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La lettre de Laurent Joffrin……………………….(19/04/2019)

Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Touche pas à Notre-Dame ?

C’est la flèche de la discorde. Fauchée par les flammes, la fière pointe de métal et de bois qui surmontait Notre-Dame de Paris a déclenché une nouvelle querelle des anciens et des modernes, qui s’annonce aussi intense, peut-être plus, que la polémique sur la pyramide du Louvre ou les colonnes de Buren érigées dans le jardin du Palais-Royal.

Chacun prend donc la pose. Macron, Philippe, une partie de la gauche, plaident pour un nouveau «geste» architectural qui tiendrait compte des évolutions de l’art et du goût et remplacerait, au terme d’un concours de créateurs, la flèche brisée de Viollet le-Duc par une aiguille neuve aux apparences plus contemporaines. A l’opposé, le bloc des droites, dans un grand élan d’immobilisme, exige une restauration étroite et scrupuleuse, au nom de la continuité et de la religion, de l’identité identique et identitaire menacée par les démons du «présentisme».

Marine Le Pen, Laurent Wauquiez, Nicolas Dupont-Aignan, François-Xavier Bellamy, et quelques autres, tous sont prêts à rompre des lances pour cette flèche dans une émouvante levée de boucliers. Un seul mot d’ordre : sus à ce «nouveau monde» macronien et frelaté, sus au néisme galopant, au chic bobo genre Palais de Tokyo. Rendez-nous la cathédrale en l’état et fermez le ban !

Pour l’instant, personne n’a proposé de projet farfelu, et encore moins de bâtir un MacDo sur Notre-Dame, ou, comme le dit Marine Le Pen, un «rooftop» branchouille à la place de la flèche altière. Qu’importe : le choeur patrimonial fait donner les grandes orgues et retentir un seul son de cloche, ou de bourdon, bonne occasion d’invoquer «les racines chrétiennes» du vieux pays, l’impératif de la «transmission», les grandeurs de «l’héritage».

L’ennui, c’est que l’héritage en question est d’abord marqué du sceau de l’ambiguïté. Si l’on se penche sur l’histoire tourmentée des cathédrales d’Europe, on constatera vite que les «anciens» dont se réclament droite et extrême droite, étaient… furieusement modernes. Un Wauquiez du Moyen-Age, en effet, ou bien une Marine Le Pen du temps des cathédrales, eussent été révulsés par le modernisme des évêques, qui étaient à l’époque les seuls armateurs des «vaisseaux de pierre». La plupart des cathédrales gothiques – doit-on le rappeler ? – étaient auparavant romanes. Sans égard pour la continuité, «l’héritage», la «transmission», les prélats bâtisseurs ont sans vergogne piétiné la tradition pour confier à des architectes contemporains (de leur époque), la reconstruction des mêmes églises selon des plans tout différents. Ogives croisées, arcs-boutants, beffrois imposants, verticalité audacieuse, lumière éclatante colorée par les vitraux, grandes arcades, triforium, fenêtres hautes, etc. étaient certes déjà présents, pour partie, dans l’art roman. Mais ces novateurs frénétiques les ont systématisés, magnifiés, poussés à l’extrême d’une élégance aérienne : transposée aujourd’hui, ces créations quasi loufoques jetteraient dans les transes les gardiens du temple (de l’église, en l’occurrence) regroupés derrière le Rassemblement national ou Debout la France. Il s’agissait à l’époque de célébrer la grandeur de la chrétienté, l’emprise du catholicisme triomphant, d’exalter la foi céleste des fidèles, grâce à des bâtiments inédits et vertigineux. Ce fut le mot d’ordre des évêques : vive l’innovation, l’invention, la création et l’audace gothique !

Le terme même aurait créé quelques convulsions réactionnaires : n’étaient-ce pas les Goths, ces barbares, qui avaient mis à sac Rome et jeté bas l’orgueilleux empire romain – ou gallo-romain – qui est la vraie tradition de cette région de l’Europe ? Raphaël, par exemple, opposait le «gotico» aux traditions immémoriales de l’antiquité. Les évêques bâtisseurs n’en avaient cure et firent assaut de modernisme. Tout le contraire d’une «mentalité moyenâgeuse». Par la suite, au fil des siècles, les cathédrales changèrent souvent de forme, de couleur et d’ornement, selon les évolutions du goût. Celles qu’on voit aujourd’hui ne sont pas celles d’origine, qui étaient recouvertes de fresques aux couleurs qu’on jugerait aujourd’hui criardes.

Certes, la modernité ne saurait s’affranchir de toute contrainte, de tout respect pour le passé. Mais, au risque d’enrager encore plus ces vestales de la conservation, il faut rappeler que l’Eglise elle-même n’a jamais dédaigné, bien au contraire, les apports esthétiques du temps, dès lors que ses intentions d’élévation et de piété étaient respectées. Une manière, dans ce débat trop classique, de remettre l’église au centre du village, la cathédrale dans son rôle, celle d’une évolution permanente, et la tradition à sa place : une référence en esprit et non une lettre morte qu’on voudrait vainement conserver.

LAURENT JOFFRIN
Publié dans:Non classé |on 19 avril, 2019 |Pas de commentaires »

Gilets jaunes……………………………..(19/04/2019)

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« Gilets jaunes » : à Paris, les manifestations interdites samedi autour de Notre-Dame et sur les Champs-Elysées
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Publié dans:Non classé |on 19 avril, 2019 |Pas de commentaires »

La pieuvre scientiste…………………………….(19/04/2019)

  • Saint-Denis : les scientologues lancent le siège, les élus résistent

La façade de l’immeuble est pour l’instant anonyme. Bientôt, elle sera ornée de la croix à huit branches de la scientologie. A Saint-Denis, le mouvement sectaire s’apprête à installer son nouveau siège en France. Un octogone en verre de 7 331 mètres carrés, haut de cinq étages. Le bâtiment est une vitrine de choix, à deux pas du Stade du France, immanquable pour les automobilistes qui entrent à Paris par l’autoroute A1. D’après les plans d’architecte que Libération a consultés, le projet s’annonce clinquant. L’édifice doit accueillir un auditorium de 720 places, des salles de cinéma, un espace fitness, une bibliothèque, des salles de formation, des dizaines de bureaux et même quatre saunas. Au rez-de-chaussée, une librairie intégralement dédiée à Ron Hubbard, le fondateur du mouvement, mort en 1986, sera ouverte au public. Avec bien sûr une réplique à taille réelle de son bureau des années 70, comme c’est le cas dans tous les bâtiments de la scientologie à travers le monde.

Fonds d’investissement

La SCI Building Investment Group a acheté l’immeuble dans le courant de l’année 2017. L’adresse de cette société écran, dont les actionnaires sont inconnus, renvoie vers une entreprise de domiciliation sur les Champs-Elysées. Sa trace se perd dans le comté de Fairfax en Virginie, où est enregistré l’avocat américain qui l’a déclarée au registre du commerce français. Afin de garder secrète l’identité de l’utilisateur final, une clause de confidentialité a été insérée à la promesse de vente avec l’ancien propriétaire, le fonds d’investissement allemand Warburg-HIH. Montant de la transaction : 33 millions d’euros, plus 2 millions de remboursement de TVA. Pour les contrats de cette importance – une poignée par an à Saint-Denis – la procédure habituelle veut que la Ville soit mise au courant de la future activité. Soucieuse de garder de bonnes relations avec la municipalité, le «broker» en charge de la vente a fini par révéler l’usage du futur bâtiment. La mention «exploité pour les besoins de l’Eglise de scientologie» est même ajoutée à la déclaration d’intention d’aliéné, le document officiel remis aux pouvoirs publics à chaque transaction immobilière.

A LIRE AUSSI En France, un mouvement indélogeable

Depuis, la mairie a engagé un bras de fer avec la scientologie. Mais rien ne semble pouvoir empêcher sa future installation. Le mouvement a beau être qualifié de «secte» par plusieurs rapports parlementaires et ses abus largement documentés, il a le droit avec lui. A tel point que les élus se gardent de l’attaquer trop frontalement. Officiellement, ils restent «très vigilants». En réalité, ils ont envisagé de préempter le bâtiment, le seul moyen légal d’empêcher l’installation. Mais sans projet à substituer à celui de la scientologie, la mairie s’expose à être condamnée pour pratique discriminatoire. «C’est aberrant, s’offusque David Proult, adjoint PCF en charge à l’urbanisme et vice-président de Plaine Commune, l’établissement public territorial qui regroupe les agglomérations du secteur. Pour préempter un bâtiment, il faut justifier d’un intérêt public. Or aujourd’hui, empêcher un mouvement sectaire de s’installer dans une ville n’est pas reconnu comme d’intérêt public dans le droit français.» D’autant plus que les avocats des parties adverses sont prêts à porter plainte à la moindre occasion. Suspectant la mairie de ralentir délibérément la vente après un rendez-vous annulé, l’un d’entre eux s’est fendu d’une lettre recommandée pour dénoncer une «attitude discriminatoire à l’égard de [la scientologie]» et brandir la menace d’un procès.

Sans levier d’action, la municipalité attend l’aide de l’Etat. «Mais on n’est pas suffisamment soutenu», déplore le maire communiste, Laurent Russier, dont les courriers au ministère de l’Intérieur et à la préfecture de Seine-Saint-Denis sont restés lettre morte. Il y a bien la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), sans président depuis six mois. «C’est une coquille vide, tacle le député communiste de Seine-Saint-Denis Stéphane Peu. Leur réponse c’est « on va informer les gens pour dire qu’il faut se méfier ». Eux-mêmes ne peuvent pas faire quoi que soit.» Le 19 mars, le parlementaire a déposé une question écrite à l’Assemblée nationale, adressée à Bruno Le Maire, ministre de l’Economie. Il lui demande d’annuler la vente et d’engager des poursuites contre Warburg-HIH, le fonds d’investissement qui a vendu le bâtiment à la scientologie en toute connaissance de cause.

Faux nez

En attendant une hypothétique réponse, la direction de l’urbanisme inspecte chaque pièce du dossier à l’affût de la moindre erreur de procédure. Petite victoire : elle a réussi à justifier un refus d’autorisation de travaux car le bâtiment va changer d’affectation. Il faudra donc passer par un permis de construire, beaucoup plus contraignant et qui nécessite l’aval de la préfecture. Mais en face, la scientologie a le temps et les moyens de mener bataille. Pour rénover le bâtiment, elle a fait appel à Gensler, la plus grande agence d’architecture au monde avec plus de 5 000 employés et un chiffre d’affaires annuel de 1,2 milliard de dollars (environ 1 milliard d’euros). Depuis le milieu des années 2000, le mastodonte est le prestataire régulier de «l’Eglise» pour ses projets architecturaux. La maîtrise d’ouvrage est assurée par le cabinet Currie & Brown, là encore un géant mondial dans le secteur du conseil en construction, déjà engagé par la scientologie auparavant. Sur place, les deux multinationales s’appuient sur le travail de trois agences d’architecture françaises, épaulées par un cabinet d’avocats. Sollicités par Libération, aucun des prestataires engagés sur le projet n’a souhaité nous répondre, en vertu d’une clause de confidentialité signée avec leurs clients.

En parallèle, le mouvement sectaire prépare le terrain à sa future installation. Depuis le début de l’année, l’association le Chemin du bonheur multiplie les opérations de communication dans la ville. Cette structure, qui se présente parfois sous le nom de Plus cool la vie, est l’un des principaux faux nez de la scientologie en France. En février, ses bénévoles contactent par téléphone et courrier les présidents d’associations de Saint-Denis – allant d’une Amap à une compagnie de danse – afin de proposer leurs services… Sans jamais mentionner la scientologie, bien sûr. Le Chemin du bonheur déploie aussi ses tentes sur la place de la gare afin de distribuer des fascicules, sans que la préfecture n’y ait à redire. En septembre 2018, l’association organisait même une opération de ramassage d’ordures dans la cité des Franc-Moisin, suscitant l’enthousiasme d’une partie des habitants.

La scientologie est pourtant en perte de vitesse. En France, ses responsables avancent régulièrement le chiffre de 40 000 adeptes. Selon un ancien cadre qui les a quittés au début des années 2010, ils seraient à peine 400. Le Celebrity Centre, sa vitrine ouverte à Paris en 1985, a le plus grand mal à attirer des artistes, son objet initial. Dans ce contexte, difficile d’imaginer la branche française capable de financer un bâtiment comme celui de Saint-Denis. «Cela ne fait aucun doute que l’argent vient largement de la maison mère», commente Mike Rinder, qui a quitté la scientologie en 2007, après avoir assisté pendant vingt ans le dirigeant actuel, David Miscavige. Depuis 2004, ce dernier planifie le développement d’«org idéales» partout dans le monde. En charabia scientologue, cette expression désigne des complexes géants dans lesquels les adeptes peuvent réaliser tous les exercices nécessaires (et payants) à leur accomplissement. Au menu, «programme de purification» dans des saunas et «séances d’audition». Lors de ces entretiens individuels, les adeptes sont incités à livrer leurs traumatismes les plus secrets à des cadres plus expérimentés et à explorer leurs vies antérieures. Une technique d’emprise.

«Fisc»

Ces dernières années, des «org idéales» ont déjà ouvert à Stuttgart, Amsterdam ou encore Budapest. A chaque fois, des inaugurations tape-à-l’œil, à grand renfort de fanfares et de cotillons, pour faire la communication du mouvement. «L’objectif est de convaincre les donateurs que la scientologie s’étend partout dans le monde, décrypte Mike Rinder. Mais après la coupure du ruban d’inauguration, les bâtiments sont tous les mêmes : vides.» Reste à savoir pourquoi la scientologie investit massivement dans des biens immobiliers alors que le mouvement est moribond. La réponse est peut-être liée à la situation fiscale de l’organisation. Considérée comme une église par le gouvernement américain, la scientologie ne paie pas d’impôts outre-Atlantique. En contrepartie, elle est obligée de dépenser son argent dans des projets d’intérêt public. «L’achat de biens immobiliers permet d’éviter une accumulation excessive de capital qui la mettrait en délicatesse avec le fisc, tout en lui permettant des investissements sûrs», estime Jeffrey Augustine, un ancien adepte qui anime le site The Scientology Money Project. Les actifs immobiliers de la scientologie à travers le monde sont estimés à 3,5 milliards de dollars.

Sollicité par Libération, le service presse de la maison mère, à Los Angeles, n’a pas répondu, pas plus que Martine Rhein, la porte-parole du mouvement en France. Son médiatique prédécesseur Eric Roux, dorénavant vice-président du bureau européen de la scientologie, jure avoir appris l’achat du bâtiment de Saint-Denis par «une alerte Google».

Robin d’Angelo

 

Publié dans:Non classé |on 19 avril, 2019 |Pas de commentaires »

Bonne question………………………………..(18/04/2019)

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Supprimer l’ENA… mais pour la remplacer par quoi ?
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Publié dans:Non classé |on 18 avril, 2019 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………………………(18/04/2019)

Libération 17 avril 2019
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Haro sur l’ENA

Il fallait un bouc émissaire : pourquoi pas l’ENA ? Etrange paradoxe de la scène française. On prend une sanction symbolique contre les hauts fonctionnaires, qui pourtant obéissent en tout point aux politiques, qui sont en général dévoués à l’intérêt public et qui sont, tout de même, rarement milliardaires. Dans le même temps, le bon peuple est convié à s’esbaudir de la générosité des vrais milliardaires, qui ouvrent leur cassette pour financer la reconstruction de Notre-Dame, mais qui, semble-t-il, portent une responsabilité dans les inégalités dont se plaignent les gilets jaunes et une bonne partie des Français. Haro sur l’Etat, vive le privé ! Drôle de conception de la République.

Réformer le mode de sélection des grands commis, pourquoi pas ? Leur représentativité sociale est faible (2% de fils d’ouvriers à l’Ecole nationale d’administration), il serait donc utile d’aller vers plus de diversité sociale. De même, la consécration précoce d’une mince phalange de super-fonctionnaires polyvalents, qui reçoivent à 25 ans l’oint du Seigneur qui leur garantit une carrière météorique, pratiquement quoi qu’ils fassent, pose un problème méritocratique. Le mérite s’apprécie aussi à l’ouvrage, pas seulement à la capacité à passer un concours difficile à la fleur de l’âge. Réforme, donc. Mais Emmanuel Macron, dans le texte qui a fuité depuis deux jours, parle de «suppression». Ce qui pose aussitôt la question : quoi donc à la place de l’ENA ? On se souvient que la création de l’école, préparée par Maurice Thorez, mesure emblématique voulue par les résistants qui ont changé le pays après la guerre, avait marqué un progrès républicain considérable. C’est ensuite que le système s’est dévoyé. Donc, s’il s’agit d’ouvrir le recrutement tout en conservant l’excellence technique, de moderniser l’enseignement, de diversifier les sources idéologiques des programmes, fort bien. Mais s’il s’agit de créer une autre ENA à la place de l’ENA, sans prévoir les mécanismes adéquats qui changeront sa composition sociale et ses modalités de promotion une fois les diplômes acquis, ou, pire, si l’on envisage de recruter sur dossier au nom de l’ouverture au privé, en perdant l’anonymat qui reste une condition de l’équité, on aura seulement, par un tour de bonneteau, fait des concessions inutiles au poujadisme ambiant.

LAURENT JOFFRIN
Publié dans:Non classé |on 18 avril, 2019 |Pas de commentaires »

Bonne nouvelle……………………………..(17/04/2019)

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Dioxyde de titane : l’additif E171 sera interdit dans les denrées alimentaires en France à partir du 1er janvier 2020
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Notre Dame…………………………………….(17/04/2019)

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Dégâts, reconstruction, assurances… On répond aux questions que vous vous posez sur l’incendie qui a ravagé Notre-Dame de Paris
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La lettre de Laurent Joffrin……………………….(16/04/2019)

Libération 16 avril 2019
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

La cathédrale humaine

Notre-Dame pour tous… En quelques minutes, l’émotion suscitée par l’incendie de la cathédrale de Paris s’est changée en vague planétaire. Réactions innombrables, témoignages de soutien, sidération internationale : le monde entier a été frappé au cœur par cet incendie ravageur, il a tremblé pour les deux tours menacées par les flammes, lointain écho du 11 septembre, il a produit un élan sans frontières de compassion et de solidarité. Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?

Quelques idiots ont suggéré que la chute de la flèche qui surmontait l’édifice symbolisait celle, prochaine, de la civilisation française, ou même de la chrétienté tout entière. C’est le contraire qui est vrai : une fois le choc éprouvé, il n’est question que de souscription, de mobilisation, de reconstruction, de projets d’avenir. Une nouvelle fois, les sociétés démocratiques montrent qu’elles n’ont rien à envier aux autres en matière de résilience et d’opiniâtreté.

Pourquoi cette émotion mondialisée ? Pourquoi Français et étrangers ont-ils pensé que c’était, somme toute, une part d’eux-mêmes qu’ils voyaient partir en fumée ? Les «racines chrétiennes», diront certains. C’est une petite partie de la réalité, attestée par les groupes en prière rassemblés autour du bâtiment dévoré par les flammes, incarnée par la conscience meurtrie de la France catholique. Mais Notre-Dame, on le sent bien, est tout autre chose. Identité française ? A coup sûr. Entre Jeanne d’Arc, Henri IV, Louis XIV, Napoléon, De Gaulle ou l’abbé Pierre, une partie de l’histoire du pays s’est déroulée sous ces ogives lancées vers le ciel. Le «fonds indivisible d’impressions, d’images, de souvenirs, d’émotions» qui forme l’attachement à la Nation (Jaurès) a été incendié : chacun se sent atteint. A quoi fait écho Marc Bloch : «Qui n’a pas vibré au sacre de Reims et à la fête de la Fédération n’est pas vraiment français.» Chrétienne mais aussi républicaine – voir la Libération de Paris et le Te Deum pour la Résistance – Notre-Dame est une pièce de cet édifice de mémoire qui unit un pays, au-delà de ses déchirements, quand la cathédrale, joyau du patrimoine populaire, est un sémaphore pour ce peuple parisien rebelle et patriote à la fois. Victor Hugo l’avait compris, qui en a fait un monument du peuple, plus que des prêtres et des puissants. On lui a même reproché, à la parution du roman, d’avoir mis de côté sa force spirituelle, au profit de passions trop humaines, celles de Frollo, d’Esmeralda et de Quasimodo.

Mais il y a plus. Dans le monde tourmenté par les conflits de tous ordres, dans un paysage culturel agité par les réseaux et l’omniprésence des médias de l’éphémère, Notre-Dame de Paris est un môle de paix et de profondeur de temps. La religion de la culture, dans les sociétés modernes, est aussi forte que la religion tout court. L’hymne à la beauté et à l’harmonie d’un monument révéré vaut tous les cantiques de tous les cultes. La culture, l’histoire, le passé, l’esthétique, réunissent par l’émotion ce que la philosophie des droits de l’homme rassemble par la force des principes. Le respect pour les œuvres offre un pendant affectif à la froideur de l’universalisme. Comme la liberté et l’égalité en sont l’esprit, l’amour de la culture en est l’âme, qui vient compléter, corriger, transcender, la froideur de la civilisation technicienne.

LAURENT JOFFRIN
Publié dans:Non classé |on 16 avril, 2019 |Pas de commentaires »

Les « annonces » de Macron…………………….(16/04/2019)

Cette allocution présidentielle devait être le point d’orgue du grand débat national mis en place en janvier pour répondre à la colère des « gilets jaunes ». Une intervention télévisée annulée à la dernière minute, lundi 15 avril, en raison de l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Franceinfo a pu prendre connaissance des principales mesures qui devaient être annoncées par Emmanuel Macron et que l’Elysée refuse désormais de commenter. Des annonces que le chef de l’Etat a souhaité reporter pour « respecter un temps de recueillement et avoir la responsabilité qui s’impose dans ce moment de grande émotion nationale », a précisé l’Elysée dans un communiqué.

 

Un référendum d’initiative partagée plus accessible, des RIC locaux

Emmanuel Macron ne ferme pas totalement la porte au référendum d’initiative citoyenne (RIC). Le président avait prévu, lors de son allocution, de citer cette revendication phare des « gilets jaunes ». Avec un bémol de taille : ces scrutins ne pourraient être organisés que pour des sujets d’intérêts locaux.

Le chef de l’Etat devait, en outre, se dire favorable au fait de faciliter l’organisation du référendum d’initiative partagée (RIP). Ce mécanisme, qui existe déjà dans la Constitution, n’est actuellement possible qu’avec l’obtention des signatures de 185 parlementaires, et de 10% du corps électoral. Enfin, Emmanuel Macron avait prévu d’annoncer la mise en place d’une convention de 300 citoyens tirés au sort pour travailler sur le thème de la transition écologique.

Une baisse de l’impôt sur le revenu

Autre mesure phare qu’Emmanuel Macron avait prévu d’annoncer : un moratoire sur des hausses d’impôts, ainsi qu’une baisse de l’impôt sur le revenu. Une baisse qui serait financée par la suppression de niches fiscales, la réduction de la dépense publique, mais aussi « la nécessité de travailler davantage », selon ce qu’avait envisagé le chef de l’Etat, sans plus de précisions.

En revanche, le président n’avait pas l’intention de revenir sur la réforme de l’impôt sur la fortune, depuis rebaptisé impôt sur la fortune immobilière (IFI). Comme il s’y était déjà engagé par le passé, une évaluation de cette réforme sera engagée afin, éventuellement, de la corriger.

 

La pérennisation de la prime exceptionnelle de fin d’année

En décembre, lors du dévoilement de la première batterie de mesures pour calmer la colère des « gilets jaunes », Emmanuel Macron avait annoncé la mise en place d’une prime exceptionnelle entièrement exonérée d’impôts et de charges, versée par les employeurs sur la base du volontariat. Le chef de l’Etat avait prévu d’annoncer lundi soir sa pérennisation. Elle pourrait donc être versée chaque année.

 

Les retraites de moins de 2 000 euros à nouveau réindexées sur l’inflation

Après le recul du gouvernement sur la hausse de la CSG, Emmanuel Macron avait prévu de donner de nouveaux gages aux retraités modestes, en réindexant les pensions de retraite sur l’inflation. Dans le budget 2019, une hausse de 0,3% des pensions était prévue, bien loin du niveau de l’inflation (estimée à 1,6%). Lundi soir, Emmanuel Macron avait prévu d’annoncer la réindexation des retraites inférieures à 2 000 euros.

Autre mesure de solidarité que comptait annoncer le président : la garantie par l’Etat des pensions alimentaires des mères isolées.

 

Un moratoire sur les fermetures d’écoles et d’hôpitaux

Ce devait être l’un des engagements forts de cette allocution présidentielle. Emmanuel Macron avait prévu d’annoncer la fin des fermetures d’écoles ou d’hôpitaux d’ici à la fin du quinquennat. Par ailleurs, le chef de l’Etat avait prévu d’annoncer l’intensification du dédoublement des classes en CP et CE1 dans les zones d’éducation prioritaire. Autre grande annonce qui aurait dû être faite lundi soir : des classes de 24 élèves maximum de la grande section de maternelle au CE1.

 

La suppression de l’ENA

Emmanuel Macron avait prévu d’annoncer une refonte profonde de la haute fonction publique, avec une mesure choc : la suppression de l’Ecole nationale d’administration (ENA), dont il est lui-même issu. Il entend ainsi favoriser l’égalité des chances et le mérite.

 

AUSSI SUR MSN: Incendie à Notre-Dame: «Cette cathédrale, nous la rebâtirons» annonce Emmanuel Macron

Publié dans:Non classé |on 16 avril, 2019 |Pas de commentaires »

Un chef d’oeuvre en flammes….quelle tristesse………….(15/04/2019)

A 18 h 50, les premières flammes ont été vues sous la flèche. La pointe est peu à peu devenue rouge comme une allumette. A peine une heure plus tard, à 19 h 57, cette structure de 93 mètres s’est écroulée. «C’est atroce à voir, c’est absolument dramatique», nous déclarait alors l’adjoint à l’urbanisme Jean-Louis Missika, la voix nouée.

A quelques mètres de là, la maire de Paris, Anne Hidalgo, le préfet, Didier Lallement, le ministre de la Culture, Franck Riester, et le secrétaire d’Etat auprès du ministère de l’Intérieur Laurent Nuñez étaient réunis. Ce dernier faisait le point : «Le feu s’est déclaré au niveau de la toiture, son origine n’est pas connue. Des moyens très importants ont été engagés. Un effondrement s’est produit à l’intérieur du site et les pompiers sont à l’œuvre. Il n’y a pas de blessés. Les pompiers ont fait le maximum pour sauvegarder l’ouvrage.»

Arrivé peu après avec le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale, Emmanuel Macron a évoqué l’«émotion de toute une nation»qui voit «brûler cette part de nous». Edouard Philippe s’est entretenu avec les pompiers puis s’est rendu avec le chef de l’Etat dans la caserne de la Cité, où se trouve la préfecture de police.

A LIRE AUSSIDe la Reine Margot à la Libération, Notre-Dame ou l’église de la nation

Dans ce quartier touristique, la sidération a tout de suite été totale. L’île de la Cité est fermée. De l’île Saint-Louis voisine, on voit les piliers de la nef rougies par les braises. Le long de la Seine, sur une berge de l’île Saint-Louis, une foule est rassemblée. Un mélange de Parisiens et de touristes, les yeux tournés vers la cathédrale. Téléphones brandis, beaucoup filment le désastre, sans un mot. Comme médusés face à ce qui est en train de se passer sous leurs yeux. A 20 h 15, l’incendie n’est toujours pas maîtrisé, les flammes continuent de plus belle. Un épais nuage blanc-jaune s’élève vers le ciel. Des gens pleurent. Une mère et sa fille observent. «Pourvu que les tours ne brûlent pas aussi», dit la seconde, la main sur la bouche, choquée. Une habitante du IVe arrondissement, un mouchoir en papier à la main pour sécher ses larmes, vient d’arriver : «Ça fait mal au cœur un trésor pareil. C’est l’âme de Paris.»

Que s’est-il passé ? Le procureur de Paris, Rémy Heitz, a souligné qu’il était «trop tôt» pour connaître l’origine du sinistre. Le parquet vient de saisir la police judiciaire. En haut de la cathédrale, les pompiers sont à l’œuvre, comme en témoignent les silhouettes en uniforme coloré, qui détonnent avec la pierre ocre, au niveau de la toiture. «Ça fait mal au coeur quand même», déclare un policier chargé du périmètre de sécurité, alors que la nuit commence à tomber.

A LIRE AUSSIEmotion unanime de la classe politique devant l’incendie de Notre-Dame

A 21 heures, rien n’indiquait que l’incendie était totalement maîtrisé. Les inquiétudes restaient fortes quant au sort des tours. Dans les milieux religieux, on craignait que l’effondrement de la flèche n’ait définitivement détruit le chœur sculpté en bois du XIVe siècle, l’une des œuvres remarquables de l’édifice.

Rejoignant involontairement la suggestion de Donald Trump, une vieille dame s’écrire en pleurs : «Pourquoi n’envoient-ils pas les Canadair ? C’est plus qu’un bâtiment qui brûle, c’est notre histoire. Je suis effondrée.»

«Comme prêtre, je ressens très fortement ce drame, nous dit Olivier Ribadeau Dumas, porte-parole de l’épiscopat. J’y ai été ordonné mais Notre-Dame et aussi un symbole de l’unité de la nation, là où se retrouvent les Français lors des drames.»

Une cellule de crise a été ouverte à l’hôtel de ville. «Notre -Dame est solide. Nous la reconstruirons», dit Emmanuel Grégoire.

Jérôme Lefilliâtre Charles Delouche Julie Brafman

Lineration.fr

Publié dans:Non classé |on 15 avril, 2019 |Pas de commentaires »
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