Archive pour la catégorie 'Non classé'

Jonas tel qu’en lui-même………………….(10/07/2018)

En voulant permettre au président de la République de dialoguer avec les parlementaires, comme le fait déjà le Premier ministre, Macron poursuit le détricotage de la Constitution engagé par Chirac et Sarkozy.

Deux morts avec une seule balle ! Il fallait le faire… Emmanuel Macron vient de s’y employer. S’il parvient à obtenir une révision de la Constitution incluant l’amendement qu’il a dévoilé lundi 9 juillet devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles, il aura réussi à tuer à la fois la fonction du Premier ministre et celle du président de la République, telles qu’elles sont définies dans la Constitution de 1958.

Sous la Ve République, dans l’esprit de ses fondateurs, il revient au  Premier ministre, chef de la majorité et responsable devant le Parlement, de gouverner et de ferrailler avec les élus dans l’Hémicycle. Le président, lui, définit l’orientation de la politique et s’occupe du domaine « réservé », international, défense, etc… Et il est protégé des basses querelles parlementaires par son « fusible » de Matignon. Bien sûr, avec l’instauration du quinquennat, la coïncidence parfaite entre l’élection présidentielle et les élections législatives, l’accélération du temps politique et l’américanisation de la société, voilà belle lurette que la pratique a évolué et que le président, omniprésent, se « matignonise » en gouvernant lui-même.

 

 

Bricolage institutionnel

De là à passer de l’Olympe à la basse-cour… C’est pourtant ce pas-là que Macron vient de franchir allègrement, dans le but de piéger Jean-Luc Mélenchon et lui ôter l’argument du monarque tout-puissant. Mais à changer la Constitution par tactique politique, on prend souvent de grands risques à long terme. L’an prochain, une fois cette réforme adoptée, le chef de l’Etat pourra donc s’adresser aux parlementaires au Congrès, écouter la réponse des différents orateurs et leur répondre à son tour. Pour peu qu’il y ait au menu quelques sujets qui fâchent, il pourrait aussi se faire siffler et huer… comme un vulgaire Premier ministre. Non seulement, le chef de l’Etat remplacera alors le chef du gouvernement, mais il contribuera à désacraliser la fonction présidentielle. Un comble pour celui qui a voulu rétablir la verticalité du pouvoir !

En tout cas, la cohérence voudrait qu’Emmanuel Macron aille au bout de la logique, autrement dit qu’il mette en place, ou bien, un véritable régime parlementaire, ou bien, un véritable régime présidentiel. Voilà qui aurait le mérite de la clarté et mettrait un terme à ce bricolage institutionnel incessant qui a fini par produire un système bâtard.

Mais, dans les deux cas, il devrait évidemment renoncer à son droit de dissolution de l’Assemblée nationale. Pas plus que Nicolas Sarkozy en 2008, lorsqu’il avait modifié la Constitution pour autoriser le chef de l’Etat à s’exprimer devant le Congrès, Emmanuel Macron ne semble songer à se passer de cette arme absolue pour calmer les députés rebelles… Le dialogue, oui. Le désarmement, non.

Carole Barjon

L’OBS
Publié dans:Non classé |on 10 juillet, 2018 |Pas de commentaires »

Le Congrès du roitelet……………………(10/07/2018)

Emmanuel Macron a retrouvé les ors de Versailles. Un an après son discours devant les parlementaires, le président de la République a retrouvé le Congrès, lundi 9 juillet, pour rappeler le cap de son mandat.

M. Macron a commencé, peu après 15 heures, par revenir sur les élections de 2017, affirmant ne pas avoir oublié « les peurs, les colères accumulées pendant des années, qui ont conduit notre pays à ce choix ». Ces peurs « n’ont pas disparu en une année », a-t-il dit, avant de saluer les « chantiers d’une ampleur jamais vue » engagés par les députés et les sénateurs depuis son arrivée au pouvoir il y a un an.

Retrouvez l’intégralité   du discours d’Emmanuel Macron devant le Congrès

Il a ensuite passé en revue plusieurs dossiers et fait quelques annonces, voici les principales :

  • Répondre aux parlementaires

Emmanuel Macron a annoncé vouloir déposer un amendement à la réforme constitutionnelle afin qu’il lui soit permis, dès l’année prochaine, de rester au Congrès pendant les débats parlementaires suivant son allocution – le président a promis l’an dernier de revenir chaque année devant le Congrès.

M. Macron entend ainsi répondre « aux pires reproches » faits « à cette procédure » alors que certains parlementaires ont choisi de boycotter le rendez-vous, dénonçant une rencontre « surfaite » ou encore un exercice « autocratique, monarchique ». Le format actuel du Congrès, qui veut que le président quitte les parlementaires après son allocution, a été acté lors d’une réforme soutenue par Nicolas Sarkozy, en 2008.

Lire :   Ces élus qui boycottent le Congrès d’Emmanuel Macron

La révision constitutionnelle doit être examinée à partir de mardi en première lecture dans l’hémicycle de l’Assemblée.

  • Construire l’Etat providence du XXIe siècle

Le rendez-vous précédemment annoncé avec les principales organisations patronales et syndicales, prévu le 17 juillet, doit permettre de « jeter les bases d’un nouveau contrat social, celui du siècle qui s’ouvre », a déclaré Emmanuel Macron.

« C’est à son élaboration comme au détail de sa mise en œuvre que je veux les inviter », a-t-il ajouté, précisant vouloir aborder « la réforme de l’assurance chômage ou la santé au travail » dans « un esprit constructif ».

Lire aussi :   Les « transformations » voulues par Macron tardent à voir le jour

  • Dépenses publiques : faire des « choix forts » pour serrer la vis

M. Macron a promis « des choix forts et courageux » pour engager la baisse des dépenses publiques, qui seront annoncés « dans les prochaines semaines » par le premier ministre.

« Tout le monde souhaite la baisse des impôts (…), mais nul ne veut jamais les assumer lorsqu’elles sont décidées, a-t-il fait valoir. Il ne saurait y avoir de baisse de la fiscalité ou de développement de l’investissement sans un ralentissement de la hausse continue de nos dépenses ».

La France a officiellement quitté à la fin juin la procédure pour déficit excessif qui était ouverte contre elle depuis 2009 par la Commission européenne.

Cette baisse des dépenses « s’accompagnera d’une réorganisation de l’Etat à travers plus de présence sur les territoires, plus de souplesse de gestion », a affirmé le président. « D’ici la fin de l’année, le premier ministre présentera l’ensemble de ces décisions pour la transformation indispensable de l’action publique », a-t-il insisté.

  • Refondre le régime des retraites

A quelques mois de la réforme des retraites voulue par le président, « faire croire que nous voudrions supprimer les pensions de réversion est une rumeur malsaine, visant à faire peur », a tenu à dénoncer le chef de l’État.

Comprendre :   qu’est-ce que la pension de réversion ?

« Dès 2019 nous refondrons notre régime de retraite pour protéger mieux ceux dont les carrières sont hachées, instables, atypiques », ce qui concerne « bien souvent les carrières des femmes », a-t-il déclaré devant le Congrès.

« Rien ne changera pour les retraités d’aujourd’hui », a-t-il affirmé, déclenchant des exclamations dans les rangs des parlementaires.

  • Mise en œuvre du plan pauvreté en 2019

Reporté à la rentrée par le gouvernement, le plan pauvreté, sera présenté « en septembre » et mis en œuvre « en 2019 », a confirmé Emmanuel Macron, en promettant « un accompagnement réel vers l’activité » pour les personnes « les plus fragiles ».

« Elle ne se contentera pas de proposer une politique de redistribution classique, mais une politique d’investissement et d’accompagnement social. Non pas de nouvelles aides, en solde de tout compte, mais un accompagnement réel vers l’activité », a-t-il ajouté.

La présentation du plan pauvreté, issu d’une concertation lancée en grande pompe à la fin 2017, devait initialement être faite le 10 juillet. La semaine dernière, elle a été reportée à la rentrée, suscitant la déception et les critiques des associations.

  • Donner un « cadre » à l’islam dès l’automne

« La République n’a aucune raison d’être en difficulté avec l’islam », a affirmé Emmanuel Macron, soulignant que « dès l’automne, un cadre et des règles » seront donnés à ce culte, « garantissant qu’il s’exercera partout de manière conforme aux lois de la République ».

Lire aussi :   Collomb et Philippe pressent les responsables musulmans d’agir

M. Macron avait confié en février son intention de « poser les jalons de toute l’organisation » de la deuxième religion de France. A la fin juin, le gouvernement a annoncé le lancement « d’assises territoriales » destinées à réformer l’organisation de ce culte ainsi que son financement. Cette « grande concertation » devra être organisée par chaque préfet « d’ici au 15 septembre », en vue d’améliorer la représentation institutionnelle du culte musulman, le financement des mosquées et la formation des imams et aumôniers.

  • Appel à la « solidarité » européenne pour répondre à la crise migratoire

Alors que l’Europe est secouée par une intense crise diplomatique à propos de la question migratoire ces dernières semaines, M. Macron a affirmé que « ce sujet ne peut être réglé ni dans l’émotion, qui crée la confusion, ni dans la fermeture et le repli nationaliste ».

« Toute politique nationaliste de court terme ne réglera en rien la situation migratoire », a insisté le président, qui a été au centre d’une violente passe d’armes avec l’exécutif italien avant l’accord sur la gestion des flux migratoires arraché par les 28 Etats membres de l’Union européenne fin juin à Bruxelles.

« L’essentiel de nos réponses passe par un renforcement de nos frontières communes en Europe et par une politique de responsabilité et de solidarité au sein de l’Europe », a ajouté le chef de l’Etat.

Et de souligner :

« Jamais la France n’acceptera les solutions de facilité que d’aucuns aujourd’hui proposent, qui consisteraient à organiser des déportations, à travers l’Europe, pour aller mettre dans je ne sais quel camp, à ses frontières ou en son sein ou ailleurs, les étrangers » non admis en France.

M. Macron a ainsi affirmé que la « véritable frontière en Europe » était celle qui sépare « progressistes » et « nationalistes » et que leur affrontement serait au cœur des élections européennes de 2019. « Ce sera difficile, mais le combat est clairement posé », a-t-il déclaré.

Lire aussi :   Les migrants, thème déjà central des élections européennes

  • Macron se défend d’appliquer une politique pour « les riches »

Assurant vouloir défendre par sa politique « les entreprises » et « non pas les riches », le chef de l’Etat a assuré qu’il n’aimait « ni les castes, ni les rentes, ni les privilèges ».

Comprendre :   Les mesures de la première année d’Emmanuel Macron avantagent-elles vraiment les plus riches ?

« Une politique pour les entreprises, ce n’est pas une politique pour les riches. C’est une politique pour toute la nation, une politique pour l’emploi, une politique pour les services publics », a-t-il déclaré, tandis qu’il est accusé par ses opposants d’être « le président des riches ». « Il est mensonger de vouloir défendre les salariés si l’on ne défend pas les entreprises », a ajouté M. Macron, justifiant les réformes fiscales mises en place depuis un an par la nécessité de renforcer la compétitivité de la France.

Lire aussi :   Un an après son élection, Emmanuel Macron tient-il ses promesses de campagne ?

Le Monde.fr

Publié dans:Politique |on 10 juillet, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………..(09/07/2018)

Libération 09 juillet 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

L’entêté de Versailles

Trop long, comme toujours. Ainsi que dirait Audiard : c’est curieux, chez Macron, ce besoin de faire des phrases… Une heure et demie de discours devant le Congrès réuni à Versailles. Pour un président concentré sur les grandes orientations du pays, voilà une prolixité contre-productive, comme s’il fallait conjurer par l’abondance des mots les critiques et les déceptions exprimées dans le pays. Comme si, au passage, il n’y avait plus de Premier ministre, puisqu’on a assisté au double développement d’un plaidoyer touffu sur l’action passée et d’une description détaillée de la politique à venir, habituellement dévolues au chef du gouvernement. Un chef réduit au rôle ingrat d’exécutant transparent du plan tombé de l’Olympe.

«Je suis humble», dit le président. On pense au mot de Sacha Guitry : «en matière de modestie, je suis imbattable». Celui qui proclame son humilité se met d’autant plus en valeur. Mais au fond, l’intention est bonne. Laissons ce point au président.

Plus sérieux : dans ce mélange de mea culpa et de profession de foi, un point retient l’attention, sur lequel le président s’accroche comme à un credo. Macron n’est pas le «président des riches», dit-il, mais celui qui veut mettre fin aux «inégalités de destin». Louable volonté : c’est un fait que l’inégalité des chances s’est enkystée en France, malgré les efforts de tant de gouvernements. Qui peut se plaindre qu’on tente d’arracher chacun à l’assignation sociale née de son origine, de favoriser la mobilité sociale, de «réparer l’ascenseur social». Chaque homme du rang, tel le soldat de l’an II, a son bâton de maréchal dans sa giberne : quoi de plus républicain ? Mais cet appel à l’émancipation individuelle s’oppose, bien sûr, à l’égalitarisme socialisant du «vieux monde». Aide-toi et la société t’aidera : voilà qui économisera «un pognon de dingue».

Problème : tout le monde ne peut pas être «premier de cordée», même si cette place enviable est ouverte à tous. Macron raisonne comme si, pour ne plus être le «président des riches», mais celui de tous les Français, il suffisait que tous les Français deviennent riches. Version «en marche» du rêve américain, qui est un mythe utile, mais un mythe tout de même. Le bon vieux socialisme professait à l’inverse que chacun, quelle que soit sa place dans la société, en bas, en haut ou au milieu, avait droit à une protection, une dignité, une sécurité, quand bien même ses rêves d’ascension, d’enrichissement, seraient déçus. Il remarquait aussi que «l’inégalité de destin» était souvent déterminée par l’inégalité tout court, celle de la situation d’origine, et que réduire la deuxième, c’était aussi combattre la première. Bref, qu’une politique égalitaire englobait tout l’être social, et pas seulement la capacité à échapper au déterminisme de classe. Mais c’était, il est vrai, la naïve ambition du vieux monde… Place à la compétition, à la concurrence, à la course implacable vers le sommet, du moment que tous soient sur la même ligne de départ. Libéralisme contre social-démocratie : on n’en sort pas.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 9 juillet, 2018 |Pas de commentaires »

PS……………………….(03/07/2018)

PS............................(03/07/2018) dans Politique upload-file-20222272018

Publié dans:Politique |on 3 juillet, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………….(28/06/2018)

Libération 28 juin 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Alerte météo sur la macronie

Ce n’est pas la fin de «l’état de grâce». Ce vieux concept n’existe plus. En ce bas monde politique, il n’y a plus ni état – tout bouge tout le temps – ni grâce. Mais c’est la fin de l’indulgence. Il était beaucoup pardonné à Emmanuel Macron en raison de sa jeunesse, de sa nouveauté, de son alacrité, de son appétit de réforme. Cette période se termine. Signaux faibles : ses blagues plus ou moins contrôlées passent de plus en plus mal, à l’exemple sa sortie sur la «mafia bretonne», qui gêne sans doute les Bretons mais surtout les Italiens : plaisanter à Rome sur la mafia revient à parler de corde dans la maison d’un pendu ; les polémiques subalternes qui touchent à son train de vie irritent de plus en plus, Jupiter, dieu grec, se révèle aussi faillible, calculateur ou négligent que les humains ; les sondages enfin, oracles fragiles, montrent une chute abrupte, peut-être transitoire (le Président a déjà rétabli une fois sa situation à la fin de l’année dernière), mais qui prouvent que son profil droitier s’installe : il monte à droite mais s’effondre à gauche.

Signaux forts : il va de déconvenue en déconvenue sur la scène internationale, avec Trump, avec l’Europe, avec l’Italie et quelques autres pays. Il se heurte à une équation économique soudain redoutable, promettant une baisse des dépenses et du déficit alors que le ralentissement de la croissance va limiter les recettes. L’image d’un monarque peu soucieux des manants, décrit par Jean-Louis Borloo hier soir à Valenciennes dans le Nord (même si l’intéressé cherche à minimiser son propos), pourrait bien devenir la tunique de Nessus du quinquennat. Christophe Castaner, porte-parole, renvoie Borloo à «l’ancien monde» impotent et failli. Piètre défense : si tel est le cas, pourquoi lui avoir confié l’élaboration du rapport sur les banlieues ?

Rien n’est définitif, rien n’est figé. Les réformes passent, Macron reste plus populaire que ses prédécesseurs au même moment de leur quinquennat, les Français sont encore sensibles à un discours d’action et d’optimisme. Mais l’atmosphère n’est plus la même. Le soleil brille toujours dans un coin du ciel macronien. Mais les nuages assombrissent l’horizon. Le temps se couvre…

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 28 juin, 2018 |Pas de commentaires »

Je t’aime, moi non plus…………………..(28/06/2018)

les mieux placés pour nous expliquer ce qu’ils n’ont pas fait. »

Par L’Obs

Publié le 28 juin 2018 à 10h44

Jean-Louis Borloo n’est pas content, mais alors pas du tout content. L’ex-ministre a éreinté mercredi soir « la vision de la société », « inefficace et dangereuse », d’Emmanuel Macron et de son gouvernement.

L’ex-maire de Valenciennes, auquel le chef de l’Etat avait commandé un rapport sur les banlieues qu’il n’a finalement pas utilisé, n’y est pas allé de main morte lors d’une réunion publique à Valenciennes.

« Cette vision de la société, je la trouve inefficace et dangereuse », a-t-il dit mercredi soir, des propos diffusés sur RTL ce jeudi matin.

« En d’autres termes, si on parlait cuisine, il faut faire attention que notre pays ne se retrouve pas dans la situation culinaire désagréable où le gratin se sépare des nouilles », a-t-il lancé. Et d’ajouter :

« Ça n’a jamais fait un grand plat. C’est le problème d’une monarchie qui, en fait, n’a plus de moyens, et ce qui me dérange, c’est que les quelques moyens qu’elle a, elle a décidé d’arbitrer pour permettre à ceux qui courent le plus vite de courir de plus en plus vite. »Joint ce matin par « le Figaro », Jean-Louis Borloo revendique sa liberté de ton :  »Je ne suis pas un acteur de la vie politique. J’ai quitté la vie politique, ce qui m’autorise à faire de temps en temps des alertes. On doit pouvoir dire les choses. »

Mais l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy tente l’apaisement. Il assure n’avoir jamais voulu cibler Emmanuel Macron…

« Si certains l’ont pris pour eux, ce n’était pas mon propos qui ne s’adressait pas au gouvernement ou au président. Ça n’avait rien à voir avec le président ! Si on essaie de faire le lien, c’est juste ridicule », explique Borloo.

Réplique de Castaner

Christophe Castaner, ministre des Relations avec le Parlement, a répondu, sur LCI : « Il a certainement de l’expérience pour commenter, mais ça m’interroge. [...] Je ne le savais pas critique gastronomique. »

« Ceux qui sont aux responsabilités depuis 30 ans sont-ils les mieux placés pour nous expliquer ce qu’ils n’ont pas fait et que nous devrions faire ? », a ajouté le délégué général de La République en Marche.

Jean-Louis Borloo avait remis fin avril au gouvernement un rapport pour améliorer la vie dans les quartiers en difficultés. Nombre de commentateurs, associations et élus, estimaient que le rapport avait été enterré.

 

 

L’ancien ministre avait jusque-là assuré n’avoir « aucun problème » avec Emmanuel Macron, estimant que « le président de la République est souverain » lorsqu’il commande un rapport et que son auteur n’a pas à « faire des commentaires ».

L'Obs

L’Obs

Je t'aime, moi non plus.......................(28/06/2018) dans Politique oba-icon
Publié dans:Politique |on 28 juin, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin……………….(27/06/2018)

Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Europe : on ferme !

L’image est trompeuse. Elle l’est d’autant plus en matière d’immigration. Comme lors de la crise de 2015, consécutive à la guerre en Syrie, on voit sur les écrans les mêmes bateaux surchargés, les migrants tentant de passer des barrières de grillage, les exilés risquant des passages périlleux à travers des cols enneigés. Alliés à la cacophonie européenne sur le sujet, ces symboles, comme dans une persistance rétinienne, font prospérer l’idée d’une Union impuissante face à une énorme vague migratoire, si bénéfique aux partis nationalistes.

Dès qu’on dépasse l’apparence, on découvre une vérité toute différente. En fait, l’histoire des migrations vers l’Europe depuis plusieurs années se ramène à une formule simple et brutale : on ferme ! L’Espagne avait pris les devants en négociant avec le roi du Maroc l’érection d’une barrière au nord du pays qui ferme en fait le détroit de Gibraltar. L’Union, sous l’impulsion d’Angela Merkel, a passé un accord avec la Turquie pour lui renvoyer, en échange de quelque 3 milliards d’euros par an, les migrants qui affluaient du Moyen-Orient, ce qui a pour effet de couper pratiquement la route orientale. En Grèce, les migrants qui passent encore dans les îles proches de la Turquie sont refoulés ou bien bloqués sur place. Les frontières macédonienne et hongroise sont fermées par un mur, ce qui a obstrué la route des Balkans. Restait l’Italie, destination des migrants venant de Libye. Sous l’impulsion de la coalition au pouvoir, elle est en passe de se refermer également. Du coup, les chiffres d’arrivées se sont effondrés.

Quel que soit le résultat du sommet européen qui s’ouvre jeudi, le sens général du mouvement n’est pas douteux. Il est très probable que deux décisions soient prises : le renforcement de Frontex, la police européenne de l’immigration aux frontières extérieures de l’Europe, le principe de la création de «centres fermés» qui seraient installés dans les pays «de première ligne» ou bien dans certains pays limitrophes pour examiner sur place la situation des candidats à l’asile.

L’extrême droite engrange succès sur succès en agitant le spectre de la «submersion migratoire». Au même moment, l’Europe se transforme, sinon en forteresse, du moins en un continent de plus en plus difficile d’accès. Tel est le paradoxe de cette affaire : la politique est en retard sur la réalité – laquelle n’a rien de plaisant – mais contredit les discours des xénophobes. Vieille leçon : plus que les réalités, ce sont les mythes qui gouvernent.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 27 juin, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin……………(26/06/2018)

Libération 26 juin 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Trump et la pensée magique

Tout comme Brigitte Bardot dans une chanson signée Gainsbourg, Donald Trump n’a besoin de personne, mais il n’aura plus sa Harley-Davidson. Frappée à dessein par l’Union européenne d’une taxe de 30 % à l’importation en représailles des droits de douane imposés par les Etats-Unis à l’acier européen, la firme aux motos légendaires a décidé de délocaliser une bonne partie de sa production hors des Etats-Unis, ce qui réduirait en proportion l’emploi local dans le Wisconsin, état trumpiste. Il est vrai que cette société quelque peu vieillissante devrait sinon supporter une augmentation de ses prix de vente de plus de mille euros sur le marché européen, qui la placerait en mauvaise posture face à la concurrence japonaise. Harley-Davidson avait pourtant soutenu Trump au moment du scrutin, paradant à la Maison Blanche juste après l’élection du héraut des intérêts américains. Ce soutien connaît maintenant des ratés, victime de la guerre commerciale pétaradante ouverte par le milliardaire-président.

Ainsi va le monde quand il laisse les démagogues accéder au pouvoir. A force de dénoncer «le système», «la pensée unique», «les bien-pensants», on aboutit à des absurdités. Ceux qu’on dénonce comme «les sachants» avaient fait remarquer que le protectionnisme, recette miracle des souverainistes, avait l’inconvénient de renchérir le prix des produits pour les consommateurs et, en freinant des échanges, pouvait nuire à la croissance mondiale. Aujourd’hui, bien au-delà du cas Harley-Davidson, les économistes et les marchés redoutent un ralentissement de l’expansion planétaire. Certains prédisent même une sévère correction à la Bourse de New York. Si la menace se matérialise, la guerre commerciale aura pour principale conséquence une hausse du chômage dans le monde et un coup d’arrêt infligé aux pays émergents qui comptent sur leur position dans les échanges mondiaux pour sortir leur population de la misère.

Le même syndrome de l’arroseur arrosé frappe d’autres populistes, qui dirigent aujourd’hui l’Italie. Adeptes des théories économiques de Mandrake le magicien, ils prévoient dans le même temps une baisse des impôts, une augmentation des dépenses et une diminution de la dette. Les trois événements étant incompatibles, le ministre des Finances du nouveau gouvernement a déjà annoncé qu’il s’en tiendrait, pour sa part, aux recommandations de l’Union sur la maîtrise des déficits. S’il persiste, cela voudra dire que le programme mirobolant de la coalition au pouvoir ne sera pas appliqué. Et donc que la Ligue et le Mouvement Cinq Etoiles ont été élus sur des promesses fallacieuses.

Cela ne gênera guère les intéressés, qui fondent leur fortune politique non sur l’amélioration du sort des Italiens, mais sur le rejet de l’immigration, ce qui leur permet d’engranger des gains électoraux spectaculaires. Il est vrai que la logique n’est pas leur préoccupation première. L’excellente chronique d’Eric Jozsef, publiée par Libération, nous apprend que plusieurs ministres de la coalition au pouvoir ont un rapport à la réalité assez lointain, dégagé, en tout cas, de la dictature intellectuelle du «système». L’un pense que les Américains n’ont jamais atteint la lune et que les images diffusées à l’époque par la Nasa sont le résultat d’un trucage. L’autre, que les traînées blanches laissées dans le ciel par les avions de ligne recèlent des produits chimiques répandus volontairement par des puissances occultes pour contrôler les populations. Beppe Grillo, fondateur de Cinq Etoiles, a fait campagne pour la méthode «Stamina», une thérapie opposée à la «médecine officielle», jusqu’à ce que son promoteur, Davide Vannoni, soit arrêté et convaincu de charlatanisme. D’autres encore estiment que les vaccins obligatoires sont inutiles et procèdent d’une conspiration organisée par les laboratoires pharmaceutiques. Ces gens dirigent aujourd’hui l’un des grands pays de l’Europe et sont soutenus, entre autres, par une grande partie de la presse de droite en France. Peu importe, au fond : s’ils échouent, ils pourront toujours incriminer «le système», le «complot des Illuminati» et «la dictature de Bruxelles»…

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 26 juin, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………………….(25/06/2018)

Libération 25 juin 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Arroganza francese

De l’art de se brouiller avec ses meilleurs amis… Le comportement des autorités françaises envers les Italiens offre l’exemple achevé de ce qu’il ne faut pas faire en matière de relations entre nations proches. On ne parle pas ici de Matteo Salvini, ce matamore fascisant qui ne cesse néanmoins de marquer des points dans la vie politique de la péninsule, en grande partie grâce à la France. Il s’agit du peuple italien, que tant de liens historiques, culturels, affectifs, relient au peuple français.

Les Italiens refusent de laisser accoster chez eux l’Aquarius ? Au lieu d’accueillir le bateau et – ensuite – de critiquer Rome, la France garde le silence, refuse à son tour le bateau, puis dénonce l’Italie. L’attitude italienne est «à vomir», dit un représentant de La République en marche. Pourtant la France a adopté la même… C’est une variante de la parabole de la paille et de la poutre. L’Italie qu’on dénonce a eu un comportement souvent exemplaire envers les réprouvés venus d’Afrique ou du Moyen-Orient. Par proximité géographique, elle a été en première ligne dans la crise de 2015. Quelque 700 000 personnes ont été accueillies en Italie. La société de la péninsule a fait face, souvent avec générosité et bienveillance. Nombre de réfugiés ont été reçus dans les villes, les quartiers et les villages avec égard et humanité. Pendant ce temps, la France fermait sa frontière du sud et pourchassait les militants qui se portaient au secours des migrants passant dans les cols des Alpes, accueillant au total un nombre de réfugiés très inférieur à celui de l’Italie.

Au lieu de calmer le jeu, Emmanuel Macron a poursuivi la polémique. Il propose de créer «des centres fermés» pour gérer le flux des demandeurs d’asile. En France ? Non : en Italie et dans les pays de «première ligne». Rome, depuis longtemps, fait remarquer que les règles de Dublin – une déclaration dans le premier pays de l’UE où arrivent les migrants et le refoulement de ceux qui vont ailleurs – font porter aux pays les plus proches de l’Afrique et du Moyen-Orient une charge excessive. Les autres pays, la France au premier chef, refusent courageusement de lui venir en aide. Si bien qu’en Italie, droite et gauche confondues sont ulcérées par les leçons de morale dispensées par leur voisine. Qui en bénéficie ? Les migrants ? L’ouverture ? Les droits humains ? En aucune manière : la Ligue (extrême droite) au pouvoir, qui a beau jeu de dénoncer les tartuffes de l’Europe et qui peut plus facilement mettre en œuvre sa politique de fermeture. Tandis que les leaders européens continuent de faire étalage de leurs divisions, l’idée qu’il n’y ait pas de solution européenne et que chaque pays a intérêt à légiférer pour lui-même fait son chemin. La querelle franco-italienne, derrière laquelle on retrouve, côté français, les clichés habituels sur la légèreté ou l’inconséquence supposée des Italiens, noircit encore un tableau déjà sombre. Les Français, dit le proverbe, sont des Italiens ennuyeux. Il faut désormais ajouter : arrogants, tout autant.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 25 juin, 2018 |Pas de commentaires »

Réveil politique………………….(25/06/2018)

Migrants : l’ »arrogance » de Macron, le nouveau cri d’alarme de Toubon

La tension entre les pays européens est loin d’avoir baissé ce week-end. Alors qu’Emmanuel Macron et Angela Merkel ont appelé dimanche, lors d’un mini-sommet de crise à Bruxelles, à des accords entre plusieurs Etats membres face au défi migratoire, pour dépasser l’absence de consensus qui n’en finit pas de paralyser l’UE sur ce dossier, le week-end a surtout été marqué par une passe d’armes entre le président français et le ministre de l’Intérieur italien, Matteo Salvini.

Le dirigeant italien s’est notamment indigné des déclarations du président français, vendredi, selon lesquelles l’Italie « ne vit pas une crise migratoire mais une crise politique », alimentée par « des extrêmes qui jouent sur les peurs ».  »650.000 débarquements en quatre ans, 430.000 demandes, 170.000 présumés réfugiés », a riposté Matteo Salvini.

« Si pour l’arrogant président Macron cela n’est pas un problème, nous l’invitons à cesser ses insultes et à prouver sa générosité par les faits. »

« La France n’a de leçons à recevoir de personne » sur le dossier des migrants car elle est « le deuxième pays d’accueil des demandeurs d’asile cette année », a répliqué Emmanuel Macron.

 

Pour Macron, la France « n’a de leçons à recevoir de personne » sur les migrants

 

La France est-elle vraiment exemplaire en la matière, comme le prétend Emmanuel Macron ? Dans les colonnes du « Journal du Dimanche », le Défenseur des Droits Jacques Toubon s’est de nouveau alarmé de l’attitude de Paris sur ce dossier.  »Le principe de non-refoulement prévu par la Convention de Genève impose à la France de donner à l’errance de ces personnes une réponse humanitaire et juridique : les accueillir d’abord, observer leur situation administrative ensuite », explique-t-il, à propos de l’ »Aquarius ».

Le Défenseur des Droits déplore également dans cet entretien que « la peur » et l’idée « fausse » d’une « submersion » migratoire « guident les opinons et les choix politiques » :

« Il faut que la vérité et la raison reprennent le dessus sur les préjugés et les émotions pour que soient respectés scrupuleusement les droits fondamentaux », exhorte-t-il.

Publié dans:Politique |on 25 juin, 2018 |Pas de commentaires »
12345...514

Vu de Corbeil-Essonnes |
ARCHITECTURE D'UN CONGO NOU... |
DEBOUT SAINT ETIENNE |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | PS : UN NOUVEAU SOUFFLE POU...
| Comité de soutien de Quetig...
| Ségolène Royal présidente