Archive pour la catégorie 'LA VIE EN SARKOZIE'

Tout et son contraire…………….(14/03/2012)

La campagne libre-service du candidat Sarkozy

Créé le 13-03-2012 à 18h48 – Mis à jour le 14-03-2012 à 07h49      74 réactions

Renaud Dély

Par Renaud Dély

Des exilés fiscaux à Schengen, le président sortant promet tout et n’importe quoi. Quitte à se contredire. L’essentiel pour ce grand acteur, c’est d’occuper la scène…

Nicolas Sarkozy se veut apôtre du référendum et du recours au "peuple" et prétend séduire la "France du non". (Michel Euler/AP/SIPA)

Nicolas Sarkozy se veut apôtre du référendum et du recours au « peuple » et prétend séduire la « France du non ». (Michel Euler/AP/SIPA)

Tiens, Nicolas Sarkozy fait du Mélenchon ! Pourquoi pas, après tout, au point où il en est… En promettant de taxer les exilés fiscaux, le candidat sortant dégaine donc une mesure qui figure dans le programme du Front de Gauche. Enfin, pas tout à fait puisque ce sera aux expatriés de déclarer eux-mêmes au fisc français qu’ils sont partis à l’étranger exclusivement pour le fuir (combien se feront ainsi hara-kiri sur l’hôtel des impôts ?) et que Nicolas Sarkozy exclut toute déchéance de nationalité pour les récalcitrants. M’enfin, bon, c’est déjà ça. Surtout quand on mesure le chemin parcouru par l’intéressé.

En 2007, Nicolas Sarkozy abaissait vigoureusement le bouclier fiscal pour faire revenir dans l’hexagone son ami Johnny Halliday ; cinq ans plus tard, le chanteur n’est plus abandonné mais toujours aussi exilé : Sarkozy promet donc d’aller lui faire les poches jusqu’en Helvétie ! Quelle audace ! Qu’importe si à deux reprises, en 2010 et 2011, le président PS de la commission des Finances, Jérôme Cahuzac a présenté des amendements en ce sens qui ont été repoussés par la droite.

Qu’importe aussi si, la semaine dernière encore, Nicolas Sarkozy exonérait par avance, sur France-Inter, les ultra-riches menacés par la proposition de François Hollande de taxer à 75 % leur deuxième million de revenus annuels qui n’auraient plus « intérêt » à vivre en France. Comme si c’était un réflexe patriotique que de choisir de vivre dans tel ou tel pays selon son « intérêt » fiscal… Nicolas Sarkozy a donc changé d’avis et il fait bien. D’autant plus que cette taxation supplémentaire (hélas, difficilement applicable) viendrait compléter la mesure de François Hollande en en corrigeant les hypothétiques effets néfastes : si les ultra-riches ne trouvent plus « intérêt » à s’exiler, ils payeront en France la fameuse taxe de 75 %.

Qu’aurait pensé Angela de Villepinte ?

Ce nouveau tête-à-queue du candidat Sarkozy a aussi des conséquences collatérales assez cocasses : il nous offre l’occasion de lire ce matin un papier détaillant, sans l’ombre d’une critique, une telle taxation des exilés fiscaux dans « Le Figaro »… Nicolas Sarkozy fait donc du Mélenchon. Fort bien. Il y a trois jours, à Villepinte, il s’inspirait de Marine Le Pen pour fustiger les accords de Schengen coupables, selon lui, d’instaurer une « Europe-passoire » laissant déferler les  »flux migratoires ».

Et le président sortant allait jusqu’à menacer de rétablir dans 12 mois poste-frontières et douaniers à nos portes sans se soucier de ce que pourraient en penser nos partenaires de l’UE, à commencer par l’incontournable Angela Merkel. Fort bien aussi, et vive la France !

Mais tiens, au fait, une semaine plus tôt à peine, le candidat Sarkozy ne fustigeait-il pas l’irresponsabilité de son adversaire socialiste qui prétend renégocier un traité non encore ratifié ? Et le même ne faisait-il pas campagne bras dessus, bras dessous, avec Angela Merkel, l’entourage de la chancelière allemande annonçant même des meetings communs du tandem  »Merkozy » ? Sa « chère Angela » n’est pas venue à Villepinte écouter son « Liebe Nicolas » : elle a bien fait, elle s’y serait sans doute sentie installée moins confortablement que Gérard Depardieu.

L’un des meilleurs acteurs politiques

Nicolas Sarkozy se veut apôtre du référendum et du recours au « peuple » et prétend séduire la « France du non » ? Il l’a pourtant privée de consultation lorsqu’il a fait passer le traité de Lisbonne, copie conforme de la Constitution de l’UE rejetée par référendum en 2005…

« Tapis de bombes », « feu d’artifice », « guerre de mouvement », les expressions distillées par ses « spin doctors » à la presse qui les répète sans recul illustrent la véritable stratégie du candidat Sarkozy : donner le tournis, affoler les sondeurs, enivrer les plumes. Le buzz fait office de sens, le bruit d’idée neuve. Il s’agit de jouer à plein régime des ressorts de la communication contemporaine, règne de l’éphémère sous la double influence des chaînes d’infos télévisées en continu et des réseaux sociaux du type Twitter.

Certes, on l’a encore vu lors de la gigantesque mise en scène de Villepinte, Nicolas Sarkozy est sans doute le meilleur acteur politique de sa génération. Rien ne l’arrête. Il est même capable de mettre en scène ses états d’âme (« Si je perds, j’arrête la politique« ), ses blessures, son divorce, et d’accabler de ses fautes son ex-épouse Cécilia sans pudeur aucune. Son gourou, l’ultra-droitier Patrick Buisson a délaissé, lui, ses éloges passés de Drumont et de Maurras pour vendre à l’électeur une « nouvelle histoire », une sorte de « Sarkozy, saison 2″ typique de ces séries américaines dont raffole le Président-candidat entre deux DVD de Visconti et Dreyer.

Le sarkozysme mise sur l’amnésie

Les commentateurs s’ésbaudissent de ses prestations, de son culot, de ses talents d’interprète. Mais au fait, s’agit-il d’élire un acteur ? L’élection présidentielle consiste-t-elle à récompenser, telle la cérémonie des Oscars, un homme capable de jouer, à merveille, tous les rôles, successivement voire simultanément, de réciter avec fougue toutes les partitions ?

Oui, le candidat Sarkozy peut très bien « jouer » Mélenchon, Le Pen, demain Bayrou, ou Villepin. Le sarkozysme mise sur l’amnésie. Il veut nous en mettre plein les yeux et plein les oreilles. Son drame, c’est que le grand carrousel de l’image et du buzz, des télés en continu et des réseaux sociaux finit toujours par s’assoupir. Par faire une pause. Et une fois les lampions éteints, les flonflons rangés et la fumée dissipée, demeure le sentiment d’avoir assisté à un show spectaculaire, impressionnant, certes, mais sans queue ni tête. Sans constance, ni cohérence.

Il bouge, mais tourne en rond

Le candidat UMP a l’énergie du lapin Duracell et la frénésie du ventilateur. Mais ce qui pouvait faire illusion en 2007, lorsqu’il s’était grimé en candidat de la « rupture », ne fonctionne plus dès lors que le Président sortant est comptable d’une action, et donc d’un bilan. En fait, le candidat Sarkozy mène une campagne libre-service où l’électeur, qu’il vienne de la gauche, du centre, ou de l’extrême droite, d’en haut ou d’en bas, est supposé trouver ce qui l’apaisera. Sans savoir pour autant où veut l’emmener celui qui prétend rester son chef cinq ans de plus.

Avec sa grosse caisse et ses tambourins, Nicolas Sarkozy est devenu le Rémy Bricka de la joute présidentielle. Il fait du bruit et du vent. Il bouge, mais tourne en rond. C’est joli, mais bruyant. Le chaland-électeur, intrigué, épaté même, observe d’abord longuement comment ça marche. Mais vient un moment où il finit par se demander à quoi tout ce raffut peut bien servir.

Renaud Dély

Par Renaud Dély

Tout et son contraire................(14/03/2012) dans LA VIE EN SARKOZIE

Le saura-t-on un jour ??………………(13/03/2012)

Kadhafi a-t-il financé la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 ?

Créé le 12-03-2012 à 13h20 – Mis à jour le 13-03-2012 à 05h53      49 réactions

Le Nouvel Observateur

Par Le Nouvel Observateur

C’est ce qu’affirme Mediapart d’après les confidences d’un ex-proche de Ziad Takieddine.

L'ancien Guide libyen a été le 20 octobre 2011 près de Syrte, sa ville natale. (Xu Suhui/CHINE NOUVELLE/SIPA)

L’ancien Guide libyen a été le 20 octobre 2011 près de Syrte, sa ville natale. (Xu Suhui/CHINE NOUVELLE/SIPA)

Alors que la justice enquête depuis plusieurs années sur le financement de la campagne d’Edouard Balladur en 1995, va-t-elle se pencher sur celle de Nicolas Sarkozy en 2007 ? Mediapart annonce lundi 12 mars que Mouammar Kadhafi aurait financé la campagne victorieuse de l’actuel président-candidat. Le site d’information se base sur une note rédigée par un témoin du dossier, Jean-Charles Brisard, ancien membre de l’équipe Balladur en 1995. Il a recueilli les confidences de l’ancien médecin personnel de Ziad Takieddine, Didier Grosskopf.

Selon cette note, transmise aux enquêteurs, l’intermédiaire Ziad Takieddine aurait mis en place les « modalités de financement » de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy par le régime libyen. L’affaire aurait été conclue le 6 octobre 2005 lors d’une visite officielle de Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux à Tripoli.

Le soupçon d’une participation libyenne au financement de Nicolas Sarkozy avait été alimenté par les déclarations spectaculaires de Mouammar Kadhafi et de son fils, Saïf al-Islam, rappelle Mediapart. Deux jours avant l’intervention militaire occidentale, en mars 2011, ce dernier avait clairement accusé le pouvoir français dans un entretien à la chaîne Euronews : « Il faut que Sarkozy rende l’argent qu’il a accepté de la Libye pour financer sa campagne électorale. C’est nous qui avons financé sa campagne, et nous en avons la preuve. Nous sommes prêts à tout révéler. »

 

Le Nouvel Observateur

Par Le Nouvel Observateur

Le saura-t-on un jour    ??..................(13/03/2012) dans

Publié dans:"AFFAIRES", LA VIE EN SARKOZIE |on 13 mars, 2012 |Pas de commentaires »

Le bide de Sarko………………..(09/03/2012)

Chez Lejaby, le chef de l’Etat perd le contact

Le président-candidat Nicolas Sarkozy visite une usine Lejaby à Yssingeaux le 8 mars 2012.

Le président-candidat Nicolas Sarkozy visite une usine Lejaby à Yssingeaux le 8 mars 2012. (Photo Philippe Wojazer. AFP)

ReportageLe président candidat, en déplacement à Yssingeaux (Haute-Loire) n’a pas soulevé l’enthousiasme.

Envoyé spécial à Yssingeaux (Haute-Loire) et Saint-Just- Saint-Rambert (Loire) Grégoire Biseau

Bayonne est passé par là. A une demi-heure du meeting de Nicolas Sarkozy à la salle des fêtes de Saint-Just-Saint-Rambert (Loire), après son passage à Yssingeaux chez les ex-Lejaby dans l’après-midi, près de 200 CRS, casqués et armés de flash-balls, ont chargé une centaine de manifestants venus accueillir avec des sifflets le candidat de la majorité. Des sympathisants d’extrême gauche, des militants CGT, des professeurs, quelques adolescents reprenant en chœur l’Internationale.«C’est une honte», crie un homme qui vient de recevoir plusieurs coups de matraque. «Sarko dégage !» reprennent les manifestants. Des images et des sons auxquels voulait pourtant échapper à tout prix l’équipe du président candidat.

Pour éviter que se reproduisent les incidents du Pays basque, la destination et l’objet du déplacement d’hier ont d’ailleurs longtemps été tenus secrets. Avant d’arriver à Yssingeaux (Haute-Loire), les ronds-points sont tenus par les CRS. L’accès à l’usine Lejaby a été coupé et le service d’ordre renforcé. Comme au temps du Président pas encore candidat. «Nicolas Sarkozy a besoin d’être dans des endroits comme ici, même si c’est peut-être plus dangereux», assure un proche.

«Colle». La visite de courtoisie aux 82 ouvrières s’est bien déroulée. Ce n’est rien de dire que les ouvrières de Lejaby, reprises par un fournisseur de LVMH, n’étaient pourtant pas franchement enchantées par la venue de Sarkozy. «Que voulez-vous que ça nous rapporte ?» confesse une première. «Le remercier ? Pourquoi ? On lui doit rien, on s’est battu, c’est tout. Il aurait été obligé de bouger de toutes les manières. Ne serait-ce que parce qu’Arnaud Montebourg a été le premier à venir», assure Solange, 52 ans. Mais le candidat UMP a du métier. Il avance prudemment. Demande si la reconversion dans la maroquinerie n’est pas «trop dure».«Et la colle, elle est spécifique ?»«Et qui a choisi les blouses Vichy ?» Sarkoy est là pour raconter une «belle histoire qui finit bien». Celle d’une reconversion grâce à la formation. Il en profite pour faire la promotion de son idée de référendum sur les droits et devoirs des chômeurs, transformés pour l’occasion, en un droit à la formation. «C’est la réponse à la crise, affirme-t-il à une table de travail. Il n’y a pas d’âge pour apprendre Une ouvrière : «On n’a plus 20 ans.» Sarkozy : «Et moi, alors ?» Sourire. «C’est comme une nouvelle jeunesse, je suis sûr que, quand vous rentrez le soir chez vous, votre mari ou votre compagnon se demande si il n’y a pas quelque chose de changer en vous… Vous êtes formidables.» La table fait la moue.

Nouvelle table. Mêmes questions. «Vous avez meilleur moral que la première fois que je vous ai vues.» Il propose une photo. Le candidat UMP pose entouré d’ouvrières en reconversion dans le luxe. Elles jouent toutes le jeu.

«Parleur». A la sortie de l’usine, Solange reconnaît volontiers que «rencontrer un président est quelque chose d’important dans une vie».«C’est un beau parleur», ajoute-elle, tout en affirmant que «lui ou un autre, ça ne changerait pas grand-chose». Elle sait déjà pour qui elle va voter, mais refuse de nous le dire.

La caravane du candidat est partie. La déléguée syndicale CGT peut distribuer son tract aux journalistes. «Nous refusons cette récupération qui veut faire oublier son bilan catastrophique pour l’emploi. Monsieur Sarkozy, vous n’êtes ni le sauveur ni le défenseur des droits de la femme.»

Suivez la présidentielle 2012 sur www.libe2012.fr

Quel record !……………………..(09/03/2012)

Sarkozy, dirigeant européen le moins populaire

Le président-candidat Nicolas Sarkozy le 8 mars 2012 à Saint-Just-Saint-Rambert, dans la Loire.

Le président-candidat Nicolas Sarkozy le 8 mars 2012 à Saint-Just-Saint-Rambert, dans la Loire. (© AFP Eric Feferberg)

Selon un sondage réalisé en Allemagne, Espagne, Italie, France et au Royaume-Uni, la chancelière allemande Angela Merkel est la plus appréciée par les citoyens européens.

Parmi les dirigeants des cinq principaux pays européens, la chancelière allemande Angela Merkel est la plus appréciée par les citoyens européens et le président français Nicolas Sarkozy est le moins populaire, selon un sondage réalisé en Allemagne, Espagne, Italie, France et au Royaume-Uni.

Si Nicolas Sarkozy et Angela Merkel jouissent d’une notoriété comparable dans ces cinq pays (93% pour le premier, 92% pour la seconde), en revanche le président français ne recueille que 33% de bonnes opinions et 58% de mauvaises, alors que la dirigeante allemande obtient 50% de bonnes opinions et 41% de mauvaises.

David Cameron, le Premier ministre britannique, est connu de 88% des sondés et recueille autant de bonnes que de mauvaises opinions, 44%.

Parmi les deux nouveaux venus, le chef du gouvernement italien Mario Monti est connu de 74% des personnes interrogées et 36% ont une bonne opinion de lui, autant que de mauvaises opinions.

L’Espagnol Mariano Rajoy est le moins connu de ces cinq dirigeants européens (63%). Il recueille 27% d’opinions favorables et 34% d’opinions défavorables.

L’enquête a été réalisée par l’institut de sondage BVA pour le quotidien français 20minutes, en France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie et Espagne, du 20 au 29 février 2011, par internet, sur un échantillon de 4.217 personnes âgées de 15 ans et plus, selon la méthode des quotas.

(AFP)

 

Les « gens modestes »………………….(08/03/2012)

Nicolas Sarkozy, « Homo Miserabilis »

Créé le 08-03-2012 à 13h46 – Mis à jour à 17h14      13 réactions

Nicolas Chapuis

Par Nicolas Chapuis

« Nous sommes des gens modestes », affirme Carla Bruni. Jogging-bière-cigarette, nouveau cocktail magique ?

Nicolas Sarkozy et son épouse, dimanche à Marseille (Sipa/Claude Paris)

Nicolas Sarkozy et son épouse, dimanche à Marseille (Sipa/Claude Paris)

« Toi aussi, réinvente ton Sarkozy ! » Ainsi pourrait s’appeler le jeu auquel se livrent le président et son entourage ces dernières semaines. La dernière création en date est celle du Sarkozy « Homo Miserabilis », l’homme au train de vie « modeste », à deux doigts de la précarité. Nicolas Sarkozy juge sans doute nécessaire cette étape dans le façonnage de son personnage de « candidat du peuple ». On le savait donc protéiforme sur le plan des idées. On découvre un Sarkozy métamorphe, qui pense qu’il peut modeler à sa guise son image, et faire table rase des cinq dernières années en racontant une toute autre histoire.

Coup de poker

Si François Hollande a abattu « son atout charme » avec Valérie Trierweiler, Nicolas Sarkozy a joué lui son « joker misère » en la personne de… Carla Bruni. En deux temps, la première dame a joué la femme du peuple, indignée face aux accusations des journalistes.

Première étape durant l’émission « Des paroles et des actes », mardi soir. Un journaliste du « Monde » suit la femme énamourée en coulisse. Alors que sur scène son mari fait un mea culpa bouleversant sur l’histoire du Fouquet’s, elle s’offusque de l’insistance des journalistes :

Nous sommes des gens modestes. »

La phrase fait le tour des réseaux sociaux et fait la joie des opposants, comme le responsable web du PS :

Le couple Bruni-Sarkozy, avec leur plus de 20 millions d’euros de patrimoine (dont 18 millions pour Carla), et leur hôtel particulier situé juste derrière l’ultraluxueuse Villa Montmorency dans le 16e arrondissement, ne répond pas exactement à la définition des « gens modestes ». Mais la première dame est manifestement persuadée d’emporter l’affaire en enfonçant le clou. Dans les bonnes feuilles d’un livre publiées par « Paris Match » cette semaine, la voilà dépeinte par une amie : « Elle n’est jamais plus heureuse qu’en jogging chez elle, à lire faire sa musique, ou regarder des DVD avec Nicolas. » Carla Bruni ajoute : « Oui finalement c’est ça ma musique, avec une bière et une cigarette. » Jogging-bière-cigarette, une formule magique qui transforme le carrosse en citrouille, et la star en femme modeste.

Carla Bruni décline ensuite ses goûts télévisuels. On sait ainsi qu’elle aime « Plus belle la vie », une série « charmante », qu’elle préfère largement « l’amour est dans le pré » aux autres télé-réalités, pour son côté « humain », « naturel » et « simple » et qu’elle trouve les candidats de Koh-Lanta « admirables » de courage, mais préfère Fort Boyard pour son côté « ludique ». La journaliste Constance Vergara, auteure de « Valérie, Carla, Bernadette, et les autres en campagne » conclut ce passage en disant qu’elle baisse la voix « comme lorsqu’on raconte une histoire à un enfant ».

Conte à dormir debout

Etrange coup de com’. Ridicule aussi. Sur le fond d’abord. Car on comprend bien la volonté sous-jacente de renverser l’image bling-bling qui ne paye pas vraiment en temps de campagne et encore moins en période de crise. Mais le président pense-t-il vraiment que les Français souffrent tous d’anosognosie et qu’un mois de Kro/Gitanes va remplacer cinq années de Rolex/Ray-ban? Et puis est-ce vraiment ce que l’on demande au président de la cinquième puissance du monde? Personne ne s’attend à ce qu’il appartienne à la catégorie des « gens modestes », qu’il prenne le métro pour aller au boulot et qu’il fasse lui même son repassage.

Ridicule sur la forme également. Carla Bruni n’a rien du joker misère. La naïveté des mots employés (« nous sommes des gens modestes ») rappelle d’ailleurs la sortie comique et déconnectée de Christian Estrosi qui qualifiait le Fouquet’s de « brasserie populaire ».

L’accueil plutôt froid de la sortie de sa femme a dû échauder le président. Ce matin, sur RMC, il concédait qu’on ne peut pas être le candidat du peuple « en faisant croire aux gens qu’on vit leur vie ». Il répondait à une question de Jean-Jacques Bourdin sur Nathalie Kosciusko-Morizet, sa porte parole, qui ne connait pas le prix du ticket de métro parisien. Elle l’estimait à 4 euros alors qu’il est à 1,70 euro. Ce qui reste tout de même une sacrée somme. Pour les gens modestes.

 

Nicolas Chapuis

Par Nicolas Chapuis

La bronca de Bayonne…………..(02/03/2012)

Le jour où Sarkozy a oublié qu’il était impopulaire

Créé le 02-03-2012 à 12h40 – Mis à jour à 15h28      86 réactions

Serge Raffy

Par Serge Raffy

Notre éditorialiste Serge Raffy revient sur la visite mouvementée de Nicolas Sarkozy à Bayonne.

 (Sebastien LAPEYRERE / MAXPPP)

(Sebastien LAPEYRERE / MAXPPP)

Il croyait, depuis son bunker élyséen, que les Français étaient des gentils supporters de la Star Ac politique, prêts à applaudir la moindre sortie du génie de la com. Ce Président si sûr de lui était en fait un homme surprotégé, vivant dans une bulle. Il gambadait dans un monde virtuel, sûr de sa toute-puissance, entouré de courtisans mielleux. La Cour lui répétait que son inimitable talent télévisuel allait balayer les derniers doutes.

Or, ce Président, dorloté par un entourage timoré, ne connaissait la France qu’à travers des réunions calibrées au millimètre pour que jamais le moindre son hostile ne parvienne à ses oreilles. Une France rêvée, avec cordons de CRS, préfets tremblant de peur, salles à huis clos. Le contraire de la rue. Ah, la rue ! L’esprit de la Commune, comme dirait Jean-Luc Mélenchon. Avec son côté fourmillant, gouailleux, populaire, où les invectives et les acclamations se télescopent dans un joyeux brouhaha.

Terrible constat

Ce prince du CAC 40, lui, n‘avait droit qu’à une seule musique, celle de sa propre voix, cette voix qu’il allait chercher dans les graves, pour faire Président et donner le sentiment qu’il maîtrisait son sujet… Mais, hélas, pas « ses sujets ». C’est qui ces Français qui braillent, découvre-t-il, dans les venelles de Bayonne ? Mais d’où sortent-ils ? Ils n’étaient donc pas des « invisibles », des « assistés », des planqués ? Personne ne lui avait avoué que ces Français en colère, très majoritaires dans le pays, étaient des êtres de chair et de sang, vociférant leur rejet sans ménagement pour la fonction présidentielle. Le roi, brutalement réveillé par ce chahut basque, a perdu les pédales et accusé François Hollande de préparer « l’épuration ». Pourquoi pas aussi la déportation ? Ce pétage de plombs d’un candidat toujours en poste à l’Elysée est révélateur de l’électrochoc qu’il vient de subir.

Terrible constat : il ne connaît plus le pays qu’il dirige. Ses thuriféraires l’avaient tellement noyé sous un onguent de flatteries en tout genres qu’il avait négligé l’incroyable impopularité qui le touche. L’incident de Bayonne ne va sans doute pas se reproduire. Finis les petits bains de foule. Nicolas Sarkozy ne va plus jouer les promeneurs solitaires, les présidents accessibles, à la scandinave, allant à la rencontre du bon peuple. Les risques sont désormais trop grands.

Il va reprendre le chemin du one man show, de l’estrade télévisuelle, des escouades de gardes du corps, de meetings plus verrouillés qu’un coffre-fort suisse, et de son cortège de flatteurs qui continueront de lui tendre le miroir de la France forte, sans syndicats, sans socialistes, sans Basques, sans SDF. Un pays sorti tout droit de l’imaginaire du parvis de la Défense, dans les Hauts-de-Seine, son fief, son ADN, où vivent les gens de la tribu du CAC 40. C’est quoi, tous ces Français qui se prennent pour Gavroche ? Ah, le monde irait bien mieux s’il n’y avait que des shows télévisés, cadrés, formatés, sous contrôle…La vraie vie, quoi…

Serge Raffy

Serge Raffy

Par Serge Raffy

Mais c’est qu’il est aimé le Sarko………………….(02/03/2012)

Mais c'est qu'il est aimé le Sarko......................(02/03/2012) dans LA VIE EN SARKOZIE

Présidentielle 2012

Politiques Aujourd’hui à 0h00

A Bayonne, Sarkozy se met en pelote

Nicolas Sarkozy est protégé par des des policiers en civils alors que des manifestants bayonnais le chahutent.

Nicolas Sarkozy est protégé par des des policiers en civils alors que des manifestants bayonnais le chahutent. (REUTERS)

REPORTAGELors d’une visite mouvementée au Pays basque, hier, le chef de l’Etat a dérapé, accusant Hollande de préparer une «épuration».

Par GRÉGOIRE BISEAU

Il est 16 h 40. Et le petit café du Palais, dans le cœur du Bayonne historique, a des allures de bunker assiégé. Dehors, des CRS tentent de repousser quelques centaines de manifestants à coups de matraque. Dedans, Nicolas Sarkozy tient une conférence improvisée dans une ambiance surchauffée. On entend les sifflets de la rue. Des œufs viennent s’écraser sur la vitrine du café. Et le président-candidat tape. Contre les «voyous», les «militants socialistes qui s’associent à des indépendantistes dans des manifestations de violence pour terroriser les braves gens qui n’avaient qu’une envie : venir me rencontrer». Et puis c’est la charge contre le candidat socialiste. Violente. «Monsieur Hollande a annoncé l’épuration, s’il était élu, de tous les magistrats, de tous les fonctionnaires et de tous les ambassadeurs qui ne pensent pas comme eux, forcément, ça échauffe les esprits des gens à la base.»«Si c’est cela la conception de la démocratie, alors le débat doit vraiment s’engager car on n’en a pas la même.» Sarkozy fait référence à une déclaration de Hollande, le 19 février, l’accusant d’avoir mis en place «un Etat UMP» et avertissant que les hauts fonctionnaires qui «sont liés à ce système auront forcément à laisser la place à d’autres».

Bronca

En fait, le déplacement de quelques heures dans le Pays basque, qui devait être une simple déambulation à la rencontre des Français, fut un pénible chemin de croix d’une demi-heure dans les ruelles de Bayonne, sous les huées et les sifflets. Jusqu’au premier dérapage de la campagne.

Sarkozy aurait peut-être dû se méfier du tempérament basque. En début d’après-midi, il visite l’exploitation agricole de Philippe et Christine Saint-Esteven. Ils gagnent un Smic à deux. Et disent avoir «de plus en plus de mal à survivre». Elle est bien décidée à le faire comprendre au président-candidat. «Des heures il y en a, on n’est pas à 35 heures», lâche-t-elle. Sarkozy : «Moi, non plus.» L’agricultrice : «Oui, mais on n’a pas le même salaire.» Sarkozy : «Mais, moi je ne suis pas propriétaire de 45 hectares.» Elle encore : «On n’a pas la même chose en banque.» Le candidat est piqué au vif. Mais garde sa bonne humeur. Une demi-heure plus tard, elle aura totalement disparu.

Il est 15 h 40 quand la voiture du Président s’arrête sur le long de la Nive, dans le centre de Bayonne. Plusieurs centaines de badauds attendent gentiment. Mais, une fois Nicolas Sarkozy sorti de sa voiture, une bronca de sifflets se lève. Sidération générale. Le comité d’accueil est constitué presque exclusivement d’opposants : des supporteurs de la cause basque, des indépendantistes, des militants socialistes, quelques badauds… Beaucoup de jeunes, des étudiants mais aussi des lycéens. On agite quelques programmes du PS. On jette en l’air des tracts pour une collectivité territoriale basque… Et puis on siffle. On crie.

Panique

Le cortège se met en branle. Et, à l’intérieur des ruelles étroites du centre-ville, les huées résonnent encore plus fort. Les quelques «Nicolas, président» sont immédiatement recouverts. «Retourne chez Bolloré», crie un homme d’une vingtaine d’années. «Casse-toi pauvre con !»«Dehors !»«Ne lui marchez pas dessus !». Dans le cortège, les rares militants UMP sont noyés. Et outrés. «Allez voir en Espagne, bande d’inconscients», crie un homme à moustache, venu applaudir son candidat. «Son bilan est nul. Aujourd’hui c’est le jugement du peuple», lui répond un jeune manifestant. Deux lycéens, sac à dos sur l’épaule, sont ravis de vivre ce moment de défoulement. Le premier a été alerté par Facebook, le second par un copain. Ils ne sont pas franchement politisés, mais contents d’en être. Nicolas Sarkozy s’arrête à une première boutique. Deux minutes plus tard, il sort sous les sifflets. Deuxième boutique. Les visages de la délégation se tendent. Sentiment de panique. Tentative de marche arrière. Le cortège hésite, puis repart sur un rythme soutenu. Les quolibets redoublent.

Il est 16 heures quand Nicolas Sarkozy s’engouffre dans le petit café du Palais pour y rencontrer quelques Français triés sur le volet. Dehors, ils sont un petit millier de manifestants. Une longue banderole a été suspendue sur une façade : «Sarkozy, c’est travailler sept jours sur sept jusqu’à 77 ans. Y a bon la croissance.» Une pancarte «ouf c’est la fin». Une autre tenue par une fillette hissée sur les épaules de son papa. «Va-t’en, c’est pas ton job.» La petite foule crie «Dégage Nicolas, dégage Nicolas». Militante UMP, Evelyne, la cinquantaine, est là avec sa fille. Elle tente un «Nicolas président», très vite enseveli. «On n’est pas comme le PS qui ne sait que hurler et agresser.» Petite accalmie. Gérard, «profondément anti-Sarkozy», n’apprécie pas l’ambiance. «Il faut être élégant, fair-play. Moi, je respecte la fonction. C’est cela la vraie démocratie.» Les Basques ? «Ils ont un côté un peu excités.»

«Indigne». Il est 16 h 15. Les CRS arrivent sous les sifflets. Il faut sortir le candidat de ce traquenard. Ils repoussent une première fois les manifestants. Les huées redoublent. C’est viril, mais sans violence. Nouvel escadron, cette fois casqué et armé de boucliers. Les sifflets poursuivent. Les premiers coups de matraque pleuvent et s’arrêtent vite. «La société civile, c’est nous», crie un manifestant. Le petit clan des militants UMP est massé contre les vitres du café. «J’ai honte pour mon pays. Ils ne respectent rien. C’est indigne», lâche Myriam. Une nouvelle charge de CRS. Véronique, la quarantaine, seize ans de militantisme à droite hurle : «Tapez-leur sur la tête, ils ne savent même pas pourquoi ils sont là !» Une jeune grand-mère s’approche. Elle est scandalisée, mais pas pour les mêmes raisons. «En début d’après-midi, j’étais décidée à aller à sa rencontre, mais j’ai été refoulée.» Elle nous remet une lettre pour le Président : elle s’inquiète du prix de l’immobilier, du gaspillage des collectivités locales…

Une centaine de CRS sont maintenant déployés. Les coups de matraque reprennent. Un corridor se forme pour exfiltrer Nicolas Sarkozy. Il est 16 h 40. On fait rentrer les journalistes dans le café pour la conférence de presse improvisée. «Ici nous sommes en France, sur le territoire de la République française. Et si cela ne plaît pas à une minorité de voyous, ils devront s’y faire.»«Je n’accepterai pas qu’une infime minorité saccage une ville.» Des œufs s’écrasent contre la vitre du café. «Je me serais inquiété si j’avais été bien accueilli par des gens proches d’ETA, que j’ai combattu toute ma vie.» Il est l’heure d’exfiltrer le Président jusqu’à sa voiture. Il est 17 h 05. Dix minutes plus tard, le calme est revenu. Pas une vitrine n’a été endommagée. Un manifestant, hilare

Ca ne s’invente pas…………….(01/03/2012)

Nadine Morano, l’usine et les figurants

Créé le 29-02-2012 à 18h38 – Mis à jour le 01-03-2012 à 08h40      35 réactions

Le Nouvel Observateur

Par Le Nouvel Observateur

Selon « Le Canard enchaîné », la ministre de l’Apprentissage a demandé à ce que des ouvriers restent plus longtemps lors d’une visite d’usine.

Nadine Morano, ministre de l'Apprentissage GUMEZ/SIPA

Nadine Morano, ministre de l’Apprentissage GUMEZ/SIPA

Selon « Le Canard enchaîné », Nadine Morano, ministre de l’Apprentissage, aurait demandé à ce que des ouvriers restent plus longtemps lors d’une de ses visites dans une usine en Lorraine.

La scène a lieu lundi 27 février. Nadine Morano visite l’usine de la Société des Aciers d’armature pour le béton (SAM) près de Neuves-Maisons (Meurthe-et-Moselle) en compagnie de Pierre Lellouche, secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur. Manque de bol, la ministre est informée peu avant son arrivée que l’usine tourne au ralenti et que le personnel est en congés. En effet, le lundi, c’est le jour de l’entretien des laminoirs.

Désappointée, Nadine Morano passe un coup de fil à la direction de l’usine. Le refus est net. La ministre de l’Apprentissage décide alors d’appeler le préfet de Meurthe-et-Moselle. Ce dernier aurait alors passé un coup de fil à la direction de la SAM afin que des ouvriers soient mobilisés. Au total, 50 agents d’entretiens, qui devaient terminer à 14h, ont fait des heures supplémentaires pour regarder passer les deux ministres en blouse de travail et casques de chantier.

 

Le Nouvel Observateur

Par Le Nouvel Observateur

Comment Badinguet fait du neuf avec du vieux………………………..(25/02/2012)

Miracle à Lille : Nicolas Sarkozy ressuscite Rachida Dati

Réunion publique avec Nicolas SArkozy, à Tourcoing, le 23 février 2012.

Réunion publique avec Nicolas SArkozy, à Tourcoing, le 23 février 2012. (Photo Laurent Troude)

reportage Dans le fief de Martine Aubry, le candidat de l’UMP a rejoué 2007, avec le même thème, le travail, et les mêmes acteurs.

Par ALAIN AUFFRAY envoyé spécial à Lille

On efface tout et on refait pareil, comme en 2007. Voici donc Rachida Dati qui s’avance sur la scène du Grand Palais de Lille. Dans la salle comble – près de 10 000 participants -, beaucoup n’en croient pas leurs yeux. L’icône de la dernière campagne est là, devant eux, celle-là même qui, depuis des mois, explique à qui veut l’entendre que le Premier ministre, qui se présente dans son fief parisien, est un homme sans courage. «Il faut bien se rassembler : pour gagner, on doit tout pardonner», se résigne, un peu amer, un militant UMP de Roubaix (Nord). Le pardon, il aimerait bien qu’il s’applique aussi au député homophobe Christian Vanneste, qui a dit «des choses exactes, mais ce n’était pas le moment de le dire».

Slogan. Cette réhabilitation spectaculaire de Rachida-la-Scandaleuse ne risque-t-elle pas de troubler les bons soldats de la droite ? «En campagne, tout est possible, on en a vu d’autres», philosophe un dirigeant de l’UMP qui rappelle qu’en avril 2007 Sarkozy avait été capable de faire monter à la tribune de son meeting de Dijon le transfuge du PS Eric Besson.

Rassemblement oblige, c’est sous les acclamations que Rachida Dati ressert le slogan victorieux d’il y a cinq ans, parlant d’une «France forte où tout doit rester possible, quelles que soient votre condition ou votre origine».«Ici on n’a pas peur, la France forte c’est vous ! Je vous ressemble !» s’est emballée la maire du VIIe, sans négliger de proclamer que «le temps est venu de mettre fin aux 35 heures», figure obligée dans le fief de Martine Aubry.

Plus que jamais «candidat du peuple», c’est à bord d’un TGV que Sarkozy a choisi de monter vers le Nord. Outre Dati, il est accompagné de Xavier Bertrand, l’autre porte-parole de 2007, et de celle de 2012, Nathalie Kosciusko-Morizet. Première étape, c’est au centre de formation des apprentis de Tourcoing que Nicolas Sarkozy a déroulé ses propositions dévoilées la veille sur France 2. Oui au travail et non à l’assistanat, coup de pouce aux bas salaires et coup de frein aux excès des patrons : il ne se lasse pas de faire admirer ses généreux principes. Devant une poignée d’apprentis prothésistes, fleuristes et esthéticiennes, et leurs maîtres de stage, il vante les atouts de la filière professionnelle : «Vous avez choisi une voie d’excellence, vous allez vous réaliser, c’est formidable […].Je suis content de vous voir, vous êtes tous des gens passionnés.»

Il regrette que la France ne donne pas leur chance aux jeunes. Pour illustrer les mérites de l’orientation précoce, le président-candidat prend, dans un échange à bâtons rompus, quelques exemples édifiants : «Moi, j’ai été élu la première fois à 21 ans, ça ne m’a pas empêché de faire carrière […]. A la basilique Saint-Pierre, à droite en entrant, il y a la plus belle sculpture du monde, la Pietà : il avait 20 ans, Michel-Ange, Mozart aussi a fait une belle carrière, et Rimbaud…»«Faites, faites, faites, allez au bout du miracle», conclut Sarkozy devant des apprentis étourdis par cet improbable coaching.

Salves. Un peu plus tard, c’est «à la France qui travaille» que le candidat dédie son discours du jour. Comme à Marseille dimanche, il conclut sur une supplique de tragédie : «Peuple de France, Françaises, Français, aidez-moi, aidez-moi à construire une France plus forte.» Son adversaire socialiste en prend pour son grade. Des insultes ? Pas lui. Il se contente de citer in extenso, avec gourmandise, les féroces salves anti-Hollande proférées par Royal et Fabius pendant la primaire.

Comme en 2007, Sarkozy se fait l’apologiste de «cette France qui veut vivre de son travail». Il en sera, le «porte-parole». Et, puisque «persistent», après un quinquennat de réformes, «les excès de la finance et les abus de l’assistanat», il propose, sous les acclamations, le recours au référendum : «Vous serez, peuple de France, le garant de mes engagements.» Dans le Grand Palais de Lille, le peuple UMP est emballé.

Borloo se vend toujours au plus offrant…………………(20/02/2012)

Borloo à Veolia : l’accord secret Proglio-Sarkozy

EXCLUSIFComment le PDG d’EDF et le chef de l’Etat s’activent pour parachuter l’ex-ministre à la tête du géant de l’environnement.

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Par Éric Decouty

Borloo se vend toujours au plus offrant.....................(20/02/2012) dans LA VIE EN SARKOZIE

Le président Nicolas Sarkozy et le patron d’EDF Henri Proglio à l’île de la Réunion le 19 janvier 2010. (© AFP Gerard Cerles)

Entre le grand patron et le Président ce n’était qu’un petit arrangement entre amis. Un donnant-donnant destiné à préserver les intérêts de chacun à la veille de l’élection présidentielle et d’un conseil d’administration décisif. Nicolas Sarkozy et Henri Proglio, le PDG d’EDF, tenaient simplement à ce que leur deal soit frappé du sceau du secret. Au point que même Xavier Musca, le secrétaire général de l’Elysée semble avoir été tenu à l’écart de la «transaction»…

Les faits sont simples. En début de semaine dernière, Nicolas Sarkozy et Henri Proglio se seraient entendus pour qu’Antoine Frérot, le PDG de Veolia, soit débarqué de la société spécialisée dans l’eau, le traitement des déchets et les transports et remplacé par Jean-Louis Borloo, l’ancien ministre de l’Environnement et président du Parti radical. Ils ont même envisagé que l’affaire soit conclue le 29 février lors du conseil d’administration de Veolia. Proglio comptait ainsi reprendre la main sur son ancienne entreprise, et Sarkozy espérait bien gagner en retour le soutien public du leader du Parti radical.

Si les termes de l’accord paraissent simples, les coulisses sont beaucoup plus complexes. Proglio, tout d’abord. Longtemps patron de Veolia, il tente d’en garder les commandes lors de sa nomination à la tête d’EDF, fin 2009, grâce d’ailleurs au soutien actif de Jean-Louis Borloo, ministre de l’Environnement. Sa double casquette et sa double rémunération ne résistent cependant pas à la polémique, et un an plus tard l’ami du Président, un des principaux convives du Fouquet’s, doit céder la présidence de Veolia à son lieutenant Antoine Frérot. Dès lors les relations entre les deux hommes ne vont cesser de se détériorer. Toujours administrateur, Proglio qui connaît tout d’une entreprise qu’il a modelée, va très vite contester la gestion de son successeur. Frérot, lui, se met en tête de solder le passé et de régler progressivement certains dossiers encombrants laissés par son prédécesseur. La rupture est consommée et, au moment où le groupe des services à l’environnement pourrait afficher 200 millions d’euros de perte, Henri Proglio choisit d’organiser l’éviction d’Antoine Frérot.

sauvetage. Restent les moyens d’y parvenir. Le PDG d’EDF va alors user de son amitié avec Nicolas Sarkozy et Jean-Louis Borloo en même temps que des intérêts stratégiques du président-candidat. Selon nos informations, le dimanche 12 février Proglio et Sarkozy se rencontrent discrètement à l’Elysée. L’objet de la discussion porte sur le sauvetage par EDF de la société Photowatt, l’entreprise de panneaux solaires installée à Bourgoin-Jallieu dans l’Isère. Henri Proglio s’est un peu fait tirer l’oreille pour racheter la société et reprendre près de 350 salariés avant de céder devant l’insistance du chef de l’Etat. Mais ce dimanche, la discussion entre les deux hommes a tôt fait de glisser sur le «cas Borloo». La réaction de l’ancien ministre de l’Environnement à l’interview du président de la République sur «les valeurs» dans le Figaro Magazine, n’est pas passé inaperçue. Borloo s’est clairement dit en désaccord avec le refus de Nicolas Sarkozy de se prononcer en faveur du mariage gay. Il s’est également déclaré hostile à tout référendum sur le chômage ou l’immigration. «Moi je ne suis pas d’accord», a-t-il dit devant une poignée d’élus de la majorité dans le Nord. Nicolas Sarkozy et Henri Proglio évoquent alors clairement le nom de Jean-Louis Borloo pour prendre la présidence de Veolia, histoire de se «réconcilier» avec un ami.

Mais l’histoire semble s’être vraiment jouée le mardi 14 février, dans l’avion. Proglio et Sarkozy viennent de sceller publiquement la reprise de Photowatt. L’entreprise iséroise est sauvée et Proglio entend bien remettre le dossier Veolia sur le tapis. En substance le patron d’EDF propose à Nicolas Sarkozy d’organiser une offensive visant à convaincre un certain nombre d’administrateurs de retirer le pouvoir à Antoine Frérot. Plus concrètement Henri Proglio compte demander la révocation du PDG de Veolia, lors du conseil d’administration du 29 février et faire nommer dans la foulée Jean-Louis Borloo. Dans l’avion du retour de Bourgoin, Proglio plaide auprès de Sarkozy pour un soutien des actionnaires qataris, qui détiennent 5% du capital. Le président de la République a-t-il téléphoné «à ses amis du Qatar, qui ne peuvent rien lui refuser, dès le jeudi», comme l’affirment certaines sources proches du dossier ? Nulle confirmation ne nous a été apportée. En revanche, les derniers jours de la semaine dernière ont donné lieu à un important lobbying pour convaincre les administrateurs du groupe d’environnement. Alain Minc, proche de Nicolas Sarkozy, aurait au passage été contacté pour «faciliter un certain nombre de rendez-vous.» Toujours selon nos informations, recoupées, au moins cinq membres du conseil d’administration, parfaitement identifiés, auraient rencontré Jean-Louis Borloo, jeudi et vendredi dernier. Parmi eux, Augustin de Romanet, soutien dévoué qui fut son directeur de cabinet au ministère de l’Emploi en 2004.

Sollicités par Libération, plusieurs de ces administrateurs ont confirmé ces rendez-vous, et au moins un d’entre eux aurait exprimé ses plus «froides réserves» quant à «l’opération Borloo.» Reste que ces «rencontres», plus ou moins discrètes, ont largement permis d’éventer le secret, un administrateur étant même convié par Jean-Louis Borloo, vendredi après-midi au siège du Parti radical…

Nul des principaux acteurs de l’affaire ne veut pour autant confirmer les faits. Henri Proglio n’a pas donné suite à notre appel, et Alain Minc s’est contenté de nous répondre qu’on «ne prêtait qu’aux riches». En revanche Jean-Louis Borloo a accepté de s’exprimer plus longuement. S’il dit «tout ignorer» d’éventuels accords entre Nicolas Sarkozy et Henri Proglio, il ne conteste pas certaines rencontres avec des «gens de Veolia». «La seule chose que je peux vous affirmer, dit Borloo, c’est qu’actuellement je suis chassé par deux grands groupes internationaux qui ne sont pas Veolia. Et avec eux, les contacts sont très avancés.» Est-il malgré tout intéressé par la direction du groupe d’environnement ? «C’est une société que je connais bien en tant qu’ancien ministre. Ils connaissent des difficultés et si j’en crois ce qui se dit, il y a un certain nombre d’actionnaires qui pensent que le groupe a besoin d’un calibre à sa tête». Serait-il ce calibre ? Silence !

confidence. Quant à la main de l’Elysée derrière son éventuelle nomination : «Vous voulez rire ? C’est un groupe avec des procédures strictes. Les choses ne se font pas comme ça.» Jean-Louis Borloo réfute également tout marchandage de son soutien à Nicolas Sarkozy et glisse une confidence… «J’ai dit ce que j’avais à dire l’autre jour sur les valeurs. Maintenant, le Parti radical se situe évidemment plutôt dans une famille que dans l’autre…» Bref Nicolas Sarkozy n’a guère de craintes à avoir.

«L’affaire Veolia», quelle que soit son issue pourrait-elle marquer la fin de la carrière politique de Borloo ? «J’ai déjà dit que je ne serai plus ministre. Aujourd’hui, je m’apprête à passer à autre chose.» Une affirmation qui fait rire un de ses amis très proche : «Evidemment qu’il va continuer la politique !»

Enfin, l’entourage du chef de l’Etat, mobilisé hier, par le meeting de Marseille n’a pas donné suite à nos appels.

Publié dans:LA VIE EN SARKOZIE, Politique |on 20 février, 2012 |Pas de commentaires »
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