Archive pour la catégorie 'Europe'

Flash « franceinfo »……………………(14/03/2017)

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Un employeur peut interdire le port de signes religieux comme le voile islamique, selon la Cour de justice européenneUne règle interdisant le port visible de « tout signe politique, philosophique ou religieux » dans une entreprise ne constitue pas une discrimination directe, a indiqué la Cour de justice de l’Union européenne dans un arrêt rendu mardi 14 mars. La Cour s’est penchée sur la question du voile après avoir été saisie du cas de deux femmes, en France et en Belgique, qui estimaient avoir été discriminées sur leur lieu de travail en raison de leur religion.
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Publié dans:Europe |on 14 mars, 2017 |Pas de commentaires »

L’édito de Laurent Joffrin……………(14/03/2017)

Inquiétude identitaire

ÉditoVoilà un paradoxe sur lequel on doit méditer : aux Pays-Bas, où l’économie va plutôt bien et où les mécanismes de protection sociale sont forts, l’extrême droite menace de faire un excellent score aux législatives de mercredi. Elle ne pourra sans doute pas gouverner, puisque les autres partis refusent de s’allier avec elle. Mais le parti xénophobe de Geert Wilders domine la campagne en imposant ses thèmes anti-musulmans et anti-Europe dans le débat. Certes, les tenants d’explications traditionnelles souligneront que la politique libérale du Premier ministre actuel a aggravé la situation des plus modestes. Mais le taux de chômage est de 6%, les déficits en voie de résorption, le niveau de vie moyen très élevé et la criminalité descendue à une proportion faible. C’est donc bien l’inquiétude identitaire qui joue le premier rôle dans la montée de Geert Wilders.

Comment la combattre ? Difficile de donner une réponse simple, quand les musulmans aux Pays-Bas représentent au plus 5% de la population et n’ont évidemment aucune intention d’imposer leur mode de vie aux 95% restants. Il y a dans cette angoisse pour l’intégrité culturelle du pays une telle part d’irrationalité que les arguments de bon sens glissent sur ces électeurs comme l’eau sur les plumes d’un canard. Une leçon est sûre, en revanche, dans cette campagne : l’identité des Pays-Bas, c’est aussi l’ouverture sur l’Europe, dont cette nation tolérante est membre fondateur. Encore faut-il que cette Europe dessine un avenir commun en redevenant actrice de sa propre histoire au lieu de se perdre dans l’aboulie. Et qu’elle convainque le peuple qu’elle est là pour le protéger et non l’exposer à la lutte de tous contre tous. La lutte contre le nationalisme hollandais se joue autant à Bruxelles qu’à La Haye ou Rotterdam.

Laurent Joffrin

liberation.fr
Publié dans:Europe, Politique |on 14 mars, 2017 |Pas de commentaires »

Un p’tit nouveau………………….(17/01/2017)

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L’Italien Antonio Tajani est élu président du Parlement européenVoici le nouveau président du Parlement européen. L’Italien Antonio Tajani, candidat du PPE, a été élu avec 351 voix, mardi 17 janvier, après quatre tours d’un vote indécis. Candidat du Parti populaire européen (PPE), de centre-droit, et ancien commissaire européen et proche de Silvio Berlusconi dont il fut porte-parole, le président élu disposait d’un avantage mathématique, son groupe de 217 députés étant le plus important dans l’hémicycle
Publié dans:Europe |on 17 janvier, 2017 |Pas de commentaires »

Bratislava………………………….(17/09/2016)

UE

«L’esprit de Bratislava», celui d’une Europe en bout de course

Par Jean Quatremer, Envoyé spécial à Bratislava — 16 septembre 2016 à 21:35
François Hollande et Angela Merkel lors d'une conférence de presse commune vendredi 16 septembre 2016 à Bratislava en Slovaquie.
François Hollande et Angela Merkel lors d’une conférence de presse commune vendredi 16 septembre 2016 à Bratislava en Slovaquie. AFP

Malgré les efforts de Hollande et Merkel pour vendre l’image d’une concorde retrouvée, les dirigeants européens réunis ce vendredi en Slovaquie ont une nouvelle fois montré leur incapacité à se mettre d’accord, confirmant la paralysie de l’Union.

  •  «L’esprit de Bratislava», celui d’une Europe en bout de course

Tout un symbole: des journalistes parqués de l’autre côté du Danube, dans un immense hangar, pendant que les 27 chefs d’État et de gouvernement discutent à huis clos dans le château de Bratislava, en Slovaquie, à un kilomètre de là, protégés par un imposant dispositif policier. Une journée de réunions, ce vendredi, sans des Britanniques déjà sur la voie de sortie, et sans qu’aucune information ne filtre – et on peut faire confiance aux Slovaques pour s’assurer que les journalistes ne sortent pas du cadre. Il a fallu attendre les conférences de presse finales, en fin de journée, pour que chacun livre «sa» version du sommet à «sa» presse, souvent totalement différente d’un «chef» à l’autre au point qu’on a l’impression que 27 réunions parallèles ont eu lieu. Quand il s’agit de «rapprocher l’Europe des citoyens», «de resserrer les liens distendus entre l’Europe et les citoyens», «de prendre conscience de la défiance des citoyens», comme l’a gravement expliqué jeudi le chef de l’État français, les gouvernements savent décidément s’y prendre.

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François Hollande et Angela Merkel, la chancelière allemande, qui ont tenu, pour la première fois depuis l’élection du premier, conférence de presse commune (limitée à deux questions par pays…), ont essayé de vendre un «esprit de Bratislava», celui de la concorde retrouvée entre l’Est et l’Ouest, entre le sud et le nord, entre les riches et les pauvres, entre les démocraties autoritaires et les démocraties libérales. Un beau conte de fées que Matteo Renzi, le Premier ministre italien, a fait immédiatement voler en éclats en déclinant toute conférence de presse commune avec le couple franco-allemand : «je refuse de suivre un scénario visant à faire croire aux citoyens que nous sommes d’accord sur tout»… Et d’énumérer, parmi les principaux points de désaccord, les réfugiés et la politique économique, notamment allemande, etc. Même écho de Viktor Orban, le chef du gouvernement hongrois. Mais alors, que s’est-ll donc réellement passé au cours de la journée ? On ne le saura que lorsque le soi-disant «esprit de Bratislava» aura fait long feu…

Caricature de débat démocratique

Cette caricature de «débat démocratique» qui autorise tous les mensonges confirme que le problème central de l’Union est bel et bien le Conseil européen, l’instance suprême de l’Union, le lieu où les chefs d’État et de gouvernement dirigent dans le secret le plus total et en l’absence de tout contrôle démocratique, l’Europe. Pis : en trente ans, au fur et à mesure que le Conseil des «chefs» a affirmé ses pouvoirs, jusque dans les moindres détails techniques qui relevaient jusque-là soit de la Commission, soit des Conseils des ministres sectoriels, le secret entourant les délibérations des Vingt-huit s’est renforcé jusqu’à la caricature, en particulier sous l’impulsion des Français qui adorent les secrets d’État.

Si l’Union est «dans une situation critique», comme l’a déclaré Angela Merkel, est «menacée de dislocation», selon François Hollande, c’est en réalité à cause de l’incapacité croissante des Vingt-huit, ou plutôt des Vingt-sept bientôt, à se mettre d’accord sur le moindre sujet d’importance, au pire, ou même à parvenir à des compromis boiteux, au mieux. De la crise économique à celle des réfugiés, en passant par la crise de la zone euro, les politiques économiques, l’Union s’enfonce chaque jour un peu plus dans la paralysie. Pourquoi ? Parce qu’ils décident à l’unanimité. La soi-disant «Europe fédérale» qui dépossède les États de leur souveraineté dénoncée par les europhobes n’est en réalité qu’une Europe des États, celle que souhaitent justement ces mêmes europhobes : l’Union a l’apparence d’une fédération alors qu’elle n’est qu’une lâche confédération. Rien ne se fait sans les États ou contre eux, ce qui explique l’impotence imputée à l’Union par des gouvernements qui n’assument jamais ce qu’ils font ou ne font pas à Bruxelles et ne rendent aucun compte en tant que collectif de leurs décisions. Le Conseil européen, c’est la boite noire de la démocratie européenne.

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Bal des faux culs

Il faut imaginer des États-Unis d’Amérique dirigés par une assemblée des cinquante gouverneurs américains décidant à l’unanimité, où certains États n’appliqueraient pas telle ou telle politique, utiliserait ou non le dollar, où un seul gouverneur pourrait bloquer une intervention militaire, et on aurait une idée de ce que serait la puissance américaine. Or c’est ainsi que fonctionne l’Union et l’on trouve encore des chefs d’État et de gouvernement pour s’étonner de la crise de confiance des citoyens.

Ce n’est pas un hasard si les deux politiques qui fonctionnent le mieux sont la politique monétaire, décidée par la Banque centrale européenne, et la politique de concurrence, mise en œuvre par la seule Commission : dans ces deux cas, les États n’ont pas leur mot à dire. En réalité, ce n’est pas davantage de pouvoirs dont l’Union a besoin, mais d’autorités fédérales légitimes, car élues par les citoyens afin d’appliquer des politiques communes clairement identifiées. Si l’Union ne sort pas par le haut de ce bal des faux culs en redonnant le pouvoir aux peuples, elle est condamnée. «L’esprit de Bratislava», c’est celui d’une Europe en bout de course.

Jean Quatremer Envoyé spécial à Bratislava

Liberation.fr
Publié dans:Europe |on 17 septembre, 2016 |Pas de commentaires »

L’édito d’AS…………………………………….(01/08/2016)

ÉDITORIAL

Avant-goût

Par Alexandra Schwartzbrod — 31 juillet 2016 à 20:11
ÉDITOLe monde actuel a engendré (au moins) deux monstres froids assoiffés de pouvoir absolu et redoutables d’intelligence tactique qui, pour notre plus grand malheur, ont entrepris de faire un égal bras d’honneur à l’Europe, et surtout de se rapprocher l’un de l’autre : Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan. C’est un fait, il va falloir compter avec les leaders russe et turc dans les mois et les années qui viennent, et ce ne sont pas les coups de règle sur les doigts, les timides appels au respect des droits de l’homme ou même les (menaces de) sanctions qui vont les effaroucher. Ces deux-là ne connaissent que la force et l’Europe n’a jamais été aussi faible. Le cocktail des deux risque d’être explosif. Le «mêlez-vous de vos affaires !» tonitruant lancé vendredi aux Occidentaux par le président turc du haut de son palais d’Ankara n’est qu’un avant-goût de ce qui se profile.

Un peu plus de deux semaines après le coup d’Etat raté du 15 juillet qui lui a apporté le soutien quasi total de son peuple, Erdogan n’a plus peur de rien et ce n’est pas une Europe en train d’imploser qui va l’empêcher de mener ses purges à bien. D’autant qu’il a entre les mains un moyen de chantage imparable : l’accord sur les réfugiés conclu honteusement le 18 mars pour bloquer le flux de migrants cherchant à rallier l’UE. Un gel des négociations d’adhésion à l’Union ? La belle affaire ! Les discussions traînent depuis 2005 et les Turcs n’y croient plus. Il va pourtant falloir trouver une façon de maintenir, voire renforcer le dialogue, pour au moins deux raisons : la Turquie fait partie de l’Otan et elle joue un rôle central dans le conflit syrien. La laisser trop frayer avec les Russes est périlleux. Pour l’heure, les positions de l’Europe et de la Turquie paraissent irréconciliables, surtout si Erdogan rétablit la peine de mort. Mais il ne faut pas lâcher l’affaire. Les diplomates doivent déployer les efforts maximums pour trouver les failles qui permettront de rétablir le rapport de forces.

Alexandra Schwartzbrod

Liberation.fr
Publié dans:Europe |on 1 août, 2016 |Pas de commentaires »

Le pantopuflage se porte bien…………………………..(12/07/2016)

ANALYSE

Barroso pris la main dans le Sachs

Par Jean Quatremer — 11 juillet 2016 à 20:11 (mis à jour à 22:03)
José Manuel Barroso, alors président de la Commission, avec le Premier ministre britannique David Cameron, en mars 2014. 
José Manuel Barroso, alors président de la Commission, avec le Premier ministre britannique David Cameron, en mars 2014.  Photo Geert Vanden Wijngaert. AP

L’embauche de l’ancien président de la Commission européenne par la sulfureuse banque d’affaires alimente les soupçons de collusion entre finance et politique et porte un nouveau coup à l’image de l’UE.

  • Barroso pris la main dans le Sachs

La Commission européenne ne juge plus «légitime», comme l’avait malencontreusement déclaré vendredi un porte-parole de l’institution, le recrutement de son ancien président, José Manuel Durão Barroso, par la banque d’affaires américaine Goldman Sachs (GS). Mais elle ne condamne pas pour autant ce pantouflage sans précédent. Alors qu’il tenait là une occasion en or de marquer le caractère «politique» de la Commission qu’il préside, Jean-Claude Juncker a préféré se murer dans le silence, donnant ainsi la désastreuse impression qu’il ne voulait pas insulter l’avenir, le sien ou celui de ses collègues commissaires. Un rien maladroit, c’est un euphémisme, à l’heure où ce recrutement soulève une vague d’indignations à travers l’Europe et donne l’image d’une collusion institutionnalisée entre le pouvoir politique européen et les pires intérêts financiers qu’incarne, à tort ou à raison, Goldman Sachs.

Carnet d’adresses

Pour le porte-parole de l’exécutif européen, Margaritis Schinas, Barroso n’a violé aucune des règles communautaires destinées à prévenir les conflits d’intérêts, règles qui, a-t-il souligné, ont au moins le mérite d’exister, «contrairement à d’autres organisations internationales et à la plupart des Etats membres où l’on a vu des dirigeants passer directement du service de l’Etat au secteur privé». Une allusion directe à l’ex-chancelier allemand Gerhard Schröder qui, dès le lendemain de sa défaite aux élections de 2005, a été nommé à la tête du consortium chargé de la construction du gazoduc germano-russe «Nord Stream» en mer Baltique, et dont l’actionnaire majoritaire était Gazprom. Un conflit d’intérêts majeur, puisque c’est le gouvernement Schröder qui avait signé le contrat et s’était même porté garant d’un prêt d’un milliard d’euros au dit Gazprom.

Une allusion aussi à tous ces dirigeants qui, dès la fin de leur fonction publique, ont émargé aux conseils d’administration de nombreuses entreprises (de Tony Blair, ancien premier ministre britannique, à Guy Verhofstadt, ex-chef du gouvernement belge et actuel député européen, en passant par les conférences grassement payées de Sarkozy). Barroso a ainsi soigneusement attendu l’expiration du délai de dix-huit mois après sa cessation de fonction, le 1er novembre 2014, pour signer son contrat de président «non exécutif» de GS, chargé notamment de limiter les effets du Brexit pour la banque. S’il l’avait fait avant, selon le code de déontologie de la Commission, cela l’aurait obligé à demander l’avis d’un «comité d’éthique indépendant»Là, Barroso s’est contenté d’avertir son successeur, Jean-Claude Juncker, après son embauche, selon Schinas. On ne saura jamais combien la banque d’affaires va rémunérer le carnet d’adresses de celui qui a dirigé la Commission entre 2004 et 2014, mais on a appris lundi que l’ancien Premier ministre libéral portugais (2002-2004) avait renoncé, dès janvier 2015, à son «indemnité de transition»(environ 200 000 euros brut annuels pendant trois ans). Un beau geste a priori, mais qui incite à penser que l’homme avait, dès cette époque, des assurances quant à son avenir.

LIRE AUSSILes bonnes affaires des anciens commissaires

Renseignements d’initiés

Si le «code de déontologie» n’a pas été violé par l’ancien président, il semble néanmoins qu’il ait pris quelques libertés avec l’article 245 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne prévoyant que les anciens membres de la Commission s’engagent à«respecter pendant la durée de leurs fonctions et après cessation de celles-ci les obligations découlant de leur charge, notamment les devoirs d’honnêteté et de délicatesse quant à l’acceptation, après cette cessation, de certaines fonctions ou de certains avantages». Est-il «délicat» et «honnête» d’entrer au service d’une banque à l’origine de la crise des subprimes, qui a aidé la Grèce à dissimuler une partie de son déficit par des opérations de «swap» (tout à fait légales au demeurant), avant de spéculer contre la dette grecque, connaissant de l’intérieur son caractère insoutenable, ce qui a entraîné toute la zone euro dans une crise sans précédent qui s’est réglée à coup de politiques d’austérité particulièrement violentes ? Car Barroso dispose de renseignements d’initiés, tant sur la réglementation financière et bancaire mise en place depuis 2009 que sur la politique monétaire de la Banque centrale européenne (puisqu’il pouvait assister aux réunions de la BCE) ou sur les réformes mises en place en Grèce, qui pourraient s’avérer fort utile pour une banque dont la spécialité est justement de s’enrichir avec de telles informations. Pis : il sera chargé des relations avec l’Union afin de préserver au mieux les intérêts de son employeur pendant le Brexit.

LIRE NOTRE DÉCRYPTAGETrucages et astuces de la banque d’affaires dans le dossier grec

«C’est une situation vraiment détestable», reconnaît le député européen Alain Lamassoure (LR et Parti populaire européen), qui préside la commission d’enquête parlementaire sur l’évasion et la fraude fiscale, et qui fut l’un des grands défenseurs de l’ancien président. Le groupe socialiste du Parlement européen, qui l’a pourtant investi tant en 2004 qu’en 2009, a sorti l’artillerie lourde en demandant que GS «renonce à cette embauche» qu’il juge«indécente, indigne et honteuse» et que la Commission ou au Conseil des ministres (statuant à la majorité simple) saisissent la Cour de justice européenne pour que Barroso soit déchu de sa future retraite.

Mélange des genres

En l’état, il est douteux qu’il se trouve une majorité de commissaires ou de pays pour aller jusque-là, de peur de créer un précédent qui pourrait empêcher les commissaires ou les fonctionnaires de se recycler une fois leur mandat ou leur carrière à Bruxelles achevés. Car, dans une grande majorité de pays européens, on ne considère pas que le privé et le public sont deux mondes étanches. Comme le rappelle Alain Lamassoure, «dans les pays nordiques et ibériques, il est courant qu’un politique passe dans le privé, alors que dans les pays anglo-saxons, c’est la norme. Il n’y a qu’en France où le politique c’est l’affaire d’une vie. Comme le disait Michel d’Ornano à propos de Geoffroy de Montalembert, un député dormant : « Il se présentera à l’Assemblée nationale jusqu’à sa mort, puis ensuite au Sénat. »» «Il n’est pas illégitime qu’un responsable public ait une vie professionnelle dans le privé une fois son mandat achevé», renchérit Pierre Moscovici, le commissaire en charge des questions économiques et monétaires interrogé par Libération. A condition, bien sûr, que «la délicatesse» soit respectée. Une notion éminemment politique :«Si Barroso était allé dans une autre banque que GS, cela n’aurait sans doute posé aucun problème», souligne Lamassoure.

Les socialistes demandent donc au moins que les règles anti-pantouflages soient durcies et que le comité d’éthique soit saisi de tous les postes acceptés par d’ex-commissaires ou fonctionnaires pendant cinq ans au lieu de dix-huit mois, soit la durée d’une législature. Pour l’instant, la Commission n’a pas donné suite. Pourtant, tant le recrutement de Barroso que ceux d’anciens commissaires (comme Neelie Kroes, Viviane Reding, Siim Kallas ou encore Karel De Gucht) par des entreprises multinationalesposent des problèmes éthiques. «Quelle image un dirigeant souhaite-t-il donner de la Commission, chargée de l’intérêt général européen, et de lui-même dans les fonctions qu’il y a exercées ? Est-ce la bonne ?» s’interroge Moscovici. La solution n’est pas simple : «En France, on a mis en place un code d’éthique pour les hauts fonctionnaires, rappelle Lamassoure. A-t-il empêché les pantouflages dans le privé ? Non.» Reste que les dégâts politiques causés par ce mélange des genres sont indéniables : «En cette période de crise, où le populisme veut dynamiter l’idée européenne et l’institution qui l’incarne, le recrutement de Barroso par Goldman Sachs choque et alimente les attaques contre la Commission», tranche Moscovici. Son président, Jean-Claude Juncker, partage-t-il son indignation ?

Jean Quatremer

Liberation.fr
Publié dans:Europe |on 12 juillet, 2016 |Pas de commentaires »

L’édito de Laurent Joffrin…………………..(06/07/2016)

EDITORIAL

Convaincre

Par Laurent Joffrin — 5 juillet 2016 à 20:21
ÉDITOL’Europe ? On ne l’aime pas mais on ne la quitte pas. Drôle de mariage… En quelques réponses, notre sondage Viavoice-Libération résume parfaitement la crise endémique qui affecte les relations entre la France et l’Union. Les Français, jusqu’à preuve du contraire, ne sont pas prêts au «Frexit» et ce ne sont pas les palinodies de la classe politique anglaise et les soubresauts économiques subséquents qui vont les encourager à changer d’avis. Pour autant, ils n’aiment pas cette Europe à leurs yeux impotente en cas de difficultés graves, – migratoires ou financières, par exemple – incapable, surtout, de leur fournir la protection qu’ils demandent contre les excès de la mondialisation. C’est le grand échec politique des pro-européens : démontrer aux classes populaires, et pas seulement par le verbe, que l’Europe est aussi faite pour elles. Le discours libre-échangiste et concurrentiel tenu en permanence à Bruxelles a convaincu la majorité de l’opinion que l’Union n’était pas un rempart contre les grands vents du marché mondial mais au contraire le cheval de Troie d’une économie planétaire brutale et inégalitaire.Comment remonter la pente ? Par une action commune vigoureuse. On dira que l’Allemagne s’y oppose. Ce n’est pas vrai. Les Allemands sont des Européens convaincus ; ils savent qu’ils ne peuvent pas gouverner seuls le continent, et d’ailleurs ils ne le veulent pas. Il leur faut, comme cela s’est toujours produit dans l’histoire de l’Union, un partenaire déterminé qui ne peut être autre que la France. François Hollande a réagi avec célérité et logique au Brexit. Sa ligne s’est vite imposée, en tout cas dans le discours. Ce sont les actes qui manquent le plus : une meilleure gouvernance, une réévaluation du rôle du Parlement, une relance économique commune. Sans cela, les Français finiront par quitter ce qu’ils aiment si peu…

Laurent Joffrin

Liberation.fr
Publié dans:Europe |on 6 juillet, 2016 |Pas de commentaires »

BREXIT………………………..(30/06/2016)

BREXIT

Les Vingt-Sept inflexibles avec Londres

Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, et Donald Tusk, président du Conseil européen, mercredi, au siège de l’UE à Bruxelles.
Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, et Donald Tusk, président du Conseil européen, mercredi, au siège de l’UE à Bruxelles. Photo John thys. AFP

Emmené par la France, le Conseil européen a confirmé mercredi la ligne dure à l’égard du Royaume-Uni. Une façon, aussi, d’étouffer les velléités sécessionnistes dans l’Union.

  • Les Vingt-Sept inflexibles avec Londres

Out, c’est out. Et le plus vite sera le mieux. Les vingt-sept chefs d’Etat et de gouvernement réunis à Bruxelles, mardi et mercredi, ont choisi sans barguigner la ligne dure vis-à-vis du Royaume-Uni, celle que prônait la France. Pas question d’accommodements raisonnables destinés à rendre moins douloureuse sa sortie et, pour l’avenir, pas question non plus de lui tailler un costume sur mesure en lui permettant de choisir les politiques européennes qui l’intéresse. Bref, les Britanniques – et les europhobes de tous les Etats membres – vont découvrir grandeur nature ce qu’il en coûte de quitter la maison commune.

L’ambiance de ce sommet était étrange : nul drame, nulle larme. On est loin, très loin, de l’atmosphère dramatique de la crise grecque – un Grexit aurait eu des conséquences tragiques pour la Grèce, mais aussi pour ses partenaires qui partagent la même monnaie. Certes, tout le monde aurait préféré éviter un Brexit, mais personne n’en a fait un drame non plus, tant Londres s’est marginalisé depuis vingt ans.

«Voie raisonnable»

D’ailleurs, l’Union n’a pas perdu de temps pour faire comprendre aux Britanniques qu’ils n’étaient déjà plus qu’à moitié dans le jeu. Ainsi, le Conseil européen s’est réuni mercredi sans David Cameron, le Premier ministre britannique, qui n’a été autorisé qu’à assister à la session de travail de la veille ainsi qu’au dîner. Une première dans l’histoire européenne, alors que le Royaume-Uni n’a même pas encore activé l’article 50 du traité sur l’Union européenne qui lancera le processus de sortie. Mieux : un sommet informel a été convoqué pour le 15 septembre dans la capitale slovaque, Bratislava, afin de réfléchir à l’avenir de l’UE, là aussi sans Londres.

Certes, plusieurs pays d’Europe centrale, mais aussi l’Irlande et le Danemark, ont plaidé au cours du sommet pour que l’Union manifeste un peu de compréhension à l’égard du Royaume-Uni, notamment en lui laissant le temps de déclencher l’article 50 vu le désordre politique qui règne dans ce pays depuis vendredi.

Comme l’explique un diplomate européen, «l’idée est que plus les conséquences désastreuses de la sortie seront visibles, plus il y a de chance que les Britanniques choisissent une voie raisonnable». Ces pays espéraient aussi que cela pourrait peut-être permettre de renégocier avec le Royaume-Uni afin qu’il reste dans l’Union. Mais ils se sont finalement alignés sur la position arrêtée, lundi, à Berlin par Angela Merkel, la chancelière allemande, François Hollande, le président français, et Matteo Renzi, le président du Conseil italien : l’article 50 doit être activé le plus tôt possible et, en attendant, aucune discussion de quelle que nature que ce soit n’aura lieu avec les Britanniques, histoire qu’ils ne cherchent pas à obtenir des assurances sur son futur statut avant de demander formellement le divorce.

Eviter un effet domino

De même, les Vingt-Sept ont tout de suite voulu couper court aux espoirs des «Brexiters», comme le conservateur Boris Johnson qui a affirmé dans le Daily Telegraph que son pays pourrait continuer à avoir accès au Marché unique, mais sans la libre circulation des personnes, thème central du référendum. Les Vingt-Sept ont donc décidé de lier les quatre libertés du Marché unique : ce sera la libre circulation des marchandises, des capitaux, des services et des personnes ou rien. «Les quatre libertés sont indivisibles», a ainsi affirmé Angela Merkel. «Il faut éviter que des pays puissent s’imaginer qu’en sortant ils pourront choisir les politiques qui les intéressent», explique un diplomate français. Mieux : «L’accès au marché intérieur que réclame Boris Johnson, c’est aussi le respect de l’acquis communautaire, la compétence de la Cour de justice européenne pour régler les litiges et une contribution au budget communautaire à peu près équivalente à ce qu’ils payent aujourd’hui.» C’est le statut choisi par la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein qui n’ont, évidemment, aucun droit de se prononcer sur les lois européennes qu’ils doivent simplement appliquer…

A défaut, le Royaume-Uni devra se contenter d’un simple accord de libre-échange comme ceux que l’UE a signés avec Singapour, le Japon ou le Canada, ce qui ne fera pas ses affaires. Cette fermeté va compliquer la tâche des Brexiters qui espéraient que l’Union, par souci de défendre ses intérêts économiques, se montrerait plus compréhensive. C’est loupé. Une fermeté logique : les capitales européennes veulent éviter un effet domino en signifiant aux partis europhobes, qu’ils soient au pouvoir ou non, qu’une sortie sera plus que douloureuse afin de leur couper l’herbe sous le pied. «Leurs mensonges vont apparaître au grand jour», s’amuse un diplomate européen.

Sur l’avenir de l’Union, en revanche, les Vingt-Sept restent prudents : priorité aux réalisations concrètes à très court terme, à la simplification et à la clarification afin de «reconquérir les cœurs des citoyens». Une remise à plat des traités est renvoyée sine die : «On ne va pas modifier les traités, ce n’est pas la priorité», a ainsi répété à plusieurs reprises Angela Merkel.

Les Vingt-Sept veulent éviter d’étaler leur divergence, entre les pays (en particulier d’Europe centrale) qui voudraient réduire aux acquêts l’Union et ceux qui, au sein de la zone euro, veulent achever leur intégration, notamment en la démocratisant. «C’est la dernière des choses à faire aujourd’hui, car ce serait une bataille extrêmement clivante, et les opinions publiques sont épuisées par ces crises»,renchérit-on dans l’entourage du président français.

Jean Quatremer BRUXELLES (UE), de notre correspondant

Liberation.fr
Publié dans:Europe |on 30 juin, 2016 |Pas de commentaires »

Flash « francetvinfo »………………………………….(28/06/2016)

Brexit : le Parlement européen réclame l’activation « immédiate » de la procédure de retrait du Royaume-Uni de l’UE. Suivez notre direct

L’onde de choc du référendum britannique continue de se propager cinq jours après le vote pour un Brexit et l’inquiétude est manifeste au sein de l’Union sur les conséquences politiques et économiques du divorce à venir. Le Parlement européen réclame l’activation  »immédiate » de la procédure de retrait du Royaume-Uni de l’UE.

Publié dans:Europe |on 28 juin, 2016 |Pas de commentaires »

L’édito de Laurent Joffrin……………………………..(27/06/2016)

Une Europe du peuple

Par Laurent Joffrin — 26 juin 2016 à 20:41
ÉDITOLa pire décision serait de ne pas en prendre. Dans les crises historiques, l’inaction est meurtrière. On est trop habitué aux atermoiements bruxellois pour ne pas craindre que les dirigeants européens se comportent comme les aristocrates de la cour de Versailles qui discutaient préséance, privilèges et colifichets pendant que les faubourgs parisiens s’armaient de piques. Ils croient qu’ils sont confrontés au Brexit. L’affaire est bien plus grave. Ils font face à la révolte générale des peuples européens, bonne ou mauvaise. Le Brexit est la manifestation spectaculaire d’un mouvement à l’œuvre dans toute l’Europe. Au Royaume-Uni, bien sûr, mais aussi à Rome, où une candidate «antisystème» l’a emporté haut la main ; en Autriche, où l’extrême droite a failli gagner la présidentielle ; dans l’Europe de l’Est en passe de basculer dans l’autoritarisme xénophobe ; en France où le parti nationaliste, dans toutes les enquêtes, sera le protagoniste agressif d’un second tour à haut risque. Autrement dit, dans les pays où le projet européen est tenu pour le paravent d’une mondialisation destructrice des identités et des équilibres sociaux. C’est-à-dire partout.

Cette conjonction politique funeste – une révolte populaire qui croit si peu en l’avenir qu’elle se raccroche, non à une utopie ou à un projet, mais aux oripeaux de l’ancienne gloire des nations – alimente toutes les démagogies. Nigel Farage, leader de la campagne du Brexit, est toujours membre du Parlement européen. Ainsi, celui qui dénonce à hauts cris «les privilèges de la bureaucratie bruxelloise» émarge toujours, après le vote, au budget que financent les contribuables européens. Paisiblement payé par l’Europe pour la détruire. Il est vrai qu’il n’en est pas à une hypocrisie près. Une heure après le vote, il reconnaissait que l’une des principales promesses du Brexit – le reversement au système de santé national de la cotisation britannique au budget européen – était un leurre. Et Boris Johnson, qui a comparé l’Union européenne à la dictature de Napoléon et même à celle de Hitler, hésite à faire jouer l’article 50 du traité européen qui permet d’entamer les négociations de sortie. Il faut croire que cette «dictature bruxelloise» n’était pas si insupportable… Un regret de sa part ? Non : l’idée de profiter du vote anti-européen pour obtenir des Européens un statut favorable, qui satisferait l’illusion souverainiste mais ne romprait pas les liens avec le continent. Bref, une trahison enveloppée par un mensonge.

Devant tant de fausseté, il faut agir. D’abord en levant l’incertitude. Si le peuple britannique a décidé de sortir de l’Europe, qu’il sorte. Toute autre attitude de sa part ne serait qu’une manœuvre lamentable destinée à mendier les subsides d’une Union qu’on ne cesse d’insulter. La France, l’Allemagne et bien d’autres nations l’ont dit avec clarté. S’ils ont un semblant de dignité, les souverainistes britanniques doivent l’entendre.

C’est le premier pas. Le second est celui de la réforme. Sauf à abandonner le projet européen, ou bien, comme la droite française le propose en demandant le rétablissement des frontières, à le démolir à moitié pour satisfaire ceux qui veulent le démolir entièrement, il faut rendre son rôle au peuple, non à l’échelle étriquée des nations, mais à celle du continent. Elu au suffrage universel, et donc principale institution légitime dans l’échafaudage de l’Union, le Parlement européen doit prendre le pouvoir, comme il a pris le pouvoir à l’orée des révolutions démocratiques, au Royaume-Uni, en France ou aux Etats-Unis. Lui seul, et non l’obscur et cauteleux Conseil européen qui délibère et décide en secret, est à même de définir et de contrôler la politique de l’Union, du moins pour les sujets qui la concernent, laissant clairement aux Etats le reste des responsabilités. Elisant directement leurs représentants, comme il sied en démocratie, les électeurs seront à même de donner des mandats et d’exiger des comptes, sans passer par le tamis sinueux du byzantinisme bruxellois. Comment ? En donnant aux députés du peuple la prééminence qui leur revient, pour la bonne raison qu’ils représentent le peuple, qui est le seul souverain des régimes de liberté. Après l’Europe de la raison, de l’économie et du libre-échange, il faut bâtir une Europe de la souveraineté populaire. Faute de quoi le Brexit se changera en «Eurexit».

Laurent Joffrin

Liberation.fr
Publié dans:Europe |on 27 juin, 2016 |Pas de commentaires »
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