Archive pour la catégorie 'Europe'

L’édito de Laurent Joffrin………………….(15/06/2017)

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Il faut alléger le fardeau de la Grèce

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Fusillade à San Francisco : trois personnes tuées, suicide du tueur

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La jeunesse, grande oubliée de ce début de quinquennat ?

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Mélancolies du Grand Soir

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L’intelligence, pas du tout QI

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Georgette Elgey, retour aux origines

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Le manspreading ou la place des hommes

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EDITORIAL

Il faut alléger le fardeau de la Grèce

Par Laurent Joffrin — 14 juin 2017 à 20:46
Aléxis Tsípras a reçu Bruno Le Maire à Athènes le 12 juin.Zoom
Aléxis Tsípras a reçu Bruno Le Maire à Athènes le 12 juin. Photo Angelos Tzortzinis. AFP

A l’occasion de l’Eurogroupe ce jeudi qui décidera du sort du pays, «Libération» appelle la France à peser en faveur d’une annulation, au moins partielle, de sa dette publique, dont le remboursement étrangle la population depuis trop d’années.

ÉditoMonsieur le Président, serez-vous à la hauteur ? De l’avis général, vous avez réussi votre entrée sur la scène internationale, que ce soit lors du G7 ou bien au sein de l’Union européenne. Mais c’étaient surtout des gestes symboliques. La «patrie des droits de l’homme» s’honorerait aujourd’hui en passant aux actes dans un dossier brûlant : celui de la dette grecque, qui accable depuis sept ans l’autre patrie de la démocratie. En convainquant les Européens d’adopter enfin une attitude digne de leurs valeurs, vous donneriez une substance concrète à la relance européenne, que vous avez si souvent invoquée pendant votre campagne. La main qui fut si énergique pour affronter Donald Trump le broyeur se tendra-t-elle aussi vers le peuple grec en souffrance ?

Le sort de la Grèce se joue ce jeudi à Luxembourg, lors de la réunion des ministres des Finances de la zone euro qui doit passer en revue le troisième programme de redressement souscrit par les Grecs. Sous la courageuse direction d’Aléxis Tsípras, le pays a consenti des efforts inouïs pour respecter ses engagements. Les dépenses publiques ont été coupées, le déficit public a été ramené à 1,1 % du PIB et la Grèce a accepté de porter, à coups de mesures d’austérité, son «excédent primaire» (hors remboursement de la dette) à plus de 3 % du PIB. La Commission reconnaît elle-même qu’elle n’a jamais eu depuis le début de la crise un dirigeant grec aussi fiable en face d’elle. Ces sacrifices ont atteint cruellement la société grecque. Pour prendre un seul exemple, les retraites ont été divisées par deux depuis le début de la crise. On imagine le séisme qu’une telle réduction aurait provoqué en France.

L’Europe, qui a pris la responsabilité de favoriser l’adhésion grecque, puis d’obliger Athènes à une diète inédite dans l’histoire récente du continent, ne peut pas continuer à exiger la livre de chair de Shylock décrite par Shakespeare pour symboliser l’inhumanité d’un créancier impitoyable. Certes elle a déjà décidé d’un «haircut» (une réduction de dette) pour la partie privée des crédits. Certes, elle a ensuite étalé les remboursements. Certes, l’Eurogroupe va sans doute débloquer les 7 milliards dont la Grèce a besoin pour éviter le défaut de paiement. Mais il est clair, aux yeux de tous les experts de bonne foi, qu’il faut aujourd’hui aller nettement plus loin. Non seulement alléger encore, autant que possible, le poids des paiements énormes que le pays doit assurer. Mais surtout réduire, par une mesure claire, la dette de près de 180 % du PIB qui pèse toujours sur l’économie grecque. Le FMI le fait déjà en accordant aux pays endettés des remises proportionnées aux réformes mises en œuvre. Ce ne serait que justice envers un peuple dont le calvaire a largement compensé les erreurs commises naguère par ses dirigeants. Faut-il rappeler que la crise grecque est l’argument le plus efficace brandi par les ennemis de l’Union européenne ?

Monsieur le Président, au sein du gouvernement précédent, vous avez déjà fait preuve de sollicitude envers la Grèce. Vous êtes aujourd’hui en position de force. Vous avez l’occasion de jouer un rôle décisif dans l’histoire de l’UE. Le ferez-vous ?

Laurent Joffrin

Publié dans:Economie, Europe |on 15 juin, 2017 |Pas de commentaires »

L’édito de Laurent Joffrin…………..(01/06/2017)

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Protéger

ÉditoL’Europe, pour Donald Trump, serait-elle un «covfefe», selon l’étrange vocable qui termine un des derniers tweets du président à la mèche blonde et qui a plongé les réseaux sociaux dans un abîme de perplexité ? Un «covfefe», c’est-à-dire un objet non identifié, indistinct, incertain, voire inexistant. La dernière tournée du chef d’Etat américain a montré le peu de cas qu’il faisait de l’Union européenne, de l’Alliance atlantique et peut-être de l’accord sur le climat conclu l’année dernière par son prédécesseur. D’un mal peut sortir un bien : traitée par-dessus la jambe, l’Europe est mise au défi… de retrousser ses manches. Ramenée à presque rien par Trump, elle peut se rebiffer pour devenir quelque chose. La Commission de Bruxelles, Emmanuel Macron et Angela Merkel en sont d’accord et, pour une fois, les bonnes paroles pourraient déboucher sur quelques actes. Europe bancaire, budgétaire, militaire, migratoire : les projets sont sur la table, il n’y manque que la volonté politique, qu’on commence à afficher. Mais rien ne sera vraiment efficace sans qu’on remplisse une condition décisive. Le déclin de l’Union dans l’opinion du continent ne tient pas seulement à son impotence politique ou diplomatique. Elle dérive de son incapacité à protéger ses citoyens des duretés cruelles de la mondialisation. C’est ce fait d’évidence qui doit maintenant guider les décideurs européens dans leur volonté de relancer la construction commune. Et il n’y a pas d’autre terrain tangible que les questions sociales pour y parvenir. Plutôt que de s’échiner à assurer la libre circulation de l’argent et des marchandises, objectif déjà atteint, l’Europe doit montrer aux travailleurs qu’elle peut les protéger, qu’elle peut atténuer par une politique volontaire les épreuves imposées aux classes populaires. Sans cela, nous serons immanquablement ramenés au «covfefe».

Laurent Joffrin

Liberation.fr
Publié dans:Europe |on 1 juin, 2017 |Pas de commentaires »

Brexit………………………..(29/03/2017)

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  23h14
Alerte info
Brexit : la Première ministre britannique a signé la lettre qui va déclencher la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenneLes négociations du Brexit vont commencer. La Première ministre britannique Theresa May a signé, mardi 28 mars, la lettre officielle qui sera remise le lendemain à Bruxelles pour stipuler que le Royaume-Uni lance les négociations du divorce avec l’Union européenne, selon une photo diffusée dans la soirée. Sur cette photo officielle diffusée par Downing Street, on voit Theresa May en train de signer la lettre d’activation de l’article 50 du traité de Lisbonne qui sera remise mercredi en fin de matinée au président du conseil européen Donald Tusk.
Cliquez ici pour plus d’informations
Publié dans:Europe |on 29 mars, 2017 |Pas de commentaires »

Terra Nova………………………..(17/03/2017)

Synthèse

Le prochain quinquennat sera européen ou ne sera pas. L’Europe, comme la France, est en crise. La France, en tant que pays fondateur de la Communauté européenne, a une responsabilité majeure de proposer des orientations pour sortir l’Union européenne de l’ornière. Mais elle a aussi besoin que l’Europe se réforme pour préserver les valeurs auxquelles elle croit et agir sur des évolutions d’ampleur mondiale que seul le niveau européen peut l’aider à influencer.

La polycrise que connaît l’Union Européenne depuis près d’une décennie – crise de l’euro et de la dette, stagnation économique, crise des réfugiés, crise sécuritaire, crises géopolitiques à ses portes, méfiance délétère des citoyens – la met en danger. A ces crises du niveau européen s’ajoute une crise profonde de la représentation politique et de la politique dans l’ensemble des pays européens. La combinaison de ces crises suscite la crainte, voire le rejet de l’altérité, et alimente les populismes aux réponses simplistes. Dans ce contexte, l’Union européenne devient une victime expiatoire toute désignée.

Par ailleurs, la construction européenne est fragilisée par le fait que le projet de solidarité sur lequel elle s’est bâtie depuis soixante ans semble remis en cause aujourd’hui dans certains secteurs des opinions publiques, et par certains gouvernements. Sans sursaut, l’Union européenne, collectivement, et ses Etats membres – dont la France – se préparent à des déconvenues plus grandes encore. Pour la première fois, l’inquiétude quant à la stabilité et sécurité européenne ne vient pas uniquement de l’Est ou de Proche et Moyen Orient, mais aussi de l’Ouest, avec l’élection de Donald Trump et le triomphe du populisme réactionnaire à la tête des Etats-Unis.

L’élection présidentielle française au printemps 2017 est de ce point de vue un moment électoral majeur en Europe. Dans le scénario du pire, elle aussi pourrait sombrer dans le repli sur soi, entraînant avec elle le repli européen. L’Europe deviendrait au mieux spectatrice de la compétition entre les trois grandes puissances continentales que sont les Etats-Unis, la Russie et la Chine, au pire l’enjeu de la nouvelle connivence entre M. Trump et M. Poutine.

Terra Nova ne se place pas dans cette perspective. Ce rapport se fonde sur un constat et un engagement : le XXIème siècle a besoin d’une construction européenne forte et renouvelée, pour ses Etats membres comme pour le monde. Pour cela, la France doit proposer aux Français un projet pour l’Europe, à l’Allemagne – qui votera aussi en 2017 – un projet de relance franco-allemande de l’Europe, et aux Européens un autre avenir que le retrait de la France du projet d’intégration européenne.

Terra Nova se veut porteur d’un projet progressiste pour l’Europe. Ce n’est pas par le repli national que l’on apportera une réponse à des défis d’ampleur séculaire. Mais il s’agit aussi de mettre un terme à l’inefficacité actuelle. Des vices anatomiques originaux mettent en péril les réalisations phares de l’Union européenne (euro, Schengen, marché intérieur). Des institutions communes affaiblies par l’intergouvernementalisme sont devenues inopérantes. De ce fait, les promesses non tenues (gestion des crises géopolitiques, réguler la mondialisation) débouchent sur un procès en illégitimité de la part de citoyens en attente d’efficacité.

Ce rapport vise à dessiner ce que pourrait être ce nouveau projet européen. Nous proposons que l’Union européenne soit le protagoniste d’un nouvel équilibre mondial, que ce soit en matière économique, sociale ou géopolitique, car seul le poids d’une Europe unie et renforcée dans ses moyens d’action peut faire changer le cours du monde. C’est cette mission — après la paix et la prospérité — que nous proposons d’assigner à l’Union européenne du XXIe siècle.

Pour y arriver, il s’agira de recentrer l’Union européenne sur des priorités claires, en nombre limité, sur lesquelles les efforts doivent se concentrer dans la prochaine décennie. Quatre priorités sont proposées :

  • Une Europe qui protège ;
  • Une gouvernance économique commune centrée sur la régulation du capitalisme financier ;
  • Une Europe de la transformation positive, fondée sur une croissance durable et équitable ;
  • La réponse à l’urgence démocratique.

La future négociation du Brexit, malgré tous les risques qu’elle implique, imposera d’ailleurs de réexaminer l’ensemble de l’édifice européen. Il faudra prendre la mesure des conséquences du Brexit sur les politiques européennes et les réformer en conséquence. Il faudra ramener l’UE à l’essentiel: agir plus là où c’est essentiel pour son avenir, rendre des compétences aux Etats membres dans les domaines où, à l’heure actuelle, l’UE a peu d’influence. Face aux possibles divisions entre Etats membres, il faudra si nécessaire assumer une intégration différenciée.
Pour lire le rapport dans sa version intégrale, merci de cliquer sur ce lien,

Publié dans:Europe, Politique |on 17 mars, 2017 |Pas de commentaires »

Flash « franceinfo »……………………(14/03/2017)

Logo Francetv info 10h08
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Un employeur peut interdire le port de signes religieux comme le voile islamique, selon la Cour de justice européenneUne règle interdisant le port visible de « tout signe politique, philosophique ou religieux » dans une entreprise ne constitue pas une discrimination directe, a indiqué la Cour de justice de l’Union européenne dans un arrêt rendu mardi 14 mars. La Cour s’est penchée sur la question du voile après avoir été saisie du cas de deux femmes, en France et en Belgique, qui estimaient avoir été discriminées sur leur lieu de travail en raison de leur religion.
Cliquez ici pour plus d’information
Publié dans:Europe |on 14 mars, 2017 |Pas de commentaires »

L’édito de Laurent Joffrin……………(14/03/2017)

Inquiétude identitaire

ÉditoVoilà un paradoxe sur lequel on doit méditer : aux Pays-Bas, où l’économie va plutôt bien et où les mécanismes de protection sociale sont forts, l’extrême droite menace de faire un excellent score aux législatives de mercredi. Elle ne pourra sans doute pas gouverner, puisque les autres partis refusent de s’allier avec elle. Mais le parti xénophobe de Geert Wilders domine la campagne en imposant ses thèmes anti-musulmans et anti-Europe dans le débat. Certes, les tenants d’explications traditionnelles souligneront que la politique libérale du Premier ministre actuel a aggravé la situation des plus modestes. Mais le taux de chômage est de 6%, les déficits en voie de résorption, le niveau de vie moyen très élevé et la criminalité descendue à une proportion faible. C’est donc bien l’inquiétude identitaire qui joue le premier rôle dans la montée de Geert Wilders.

Comment la combattre ? Difficile de donner une réponse simple, quand les musulmans aux Pays-Bas représentent au plus 5% de la population et n’ont évidemment aucune intention d’imposer leur mode de vie aux 95% restants. Il y a dans cette angoisse pour l’intégrité culturelle du pays une telle part d’irrationalité que les arguments de bon sens glissent sur ces électeurs comme l’eau sur les plumes d’un canard. Une leçon est sûre, en revanche, dans cette campagne : l’identité des Pays-Bas, c’est aussi l’ouverture sur l’Europe, dont cette nation tolérante est membre fondateur. Encore faut-il que cette Europe dessine un avenir commun en redevenant actrice de sa propre histoire au lieu de se perdre dans l’aboulie. Et qu’elle convainque le peuple qu’elle est là pour le protéger et non l’exposer à la lutte de tous contre tous. La lutte contre le nationalisme hollandais se joue autant à Bruxelles qu’à La Haye ou Rotterdam.

Laurent Joffrin

liberation.fr
Publié dans:Europe, Politique |on 14 mars, 2017 |Pas de commentaires »

Un p’tit nouveau………………….(17/01/2017)

Logo Francetv info 20h57
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L’Italien Antonio Tajani est élu président du Parlement européenVoici le nouveau président du Parlement européen. L’Italien Antonio Tajani, candidat du PPE, a été élu avec 351 voix, mardi 17 janvier, après quatre tours d’un vote indécis. Candidat du Parti populaire européen (PPE), de centre-droit, et ancien commissaire européen et proche de Silvio Berlusconi dont il fut porte-parole, le président élu disposait d’un avantage mathématique, son groupe de 217 députés étant le plus important dans l’hémicycle
Publié dans:Europe |on 17 janvier, 2017 |Pas de commentaires »

Bratislava………………………….(17/09/2016)

UE

«L’esprit de Bratislava», celui d’une Europe en bout de course

Par Jean Quatremer, Envoyé spécial à Bratislava — 16 septembre 2016 à 21:35
François Hollande et Angela Merkel lors d'une conférence de presse commune vendredi 16 septembre 2016 à Bratislava en Slovaquie.
François Hollande et Angela Merkel lors d’une conférence de presse commune vendredi 16 septembre 2016 à Bratislava en Slovaquie. AFP

Malgré les efforts de Hollande et Merkel pour vendre l’image d’une concorde retrouvée, les dirigeants européens réunis ce vendredi en Slovaquie ont une nouvelle fois montré leur incapacité à se mettre d’accord, confirmant la paralysie de l’Union.

  •  «L’esprit de Bratislava», celui d’une Europe en bout de course

Tout un symbole: des journalistes parqués de l’autre côté du Danube, dans un immense hangar, pendant que les 27 chefs d’État et de gouvernement discutent à huis clos dans le château de Bratislava, en Slovaquie, à un kilomètre de là, protégés par un imposant dispositif policier. Une journée de réunions, ce vendredi, sans des Britanniques déjà sur la voie de sortie, et sans qu’aucune information ne filtre – et on peut faire confiance aux Slovaques pour s’assurer que les journalistes ne sortent pas du cadre. Il a fallu attendre les conférences de presse finales, en fin de journée, pour que chacun livre «sa» version du sommet à «sa» presse, souvent totalement différente d’un «chef» à l’autre au point qu’on a l’impression que 27 réunions parallèles ont eu lieu. Quand il s’agit de «rapprocher l’Europe des citoyens», «de resserrer les liens distendus entre l’Europe et les citoyens», «de prendre conscience de la défiance des citoyens», comme l’a gravement expliqué jeudi le chef de l’État français, les gouvernements savent décidément s’y prendre.

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François Hollande et Angela Merkel, la chancelière allemande, qui ont tenu, pour la première fois depuis l’élection du premier, conférence de presse commune (limitée à deux questions par pays…), ont essayé de vendre un «esprit de Bratislava», celui de la concorde retrouvée entre l’Est et l’Ouest, entre le sud et le nord, entre les riches et les pauvres, entre les démocraties autoritaires et les démocraties libérales. Un beau conte de fées que Matteo Renzi, le Premier ministre italien, a fait immédiatement voler en éclats en déclinant toute conférence de presse commune avec le couple franco-allemand : «je refuse de suivre un scénario visant à faire croire aux citoyens que nous sommes d’accord sur tout»… Et d’énumérer, parmi les principaux points de désaccord, les réfugiés et la politique économique, notamment allemande, etc. Même écho de Viktor Orban, le chef du gouvernement hongrois. Mais alors, que s’est-ll donc réellement passé au cours de la journée ? On ne le saura que lorsque le soi-disant «esprit de Bratislava» aura fait long feu…

Caricature de débat démocratique

Cette caricature de «débat démocratique» qui autorise tous les mensonges confirme que le problème central de l’Union est bel et bien le Conseil européen, l’instance suprême de l’Union, le lieu où les chefs d’État et de gouvernement dirigent dans le secret le plus total et en l’absence de tout contrôle démocratique, l’Europe. Pis : en trente ans, au fur et à mesure que le Conseil des «chefs» a affirmé ses pouvoirs, jusque dans les moindres détails techniques qui relevaient jusque-là soit de la Commission, soit des Conseils des ministres sectoriels, le secret entourant les délibérations des Vingt-huit s’est renforcé jusqu’à la caricature, en particulier sous l’impulsion des Français qui adorent les secrets d’État.

Si l’Union est «dans une situation critique», comme l’a déclaré Angela Merkel, est «menacée de dislocation», selon François Hollande, c’est en réalité à cause de l’incapacité croissante des Vingt-huit, ou plutôt des Vingt-sept bientôt, à se mettre d’accord sur le moindre sujet d’importance, au pire, ou même à parvenir à des compromis boiteux, au mieux. De la crise économique à celle des réfugiés, en passant par la crise de la zone euro, les politiques économiques, l’Union s’enfonce chaque jour un peu plus dans la paralysie. Pourquoi ? Parce qu’ils décident à l’unanimité. La soi-disant «Europe fédérale» qui dépossède les États de leur souveraineté dénoncée par les europhobes n’est en réalité qu’une Europe des États, celle que souhaitent justement ces mêmes europhobes : l’Union a l’apparence d’une fédération alors qu’elle n’est qu’une lâche confédération. Rien ne se fait sans les États ou contre eux, ce qui explique l’impotence imputée à l’Union par des gouvernements qui n’assument jamais ce qu’ils font ou ne font pas à Bruxelles et ne rendent aucun compte en tant que collectif de leurs décisions. Le Conseil européen, c’est la boite noire de la démocratie européenne.

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Bal des faux culs

Il faut imaginer des États-Unis d’Amérique dirigés par une assemblée des cinquante gouverneurs américains décidant à l’unanimité, où certains États n’appliqueraient pas telle ou telle politique, utiliserait ou non le dollar, où un seul gouverneur pourrait bloquer une intervention militaire, et on aurait une idée de ce que serait la puissance américaine. Or c’est ainsi que fonctionne l’Union et l’on trouve encore des chefs d’État et de gouvernement pour s’étonner de la crise de confiance des citoyens.

Ce n’est pas un hasard si les deux politiques qui fonctionnent le mieux sont la politique monétaire, décidée par la Banque centrale européenne, et la politique de concurrence, mise en œuvre par la seule Commission : dans ces deux cas, les États n’ont pas leur mot à dire. En réalité, ce n’est pas davantage de pouvoirs dont l’Union a besoin, mais d’autorités fédérales légitimes, car élues par les citoyens afin d’appliquer des politiques communes clairement identifiées. Si l’Union ne sort pas par le haut de ce bal des faux culs en redonnant le pouvoir aux peuples, elle est condamnée. «L’esprit de Bratislava», c’est celui d’une Europe en bout de course.

Jean Quatremer Envoyé spécial à Bratislava

Liberation.fr
Publié dans:Europe |on 17 septembre, 2016 |Pas de commentaires »

L’édito d’AS…………………………………….(01/08/2016)

ÉDITORIAL

Avant-goût

Par Alexandra Schwartzbrod — 31 juillet 2016 à 20:11
ÉDITOLe monde actuel a engendré (au moins) deux monstres froids assoiffés de pouvoir absolu et redoutables d’intelligence tactique qui, pour notre plus grand malheur, ont entrepris de faire un égal bras d’honneur à l’Europe, et surtout de se rapprocher l’un de l’autre : Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan. C’est un fait, il va falloir compter avec les leaders russe et turc dans les mois et les années qui viennent, et ce ne sont pas les coups de règle sur les doigts, les timides appels au respect des droits de l’homme ou même les (menaces de) sanctions qui vont les effaroucher. Ces deux-là ne connaissent que la force et l’Europe n’a jamais été aussi faible. Le cocktail des deux risque d’être explosif. Le «mêlez-vous de vos affaires !» tonitruant lancé vendredi aux Occidentaux par le président turc du haut de son palais d’Ankara n’est qu’un avant-goût de ce qui se profile.

Un peu plus de deux semaines après le coup d’Etat raté du 15 juillet qui lui a apporté le soutien quasi total de son peuple, Erdogan n’a plus peur de rien et ce n’est pas une Europe en train d’imploser qui va l’empêcher de mener ses purges à bien. D’autant qu’il a entre les mains un moyen de chantage imparable : l’accord sur les réfugiés conclu honteusement le 18 mars pour bloquer le flux de migrants cherchant à rallier l’UE. Un gel des négociations d’adhésion à l’Union ? La belle affaire ! Les discussions traînent depuis 2005 et les Turcs n’y croient plus. Il va pourtant falloir trouver une façon de maintenir, voire renforcer le dialogue, pour au moins deux raisons : la Turquie fait partie de l’Otan et elle joue un rôle central dans le conflit syrien. La laisser trop frayer avec les Russes est périlleux. Pour l’heure, les positions de l’Europe et de la Turquie paraissent irréconciliables, surtout si Erdogan rétablit la peine de mort. Mais il ne faut pas lâcher l’affaire. Les diplomates doivent déployer les efforts maximums pour trouver les failles qui permettront de rétablir le rapport de forces.

Alexandra Schwartzbrod

Liberation.fr
Publié dans:Europe |on 1 août, 2016 |Pas de commentaires »

Le pantopuflage se porte bien…………………………..(12/07/2016)

ANALYSE

Barroso pris la main dans le Sachs

Par Jean Quatremer — 11 juillet 2016 à 20:11 (mis à jour à 22:03)
José Manuel Barroso, alors président de la Commission, avec le Premier ministre britannique David Cameron, en mars 2014. 
José Manuel Barroso, alors président de la Commission, avec le Premier ministre britannique David Cameron, en mars 2014.  Photo Geert Vanden Wijngaert. AP

L’embauche de l’ancien président de la Commission européenne par la sulfureuse banque d’affaires alimente les soupçons de collusion entre finance et politique et porte un nouveau coup à l’image de l’UE.

  • Barroso pris la main dans le Sachs

La Commission européenne ne juge plus «légitime», comme l’avait malencontreusement déclaré vendredi un porte-parole de l’institution, le recrutement de son ancien président, José Manuel Durão Barroso, par la banque d’affaires américaine Goldman Sachs (GS). Mais elle ne condamne pas pour autant ce pantouflage sans précédent. Alors qu’il tenait là une occasion en or de marquer le caractère «politique» de la Commission qu’il préside, Jean-Claude Juncker a préféré se murer dans le silence, donnant ainsi la désastreuse impression qu’il ne voulait pas insulter l’avenir, le sien ou celui de ses collègues commissaires. Un rien maladroit, c’est un euphémisme, à l’heure où ce recrutement soulève une vague d’indignations à travers l’Europe et donne l’image d’une collusion institutionnalisée entre le pouvoir politique européen et les pires intérêts financiers qu’incarne, à tort ou à raison, Goldman Sachs.

Carnet d’adresses

Pour le porte-parole de l’exécutif européen, Margaritis Schinas, Barroso n’a violé aucune des règles communautaires destinées à prévenir les conflits d’intérêts, règles qui, a-t-il souligné, ont au moins le mérite d’exister, «contrairement à d’autres organisations internationales et à la plupart des Etats membres où l’on a vu des dirigeants passer directement du service de l’Etat au secteur privé». Une allusion directe à l’ex-chancelier allemand Gerhard Schröder qui, dès le lendemain de sa défaite aux élections de 2005, a été nommé à la tête du consortium chargé de la construction du gazoduc germano-russe «Nord Stream» en mer Baltique, et dont l’actionnaire majoritaire était Gazprom. Un conflit d’intérêts majeur, puisque c’est le gouvernement Schröder qui avait signé le contrat et s’était même porté garant d’un prêt d’un milliard d’euros au dit Gazprom.

Une allusion aussi à tous ces dirigeants qui, dès la fin de leur fonction publique, ont émargé aux conseils d’administration de nombreuses entreprises (de Tony Blair, ancien premier ministre britannique, à Guy Verhofstadt, ex-chef du gouvernement belge et actuel député européen, en passant par les conférences grassement payées de Sarkozy). Barroso a ainsi soigneusement attendu l’expiration du délai de dix-huit mois après sa cessation de fonction, le 1er novembre 2014, pour signer son contrat de président «non exécutif» de GS, chargé notamment de limiter les effets du Brexit pour la banque. S’il l’avait fait avant, selon le code de déontologie de la Commission, cela l’aurait obligé à demander l’avis d’un «comité d’éthique indépendant»Là, Barroso s’est contenté d’avertir son successeur, Jean-Claude Juncker, après son embauche, selon Schinas. On ne saura jamais combien la banque d’affaires va rémunérer le carnet d’adresses de celui qui a dirigé la Commission entre 2004 et 2014, mais on a appris lundi que l’ancien Premier ministre libéral portugais (2002-2004) avait renoncé, dès janvier 2015, à son «indemnité de transition»(environ 200 000 euros brut annuels pendant trois ans). Un beau geste a priori, mais qui incite à penser que l’homme avait, dès cette époque, des assurances quant à son avenir.

LIRE AUSSILes bonnes affaires des anciens commissaires

Renseignements d’initiés

Si le «code de déontologie» n’a pas été violé par l’ancien président, il semble néanmoins qu’il ait pris quelques libertés avec l’article 245 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne prévoyant que les anciens membres de la Commission s’engagent à«respecter pendant la durée de leurs fonctions et après cessation de celles-ci les obligations découlant de leur charge, notamment les devoirs d’honnêteté et de délicatesse quant à l’acceptation, après cette cessation, de certaines fonctions ou de certains avantages». Est-il «délicat» et «honnête» d’entrer au service d’une banque à l’origine de la crise des subprimes, qui a aidé la Grèce à dissimuler une partie de son déficit par des opérations de «swap» (tout à fait légales au demeurant), avant de spéculer contre la dette grecque, connaissant de l’intérieur son caractère insoutenable, ce qui a entraîné toute la zone euro dans une crise sans précédent qui s’est réglée à coup de politiques d’austérité particulièrement violentes ? Car Barroso dispose de renseignements d’initiés, tant sur la réglementation financière et bancaire mise en place depuis 2009 que sur la politique monétaire de la Banque centrale européenne (puisqu’il pouvait assister aux réunions de la BCE) ou sur les réformes mises en place en Grèce, qui pourraient s’avérer fort utile pour une banque dont la spécialité est justement de s’enrichir avec de telles informations. Pis : il sera chargé des relations avec l’Union afin de préserver au mieux les intérêts de son employeur pendant le Brexit.

LIRE NOTRE DÉCRYPTAGETrucages et astuces de la banque d’affaires dans le dossier grec

«C’est une situation vraiment détestable», reconnaît le député européen Alain Lamassoure (LR et Parti populaire européen), qui préside la commission d’enquête parlementaire sur l’évasion et la fraude fiscale, et qui fut l’un des grands défenseurs de l’ancien président. Le groupe socialiste du Parlement européen, qui l’a pourtant investi tant en 2004 qu’en 2009, a sorti l’artillerie lourde en demandant que GS «renonce à cette embauche» qu’il juge«indécente, indigne et honteuse» et que la Commission ou au Conseil des ministres (statuant à la majorité simple) saisissent la Cour de justice européenne pour que Barroso soit déchu de sa future retraite.

Mélange des genres

En l’état, il est douteux qu’il se trouve une majorité de commissaires ou de pays pour aller jusque-là, de peur de créer un précédent qui pourrait empêcher les commissaires ou les fonctionnaires de se recycler une fois leur mandat ou leur carrière à Bruxelles achevés. Car, dans une grande majorité de pays européens, on ne considère pas que le privé et le public sont deux mondes étanches. Comme le rappelle Alain Lamassoure, «dans les pays nordiques et ibériques, il est courant qu’un politique passe dans le privé, alors que dans les pays anglo-saxons, c’est la norme. Il n’y a qu’en France où le politique c’est l’affaire d’une vie. Comme le disait Michel d’Ornano à propos de Geoffroy de Montalembert, un député dormant : « Il se présentera à l’Assemblée nationale jusqu’à sa mort, puis ensuite au Sénat. »» «Il n’est pas illégitime qu’un responsable public ait une vie professionnelle dans le privé une fois son mandat achevé», renchérit Pierre Moscovici, le commissaire en charge des questions économiques et monétaires interrogé par Libération. A condition, bien sûr, que «la délicatesse» soit respectée. Une notion éminemment politique :«Si Barroso était allé dans une autre banque que GS, cela n’aurait sans doute posé aucun problème», souligne Lamassoure.

Les socialistes demandent donc au moins que les règles anti-pantouflages soient durcies et que le comité d’éthique soit saisi de tous les postes acceptés par d’ex-commissaires ou fonctionnaires pendant cinq ans au lieu de dix-huit mois, soit la durée d’une législature. Pour l’instant, la Commission n’a pas donné suite. Pourtant, tant le recrutement de Barroso que ceux d’anciens commissaires (comme Neelie Kroes, Viviane Reding, Siim Kallas ou encore Karel De Gucht) par des entreprises multinationalesposent des problèmes éthiques. «Quelle image un dirigeant souhaite-t-il donner de la Commission, chargée de l’intérêt général européen, et de lui-même dans les fonctions qu’il y a exercées ? Est-ce la bonne ?» s’interroge Moscovici. La solution n’est pas simple : «En France, on a mis en place un code d’éthique pour les hauts fonctionnaires, rappelle Lamassoure. A-t-il empêché les pantouflages dans le privé ? Non.» Reste que les dégâts politiques causés par ce mélange des genres sont indéniables : «En cette période de crise, où le populisme veut dynamiter l’idée européenne et l’institution qui l’incarne, le recrutement de Barroso par Goldman Sachs choque et alimente les attaques contre la Commission», tranche Moscovici. Son président, Jean-Claude Juncker, partage-t-il son indignation ?

Jean Quatremer

Liberation.fr
Publié dans:Europe |on 12 juillet, 2016 |Pas de commentaires »
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