Archive pour la catégorie 'MIGRANTS'

Migration…………………………(110/01/2018)

Le projet de loi immigration dévoilé : « Le gouvernement reste droit dans ses bottes »

Le projet de loi immigration dévoilé : "Le gouvernement reste droit dans ses bottes"
Au centre de rétention du Canet à Marseille, le 18 novembre 2017. (BERTRAND LANGLOIS / AFP)

Avant de recevoir ce jeudi les associations défendant les droits des migrants, Edouard Philippe leur a transmis les premières dispositions du futur projet de loi. Décryptage avec Jean-Claude Mas, secrétaire général de la Cimade.

Avant d’être reçues ce jeudi 11 janvier à Matignon, les associations ont découvert mercredi les premières dispositions du contesté projet de loi sur l’asile et l’immigration. C’est un document de 4 pages, révélé mercredi après-midi par « le Monde » et Streetpress, qui trace les grandes lignes d’un projet de loi dont l’objectif affiché par le gouvernement est d’expulser davantage de migrants dits économiques pour mieux accueillir et intégrer ceux obtenant l’asile politique. Dans le détail, l’exécutif prévoit une réduction des délais d’instructions des demandeurs d’asile ainsi qu’une batterie de mesures pour rendre plus efficace la lutte contre « l’immigration irrégulière ». Décryptage avec Jean-Claude Mas, secrétaire général de la Cimade, association de défense des droits des migrants.

 

 

Quelle lecture faites-vous des premières dispositions du projet de loi asile-immigration ? Estimez-vous qu’elles contiennent des points positifs ? 

Peu de surprises. On connaissait déjà les principales mesures. C’est une confirmation que le projet de loi sert d’abord et surtout à durcir la politique d’éloignement. Il y a quelques mesures positives, comme l’allongement de 1 à 4 ans des cartes de séjour « protection subsidiaire » et « apatridie ». C’est indéniablement une avancée. Tout comme le renforcement de la protection des jeunes filles exposées à un risque d’excision.

La réduction des délais d’instruction des demandes d’asiles va aussi dans le bon sens. Mais dans le détail, on voit qu’elle se fait sur le dos des droits des demandeurs d’asile. Puisque que le délai de recours devant la Cour nationale du droit d’asile est réduit d’un mois à 15 jours. Mais pour l’essentiel, le gros de cet avant-projet de loi porte sur l’éloignement.

Quelles mesures par exemple ?

Le gouvernement veut par exemple durcir le régime sur l’assignation à résidence. Dans le droit commun, les personnes assignées à résidence ont obligation de pointer plusieurs fois par jour au commissariat. Là, elles devront rester dans leur résidence pendant une plage horaire. Sous entendu : si on vous vient chercher pour vous emmener à l’aéroport, on sait où vous êtes.

La durée de retenue administrative est aussi allongée. Elle passe de 16 heures à 24 heures, tout ça pour renforcer le contrôle de l’administration sur les personnes interpellées.

Le gouvernement veut aussi doubler la durée de rétention, la faire passer de 45 à 90 jours. C’est très inquiétant quand on voit l’état des personnes au bout de 45 jours. Il y a un très gros risque de maltraitance.

Toutes ces mesures vont dans le même sens : elles visent à encercler le plus possible les personnes dans leurs droits.

Vous allez être reçus par Edouard Philippe à Matignon avec d’autres associations ? S’agit-t-il d’une réelle concertation ? 

Tel qu’on le comprend, le Premier ministre va nous écouter. Mais jusqu’ici, on n’a pas senti qu’on avait une influence. On a surtout l’impression que le gouvernement reste droit dans ses bottes. Tel qu’il est, le projet de loi n’est pas modifiable ou amendable à la marge. Il n’y a pas grand chose à discuter. Trop d’éléments ne vont pas. Nous allons demander son retrait.

Pour justifier sa réforme, le gouvernement affirme vouloir davantage expulser les « migrants économiques » pour mieux accueillir ceux qui obtiennent l’asile. Comprenez-vous cet argument ? 

C’est dangereux et presque faux. C’est dangereux car opposer bons et mauvais migrants, c’est faire le lit de ceux qui rejettent les migrants de manière générale. Et ça devient de plus en plus faux de dire qu’on va sanctuariser l’asile. Car même pour l’asile, le gouvernement cherche à réduire la capacité d’accueil de la France.

 

 

La notion de « pays tiers sûr » vers qui renvoyer des personnes sans examen de leur dossier a été supprimée de l’avant projet de loi, c’est déjà ça. Mais la France reste toujours sur une application stricto-sensu du règlement de Dublin (qui prévoit de renvoyer un demandeur d’asile dans l’Etat européen où il a été enregistrée à son arrivée, NDLR) alors que la Grèce et l’Italie sont débordées depuis des années et que la solidarité entre Etats ne joue plus.

Propos recueillis par Rémy Dodet

Publié dans:MIGRANTS |on 11 janvier, 2018 |Pas de commentaires »

Migrants……………………………(18/12/2017)

Migrants : de plus en plus dur

Par Kim Hullot-Guiot, photo Etienne Maury. Hans Lucas — 17 décembre 2017 à 20:56
Cordée solidaire organisée par les professionnels de la montagne du Briançonnais pour lancer l'alerte sur les conditions de passage des cols frontaliers en hiver. Névache, 17 décembre.
Cordée solidaire organisée par les professionnels de la montagne du Briançonnais pour lancer l’alerte sur les conditions de passage des cols frontaliers en hiver. Névache, 17 décembre. Photo Etienne Maury. Hanslucas pour «Libération»

Destruction d’abris, intensification des expulsions… Alors que se tient ce lundi la journée internationale des migrants, la France a déjà donné un sévère tour de vis. Annoncé par le gouvernement, le projet de loi «immigration et asile» inquiète fortement les associations.

  • Migrants : de plus en plus dur

Il y a d’abord eu les petites phrases de Gérard Collomb. A Calais le 22 juin, le ministre de l’Intérieur a multiplié les propos brutaux, appelant les associations à «aller exercer leur talent ailleurs» avant d’ajouter que la ville ne devait plus être un «abcès de fixation» des migrants «enkystés» dans la région. Puis il y a eu les actes.

Afin que la «jungle» de Calais, démantelée en octobre 2016, ne se reforme pas, la police y rend la vie des migrants infernale. Destruction des abris, confiscation des couvertures, emploi de gaz lacrymogène… Fin juin, il a fallu que le tribunal administratif de Lille l’ordonne pour que des points d’eau et des WC soient mis à disposition des personnes de passage. «Les gens sont empêchés de survivre», résume le secrétaire général de la Cimade, Jean-Claude Mas. C’est la même chose à Paris, ou dans la vallée de la Roya. A la frontière italienne, l’Etat «refoule sciemment les personnes avant qu’elles ne puissent faire» les démarches, déplore-t-il.

Dans le Calvados, «il y a une persécution des forces de l’ordre, donc les migrants font la navette entre Caen et Ouistreham», dénonce l’ex-députée écologiste Isabelle Attard. «C’était déjà pas triste sous Cazeneuve, mais là, avec Collomb, j’appelle ça de la torture, s’indigne-t-elle. Il y a un minimum de décence à avoir : fournir de l’eau, c’est ce que les vieilles dames donnent aux chats du quartier !»

«Absurdité»

L’objectif de Beauvau est d’accélérer les expulsions, en hausse de 8 % en 2017. Gérard Collomb, dans une circulaire prise début décembre, exige des préfets qu’ils augmentent leurs objectifs d’éloignement des personnes déboutées ou «dublinées», c’est-à-dire qui devraient faire leur demande dans le premier pays européen où elles ont laissé une trace. Elles représentent un demandeur d’asile sur deux. Une seconde circulaire, prise le 12 décembre, permet aux autorités de contrôler, dans les centres d’hébergement d’urgence, la situation administrative des personnes. Sa présentation quelques jours avant a valu aux ministres de l’Intérieur et des Territoires de voir une vingtaine d’associations (dont Médecins du monde, Emmaüs…), quitter la réunion en signe de protestation.

Toujours ce mois-ci, le gouvernement a soutenu une proposition de loi du groupe Les Constructifs permettant de placer en centre de rétention (CRA) les «dublinés», avant même de lancer la procédure de réadmission dans un autre pays européen. Concrètement, des personnes pourraient être privées de liberté sans que cela n’aboutisse à un renvoi hors de France. Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, s’en est ému, dénonçant «un tournant déplorable en termes de respect des droits». Les procédures de réadmission dans le premier pays européen où les migrants ont enregistré leurs empreintes n’aboutissent à une reconduite que dans 1 cas sur 10. «En 2016, la France a éloigné 1 293 personnes vers un autre pays européen, et en a réadmis 1 253. C’est d’une absurdité totale. On se bat pour des variations statistiques. Ce n’est pas la police qui va régler les flux migratoires en Europe, mais c’est plus difficile à expliquer à l’opinion publique», commente le directeur général de France Terre d’Asile, Pierre Henry.

La Cimade a dénoncé un quasi-doublement du nombre de placements rétention par rapport à l’année dernière. «On place plus en rétention, mais les juges libèrent plus. L’ensemble de l’appareil administratif est sous tension. Même des hauts fonctionnaires me disent l’angoisse de leur personnel d’être pris en faute, surtout après le limogeage du préfet de Lyon [dans la foulée de l’attentat de Marseille, ndlr]», relève Pierre Henry. En octobre, des policiers du CRA de Vincennes s’étaient mis en arrêt maladie pour protester contre leurs conditions de travail.

Attendu au premier trimestre 2018, le projet de loi «immigration et asile» inquiète. Il prévoit de réduire le délai d’examen des demandes d’asiles à six mois, au lieu de quatorze, et les délais de recours. Ce à quoi personne ne s’oppose. «Accélérer la procédure, c’est commencer son parcours d’intégration plus vite», juge le député LREM du Val-d’Oise Aurélien Taché, en charge d’une mission sur l’intégration. Le reste coince, comme le doublement de la durée maximale de rétention, actuellement de quarante-cinq jours. «On sait que quarante-cinq jours, c’est difficile, mais après quatre-vingt-dix jours, on ne sait pas dans quel état les personnes vont sortir», observe la Cimade.

«Honneur»

Autre inquiétude : le gouvernement souhaite intégrer à la loi la notion de «pays tiers sûr» afin de pouvoir renvoyer les migrants demander la protection d’un pays qu’ils auraient déjà traversé, aux portes de l’Europe. Une idée «contraire à l’essence même du droit d’asile», selon Pierre Henry. Le tour que prend la politique d’immigration n’est cependant pas étonnant. «Il y a eu un durcissement ces dernières années, juge Jean-Claude Mas. Il n’y a pas de rupture, mais une accélération.» Le 23 juin, après que Macron s’est exprimé depuis le Conseil de l’Europe, la presse a commenté sa phrase : «Nous devons accueillir des réfugiés, c’est notre devoir et notre honneur.» Mais, comme souvent, c’est la suite qui est intéressante : «Les réfugiés ne sont pas n’importe quel migrant. Ce ne sont pas les migrants économiques.» Le 5 septembre, devant les préfets, il a annoncé une «refondation complète» de la politique d’immigration. Vendredi, Collomb a d’ailleurs signé un accord avec l’Albanie, premier pays d’origine de demandeurs d’asile en France, pour endiguer le flux. En insistant sur la distinction entre réfugiés, pour lesquels les préfets devront mobiliser 20 000 logements, et migrants «économiques», le gouvernement veut-il entériner l’idée que seuls les premiers seraient fondés à venir en France ? «C’est ce qu’on dénonce,dit Jean-Claude Mas, mais il ne faut pas croire qu’il y a une bienveillance particulière pour les demandeurs d’asile.» Pour Aurélien Taché, «le droit d’asile est un impératif démocratique. On se concentre là-dessus». Toute ressemblance avec Rocard et l’impossibilité «d’accueillir toute la misère du monde», n’est pas fortuite.

Kim Hullot-Guiot photo Etienne Maury. Hans Lucas

Liberation.fr
Publié dans:MIGRANTS |on 18 décembre, 2017 |Pas de commentaires »

Et ben……………………….(13/08/2017)

Médecins sans frontières suspend ses opérations de sauvetage en Méditerranée

L’ONG évoque à la fois la menace que représentent les gardes-côtes libyens et l’attitude des autorités italiennes.

Le \"Prudence\", navire de Médecins sans frontières, lors d\'une escale à Catane, en Sicile (Italie), le 5 mai 2017.
Le « Prudence », navire de Médecins sans frontières, lors d’une escale à Catane, en Sicile (Italie), le 5 mai 2017. (FRANCESCO FARACI / AFP)
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franceinfo avec ReutersFrance Télévisions

Mis à jour le 12/08/2017 | 18:38
publié le 12/08/2017 | 18:08

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Médecins sans frontières a suspendu ses opérations de sauvetage de migrants en Méditerranée, samedi 12 août, en raison de la menace que représentent les gardes-côtes libyens. La veille, Tripoli avait mis en place une zone de recherche et de secours et limité l’accès des navires humanitaires aux eaux internationales situées au large de la Libye.

>> La Libye interdit aux navires des ONG aidant les migrants d’approcher de ses côtes

L’ONG Médecins sans frontières dit avoir (en italien) été alertée d’un risque pour sa sécurité par le centre opérationnel de surveillance et de sauvetage (MRCC) de Rome.

« Nous suspendons nos activités parce que nous estimons que l’attitude menaçante des gardes-côtes libyens est très sérieuse et que nous ne pouvons pas mettre nos collègues en danger.

Loris de Filippiprésident de l’antenne italienne de MSF

MSF dénonce le « code de conduite » de Rome

Médecins sans frontières dénonce également l’attitude des autorités italiennes, qui l’accusent de favoriser le passage clandestin de migrants ou d’inciter les candidats au départ à tenter l’aventure. L’Italie, où doivent se dérouler des élections au début de l’année prochaine, a demandé à l’organisation caritative de signer un code de conduite, ce qu’elle a refusé de faire.

En effet, MSF rejette la présence d’un officier de police italien à bord de ses bateaux d’intervention, comme l’impose ce texte. L’ONG refuse également que ses navires assurent eux-mêmes le convoyage des migrants jusqu’à une destination sûre. Elle voudrait pouvoir rester sur zone et poursuivre sa mission.

« MSF refuse d’être associé à ce système »

Médecins sans frontières dispose en Méditerranée d’un bateau de secours, le Vox Prudence, qui est actuellement amarré dans le port de Catane, en Sicile. Il s’agit du plus gros des bateaux de secours d’ONG actifs au large des côtes libyennes. Fin mai, il avait recueilli notamment un record de 1 500 personne. L’ONG continuera cependant à assurer la logistique et l’assistance sanitaire sur l’Aquarius de SOS Méditerranée, qui se trouve actuellement dans les eaux internationale.

Au cours des six derniers mois, le nombre de migrants arrivant en Italie a fortement baissé et Rome a entamé une collaboration plus étroite avec les gardes-côtes libyens. Selon Loris De Filippi, ces initiatives menacent les activités de MSF et empêchent l’organisation de travailler comme elle le souhaiterait.

Environ 600 000 migrants sont arrivés en Italie au cours des quatre dernières années, principalement à partir des côtes libyennes. Plus de 13 000 d’entre eux ont péri en tenant la traversée sur des embarcations de fortune ou surchargées. Selon le directeur des opérations de l’ONG, Brice de le Vingne : « MSF refuse d’être associé à un système qui vise, coûte que coûte, à interdire aux gens de chercher un lieu sécurisé.

Publié dans:MIGRANTS |on 13 août, 2017 |Pas de commentaires »

Dégagez…………………..(07/07/2017)

Publié dans:MIGRANTS |on 7 juillet, 2017 |Pas de commentaires »

L’humanisme de Gégé….qui gagne peu…..(234/06/2017)

Migrants

A Calais, la politique de Gérard Collomb : la fermeté sans l’humanité

Par Sylvain Mouillard, Photo Denis Allard — 23 juin 2017 à 20:46
Gérard Collomb, vendredi à Calais. Zoom
Gérard Collomb, vendredi à Calais. Photo Denis Allard. REA pour Libération

En visite dans la ville où butent les migrants cherchant à rallier l’Angleterre, le ministre de l’Intérieur s’est borné à soutenir ses forces de police.

  • A Calais, la politique de Gérard Collomb : la fermeté sans l’humanité

Si les actes en disent toujours plus que les mots, le vocabulaire choisi vendredi par Gérard Collomb, lors de sa première visite à Calais en tant que ministre de l’Intérieur, a toutefois dessiné une ligne politique très sécuritaire sur la question migratoire. Au cours d’une matinée menée au pas de charge, le locataire de la place Beauvau a fait une large place au champ lexical médical : migrants «enkystés», «abcès de fixation», «problèmes de l’asile» qu’il faudrait «traiter»… Pour Collomb, l’essentiel est d’éviter la reformation d’un campement dans le Calaisis, huit mois après le démantèlement de la «jungle» et le relogement de près de 5 000 personnes, ce qui constituerait un «appel d’air». Sa seule annonce ? L’envoi de deux compagnies de forces mobiles supplémentaires dans le secteur, ce qui portera les effectifs dédiés au maintien de l’ordre à quelque 700 policiers et gendarmes. Voilà pour la «fermeté». Mais quid de «l’humanité», autre volet censément prioritaire de la politique étatique ? Rien. Pourtant, presque au même moment, à 200 kilomètres de là, à Bruxelles, Emmanuel Macron tenait, à l’occasion d’une conférence de presse commune avec Angela Merkel, des propos d’une tout autre tonalité : «Nous devons accueillir des réfugiés, c’est notre devoir et notre honneur», a-t-il rappelé, dans la lignée de ses propos de la campagne présidentielle. Difficile de savoir ce que révèle ce hiatus entre Collomb et Macron : un véritable différend politique ou, au contraire, le résultat d’une communication assumée, avec une claire répartition des rôles (au ministère de l’Intérieur la fermeté, au Président l’humanité) ?

L’Etat assigné en justice

Jeudi, le Défenseur des droits, Jacques Toubon, avait interpellé les pouvoirs publics, recommandant qu’un «accès pérenne à l’eau soit rendu possible, ainsi que des distributions de repas adaptées aux besoins des exilés, dans des conditions dignes». Aujourd’hui, près de 500 personnes, surtout originaires d’Erythrée, d’Afghanistan et d’Ethiopie, tentent de survivre à Calais et dans ses environs. Harcelées par les forces de l’ordre, repoussées aux marges de la ville, elles sont victimes, selon Toubon, d’un «déni d’humanité». Neuf migrants ont récemment décidé de porter plainte auprès de l’IGPN, la police des polices, pour des violences.

Par ailleurs, les associations qui tentent de subvenir aux besoins élémentaires des migrants sont entravées dans leur action, par des contrôles d’identité récurrents ou des verbalisations de véhicules. Interrogé sur les distributions d’eau et de nourriture empêchées en pleine canicule, Collomb a esquivé, préférant défendre l’action de ses troupes. Pour lui, les accusations de violences policières sont «tout à fait excessives». D’ailleurs, les forces de l’ordre n’agissent-elles pas avec «beaucoup de conscience et d’humanité» face à des migrants dont le ministre a ironiquement raillé la «douceur légendaire» ? Quant aux associations, il les a invitées à aller «déployer leur savoir-faire» ailleurs qu’à Calais. Ce message, martelé devant les acteurs économiques et politiques de la région, puis répété au commissariat de la sous-préfecture, a déçu les bénévoles qui œuvrent depuis des années pour aider les migrants. Jean-Claude Lenoir, président de l’association Salam, est ressorti «démoralisé» de la réunion avec le ministre. «Il n’y a pas eu d’échange, confie-t-il. C’est limite s’il ne nous rabrouait pas. Pour Calais, il n’a rien dit, à part qu’il ne voulait pas de nouveau point de fixation.» Même désarroi chez François Guennoc, un des responsables de l’Auberge des migrants : «Sur le minimum qu’on pouvait espérer, on n’a pas eu de réponse.»

A lire aussi«Il faut mettre des actes en face des valeurs proclamées par Macron»

La donne changera peut-être lundi, puisque le tribunal administratif de Lille doit rendre une décision très attendue après que onze associations ont assigné l’Etat en justice pour exiger le minimum d’humanité à Calais. A savoir de l’eau pour boire et se laver, un accès à des toilettes, de quoi manger, une information sur les droits et la fin du harcèlement policier. En novembre 2015, l’Etat avait déjà été condamné à agir dans la «jungle», ce qui avait d’ailleurs accéléré la prise de conscience du ministre de l’Intérieur de l’époque, Bernard Cazeneuve. Verra-t-on à la même inflexion chez Gérard Collomb ? L’ancien maire de Lyon semble déterminé à ce que «l’histoire ne se reproduise pas». «On a vu que lorsqu’on laissait faire, on commençait avec quelques centaines de personnes et on finissait avec plusieurs milliers de personnes qu’on ne savait plus gérer, a-t-il expliqué. C’est pour ça que nous ne voulons pas de centre ici car à chaque fois qu’on a construit un centre, il y a eu appel d’air.»

Calais, néanmoins, restera à une trentaine de kilomètres des côtes britanniques, qui constituent depuis une vingtaine d’années l’eldorado pour des milliers d’exilés, peu impressionnés par les politiques répressives instaurées d’abord à Sangatte puis dans l’ancienne «jungle». Au-delà du tour de vis sécuritaire dans la région, également à l’œuvre dans la vallée de la Roya à la frontière franco-italienne et dans les campements de fortune du nord de Paris, Gérard Collomb a aussi annoncé qu’il allait présenter «dans les quinze jours» un «plan» à propos des migrants au président de la République pour «traiter le problème de l’asile [sic] de manière plus facile qu’aujourd’hui». Si ses contours restent flous, on devine que le ministre de l’Intérieur compte porter une attention particulière à la question des délais d’instruction des demandes d’asile. Entre les diverses procédures, a-t-il affirmé, «les gens ici restent dix-huit mois, deux ans, et ensuite ils n’en repartent plus», ce qui crée une «embolisation de l’ensemble des dispositifs». Aujourd’hui, l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) instruit les dossiers en cinq mois en moyenne, et devrait porter ce délai à trois mois en fin d’année. Soit l’objectif que lui avait assigné la loi asile votée à l’été 2015. En réalité, si certaines procédures traînent en longueur, c’est parce que la chaîne de l’asile coince… en amont. Pour déposer un dossier, les exilés doivent se présenter en préfecture et obtenir un rendez-vous. En région parisienne, il n’est pas rare de devoir patienter plusieurs mois avant d’avoir une réponse.

Le cas des «dublinés»

Autre écueil, la gestion des cas des déboutés, ces personnes à qui, à l’Ofpra puis à la Cour nationale du droit d’asile (CNDA), refusent d’accorder le statut de réfugié. Cela représente plusieurs dizaines de milliers de personnes chaque année, qui se retrouvent souvent dans une zone grise : ni régularisables ni expulsables, car originaires d’un pays considéré comme dangereux. Enfin, les «dublinés», c’est-à-dire les migrants arrivés en France mais dont le dossier doit en théorie – et en vertu du règlement de Dublin – être traité par le pays européen dans lequel ils ont été enregistrés, complexifient la donne.

Ces questions, qui ne sont pas toutes du ressort de Collomb, feront-elles l’objet d’une nouvelle loi ou l’Etat débloquera-t-il des moyens à la hauteur des ambitions énoncées par Macron ? Jeudi, le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, a glissé quelques pistes, indiquant qu’il fallait «peut-être plus de places dans les centres d’accueil et d’orientation (CAO)», qui peuvent aujourd’hui héberger près de 10 000 personnes. Mais c’est aussi la fluidité du système qu’il faudra assurer, en renforçant les effectifs, notamment dans les préfectures. La tâche n’est pas insurmontable. L’an passé, la France a reçu 85 000 demandes d’asile, bien loin du niveau d’autres pays européens comme l’Allemagne ou la Suède

Publié dans:MIGRANTS |on 24 juin, 2017 |Pas de commentaires »

C’est clair…………………………..(23/06/2017)

Collomb : «Il n’y aura pas de centre» d’accueil d’urgence à Calais

Par AFP — 23 juin 2017 à 07:20 (mis à jour à 07:24)
Gérard Collomb, le 22 juin 2017.Zoom
Gérard Collomb, le 22 juin 2017. Thomas Samson – AFP

Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a affirmé qu’il n’y aura pas d’installation de centre d’accueil d’urgence à Calais pour les migrants, dans un entretien au quotidien calaisien Nord Littoral.

  • Collomb : «Il n’y aura pas de centre» d’accueil d’urgence à Calais

Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a affirmé qu’il n’y aura pas d’installation de centre d’accueil d’urgence à Calais pour les migrants, dans un entretien au quotidien calaisien Nord Littoral à paraître vendredi.

«Si nous créons un centre sur place, il sera rapidement débordé et nous ne pourrons pas faire face à cette situation. Les précédents de Sangatte et du campement de la Lande en attestent», a affirmé le ministre de l’Intérieur. «Je me méfie des centres qui se disent prêts à accueillir des migrants pour seulement quelques jours et qui finalement durent dans le temps», a-t-il ajouté.

«Nous allons renforcer la sécurité»

Ouvert en 1999, le centre de Sangatte, près de Calais, avait rapidement été en surcapacité, avec près de 2.000 personnes contre 800 prévues quelques semaines avant sa fermeture en septembre 2002. Près de 7.000 personnes avaient été évacuées en octobre lors du démantèlement de la «Jungle» de Calais, gigantesque campement apparu au printemps 2015.

Onze associations ont défendu mercredi devant le tribunal administratif de Lille les droits fondamentaux des migrants de Calais, demandant la construction d’un centre d’accueil local.

Par ailleurs, «nous allons renforcer la sécurité avec l’arrivée de deux compagnies de forces mobiles supplémentaires pour éviter que de nouveaux campements ne se forment», a indiqué le ministre.

Le ministre veut également étendre l’éclairage sur l’autoroute A16, «cela coûte cinq millions d’euros car il est nécessaire de poursuivre les travaux qui ont permis d’éclairer une partie de la route au niveau de l’accès au tunnel sous la Manche et qui ont coûté déjà 2,7 millions d’euros que les Britanniques ont financés».

Gérard Collomb est attendu à Calais vendredi où il doit rencontrer les élus, les forces de l’ordre ainsi que les représentants du monde économique et associatif.

Liberation et AFP

Publié dans:MIGRANTS |on 23 juin, 2017 |Pas de commentaires »

Flash « franceinfo »…………………..(15/03/2017)

Logo Francetv info

  15h23
Alerte info
Migrants : après Calais, le ministre de l’Intérieur veut démanteler « le plus rapidement possible » le camp de Grande-Synthe, dans le NordLe ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux a indiqué, mercredi 15 mars, qu’il voulait « le plus rapidement possible » lancer le « démantèlement » du camp de Grande-Synthe (Nord), en raison de comportements « inacceptables » constatés sur ce site où vivent quelque 1 500 migrants. « La question n’est plus seulement aujourd’hui celle du rétablissement de l’ordre public » mais aussi « du démantèlement progressif du camp, qui doit pouvoir démarrer le plus rapidement possible », a affirmé Bruno Le Roux lors d’une audition devant une commission du Sénat. « On ne peut plus laisser les choses continuer comme cela », a-t-il estimé.
Cliquez ici pour plus d’informations
Publié dans:MIGRANTS |on 15 mars, 2017 |Pas de commentaires »

Flmash « francetvinfo »……………………………….(29/04/2016)

Logo Francetv info 18H10
ALERTE INFO
Le tribunal administratif ordonne l’expulsion des migrants du lycée Jean-Jaurés à ParisIls ont 72 heures pour quitter les lieux, « à compter de la notification de la décision ». Après le référé déposé par la région Ile-de-France, le tribunal administratif de Paris a ordonné vendredi 29 avril l’expulsion des migrants du lycée Jean-Jaurés. Ils occupaient ce lycée en travaux depuis le 21 avril.« Je suis un peu attristé. L’urgence n’était pas démontrée. Ces 300 personnes ne méritaient pas cette décision », a commenté pour francetv info leur avocat, Maître Benoit Chabert.
Publié dans:MIGRANTS |on 29 avril, 2016 |Pas de commentaires »

Migrants………………………………………….(30/03/2016)

A Paris, le campement de migrants du métro Stalingrad évacué

Le Monde.fr avec AFP | 30.03.2016 à 07h01 • Mis à jour le 30.03.2016 à 07h49

Atmosphère dans le camp de fortune où une centaine de réfugié se sont installé boulevard de la Villette dans le 19e arrondissement, sous le métro Stalingrad, à Paris, France, le 18 mars 2016.

Un campement de près de 400 migrants installé sous la station de métro Stalingrad, près de la place du même nom, dans le 19e arrondissement de Paris, a commencé à être évacué mercredi 30 mars au matin.

L’opération, lancée vers 5 heures par les services de l’Etat, la Ville de Paris et la préfecture de police, concerne plusieurs centaines de migrants, essentiellement soudanais, érythréens et afghans, installés depuis plus de trois semaines dans des tentes et sur des matelas, au milieu des détritus, sous le métro aérien.

Lire le reportage :   A Paris, l’autre bataille de Stalingrad des migrants

Bien avant le début de l’opération, des centaines de migrants, parfois avec un sac contenant leurs maigres possessions, le plus souvent les mains vides, regroupés sur les trottoirs sous les arches du métro aérien, attendaient les bus devant les emmener vers des hébergements. La circulation a été coupée sur une portion du boulevard de la Villette et la station de métro Stalingrad a été fermée.

Le campement avait déjà été évacué une première fois le 7 mars ; 393 personnes avaient alors été emmenées vers un hébergement, mais beaucoup d’autres, qui disent avoir raté les bus, étaient revenues dormir sur les lieux. En dépit des tentatives policières de ne pas les laisser se réinstaller, le camp avait très vite regrossi. Cette opération est la dix-huitième organisée à Paris depuis le 2 juin 2015, date de l’évacuation du campement de La Chapelle.

Publié dans:MIGRANTS |on 30 mars, 2016 |Pas de commentaires »

L’édito de Libération…………………………….(07/03/2013)

EDITORIAL

Pas à la hauteur

— 6 mars 2016 à 20:11

  • Pas à la hauteur

ÉDITOCalais, dernière frontière avant la terre promise, est devenu le cul-de-sac des tragédies du monde. Dans l’impossibilité d’avancer plus avant, c’est ici, dans une boue sablonneuse en bordure de rocade et de complexe industriel, à une heure à pied du centre-ville, que des milliers de migrants sont venus s’échouer. Pour y planter une tente ou construire une cabane. Et espérer, espérer toujours qu’un passage en Angleterre est possible. Même s’il faut y risquer sa vie. C’est peu de dire que la ville de Calais n’était pas taillée pour ça. Elle s’est reconstruite, après la guerre, le nez en direction du Channel, vivant longtemps au rythme des allers et retours des Anglais qui débarquaient le week-end remplir leur Caddie d’alcool et de cigarettes. Déjà secoué par la crise économique et un taux de pauvreté deux fois supérieur à la moyenne française, Calais titube entre solidarité et exaspération. Depuis une semaine, les journalistes de Libération ont sillonné la ville pour voir, écouter et tenter de comprendre. Qui peut décemment se satisfaire que cette jungle, assemblage exotique de misère mais aussi d’espoir, s’étende chaque semaine un peu plus ? A l’exception des passeurs, personne.

En guise de solution, Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur, a donné l’ordre de raser la partie sud du camp. Il avait promis concertation et non-violence. Toutes les associations ont dénoncé effet de surprise et brutalités policières. Mais le plus grave est ailleurs. Sur le papier, ce démantèlement avait pour objectif d’inciter les migrants à quitter leurs cabanes pour se mettre à l’abri, et les convaincre de faire le pari de l’asile en France. Aucun de ces objectifs n’a été vraiment atteint. La situation a empiré car elle s’est déplacée. La concentration dans la partie nord du camp s’est accrue, augmentant les risques sanitaires et de sécurité. Et, plus inquiétant encore, de plus en plus de migrants n’hésitent pas à quitter Calais pour tenter leur chance dans d’autres mini-jungles, apparues le long de la côte. La situation était compliquée mais contrôlable, elle risque de venir incontrôlable. Alors que toutes les associations anticipent une prochaine vague de réfugiés, le gouvernement n’a pas d’autre choix que d’assumer (enfin) l’ampleur de ce défi de Calais : et commencer par prolonger l’investissement réalisé en janvier avec l’ouverture sur place d’un centre d’hébergement d’urgence de 1 500 places. Il a été volontairement sous-dimensionné. Il est urgent de le revoir à la hausse. Aujourd’hui, la sixième puissance économique mondiale n’a que soixante douches à proposer aux milliers de réfugiés de Calais.

 

Publié dans:MIGRANTS |on 7 mars, 2016 |Pas de commentaires »
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