Archive pour la catégorie 'LA VIE EN SARKOZYE'

L’édito de Paul Quinio………………..(1/03/2012)

Politiques Aujourd’hui à 0h00

Entorse

Par Paul Quinio

Chut, surtout, ne le répétez pas, en tout cas pas trop fort. Le candidat Nicolas Sarkozy renonce à l’une des mesures les plus emblématiques du quinquennat du président Nicolas Sarkozy : le non-renouvellement d’un poste sur deux de fonctionnaires partant à la retraite. Dans toute la fonction publique ? On se calme. Dans les écoles maternelles et élémentaires seulement. Seulement ? C’est déjà un changement majeur, passé un peu inaperçu puisque le candidat de l’UMP, mardi à Montpellier, a zappé le passage de son discours qui actait cette grosse entorse au dogme sarkozyste de réduction des effectifs dans la fonction publique. Un bel acte manqué ? Qu’importe. Son entourage a confirmé la décision. Il faut donc saluer la capacité de Nicolas Sarkozy à changer d’avis… quand il évolue dans la bonne direction sur un sujet majeur : l’avenir de l’école. Et quitte à ce qu’il renonce à sa néfaste règle de deux, autant que le candidat Sarkozy commence par le début. Car c’est une évidence qu’en matière d’échec scolaire, beaucoup, sinon tout, se joue dans les premières années de la scolarité. Un bémol à ce bulletin scolaire plutôt encourageant : il faudra vérifier que cette mansuétude à l’égard des écoliers ne pénalisera pas davantage les collégiens et les lycéens. Nicolas Sarkozy aura aussi du mal à convaincre les parents et les enseignants, ce qui fait beaucoup d’électeurs, qu’il n’aurait pas pu avoir cette bonne idée plus tôt.

Une claque de plus, une…………………(29/02/2012)

La loi punissant la négation des génocides retoquée par les Sages

Créé le 28-02-2012 à 17h32 – Mis à jour à 22h46      20 réactions

Le Nouvel Observateur avec AFP

Par Le Nouvel Observateur avec AFP

Nicolas Sarkozy a aussitôt demandé un nouveau texte au gouvernement.

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L'entrée du Conseil constitutionnel à Paris THOMAS SAMSON / AFP

L’entrée du Conseil constitutionnel à Paris THOMAS SAMSON / AFP

Nicolas Sarkozy a chargé le gouvernement de préparer un nouveau texte prenant en compte la décision de censure du Conseil constitutionnel sur la loi punissant la contestation du génocide arménien en 1915, a annoncé mardi l’Elysée.

« Le président de la République a pris acte de la décision » et « mesure l’immense déception et la profonde tristesse de tous ceux qui avaient accueilli avec reconnaissance et espoir l’adoption de cette loi destinée à les protéger contre le négationnisme », indique un communiqué de la présidence. Nicolas Sarkozy « a chargé le gouvernement de préparer un nouveau texte, prenant en compte la décision du Conseil constitutionnel », ajoute-t-il.

Anticonstitutionnalité

Le Conseil constitutionnel a censuré mardi 28 février la loi punissant la contestation du génocide arménien en 1915, à l’origine d’une brouille entre Paris et Ankara, jugeant qu’elle était contraire à la liberté d’expression, a annoncé la juridiction dans un communiqué.

« Le Conseil a jugé qu’en réprimant la contestation de l’existence et de la qualification juridique de crimes qu’il aurait lui-même reconnus et qualifiés comme tels, le législateur a porté une atteinte inconstitutionnelle à l’exercice de la liberté d’expression et de communication », selon ce communiqué consultable sur le site du Conseil constitutionnel.

La loi, définitivement adoptée par le Parlement le 23 janvier, était soutenue par le président Nicolas Sarkozy, candidat à un second mandat à l’Elysée, qui avait promis le 1er février un nouveau texte en cas de censure constitutionnelle.

« Montée de l’islamophobie »

Portée à l’Assemblée en décembre par une députée UMP de Marseille, où vit une forte communauté arménienne, elle avait déclenché la colère des Turcs, leur Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, y voyant « une montée de l’islamophobie et du racisme en Europe ».

Au terme de la loi, toute négation publique d’un génocide reconnu par la loi française était érigé en délit punissable d’un an de prison et de 45.000 euros d’amende. La France reconnaît deux génocides, celui des Juifs pendant la Seconde guerre mondiale et celui des Arméniens, mais ne punit jusqu’à présent que la négation du premier.

Les membres du Conseil constitutionnel, saisis par des députés et sénateurs de tous bords contestant le texte, ont estimé en substance qu’une loi peut réprimer les abus de l’exercice de la liberté d’expression – c’est le principe de la loi Gayssot de 1990 contre l’antisémitisme et la négation de la Shoah -, mais pas l’exercice de cette liberté lui-même.

Le Nouvel Observateur avec AFP

Par Le Nouvel Observateur avec AFP

Une claque de plus, une.....................(29/02/2012) dans CULTURE

Publié dans:CULTURE, LA VIE EN SARKOZYE, Politique |on 29 février, 2012 |Pas de commentaires »

Badinguet tel qu’en lui-même……………..(27/02/2012)

Le réveil politique : la « vraie vie » de Nicolas Sarkozy

Créé le 27-02-2012 à 10h04 – Mis à jour à 12h39      23 réactions

Baptiste Legrand

Par Baptiste Legrand

Ce matin, Nicolas Sarkozy est mort et ressuscité. Mais c’est aussi un guerrier et un « Artist ». Qui dispose d’une « vraie Timeline », pas très glorieuse.

lavraietimeline.fr

lavraietimeline.fr

Nicolas Sarkozy est mort !

Qu’on se rassure, l’UMP ne devra pas changer de candidat: le président de la République va bien. Mais le site dédié au piratage informatique Zataz.com rapporte qu’une fausse dépêche AFP, annonçant la mort de Nicolas Sarkozy dans un accident de la route, a été publiée sur le site d’information « Midi Presse ». L’auteur du piratage raconte.

Comme il fallait s’y attendre, cette info bidon a suscité une avalanche de commentaires sur Twitter. Nous aurions aimé reproduire ici un tweet drôle ou subtil, mais nous cherchons encore.

Les férus de politique-fiction, qui trouveraient amusant le scénario d’un décès de Nicolas Sarkozy, peuvent aussi lire le roman de Pierre Maraval, « Le président est mort » (éditions Hugo&Cie).

Nicolas Sarkozy est un guerrier

Bref, le président de la République est en pleine forme. Et il l’a prouvé ce matin sur RTL. Interrogé sur ses amis du Fouquet’s, Nicolas Sarkozy a contre-attaqué en visant François Hollande:

C’est moi qui suis l’ami de M. Bergé, propriétaire du Monde, financier revendiqué de François Hollande, de M. Pigasse, richissime, mettant l’ensemble de ses moyens au service de M. Strauss Kahn d’abord, puis de M. Hollande? »

Et visant sans la nommer la compagne du candidat socialiste, Valérie Trierweiler, il ajoute:

Est-ce moi qui travaille dans le groupe de M. Bolloré? Personne n’a d’émission dans le groupe Bolloré ? Est-ce que le fait de travailler dans le groupe de M. Bolloré crée un sentiment de dépendance du candidat socialiste à l’endroit de M. Bolloré ? Réponse: non. Je ne lui ferai pas ce procès, j’aimerais qu’on ne me le fasse pas à moi non plus ».
Nicolas Sarkozy, lundi matin sur RTL : « Est-ce… par rtl-fr

Nicolas Sarkozy et sa « vraie Timeline »

Pile ou face ? On connaissait la nouvelle page Facebook de Nicolas Sarkozy, sa « Timeline » en forme de panégyrique et ses silences pudiques sur tout ce qui pourrait gêner aux entournures. Voici ce matin la propagande inverse, « La vraie Timeline », qui met en valeur la liste de ses échecs et des petits arrangements entre amis. C’est le collectif « Humour de droite » qui divulgue son existence sur son compte Twitter.

A quoi ressemble la page ? Le moteur de recherche donne le ton: « Ne cherchez pas, j’ai tout censuré. » Puis les commentaires anti-Sarko sont fondés sur des événements réels.

Extraits :

« 1976 – Etudiant à Nanterre, j’adhère au RPR de Jacques Chirac. Je suis un peu le Benjamin Lancar de l’époque, mais l’état balbutiant des technologies de l’information et de la communication me permet d’être beaucoup moins ridicule. »

Badinguet tel qu'en lui-même.................(27/02/2012) dans LA VIE EN SARKOZYE 3158657

« 7 mai 2007 – Je pars me reposer quelques jours sur le yacht de mon ami Vincent Bolloré, à bord du jet de mon ami Vincent Bolloré, choquant les Français. Oh oui, j’avais parlé d’une retraite dans un monastère, mais j’en ai trouvé aucun équipé d’un jaccuzi. Le ton est donné, mon mandat sera bling bling ! »

« 30 octobre 2007 – Voilà de quoi me remonter le moral, alors que Cécilia vient de partir pour de bon : l’Assemblée vote mon augmentation de 172%, ‘parce que je le vaux bien’. »

« 21 novembre 2011 – Surprise ! Je suis contre le droit de vote des étrangers. J’affirme que le droit de vote est indissociable de la nationalité, contrairement à ce que j’ai dit régulièrement depuis 2001. »

« 29 janvier 2012 – Dans une interview diffusée sur toutes les chaînes de l’ORTF, j’annonce entre autres une ‘TVA anti-délocalisations‘, se traduisant par une hausse de 19,6 à 21,2% du taux normal. J’avais pourtant affirmé quelques mois auparavant que jamais je n’augmenterais la TVA, car ce serait terriblement injuste. »

Bon, on ne peut pas dire que « La vraie Timeline » fasse dans la nuance. Mais elle a le mérite de nous faire sourire… et réfléchir.

« The artist » de la politique

Un homme politique est forcément un peu acteur. Nicolas Sarkozy, comme les autres. Le président de la République a donc commenté en connaisseur le triomphe de « The Artist », ce matin sur RTL:

J’ai bien sûr adoré. (…) Si ça pouvait donner l’idée de voir Capra, Lubitsch, le cinéma italien… »

Quand à Jean Dujardin, il est « fantastique » aussi « parce qu’on comprend très bien son anglais », poursuit Nicolas Sarkozy, qui parle mal la langue de Shakespeare. « On a envie de parler anglais avec lui parce qu’on comprend absolument tout. »
Sur RTL, Nicolas Sarkozy salue le succès de « The… par rtl-fr

 

Baptiste Legrand

Baptiste Legrand

Par Baptiste Legrand

Ou comment faire du neuf avec du vieux…………………….(23/02/2012)

Ou comment faire du neuf avec du vieux.........................(23/02/2012) dans LA VIE EN SARKOZYE

Présidentielle 2012

 

Politiques Hier à 20h46 (Mis à jour aujourd’hui à 1h26)

Sarkozy: séance de rattrapage sur la TVA sociale

Nicolas Sarkozy (d) est interrogé par David Pujadas sur le plateau du JT de France 2, le 22 février 2012

Nicolas Sarkozy (d) est interrogé par David Pujadas sur le plateau du JT de France 2, le 22 février 2012 (Photo AFP

décryptageRéforme de la prime pour l’emploi, regrets timides sur le Fouquet’s ou mesure pour limiter les salaires des hauts dirigeants: décryptage des principales annonces du président mercredi sur France 2.

Par LUC PEILLON, FLORENT LATRIVE

Un sortie contre «l’assistanat», un tacle contre les rémunération des «hauts dirigeants» et une once de confession: le président Nicolas Sarkozy a encore peaufiné son image de candidat mercredi soir lors du JT de France 2. Principales déclarations et éléments de contexte.

Réforme de la Prime pour l’emploi

Ce qu’il a dit: Nicolas Sarkozy a affirmé mercredi sur France 2 qu’il voulait «réformer complètement» la prime pour l’emploi (PPE), en se servant des sommes qui lui sont actuellement consacrées -auxquelles serait ajouté 1,5 milliards d’euros d’augmentation de la fiscalité sur les dividendes- pour alléger les charges sur les bas salaires, entre 1.200 et 1.400 euros nets par mois. Selon le candidat, cela devrait permettre «à 7 millions» de salariés, dont le salaire est situé entre 1 et 1,2 Smic (de 1.200 à 1.400 euros nets par mois) de «gagner 1.000 euros par an en plus». «On supprime des charges sur leurs salaires pour augmenter leur salaire» car «le travail doit être davantage récompensé que l’assistanat», a-t-il poursuivi.

Décryptage: En réalité, la mesure s’apparentera, pour une grande part, à un jeu de bonneteau. En effet, la Prime pour l’emploi, touchée par quelque 7 millions de salariés en 2011, pour un coût de près de 3 milliards d’euros (2,5 milliards programmés en 2012), concerne déjà des actifs à très faibles revenus, rémunérés, pour un célibataire, entre entre 3743 euros et 17 451 euros par an, soit entre 300 et 1450 euros par mois. Et non pas des «assistés», comme l’a prétendu Nicolas Sarkozy. En proposant de la supprimer et de réserver son montant aux actifs gagnants entre 1 et 1,2 smic, «entre 1200 et 1400 euros par mois», dixit le Président, il ne fait que prendre aux salariés très pauvres pour redonner aux salariés un peu moins pauvres… Le seul apport supplémentaire, sur l’enveloppe totale de 4 milliards évoquée, est le 1,5 milliard provenant de l’alignement de la fiscalité des dividendes sur celle du travail. Mais pour les salariés gagnant moins de 1200 euros par moins, la réforme correspondrait à une perte sèche…

Cette réforme, qui bruissait depuis quelques semaines, est en fait le pendant de la réforme appelée «TVA sociale» -«TVA antidélocalisation» , a précisé Nicolas Sarkozy mercredi soir. Face à l’accusation de faire subir aux Français une perte de pouvoir d’achat, en augmentant la TVA de 1,6 point, soit 10,6 milliards d’euros, en échange de la baisse des cotisations patronales, plusieurs membres de sa majorité, dont son ministre du Travail Xavier Bertrand, le pressaient de baisser également les cotisations sociales des salariés. Sauf qu’au final, le gain global – et nouveau- pour les salariés ne sera que de 1,5 milliard d’euros (l’apport généré par la taxation accrue des dividendes), face à une hausse de 10,6 milliards de la TVA. Soit à peine 10% de hausse de la TVA…

 

Salaires des plus hauts dirigeants

Ce qu’il a dit: Nicolas Sarkozy a proposé mercredi que les rémunérations «des plus hauts dirigeants» d’entreprise soient désormais votées par l’assemblée générale des actionnaires et non plus par les conseils d’administration des grands groupes. Il a également proposé qu’un représentant des salariés soit présent dans les comités de rémunération fixant ces sommes, quand ils existent. Le président-candidat a également annoncé qu’il proposerait l’interdiction des retraites chapeau et des parachutes dorés perçus par ces grands patrons.

Décryptage: cette réforme, qui ne concerne qu’un nombre très limité de cas, rapprocherait la France des pays pratiquant le «say on pay» (exprimez-vous sur la paie, en VF) en vigueur dans plusieurs pays (Royaume-Uni, Suède, Australie, Canada, Norvège et Belgique) et préconisé par le régulateur de la Bourse aux Etats-Unis (la SEC) depuis 2011. Mais le vote des actionnaires dans ces pays est seulement consultatif. Nicolas Sarkozy n’a pas précisé s’il comptait permettre à l’AG des actionnaires de rejeter le salaire des dirigeants…

 

Le regret bafouillant du Fouquet’s

Ce qu’il a dit: Interrogé par David Pujadas sur ses «erreurs» du quinquennat, Nicolas Sarkozy a évoqué -sans le prononcer lui-même- l’épisode du Fouquet’s, qui a marqué sa victoire en 2007. «Si c’était à refaire, je ne referais… ne reviendrais pas dans ce restaurant puisque que ça été vraiment le feuilleton», a-t-il déclaré en bafouillant.

«J’aurai l’occasion d’en parler aux Français, mais franchement, si après trois années de crise, cinq années de mandat, c’est la plus grave erreur qu’il faut que je confesse…» , a-t-il poursuivi en évoquant des scandales de la Vème République, le «Rainbow Warrior» , les «visites de chefs d’Etat français à des dictateurs». «Mais enfin, je dois assumer ma part de responsabilité», a-t-il conclu.

Décryptage: Apparemment gêné par une question mal préparée, Nicolas Sarkozy a bredouillé. Et n’a évoqué que ce «restaurant», sans répondre sur le yacht prêté par Bolloré où il a fêté sa victoire. Ni évoqué sa tentative de nommer son fils Jean Sarkozy à la tête de l’Epad, l’établissement public d’aménagement du quartier d’affaire de la Défense. Quand il compare son pêché à des «visites de chefs d’Etat français à des dictateurs», il omet aussi la visite officielle de Kadhafi à l’Elysée. Même s’il a lui-même contribué à la coalition internationale à l’origine de l’intervention en Libye.

La généralisation du travail pour les titulaires du RSA

Ce qu’il a dit: Nicolas Sarkozy veut généraliser l’expérience en cours de 7 heures de travail d’intérêt général par semaine pour tous les bénéficiaires du RSA qui n’ont aucune activité. «Quelqu’un qui est au RSA, qui n’a pas d’emploi et qui n’est pas en formation, devra faire 7 heures de travail d’intérêt général par semaine, rémunérées au niveau du SMIC» , a déclaré le président Sarkozy.

Décryptage: cette fameuse «expérience en cours» a été annoncée par Nicolas Sarkozy le 15 novembre 2011 lors d’un discours sur la fraude sociale, embrayant ainsi sur diverses propositions issues de la majorité. Plusieurs départements sont sur les rangs pour s’y essayer. Le 18 janvier 2012, Roselyne Bachelot a annoncé la signature des… 8 premiers contrats de 7 heures dans le Rhône correspondant à cette annonce. L’objectif était de signer 10.000 contrats de ce type dans l’année. A peine un mois plus tard, le candidat-Sarkozy a affirmé hier que l’expérimentation était «un succès» et promet de la généraliser. Les évaluations et études sur ce point manquent encore de publicité, c’est un euphémisme…

L’apprentissage pour tous les bac pro

Ce qu’il a dit: Nicolas Sarkozy a proposé que la troisième année des lycéens en bac professionnel se fasse «systématiquement en apprentissage dans l’entreprise». Selon lui, cela correspondrait à 250.000 jeunes de plus dans l’entreprise.

Décryptage: L’apprentissage comme solution-miracle au chômage des jeunes est une vieille lubie de Nicolas Sarkozy et de l’UMP. En mars 2009, le candidat promettait déjà de «doubler» le nombre d’apprentis, en le passant de 600.000 à 1,2 million. Rebelote en novembre 2010, avec la même promesse. La ministre chargée de l’apprentissage Nadine Morano promettait il y a quelques mois 1 millions d’apprentis… «Au plus vite». Et l’UMP a proposé dans son projet présidentiel de permettre l’apprentissage dès 14 ans. Problème: le manque de contrat en alternance aujourd’hui est moins dû à la demande des jeunes qu’au manque d’offres de la part des employeurs… La proposition du candidat mercredi risque donc de se heurter à un manque d’appétit de la part des entreprises.

 

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Woerth : l’arbre qui cache la forêt………………………………(11/02/2012)

Affaire Bettencourt : derrière Woerth, Sarkozy

Créé le 10-02-2012 à 14h28 – Mis à jour à 22h38      16 réactions

Anne-Sophie Hojlo

Par Anne-Sophie Hojlo
journaliste Le Nouvel Obs

La mise en examen de l’ex-ministre place le chef de l’Etat dans une position plus que délicate, à quelques jours de sa déclaration officielle de candidature.

Nicolas Sarkozy et Eric Woerth (Sipa)

Nicolas Sarkozy et Eric Woerth (Sipa)

« Eric Woerth est un homme honnête, c’est un homme compétent, c’est un homme qui a toute ma confiance. » En juillet 2010, quand éclate l’affaire Bettencourt, Nicolas Sarkozy apporte un soutien appuyé à son ministre du Travail. Après la mise en examen d’Eric Woerth pour recel dans le volet financement politique illégal de l’affaire, jeudi 9 février, l’Elysée s’est refusé à tout commentaire. Cette mise en cause place le chef de l’Etat dans une position plus que délicate, à quelques jours de sa déclaration officielle de candidature. Derrière Eric Woerth, qui fut deux fois son ministre et surtout le trésorier de sa campagne de 2007, c’est en effet Nicolas Sarkozy qui est ciblé.

« Recel à raison d’une présumée remise de numéraire qui lui aurait été faite par M. Patrice de Maistre » : ce sont les accusations de l’ex-comptable de Liliane Bettencourt qui ont décidé les juges à mettre en examen Eric Woerth, selon le communiqué du parquet de Bordeaux. Ces accusations étaient accablantes pour Nicolas Sarkozy.

Enveloppes de liquide

En juillet 2010, peu après la publication d’enregistrements clandestins réalisés au domicile de l’héritière de L’Oréal, Claire Thibout affirme que le gestionnaire de fortune de la milliardaire lui a demandé de retirer 150.000 euros en liquide en mars 2007. Il comptait, selon elle, les remettre à Eric Woerth, président de l’ »Association de financement pour la campagne de Nicolas Sarkozy » et trésorier de l’UMP depuis 2002. Refusant de verser un montant aussi important, la comptable aurait finalement confié 50.000 euros à Patrice de Maistre.

Opération totalement illégale, les dons de particuliers aux partis politiques étant limités à 7.500 euros par personne et par an – 4.600 seulement en période de campagne –, et tout don supérieur à 150 euros devant être fait par chèque.

Eric Woerth, tout comme Patrice de Maistre, ont toujours démenti en bloc, et l’ancien ministre a même porté plainte contre Claire Thibout pour dénonciation calomnieuse. Mais elle n’a jamais abouti, et les juges semblent accorder davantage de crédit aux déclarations de la comptable, réitérées lors de nombreux interrogatoires.

Ses accusations ont été appuyées par plusieurs témoignages. « Le Monde » et « Mediapart » avaient ainsi publié en juillet 2010 les dépositions d’autres membres du personnel des Bettencourt confirmant les déclarations de Claire Thibout. Ils décrivaient un véritable système, le couple de milliardaires ayant régulièrement financé des personnalités politiques, de droite essentiellement, d’après eux, par le biais d’enveloppes en liquide.

En août 2011, la juge Isabelle Prévost-Desprez, dessaisie après avoir enquêté un temps sur l’affaire, affirmait à son tour qu’un témoin avait vu Nicolas Sarkozy se faire remettre des espèces Liliane Bettencourt en 2007. Le lendemain, ce fameux témoin, qui s’est révélé être l’ex-infirmière de l’héritière de L’Oréal démentait, ajoutant avoir été la cible de « menaces de mort » dans cette « affaire sensible ».

Sarkozy demande encore de l’argent »

Surtout, les enquêteurs disposent d’éléments matériels pouvant corroborer les accusations portées contre Eric Woerth et le financement de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy. Les agendas des protagonistes prouvent que des rendez-vous ont été fixés aux dates citées par la comptable. Les enquêteurs ont retrouvé la trace d’un retrait en espèces de 50.000 euros à l’agence et à la date indiquées par elle.

Les carnets de Claire Thibout montrent par ailleurs que plus de 380.000 euros ont été retirés en espèces sur les comptes de Liliane Bettencourt durant les quatre mois précédant l’élection présidentielle de 2007.

Les carnets de François-Marie Banier enfin – le photographe mis en examen pour abus de faiblesse sur la milliardaire dans un autre volet de l’affaire – saisis par la police, semblent eux aussi confirmer les dires de la comptable. Le protégé de Liliane Bettencourt y raconte notamment comment cette dernière aurait évoqué une remise d’argent à Nicolas Sarkozy au moment de la campagne présidentielle, au printemps 2007 : « De Maistre me dit que Sarkozy demande encore de l’argent ».

Des éléments assez troublants pour justifier la mise en examen d’Eric Woerth. Ainsi qu’une réquisition judiciaire sur les comptes de campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy, épluchés par les juges d’instruction, depuis janvier. Du plus mauvais effet pour celui qui s’apprête à endosser à nouveau les habits du candidat.

Anne-Sophie Hojlo

Par Anne-Sophie Hojlo
journaliste Le Nouvel Obs

Publié dans:"AFFAIRES", LA VIE EN SARKOZYE, Politique |on 11 février, 2012 |Pas de commentaires »

Bon à savoir………………………………………(09/02/2012)

Accueil > Société > Woerth en examen : qu’est-ce que le trafic d’influence ?

Woerth en examen : qu’est-ce que le trafic d’influence ?

Créé le 09-02-2012 à 13h20 – Mis à jour à 15h30      1 réaction

Celine Rastello

Par Celine Rastello
journaliste

L’ex-ministre et ex-trésorier de l’UMP a été mis en examen pour trafic d’influence passif dans le cadre de l’affaire Bettencourt.

Eric Woerth à l'Assemblée nationale le 1er février 2011 (AFP/ Bertrand Guay)

Eric Woerth à l’Assemblée nationale le 1er février 2011 (AFP/ Bertrand Guay)

Après une audition de près de douze heures, l’ex-ministre du Budget et du Travail et ex-trésorier de l’UMP Eric Woerth a été mis en examen pour trafic d’influence passif, mercredi 8 février dans la soirée, par les juges en charge de l’affaire Bettencourt à Bordeaux. Il est à nouveau entendu jeudi matin, sans plus de précisions pour l’instant.

L’audition de mercredi s’inscrivait dans le cadre de l’information judiciaire ouverte pour « trafic d’influence actif commis par un particulier, trafic d’influence passif commis par une personne investie d’un mandat électif public, financement illicite de parti politique ou de campagne électorale. »

Le parquet de Bordeaux a précisé que le délit de trafic d’influence passif, prévu et réprimé par les articles 432-11 et 432-14 du Code pénal, est puni de dix ans d’emprisonnement et 150.000 euros d’amende maximum.

Eric Woerth est notamment soupçonné, alors qu’il était trésorier de l’UMP et de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, d’avoir reçu de l’argent de la part de Liliane Bettencourt via celui qui gérait alors la fortune de celle-ci, Patrice de Maistre.

Les juges d’instruction s’intéressent également particulièrement à la relation liant les deux hommes. En 2008, l’ex-ministre a remis la Légion d’Honneur au gestionnaire de fortune, qui a de son côté employé de 2007 à 2010 la femme d’Eric Woerth au sein de la société Clymène, en charge de l’administration de la fortune de la milliardaire.

1. Qu’est-ce que le trafic d’influence ?

« L’idée du trafic d’influence est de profiter de sa position de décideur public pour octroyer ou obtenir un avantage », expliquait en septembre dernier au « Nouvel Observateur » le secrétaire général du Syndicat de la magistrature, Matthieu Bonduelle, précisant que « cette infraction a été créée dans le but de moraliser l’activité des décideurs publics qui ne sauraient profiter de leur position pour satisfaire des intérêts privés ».

L‘article 432-11 du Code pénal, qui définit les infractions de corruption passive et trafic d’influence passif par personne dépositaire de l’autorité publique, dit que c’est « le fait, par une personne dépositaire de l’autorité publique, chargée d’une mission de service public, ou investie d’un mandat électif public, de solliciter ou d’agréer, sans droit, à tout moment, directement ou indirectement, des offres, des promesses, des dons, des présents ou des avantages quelconques.

1. Soit pour accomplir ou s’abstenir d’accomplir un acte de sa fonction, de sa mission ou de son mandat ou facilité par sa fonction, sa mission ou son mandat. (« Ce point correspond à la corruption passive », précise au « Nouvel Observateur » l’avocat pénaliste au barreau de Paris Cyril Gosset).

2. Soit pour abuser de son influence réelle ou supposée en vue de faire obtenir d’une autorité ou d’une administration publique des distinctions, des emplois, des marchés ou toute autre décision favorable. » (« Ce point correspond au trafic d’influence passif », précise aussi Me Gosset).

Dans la mesure où Eric Woerth est mis en examen pour trafic d’influence passif, on peut penser, suggère Me Gosset, qu’on « soupçonne que la décoration de Patrice de Maistre soit la conséquence de l’embauche de la femme d’Eric Woerth et que, pour obtenir cette décoration, le ministre ait usé de son influence ».

Selon le parquet de Bordeaux, toutefois, l’article 432-14, correspondant au « délit de favoritisme », puni de deux ans d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende, est également applicable. A quels faits concernant Eric Woerth cet article pourrait-il s’appliquer ?

Il s’applique en tout cas « quand on ne respecte pas le code des marchés publics et qu’on rompt l’égalité d’accès au marché » assure aussi Cyril Gosset.

2. Quelle est la différence entre le trafic d’influence et la corruption ?

Le trafic d’influence consiste en « le fait de rémunérer quelqu’un, directement ou indirectement, pour qu’il abuse de son influence, réelle ou supposée, en vue d’obtenir quelque chose », explique aussi Me Gosset. Exemple : « rémunérer quelqu’un qui a un gros carnet d’adresses et peut s’en servir. »

La corruption consiste quant à elle en « le fait de verser de l’argent à quelqu’un pour qu’il fasse quelque chose relevant directement de sa mission, ou s’abstienne de le faire », précise-t-il aussi. Exemple : « payer un maire pour qu’il passe un contrat. »

3. Quelle est la différence entre le trafic d’influence actif et passif ?

Dans le cas du trafic d’influence actif, la personne fait personnellement la démarche. Alors que dans le cas du trafic d’influence passif, elle n’en est pas à l’initiative mais est sollicitée et l’accepte.

« Lorsqu’il s’agit de rémunération, la différence se fait en fonction de la personne qui rémunère, et est alors ‘active’, et celle qui perçoit, qui est alors ‘passive’ » commente encore en d’autres termes Me Gosset.

Comme toute personne mise en examen, Eric Woerth est présumé innocent et peut formuler une requête en annulation s’il estime que sa mise en examen intervient tardivement, que le juge ne dispose pas de suffisamment d’éléments la justifiant, ou s’il l’estime non conforme aux prescriptions légales.

Celine Rastello

Par Celine Rastello
journaliste

Publié dans:"AFFAIRES", LA VIE EN SARKOZYE |on 9 février, 2012 |Pas de commentaires »

L’affaire Bettencourt, comme si vous y étiez………………………………(10/02/2012)

Banier, Woerth, fadettes : l’affaire Bettencourt ou les poupées russes judiciaires

Créé le 02-02-2012 à 17h39 – Mis à jour le 09-02-2012 à 09h58      Réagir

Anne-Sophie Hojlo

Par Anne-Sophie Hojlo
journaliste Le Nouvel Obs

Montage (Sipa)

Montage (Sipa)

L’affaire Bettencourt, qui n’en finit pas de se ramifier depuis près de deux ans, en recouvre en réalité quatre, qui s’emboîtent comme des poupées russes judiciaires : une affaire d’abus de faiblesse, qui concerne François-Marie Banier; une affaire de fraude fiscale, où apparaît le nom d’Eric Woerth; une affaire de financement politique illégal présumé, qui vise la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007; et l’affaire des fadettes, qui met en cause le procureur Philippe Courroye et le patron du renseignement Bernard Squarcini.

 

L’abus de faiblesse, ou l’affaire Banier-Bettencourt

A l’origine de la tentaculaire affaire Bettencourt, une simple querelle familiale. Tout commence en décembre 2007, quand la fille de la milliardaire, Françoise Meyers-Bettencourt, dépose une plainte pour abus de faiblesse contre François-Marie Banier. Elle accuse le fantasque photographe de dépouiller sa mère : en vingt ans d’amitié avec l’octogénaire, il a reçu près d’un milliard d’euros en assurances-vie, tableaux de maître et cadeaux divers. Une enquête est ouverte par le parquet de Nanterre. Mais Liliane Bettencourt, qui clame qu’elle a toute sa tête et peut disposer de sa fortune comme elle l’entend, refuse de subir la moindre expertise médicale. En 2009, le parquet classe l’affaire. Les choses auraient pu en rester là sans un rebondissement rocambolesque – le premier d’une longue série.

En juin 2010, Mediapart et « Le Point » publient des transcriptions d’enregistrements de conversations entre Liliane Bettencourt et son gestionnaire de fortune, Patrice de Maistre. Comme dans les séries B d’espionnage, l’ancien majordome de l’héritière de l’Oréal, Pascal Bonnefoy, a dissimulé un dictaphone dans la salle de l’hôtel particulier de Neuilly-sur-Seine où elle a l’habitude de tenir ses réunions d’affaires. Puis il a transmis les bandes à Françoise Meyers-Bettencourt, qui les a elle-même confiées à la police. Particulièrement riches d’enseignements, les conversations, enregistrées entre mai 2009 et mai 2010, mettent notamment en lumière les fragilités psychologiques de la milliardaire.

L'affaire Bettencourt, comme si vous y étiez....................................(10/02/2012) dans

Sa fille dépose une nouvelle plainte pour abus de faiblesse, visant à la fois François-Marie Banier et Patrice de Maistre. Liliane Bettencourt continue néanmoins à se prétendre « en parfaite possession de ses facultés intellectuelles », et quand Françoise Meyers-Bettencourt demande son placement sous tutelle, c’est elle qui porte plainte à son tour contre sa fille pour « violences morales ». Alors que la guerre mère-fille atteint son paroxysme, les protagonistes décident contre toute attente de faire la paix. Un accord est trouvé en décembre 2010 : François-Marie Banier s’engage à ne plus recevoir de dons de la milliardaire, chacun retire les plaintes qu’il avait engagées contre les autres, et Patrice de Maistre est écarté au profit de l’avocat Pascal Wilhelm pour gérer la fortune de l’héritière de l’Oréal.

La justice classe alors les plaintes déposées contre le photographe et l’ex-gestionnaire de fortune pour abus de faiblesse. A nouveau, les choses auraient pu en rester là, sans un coup de théâtre en juin 2011 : Françoise Meyers-Bettencourt accuse Pascal Wilhelm de conflit d’intérêts, lorsqu’elle découvre que sa mère a investi 143 millions d’euros dans une société de Stéphane Courbit, dont il est aussi l’avocat. L’accord vole en éclats, la guerre reprend de plus belle à Neuilly. Entre temps, la cour de Cassation a décidé de transférer le dossier de Nanterre à Bordeaux en novembre 2010, en raison des dissensions entre les magistrats saisis de l’affaire, le procureur Philippe Courroye et la juge Isabelle Prévost-Desprez.

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Le nouveau juge en charge du dossier, Jean-Michel Gentil, décide de passer outre les refus de Liliane Bettencourt de se soumettre à une expertise. Les médecins établissent que l’octogénaire est atteinte de « démence mixte » et d’ »une maladie d’Alzheimer à un stade modérément sévère », avec « un processus dégénératif cérébral lent ». Fort de ces nouveaux éléments, le parquet de Bordeaux ouvre fin septembre 2011 une information judiciaire pour abus de faiblesse visant l’entourage de la milliardaire. En octobre, après avoir épuisé tous les recours possibles, elle est finalement placée sous la double tutelle de sa fille et de ses deux petits-fils.

Où en est l’enquête ?

François-Marie Banier, son compagnon Martin d’Orgeval et Patrice de Maistre ont été mis en examen pour abus de faiblesse en décembre. Fin janvier, la Cour de cassation a définitivement validé l’utilisation des enregistrements du majordome comme preuve : les enquêtes en cours sur l’affaire, ou plutôt les affaires Bettencourt, peuvent se poursuivre.

 

La fraude fiscale, ou l’affaire Woerth-Bettencourt

Les fameuses conversations captées clandestinement chez Liliane Bettencourt ouvrent un deuxième volet de l’affaire. Outre la mémoire plus que chancelante de la milliardaire, elles révèlent également les opérations financières orchestrées par son entourage afin d’échapper au fisc – en d’autres termes une vaste fraude fiscale. Dans les enregistrements, il est ainsi fait référence à des comptes en Suisse, à d’autres ouverts à Singapour, ou encore à une île des Seychelles, Arros, propriété de l’héritière, tous soigneusement cachés à Bercy. C’est alors qu’apparaît pour la première fois dans l’affaire le nom d’Eric Woerth. Parce qu’à l’époque (en 2010), il vient de quitter le ministère du Budget – Bercy donc –, d’une part. Et parce que son épouse Florence est employée depuis 2007 par Clymène, la société qui gère le patrimoine personnel de Liliane Bettencourt, d’autre part.

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Le ministre du Travail se retrouve en très fâcheuse posture. Il est à la fois soupçonné d’avoir empêché un contrôle fiscal de la milliardaire (le procureur de Nanterre explique avoir saisi dès 2009 l’administration fiscale, dont Eric Woerth est le ministre de tutelle, de possibles fraudes de l’héritière) et d’être intervenu pour faire embaucher son épouse par Patrice de Maistre, à qui il a remis la Légion d’Honneur en janvier 2008, révèle « Le Nouvel Observateur ». Il nie avoir eu connaissance de la situation fiscale de la milliardaire, mais finit par reconnaître être intervenu auprès de Nicolas Sarkozy pour la Légion d’honneur de Maistre. Moyennant quoi son épouse démissionne de Clymène, et lui-même est débarqué du gouvernement quelques mois plus tard.

De son côté, Liliane Bettencourt annonce la régularisation fiscale de l’ensemble de ses avoirs « qui seraient encore aujourd’hui à l’étranger », confirmant implicitement le soupçon de fraudes fiscales.

XAVMQ dans PRESIDENTIELLES 2012

Où en est l’enquête ?

Les juges bordelais continuent à s’intéresser à ces faits présumés de blanchiment de fraude fiscale. François-Marie Banier, Martin d’Orgeval et Patrice de Maistre, mis en examen pour abus de confiance, le sont également dans ce volet.

En revanche le fisc n’engagera pas de poursuites pénales contre la milliardaire, révélait le « Nouvel Observateur » en novembre dernier, malgré la découverte de douze comptes en Suisse et au Sénégal qui dissimulaient encore près de 100 millions d’euros fin 2010. Elle a simplement dû s’acquitter d’un redressement atteignant à peu près le même montant, pénalités inclues, selon Bercy.

Quant à Eric Woerth, il a été convoqué par les juges mercredi 8 février pour être entendu, et très certainement mis en examen dans le volet suivant de l’affaire.

 

Le financement politique illégal, ou l’affaire Sarkozy-Bettencourt ?

L’affaire prend un tournant politique quand, toujours dans les enregistrements du majordome, on apprend que Liliane Bettencourt, à la demande de Patrice de Maistre, a signé des chèques à Valérie Pécresse, Eric Woerth et Nicolas Sarkozy pour financer plusieurs campagnes. En juillet 2010, l’ex-comptable de l’héritière de l’Oréal se fait plus précise. Claire Thibout, licenciée en 2008, affirme dans un entretien à Mediapart, puis devant les policiers, que Patrice de Maistre lui a demandé de retirer 150.000 euros en liquide en mars 2007. Il comptait, selon elle, les remettre à Eric Woerth, trésorier de l’UMP et de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

Opération totalement illégale : si tout particulier peut faire un don au parti politique de son choix, le montant en est limité à 7.500 euros par personne et par an – 4.600 seulement en période de campagne. Et tout don dépassant 150 euros doit être fait par chèque.

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Patrice de Maistre et Eric Woerth démentent en bloc, et le ministre porte plainte pour dénonciation calomnieuse. Mais les enquêteurs retrouvent la trace d’un retrait en espèces de 50.000 euros à l’agence et à la date indiquées par la comptable. Toujours en juillet 2010, « Le Monde » et Mediapart publient les dépositions d’autres membres du personnel des Bettencourt qui confirment les déclarations de Claire Thibout. Ils décrivent un véritable système, le couple de milliardaires ayant régulièrement financé, selon eux, via des enveloppes en liquide, des personnalités politiques, de droite essentiellement.

L’hebdomadaire « Marianne », qui s’est procuré les carnets de l’ex-comptable de la milliardaire, affirme par ailleurs que plus de 380.000 euros ont été retirés en espèces sur les comptes de Liliane Bettencourt durant les quatre mois précédant l’élection présidentielle de 2007.

Les carnets de François-Marie Banier, saisis par la police, semblent eux aussi confirmer les dires de Claire Thibout : le photographe y raconte comment Liliane Bettencourt aurait évoqué une remise d’argent à Nicolas Sarkozy au moment de la campagne présidentielle, au printemps 2007.

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En août 2011, la juge Isabelle Prévost-Desprez, dessaisie de l’affaire, affirme à son tour qu’un témoin a vu Nicolas Sarkozy se faire remettre des espèces chez la milliardaire. Le lendemain, ce fameux témoin, qui se révèle être l’ex-infirmière de Liliane Bettencourt, affirme qu’elle n’a « pas parlé de remises d’enveloppes à Nicolas Sarkozy, ni à personne d’autre », à la juge Prévost-Desprez ou à sa greffière. Elle raconte aussi avoir été la cible de « menaces de mort » dans cette « affaire sensible ».

Où en est l’enquête ?

Les juges d’instruction bordelais poursuivent leur enquête sur un éventuel financement illégal de parti politique. Les comptes de campagne pour l’élection présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy font désormais l’objet d’une réquisition judiciaire et vont être épluchés par des juges d’instruction, révélait « Sud-Ouest » en janvier dernier.

Eric Woerth est convoqué à Bordeaux ce mercredi 8 février pour être entendu, et très certainement mis en examen pour financement illégal de parti politique et abus de faiblesse (car l’argent lui aurait été remis en janvier 2007, à une époque où Liliane Bettencourt était déjà affectée de problèmes cérébraux selon l’expertise médicale). Contraint de quitter le gouvernement en novembre 2010, il a toujours réfuté ces accusations. Son domicile a été perquisitionné en février 2011, quelques semaines avant le siège de l’UMP.

 

Les fadettes, ou l’affaire Courroye

L’ultime volet de l’affaire prend naissance à sa marge. A sa source, une bataille féroce entre deux magistrats, Philippe Courroye et Isabelle Prévost-Desprez. Le premier, procureur de Nanterre, est en charge de l’enquête préliminaire sur les divers volets de l’affaire Bettencourt. Sa proximité avec Nicolas Sarkozy est notoire. Comme le sont ses relations exécrables avec la juge Prévost-Desprez. Présidente de la 15e chambre du tribunal de grande instance de Nanterre, chargée de juger François-Marie Banier pour abus de faiblesse en juillet 2010, elle décide de reporter le procès sine die après la publication des enregistrements du majordome. Et de lancer ses propres investigations parallèlement à celles du parquet.

S’ensuit une guerre sans merci entre les deux magistrats, Philippe Courroye refusant de communiquer des pièces à sa consœur et tentant par tous les moyens de la faire dessaisir. A telle enseigne qu’un dépaysement du dossier est décidé à Bordeaux.

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Dans le même temps, les développements de l’affaire Bettencourt fuitent régulièrement dans la presse, et donnent lieu à une véritable chasse aux sorcières. Le conseiller de la garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie est le premier à en faire les frais en juillet 2010 : soupçonné de renseigner le « Monde », il est déchargé de ses fonctions.

En septembre 2010, Philippe Courroye ouvre une enquête préliminaire pour violation du secret de l’enquête après des révélations du « Monde » sur une perquisition réalisée par Isabelle Prévost-Desprez chez Liliane Bettencourt. Il soupçonne la magistrate d’être la source des journalistes et aurait fait saisir les « fadettes » (factures téléphoniques détaillées) de ces derniers pour le vérifier.

Le quotidien porte alors plainte contre X pour violation du secret des sources. En mai 2011, une information judiciaire pour « atteinte au secret des correspondances par personne dépositaire de l’autorité publique dans l’exercice de ses fonctions » est confiée à la juge Sylvia Zimmermann.

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Où en est l’enquête ?

La Cour de cassation a jugé la saisie des fadettes des journalistes contraire à leur droit au secret des sources, et Philippe Courroye a été mis en examen fin janvier pour « collecte illicite de données à caractère personnel par un moyen frauduleux, déloyal et illicite » et « violation du secret des correspondances », comme son adjointe Marie-Christine Daubigney. Il reste procureur de Nanterre : la Chancellerie affirme que son départ n’est pas « à l’ordre du jour », et lui-même exclut toute démission.

Le patron du renseignement intérieur (DCRI), Bernard Squarcini, est lui aussi mis en examen. Contrairement à son supérieur Frédéric Péchenard, qui assume pourtant avoir demandé « d’identifier » la source d’un journaliste du « Monde ».

Isabelle Prévost-Desprez est sous le coup d’une enquête pour violation du secret professionnel. Son domicile a été perquisitionné fin janvier, après la saisie du disque dur de l’ordinateur de son bureau de Nanterre au printemps dernier.

Anne-Sophie Hojlo

Par Anne-Sophie Hojlo
journaliste Le Nouvel Obs

« Une République irréprochable », qu’il disait, Badinguet………………………(10/02/2012)

Présidentielle 2012

Politiques Hier à 22h34 (Mis à jour aujourd’hui à 7h02)

Eric Woerth mis en examen pour trafic d’influence passif

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 dans LA VIE EN SARKOZYE

L’ex-ministre du Travail Eric Woerth à l’Assemblée nationale le 1er février 2011. (Photo Bertrand Guay.

L’ancien ministre et ex-trésorier de l’UMP, Eric Woerth, a été mis en examen mercredi pour trafic d’influence passif après avoir été entendu pendant près de douze heures par les juges en charge de l’affaire Bettencourt à Bordeaux.

L’accusation de trafic d’influence pourrait viser l’emploi de sa femme Florence dans la société Clymène qui gère la fortune de Mme Bettencourt.

Le ministre est arrivé à 9 heures dans une voiture aux vitres fumées, pour une audition prévue à 9h30, qui a duré jusqu’à 21h50, avec quand même une pause-déjeuner. Il n’a fait aucune déclaration.

A l’issue de ce marathon, le parquet de Bordeaux a diffusé un communiqué indiquant que l’ancien ministre du Budget, puis du Travail, avait été entendu par les juges d’instruction dans le cadre de l’information ouverte pour trafic d’influence actif commis par un particulier, trafic d’influence passif commis par une personne investie d’un mandat électif public, financement illicite de parti politique ou de campagne électorale.

Financement illicite de parti politique non retenu

«A l’issue de cette audition […] il a été mis en examen du chef de trafic d’influence passif, délit prévu et réprimé par les articles 432-11 et 432-14 du Code pénal», ajoute le parquet. Ce délit est puni de dix ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende maximum.

A ce stade, et à deux mois du premier tour de l’élection présidentielle, les juges n’ont donc pas retenu le financement illicite de parti politique.

L’ancienne comptable des Bettencourt, Claire Thibout, avait indiqué en juillet 2010 avoir remis en janvier 2007 50 000 euros en liquide à l’ancien homme de confiance de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre. Selon elle, il lui avait déclaré les destiner à Eric Woerth pour le financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

Mais MM de Maistre et Woerth ont toujours farouchement nié ces échanges d’argent liquide.

En revanche, le trafic d’influence semble viser la manière dont M. Woerth est intervenu pour faire obtenir la Légion d’Honneur à M. de Maistre en juillet 2007, avant de lui en remettre lui-même les insignes en janvier 2008, alors que M. de Maistre avait embauché à l’été 2007 son épouse Florence chez Clymène, qu’il dirigeait.

Une poursuite de M. Woerth de ce chef rappellerait la condamnation pour trafic d’influence de l’ancien ministre et sénateur Charles Pasqua à trois ans d’emprisonnement dont deux avec sursis et 100 000 euros d’amende le 27 octobre 2009, pour avoir fait obtenir la Légion d’Honneur à l’homme d’affaires d’origine russe Arcadi Gaydamak, concomitamment au versement d’importantes sommes d’argent à une association qu’il animait.

M. de Maistre a été mis en examen le 15 décembre à Bordeaux pour abus de faiblesse à l’encontre de Mme Bettencourt, complicité d’abus de confiance et escroquerie aggravés, ainsi que pour blanchiment.

Wauquiez soutient Woerth

Laurent Wauquiez, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a été le seul homme politique à réagir mercredi. Il a indiqué dans un communiqué «apporter tout son soutien» à M. Woerth, «un homme droit et rigoureux», et s’est dit «convaincu que la procédure en cours lèvera vite les suspicions»: «Il n’est aucun doute sur son intégrité. Tous ceux qui le connaissent partagent cet avis», a-t-il dit.

Outre l’affaire Bettencourt, M. Woerth, député-maire de Chantilly (Oise), est actuellement impliqué devant la Cour de Justice de la République pour une affaire de prise illégale d’intérêt, visant les conditions dans lesquelles il a autorisé en mars 2010 la vente, à un prix jugé trop bas par des experts, d’une parcelle de la forêt de Compiègne à la Société des courses de Compiègne.

(AFP)

L’(intri)Guéant tel qu’en lui-même………………(5/02/2012)

La métamorphose de Monsieur Claude

Créé le 24-03-2011 à 12h16 – Mis à jour le 05-02-2012 à 16h10      2 réactions

Carole Barjon

Par Carole Barjon

A l’Intérieur, Guéant aligne les bévues. Portrait.

Claude Guéant (c) Afp

Claude Guéant (c) Afp

Article publié le 23 mars 2011

Tout ça pour ça ! Claude Guéant pensait-il vraiment pouvoir faire baisser le Front national avec ses déclarations douteuses de la semaine dernière ? Beau résultat ! Le parti de Marine Le Pen talonne désormais l’UMP. Dans l’urgence d’une sinistre soirée électorale pour son camp, le ministre de l’Intérieur n’a rien trouvé de mieux que d’additionner les scores des « divers droite » – y compris ceux des opposants à l’UMP – avec ceux du parti de Jean-François Copé afin de pouvoir « constater une bonne tenue de la majorité présidentielle »… Misérable tentative d’embrouille qui ne trompe personne.

Guéant reprend la sémantique du FN

Endossée allègrement par Claude Guéant, ministre des élections, la stratégie sarkozyste de course-poursuite avec le Front national, qui avait réussi en 2007, a cette fois-ci échoué. Dieu sait pourtant que le nouveau ministre de l’Intérieur y était allé fort avec sa petite phrase. « A force d’immigration incontrôlée, a-t-il décrété, les Français ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux. » Une affirmation qui lui a valu l’octroi immédiat d’une carte de membre du Front national par une Marine Le Pen hilare. Passons sur l’expression « à force d’immigration incontrôlée ». Comment mieux signifier aux Français que Sarkozy, qu’il soit ministre de l’Intérieur ou président de la République, a échoué à limiter ces flux malgré tous ses coups de menton ! Le plus fort est que Guéant a récidivé le lendemain. Exactement dans les mêmes termes.
Claude Guéant a beau dire qu’il ne se sent « rien de commun » avec les idées du FN, sa rhétorique valide et légitime toutes les thèses du parti lepéniste. Surtout au moment où Marine Le Pen, elle, surveille son langage, évite les dérapages chers à son père et parle de République et de laïcité. Qui eût imaginé un tel propos dans la bouche de ce haut fonctionnaire au discours toujours châtié ?

De l’ombre à la lumière

Jusque-là, l’ex-secrétaire général de l’Elysée n’avait montré qu’un seul visage : celui d’un homme affable, calme, posé, courtois et toujours mystérieux. Au début du quinquennat, il dirigeait dans l’ombre d’une main de fer, avait l’oeil sur tout : les élus, les nominations, la diplomatie parallèle. Certains regrettaient son manque de sens politique ? Aucune importance. Il était l’exécuteur zélé de la volonté du président. Appliquant minutieusement sa règle favorite, « déléguer beaucoup à condition de tout savoir », le préfet Guéant était l’un des hommes les plus puissants de France, au confluent de toutes les informations. Mais un homme protégé des attaques de l’extérieur grâce à ce pouvoir médiatiquement invisible.
Aux yeux du chef de l’Etat, son étoile a pâli au moment de l’affaire des rumeurs sur les difficultés du couple présidentiel. A l’époque, le très prudent Claude Guéant s’était laissé aller à répondre au « Canard enchaîné » et à confirmer que Sarkozy ne voulait plus voir Rachida Dati. Une gaffe qui avait relancé les spéculations dans la presse et fortement irrité Nicolas et Carla Sarkozy. Et puis, à l’automne dernier, malgré la confiance que lui conservait le président, la confirmation de François Fillon à Matignon a signifié la fin, non pas de son pouvoir, mais de sa toute-puissance.

En changeant de fonction, il était condamné à changer de style. Sémantique du moins. Car le nouveau ministre de l’Intérieur est en mission. Cet ancien collaborateur de Charles Pasqua, qui connaît toutes les arcanes de la Place-Beauvau et de la préfectorale, est chargé de réussir là où le président de la République estime que son prédécesseur Brice Hortefeux a échoué : incarner la fonction de « premier flic de France », restaurer la confiance des électeurs préoccupés par la lutte contre l’insécurité et l’immigration illégale.

Des débuts difficiles

Tâche ingrate ? Mission impossible, surtout, compte tenu de la perte de crédibilité de Nicolas Sarkozy dans ce domaine ! Mais le préfet Guéant est un soldat. Pourtant, sa carrière de ministre de l’Intérieur commence bien mal. Dans la semaine qui suit sa nomination, le voilà, sous la pression des députés centristes, contraint de renoncer à l’amendement sur l’extension de la déchéance de nationalite aux auteurs de meurtres de policiers. Plusieurs articles de la loi sur la sécurité intérieure, dite Loppsi 2, sont également invalidés par le Conseil constitutionnel.
Il était donc urgent de faire diversion au moment où tous les sondages enregistrent une véritable percée de Marine Le Pen. Comme par hasard, peu après leur publication, Chantal Brunel, députée UMP de Seine-et-Marne proche de Guéant, explique qu’il faut « remettre » les nouveaux immigrants « dans les bateaux »…
A quelques jours du premier tour des élections cantonales, le ministre de l’Intérieur, lui, lâche sa petite phrase. Avec le succès que l’on sait. On n’a jamais très bien su si Claude Guéant était vraiment désireux de quitter le secrétariat général de l’Elysée. Une chose est sûre désormais : il avait plus à perdre qu’à gagner en passant de l’ombre à la lumière.

Carole Barjon

Par Carole Barjon

Une étude de Laurent Joffrin………………………..(4/02/2012)

Petitesse et décadence du Sarko-show

Créé le 03-02-2012 à 21h11 – Mis à jour le 04-02-2012 à 08h19      34 réactions

Laurent Joffrin

Par Laurent Joffrin
Directeur du Nouvel Observateur

La communication politique, orchestrée par les pontes de la com, arrive à ses limites.

La communication politique, orchestrée par les pontes de la com, arrive à ses limites. LIONEL BONAVENTURE / POOL / AFP

La communication politique, orchestrée par les pontes de la com, arrive à ses limites. LIONEL BONAVENTURE / POOL /

Le président de la république aurait-il embauché dans son équipe de campagne un certain Potemkine ? On est tenté de le croire quand on s’aperçoit qu’une partie des spectateurs présents lors de son dernier déplacement, au chantier de Mennecy dans l’Essonne, loin d’avoir participé spontanément à cette visite médiatisée, ont été acheminés pour les besoins de la cause, de manière à étoffer artificiellement les rangs du public.

Grigori Potemkine était le favori de l’impératrice de Russie Catherine II. Il n’a pas seulement attaché son nom à un cuirassé immortalisé par Eisenstein. La légende – contestée – veut que ce ministre du début du 18e siècle faisait construire dans les villages traversés par la tzarine des façades de bois pimpantes qui cachaient les baraques délabrées dans lesquelles habitaient les misérables paysans russes. Ainsi Catherine II avait-elle le sentiment que la Sainte Russie était une nation prospère qui faisait le bien du peuple.

Figurants

Cette tactique de communication n’est pas nouvelle en sarkozie. Plusieurs fois, les journalistes s’étaient aperçus qu’une partie des foules enthousiastes qui accueillaient le président lors de ses déplacements étaient en fait composées pour partie de militants de l’UMP convoqués pour faire masse. En 2009, lors d’une autre visite d’usine, la télévision belge avait constaté que les ouvriers et les ouvrières avaient été sélectionnés sur leur taille, de manière à ne pas apparaître trop grands par rapport au président. Au chantier de Mennecy, la ruse a été éventée : le « buzz » subséquent porte, non sur les propos présidentiels, mais sur cet artifice un peu ridicule.

L’anecdote illustre un phénomène plus profond. Il est probable que nous assistons en direct, pendant cette étrange campagne, à l’effondrement d’un mode de communication politique. Il y a bientôt quatre ans, à la suite d’erreurs grossières, la cote de popularité de Nicolas Sarkozy a soudain chuté au plus bas.

Eléments de langage

Pour la remonter, le président a appliqué cette méthode dont tant de commentateurs nous ont expliqué qu’elle était redoutable, absolument moderne et hyper-professionnelle : saturation des écrans de télévision par une activité incessante ; définition systématique de l’agenda médiatique par le lancement à jet continu d’idées nouvelles, de polémiques inattendues, de décisions spectaculaires et surprenantes ; éléments de langage répétés partout par des ministres ou des députés changés en autant de perroquets cathodiques ; tirs groupés de « snipers » désignés à l’avance et maniant sans vergogne l’outrance la plus impudente, dont Nadine Morano est la plus caricaturale ; formules à l’emporte-pièce qu’on répète inlassablement de discours en discours, comme si le public n’avait aucune mémoire des paroles prononcées et comme si les journalistes ne gardaient aucune trace des discours précédents.

Fin d’une période

Que s’est-il passé pendant ces quatre années ? Rien. Quel a été l’effet de ce déferlement communicationnel ? Nul. La cote de popularité du président n’a jamais bougé. Pire, à force de mises en scène trop visibles et d’exagérations polémiques, la parole présidentielle est aujourd’hui totalement dévaluée. Comme dans un théâtre dont on verrait les coulisses et les cintres, le spectateur ne marche plus. Il va toujours au spectacle mais il sait que c’est chiqué. Trop de com tue la com.

Du coup, la communication artisanale de l’équipe Hollande, fondée sur des visites classiques, une parole discrète et parfois hésitante, un mélange d’humour et de simplicité, des meetings traditionnels avec militants chaleureux et lyrisme à l’ancienne, un programme prudent travaillé au cordeau et écrit dans un langage sobre, l’absence de ces gourous mirobolants dont on croyait ne jamais pouvoir se passer, cette communication, donc, ringarde aux yeux des professionnels, maintient le champion du PS au zénith des sondages depuis bientôt six mois. L’absence de com est la meilleure com.

Qu’on soit favorable à l’un ou à l’autre des deux champions, on accueillera cette nouvelle avec un soulagement certain. La politique spectacle arrive à sa limite. Le public préfère une certaine maladresse si elle est gage de sincérité. Les agences de com y perdront du chiffre d’affaires. Mais la démocratie y gagnera peut-être en qualité.

Laurent Joffrin

Par Laurent Joffrin
Directeur du Nouvel Observateur

Une étude de Laurent Joffrin.............................(4/02/2012) dans LA VIE EN SARKOZYE

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