Syrie ?
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Publié dans:Etranger |on 11 octobre, 2019 |Pas de commentaires »

Tête de Turcs………………………..(10/10/2019)

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ALERTE INFO
Offensive turque en Syrie : « C’est extrêmement grave car cela remet en cause cinq ans de combats contre Daech », déclare Jean-Yves Le Drian sur France 2
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Publié dans:Etranger |on 10 octobre, 2019 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin…………………..(09/10/2019)

Libération 09 octobre 2019
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Trump et son ancêtre

Bravache, péremptoire, le président américain a décidé de ne rien lâcher. Pris la main dans le sac, accusé de manœuvres délictueuses visant à fausser le processus électoral, menacé par les procédures des démocrates, il refuse de collaborer à l’enquête lancée au Congrès. Avec force rodomontades, il estime qu’il doit défendre les prérogatives de l’exécutif et affirme qu’il n’a de comptes à rendre qu’aux électeurs américains. Donald Trump dans ses œuvres ? Non : Richard Nixon.

Nous sommes en 1973. Depuis de longs mois, le scandale du Watergate domine la vie politique des Etats-Unis. Pendant la campagne électorale de 1972, une équipe de cambrioleurs est arrêtée pour avoir pénétré le QG démocrate situé dans l’immeuble du Watergate. Deux journalistes du Washington Post, Bob Woodward et Carl Bernstein, démontrent que cette équipe est liée à la Maison Blanche. La justice et le Congrès s’emparent de l’affaire, une foule de révélations mettent en cause les méthodes des proches de Nixon.

Quand les élus et les magistrats apprennent que le Président faisait enregistrer les conversations tenues dans le Bureau ovale, ils exigent la communication des bandes. Nixon refuse au nom du «privilège de l’exécutif», puis il destitue le procureur spécial Archibald Cox chargé de l’enquête : le scandale prend encore de l’ampleur. Au bout d’une longue bataille juridique, Nixon est contraint de transmettre les bandes au Congrès, sans pouvoir expliquer pourquoi certains passages ont été effacés.

Difficile de ne pas faire le parallèle avec l’affaire qui met en cause Donald Trump. Dans les deux cas, il s’agit de combattre des adversaires politiques par des moyens obliques ou illégaux. Dans les deux cas, la Maison Blanche récuse les enquêtes menées contre elle et invoque la souveraineté populaire pour s’affranchir du contrôle exercé par les élus. Trump a bien demandé au président ukrainien de l’aider à discréditer Joe Biden, alors considéré comme son adversaire le plus dangereux, de même que Nixon a bien cherché à couvrir les agissements de ses conseillers qui voulaient se renseigner illégalement sur ses adversaires.

A lire aussi Trump-Zelensky, une affaire pavée de mauvaises intentions

Mais les différences entre Nixon et Trump sont également patentes. Certains diront même que les deux affaires n’ont rien à voir. Quand le contenu des bandes a été connu, l’opinion américaine a été choquée de la brutalité des propos tenus et du cynisme dont font preuve Nixon et ses conseillers. Cette brutalité et ce cynisme s’étalent tous les jours dans les tweets de Trump sans que l’opinion en soit alarmée plus que cela. Au fur et à mesure des révélations, la cote de Nixon s’est effondrée, y compris dans l’électorat républicain. Celle de Trump est toujours solide et son camp reste soudé derrière lui. Quand Nixon a refusé de coopérer à l’enquête et quand il a destitué les responsables qui le menaçaient, le scandale a redoublé. Trump a interdit à son administration de collaborer avec les enquêteurs, après s’être débarrassé sans cérémonie des officiels qui pouvaient le gêner, sans provoquer d’indignation au-delà des cercles démocrates. De toute évidence, les défenses immunitaires de la démocratie américaine se sont dangereusement abaissées.

Et quand la menace d’une destitution a pris de la consistance, Richard Nixon a jeté l’éponge et quitté la Maison Blanche. Quel que soit le destin de la procédure d’impeachment enclenchée par les démocrates, les chances de voir Trump l’imiter sont pratiquement nulles. Sous ce rapport, en effet, les deux affaires n’ont rien à voir. C’est bien ce qui doit nous inquiéter.

LAURENT JOFFRIN
 
Publié dans:Etranger |on 9 octobre, 2019 |Pas de commentaires »

L’édito de Libé……………………………..(08/10/2019)

EDITORIAL

Cynisme

Par Laurent Joffrin — 7 octobre 2019 à 21:01

  • Cynisme

ÉDITOUnetrahison. Il n’y a pas d’autre mot pour qualifier l’attitude de Donald Trump à l’égard de ses alliés kurdes. On ne sait si le retrait américain de la zone frontalière sera confirmé : cette perspective rencontre une forte opposition au sein de l’administration américaine. Mais l’intention du Président n’est pas douteuse : il veut abandonner les Kurdes à leur sort.

Rappelons-nous. Quand les alliés ont voulu empêcher les terroristes de l’Etat islamique de s’installer dans leurs terres de conquête, il a fallu trouver des soldats capables d’affronter les islamistes sur le terrain. Les puissances occidentales ne souhaitaient pas déployer des troupes au sol, en dehors de quelques centaines de combattants des forces spéciales : elles se sont tournées vers les Kurdes. Dans leur intérêt, bien sûr, mais aussi dans celui des Occidentaux, ces soldats courageux se sont retrouvés en première ligne. C’est en grande partie grâce à leur abnégation et à leur efficacité que les enclaves créées par Daech sont tombées une à une.

Et voici que pour toute reconnaissance, les Etats-Unis, mollement désapprouvés par les Européens – notamment les Français, pourtant proches des Kurdes -, envisagent très sérieusement d’abandonner purement et simplement leurs alliés aux coups de l’armée turque. Cynisme et double jeu : tels sont les principes qui gouvernent cette trahison annoncée. Nulsimplismedansce diagnostic. On sait que la Turquie, depuis des lustres, redoute plus que tout la constitution d’un embryon de Kurdistan autonome à sa frontière, qui servirait de point d’appui et de référence à la forte minorité kurde présente sur son sol. Mais cette affaire complexe est justiciable d’une négociation entre les parties, qui assurerait la sécurité de nos alliés. On prévoit la désertion. Elle resterait comme une tache sur l’honneur des démocraties.

Laurent Joffrin

Liberation.fr
Publié dans:Etranger |on 8 octobre, 2019 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin…………………..(04/10/2019)

Libération 04 octobre 2019
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Un message venu de Hongkong

Nouvelle tension à Hongkong : les partisans de la démocratie protestent contre l’interdiction du port du masque dans les manifestations que Carrie Lam, la marionnette de Pékin qui gouverne l’archipel, se dispose à promulguer. Les manifestants masquent leur visage pour éviter d’être identifiés : la mesure a de toute évidence un but répressif.

Exotique en apparence, le conflit qui oppose la Chine populaire dictatoriale et les habitants de Hongkong attachés aux libertés publiques a néanmoins une résonance très proche : il vient illustrer le débat qui se développe en France – et en Europe – autour de l’universalisme des droits de l’homme. Un courant «zemmourien» estime que le «droit-de-l’hommisme», selon le vocabulaire en vigueur dans ces parages, menace l’identité traditionnelle du pays en accordant trop de droits à l’individu et pas assez à la communauté nationale, qui doit défendre «sa culture et son mode de vie». Symétriquement, l’extrême gauche «décoloniale» tient les principes républicains pour un paravent commode de la domination «blanche» et une hypocrisie «post-coloniale». Ironie de l’actualité : l’exemple de Hongkong, quoique lointain, fait voler ces deux thèses en éclats.

Arrachée naguère à la Chine par la force, l’enclave de Hongkong est le type même de la création coloniale, restée sous le contrôle de la métropole britannique, telle un «confetti de l’Empire», jusque dans les années 1980. Si la logique identitaire était si naturelle, si puissante, si légitime, les Hongkongais auraient dû se réjouir de leur rattachement «décolonial» à la Chine. Curieusement, il semble bien qu’ils tiennent, comme à la prunelle de leurs yeux, à l’héritage laissé par la puissance coloniale. La Chine libérée au XXe siècle de l’emprise occidentale a même dû le reconnaître, en acceptant la devise consacrée au moment du retrait britannique : «un seul pays, deux systèmes».

Pour une raison toute simple : quoique de culture évidemment chinoise, les habitants de Hongkong estiment que les principes universels de liberté doivent les protéger du pouvoir dictatorial qui sévit en Chine. C’est quand le régime de Pékin a donné le sentiment de vouloir porter atteinte au système judiciaire hérité de l’Empire britannique qu’ils sont descendus dans la rue. Autrement dit, la liberté leur tient plus à cœur que l’unité nationale prônée par le gouvernement de Xi Jinping. Quoique culturellement issus de la civilisation chinoise millénaire, ils préfèrent obéir aux lois d’origine occidentale qui garantissent leurs droits individuels : ils placent la liberté au-dessus de l’identité. Voilà un paradoxe sur lequel les tenants d’une politique identitaire, qu’on trouve sous des formes différentes à l’extrême droite et à l’extrême gauche, devraient réfléchir quelques instants. Les hommes et les femmes sont attachés à leurs racines, certes. Mais à Hongkong comme ailleurs, dès qu’il s’agit de leur liberté, ils se battent au nom de l’universalisme.

LAURENT JOFFRIN
Publié dans:Etranger |on 4 octobre, 2019 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………………………..(29/08/2019)

Libération 29 août 2019
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Salvini : veni, vidi… pschitt

Il voulait passer le Rubicon : il est tombé dedans. Matteo Salvini, ce sous-César numérique et barbu, qui a gagné non la guerre des Gaules mais celle de Twitter, pensait provoquer des élections en détruisant la coalition qu’il avait lui-même montée un an et demi plus tôt. Las ! Dans un réflexe de survie, la démocratie italienne a sorti de son chapeau une de ces combinazione dont elle a le secret. Plutôt que de retourner aux urnes prématurément, les partis inquiets du succès de la Ligue se sont brusquement rabibochés pour maintenir le président du Conseil, Giuseppe Conte, en place et pour constituer une nouvelle majorité parlementaire. Du coup, celui qui croyait s’emparer de tous les pouvoirs n’en a plus aucun, sinon le ministère de la parole qui désormais tourne à vide. Veni, vidi… pschitt.

Certes, l’alliance des sociaux-démocrates et des Cinq Etoiles est celle de la carpe et du lapin, sans qu’on sache encore si c’est la carpe qui a sauté hors de l’eau ou le lapin qui a enfilé un scaphandre. La peur de perdre a scellé cette coalition, et non une quelconque convergence programmatique. On dira que cet emplâtre ne saurait tenir, que Conte ne pourra pas gouverner longtemps, que Salvini dans l’opposition aura tout loisir de déployer en grand sa démagogique éloquence, que c’est finalement reculer pour mieux sauter, à la prochaine échéance, dans une sorte de fascisme soft et légal dominé par la Ligue, avec quelques supplétifs post-mussoliniens ou berlusconiens.

C’est oublier une réalité maintes fois démontrée : en politique, il faut saisir sa chance quand elle passe. Salvini a vu passer la sienne ; il n’a pas su l’attraper. L’histoire repasse rarement les plats. Grâce à une manœuvre sans gloire, ses adversaires ont évité le pire et gagné du temps – trois ans selon la Constitution. La tâche est ardue, l’attelage hautement incertain. Mais enfin, il vit.

Dans ces circonstances, l’Europe tient en main les cartes décisives. Si enfin lui vient un début de sens politique, elle aidera de tout son possible la nouvelle majorité italienne. En desserrant la contrainte budgétaire qui gêne le gouvernement italien, en proposant des projets communs, en prenant résolument en charge la question des migrants de la Méditerranée qui alimente sans cesse la popularité de la Ligue. Bref, en faisant sentir aux classes populaires italiennes, soutien de Salvini, que Bruxelles se soucie d’elles, que l’Union n’est pas la mère fouettarde qu’on croit, qu’elle peut aussi aider, favoriser, protéger les peuples qu’elle est censée unir. Pour Bruxelles, ce n’est pas une affaire de calculs, de raisonnements macroéconomiques ou de principes monétaires. C’est une question de survie.

LAURENT JOFFRIN
Publié dans:Etranger |on 29 août, 2019 |Pas de commentaires »

Italie………………………………………(20/08/2019)

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Crise politique en Italie : le Premier ministre Giuseppe Conte annonce sa démission après un discours virulent contre le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini
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Publié dans:Etranger |on 20 août, 2019 |Pas de commentaires »

Ducky pédale dans la semoule……….(14/08/2018)

TRIBUNE. La multiplication des offensives américaines soulève une série de questions sur leur lisibilité, leur cohérence et leur impact macroéconomique mondial.

Par Jean-François Boittin

Publié le 14 août 2018 à 07h07

Spécialiste d’économie internationale, ancien de la rue d’Ulm et de l’ENA, Jean-François Boittin a mené les équipes françaises pendant les négociations de l’Uruguay Round, jusqu’à la création de l’OMC, puis dirigé les équipes économiques des ambassades de France à Washington et Berlin. Installé à Washington, consultant, collaborateur du CEPII, il analyse régulièrement pour « l’Obs » les décisions internationales prises par Donald Trump.

 

Le président Trump avait affiché la couleur via son mode de communication favori, un jour après l’annonce du relèvement des droits de douane américains sur l’acier et l’aluminium à 25 et 10% : « Les guerres commerciales sont une bonne chose, et se gagnent facilement. » Pour l’instant, aucune victoire ne se profile à l’horizon qui justifierait cette affirmation, mais le président américain et son administration multiplient l’ouverture des fronts : si l’Union européenne et les Etats-Unis ont conclu une trêve, bienvenue, mais dont la solidité est par ailleurs douteuse, le conflit commercial avec le Chine s’envenime et surtout la semaine dernière a vu le lancement de trois offensives contre l’Iran, la Russie et la Turquie, un cocktail surprenant qui rassemble un ennemi héréditaire, l’Iran, un partenaire courtisé par le président, la Russie de Vladimir Poutine, et un pays allié au sein de l’Otan.

L’attaque contre l’Iran, après la sortie de l’accord nucléaire négocié par l’équipe précédente –et honnie –, était attendue et constitue une première phase de sanctions avant une deuxième vague prévue pour novembre. Depuis le 7 août, toute transaction avec l’Iran en dollars, or ou en métaux précieux, mais aussi l’importation d’acier, d’aluminium, de charbon sont interdites, de même que les exportations d’aéronefs ou d’automobiles. L’exportation par l’Iran de tapis ou de pistaches aux Etats-Unis n’est plus possible.

La Russie accusée

Les sanctions annoncées par le département d’Etat contre la Russie représentent en revanche une surprise. Les autorités américaines avaient expulsé un certain nombre de diplomates russes après l’attaque contre Sergei Skripal et sa fille avec un gaz neurotoxique au Royaume-Uni sans invoquer pour autant la loi pour l’élimination et le contrôle des armes biologiques et chimiques (« CBW Act »).

Le département d’Etat a, le 9 août, invoqué cette loi pour mettre en place une première série de sanctions contre la Russie, interdisant l’exportation de technologies à possible usage militaire. Ces sanctions prendront effet le 22 août. Plus grave : si la Russie ne fournit pas, sous 90 jours, des preuves tangibles de sa renonciation à l’utilisation de ces armes, et n’autorise pas l’inspection de ses facilités de production par des inspecteurs des Nations unies – ce qui est peu vraisemblable –, la loi CBW impose des mesures autrement draconiennes : réduction du niveau des relations diplomatiques entre les deux pays, fermeture du territoire américain à Aeroflot. De manière significative, le président n’a fait aucun commentaire sur le sujet et n’a pas démenti le porte-parole du département d’Etat, qui avait cru bon de souligner « l’unité » de l’administration sur le sujet. Il est difficile cependant de ne pas croire que la mesure prise l’a été par l’entourage du président et une équipe diplomatique de « babysitters » dont les efforts pour encadrer ses humeurs par exemple pendant le sommet de l’Otan sont décrits par les journalistes du « New York Times ».

La prise d’otage d’un pasteur

En ce qui concerne la Turquie, le président est à la manœuvre. Indépendamment des sujets de crispation récurrents (du côté américain, achat de missiles sol-air russes par Ankara, du côté turc, soutien américain aux milices kurdes en Syrie), c’est la prise en otage d’un pasteur évangélique qui a mis le feu aux poudres. Andrew Brunson est accusé de complicité dans le coup d’Etat contre le président Erdogan, mais il est facile d’imaginer qu’il est un pion que la Turquie souhaite échanger contre Gülen, dont elle demande l’extradition depuis l’échec du putsch.

Le sujet est sensible pour la base évangélique du président Trump. Sortant de l’ordinaire parce que visant deux ministres d’un allié des Etats-Unis au sein de l’Otan, les sanctions prises contre le ministre de la Justice et le ministre de l’Intérieur seraient restées anecdotiques si la rhétorique déployée de part et d’autre n’avait envenimé la situation à un moment de fragilité de la situation économique en Turquie et de faiblesse de la monnaie turque. L’annonce par tweet présidentiel du doublement des droits de douane sur l’acier et l’aluminium exportés par la Turquie, à 50 et 20% respectivement, a précipité l’effondrement de la lire turque (15% vendredi 10 août, 40 % depuis le début de l’année).

La multiplication des offensives américaines soulève une série de questions sur leur lisibilité, leur cohérence et leur impact macroéconomique mondial :

  • Lisibilité : fait du prince, le doublement des droits sur l’acier et l’aluminium turcs est justifié par l’administration comme nécessaire pour des raisons de sécurité nationale, le paravent déjà utilisé pour prendre des mesures « erga omnes » et qui apparaît de plus en plus comme un outil de pur arbitraire.
  • Cohérence en termes de politique étrangère comme de politique économique. Alors que la pression sur l’Iran, pour être efficace, nécessite la mise en place d’une coalition internationale, les mesures américaines incitent leurs cibles à serrer les rangs, comme en témoigne l’accord sur la Caspienne, ou les échanges entre Erdogan et Poutine. Le président Trump ne manque pas de saluer comme des victoires la mauvaise performance de l’économie iranienne – ou chinoise –, et la dépréciation de la monnaie iranienne ou de la lire turque, oublieux de la contradiction évidente entre son souci d’améliorer la balance commerciale américaine et le renchérissement du dollar : celui-là même qui décriait il y a un mois la politique de dévaluation monétaire de l’Europe salue le dollar « fort », alors que la crainte de la contagion turque sur les banques européennes fait perdre 1% à l’euro en un jour.
  • Impact macroéconomique : la Turquie est dans une position fragile, mais n’est pas seule. De nombreux pays émergents sont vulnérables, à des degrés divers, à un renchérissement du dollar, inévitable compte tenu de la politique budgétaire américaine, et aggravé par des crises internationales. Les Etats-Unis ont toujours joué le rôle de leader lors des crises internationales. Le voudront-ils en cette période d’ »America First » ? Le voudraient-ils, en auraient-ils les moyens ? La fin de semaine dernière offre un précédent inquiétant. Pendant que les pompiers du Treasury s’efforçaient d’éteindre l’incendie turc en prodiguant quelques conseils, des plus classiques au demeurant, le pyromane en chef versait consciencieusement de l’huile sur le feu.

 

L'Obs

Jean-François Boittin

desirdavenir77500
Publié dans:Etranger |on 14 août, 2018 |Pas de commentaires »

Les doutes d’un dictateur……………….(23/06/2018)

Kayhan Ozer. Anadolu Agency.

Le chef de l’Etat, homme fort du pays depuis quinze ans, se voit pour la première fois menacé lors des élections générales anticipées qu’il a convoquées ce dimanche. Celui qui voulait consolider encore son pouvoir doit désormais tenter de le conserver.

  • Turquie : crise de doutes pour Erdogan

Convoquées à la hâte le 18 avril, les élections législatives et présidentielle qui se tiennent ce dimanche marquent la volonté de Recep Tayyip Erdogan de parachever sa marche vers un pouvoir quasi absolu. Le pari présente de gros risques et de nombreuses inconnues, tant pour le «reis» que pour la stabilité de la Turquie.

Le détonateur économique

Premier sujet d’inquiétude des Turcs, la situation économique du pays aura été le moteur de cette campagne électorale. C’est la menace d’une crise imminente qui aurait même en partie décidé le président Erdogan à annoncer la tenue de ces élections anticipées. La liste des maux est longue. La livre turque a perdu près de 20 % de sa valeur face au dollar depuis le début de l’année. L’inflation dépasse les 12 %. Le chômage s’enracine autour de 17 %. Et l’incertitude qui pèse sur le scrutin ne fait qu’exacerber les inquiétudes des marchés et des investisseurs financiers à l’égard de la Turquie et de son leader. Jusque-là plébiscité lors des scrutins grâce à des indicateurs au vert et un taux de croissance fringuant, Erdogan et son parti islamo-conservateur, l’AKP, pourraient bien pâtir dans les urnes des nuages sombres qui s’accumulent au-dessus de l’économie turque.

A lire aussiEn Turquie, Muharrem Ince, l’inconnu devenu premier opposant

L’incertitude des prévisions

«Les électeurs ne parlent pas. Ils n’osent pas déclarer leurs véritables intentions.» Ces propos reviennent dans la bouche des responsables de nombreux instituts de sondage. Qu’ils soient pro-AKP ou considérés comme «sérieux», ils n’ont cessé de faire valoir la volatilité des réponses des électeurs, comme leur réticence à s’exprimer. «Habituellement, pour remplir 18 questionnaires, un enquêteur doit frapper à 40 portes, indique le responsable de l’institut Gezici dans le quotidien Cumhuriyet. Cette fois, il lui fallait frapper à 120 portes.» Conséquence, les résultats contradictoires des différents sondages publiés font le grand écart. Le score attribué à Erdogan pour le premier tour de la présidentielle varie ainsi entre 40 et 60 %.

Des alliances improbables

Deux principales alliances concurrentes se présentent aux élections législatives. Le Cumhur Ittifaki (Alliance du peuple) est celle du pouvoir sortant, avec l’AKP allié au parti ultranationaliste de droite MHP. Le Milli Ittifaki (Alliance de la nation) est formé, lui, de quatre partis d’opposition aussi disparates par leur taille que par leur ancrage politique. Parmi eux, le Parti républicain du peuple (CHP, centre gauche, laïque), qui mène le groupe de par son poids de première force d’opposition du pays ainsi que par l’ascension de son candidat à la présidentielle, Muharrem Ince , qui grappille du terrain sur Erdogan. En revanche, l’assemblage avec d’une part le nouveau parti IYI (libéral, nationaliste et pro-occidental) et d’autre part le vieux parti islamiste Saadet («félicité») peut difficilement constituer une alternative de gouvernement. «C’est une coalition fourre-tout, incohérente et opportuniste, estime Dorothée Schmid, directrice de la recherche sur le Moyen-Orient et la Turquie à l’Institut français des relations internationales. Plutôt que « tout sauf Erdogan », elle semble fondée sur un « tout sauf les Kurdes ».» Le Parti démocratique des peuples (HDP), pro-kurde et deuxième force d’opposition, n’a pas été convié à rejoindre l’alliance.

Les Kurdes, faiseurs de roi ?

Ce sera l’un des enjeux majeur de ce scrutin : le HDP va-t-il franchir le seuil national de 10 % nécessaire pour siéger au Parlement ? Du résultat de cette formation de gauche qui récolte la majorité de ses voix dans le sud-est du pays (à majorité kurde) dépend l’issue des législatives. En effet, si le HDP venait à passer ce barrage, il priverait dans le même temps l’AKP – son seul rival électoral dans le Sud-Est – d’une soixantaine de sièges de députés et ainsi de sa majorité, trustée depuis 2002. Présent à l’Assemblée, le HDP pourrait devenir un potentiel partenaire des autres partis d’opposition. Avant d’en arriver là, le HDP a dû traverser une campagne extrêmement tendue, émaillée de violences et d’arrestations. Aujourd’hui, plusieurs milliers de ses membres, dont son ancien leader et candidat à la présidentielle de ce dimanche Selahattin Demirtas, sont toujours emprisonnés.

A lire aussi Qui sont les rivaux d’Erdogan ?

La peur du bourrage d’urnes

Avec des sondages très incertains, la crainte de fraudes gagne une partie de l’électorat de Turquie. Pour tenter de pallier cela, les quatre principaux partis d’opposition du pays ainsi que des ONG ont décidé de mettre sur pied une plateforme pour réaliser leur propre décompte et validation des voix. L’objectif est ainsi d’éviter le scénario du référendum d’avril 2017, un scrutin entaché par d’importants soupçons. Mais plusieurs décisions récentes de la majorité et du Haut Comité électoral, comme la prise en compte, le jour du scrutin, des bulletins et enveloppes sans tampon officiel, ont ravivé la peur du bourrage d’urnes. Une crainte particulièrement présente dans le sud-est de la Turquie, où le HDP dénonce la présence massive de forces de sécurité qui pourraient décourager leurs électeurs.

Hala Kodmani envoyée spéciale en Turquie , Quentin Raverdy Correspondance à Istanbul

Liberation.fr
Publié dans:Etranger |on 23 juin, 2018 |Pas de commentaires »

Ducky fait de siennes…………….(07/06/2018)

A la veille du G7 qui va débuter au Québec, les Etats-Unis font peser la menace d’une guerre commerciale avec l’Europe sur les droits de douane.
Par Jean-François Boittin
Publié le 07 juin 2018 à 06h30
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Trump lance la guerre des taxes : pourquoi l’Europe a raison de répliquer

Spécialiste d’économie internationale, ancien de la rue d’Ulm et de l’ENA, Jean-François Boittin a mené les équipes françaises pendant les négociations de l’Uruguay Round, jusqu’à la création de l’OMC, puis dirigé les équipes économiques des ambassades de France à Washington et Berlin. Installé à Washington, consultant, collaborateur du CEPII, il analyse régulièrement pour « l’Obs »  les décisions internationales prises par Donald Trump.
La justification du G7 est double : il réunit les dirigeants des principales économies des pays dits développés, unis en principe par leur attachement à la démocratie comme à la libre entreprise, et à des échanges ouverts. Cette justification est remise en cause aujourd’hui : le plus gros – dans tous les sens du terme – membre préfère visiblement les autocrates à ses homologues européens, et multiplie les initiatives protectionnistes, tout en proclamant –avec une hypocrisie totale – son attachement au libre-échange pourvu qu’il soit « loyal » et « réciproque ».
Nul doute que les Européens du G7 vont se voir reprocher abondamment leur droit de douane de 10% sur les automobiles, alors que les Etats-Unis imposent un droit de 2,5%, exemple favori du président Trump. Ce à quoi la réponse est facile.
Les deux droits de douane US
Premièrement : le président et ses sbires, à commencer par le secrétaire au Commerce, Wilbur Ross, propagent allègrement ce que Donald Trump baptise une fausse nouvelle (« fake news ! »). Il n’y a pas un, mais deux droits de douane aux Etats-Unis, un de 2,5% sur les voitures particulières, et un de 25% sur les « pick-up trucks », des pseudos tout terrain qui quittent rarement l’asphalte, favoris du consommateur et source de l’essentiel des profits de l’industrie automobile locale. Ces 25% sont suffisamment chers au cœur des industriels américains pour que le démantèlement de ce droit ait été repoussé à 30 ans dans la récente renégociation de l’accord de libre-échange avec la Corée.
Deuxièmement : le droit européen de 10% n’a jamais été remis en cause par les négociateurs américains précédents, non pas, comme le pense le président, parce qu’ils étaient incompétents, mais parce qu’il « protégeait », faiblement certes, les constructeurs américains installés en Europe, Ford et General Motors, contre la concurrence des entreprises japonaises ou coréennes. Ce droit de douane était en particulier la seule ligne de défense européenne, totalement légale au regard du GATT puis de l’OMC, alors que les Etats-Unis avaient mis en place, dans les années 1980, de prétendues « restrictions volontaires aux exportations » à l’égard du Japon, totalement illégales au regard de l’OMC.
Les Américaines ne font plus rêver
Troisièmement : le facteur décisif dans la concurrence internationale est la compétitivité des produits. L’automobile américaine n’est pas compétitive en Europe : GM a accumulé des pertes pendant dix-sept années consécutives, avant d’être racheté par PSA. Ford, qui va mettre fin aux Etats-Unis à sa production de voitures pour se concentrer sur les automobiles électriques et les pick-up, se pose régulièrement la question de sa présence de ce côté-ci de l’Atlantique.
La concurrence est trop forte : Volkswagen, PSA et Fiat sur le bas et moyen de gamme, Audi, BMW et Volvo sur le haut de gamme. Même situation sur les marchés tiers : au Japon, où le droit de douane est nul, et les contrôles techniques identiques, l’Europe vend 14 fois plus de véhicules automobiles que les Etats-Unis.
Voilà pour l’automobile. Et le reste ? Les chiffres sont éclairants : en ce qui concerne les produits industriels, le gros des échanges transatlantiques, et le seul secteur qui intéresse le président Trump, les produits américains sont frappés de droits de 1,4%, en moyenne pondérée, à l’entrée dans l’Union, les produits européens de droits de 1,6% (statistiques de l’OMC).
Une négociation devrait déboucher, en bonne logique, sur un relèvement moyen de 14% des droits européens à l’égard des produits américains, ou une réduction comparable des droits américains. Chiche !

Jean-François Boittin

Publié dans:Etranger |on 7 juin, 2018 |Pas de commentaires »
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