Archive pour la catégorie 'GREVES'

Ca continue………………………(13/09/2017)

Publié dans:GREVES |on 13 septembre, 2017 |Pas de commentaires »

Grèves……………………..(12/09/2017)

Publié dans:GREVES |on 12 septembre, 2017 |Pas de commentaires »

Manifs……………………………….(12/09/2017)

Publié dans:GREVES |on 12 septembre, 2017 |Pas de commentaires »

Les grèves du jour…………………..(12/09/2017)

Mobilisation contre la réforme du Code du travail : le point sur les perturbations

Les opposants à cette réforme manifestent mardi. Voici un tour d’horizon des perturbations.

Dans le cortège du 1er mai 2017, à Rennes (Ille-et-Vilaine).
Dans le cortège du 1er mai 2017, à Rennes (Ille-et-Vilaine). (MAXPPP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

Mis à jour le 12/09/2017 | 08:29
publié le 11/09/2017 | 13:01

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imageil y a 56 secondesMobilisation contre la réforme du Code du travail : le point sur les perturbations

C’est la première mobilisation d’ampleur contre la réforme du Code du travail depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Un préavis de grève a été déposé par la CGT, SUD, FO et Unsa dans le cadre du mouvement de protestation contre les ordonnances réformant le Code du travail. Des manifestations sont également prévues dans plusieurs dizaines de villes en France, dont Paris, Marseille et Lyon, mardi 12 septembre, à l’initiative de la CGT, de Solidaires et de la FSU. Plus de 180 manifestations et 4 000 appels à la grève ont été recensés au total par la CGT.

>> Suivez notre direct : Les opposants à la réforme du Code de travail sont dans la rue

La CGT a d’ores et déjà prévu une deuxième journée de mobilisation le 21 septembre, la veille de la présentation des ordonnances au Conseil des ministres. Pour sa part, la France insoumise organisera une journée de manifestations le 23 septembre, contre le « coup d’Etat social » d’Emmanuel Macron. Et la FSU a proposé une journée d’action « au mois d’octobre ».

En attendant, franceinfo fait le point sur les perturbations en cours ce mardi 12 septembre.

Dans les transports ferroviaires

A la SNCF et à la RATP, CGT et SUD appellent à la grève. A la SNCF, les syndicats non représentatifs FO et First appellent aussi à se mobiliser.

En Ile-de-France. Le trafic des RER et des Transilen est perturbé depuis lundi soir, selon la SNCF qui annonce un trafic normal des TGV, Thalys et Eurostar.

La SNCF prévoit un train sur deux seulement sur le RER B, comme sur la ligne R du Transilien, et 2 trains sur 3 sur les lignes C et D. Les autres lignes de banlieue N et U sont un peu moins perturbées avec respectivement 3 trains sur 4 et 4 trains sur 5.

De son côté, la RATP annonce une circulation normale dans le métro, « quasi normale » pour les bus et le tram, deux trains sur trois pour le RER A.

Dans les autres régions. Certains TER sont affectés, ajoute la SNCF sans plus de précision sur les régions concernées, en invitant les voyageurs à consulter ses sites internet préalablement à leurs déplacements. De même, sur le réseau Intercités, selon les destinations, les prévisions vont de 1 train sur 2 à 9 trains sur 10. Le trafic sera, comme en région parisienne, normal sur les TGV et les Thalys.

Concernant les transports en commun.

- A Lyon (Rhône), TCL annonce une circulation « légèrement perturbée ». Les métros et funiculaires circulent normalement, selon les Transports en commun lyonnais, mais les lignes T1 et T2 circulent à une fréquence moindre, soit un passage toutes les 7 minutes.

- A Marseille (Bouches-du-Rhône),  la régie des transports métropolitains (RTM) annonce de « très faibles perturbations » sur les métros et tramways, et « un bus sur deux en moyenne, variable d’une ligne à l’autre. »  

- A Montpellier (Hérault), aucun service sur les lignes de bus 23,24, 25 et 26, et des perturbations sur la ligne 20.

- A Nantes (Pays-de-la-Loire), le service sera allégé en horaires de vacances pour le tram et pour plusieurs lignes de bus

A Nice (Alpes-Maritimes), aucun tram ni bus ne circulera aujourd’hui.

- A Rennes (Ile-et-Vilaine), le métro circulera normalement, mais aucun bus ne roulera après 21h. Des perturbations sur le réseau de bus sont également à prévoir en journée.

- A Strasbourg (Bas-Rhin), les lignes A, B, C et D du tram circulent normalement. La fréquence de passage de la ligne E est réduite, et la ligne F ne circule pas.

- A Toulouse (Haute-Garonne), les transports en commun seront perturbés dans l’après-midi à partir de 13 h 30, précise La Dépêche. Les lignes de bus L1, L7, L8, 14, 15, 23, 29,31, 38, 39, 42, 44, 45, 63 et 70 ainsi que la Navette Aéroport sont déviées. La Navette en centre-ville sera suspendue, précise le quotidien régional. Le métro et le tram ne devraient pas être concernés.

 

Dans les écoles

Le mouvement social est également suivi dans l’Education nationale. Plusieurs écoles seront fermées, et des cantines scolaires ne seront pas assurées, mardi.

- A Nice (Alpes-Maritimes), plusieurs cantines scolaires ne sont pas assurées, précise Nice Matin.

- A Toulouse (Haute-Garonne), la restauration scolaire n’est pas ouverte non plus,  selon La Dépêche.

La fermeture de la restauration scolaire concerne des maternelles et écoles élémentaires dans plusieurs villes en France, comme par exemple à Mantes-la-Ville (Yvelines), précise Le Parisien.

Dans le transport aérien

Chez les contrôleurs aériens, l’Usac-CGT appelle à s’opposer « par la grève et dans les manifestations » au « démantèlement du Code du travail ». Le préavis déposé par le premier syndicat de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) ne devrait pas entraîner de perturbation, selon l’aviation civile qui doit affiner ses prévisions dimanche.

Chez Air France, CGT, FO et SUD ont déposé des préavis de grève pour le 12 septembre, ce dont la compagnie « a pris note », estimant « qu’il est trop tôt pour se prononcer sur l’impact éventuel de ce mouvement sur le programme de vol de la compagnie ».

La compagnie aérienne Ryanair a annoncé l’annulation de 110 vols.

Dans le secteur de l’énergie

Dans le secteur pétrolier, la FNIC-CGT appelle au débrayage. « Pas une goutte de produit pétrolier ne doit sortir de nos raffineries, de nos dépôts », écrit la FNIC-CGT. La fédération FO chimie appelle également à la grève.

Idem dans l’énergie, où la CGT (syndicat majoritaire) et FO appellent à la mobilisation. L’alliance Unsa-CFE-CGC Energies appelle aussi à rejoindre le mouvement, car les salariés des industries électriques et gazières « seront directement touchés demain ».

Dans la fonction publique

Même si la réforme du Code du travail concerne le secteur privé, la CGT, Solidaires et la FSU ont appelé à la mobilisation. Ce sera notamment le cas dans les hôpitaux.

Les fédérations FO couvrant la Fonction publique hospitalière et la fonction publique territoriale ont déposé un préavis de grève qui court du 11 septembre au 11 octobre « sous le signe de la résistance syndicale contre toutes les attaques subies » dont le « gel du point, la hausse de la CSG, le rétablissement du jour de carence, les coupes budgétaires sur les collectivités et établissements, les attaques portées contre le statut des fonctionnaires ».

Publié dans:GREVES |on 12 septembre, 2017 |Pas de commentaires »

Ce qui attend les « fainéants »…………………..(11/09/2017)

Les manifestations et grèves contre la réforme du code du travail.

C’est la première mobilisation sociale pour le quinquennat d’Emmanuel Macron et sa ministre du Travail Muriel Pénicaud: plusieurs manifestations, grèves et autres événements débutent mi-septembre 2017 pour protester contre les ordonnances réformant le droit du travail. Mais le front syndical est en ordre dispersé: le 12 septembre, la CGT et Solidaires appellent à une journée d’action dans toute la France, que FO décline. D’autant que, côté politique, Jean-Luc Mélenchon tente de récupérer cette fronde sous la bannière de son parti en défilant le 23 septembre. Le pari est grand pour les syndicats: la précédente grande mobilisation sociale contre la loi travail de 2016 n’avait pas fait reculer les gouvernements de l’époque. Et ces nouvelles ordonnances sont une promesse de campagne d’Emmanuel Macron qui n’a pas l’intention de céder.

Philippe Martinez, leader de la CGT, lors d'une manifestation aux Invalides contre la réforme le 27 juin 2017.
Philippe Martinez, leader de la CGT, lors d’une manifestation aux Invalides contre la réforme le 27 juin 2017.

MaxPPP/Sadak Souici / Le Pictorium

Finie la désunion, Mélenchon et Hamon font front commun contre Macron

Finie la désunion, Mélenchon et Hamon font front commun contre Macron

Après l’impossible entente pendant la présidentielle, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon filent le parfait amour. Ils s’uniront dans la rue le 23 septembre prochain.

Mobilisation du 12 septembre: les trafics des RER A et B perturbés

Mobilisation du 12 septembre: les trafics des RER A et B perturbés

Deux trains sur trois circuleront mardi 12 septembre sur la ligne A du RER et un train sur deux sur la ligne B, suite à la journée de mobilisation contre les ordonnances.

Loi travail: Benoît Hamon participera à la manifestation de la France insoumise

Loi travail: Benoît Hamon participera à la manifestation de la France insoumise

L’ancien candidat socialiste a confimé ce jeudi matin son intention de participer à la manifestation du 23 septembre contre la réforme du code du travail.

Réforme du code du travail: les cinq mesures qui révoltent les syndicats

Réforme du code du travail: les cinq mesures qui révoltent les syndicats

Ils n’appellent pas tous à manifester ce 12 septembre, mais s’accordent sur un point: plusieurs dispositions des ordonnances vont trop loin.

Contre les ordonnances, le PS dégaine un tract

Contre les ordonnances, le PS dégaine un tract

Le bureau politique du PS a décidé de soutenir « toutes les démarches syndicales qui iront contre les ordonnances » sur le code du travail, sans pour autant y participer.

Réforme du travail: FO juge certaines dispositions "inacceptables"

Réforme du travail: FO juge certaines dispositions « inacceptables »

La direction du syndicat juge que certains éléments de la réforme constituent une « régression sociale ». Une position plus tranchée que celle de Jean-Claude Mailly, patron de FO.

Manifester ou non, le dilemme du PS contre la réforme du code du travail

Manifester ou non, le dilemme du PS contre la réforme du code du travail

Les socialistes se retrouvent ce lundi soir à Solferino pour un bureau national au cours duquel ils tenteront d’établir une ligne au sujet de la loi travail. Complexe.

Réforme du code du travail: divisés, les syndicats cherchent la parade

Réforme du code du travail: divisés, les syndicats cherchent la parade

Les ordonnances les bousculent, mais ils sont bien loin d’une stratégie commune pour les combattre.

VIDÉO. "Comment s'opposer à la réforme du travail par ordonnance?"- L'édito de Christophe Barbier

VIDÉO. « Comment s’opposer à la réforme du travail par ordonnance? »- L’édito de Christophe Barbier

Ceux qui ne se retrouvent pas dans la réforme de la loi Travail engagée par Emmanuel Macron ont du mal à trouver le moyen de s’y opposer.

Les Français en majorité opposés à la réforme du droit du travail

Les Français en majorité opposés à la réforme du droit du travail

A peine 36% des Français pensent que les ordonnances réformant le droit du travail vont « améliorer la croissance » et 31% qu’elles vont « permettre de réduire le chômage ».

Code du travail: les opposants politiques au taquet, ou en miettes

Code du travail: les opposants politiques au taquet, ou en miettes

Facebooklive, conférence de presse, préparation des manifestations: à quelques heures de la publication des ordonnances réformant le code du travail, les oppositions sont dans les starting-blocks.

"En écoutant les syndicats, le gouvernement les a divisés" - L'édito de Christophe Barbier

« En écoutant les syndicats, le gouvernement les a divisés » – L’édito de Christophe Barbier

Le gouvernement présente jeudi la nouvelle réforme du code du travail. Avec un peu de retard, mais une méthode de dialogue bien pensée.

Réforme du travail: Mélenchon est "une chance", estime Macron

Réforme du travail: Mélenchon est « une chance », estime Macron

Selon Le Canard Enchaîné, le chef de l’Etat se réjouit que Jean-Luc Mélenchon incarne l’oppositon à la loi Travail. Il le voit comme un rival aux syndicats.

La CGT dans les starting-blocks contre la "loi Travail XXL"

La CGT dans les starting-blocks contre la « loi Travail XXL »

Lors de sa conférence de presse de rentrée, ce 29 août, Philippe Martinez a promis une mobilisation en plusieurs étapes, pour combattre un projet de réforme « régressif « .

Code du travail: "La méthode du gouvernement a anesthésié les syndicats"

Code du travail: « La méthode du gouvernement a anesthésié les syndicats »

Pour la dernière fois, la semaine passée, le ministère du Travail a fait mine de consulter les syndicats. Un jeu de dupes.

Contre le "coup d'état social", Mélenchon annonce un rassemblement à Paris

Contre le « coup d’état social », Mélenchon annonce un rassemblement à Paris

Le leader de la France insoumise veut amener dans la rue la protestation contre la réforme du code du travail par ordonnance. Un rassemblement est prévu le 23 septembre.

L’EXPRESS

Publié dans:GREVES |on 11 septembre, 2017 |Pas de commentaires »

Précision de….Nadine…………………….(05/09/2017)

Précision de....Nadine.........................(05/09/2017) dans GREVES
Nadine
5 septembre, 06:14
Gérard Filoche

En Bureau National du PS ce soir, après un riche débat, une position unanime se dégage :
Le Parti Socialiste, respectueux de l’indépendance syndicale, soutient et souhaite le succès de toutes les mobilisations contre les ordonnances Penicaud-Philippe-Macron.
Le Parti Socialiste appelle de ses vœux à des démarches unitaires.
Les parlementaires socialistes, restent mobilisés à l’Assemblée nationale et au Sénat, pour les prochains débats parlementaires sur les lois d’habilitation de ces ordonnances.
Le Parti Socialiste va éditer un tract national contre ces ordonnances et appelle ses Fédérations à mener des actions de mobilisation localement.

Publié dans:GREVES |on 5 septembre, 2017 |Pas de commentaires »

Pourquoi ? (31/08/2017)

Publié dans:GREVES |on 31 août, 2017 |Pas de commentaires »

Merci Nadine……………………………(21/07/2017)

BILLET DU JOUR

Vendredi 21 juillet 2017

Grève de Draveil-Villeneuve-Saint-Georges

La grève de Draveil et de Villeneuve-Saint-Georges (département de Seine-et-Oise) commence le 2 mai 1908, sous le cabinet Clemenceau. Plusieurs grévistes sont tués pendant les manifestations qui se déroulent jusqu’au 30 juillet 1908 (deux le 2 juin 1908 et quatre le 30 juillet), suscitant l’attaque du cabinet Clemenceau par les socialistes.
Le « premier flic de France » fait arrêter 31 dirigeants de la CGT après la manifestation du 30, dont notamment le secrétaire général Victor Griffuelhes, le rédacteur en chef de La Voix du Peuple Émile Pouget, le secrétaire de la Fédération des Bourses du travail Georges Yvetot, le secrétaire de la fédération des Cuirs et Peaux Henri Dret qui est amputé d’un bras. Pierre Monatte, responsable de l’imprimerie, s’exile quant à lui en Suisse. La CGT est ainsi décapitée, et les réformistes prennent le dessus peu après, en s’appuyant notamment sur l’adhésion de la Fédération des mineurs. Achevée en août 1908 sans que les ouvriers n’obtiennent la reconnaissance de leur syndicat, la grève marque ainsi un tournant dans l’histoire de la CGT, qui abandonne peu après l’orientation syndicaliste révolutionnaire. Des troubles continuent à agiter le secteur jusqu’en janvier 1909, la Chambre des députés votant en février l’amnistie de tous les faits survenus.
En 1911, à la suite d’un article de La Guerre sociale relatant les aveux d’un agent provocateur, un débat est levé à la Chambre des députés sur cette affaire, concernant notamment d’éventuelles manipulations de Clemenceau ou de son directeur de la Sûreté générale, Célestin Hennion, afin de légitimer la répression de la CGT. « Le Tigre » gagne ainsi un nouveau surnom, l’« Empereur des mouchards ». Quel que fut le rôle exact du dénommé Luc Métivier, il n’en demeure pas moins qu’il n’a pu, à lui seul, orienter le cours général des événements, qui marquent durablement l’histoire du mouvement ouvrier français.

Contexte politique et social
Président du Conseil le plus à gauche qu’avait connu jusqu’alors la IIIe République, et « premier flic de France », Georges Clemenceau est confronté à d’importantes grèves (1906 bat des records). En 1907, la révolte des vignerons du Languedoc avait pris une tournure insurrectionnelle: cinq manifestants avaient été tués
En juillet 1907, deux grévistes sont tués à Raon-l’Étape.
Par ailleurs, la SFIO, fondée en 1905, revendiquait une posture révolutionnaire, et malgré un début conciliant de Jaurès, avait fini par s’opposer à Clemenceau à la suite des grèves. Du côté syndical, la CGT, syndicaliste révolutionnaire, avait établi son indépendance à l’égard des partis politiques par la Charte d’Amiens (1906).

Juillet 1908 : La CGT à l’heure de vérité

Ce 31 juillet 1908, au 33 rue de la Grange-aux-Belles, à Paris, la nuit promet d’être longue. Après la tuerie de Villeneuve-Saint-Georges, épilogue sanglant de trois mois de grève à Draveil, le comité confédéral de la CGT siège de nuit. Les forces de police se massent aux alentours du bâtiment. Clemenceau, « premier flic de France », se frotte les mains et compte les heures. Il est sur le point, pense-t-il, de casser les reins de la direction syndicaliste révolutionnaire de la CGT.

L’année 1906 avait été une année de « grande peur » pour la République bourgeoise, déstabilisée par la montée des luttes sociales aiguillonnées par une CGT acquise au syndicalisme révolutionnaire. Le coup de grisou du 10 mars dans les mines de Courrières (Pas-de-Calais) et ses 1.100 victimes avait entraîné une violente grève dans les « pays noirs ». La tentative de grève générale lancée le 1er mai pour les huit heures de travail par jour, avait vu des barricades érigées dans Paris.
Le spectre de la Commune de Paris revenait souffler dans le cou d’une bourgeoisie qui réclama des « mesures énergiques » pour museler une CGT avec laquelle les différents gouvernements s’étaient jusque là montrés bien trop conciliants. Pour relever le défi, il fallait un homme à poigne aux commandes de l’État. Cet homme, ce fut Georges Clemenceau.
Clemenceau, député républicain bon teint, avait longtemps été classé à gauche. Entre 1898 et 1902, il avait été un des principaux ténors du camp dreyfusard, et y avait côtoyé de nombreux syndicalistes, socialistes et anarchistes. En mars 1906, à 65 ans, il accédait à son premier poste ministériel : l’Intérieur. Il y fit preuve d’une fermeté, face à l’agitation ouvrière qui le désignait pour devenir, dès le mois d’octobre, chef du gouvernement.
Par la suite il ne faillit pas à sa réputation naissante – c’est de cette époque que la presse, fascinée par le personnage, le surnomma le Tigre – et envoya la troupe contre les vignerons révoltés dans le Languedoc au printemps 1907, puis contre les ouvriers en grève à Raon-l’Étape, dans les Vosges. La soldatesque fit feu sur la foule : deux morts. Il était désormais clair que le bras de fer était engagé entre la CGT et le « réacteux »Clemenceau. L’été 1908 allait voir le sommet de leur affrontement… et la défaite de la CGT.

Lutte des classes aux sablières
Dans les sablières de Seine-et-Oise, à Draveil, Villeneuve-Saint-Georges et Villeneuve-le-Roi, à 25 kilomètres de la capitale, des centaines d’ouvriers carriers, souvent immigrés de province ou d’Italie, travaillent douze heures par jour les pieds dans l’eau, à la pelle et à la pioche. Un syndicat affilié à la CGT y a été fondé en janvier 1908. Le 2 mai, une grève éclate, dont les revendications, portant sur les salaires, les horaires et les conditions de travail, sont des plus classiques.

Mais le conflit prend un tour nouveau, avec la constitution, le 18 mai, d’un syndicat patronal refusant d’ouvrir des négociations et visant explicitement à l’anéantissement du syndicat ouvrier. L’enjeu – la reconnaissance du syndicat CGT – devient alors plus politique. Bientôt les « chefs syndicalistes » de Paris viennent tenir des discours enflammés à Draveil. Et le puissant syndicat des terrassiers parisiens propose d’apporter son aide au jeune syndicat des carriers dans la conduite de la grève.
Grève animée s’il en est, avec la décision du patronat, le 21 mai, d’avoir recours à des « renards » pour remplacer les grévistes. Ces derniers font alors marcher la « machine à bosseler ». D’autant que les ouvriers ne sont protégés par aucun contrat de travail. Il s’agit pour eux de défendre le droit de grève mais aussi, très prosaïquement, leur emploi.

On tue salle Ranque !
C’est suite à une « chasse aux renards » que le mouvement des carriers de Draveil prend un tour décisif, qui va avoir des répercussions nationales sur la CGT et ses dirigeants.
Le 2 juin, c’est la journée fatale. Au matin, deux gendarmes escortant des tombereaux de sable manœuvrés par des « renards », subissent une attaque en règle de 200 grévistes. Un gendarme blessé croit reconnaître l’après-midi un de ses assaillant pénétrant dans la salle Ranque, lieu de réunion des grévistes. Bientôt 15 gendarmes se dirigent sur la salle. Ne pouvant entrer, ils font feu. Après la fusillade on relèvera le corps de Pierre Le Foll, 48 ans, tué d’une balle en plein cœur, et d’Émile Gieobelina, 17 ans, mortellement touché à la tête. On compte également 9 blessés.

Dans la nuit du 2 au 3 juin, la CGT couvre Paris d’une affiche à l’accroche sans équivoque : « Gouvernement d’assassins ! ». « À qui incombe la responsabilité de ce nouveau crime ? » demande-t-elle en conclusion : « Nous l’avons dit : au gouvernement – au trio Clemenceau-Briand-Viviani. CLEMENCEAU LE TUEUR osera prétendre que les ouvriers ont provoqué. Il suffit de voir où sont les victimes pour constater que ce criminel joint à la scélératesse l’impudence du mensonge… ». Suite à une telle mise en accusation, quelle pouvait-être la stratégie de la CGT ?

Le syndicalisme révolutionnaire à l’épreuve
C’est une chose d’attaquer verbalement le gouvernement. C’en est une autre de bâtir un rapport de forces face à un ennemi aussi déterminé que Clemenceau. Le brillant secrétaire général de la CGT, Victor Griffuelhes, le sait parfaitement. Cela fait longtemps qu’il montre des signes d’agacement à l’encontre de certains militants qu’il qualifie de « braillards », ivres de radicalisme verbal et qui, tous les quatre matins, appellent à la grève générale sans se soucier ni du contexte ni de stratégie.
Le braillard en chef, c’est Gustave Hervé, de l’hebdomadaire La Guerre sociale, qui tient une ligne qu’on qualifierait aujourd’hui de gauchiste, regrettant au lendemain de la fusillade de la salle Ranque qu’il n’y ait eu « dans cette foule de plusieurs centaines de grévistes, pas un revolver ! ». Un gauchisme qui influence une frange de la CGT dont Ricordeau, du syndicat des terrassiers parisiens, et Métivier, du syndicat des biscuitiers-pain d’épice, tous deux très actifs dans le soutien à la grève des carriers.
À ce « romantisme révolutionnaire », Griffuelhes oppose l’action syndicale reposant sur la grève, « gymnastique révolutionnaire » certes, mais qui ne doit pas perdre de vue que « c’est à une méconnaissance des exigences de la grève que sont dues les défaites ».

Tergiversations syndicales
À la veille du 2 juin, alors que le conflit dure depuis un mois déjà, Ribault, secrétaire du syndicat des carriers de Draveil, pense que les négociations peuvent aboutir, même si Ricordeau, des terrassiers parisiens, pousse à la poursuite du conflit coûte que coûte. Passée la fusillade, la tension est à son comble. Le 6 juin, dans un meeting parisien, les ouvriers du Bâtiment CGT acclament le mot d’ordre de grève générale.

Mais le secrétariat confédéral de la CGT ne le sent pas. Après l’expérience mitigée du 1er mai 1906, il pense qu’au-delà du Bâtiment, très radical, les autres fédérations ne s’engageront pas à la légère. Il se prononce pour une grève générale de vingt-quatre heures, soigneusement préparée. Quant au secrétariat de la fédération du Bâtiment, il botte en touche : il attendra le débat parlementaire du 11 juin, espérant un mea-culpa gouvernemental. Erreur tactique : c’est remettre entre les mains de Clemenceau la suite de la lutte. Celui-ci saisit l’opportunité et, dans l’Hémicycle, met en accusation les syndicats ouvriers. Dès lors, la CGT est condamnée, pour ne pas se dédire, à appeler à une grève générale limitée au Bâtiment… à la prochaine provocation gouvernementale !
Pendant ce temps, à Draveil, tandis qu’une partie des ouvriers reprend le travail – les patrons ayant satisfait leurs exigences –, la grève se poursuit, alourdie d’une mésentente croissante entre le syndicat des carriers et celui des terrassiers parisiens. Le jusqu’au-boutisme de Ricordeau, qui a pourtant la sympathie de nombreux grévistes, commence à peser aux syndicalistes carriers. Qui doit conduire la grève, nom de nom ?
Du côté des patrons, le ton se durcit. Le lock-out est annoncé contre les ouvriers toujours en grève. Un meeting de protestation réunit 10 000 terrassiers dans la salle parisienne du Tivoli-Vaux-Hall. Durant le mois de juillet, les altercations entre grévistes, gendarmes et « renards » se multiplient. Le 27 juillet, Ricordeau et Métivier [lire l’encadré] sont arrêtés suite à une échauffourée. Dès lors, le processus de grève générale promis par la fédération du Bâtiment est enclenché. Le 30 juillet, une manifestation est appelée à Draveil.

Barricades à Villeneuve-Saint-Georges
Le jour dit, quelque 5 000 manifestantes et manifestants convergent vers Draveil. À pied ou en train, « la classe ouvrière, meurtrie dans quelques-uns des siens, agitée par une indignation ardente, éprouvait le besoin de manifester sa colère et de crier sa protestation » écrit Griffuelhes, qui est du voyage, dans un article publié en première page du Matin du 30 juillet 1908.
La salle Ranque étant trop petite, le meeting se tient en plein air. Les dragons [7] rôdent alentour et les premières altercations ont lieu. Côté grévistes, le « camarade Browning » semble être de la partie. Les manifestantes et les manifestants décident de se rendre en procession sur la tombe de Gieobelina, au cimetière de Villeneuve-Saint-Georges, distant de 6 kilomètres. Arrivés à proximité de la gare, le cortège est encerclé par les dragons.
Sentant le piège se refermer, on dresse cinq barricades. Les dragons lancent l’assaut. Raymond Péricat, secrétaire de la fédération du Bâtiment qui tente de négocier voit un camarade qui se tenait à ses côtés tué d’une balle en pleine tête. La journée se solde par un lourd bilan : 4 morts et 200 blessés parmi les manifestants qui n’ont pas fait moins de 69 blessés dans les forces de l’ordre dont 5 par balles.
Le lendemain, le gouvernement annonce qu’il va poursuivre les « responsables moraux » de la manifestation de Villeneuve-Saint-Georges : la CGT et ses dirigeants sont explicitement visés. Le comité confédéral se réunit 33, rue de la Grange-aux-Belles et programme, sans trop y croire, une grève générale de vingt-quatre heures le 3 août.

Les personnalités les plus en vue de la CGT, Pouget, Griffuelhes, Yvetot, Bousquet, sont mises sous les verrous. Les trois secrétaires de la fédération du Bâtiment sont réfugiés à Bruxelles. Le responsable de l’imprimerie confédérale, Pierre Monatte, se cache en Suisse. Quant à Henri Dret, secrétaire de la fédération des Cuirs et Peaux, il est mis aux arrêts à l’hôpital où, blessé par balle, il a été amputé d’un bras. La CGT est décapitée. En-dehors du Bâtiment, la grève générale du 3 août est peu suivie : c’est un succès sur toute la ligne pour Clemenceau.
La « crise syndicaliste » éclate
La CGT se relèvera de ce cuisant échec… mais le syndicalisme révolutionnaire ?
A posteriori Draveil et Villeneuve-Saint-Georges seront souvent analysés comme l’« heure de vérité » de la stratégie syndicaliste d’action directe. Après Villeneuve, le Parti socialiste-SFIO, avec sa ligne pacifique et parlementariste, verra monter son étoile au détriment de la CGT.
Dans les mois qui suivront, la fraction réformiste de la CGT, en lien avec le gouvernement, profitera de l’incarcération des leaders révolutionnaires de la CGT pour intriguer contre eux, installant dans la confédération un climat détestable qui aboutira à la démission de Griffuelhes et Pouget début 1909. La génération des bâtisseurs mise sur la touche, le courant syndicaliste révolutionnaire, qui avait présidé à l’ascension de la CGT, entrera alors dans une crise durable : crise de perspectives, crise de l’idée grève-généraliste, crise de confiance dans l’action des masses, crise de confiance en lui-même. Ce qu’on appellera par la suite la « crise syndicaliste » pouvait-elle n’être que passagère, et être surmontée comme le pensait encore Pierre Monatte cinquante ans plus tard ? Le brusque orage de l’été 1914 devait bouleverser tous les pronostics.

Merci Nadine.................................(21/07/2017) dans GREVES
BILLET DU JOUR

Vendredi 21 juillet 2017

Grève de Draveil-Villeneuve-Saint-Georges

Publié dans:GREVES |on 21 juillet, 2017 |Pas de commentaires »

Flash…………………………….(09/06/2017)

Publié dans:GREVES |on 9 juin, 2017 |Pas de commentaires »

Bonne nouvelle ?? (01/06/2017)

Publié dans:GREVES |on 1 juin, 2017 |Pas de commentaires »
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