Archive pour la catégorie 'Europe'

Jonas pas dans les clous……………..(22/11/2017))

Le sévère avertissement de la Commission européenne à Emmanuel Macron

Le projet de budget 2018 présenté par Bercy risque la non-conformité avec les règles budgétaires européennes. Un dérapage jugé « significatif ».

Par

Modifié le 22/11/2017 à 16:42 – Publié le 22/11/2017 à 14:24 | Le Point.fr
Emmanuel Macron dans le viseur de la Commission européenne pour le budget 2018.

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Emmanuel Macron dans le viseur de la Commission européenne pour le budget 2018. © THIBAULT CAMUS / POOL / AFP/ THIBAULT CAMUS

C’est un avertissement sérieux pour Emmanuel Macron et son ministre des Finances, Bruno Le Maire. La Commission européenne a jugé mercredi que le budget 2018 faisait courir un « risque de non-conformité » avec les règles du Pacte de stabilité et de croissance, les règles budgétaires européennes. Et met en garde contre un probable dérapage « significatif ». Ce qui peut conduire, à terme, à une «  procédure pour écart important  ».

La rupture avec la politique budgétaire menée sous François Hollande n’est pas flagrante. Comme d’habitude, la France fait le minimum, au risque d’une sérieuse sortie de route. À Bercy, l’objectif est de quitter à tout prix la procédure pour déficit excessif ouverte contre Paris en 2009, et donc les règles du « bras correctif » du Pacte de stabilité. Pour y parvenir, il faut repasser sous la barre de 3 % de déficit de manière durable, c’est-à-dire non seulement en 2017, mais aussi en 2018. Cela pourrait être le cas, même si l’annulation de la taxe sur les dividendes ou encore les conséquences budgétaires de la recapitalisation d’Areva peuvent empêcher le déficit de tomber à 2,9 % cette année.

Mais en cas de sortie de la procédure pour déficit excessif, qui ne pourra se faire qu’au printemps prochain, sur la base de la publication des comptes 2017 et une nouvelle prévision de déficit en 2018 sous 3 % de la part de Bruxelles, Paris ne sera pas pour autant sortie d’affaire.

Réduire le «  déficit structurel  »

En effet, le budget 2018 devra ensuite se révéler conforme aux exigences du « bras préventif du pacte de stabilité ». Et c’est très mal parti. L’effort budgétaire inclus dans le projet de budget n’est pas jugé à la hauteur. En 2017 déjà, le redressement des comptes engagé par François Hollande s’avère largement insuffisant. La France devrait être sauvée par la bonne conjoncture économique qui lui a permis de réduire son déficit de manière quasi mécanique (même si de nouvelles économies ont dû être annoncées à l’été par la nouvelle majorité pour éviter un dérapage tant le budget initial était laxiste).

LIRE aussi 2017 : les dépenses publiques augmentent plus que prévu

L’année prochaine, cela ne sera plus possible. Le juge de paix pour savoir si la France s’est conformée aux règles budgétaires ne sera plus le déficit nominal (le fameux 3 %), mais la réduction du déficit structurel, qui ne dépend pas de la conjoncture économique et repose uniquement sur les baisses de dépenses et les hausses d’impôts décidées par le gouvernement. Or, le déficit structurel devrait s’aggraver de 0,4 point de PIB, selon les projections de la Commission.

Des dépenses publiques qui progressent trop vite

Non seulement la France ne réduit pas suffisamment son déficit structurel (en partie parce que le gouvernement a décidé de financer des baisses d’impôts importantes), mais elle ne contient pas assez non plus ses dépenses publiques, le second grand critère d’évaluation retenu par Bruxelles une fois la procédure pour déficit excessif abandonnée. D’une incroyable technicité, les règles européennes exigent en effet une progression limitée à 1,2 % (hors charge de la dette). Mais le gouvernement français reconnaît lui-même qu’elles augmenteront de 0,5 % de plus, même si la Commission n’a pas pris en compte certaines mesures d’économies dans son avis car elles ne sont pas encore été assez détaillées. Résultat, Paris ne respectera pas non plus la réduction minimum exigée de sa dette publique dans le cadre du « bras préventif ».

Malgré toute la bonne volonté de Pierre Moscovici, le commissaire européen en charge du dossier, la Commission, qui cherche depuis quelques années à sortir d’une application aveugle des règles pour préserver la croissance, est donc obligée de sévir. Et pourrait devoir, à terme, proposer une sanction financière contre la France. Une perspective encore très lointaine et incertaine d’autant que cinq autres pays déjà dans le bras préventif du pacte de stabilité se retrouvent dans la même situation que la France. Il s’agit de la Belgique, de l’Autriche, du Portugal de la Slovénie, mais surtout de l’Italie, qui peine de façon récurrente à respecter ses engagements budgétaires européens et doit faire face à une dette énorme de plus de 130 % du PIB.

À Bercy, les avertissements n’ont pas semblé inquiéter outre mesure. Le ministère de l’Économie et des Finances se concentre pour l’instant sur la sortie de la procédure pour déficit excessif au printemps prochain. Et rappelle que Bruxelles n’a pas pris en compte toutes les mesures d’économies prévues l’année prochaine. « La différence d’appréciation avec la Commission est habituelle à ce stade de l’année et se résorbe en général lors de l’analyse du respect des règles du Pacte de Stabilité et de Croissance menée a posteriori », souligne un communiqué.

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Publié dans:Europe |on 22 novembre, 2017 |Pas de commentaires »

En Allemagne………………….(21/11/2017)

Récit

L’UE libérée des libéraux allemands ?

Par Jean Quatremer, BRUXELLES (UE), de notre correspondant — 20 novembre 2017 à 21:16
Emmanuel Macron et Angela Merkel à Francfort, le 10 octobre. Zoom
Emmanuel Macron et Angela Merkel à Francfort, le 10 octobre. Photo Michael Probst. AP

Si Angela Merkel parvient finalement à gouverner sans les eurosceptiques modérés du FDP, l’intégration européenne souhaitée par Emmanuel Macron s’en trouvera renforcée.

Et si l’échec de la «coalition jamaïcaine» n’était pas forcément la «mauvaise nouvelle» pour l’Europe que beaucoup annoncent, voire redoutent ? De fait, si le président de la République allemande, le social-démocrate Frank-Walter Steinmeier, et Angela Merkel, parviennent à éviter des élections anticipées, c’est finalement le parti le plus eurosceptique de feue la «jamaïcaine», le FDP, qui se retrouverait sur la touche.

«Cocktail». Que ce soit dans le cadre d’une grande coalition avec les sociaux-démocrates du SPD, qui paraît peu probable, ou d’un gouvernement minoritaire noir-vert (CDU-CSU et Grünen), soutenu au coup par coup par le SPD, la chancelière aurait en réalité les coudées beaucoup plus franches en matière européenne et pourrait accepter ce que le FDP aurait refusé. «Christian Lindner, le patron du FDP, est engagé dans une dérive à la Jörg Haider, l’ancien leader du FPÖ autrichien, déplore Daniel Cohn-Bendit, ex-coprésident du groupe des Verts au Parlement européen. Il pense pouvoir récupérer une partie de l’électorat de l’AfD avec son cocktail de nationalisme économique, d’euroscepticisme et de refus de l’immigration.» De ce point de vue, ceux qui espéraient que Lindner serait le nouvel Hans-Dietrich Genscher, très europhile ministre des Affaires étrangères de Helmut Schmidt puis de Helmut Kohl entre 1974 et 1992, ont été déçus.

En réalité, une majorité avec les libéraux – qui réclamaient à Merkel le poste stratégique de ministre des Finances – aurait rendu très difficile toute intégration supplémentaire de la zone euro. Ceux-ci campent, en particulier, sur leur refus de la moindre solidarité financière entre les 19 Etats membres de la zone. Or la création d’un budget de la zone euro est justement l’un des projets phares d’Emmanuel Macron. Autrement dit, avec le FDP, l’Allemagne aurait certes été gouvernée par une majorité solide, mais peu disposée à faciliter la tâche du chef de l’Etat français. Personne n’a oublié, à Bruxelles, qu’entre 2009 et 2013, c’est l’euroscepticisme des libéraux qui a empêché Berlin et donc la zone euro de répondre de façon adéquate et massive à la crise grecque. Et fait dégénérer un problème local en une crise systémique qui a failli emporter la monnaie unique. Durant ces années cauchemardesques pour le projet européen et pour la Grèce, Merkel a dû s’appuyer sur le SPD, alors dans l’opposition, pour forcer la main de ses alliés et accepter ce qu’elle avait d’abord refusé, retardant d’autant la résolution de la crise… «Il est beaucoup trop tôt pour se montrer inquiet, tempère ainsi un diplomate. La chancelière est encore là !» Et un retard de calendrier n’est pas bien grave : l’Union a connu pire. Il en irait bien sûr différemment avec des élections anticipées qui pourraient voir le FDP et/ou l’AfD se renforcer au détriment de la CDU, et ouvriraient une crise de leadership en Allemagne. Surtout, une «chancelière trop affaiblie n’est pas bon pour Macron», analyse Daniel Cohn-Bendit.

Défense. De fait, le chef de l’Etat a besoin, pour faire avancer ses idées, du soutien de l’Allemagne : en Europe, rien ne peut se faire sans un accord entre les deux rives du Rhin, aucun pays n’étant prêt à accepter le leadership d’un grand Etat seul. On oublie trop souvent que la «puissance» allemande durant la crise de la zone euro a tenu à son influence économique et financière. Elle n’a jamais rien proposé, se contentant de jouer en défense face aux propositions françaises. Mais c’est l’accord, souvent difficile, trouvé au sein du couple, qui a entraîné à chaque fois leurs partenaires. Bref, si la chancelière parvient à sortir de cette périlleuse situation, elle pourrait être en situation de jeter par-dessus bord certaines vaches sacrées allemandes. Et permettrait d’achever l’intégration de la zone euro comme le souhaite son partenaire français. De l’art du judo, en quelque sorte…

Jean Quatremer BRUXELLES (UE), de notre correspondant

Publié dans:Europe |on 21 novembre, 2017 |Pas de commentaires »

La crise…………………………….(20/11/2017)

  1. L’Obs
  2.  > Monde
  3. Merkel en pleine crise après l’échec de négociations gouvernementales

Merkel en pleine crise après l'échec de négociations gouvernementales
La chancelière et chef de la CDU, Angela Merkel. ((Tobias SCHWARZ / AFP))

Les Allemands pourraient devoir retourner aux urnes début 2018, alors qu’ils viennent d’élire leurs députés.

Angela Merkel se retrouve confrontée à sa plus grave crise politique en 12 ans de pouvoir après l’échec dimanche soir de négociations pour former un gouvernement en Allemagne, qui pourrait à terme signer la fin de sa carrière politique.

Faute d’alternative, la première puissance économique européenne se prépare à plusieurs semaines ou mois de paralysie politique, sur le plan national comme en Europe.

Au final, les Allemands pourraient devoir retourner aux urnes en début d’année prochaine, alors qu’ils viennent fin septembre d’élire leurs députés.

Au pouvoir depuis 2005, la chancelière a certes remporté ces législatives mais avec le pire score depuis 1949 pour son parti conservateur, dans un contexte de percée de l’extrême droite et de mécontentement face à l’arrivée de plus d’un million de migrants.

Cette situation, ajoutée au refus des sociaux-démocrates de continuer à gouverner avec elle, la prive de majorité évidente au Bundestag.

Depuis plus d’un mois, elle négociait du coup une coalition sur le papier contre nature – et encore jamais expérimentée au plan national – entre son parti conservateur (CDU-CSU), les Libéraux, et les Ecologistes.

 

 

Après plus d’un mois de tractations laborieuses et un dernier week-end marathon, les Libéraux ont jeté l’éponge dimanche soir en jugeant les positions des uns et des autres trop antagonistes.

« Il est préférable de ne pas gouverner que de mal gouverner », a déclaré à la presse à Berlin le président du FDP Christian Lindner.

« Semaines difficiles à venir »

M. Lindner a jugé qu’il n’y avait pas de « positions communes et de confiance mutuelle » suffisantes pour envisager un gouvernement de ce type pendant quatre ans.

La chancelière a « déploré » cette décision, estimant qu’un accord aurait été possible avec un peu plus de volonté de compromis.

Dans l’immédiat, elle doit continuer à diriger, comme elle le fait depuis un mois, un gouvernement qui se contente de gérer les affaires courantes et ne peut donc prendre aucune décision majeure.

Une mauvaise nouvelle en particulier pour les partenaires européens de l’Allemagne, la France en particulier, dont le président Emmanuel Macron a présenté en septembre des propositions de relance de l’Union européenne et de la zone euro.

Angela Merkel a dans le même temps promis de « tout faire pour que ce pays soit bien dirigé au cours des semaines difficiles à venir ».

Au bout du compte c’est principalement sur la question de l’immigration et des suites de la politique généreuse d’accueil des demandeurs d’asile de la chancelière que les tractations ont buté.

Les partis n’ont pu s’entendre sur un plafonnement du nombre de demandeurs d’asile, ni sur la question de savoir si tout ou partie seulement des réfugiés devaient avoir droit au regroupement familial en Allemagne.

Les questions environnementales ont constitué l’autre grand sujet de discorde entre les Verts et les autres partis.

Vers de nouvelles élections ?

Quelle issue désormais pour le pays? La chancelière a dit vouloir consulter lundi le président allemand, Frank-Walter Steinmeier, à qui la constitution confère un rôle clé pour les choix à venir.

La constitution ne fixant pas de limite pour la formation d’un gouvernement, Angela Merkel peut en théorie, après une pause, faire une nouvelle tentative de coalition avec les quatre partis. Mais compte tenu des divisions, la tâche s’annonce rude.

Elle peut aussi essayer de convaincre les sociaux-démocrates de revenir sur leur refus de gouverner avec elle. Mais le SPD ne cesse de réitérer son souhait de faire une cure d’opposition.

La chancelière a pour le reste rejeté l’idée de se faire élire pour un quatrième mandat à la tête d’un gouvernement minoritaire.

Reste donc l’issue la plus probable: de nouvelles élections. Et dans un pareil cas de figure, Angela Merkel aura toutes les peines à convaincre son parti de mener la bataille.

Echec d’Angela Merkel

L’échec gouvernemental de dimanche est aussi son échec personnel.

Il intervient alors qu’elle est sortie déjà fragilisée des élections législatives après le score décevant de son parti, où son cap centriste est de plus en plus contesté par l’aile droite du mouvement.

L’échec de la coalition signifie « aussi sa fin » politique, a estimé le politologue allemand Frank Tecker sur la chaîne de télévision parlementaire nationale, Phoenix.

Et selon un sondage, plus de 60% des Allemands pensent qu’elle ne pourra plus rester en poste désormais.

Publié dans:Europe |on 20 novembre, 2017 |Pas de commentaires »

Travail « détaché »………………………….(24/10/2017)

Accord sur le travail détaché dans l'UE : Macron salue "une victoire"
Drapeaux de l’Union européenne et des Etats membres (GINIES/SIPA)

Quatre pays seulement se sont opposés à l’accord, obtenu à l’issue d’une réunion marathon. La durée du détachement est limitée à 12 mois, éventuellement extensibles à 18.

L'Obs Publié le 24 octobre 2017 à 07h49
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Les ministres du Travail de l’UE sont parvenus lundi soir à un accord sur la réforme de la directive du travail détaché, à l’issue d’une réunion marathon qui a opposé Paris aux pays d’Europe centrale et orientale, Pologne en tête.

« Je voulais vous faire part de mes félicitations pour l’accord obtenu. Nous sommes parvenus à un accord équilibré », a déclaré la Commissaire aux Affaires sociales, Marianne Thyssen.

« Une victoire pour l’Europe »

L’Elysée s’est également réjoui de l’accord, voyant « une victoire pour l’Europe » dans ce texte sur lequel s’était fortement engagé Emmanuel Macron et qui avait provoqué cet été de vives tensions avec certains pays de l’Est dont la Pologne : « C’est une étape essentielle pour recréer la confiance européenne. » Le président a salué « l’accord ambitieux » :

Cet accord démontre que le débat sur le travail détaché n’était « pas une fracture entre l’est et l’ouest » de l’Europe, puisqu’il a été approuvé par la Slovaquie, la République tchèque et la Roumanie, a noté l’Elysée. En revanche, la Pologne, la Hongrie, la Lettonie et la Lituanie s’y sont opposées.

Publié dans:Europe |on 24 octobre, 2017 |Pas de commentaires »

L’édito de Laurent Joffrin………………….(15/06/2017)

Libération

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Il faut alléger le fardeau de la Grèce

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EDITORIAL

Il faut alléger le fardeau de la Grèce

Par Laurent Joffrin — 14 juin 2017 à 20:46
Aléxis Tsípras a reçu Bruno Le Maire à Athènes le 12 juin.Zoom
Aléxis Tsípras a reçu Bruno Le Maire à Athènes le 12 juin. Photo Angelos Tzortzinis. AFP

A l’occasion de l’Eurogroupe ce jeudi qui décidera du sort du pays, «Libération» appelle la France à peser en faveur d’une annulation, au moins partielle, de sa dette publique, dont le remboursement étrangle la population depuis trop d’années.

ÉditoMonsieur le Président, serez-vous à la hauteur ? De l’avis général, vous avez réussi votre entrée sur la scène internationale, que ce soit lors du G7 ou bien au sein de l’Union européenne. Mais c’étaient surtout des gestes symboliques. La «patrie des droits de l’homme» s’honorerait aujourd’hui en passant aux actes dans un dossier brûlant : celui de la dette grecque, qui accable depuis sept ans l’autre patrie de la démocratie. En convainquant les Européens d’adopter enfin une attitude digne de leurs valeurs, vous donneriez une substance concrète à la relance européenne, que vous avez si souvent invoquée pendant votre campagne. La main qui fut si énergique pour affronter Donald Trump le broyeur se tendra-t-elle aussi vers le peuple grec en souffrance ?

Le sort de la Grèce se joue ce jeudi à Luxembourg, lors de la réunion des ministres des Finances de la zone euro qui doit passer en revue le troisième programme de redressement souscrit par les Grecs. Sous la courageuse direction d’Aléxis Tsípras, le pays a consenti des efforts inouïs pour respecter ses engagements. Les dépenses publiques ont été coupées, le déficit public a été ramené à 1,1 % du PIB et la Grèce a accepté de porter, à coups de mesures d’austérité, son «excédent primaire» (hors remboursement de la dette) à plus de 3 % du PIB. La Commission reconnaît elle-même qu’elle n’a jamais eu depuis le début de la crise un dirigeant grec aussi fiable en face d’elle. Ces sacrifices ont atteint cruellement la société grecque. Pour prendre un seul exemple, les retraites ont été divisées par deux depuis le début de la crise. On imagine le séisme qu’une telle réduction aurait provoqué en France.

L’Europe, qui a pris la responsabilité de favoriser l’adhésion grecque, puis d’obliger Athènes à une diète inédite dans l’histoire récente du continent, ne peut pas continuer à exiger la livre de chair de Shylock décrite par Shakespeare pour symboliser l’inhumanité d’un créancier impitoyable. Certes elle a déjà décidé d’un «haircut» (une réduction de dette) pour la partie privée des crédits. Certes, elle a ensuite étalé les remboursements. Certes, l’Eurogroupe va sans doute débloquer les 7 milliards dont la Grèce a besoin pour éviter le défaut de paiement. Mais il est clair, aux yeux de tous les experts de bonne foi, qu’il faut aujourd’hui aller nettement plus loin. Non seulement alléger encore, autant que possible, le poids des paiements énormes que le pays doit assurer. Mais surtout réduire, par une mesure claire, la dette de près de 180 % du PIB qui pèse toujours sur l’économie grecque. Le FMI le fait déjà en accordant aux pays endettés des remises proportionnées aux réformes mises en œuvre. Ce ne serait que justice envers un peuple dont le calvaire a largement compensé les erreurs commises naguère par ses dirigeants. Faut-il rappeler que la crise grecque est l’argument le plus efficace brandi par les ennemis de l’Union européenne ?

Monsieur le Président, au sein du gouvernement précédent, vous avez déjà fait preuve de sollicitude envers la Grèce. Vous êtes aujourd’hui en position de force. Vous avez l’occasion de jouer un rôle décisif dans l’histoire de l’UE. Le ferez-vous ?

Laurent Joffrin

Publié dans:Economie, Europe |on 15 juin, 2017 |Pas de commentaires »

L’édito de Laurent Joffrin…………..(01/06/2017)

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Protéger

ÉditoL’Europe, pour Donald Trump, serait-elle un «covfefe», selon l’étrange vocable qui termine un des derniers tweets du président à la mèche blonde et qui a plongé les réseaux sociaux dans un abîme de perplexité ? Un «covfefe», c’est-à-dire un objet non identifié, indistinct, incertain, voire inexistant. La dernière tournée du chef d’Etat américain a montré le peu de cas qu’il faisait de l’Union européenne, de l’Alliance atlantique et peut-être de l’accord sur le climat conclu l’année dernière par son prédécesseur. D’un mal peut sortir un bien : traitée par-dessus la jambe, l’Europe est mise au défi… de retrousser ses manches. Ramenée à presque rien par Trump, elle peut se rebiffer pour devenir quelque chose. La Commission de Bruxelles, Emmanuel Macron et Angela Merkel en sont d’accord et, pour une fois, les bonnes paroles pourraient déboucher sur quelques actes. Europe bancaire, budgétaire, militaire, migratoire : les projets sont sur la table, il n’y manque que la volonté politique, qu’on commence à afficher. Mais rien ne sera vraiment efficace sans qu’on remplisse une condition décisive. Le déclin de l’Union dans l’opinion du continent ne tient pas seulement à son impotence politique ou diplomatique. Elle dérive de son incapacité à protéger ses citoyens des duretés cruelles de la mondialisation. C’est ce fait d’évidence qui doit maintenant guider les décideurs européens dans leur volonté de relancer la construction commune. Et il n’y a pas d’autre terrain tangible que les questions sociales pour y parvenir. Plutôt que de s’échiner à assurer la libre circulation de l’argent et des marchandises, objectif déjà atteint, l’Europe doit montrer aux travailleurs qu’elle peut les protéger, qu’elle peut atténuer par une politique volontaire les épreuves imposées aux classes populaires. Sans cela, nous serons immanquablement ramenés au «covfefe».

Laurent Joffrin

Liberation.fr
Publié dans:Europe |on 1 juin, 2017 |Pas de commentaires »

Brexit………………………..(29/03/2017)

Logo Francetv info

  23h14
Alerte info
Brexit : la Première ministre britannique a signé la lettre qui va déclencher la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenneLes négociations du Brexit vont commencer. La Première ministre britannique Theresa May a signé, mardi 28 mars, la lettre officielle qui sera remise le lendemain à Bruxelles pour stipuler que le Royaume-Uni lance les négociations du divorce avec l’Union européenne, selon une photo diffusée dans la soirée. Sur cette photo officielle diffusée par Downing Street, on voit Theresa May en train de signer la lettre d’activation de l’article 50 du traité de Lisbonne qui sera remise mercredi en fin de matinée au président du conseil européen Donald Tusk.
Cliquez ici pour plus d’informations
Publié dans:Europe |on 29 mars, 2017 |Pas de commentaires »

Terra Nova………………………..(17/03/2017)

Synthèse

Le prochain quinquennat sera européen ou ne sera pas. L’Europe, comme la France, est en crise. La France, en tant que pays fondateur de la Communauté européenne, a une responsabilité majeure de proposer des orientations pour sortir l’Union européenne de l’ornière. Mais elle a aussi besoin que l’Europe se réforme pour préserver les valeurs auxquelles elle croit et agir sur des évolutions d’ampleur mondiale que seul le niveau européen peut l’aider à influencer.

La polycrise que connaît l’Union Européenne depuis près d’une décennie – crise de l’euro et de la dette, stagnation économique, crise des réfugiés, crise sécuritaire, crises géopolitiques à ses portes, méfiance délétère des citoyens – la met en danger. A ces crises du niveau européen s’ajoute une crise profonde de la représentation politique et de la politique dans l’ensemble des pays européens. La combinaison de ces crises suscite la crainte, voire le rejet de l’altérité, et alimente les populismes aux réponses simplistes. Dans ce contexte, l’Union européenne devient une victime expiatoire toute désignée.

Par ailleurs, la construction européenne est fragilisée par le fait que le projet de solidarité sur lequel elle s’est bâtie depuis soixante ans semble remis en cause aujourd’hui dans certains secteurs des opinions publiques, et par certains gouvernements. Sans sursaut, l’Union européenne, collectivement, et ses Etats membres – dont la France – se préparent à des déconvenues plus grandes encore. Pour la première fois, l’inquiétude quant à la stabilité et sécurité européenne ne vient pas uniquement de l’Est ou de Proche et Moyen Orient, mais aussi de l’Ouest, avec l’élection de Donald Trump et le triomphe du populisme réactionnaire à la tête des Etats-Unis.

L’élection présidentielle française au printemps 2017 est de ce point de vue un moment électoral majeur en Europe. Dans le scénario du pire, elle aussi pourrait sombrer dans le repli sur soi, entraînant avec elle le repli européen. L’Europe deviendrait au mieux spectatrice de la compétition entre les trois grandes puissances continentales que sont les Etats-Unis, la Russie et la Chine, au pire l’enjeu de la nouvelle connivence entre M. Trump et M. Poutine.

Terra Nova ne se place pas dans cette perspective. Ce rapport se fonde sur un constat et un engagement : le XXIème siècle a besoin d’une construction européenne forte et renouvelée, pour ses Etats membres comme pour le monde. Pour cela, la France doit proposer aux Français un projet pour l’Europe, à l’Allemagne – qui votera aussi en 2017 – un projet de relance franco-allemande de l’Europe, et aux Européens un autre avenir que le retrait de la France du projet d’intégration européenne.

Terra Nova se veut porteur d’un projet progressiste pour l’Europe. Ce n’est pas par le repli national que l’on apportera une réponse à des défis d’ampleur séculaire. Mais il s’agit aussi de mettre un terme à l’inefficacité actuelle. Des vices anatomiques originaux mettent en péril les réalisations phares de l’Union européenne (euro, Schengen, marché intérieur). Des institutions communes affaiblies par l’intergouvernementalisme sont devenues inopérantes. De ce fait, les promesses non tenues (gestion des crises géopolitiques, réguler la mondialisation) débouchent sur un procès en illégitimité de la part de citoyens en attente d’efficacité.

Ce rapport vise à dessiner ce que pourrait être ce nouveau projet européen. Nous proposons que l’Union européenne soit le protagoniste d’un nouvel équilibre mondial, que ce soit en matière économique, sociale ou géopolitique, car seul le poids d’une Europe unie et renforcée dans ses moyens d’action peut faire changer le cours du monde. C’est cette mission — après la paix et la prospérité — que nous proposons d’assigner à l’Union européenne du XXIe siècle.

Pour y arriver, il s’agira de recentrer l’Union européenne sur des priorités claires, en nombre limité, sur lesquelles les efforts doivent se concentrer dans la prochaine décennie. Quatre priorités sont proposées :

  • Une Europe qui protège ;
  • Une gouvernance économique commune centrée sur la régulation du capitalisme financier ;
  • Une Europe de la transformation positive, fondée sur une croissance durable et équitable ;
  • La réponse à l’urgence démocratique.

La future négociation du Brexit, malgré tous les risques qu’elle implique, imposera d’ailleurs de réexaminer l’ensemble de l’édifice européen. Il faudra prendre la mesure des conséquences du Brexit sur les politiques européennes et les réformer en conséquence. Il faudra ramener l’UE à l’essentiel: agir plus là où c’est essentiel pour son avenir, rendre des compétences aux Etats membres dans les domaines où, à l’heure actuelle, l’UE a peu d’influence. Face aux possibles divisions entre Etats membres, il faudra si nécessaire assumer une intégration différenciée.
Pour lire le rapport dans sa version intégrale, merci de cliquer sur ce lien,

Publié dans:Europe, Politique |on 17 mars, 2017 |Pas de commentaires »

Flash « franceinfo »……………………(14/03/2017)

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Un employeur peut interdire le port de signes religieux comme le voile islamique, selon la Cour de justice européenneUne règle interdisant le port visible de « tout signe politique, philosophique ou religieux » dans une entreprise ne constitue pas une discrimination directe, a indiqué la Cour de justice de l’Union européenne dans un arrêt rendu mardi 14 mars. La Cour s’est penchée sur la question du voile après avoir été saisie du cas de deux femmes, en France et en Belgique, qui estimaient avoir été discriminées sur leur lieu de travail en raison de leur religion.
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Publié dans:Europe |on 14 mars, 2017 |Pas de commentaires »

L’édito de Laurent Joffrin……………(14/03/2017)

Inquiétude identitaire

ÉditoVoilà un paradoxe sur lequel on doit méditer : aux Pays-Bas, où l’économie va plutôt bien et où les mécanismes de protection sociale sont forts, l’extrême droite menace de faire un excellent score aux législatives de mercredi. Elle ne pourra sans doute pas gouverner, puisque les autres partis refusent de s’allier avec elle. Mais le parti xénophobe de Geert Wilders domine la campagne en imposant ses thèmes anti-musulmans et anti-Europe dans le débat. Certes, les tenants d’explications traditionnelles souligneront que la politique libérale du Premier ministre actuel a aggravé la situation des plus modestes. Mais le taux de chômage est de 6%, les déficits en voie de résorption, le niveau de vie moyen très élevé et la criminalité descendue à une proportion faible. C’est donc bien l’inquiétude identitaire qui joue le premier rôle dans la montée de Geert Wilders.

Comment la combattre ? Difficile de donner une réponse simple, quand les musulmans aux Pays-Bas représentent au plus 5% de la population et n’ont évidemment aucune intention d’imposer leur mode de vie aux 95% restants. Il y a dans cette angoisse pour l’intégrité culturelle du pays une telle part d’irrationalité que les arguments de bon sens glissent sur ces électeurs comme l’eau sur les plumes d’un canard. Une leçon est sûre, en revanche, dans cette campagne : l’identité des Pays-Bas, c’est aussi l’ouverture sur l’Europe, dont cette nation tolérante est membre fondateur. Encore faut-il que cette Europe dessine un avenir commun en redevenant actrice de sa propre histoire au lieu de se perdre dans l’aboulie. Et qu’elle convainque le peuple qu’elle est là pour le protéger et non l’exposer à la lutte de tous contre tous. La lutte contre le nationalisme hollandais se joue autant à Bruxelles qu’à La Haye ou Rotterdam.

Laurent Joffrin

liberation.fr
Publié dans:Europe, Politique |on 14 mars, 2017 |Pas de commentaires »
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