Archive pour la catégorie 'LA VIE EN SARKOZIE'

L’enquête de Médiapart, suite………………………..(28/04/2012)

Mediapart publie une lettre sur un financement libyen de la campagne de Sarkozy

Créé le 28-04-2012 à 16h34 – Mis à jour à 18h04 28 réactions

Le Nouvel Observateur

Selon le site d’investigation, « le régime de Mouammar Kadhafi a bien décidé de financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007″.

Impression d'écran du site Mediapart affichant un document qui prouverait un accord de financement de la campagne de Nicolas Sarkozy par l'ancien dictateur libyen. (Impression)

Impression d’écran du site Mediapart affichant un document qui prouverait un accord de financement de la campagne de Nicolas Sarkozy par l’ancien dictateur libyen. (Impression)

Ce pourrait être une bombe à quelques jours de l’élection présidentielle. Mediapart dit détenir la preuve de la participation de l’ancien dictateur Mouammar Kadhafi au financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

« Le régime de Mouammar Kadhafi a bien décidé de financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007″, affirme samedi 28 avril le site d’investigation, qui met en ligne un document présenté comme officiel.

Cette note aurait été communiquée par « d’anciens hauts responsables du pays, aujourd’hui dans la clandestinité ». Elle serait « issue des archives des services secrets », aurait été « rédigée il y a plus de cinq ans », et aurait « échappé aux destructions de l’offensive militaire occidentale ».

La confirmation d’un accord ?

Le 12 mars, Nicolas Sarkozy avait qualifié de « grotesque » un éventuel financement de sa campagne présidentielle de 2007 par Mouammar Kadhafi.

Plusieurs informations sont évoquées dans ce document. Premièrement le nom de Nicolas Sarkozy, « candidat aux élections présidentielles » (sic). Deuxièmement « un montant d’une valeur de « 50 millions d’euros ». Ensuite la confirmation « d’un accord de principe » pris lors « de la réunion tenue le 6. 10. 2006″.

Enfin d’autres noms, ceux des prétendus participants à cette réunion : « Brice Hortefeux », alors ministre des collectivités locales, l’homme d’affaires franco-libanais  »Ziad Takieddine », ainsi que « le directeur des services de renseignements libyens », Abdallah Senoussi, « et le président du Fonds libyen des investissements africains », Bachir Saleh.

Quant au signataire de la lettre, ce ne serait autre que « Moussa Koussa », « connu pour avoir été l’un des plus proches collaborateurs de Mouammar Kadhafi et le mentor de deux de ses fils (Motassem et Saïf al-Islam) ». Mais aussi, écrit Mediapart, « le patron pendant plus de quinze ans, entre 1994-2011, des services secrets extérieurs libyens (l’équivalent de la DGSE française), avant de devenir le ministre des affaires étrangères de la Libye. »

La traduction publiée par Mediapart

Le site publie la version originale du document, ainsi que sa traduction :

« Service de la sécurité extérieure

Frère / Président du Fonds libyen des investissements africains

Que la paix soit sur vous… En référence aux instructions émises par le bureau de liaison du comité populaire général concernant l’approbation d’appuyer la campagne électorale du candidat aux élections présidentielles, Monsieur /Nicolas Sarkozy, pour un montant d’une valeur de cinquante millions d’euros.

Nous vous confirmons l’accord de principe quant au sujet cité ci-dessus, et ce après avoir pris connaissance du procès-verbal de la réunion tenue le 6. 10. 2006, à laquelle ont participé de notre côté le directeur des services de renseignements libyens, et le président du Fonds libyen des investissements africains, et du côté français, Monsieur /Brice Hortefeux, et Monsieur /Ziad Takieddine, et au cours de laquelle un accord a été conclu pour déterminer le montant et le mode de paiement.

Que la paix soit sur vous et la miséricorde de Dieu et ses bénédictions…

Moussa Imuhamad Koussa

Chef du service de la sécurité extérieure »

Takkiedine non présent ?

Rencontré par Mediapart vendredi 27 avril, Ziad Takieddine, dont l’avocate Samia Maktouf affirme qu’il « n’était pas présent à la réunion indiquée dans le document », déclare :

 Ce document prouve qu’on est en présence d’une affaire d’Etat, que ces 50 millions d’euros aient été versés ou non. »

Interrogé par le « Nouvel Observateur », Me Maktouf affirme que son client « a jugé le document crédible, compte tenu des propos du fils de Kadhafi Saïf al-Islam lors de leur dernière rencontre selon lesquels il détenait les preuves d’un financement. » Mais, poursuit l’avocate de l’homme d’affaires, « M. Takieddine dit qu’il n’était pas présent à la réunion évoquée dans le document. »

Dans une interview au « Nouvel Observateur » début avril, Ziad Takieddine déclarait:

Il n’y a pas de financement en 2007. Il n’y a aucun financement en 2007. S’il y avait eu un financement, je l’aurais vu, ce serait passé entre mes mains, je savais tout ce qui se passait entre la Libye et la France. »

En décembre 2007, le guide de la révolution libyenne a été accueilli en grandes pompes à Paris pour une visite de cinq jours. Une visite au protocole inhabituel : reçu à l’hôtel Marigny, conformément à ses caprices, le colonel a fait ériger dans les jardins une tente bédouine pour y accueillir ses invités.

En mars 2011, rappelle Mediapart, peu avant le déclenchement de la guerre sous l’impulsion de la France, « Mouammar Kadhafi, son fils Saïf al-Islam et un ancien chef des services secrets, Abdallah Senoussi, avaient tous trois affirmé publiquement détenir des preuves d’un financement occulte du président français ».

Et le site de poursuivre : « La découverte de la note de M. Koussa exige désormais que s’engagent des investigations officielles – qu’elles soient judiciaires, policières ou parlementaires – sur cet épisode sombre et occulte des relations franco-libyennes. »

Peu après la publication de l’article de Mediapart, Bernard Cazeneuve, un des porte-parole de François Hollande, a demandé à Nicolas Sarkozy de « s’expliquer devant les Français ».

Le Nouvel Observateur

Par

Libres propos de Martin Hirsch………………….(20/04/2012)

Après mon soutien à Hollande, mes réponses aux pressions de l’UMP

Modifié le 20-04-2012 à 06h57

 

Par Martin Hirsch
Ancien Haut Commissaire aux solidarités

LE PLUS. « Indigne », « ingrat », « cynique » : les quolibets n’ont cessé de pleuvoir sur l’ancien haut-commissaire aux solidarités actives, symbole de l’ouverture à gauche de Nicolas Sarkozy, après que celui-ci a annoncé son soutien à François Hollande. Pourtant, personne ne s’est interrogé sur le fond de cette décision, sur laquelle il revient pour Le Plus.

Édité par Amandine Schmitt

 

En indiquant le sens de mon vote, lundi, lors d’une interview au « Monde », j’ai déclenché une avalanche de leçons d’élégance, de sarcasmes, de mépris et d’injures. La vraie surprise, c’est que pas une de ces réactions ne se réfère à la question de fond que je soulevais et qui justifiait mon propos : la programmation d’une remise en cause du revenu de solidarité active.

 

Travail de sape sur le RSA

 

Il faut être sourd et aveugle pour ne pas avoir entendu et vu un travail de sape sur le RSA, dont le premier coup de pioche a été donné par Laurent Wauquiez, dont il faut rappeler qu’il a écrit des pages attendrissantes sur sa fierté d’avoir appartenu à la commission que j’ai présidée qui a inventé le RSA. Ceci m’a valu, il y a un an, une explication orageuse avec le président de la République. J’avais expliqué que, derrière un discours sur le coût de l’assistanat, on utilisait les excédents financiers du RSA pour les consacrer à d’autres politiques plutôt que d’en améliorer l’efficacité et de les orienter vers les poches auxquelles ils étaient destinés : celles des travailleurs les plus pauvres.

 

À l’époque, il m’avait fait valoir que si certains attaquaient le RSA, dans la majorité et le gouvernement, lui continuait à le défendre. Ces derniers mois, la donne a changé, dans le discours et dans les intentions. Traduction concrète : le chiffrage du programme du candidat Nicolas Sarkozy prévoit un milliard d’euros d’économies sur le RSA ! Autant que ce qu’il coûte, en plus du RMI. Il se trouve que personne ne l’a relevé. Qu’attendait-on de moi ? Que je me drape non pas dans ma dignité, mais dans l’indignité, rebaptisée, c’est selon, devoir de réserve ou élégance ?

 

Une vraie lâcheté et un vrai lâchage

 

J’avoue que je n’ai pas la sagesse de Job qui lui permettait de dire :  »Le seigneur me l’a donné. Que le seigneur soit loué. Le seigneur me l’a repris. Que le seigneur soit loué ». Surtout j’estime que ceux qui sont pauvres comme Job, n’ont pas à être les victimes de cette prétendue sagesse, qui serait une vraie lâcheté et un véritable lâchage.

 

Alors je ne trahis pas une majorité qui a soutenu effectivement le RSA entre 2007 et 2010, mais je ne me tais pas quand il s’agit de le défaire. L’énigme est ailleurs : pourquoi une réforme qui est approuvée par une majorité des électeurs de droite et par une majorité des électeurs de gauche, exception faite des électeurs de l’extrême droite, suscite-t-elle tant d’acharnement ? La réponse est peut-être dans la question, comme souvent.

 

À quoi doit servir ma prise de position publique ? À ce que le RSA soit renforcé et non pas affaibli. Si la droite conserve la majorité, qu’elle ne puisse pas le défaire en silence. Si la gauche obtient la majorité, qu’elle l’améliore vite  en se souvenant que le père du RMI, Michel Rocard a toujours considéré que la gauche aurait dû d’emblée faire le RSA en 1988 et qu’un RSA plus efficace est une réponse simultanée à des questions d’emploi et de pouvoir d’achat.

 

Transformer des idées en réalité

 

Les deux grandes réformes auxquelles j’ai contribué depuis 2007, le RSA et le service civique ont deux points communs. Le premier est qu’elles ont été votées sans opposition, parce que nous les avons concertées avec la droite et avec la gauche. Le deuxième est que certains aimeraient dire qu’elles existent sans y consacrer les moyens nécessaires. Je me bats aussi pour que le service civique ne connaisse pas le sort du service civil entre 2005 et 2007 : un élan vite stoppé.

 

Ma conception de la politique est simple, n’en déplaise à ceux qui ne la partagent pas et qui l’ont exprimé avec vivacité ces derniers jours : transformer des idées en réalités, traduire des convictions en actions et ne pas me laisser détourner de ce chemin ardu par les jurys auto- proclamés des concours d’élégance. Je suis prêt à tout débat sur le fond avec mes détracteurs, y compris les plus violents et les plus méprisants d’entre eux.

NouvelObs.fr

Publié dans:LA VIE EN SARKOZIE, Libres Propos |on 20 avril, 2012 |Pas de commentaires »

Des « gens simples »……………….(17/04/2012)

Nicolas Sarkozy, sa montre à 55.000 euros

Créé le 16-04-2012 à 09h36 – Mis à jour à 23h02      91 réactions

Tristan Berteloot

Par Tristan Berteloot
Journaliste

Au menu du réveil politique ce matin : Lellouche emploie une sans-papiers, « good bye Sarko », Martin Hirsch votera Hollande…

Des

« Si à 57 ans, on n’a pas une Patek Philippe, on a raté sa vie ». Tel pourrait être le slogan séguéliste du candidat Sarkozy version 2012. « Patek Philippe », c’est la marque de la montre que le président-candidat (du peuple) portait au poignet, hier, et qu’il a manqué de perdre lors d’un bain de foule à l’issu de son meeting, place de la Concorde.

La montre, en or blanc, modèle 5140 G de l’horloger suisse – l’un des plus prestigieux -, lui a été offerte par son épouse Carla Bruni en janvier 2008. Son prix ? 65.000 francs suisses, soit environ 55.000 euros.

Pf5ik dans LA VIE EN SARKOZIE

Lellouche, sa femme de ménage sans-papiers

Pierre Lellouche emploie depuis 2009 une femme de ménage sans-papiers, révélait hier le quotidien « Libération« . Une situation que le secrétaire d’Etat UMP chargé au Commerce extérieur dit avoir ignorée, mais pour laquelle il avait toutefois écrit au ministre de l’Immigration de l’époque, Eric Besson, lui demandant d’examiner la régularisation de la jeune femme. « Elle m’a dit qu’elle avait un titre de séjour », se défend-il aujourd’hui, avant d’ajouter :  »toute cette histoire n’est qu’une manipulation grossière dont on voit bien la finalité à une semaine de l’élection présidentielle ».

Mais aussi…

-  »Que ne l’avez-vous écouté plus tôt, le peuple français, au lieu de cultiver une présidence égocentrique ! » Le tweet assassin est signé Bernard de la Villardière. Le journaliste et animateur de l’émission d’M6 enquête exclusive a répondu hier soir à un message posté sur le compte personnel du président de la République, Nicolas Sarkozy, et diffusé durant le discours du président-candidat lors de son meeting place de la Concorde : « Prenez votre destin en main! Dressez-vous! Prenez la parole! Dites fort ce que vous voulez pour votre pays! N’ayez pas peur! »

XQsJp

- L’ex-président d’Emmaüs France, ex-haut-commissaire aux solidarités actives et symbole de l’ouverture à gauche de Nicolas Sarkozy en 2007, Martin Hirsch, votera François Hollande au soir du premier tour de la présidentielle 2012, indique-t-il au « Monde« .

- Plus que 6 jours, 10 heures, 45 minutes et 3 secondes – au moment où sont écrites ces lignes – avant le départ de l’Elysée Nicolas Sarkozy, veut croire le site « good bye Sarko« , qui propose un compte à rebours avant le premier tour de l’élection présidentielle, dimanche 22 avril. « Pour patienter », des citations célèbres du président de la République. Un décompte que propose également le Parti socialiste, sur le site du « dépot de bilan de Sarkozy« , et que les internautes peuvent découvrir en tapant le « code konami » en homepage du site (↑ ↑ ↓ ↓ ← → ← → b a).

hzlgo

Tristan Berteloot

Par Tristan Berteloot
Journaliste

NouvelObs.fr

Publié dans:LA VIE EN SARKOZIE |on 17 avril, 2012 |Pas de commentaires »

Et toutes nos félicitations aux heureux promus………………(08/04/2012)

8/04/2012 à 08:45

Légion d’honneur: 790 décorés à la promotion de Pâques

Jean Veil, célèbre avocat pénaliste, Eric Chevallier, ambassadeur en Syrie, le grand rabbin Alain Goldmann, mais aussi les comédiennes Micheline Dax et Sylvie Testud, l’écrivain Eric Neuhoff ou l’ancien jockey Yves Saint-Martin figurent parmi les décorés de la promotion de Pâques de la Légion d’Honneur.

Partagez cet article sur FacebookPartagez cet article sur Twitterpartagez

Publiée dimanche au Journal Officiel, cette liste est la dernière du quinquennat de Nicolas Sarkozy, le chef de l’Etat étant grand maître de droit de cette institution qui distingue hommes et femmes issues de tous les secteurs d’activité du pays.

Cette première des trois promotions civiles de l’année 2012 — avant le 14 juillet et le 1er janvier 2013 — comprend 790 décorés dont, par ordre croissant de grades et dignités, 649 chevaliers, 110 officiers, 24 commandeurs, 5 grands officiers et 2 grand’croix.

La fonction publique truste à elle seule 20% des décorés, tandis que l’activité économique au sens large (avocats, patrons, artisans…) en représente 31,5%. Scientifiques, enseignants, artistes ou sportifs se partagent le reste.

Deux personnes accèdent à la plus haute dignité, celle de grand’croix: Alain Larcan, professeur de médecine, président du Conseil scientifique de la fondation Charles de Gaulle, et Marie-José Chombart de Lauwe, déportée résistante, présidente de la fondation pour la mémoire de la déportation.

Jean Veil, qui défendait Jacques Chirac dans l’affaire des emplois fictifs de la ville de Paris, accède au grade de commandeur, et Christine Lagarde, directrice du FMI, à celui d’officier.

Autre proche de Nicolas Sarkozy, son ancienne conseillère Catherine Pégard, qui préside aujourd’hui l’établissement du château de Versailles est faite chevalier.

Eric Chevallier, ambassadeur de France à Damas, entre dans l’ordre au rang de chevalier, décoration récompensant un poste à haut-risque dans un pays en proie depuis un an aux violences et à la répression sanglante du régime de Bachar al-Assad.

Accèdent également au premier grade: l’ancien jockey Yves Saint-Martin aujourd’hui commissaire aux courses; la comédienne et réalisatrice Sylvie Testud et son aînée Micheline Dax, enfin honorée à 88 ans !

La comédienne Marie-Christine Barrault devient officier et l’ancienne danseuse étoile Josette Amiel passe commandeur, tout comme Maryvonne de Saint-Pulgent, présidente de la Maison de l’histoire de France, un projet porté par Nicolas Sarkozy.

Le cuisinier Guy Martin, chef du Grand Véfour à Paris, est promu officier.

Chez les sportifs, la boxeuse Sarah Ourahmoune est aussi faite chevalier pour son titre 2008 de championne du monde amateur mi-mouches. L’ancien skieur alpin Léo Lacroix, médaillé olympique, est nommé officier.

Le grand rabbin Alain Goldmann est fait grand officier tandis que l’archevêque de Lyon, Mgr Philippe Barbarin, devient officier.

Albert Fert, prix Nobel de physique (commandeur), Alain Laugier, ancien chef de service à l’hôpital Tenon (commandeur), Olivier de Ladoucette, spécialiste de la maladie d’Alzheimer (chevalier), François-Xavier Roux, chef du service neurochirurgie à Sainte-Anne (officier) ou encore Paule Moïsan, simple infirmière à l’hôpital Necker (chevalier), figurent parmi les professionnels de la sciences et de la santé qui ont été décorés.

Marina Carrère d’Encausse, médecin et animatrice d’émissions télévisées médicales, est également faite chevalier.

La Légion d’Honneur, créée par Napoléon Bonaparte en 1802, est perçue comme « valorisante » par 68% des Français (82% même chez les 18-24 ans), souligne la Grande Chancellerie dans un communiqué, s’appuyant sur un sondage CSA/DICOD réalisé les 12 et 13 septembre 2011 auprès de 1005 personnes.

Publié dans:LA VIE EN SARKOZIE |on 8 avril, 2012 |Pas de commentaires »

Sans commentaire…………………….(02/04/2012)

Sarkozy chiffre son programme à 115 milliards d’euros

Nicolas Sarkozy le 29 mars 2012  en meeting à Nîmes

Nicolas Sarkozy le 29 mars 2012 en meeting à Nîmes (Photo Eric Feferberg. AFP

Dans un entretien à trois quotidiens régionaux de l’Est, le président-candidat revient sur son programme et s’en prend à la CFDT, qui a «trahi la confiance des salariés à Florange».

Le programme complet de Nicolas Sarkozy pour une seconde mandature se chiffrera à 115 milliards d’euros d’efforts demandés aux Français, a confirmé le candidat sortant, dans un entretien publié lundi dans l’Est Républicain, le Républicain Lorrain et Vosges Matin.

Interrogé par les trois journaux sur le fait de savoir si oui ou non «il en restera au chiffrage déjà annoncé de 115 milliards» d’efforts demandés aux Français, Nicolas Sarkozy a répondu : «Oui. Depuis le début de la campagne, je ne cesse d’apporter des idées.»

«François Hollande en a proposé une seule : une taxation à 75 % dont il a dit dès le lendemain qu’elle ne rapporterait pas un centime. Puis Laurent Fabius a précisé le surlendemain qu’elle ne s’appliquerait pas puisqu’ils feraient un bouclier fiscal», a raillé le candidat de la majorité présidentielle.

«Je me bats pour la compétitivité des entreprises et pour l’innovation. Je me bats pour la revalorisation du travail. L’an passé, 9 millions de salariés ont bénéficié d’heures supplémentaires sur lesquelles ils ne paient pas d’impôts et sur lesquelles les entreprises ne paient pas de cotisations», a-t-il plaidé, accusant le candidat socialiste de vouloir «les supprimer».

Il a rappelé avoir «au nom de la France», «pris des engagements» :«0% de déficit en 2016. Pour y arriver, j’ai prévu 115 milliards d’euros d’efforts, 75 milliards sur les dépenses, 40 milliards sur les recettes. Et sur celles-ci, j’en ai déjà fait voter 32 milliards», a-t-il répété.

«Pour les 8 restants, je propose notamment l’impôt forfaitaire sur les grandes sociétés et la taxe pour les exilés fiscaux», a-t-il ajouté.

«Confiance»

Après s’en être pris à la CGT, le candidat Nicolas Sarkozy a critiqué des «permanents de la CFDT» qui ont «trahi la confiance des salariés» à Florange.

Des ouvriers de l’aciérie ArcelorMittal de Florange (Moselle) menacée de fermeture, ont entamé mercredi dernier une marche à pied, de la Lorraine à Paris pour «défendre leurs emplois auprès des populations».

Interrogé par ces journaux de la presse régionale sur «la colère qui monte à Florange», Nicolas Sarkozy a répondu : «Ne mélangeons pas les ouvriers, inquiets et pour qui j’ai obtenu 17 millions d’euros d’investissement et les permanents de la CGT ou de la CFDT: deux millions d’euros de travaux sur la phase liquide réalisés immédiatement -ces travaux ont démarré-, 7 pour la cokerie, 8 millions pour l’usine de fabrication de produits pour l’automobile»«.

«C’est de l’investissement pour Florange ! Il est décidé. Si ces travaux n’avaient pas été engagés, c’était la certitude que les hauts fourneaux ne reprenaient pas», a ajouté le candidat sortant.

«Quant aux permanents de la CFDT» a-t-il ajouté, «ils trahissent la confiance des salariés. Ils sont venus m’insulter et essayer de casser mon siège de campagne. Ne confondons donc pas les salariés d’Arcelor-Mittal, que je ne laisserai pas tomber, et des syndicalistes qui trompent leurs adhérents en faisant de la politique au lieu de défendre l’intérêt des salariés».

Mi-mars, quelque 200 métallurgistes de l’aciérie de Florange étaient venus à Paris avec l’intention de se rendre devant le QG de campagne de Nicolas Sarkozy où un important dispositif policier avait été déployé. De brèves échauffourées avaient alors éclaté avec les forces de l’ordre.

(AFP)

 

Oui, mais où est « son programme »……………….(31/03/2012)

Sarkozy, à la recherche de sa « mesure-surprise »

Créé le 30-03-2012 à 18h09 – Mis à jour à 19h56      46 réactions

François Bazin

Par François Bazin

À trois semaines du premier tour, le candidat sortant veut pimenter l’annonce prochaine de son programme en avançant une proposition « décoiffante ». Plus facile à dire qu’à faire…

Nicolas Sarkozy (PATRICK HERTZOG / AFP)

Nicolas Sarkozy (PATRICK HERTZOG / AFP)

Depuis quelques jours, Nicolas Sarkozy, via ses porte-paroles ou ses relais de presse, annonce, pour les jours à venir, sans doute la semaine prochaine, la publication de son programme complet. Jusqu’à présent, le candidat sortant s’est contenté d’égrener des propositions, au fil de ses meetings ou des émissions de radio-télé auxquels il est invité.

À travers elles, on devine la ligne de sa campagne. À droite, très à droite. Au moins jusqu’au soir du premier tour ! Mais la cohérence globale qui porte sa candidature demeure encore mystérieuse et, en tous cas, insuffisamment nette pour justifier, à elle seule, un nouveau quinquennat qui soit autre chose que le simple décalque du précédent. Pour corser l’affaire, l’équipe sarkozyste laisse entendre qu’une ou deux mesures chocs – ou « décoiffantes », comme on dit – viendront donner à cet ensemble l’allure d’un projet novateur, capable d’entrainer l’adhésion des électeurs. Acceptons-en l’augure et tâchons de deviner, ici, de quoi il pourrait bien s’agir.

Suspense

Avant toute chose, il faut lever un préalable. Et s’il ne s’agissait que d’un pur exercice de communication ? Laisser planer le mystère est le meilleur moyen de susciter l’intérêt et donc le désir. Un événement de ce genre, pour être ce qu’on prétend, a besoin d’être annoncé, sans être défloré. D’ores et déjà, il en dit pourtant long sur l’état de la campagne sarkozyste.

Il manque encore à celle-ci la mesure-phare qui serait en mesure d’incarner, à elle seule, l’esprit d’une candidature. S’il ne le trouve pas, le candidat-sortant risque gros. D’abord parce qu’une attente, aussi bien entretenue, ne peut être brutalement déçue sans que l’ensemble du programme soit alors jugé terne ou peu novateur. Ensuite, et surtout parce que le début de sa campagne, Nicolas Sarkozy est confronté à la même contradiction : soit il fait de nouvelles propositions et on est alors en droit de se demander pourquoi il ne les a pas mises en œuvre depuis 2007. Soit il explique que son prochain quinquennat sera dans la droite ligne du précédent et alors on peut s’interroger sur sa nécessité, dés lors que le bilan des années 2007-2012 est jugé globalement négatif par une large majorité des Français. Taper fort, avec une mesure à forte intensité émotionnelle et symbolique, est la seule façon de lever cette double difficulté. Plus faire à dire qu’à faire.

La première option serait de trouver une mesure à effet immédiat. Le candidat est aussi président. Il a jusqu’au 6 mai prochain le monopole de l’action. S’il veut, il peut. Pour l’instant, Nicolas Sarkozy n’a pas encore trouvé la mesure magique capable d’époustoufler l’opinion. Sa TVA à sociale est à application différée. Elle n’entrainera en vigueur qu’à l’automne, s’il est réélu. C’est peut de dire qu’il ne la met guère en valeur depuis qu’il est entré officiellement en campagne ! Les mesures destinées à prévenir le terrorisme, après de double drame de Montauban et Toulouse, étaient plus destinées à prévenir la critique qu’à susciter l’adhésion. Les revalorisations de quelques minimums sociaux, annoncées récemment, relèvent d’un électoralisme classique. À trop les multiplier, Nicolas Sarkozy prendrait le risque d’écorner encore davantage le langage de rigueur qu’il prétend tenir, face à la crise et au poids de la dette. Bref, on voit mal ce que l’Elysée pourrait sortir de son chapeau, à très court terme, qui ait un impact sensible sur le cours de la campagne.

Promesse

La seconde option est donc de poursuivre sur le terrain des promesses. Avec quand même une difficulté : le président actuel continue à être jugé « insincère », dans tous les sondages réalisés à ce jour. Pour frapper les esprits, on l’a dit, il faut qu’il tape fort. Mais en tapant trop fort, il prend le risque d’entretenir ou, pis, de renforcer, cette triste réputation. Nicolas Sarkozy, en laissant entendre qu’il va bientôt surprendre, avance sur un fil. On peut même se demander s’il ne s’est pas piégé lui-même en laissant mettre en scène une telle promesse, dès lors qu’elle est aussi difficile à tenir et que le jugement de l’opinion sera, par nature, immédiat.

Pour répondre à l’objectif visé, cette fameuse mesure « décoiffante » doit enfin être en cohérence avec la ligne d’une campagne qui vient d’entrer dans sa dernière ligne droite. Toute inflexion, sur ce terrain-là, présente l’inconvénient de paraître relever de l’improvisation. Ce qui n’est jamais un signe de confiance ! Depuis qu’il est entré dans l’arène, Nicolas Sarkozy ne poursuit qu’un seul objectif : aller chercher les électeurs perdus du lepénisme, version Marine, pour creuser un écart maximum avec François Hollande, au soir du 22 avril. Soit le candidat sortant estime que ce pari n’est pas encore gagné. Et alors, fidèle aux conseils de son mentor, Patrick Buisson, il ira chercher la mesure qui puisse, sur le double terrain de l’insécurité et de l’immigration, achever le travail accompli. Soit, il pense déjà à l’entre-deux tours, est il y a fort à parier que ses stratèges sont sur la piste de la promesse capable de séduire de nouvelles réserves, dans l’électorat de François Bayrou dont on mesure, jours après jours, la véritable nature : celle d’un barrisme maintenu, fait de rigueur économique, d’humanisme social et d’aspiration à un État impartial.

Signal

Quoiqu’il fasse la semaine prochaine, Nicolas Sarkozy enverra donc un signal explicite à ceux qui tentent de comprendre le sens de sa campagne. Cette affaire de « promesse surprise » en dit bien davantage que tous les sondages et toutes les confidences sur le moral du champion de la droite. S’il préfère finalement renoncer, au risque de banaliser l’annonce de son programme complet, ça sera la preuve qu’il n’est pas parvenu à résoudre cette difficulté habituelle des candidats sortants qui veut qu’on ne fasse pas campagne sur un bilan mais qu’il soit également difficile d’y ajouter des promesses crédibles.

S’il se lance, on verra quelle est aujourd’hui sa cible prioritaire et dans quels secteurs de l’opinion, il estime avoir encore du retard. Et puisqu’il faut bien prendre un risque, ici, rappelons que Nicolas Sarkozy a planté le premier jalon de sa campagne, fin février, dans une interview au « Figaro Magazine » où il promettait de recourir, lors de son second mandat, à la procédure référendaire. Les thèmes qu’il avait alors choisis étaient tellement mal expliqués qu’il les a tenus, depuis, à l’écart. On retiendra l’hypothèse qu’à défaut de les remettre en exergue, il poursuivra son offensive finale par cette seule promesse qui puisse lever le scepticisme des Français : celle de leur consultation directe, par référendum, dans les mois qui suivront son hypothétique réélection.

François Bazin

Par François Bazin

Oui, mais où est

Les « gens modestes « saluent bien leur Président……………(25/03/2012)

La fortune de Nicolas Sarkozy a progressé de 30% depuis son élection en 2007

Créé le 24-03-2012 à 15h35 – Mis à jour le 25-03-2012 à 09h27      17 réactions

Challenges.fr

Par Challenges.fr

Le Président-candidat évalue son patrimoine personnel à un peu plus de 2,7 millions d’euros contre 2,1 millions au début de son quinquennat.

Dans le Journal officiel de ce samedi 24 mars, on peut lire que Nicolas Sarkozy n'est toujours pas propriétaire d'un bien immobilier et que l'essentiel de son patrimoine est constitué de contrats d'assurance-vie. (c) Afp

Dans le Journal officiel de ce samedi 24 mars, on peut lire que Nicolas Sarkozy n’est toujours pas propriétaire d’un bien immobilier et que l’essentiel de son patrimoine est constitué de contrats d’assurance-vie. (c) Afp

Presque 650.000 euros de plus qu’en 2007. En cinq ans, le patrimoine personnel du chef de l’Etat aura progressé de près de 30%. Comme l’indique l’édition de ce samedi 24 mars du Journal Officiel, Nicolas Sarkozy dispose désormais d’un patrimoine d’un peu plus de 2,7 millions d’euros. Une fortune qui se décompose de la façon suivante : contrats d’assurance-vie (2,58 millions dont 2,3 auprès de la banque HSBC France), diverses collections (autographes, montres, statuettes) estimées à 100.000 euros ainsi que 56.919 euros crédités sur le compte courant ouvert au nom du couple, toujours auprès de HSBC France.

La fortune personnelle de Carla Bruni-Sarkozy n’est pas pris en compte

La déclaration précise également le régime matrimonial de Carla Bruni-Sarkozy et de son mari, à savoir une communauté de biens réduite aux acquêts. En clair, cela signifie que chaque époux conserve à titre personnel, tout ce qu’il possédait avant le mariage de même que ce qu’il pourrait être amené à recevoir par la suite dans le cadre d’une donation ou d’une succession. Pour mémoire, Le magazine Capital avait, en 2008, évalué à 18,7 millions d’euros la fortune personnelle de Carla Bruni-Sarkozy.

Lors de la campagne présidentielle qui lui a permis de succéder à Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy avait fait état d’un patrimoine de 2,1 millions d’euros. Comme en 2007, le Président-candidat mentionne à nouveau dans sa déclaration officielle les 34% du capital qu’il détient dans la société d’avocat Selas CSC, sans apporter d’estimation financière à cette participation. Le chef de l’Etat y précise également qu’il n’est propriétaire d’aucun bien immobilier ni de placements en actions.

Près de 6.000 euros versés chaque mois à ses ex-épouses

Il signale encore dans cette déclaration qu’il verse chaque mois une pension alimentaire de 3.000 euros à son ex-épouse, Cécilia Attias, pour Louis Sarkozy, ainsi que d’une prestation compensatoire de 2.926 euros par mois pour Marie-Dominique Culioli, sa première femme. Au total, le chef de l’Etat consacre donc un petit tiers de son indemnité nette mensuelle (19.331 euros) au paiement de ses pensions alimentaires.

Cette publication dans le Journal Officiel est une obligation légale. Chaque président élu doit publier l’état de son patrimoine au début et à la fin de son mandat. Par ailleurs, tous les candidats à l’élection présidentielle doivent déposer au Conseil constitutionnel une déclaration de patrimoine en même temps que le dépôt de leurs parrainages. Seule celle du candidat élu le 6 mai sera rendu publique.

 

 

 

(Avec Reuters)

Challenges.fr

Par Challenges.fr

La sagesse des « Sages »…………………(23/03/2012)

Le Conseil constitutionnel censure le fichier des gens honnêtes

Créé le 22-03-2012 à 18h50 – Mis à jour à 18h58      2 réactions

Le Nouvel Observateur avec AFP

Par Le Nouvel Observateur avec AFP

Les Sages retoquent le fichier central biométrique qui devait concerner tous les Français, invoquant une atteinte à la vie privée.

Un contrôle d'empreintes digitales à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle (AFP)

Un contrôle d’empreintes digitales à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle (AFP)

Le Conseil constitutionnel a censuré, jeudi 22 mars, la création d’un fichier central biométrique, proposition phare de la loi instaurant la nouvelle carte d’identité électronique, en invoquant l’atteinte au respect de la vie privée.

Si l’instauration d’un fichier –un « traitement de données à caractère personnel » dans le jargon juridique — est justifié par un motif d’intérêt général (la lutte contre l’usurpation d’identité), celui-ci porte atteinte au droit au respect à la vie privée, ont considéré les Sages.

Ceux-ci pointent en particulier la nature des données enregistrées (comme les empreintes digitales), l’ampleur du fichier (la quasi-totalité de la population française) et « les caractéristiques techniques » qui permettent son interrogation à d’autres fins que la vérification d’identité d’une personne. Le fichier était baptisé « le fichiers des gens honnêtes ».

Le Conseil constitutionnel a aussi censuré une disposition qui visait à donner accès au fichier à la police et à la gendarmerie pour les besoins de la prévention et de la répression de certaines infractions, notamment liées au terrorisme. « En permettant que les données enregistrées dans ce fichier soient consultées à des fins de police administrative ou judiciaire, le législateur aurait omis d’adopter les garanties légales contre le risque d’arbitraire », poursuit le Conseil constitutionnel.

La puce « vie quotidienne » censurée

Outre la disposition sur le fichier, le Conseil constitutionnel a aussi censuré un article qui donnait à la carte d’identité une fonction de « signature électronique », c’est-à-dire une puce permettant de s’identifier de « manière sécurisée » sans « avoir à multiplier les codes de connexion ou les mots de passe », en évitant toute fraude « du titre de paiement d’un tiers ». Le Conseil constitutionnel estime que cette puce transforme la carte d’identité « en outil de transaction commerciale ».

Les juges constitutionnels ont en revanche validé l’article instaurant la carte d’identité biométrique à des fins de lutte contre le phénomène d’usurpations d’identité qui touchent entre 13.900 et 200.000 personnes par an, selon les chiffres de l’Observatoire national de la délinquance et du Crédoc.

Le Conseil constitutionnel avait été saisi d’un recours par les parlementaires PS contre ce texte définitivement adopté par le Parlement le 6 mars.

Le Nouvel Observateur avec AFP

Par Le Nouvel Observateur avec AFP

La sagesse des

Sarko et l’Histoire de France………………..(19/03/2012)

Quand Sarkozy drague Blum, Guy Môquet et « la pucelle »

Créé le 18-03-2012 à 17h46 – Mis à jour le 19-03-2012 à 05h40      3 réactions

Audrey Salor

Par Audrey Salor
Journaliste

En matière de références historiques, le président, décomplexé, ratisse large. Premier épisode de notre série sur le rapport de Sarkozy à l’histoire.

Sarkozy à Vaucouleurs face à Jeanne d'Arc (MARCHI-POOL/SIPA)

Sarkozy à Vaucouleurs face à Jeanne d’Arc (MARCHI-POOL/SIPA)

Si Jaurès avait encore été de ce monde en 2007, peut-être le locataire de l’Elysée l’aurait-il invité au Fouquet’s. Ou bien lui aurait proposé un ministère, ouverture oblige. C’est que le président ne tarit pas d’éloge, lorsqu’il évoque le souvenir de celui qui fut l’une des figures de proue du socialisme français. « Jaurès, quand il défend Dreyfus au nom de la justice, a fait de la France une grande nation. Je me sens l’héritier de Jaurès quand il parle à la jeunesse », lance le chef de l’Etat à Poitiers, peu avant son accession à l’Elysée. Ce jour-là, un autre socialiste a droit à son lot d’éloges :

J’ai cité Léon Blum parce que je me sens l’héritier de l’enfant qui en 1936, grâce aux congés payés, jette sur la mer son premier regard émerveillé et entend prononcer pour la première fois le mot ‘vacances’. »

En matière de références historiques, le président, décomplexé, ratisse large. Son parti aussi. Sur le film diffusé à l’occasion de la clôture du Conseil national de l’UMP, en janvier dernier, les images d’archives d’un général de Gaulle triomphant côtoient celles de Valéry Giscard d’Estaing et de… François Mitterrand, main dans la main avec le chancelier allemand Helmut Kohl, dans une célèbre scène de 1984.

Voir la vidéo :
Le courage donne la force par ump

« Nicolas Sarkozy a recours à des personnages qui peuvent être investis symboliquement par plusieurs courants politiques. A un moment donné, ils ont été utilisés par ces courants en tant que marqueurs, pour cliver. Lui les utilise pour gommer ces clivages et se poser en rassembleur », analyse l’historienne Sophie Wahnich (1).

« Jeanne n’appartient à aucun parti, à aucune faction… »

Rassembler, faire figure de leader, de meneur de troupes. A l’image de Jeanne d’Arc luttant contre l’assaillant anglais, et dont le président salue le souvenir, lors d’une cérémonie à sa mémoire en janvier. « Jeanne n’appartient à aucun parti, à aucune faction, à aucun clan [...]. Puissions-nous aussi continuer à penser à elle comme le symbole de notre unité et ne pas la laisser entre les mains de ceux qui voudraient s’en servir pour diviser », lance-t-il en direction du Front national. Si le parti d’extrême droite a fait de la « Pucelle d’Orléans » le symbole de sa lutte contre l’immigration, le chef de l’Etat n’entend pas lui concéder le monopole de la récupération.

A croire que fleurir les tombes des grandes figures de l’histoire revient à confisquer un peu de leur aura. Du moins, le président semble y croire. « Il est très difficile de savoir si cette utilisation politique fonctionne, bien qu’elle soit fustigée dans l’espace public », estime Sophie Wahnich, qui rappelle que « si la méthode a bien fonctionné en 2007, elle a été critiquée par la suite, ce qui a généré une certaine méfiance. »

Une « récupération »

Courtiser l’héritage des mythes, c’est aussi prendre le risque de se faire éconduire. Le président en a fait l’expérience. Début 2010, il annonce son ambition de faire entrer Albert Camus au Panthéon. Levée de boucliers des spécialistes de l’écrivain. « La politique sarkozyste est anti-camusienne au possible [...], s’exaspère Jeanyves Guérin (2) dans le « Nouvel Observateur ». « Camus [...] n’aimait pas fréquenter les hommes politiques, qu’il considérait comme ‘des hommes sans idéal et sans grandeur’ », désapprouve-t-il, rappelant que l’homme s’était offert le luxe de refuser une invitation à déjeuner de de Gaulle à l’Elysée. Le fils de l’écrivain, qui craint une « récupération », oppose une fin de non-recevoir à Nicolas Sarkozy.

Albert Camus en 1954.
Albert Camus en 1954. (UNIVERSAL PHOTO/SIPA)

Décidément, le président n’a pas retenu la leçon. Avant « l’affaire Camus », c’est l’OPA présidentielle sur la mémoire du communiste Guy Môquet, emblème de la Résistance, qui avait tourné court. La lettre d’adieu adressée par le jeune homme à sa famille avant son exécution sera lue chaque année à tous les lycéens de France, décrète Nicolas Sarkozy en 2007. Là encore, la riposte s’organise. Des enseignants frondeurs font valoir leur liberté pédagogique, les syndicats crient à l’ »instrumentalisation de l’histoire ». Cinq ans plus tard, la mesure s’est réduite comme peau de chagrin. « A ce que je peux savoir, cette initiative a complètement sombré dans l’oubli. Passé la polémique de la première année, il n’en est plus resté que quelques initiatives très localisées », témoigne un porte-parole du syndicat SE-Unsa. Au ministère de l’Education nationale, on tente de noyer le poisson : lire la lettre de Guy Môquet n’est pas une « obligation impérieuse », assure-t-on.

« Il repeint le personnage à sa guise »

« Cet épisode n’avait aucun sens », fustige l’historien Nicolas Offensdadt (3). « Le gouvernement reprend à son compte l’histoire de ce jeune communiste, décision qu’il justifie en en faisant un exemple de ‘sacrifice national’ ». Et de critiquer le détournement opéré par Nicolas Sarkozy : « Il repeint le personnage à sa guise, le dépouille de son contenu », analyse-t-il, quand Sophie Wahnich pointe « l’instrumentalisation via l’utilisation publique d’un message privé ».

S’en référer à ceux dont l’histoire a retenu le nom. Le procédé est vieux comme le monde. Un incontournable du discours politique. « Choisir un personnage du passé qui deviendrait une figure tutélaire d’un courant de pensée ou d’un courant politique est un usage qui a toujours existé », note l’historienne. « Mais utiliser la figure d’un communiste pour incarner la Résistance et l’inscrire dans une tradition gaulliste est un retournement d’énonciation ». Reste à savoir qui l’héritage de Nicolas Sarkozy inspirera.

Audrey Salor – le Nouvel Observateur

 

(1) directrice de recherche au CNRS, spécialiste du lien entre émotions et politique et des questions de transmission

(2) Directeur de la rédaction du « Dictionnaire Albert Camus », éditions Robert Laffont

(3) Professeur à Paris 1 Panthéon-Sorbonne

 

Audrey Salor

Par Audrey Salor
Journaliste

La « justice » sous Tsarko…………………(16/03/2012)

Jean-Louis Nadal dénonce la justice sous Sarkozy : honorable, mais tardif

Modifié le 15-03-2012 à 16h30

2 réactions | 2813 lu

Temps de lecture Temps de lecture : 4 minutes

LE PLUS. L’ancien procureur général près la Cour de cassation dénonce, depuis la fin de son mandat, un « sentiment de corruption publique » au sein de la justice. Philippe Bilger, magistrat honoraire et ex-avocat général, se réjouit de la fin d’un silence regrettable, tout en déplorant l’imprécision des attaques.

> Par Philippe BilgerMagistrat honoraireEdité par Hélène Decommer   Auteur parrainé par Laurent Joffrin

L’ancien procureur général près la Cour de cassation Jean-Louis Nadal a récemment, dans un entretien paru dans « Le Nouvel Observateur », dit tout le mal qu’il pensait du quinquennat de Nicolas Sarkozy sur le plan de l’Etat de droit et de la République proclamée irréprochable en 2007. Il a dénoncé avec force et sans nuance la politique judiciaire qui a été mise en œuvre par ce pouvoir et certaines pratiques qu’il a parfois contribué à sortir de l’enlisement programmé.

 

Jean-Louis Nadal à Bordeaux, le 29/04/09 (JEAN PIERRE MULLER/AFP)

Jean-Louis Nadal à Bordeaux, le 29/04/09 (JEAN PIERRE MULLER/AFP)

 

Ce réquisitoire argumenté mais général a suscité une réaction vive de la part notamment de Me Gilles Antonowicz, un remarquable avocat et de surcroît un ami. Jean-Louis Nadal, que je connais depuis longtemps, a toujours fait preuve à mon égard d’une bienveillante cordialité que je lui ai rendue. C’est souligner à quel point, sans être partagé, je suis désireux d’aller au plus près de la vérité pour ce qui concerne le comportement, hier, de la plus haute hiérarchie judiciaire.

 

Trop d’abstentions, pendant longtemps, face à Nicolas Sarkozy

 

Il n’est pas faux de reprocher à cette dernière, et donc à Jean-Louis Nadal, au moins officiellement, dans l’apparence, une complaisance à l’égard de cet État aujourd’hui honni. Le moins qu’on puisse prétendre est qu’elle s’est traduite quelquefois par un silence regrettable alors que des interventions présidentielles choquantes – par exemple, la comparaison des « petits pois »- auraient appelé des ripostes fermes, pour l’honneur de mon ancien corps et de la démocratie.

 

Puisque le président était incapable par lui-même d’intégrer le fait qu’il était le garant de l’unité et de l’indépendance de la magistrature, et donc naturellement le premier à devoir la respecter, il convenait de lui mettre de force ces exigences dans la tête grâce à une révolte qui aurait eu d’autant plus de poids qu’elle aurait été le fait de nos représentants suprêmes. Beaucoup trop d’abstentions, durant longtemps, en face d’un président qui avait du mal à dissimuler la piètre opinion qu’il avait de la magistrature. Nous aurions au moins pu lui renvoyer que sur le plan de la compétence et de l’allure nous n’étions pas plus mal lotis que les politiciens, même le chef de l’Etat !

 

Une louable dernière année de mandat

 

Reste que Jean-Louis Nadal n’a pas été de ces personnalités rattrapant à la retraite tout ce qu’elles n’avaient pas accompli quand cela était nécessaire.

 

A la fin de son mandat, avec courage et persévérance face à un monde politique qui lui était hostile, à une nomenklatura judiciaire qui ne l’appréciait pas, il a sauvé véritablement l’honneur de la magistrature. C’est un grand mot mais il est mérité. Contre le garde des Sceaux d’alors, Michèle Alliot-Marie, il s’est battu aussi bien pour les affaires Tapie-Lagarde que Woerth-Bettencourt, avec les multiples ramifications qu’elles comportaient. Il a constitué une bienfaisante contrepartie à l’attitude scandaleuse, révélée par les écoutes clandestines Bettencourt, d’un Patrick Ouart venant mettre à mal l’équilibre des parties et l’équité due à chacune. Il était heureux qu’au cours de cette dernière année un Jean-Louis Nadal existât et qu’il portât haut l’exigence d’une Justice exemplaire sans qu’on pût lui reprocher, si on était de bonne foi, l’ombre d’une démarche partisane.

 

Puis il est parti à la retraite. Immédiatement, trop vite, il s’est affiché auprès de Martine Aubry lors de la compétition de la primaire socialiste. Il en avait le droit mais il aurait dû attendre.

 

Jean-Louis Nadal lors d'un meeting de Martine Aubry à Lille, le 13/10/2011 (BAZIZ/SIPA)

Jean-Louis Nadal lors d’un meeting de Martine Aubry à Lille, le 13/10/2011 (BAZIZ/SIPA)

 

Cet entretien avec « Le Nouvel Observateur » a réjoui beaucoup de ceux qui attendaient une dénonciation cinglante de tout ce qu’avait subi la République durant cinq ans, sur le plan de « sa » justice. Pour ma part, j’aurais tenté de rendre avec plus de complexité les avancées et les régressions aboutissant tout de même, dans l’ensemble, à une gestion erratique et préjudiciable à la belle cause de la Justice.

 

Encore trop de flou

 

Jean-Louis Nadal, sur « France Inter », dans la suite de cette foudre accusatrice, a été interrogé par Patrick Cohen et, à dire vrai, j’ai été un tantinet agacé par le côté à la fois sincère et filandreux du propos, trop général, pas assez précis, ménageant la chèvre et le chou, évitant de nommer, se contentant de concepts sur lesquels l’accord était garanti.

 

Prenons l’exemple qui m’a le plus frappé : l’ancien procureur général met en cause de manière pertinente « une justice d’appropriation ». On a bien compris ce qu’il entendait par là mais on attend la suite avec impatience. Patrick Cohen, évidemment, lui demande des exemples et Jean-Louis Nadal, presque énervé qu’on ose le pousser dans des retranchements concrets, personnalisés et incontestables, répond « qu’il ne sait pas ». On perçoit sa volonté de ne pas « brûler ses vaisseaux » ou à moitié seulement.

 

Pourtant, quand on est totalement libre comme lui, la moindre des attitudes est de désigner et de fuir les circonvolutions. De passer du général au particulier. Si les affaires qui ont été dévoyées par le pouvoir ne sont pas clairement ciblées, c’est le vague qui domine et la globalité d’une justice qui est clouée au pilori. Alors que sont parfaitement connus les dossiers et les magistrats mêlés dans ces étranges péripéties politico-judiciaires.

 

Un pas en avant, un pas de côté, parfois un pas en arrière. Cette danse à la longue est lassante, ce qui explique pourquoi, durant un quinquennat qui exigeait une vigilance judiciaire et démocratique constante, on a eu des absences, des distractions et des fuites. On a parfois recherché désespérément l’audace judiciaire et force a été de constater longtemps que plus on montait dans la hiérarchie, plus l’exercice de cette vertu capitale baissait.

 

Jean-Louis Nadal n’est pas devenu un héros. Il a fait de son mieux, comme il a pu. Ne lui jetons pas plus la pierre que l’encens.

 

 

A lire aussi sur le Plus :

Jean-Louis Nadal, ou les confidences hypocrites d’un ancien magistrat, par Gilles Antonowicz et François Garçon

 

Publié dans:Justice, LA VIE EN SARKOZIE |on 16 mars, 2012 |Pas de commentaires »
12345...28

Vu de Corbeil-Essonnes |
ARCHITECTURE D'UN CONGO NOU... |
DEBOUT SAINT ETIENNE |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | PS : UN NOUVEAU SOUFFLE POU...
| Comité de soutien de Quetig...
| Ségolène Royal présidente