Archive pour la catégorie 'Europe'

L’édoito de Laurent Joffrin……………………(25/06/2016)

Fossé

Par Laurent Joffrin — 24 juin 2016 à 20:31
ÉDITOUn vote négatif ? Non, sire, une révolte populaire ! Le peuple britannique qui avait sauvé l’Europe en 1940 – vieille histoire mais si décisive – vient de lui porter un coup terrible. Le peuple ? Pour être plus précis : les classes populaires britanniques, rebellées contre l’internationalisme des élites et l’ouverture sur le continent, positions majoritaires dans les villes mélangées et parmi la jeunesse, mais balayées dans les banlieues inquiètes et les campagnes délaissées. La carte du vote ne laisse aucune place au doute : plus on est pauvre et âgé en Grande-Bretagne, plus on rejette le projet européen.

Ce peuple est souverain : rien ne permet de contester son vote. D’autant que la faute principale en revient non pas à des électeurs qu’on tiendrait pour égarés mais à l’Europe elle-même. En dépit de tous les avertissements, de toutes les admonestations, de toutes les critiques, elle a poursuivi son chemin tortueux, hésitant, incarnant de manière obscure, byzantine, une utopie historique lumineuse, celle de la paix et de la coopération entre des nations qui se sont si souvent fait la guerre. Une simple Europe des marchés, des normes, des critères budgétaire et de la finance ne fait rêver personne. La mollesse de la réponse à la crise sociale et l’irrésolution dans la crise migratoire de cet été ont achevé l’ouvrage. Les classes populaires, sur tout le continent, n’y croient plus. Elles se tournent vers les nations comme vers le seul rempart crédible face aux excès de la mondialisation. Elles se replient partout sur leurs racines, sur leur identité, qui est le patrimoine de ceux qui n’ont pas de patrimoine. Le nationalisme, ce poison multiséculaire, en profite pour restaurer l’ancienne intolérance et faire tourner à l’envers la roue de l’Histoire.

Sachant que c’est moins la Commission ou le Parlement qui sont les vrais responsables, mais bien plus les gouvernements du continent, qui n’ont pas su réformer leur œuvre commune, ni assumer devant leurs opinions les décisions prises à l’échelle de l’Union. Malgré les difficultés immédiates, le choc boursier, la réécriture des traités commerciaux, la tentation indépendantiste de l’Ecosse et de l’Irlande du Nord, que les partisans du Brexit semblent découvrir, comme s’ils n’avaient pas mesuré les conséquences de leur propagande anti-européenne obsessionnelle, la séparation va s’installer. La Manche n’est plus un détroit, c’est un fossé. Précédent à hauts risques…

L’Europe, donc, a fauté. Faut-il pour autant lui tourner le dos ? C’est la tendance qui domine la vie politique dans la plupart des pays du continent. L’Europe est une maison commune : elle brûle. Ses dirigeants ont donc rendez-vous avec l’Histoire. Ils ne peuvent plus rester entre chien et loup dans la grisaille bruxelloise. François Hollande l’a dit et il a promis de le faire entendre à ses partenaires : la réaction doit être à la hauteur de l’événement. On attend les actes. Si l’on croit encore à cette grande œuvre de civilisation, à cette construction inédite qui assure la paix et le respect des valeurs démocratiques sur tout un continent, il faut, très rapidement, instaurer une gouvernance claire de la zone euro pour relancer l’économie et maîtriser la finance, il faut unifier la politique migratoire en respectant les principes d’ouverture qui sont à la base de l’Union. Il faut, surtout, admettre enfin les peuples à la table de l’Union, qui les a jusqu’à maintenant tenus en lisière, feignant de croire que le Conseil européen, c’est-à-dire la réunion des gouvernements, dont l’opinion européenne ignore en fait le fonctionnement et les prérogatives, pouvait en tenir lieu. Il n’existe, pour cette grande tâche, qu’un seul instrument : le Parlement européen, seule représentation directe des peuples du continent dans l’Union. En contrôlant la Commission, en incarnant les opinions publiques, en prenant un réel pouvoir de décision, bref, en jouant le rôle d’un Parlement, il est seul à même de conjurer la crise démocratique qui menace d’emporter l’Union.

Laurent Joffrin

Liberation.fr
Publié dans:Europe |on 25 juin, 2016 |Pas de commentaires »

La sagesse……………………..(25/06/2016)

INTERVIEW

Tony Blair : «Nous entrons dans une ère de grande anxiété»

Tony Blair en 2013.
Tony Blair en 2013. Photo Matt Rourke.AP

Déplorant une décision qui risque d’être dramatique pour son pays, l’ex-Premier ministre alerte contre la montée des populismes et appelle l’UE à bien peser les conséquences des choix à venir.

  • Tony Blair : «Nous entrons dans une ère de grande anxiété»

L’assistante de Tony Blair entre dans la salle de conférence des bureaux de l’ancien Premier ministre travailliste, à deux pas d’Oxford Street. L’artère la plus commerçante de Londres est bien calme à cette heure très matinale. «Nouvelles intéressantes ce matin», glisse l’assistante. David Cameron vient d’annoncer sa démission du poste de Premier ministre d’ici trois mois, quelques heures après le choix du pays de quitter l’Union européenne. Une dizaine de journaux européens, dont Libération, et un américain, le New York Times, ont été conviés à ce petit-déjeuner avec le seul Premier ministre britannique à avoir remporté trois élections consécutives. Tony Blair entre dans la pièce. Le visage gris, livide, il est visiblement sonné. La voix blanche, il marque de longues pauses entre chaque question, pèse chacun de ses mots.

Quel est votre sentiment après ce résultat si inattendu ?

C’est un jour très triste pour le pays, très triste pour l’Europe. Les implications sont immenses pour le Royaume-Uni, pour l’Europe et pour la politique en général. Il va y avoir chez nous un désir immédiat de préserver une forme de stabilité, mais qui dépendra beaucoup de ce qui va se passer dans les prochains jours, particulièrement sur les marchés financiers. Ce vote doit provoquer une très sérieuse réflexion sur l’avenir de ce que j’appelle «l’espace central de l’échiquier politique». Ces derniers mois, j’ai répété qu’il me semblait évident que des mouvements populistes ou extrémistes pouvaient s’emparer d’un parti, mais qu’ils n’étaient pas en mesure de prendre le pouvoir. Ce référendum montre le contraire.

Que signifie ce vote ?

Les gens, notamment des sympathisants du Parti travailliste, ont votéleave pour de multiples raisons, parfois pour protester contre le gouvernement. Malheureusement, cette élection ne se prêtait pas à un vote de protestation, mais appelait une vraie décision.

Le Labour lui-même devra s’interroger avec soin sur son rôle dans cette campagne. Nous entrons dans une ère de grande imprévisibilité et de grande anxiété. Le vote des électeurs travaillistes pour le leaveest une réaction à la prestation on ne peut plus tiède des leaders du camp du remain. A n’en pas douter, cela a joué. Le Parti travailliste aurait dû mobiliser, faire une campagne d’envergure afin de dire aux gens qu’il ne s’agissait pas d’un vote de protestation. Maintenant, il faut reconnaître que de nombreux travaillistes ont un rapport compliqué à l’immigration – nous devons l’accepter. Il aurait fallu un message très fort, très clair du Labour. Or, ce message était ambigu. Le Parti travailliste va peut-être enfin se réveiller et entamer un vrai débat sur la direction qu’il veut prendre. Le fait est que nous n’avons pas suffisamment mobilisé nos forces ou expliqué que ce scrutin n’était pas un vote de protestation.

Que devrait faire l’Europe ?

Le gouvernement britannique et l’Europe devraient prendre le temps de réfléchir, avant d’entamer des discussions. David Cameron a eu absolument raison de ne pas déclencher l’article 50 maintenant [qui stipule que tout Etat membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union]. Il est important que l’Europe digère ce choc et réfléchisse, parce que les décisions qui seront prises auront d’immenses implications pour tous les pays européens. Les implications sont de deux sortes. Economiques, parce bien entendu les marchés mondiaux seront affectés. Et politiques, parce que, il faut être très clair, il existe dans la plupart des Etats membres des mouvements populistes ou extrémistes.

Plus de 48 % des Britanniques ont voté pour rester dans l’Union européenne. Que leur dites-vous ?

Ceux qui ont voté pour le remain doivent être aujourd’hui très angoissés. D’évidence, notre pays est très divisé. Le résultat du référendum va sans doute créer des tensions. Notamment en Ecosse, où le débat sur l’indépendance s’en trouve complètement modifié. Je souhaite que la province reste partie intégrante du Royaume-Uni, mais on doit reconnaître que la situation là-bas est totalement différente. En Irlande du Nord, nous avions fortement insisté sur le fait qu’un Brexit aurait un impact sur la frontière entre le nord et le sud de l’île. J’ignore la réponse que va apporter le camp du leave.

Le projet européen a-t-il un avenir ?

Le défi qui se présente aujourd’hui est immense. Les leaders européens doivent prendre les choses en main et encourager des réformes audacieuses. C’est un enjeu qui concerne les dix prochaines années. Mais c’est un formidable défi. Je pense que dans n’importe quel pays de l’Union un tel référendum serait extrêmement serré. J’ai toujours cru en l’Europe. Je continue à croire que l’Union européenne est l’idée qu’il faut pour le XXIe siècle. Mais le projet européen ne repose plus sur le seul idéal de paix. Il concerne aussi sa position dans un monde globalisé, son poids face aux autres grandes puissances. L’idée européenne reste absolument nécessaire mais, ces dernières années, un écart s’est creusé entre son fonctionnement et la perception qu’en avait les peuples. Il est encore temps de rectifier ce décalage, mais le Royaume-Uni vient de s’exclure de cette entreprise. En votant pour le Brexit, nous abandonnons quatre décennies d’intégration européenne. C’est une calamité pour le Royaume-Uni. Et pour le continent.

Sonia Delesalle-Stolper Correspondante à Londres

Lieration.fr
Publié dans:Europe |on 25 juin, 2016 |Pas de commentaires »

Flash « francetvinfo »………………………………(25/06/2016)

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ALERTE INFO
Brexit : un million de Britanniques signent une pétition pour réclamer un nouveau référendumLe « Leave » a gagné mais les partisans du « Remain » ne veulent pas en rester là. Un million de Britanniques ont déjà signé une pétition réclamant la tenue d’un second référendum, samedi 25 juin, deux jours après la victoire des pro-Brexit. Un seuil symbolique a été franchi et le nombre des pétitionnaires ne cesse de croître.
Publié dans:Europe |on 25 juin, 2016 |Pas de commentaires »

Flash « francetvinfo »……………………………(24/06/2016)

Brexit : le Premier ministre David Cameron annonce sa démission, mais assurera la transition jusqu’en octobre. Suivez notre direct

C’est confirmé : le Royaume-Uni va quitter l’Union européenne. Selon les résultats définitifs, publiés vendredi 24 juin dans la matinée, les Britanniques ont choisi à 51,9% l’option du « Leave », lors du référendum sur le Brexit organisé jeudi. Conséquence directe de ce Brexit : les Bourses européennes ont plongé à l’ouverture et le Premier ministre David Cameron a annoncé sa prochaine démission. « Le pays a besoin d’un nouveau leadership », a-t-il déclaré, indiquant toutefois qu’il assurerait la transition jusqu’en octobre.

Publié dans:Europe |on 24 juin, 2016 |Pas de commentaires »

Flash « francetvinfo »…………………………………..(24/06/2016)

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ALERTE INFO
Brexit : un sondage estime que le Royaume-Uni va rester dans l’Union européenne, mais l’issue du scrutin n’est pas jouée. Suivez la soirée électorale en directSelon un ultime sondage YouGov, 52% des Britanniques ont voté en faveur d’un maintien du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne, jeudi 23 juin. Mais ces chiffres n’ont rien d’officiel et le dépouillement vient seulement de commencer. L’enquête YouGov n’est pas un sondage classique réalisé à la sortie des urnes. Il a été réalisé en ligne dans la journée auprès d’un échantillon représentatif et présélectionné d’électeurs. Suivez notre direct pour découvrir, heure par heure, les résultats officiels.
Publié dans:Europe |on 24 juin, 2016 |Pas de commentaires »

L’éditorial de Jean Quatremer………………………….(01/06/2016)

ÉDITORIAL

Le Brexit, un sacrifice pour sauver l’Europe

Par Jean Quatremer, Correspondant à Bruxelles — 31 mai 2016 à 20:21
Les Britanniques voteront pour ou contre la sortie de l'UE le 23 juin.
Les Britanniques voteront pour ou contre la sortie de l’UE le 23 juin. Photo Emmanuel Dunand. AFP

  • Le Brexit, un sacrifice pour sauver l’Europe

ÉDITOAmis Anglais, puisque c’est vous seuls qui êtes tentés par le «Brexit», ne vous laissez pas convaincre par les arguments des partisans du remain et votez pour le leavele 23 juin ! Je vais être honnête : ce n’est vraiment pas dans votre intérêt de quitter l’Union européenne. Il est évident que les partisans du Brexit vous mentent en vous faisant croire que, seuls, vous vous en sortirez mieux dans un monde qui est déjà dominé par les Etats-Unis, l’Asie et, demain, l’Afrique, d’autant que l’Europe que vous honnissez est largement à votre main idéologique, au point qu’elle gouverne vingt-huit nations dans votre langue.

Mais qu’importe ! Ici, je défends le point de vue de l’Union, et c’est dans son intérêt qu’il faut que vous la quittiez. Si vous restez, vous allez nous pourrir la vie comme jamais auparavant : David Cameron sera le seul leader européen ayant été capable de remporter un référendum sur l’Europe et retrouvera donc un rôle central dans le jeu communautaire. Lui et ses successeurs négocieront alors concession sur concession pour enterrer totalement le rêve fédéraliste des pères de l’Europe et achever la transformation du Vieux Continent en une zone de libre-échange de plus en plus molle. Tout espoir d’un rebond européen sera alors définitivement enterré : déjà, l’Union se meurt, faute de volonté des gouvernements européens d’aller plus loin, la scène nationale étant désormais partout dominée par les souverainistes qui ont confisqué le débat et parfois le pouvoir, comme en Europe de l’Est. Les valeurs européennes ont volé en éclats, comme le montre l’abandon du droit d’asile, et les partis de gouvernement pensent qu’une élection ne peut se gagner que par l’aile eurosceptique, quand bien même l’élection présidentielle autrichienne a démontré l’exact contraire…

L’aiguillon de la peur d’un effondrement immédiat de l’Union, politiquement et économiquement coûteux, ayant disparu avec le remain, pourquoi prendre des risques électoraux en concédant de nouveaux partages de souveraineté, comme cela s’est passé pendant la crise de la zone euro ? D’autant que ces partages de souveraineté ne produiront des effets que des années plus tard. Autant continuer à vivoter sur les acquis européens, même s’ils sont chaque jour de plus en plus attaqués. Autant dire, amis Anglais, que votre maintien dans l’Union évitera une crise immédiate, mais plombera durablement le projet européen jusqu’au délitement final. L’Europe, qui voulait peser dans un monde où l’Occident deviendra inexorablement quantité négligeable, ne sera plus qu’un failed project qui fera sourire les dirigeants chinois, indiens ou même américains. Seul votre départ en fanfare pourrait lui permettre de rebondir. Je ne suis pas un adepte de la «crise salutaire», mais l’Europe est déjà en catalepsie, et seul un choc de grande ampleur pourrait la réveiller et obliger les dirigeants les plus visionnaires (s’il en reste) à réagir pour éviter un émiettement mortel.

Votre sacrifice pour le bien commun européen aurait de la grandeur, un sacrifice qui, je le reconnais, pourrait aboutir à la disparition du Royaume-Uni de Grande-Bretagne, l’Ecosse, voire l’Irlande du Nord pouvant être tentées par l’indépendance. Mais, au fond, ce ne serait que la quatrième fois que vous viendriez au secours des tribus européennes divisées, après la lutte contre l’Empire français puis les deux Reich allemands, et ce, au prix de lourds sacrifices. Alors, amis Anglais, un peu de courage ! Laissez-vous convaincre par les brillants leaders que sont Nigel Farage ou Boris Johnson, qui au fond, ne veulent que le bien des Européens. Et promis, dans vingt ans, on vous laissera revenir. A nos conditions, bien sûr, la corde au cou et en robe de bure : un faible prix à payer pour sauver le rêve européen.

Jean Quatremer Correspondant à Bruxelles

Liberation.fr
Publié dans:Europe |on 1 juin, 2016 |Pas de commentaires »

Flash « francetvinfo »………………………..(04/05/2016)

Logo Francetv info 18H51
ALERTE INFO
La Banque centrale européenne cessera d’émettre des billets de 500 euros en 2018Accusé de favoriser les trafics et activités illégales en tout genre, le billet de 500 euros ne sera plus produits ni émis par la Banque centrale européenne à partir de la fin 2018. Celle-ci l’a annoncée mercredi 4 mai dans un communiqué. Les billets déjà en circulation, eux, ne perdront pas leur valeur et pourront continuer d’être utilisés.
Publié dans:Europe |on 4 mai, 2016 |Pas de commentaires »

Il serait temps…………………………………(02/03/2016)

CARTE. Schengen vole en éclats, Bruxelles s’alarme enfin

Timothée Vilars

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Publié le 02-03-2016 à 16h48

La Commission européenne renforce son aide humanitaire pour sauver ce qui peut encore l’être dans la libre-circulation au sein de l’espace Schengen.

La route des Balkans est désormais presque complètement coupée. (Timothée Vilars - L'Obs)La route des Balkans est désormais presque complètement coupée. (Timothée Vilars – L’Obs)

La Commission européenne a proposé ce mercredi de débloquer une enveloppe d’une ampleur inédite, 700 millions d’euros sur trois ans, pour faire face aux besoins humanitaires au sein de l’UE – notamment en Grèce.

Idomeni, où s’entassent 10.000 migrants à la frontière gréco-macédonienne, s’impose aujourd’hui comme le symbole de l’Europe des grillages et des barbelés ; mais le plus terrible pour l’UE s’incarne peut-être dans les murs qui se sont érigés en son sein même : la Hongrie d’abord, l’Autriche, la Croatie et la Slovénie ensuite, ont choisi de se barricader pour déplacer le problème migratoire, quitte à se mettre Athènes à dos.

Sauver Schengen ? L’appel d’urgence de la commission Juncker, document de 14 pages révélé ce mercredi par « Le Figaro », l’affirme : limiter les initiatives nationales de bouclage des frontières passera nécessairement par la maîtrise de la frontière extérieure. La Commission, soutenue par Paris et Berlin, entend désormais mettre sur pied un « eurocorps » de garde-frontières et garde-côtes communautaires, notamment sur les îles de la merÉgée.

Il serait temps.......................................(02/03/2016) dans Europe 14914138(Timothée Vilars / L’Obs)

La libre-circulation est « l’une des réalisations majeures de l’Europe » et elle est aujourd’hui « déstabilisée au cœur », écrit la Commission. Restaurer le bon fonctionnement de Schengen est aujourd’hui « un intérêt primordial pour l’Union européenne toute entière ».

La route des Balkans bientôt coupée

Comme un fait exprès, le HCR (Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés) dévoilait ses chiffres mardi pour montrer que la vague migratoire avait à peine faibli malgré l’hiver : 131.724 personnes, en majorité Syriens ou Afghans, ont traversé la Méditerranée depuis le 1er janvier – autant que durant le premier semestre 2015. Et sur ce total, 93% ont débarqué sur les côtes grecques. En première ligne l’île de Lesbos, qui a déjà accueilli le triple de sa population l’an dernier, et celles de Chio, Samos, Kos et Rhodes. Plus de 400 migrants ont déjà perdu la vie en mer en 2016.

14915056 dans Europe(GILLIAN HANDYSIDE, JONATHAN STOREY / AFP)

L’Europe, ajoute le HCR, « est au bord d’une crise humanitaire qu’elle a largement provoquée elle-même » en laissant les gouvernements, « pays après pays », imposer individuellement des restrictions aux frontières. La route des Balkans, voie de passage privilégiée par les migrants du proche et du moyen-Orient, est en effet devenue, comme le montre notre carte, quasiment infranchissable.

En l’espace d’un week-end, le camp d’Idomeni, à la frontière entre Grèce et Macédoine, « est passé de 4.000 à 8.000 personnes » selon Médecins sans frontières, alors qu’il est dimensionné pour 1.600. Syriens et Irakiens doivent fournir des documents d’identité complets pour passer, tandis que les Afghans sont systématiquement refoulés. Le résultat direct de vases communicants qui se sont subitement refermés. Le chef de la diplomatie macédonienne résume dans la presse allemande :

La Slovénie renvoie des migrants illégaux vers la Croatie, la Croatie vers la Serbie et la Serbie vers la Macédoine. »

Il faut dire que plus au nord, les gouvernements hongrois et autrichien ont fermé les vannes. Budapest, qui a totalement hérissé de barbelés sa frontière avec la Croatie et la Serbie à l’automne, s’apprêterait à le faire côté roumain et va organiser un référendum sur le programme européen de répartition des réfugiés.

L’Autriche filtre désormais drastiquement les entrées sur son territoire : après avoir accueilli 90.000 demandeurs d’asile l’an passé (1% de sa population), Vienne a fixé son plafond de réfugiés pour l’année à 37.500 et a mis en place, mi-février, des quotas limitant l’accès à son territoire à 80 demandeurs d’asile et 3.200 migrants en transit par jour.

Chacun rejette la faute sur son voisin

Mais ce compte-goutte n’aura qu’un temps :  »lorsque l’Autriche aura atteint son plafond », la route des Balkans fermera, prévient la Macédoine. Vienne s’en lave les mains :  »Nous n’avons de leçon à recevoir de personne », réplique la ministre autrichienne de l’Intérieur Johanna Mikl-Leitner, pour qui c’est l’Allemagne qui, en toute discrétion, a commencé dès décembre à filtrer les migrants à sa frontière sud.

Vienne s’était alors retrouvée « à devoir subitement héberger et nourrir d’urgence 18.000 migrants qui en réalité voulaient aller en Allemagne », un « énorme engorgement ». Depuis le 1er janvier, l’Allemagne a encore refoulé plus de 6.000 migrants vers l’Autriche, malgré le filtrage effectué en amont, souligne-t-elle.

Visiblement, pour certains, la ‘solution européenne’, c’est que tout le monde se retrouve en Autriche. Nous continuerons de freiner le flux, et nous le faisons aussi pour l’Allemagne ».

Car au nord de l’Allemagne, le Danemark a considérablement durci et prolongé les contrôles à la frontière début janvier. La conséquence directe d’une décision de… la Suède, qui a exigé le 4 janvier des contrôles systématiques sur les identités des voyageurs arrivant depuis le Danemark. Stockholm enregistre désormais en moyenne 700 demandes d’asiles par semaine, contre 10.000 au plus fort de l’automne.

Bruxelles condamne… Bruxelles

Par une réaction en chaîne incontrôlée, Schengen part en lambeaux jusqu’à sa frontière occidentale : la décision du gouvernement belge de rétablir les contrôles à sa frontière avec la France a été vivement condamnée par la Commission européenne, qui accuse désormais la Belgique, siège de ses institutions, de violer les accords de libre-circulation. Dans le but de s’éviter une « Jungle » de type Calais, la police belge a refoulé la semaine dernière vers la France 619 personnes qui tentaient de rejoindre le port de Zeebruges.

Pour Paris et Berlin, le temps presse avant le sommet UE-Turquie du 7 mars, lundi prochain. La chancelière Angela Merkel doit rencontrer François Hollande vendredi matin à l’Elysée pour plancher sur une « solution européenne »… qui pourrait se traduire par plus de soldats et plus de barbelés encore sur les frontières extérieures de Schengen, comme l’a admis le président du Conseil européen, Donald Tusk, en déplacement ce mercredi dans le camp de Dobova en Slovénie :

Je crains qu’il ne faille des mesures renforcées si on veut vraiment mettre en oeuvre Schengen. Je suis désolé, mais c’est la réalité. »

Timothée Vilars

L’OBS

 

Publié dans:Europe |on 2 mars, 2016 |Pas de commentaires »

Une étude « francetvinfo »……………………..(20/02/2016)

« Brexit » : trois questions sur l’accord conclu par les 28 pays de l’Union européenne

A l’issue du sommet organisé à Bruxelles, David Cameron a annoncé son intention de faire campagne pour le maintien de son pays au sein de l’Union.

David Cameron (à droite), lors des négociations avec le président du parlement européen Donald Tusk (à gauche), et du président de la Commission européenne Jean-Claude Junker. 
David Cameron (à droite), lors des négociations avec le président du parlement européen Donald Tusk (à gauche), et du président de la Commission européenne Jean-Claude Junker.  (FRANCOIS LENOIR / AFP)

Francetv info

Mis à jour le 20/02/2016 | 08:49, publié le 20/02/2016 | 00:29

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LA NEWSLETTER ACTUNous la préparons pour vous chaque matin

 

Fumée blanche à Bruxelles (Belgique). Après un sommet marathon, les dirigeants européens sont parvenus à un accord vendredi 19 février au soir sur les demandes de réformes du Premier ministre britannique David Cameron pour tenter de maintenir son pays dans l’Union européenne. La question devra désormais être soumise à un référendum outre-Manche qui devrait avoir lieu en juin. Francetv info revient sur les éléments importants de ce dossier.

 

Que contient l’accord ?

D’un point de vue politique, David Cameron a obtenu la modification des traités européens qui existent aujourd’hui. Le Royaume-Uni sera ainsi exempté de l’objectif d’une poursuite de l’intégration politique dans le cadre de l’engagement des traités européens envers une  »union sans cesse plus étroite » des peuples d’Europe.

Le Premier ministre britannique a également remporté une précieuse victoire sur la question des avantages sociaux dont bénéficient les travailleurs étrangers, qui constituait un point d’achoppement lors des négociations. Londres aura le droit de ne pas accorder les avantages liés au statut de salarié aux nouveaux arrivants sur son sol d’autres Etats de l’UE pour leurs quatre premières années dans le pays. La création d’un « frein d’urgence » a également été acté. Celui-ci devrait permettre de limiter lors de circonstances exceptionnelles le paiement des aides sociales pour les nouveaux arrivants pour une durée de sept ans.

Autre point important, le projet met l’accent sur la nécessité de faire  »jeu égal » en matière de régulation financière et bancaire. Il donne le droit à au Royaume-Uni de superviser les établissements financiers et les marchés pour préserver la stabilité financière. Mais cela se fera « sans préjudice » au droit de l’Union européenne d’agir pour protéger la stabilité financière.

Comment a réagi David Cameron ?

Lors d’une conférence de presse qui a suivi l’annonce de l’accord, le Premier ministre britannique s’est longuement félicité du compromis arraché, qui donne selon lui un « statut spécial » à son pays dans l’Union. David Cameron a annoncé qu’il allait le défendre dès samedi aux membres de son gouvernement.

Il pourra ainsi donner le coup d’envoi de la campagne pour le référendum sur le maintien ou non de son pays dans l’Union, qui devrait se tenir le 23 juin, et sur lequel les Britanniques sont divisés. Face aux médias, il a pressé les Britanniques de voter pour le maintien dans l’Union, expliquant que cet accord leur offrait « le meilleur des deux mondes ».

Il s’est félicité d’avoir garanti que le Royaume-Uni ne rejoindrait jamais l’euro, qu’il ne ferait jamais partie d’un « super-Etat » européen, que les allocations sociales seraient limitées pour les travailleurs européens installés dans le pays, et que la supervision des banques britanniques soit effectuée par la Banque d’Angleterre.

Quelles ont été les réactions des autres dirigeants européens ?

La chancelière allemande Angela Merkel s’est également félicitée de la conclusion de l’accord, estimant qu’il donnait à David Cameron « les outils lui permettant de faire campagne pour garder le Royaume-Uni dans l’UE »« Les conditions sont réunies pour que l’Europe continue d’avancer », a de son côté réagi François Hollande, soulignant notamment que l’accord préservait l’égalité entre les places financières européennes.

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a lui aussi salué le compromis, précisant qu’il n’autorisait « pas de veto » britannique aux décisions de la zone euro. Le chef du gouvernement italien Matteo Renzi a pour sa part indiqué voir le verre « aux trois-quarts plein ». Et de mettre la pression sur son homologue anglais : « la partie commence maintenant (…). Il vaut mieux avoir un Royaume-Uni qui clarifie son attitude vis-à-vis de l’UE que de continuer avec une attitude vacillante ».

 

 

Publié dans:Europe |on 20 février, 2016 |Pas de commentaires »

Flash »francetvinfo »…………………………………(19/02/2016)

Logo Francetv info 22H37
ALERTE INFO
« Brexit » : un accord a été trouvé entre le Royaume-Uni et les dirigeants européens, annonce Donald Tusk. Suivez notre directDénouement du côté de Bruxelles (Belgique). Un d’accord a été trouvé vendredi 19 février au soir au terme d’intenses tractations sur les demandes du Premier ministre britannique David Cameron pour garder le Royaume-Uni dans l’Union européenne, a annoncé sur Twitter le président du Conseil européen Donald Tusk. Suivez la situation en direct.
Publié dans:Europe |on 19 février, 2016 |Pas de commentaires »
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