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Tu causes, tu causes…………….(01/01/2018)

POLITIQUE

Les premiers vœux très convenus d’Emmanuel Macron pour 2018

Le chef de l’État n’a révolutionné ni le fond ni la forme de cet exercice imposé. Il les a seulement fait durer plus longtemps que nombre de ses prédécesseurs.

31/12/2017 21:13 CET | Actualisé il y a 12 heures

POLITIQUE – Il s’en est fallu de quelques secondes pour que ces premiers vœux d’Emmanuel Macron entrent dans l’Histoire. Avec une allocution de 17 minutes (à retrouver en intégralité en tête d’article), le chef de l’État était tout près de dépasser le général de Gaulle et ses 18 minutes en 1961.

Long, ce rendez-vous traditionnel n’a pas détonné par la forme. Alors qu’il a dépoussiéré certains usages depuis qu’il est à l’Élysée, notamment en matière de communication, le président de la République s’est complètement inscrit dans la lignée de ses prédécesseurs. Assis, seul à son bureau du salon d’angle de l’Élysée avec les jardins du palais en arrière-fond, Emmanuel Macron n’a pas révolutionné le moment comme Valéry Giscard d’Estaing l’avait fait en 1974 quand il était venu accompagné de son épouse.

Sur le fond, non plus, le plus jeune président de la Ve République n’a pas bousculé les traditions. Il s’est même gardé de toute promesse de court terme comme François Hollande l’avait fait sur le chômage le 31 décembre 2012. Emmanuel Macron a seulement formulé des vœux généraux pour l’année à venir.

« Les transformations se poursuivront »

Revenant rapidement sur celle qui s’achève, il a qualifié 2017 d »‘année du choix des Français ». « Je me suis attaché à faire ce à quoi je m’étais engagé », a-t-il affirmé sans s’attarder en détail sur les réformes adoptées. Tout juste a-t-il évoqué « la transformation en profondeur de notre vie politique ». Mais la « révolution » qu’il a appelée de ses vœux pendant la campagne présidentielle est encore loin d’être achevée et 2018 doit être l’occasion d’accélérer le changement.

« Ces transformations ont commencé et se poursuivront avec la même force et le même rythme. Nous construirons une bonne part de notre avenir », a-t-il affirmé. Mais parce qu’il a souhaité que cette année soit « celle de la cohésion de la nation », il s’est bien gardé de détailler le programme assez peu consensuel des prochains mois.

 

 

S’il a évoqué la réforme de l’apprentissage, il n’a pas évoqué celle des retraites qui s’annonce explosive. S’il a fait de l’école « le creuset de la concorde nationale », il n’a rien dit sur les changements qui toucheront le lycée et le baccalauréat. S’il a dit vouloir élaborer « un grand projet social » qui s’inscrirait dans « cette exigence humaniste » sans laquelle « notre pays ne se tiendra pas uni », il n’a pas dit ce que celui-ci devrait contenir. Il a seulement répété qu’il voulait apporter un toit à tous les sans-abri de France. S’il a promis que « tous les débats seront conduits » et que toutes « les voix discordantes seraient entendues », il n’a pas précisé quels seraient ces débats, alors que l’on sait que les discussions sur l’ouverture de la PMA pour toutes les femmes seront entamées au cours de l’année.

Des exhortations plus que du concret

Le seul dossier sur lequel il s’est attardé une petite minute est la réforme du droit d’asile. Est-ce parce qu’il sait sa majorité fragile sur ce dossier? Toujours est-il qu’Emmanuel Macron a rappelé les deux principes cardinaux: « humanité » et « efficacité ». « Le droit d’asile est un devoir moral et politique. Je ne céderai rien », a-t-il affirmé confirmant que « la France est le pays » de ceux qui fuient le leur parce qu’ils y sont en danger. Mais il a aussi répété qu’il fallait de « la rigueur » avec des « règles simples » et que celles-ci soient « respectées ».

Avant de conclure, le président de la République a assuré que l’État prendrait sa part pour « rendre la France plus forte et plus juste ». Il a surtout appelé les Français à se mobiliser pour leur pays et pour réformer l’Union européenne. « Demandez-vous chaque matin ce que vous pouvez faire pour votre pays. Nous sommes capables de l’exceptionnel », a-t-il lancé dans une forme d’exhortation qui rappelait ses discours de campagne. Ceux qui attendaient du concret en seront pour leur frais.

Publié dans:Politique |on 1 janvier, 2018 |Pas de commentaires »

2018………………………………..(31/12/2017)

Et demain, nous serons en 2018 avec son cortège de bonnes et (surtout) mauvaises nouvelles dont nous pourrons remercier le roitelet élyséen, sa cour, ses pompes et ses œuvres.

Mais, tradition oblige, nous allons fêter l’année nouvelle !

Que tous mes amis lectrices et lecteurs veuillent bien accepter mes vœux les plus sincères pour 2018, de santé, joie et (éventuellement) prospérité.

BONNE ANNEE A TOUS.

Publié dans:Non classé |on 31 décembre, 2017 |Pas de commentaires »

Gégé ne s’en sort pas…………..(28/12/2017)

Reportage

LREM, la politique à coups de gommettes

Par Maïté Darnault, correspondante à Lyon. — 27 décembre 2017 à 19:46
Le 21 décembre, l’un des comités locaux de La République en marche se réunit dans le restaurant Comptoir 77.Zoom
Le 21 décembre, l’un des comités locaux de La République en marche se réunit dans le restaurant Comptoir 77. Photo Bruno Amsellem. Divergence pour Libération

A Lyon, place forte du parti grâce au ralliement précoce de l’ex-maire Gérard Collomb à Emmanuel Macron, les militants, regroupés en une trentaine de comités, s’organisent sans grands moyens pour «régénérer» l’action locale.

Dans les assemblées de Nuit debout, tenues sur le pavé, on agitait les mains pour opiner ou s’opposer. Les comités de La République en marche, eux, collent des gommettes sur des Post-it dans des salles de réunion, ou potassent des documents au bistrot, autour d’un verre et d’une assiette de charcuterie. L’ambition est la même : réinventer la vie de la cité, rendre l’action politique accessible, brocarder les clivages traditionnels à coups d’«horizontalité». Sauf que l’initiative vient désormais du camp centriste, dont Lyon est une terre historique. La ville, dirigée jusqu’en juillet par le baron socialiste Gérard Collomb, premier fan d’Emmanuel Macron, devenu ministre LREM de l’Intérieur, compte 30 comités intra-muros, une dizaine en banlieue. Lancés pour certains au printemps 2016, ils ont pullulé à l’automne suivant, après que Macron a annoncé sa candidature à la présidentielle. A présent, ils cherchent un second souffle. Le site internet du mouvement recense à ce jour 3 998 comités en France et à l’étranger, ainsi que 391 027 adhérents. Lyon en regroupe 3 854. Mais sur ses trente comités, cinq n’ont jamais connu d’activité, huit semblent ne pas avoir survécu à la rentrée scolaire, tandis qu’une poignée viennent de se créer. Ils ne sont qu’une douzaine à être particulièrement actifs, fédérant en théorie quelque 2 400 personnes.

«Le bon cheval»

«Depuis septembre, on a moins de monde, reconnaît Guillaume Haar, 35 ans, animateur du comité de la Manu, à cheval sur les IIIe et VIIe arrondissements. Sur nos 200 adhérents, les gens venus une fois représentent 25 % de l’effectif. Les réunions régulières se font avec une vingtaine de personnes, et ça tourne. Mon challenge, c’est de faire revenir autant de personnes qu’avant.» Durant l’été, l’assiduité des marcheurs s’est effondrée, tout comme la cote du nouveau président de la République. A l’origine de cette désaffection, une série de mesures impopulaires, y compris chez une partie des militants LREM : réforme du code du travail, hausse de la CSG, baisse des APL, des emplois aidés, des cotisations sociales salariales, du financement des collectivités territoriales… Ceux qui restent soutiennent mordicus leur champion : «J’ai toujours senti que c’était le bon cheval, affirme Henri, retraité de 70 ans. Le monde a changé. Le régime du parti est mort depuis longtemps et peut-être qu’il était le seul à s’en être rendu compte.» Pourtant, à «l’évidence» de l’engagement durant les campagnes présidentielle et législative, puis à l’euphorie de la victoire, a succédé une phase plus délicate pour les marcheurs de la première heure. Après un «moment de doute, de flottement, avec la question de la reconversion des comités», explique Bernard Sion, animateur de celui de Saxe-Préfecture, l’objectif est d’effectuer «un gros travail de pédagogie auprès des adhérents». La «grande marche», la consultation citoyenne qui avait fondé le mouvement en 2016, devrait reprendre du service en 2018 pour se focaliser sur l’Union européenne, qui renouvellera son parlement l’année suivante. En attendant, en plus des comités basés sur des zones géographiques, des commissions thématiques se sont mises en place dans les grandes villes.

Bataille de pouces

Pour discuter des enjeux et recueillir les avis des «citoyens engagés», chaque groupe a sa méthode. Ce mercredi soir précédant Noël, Chabi Mahamou, responsable de la commission «intelligence artificielle» à Lyon, a organisé une session d’émulation sur le sujet. Onze participants ont pris place dans une salle de réunion prêtée par un adhérent. Pour «briser la glace», Thomas de Charentenay, l’animateur du jour, propose une bataille de pouces collective, avant de diffuser une vidéo d’un discours du Premier ministre «en écoute active». La consigne : s’attacher au fond comme à la forme. Edouard Philippe dénonce l’emprise des Gafa [Google, Amazon, Facebook et Apple, ndlr] sur l’économie mondiale, le retard de la France en termes de compétitivité numérique. «On a un style rond, il n’y a pas d’effet dramatique, pas de lexique partisan», restitue un participant. «Il n’a rien dit de transcendant non plus, il prend l’éthique d’un point de vue uniquement technique», ajoute un autre. Aux présents de «produire du discours», avec «l’exercice du reporter étranger» : «En 2020, un journaliste vient en France, il constate les progrès de l’intelligence artificielle, que raconte-t-il ?» incite Thomas de Charentenay. Armés de Post-it et de marqueurs, les marcheurs placardent leurs suggestions aux murs puis collent des gommettes sur celles qu’ils plébiscitent. Les résultats de ce brainstorming alimenteront un recueil bientôt remis à l’état-major de LREM.

Le lendemain, c’est au tour de la commission «liberté» de se réunir près de la Part-Dieu. Quatre femmes et trois hommes s’installent dans l’arrière-salle d’un bouchon lyonnais. «Quels atouts a l’Union européenne dans le domaine des libertés ? Comment les fait-elle progresser ?» interroge Samuel Schauss, animateur du comité Zola. A l’instar d’autres marcheurs, le terme de «révolution» démocratique lui semble «un peu fort». «En tout cas, il y a une évolution réelle», souligne ce cadre dans les transports de 48 ans. Pour preuve, la contribution de leur groupe au programme national du candidat Macron : «C’est nous qui avons écrit l’un des paragraphes sur l’Europe, il a été repris tel quel», se félicite Anne-Laure, consultante. «Ça montre bien que ce qu’on fait est lu, qu’on ne fait pas des réunions pour des réunions. On ne peut pas dire que c’est du bluff», poursuit la trentenaire.

Mais nombreux sont les militants LREM, en particulier les néophytes en politique, à s’attacher avant tout à l’échelon local. «On essaie de faire un état des lieux dans nos quartiers, sans taper sur qui ce soit, gauche ou droite. On réfléchit à différentes thématiques, la sécurité, le logement, l’urbanisme, l’emploi, puis on essaie de voir quelles solutions apporter», explique Hervé Galland, 50 ans, qui vit à Bron, en périphérie de Lyon. Ce commercial, «jamais encarté», trouve la formule «efficace» : «C’est facile de critiquer, mais qu’est-ce que vous pouvez proposer ? Notre comité est très ouvert, indépendant. On a une vraie liberté de parole, de pensée.» Même son de cloche à Vénissieux, où un comité de marcheurs s’est monté début novembre : «La création est facile, il y a beaucoup de concertations, aucune décision n’est prise tant que tout le monde n’est pas d’accord», relate Soundès Boujday, animatrice de ce nouveau groupe qui, en un mois, a attiré 37 adhérents. «J’ai été très surprise : ici, on a un taux de 70 % d’abstention à toutes les élections», souligne la quadragénaire, comptable dans le milieu associatif. Aux dernières élections municipales, elle figurait sur la liste socialiste (perdante) sous l’étiquette «société civile».

Aujourd’hui suppléante d’Yves Blein, député PS sortant réélu après être passé à LREM dans la 14e circonscription du Rhône, Soundès Boujday n’émet «pas d’avis» sur la nomination de Caroline Collomb en tant que référente départementale d’En marche. Dans l’agglomération lyonnaise, la désignation de la femme du ministre, ex-cadre socialiste locale, a pourtant fait grincer des dents, quelques mois après la distribution des investitures pour les législatives à des fidèles du clan Collomb rallié à Macron – élus cumulards et femmes en minorité, malgré l’impératif de renouvellement prôné par le mouvement. Une stratégie pourtant payante, puisque les candidats LREM et Modem ont remporté 12 des 14 circonscriptions rhodaniennes, dont les 4 lyonnaises. «Ça a déçu, ce phénomène « dynastie PS à la lyonnaise »», reconnaît Anne-Laure. «Il faut faire des concessions, relativise Lucien. Si M. Collomb ne s’était pas engagé à une époque où personne n’y croyait, je ne suis pas sûr qu’on aurait gagné.»

«Point de rencontre»

Difficile de trouver dans les comités lyonnais, en cette fin d’année, de voix franchement discordantes sur les pratiques peu démocratiques des partis traditionnels que LREM n’a pas tardé à adopter, voire à surpasser. Comme la nomination par l’Elysée du chef du parti, Christophe Castaner : «Je préfère un compétent désigné par le Président plutôt qu’un incompétent choisi par la foule», assume Christian Bride, animateur du comité de Saint-Priest, qui affiche une centaine d’adhérents. Ce quinquagénaire, «aventurier» devenu entrepreneur, porte tout de même une doléance : «Il faut passer au niveau supérieur, les réseaux sociaux ont leurs limites, on a besoin d’un point de rencontre. Recevoir dans les cafés et les restos, ça va cinq minutes, il nous faut des permanences.» Si les élections européennes constituent la prochaine mise à l’épreuve des marcheurs, une autre échéance devrait en dire long sur la capacité de LREM à «régénérer» la vie politique de proximité : les municipales de 2020. «Il ne faut pas les oublier, rappelle Christian Bride. Elles vont arriver plus vite qu’on ne le pense.» Le vieux monde n’est pas si loin.

Photo Bruno Amsellem (Divergence)

Maïté Darnault correspondante à Lyon.

Dans le dossier «P
Publié dans:Non classé |on 28 décembre, 2017 |Pas de commentaires »

Amis lecteurs…………………………(24/12/2017)

En cette période  dite « trêve des confiseurs », qu’il me soit permis de vous remercier de votre fidélité et de vous souhaiter à toutes et à tous un

                                                                                   JOYEUX NOEL

Publié dans:Non classé |on 24 décembre, 2017 |Pas de commentaires »

Encore un FHaine la main dans le sac…………(22/12/2017)

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Assistants FN au Parlement européen : Louis Aliot mis en examen pour « abus de confiance » et « complicité d’abus de confiance »Louis Aliot, ancien eurodéputé et l’un des vice-présidents du Front national, a été mis en examen, vendredi 22 décembre, pour « abus de confiance » et « complicité d’abus de confiance » dans l’affaire des emplois présumés fictifs d’assistants de députés européens du parti d’extrême droite, a appris franceinfo de source judiciaire. La présidente du FN et ex-eurodéputée Marine Le Pen et quatre assistants parlementaires ont déjà été mis en examen dans cette enquête qui vise 17 élus et une quarantaine de collaborateurs.
Cliquez ici pour plus d’informations
Publié dans:Non classé |on 22 décembre, 2017 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin……………………………(22/12/2017)

Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Joue-la comme les Corses

Sagesse en Corse, témérité en Catalogne. Les indépendantistes catalans ont remporté une victoire sans appel dans le scrutin d’hier. Mariano Rajoy a récolté les fruits rabougris qu’il a semés par son attitude d’hidalgo dédaigneux et rogue. Puigdemont est en position de gouverner, quoique exilé en Belgique et menacé de prison en Espagne. Quand on fait des martyrs, il ne faut pas s’étonner qu’ils emportent la sympathie du public. Le gouvernement de Madrid voulait s’imposer en Catalogne. Il s’est marginalisé.

Pourtant, l’examen précis du vote ne légitime pas entièrement l’entreprise séparatiste. Outre que la question constitutionnelle reste entière, le bloc indépendantiste est toujours minoritaire (47,5%) en dépit d’une forte participation. On constate même – c’est la dureté des chiffres – qu’il n’a pas progressé depuis l’élection de 2015. «Nous ne demanderons pas l’indépendance tant que nous ne serons pas majoritaires», ont dit les leaders indépendantistes en Corse, pourtant larges vainqueurs du dernier scrutin et issus d’organisations qui pratiquaient la violence jusqu’à une date récente. Sage précaution que les Catalans ont jetée par-dessus des moulins du Quichotte en exigeant l’indépendance sans même savoir si leur peuple la souhaitait en majorité. Et sans tenir du compte du fait qu’une séparation, en suscitant les mêmes demandes ailleurs, au Pays basque notamment, menacerait l’existence de l’Espagne, soudain amputée de deux régions majeures.

La percée de Ciudadanos, paradoxalement, dessine une issue. L’émergence d’un parti jeune clairement unitaire montre que les Catalans n’ont pas encore décidé de leur sort. La montée en puissance de cette formation en Espagne changerait la donne. Le gouvernement Macron-Philippe a accepté de négocier avec les Corses, même s’il tarde à commencer. Un changement constitutionnel en Espagne rendrait possible un référendum en bonne et due forme, comme au Québec ou en Ecosse. Dans les deux cas, les indépendantistes ont perdu de peu. Un scrutin de ce genre, fixé à une date ultérieure, n’est pas perdu d’avance pour l’Espagne. Chacun espérant prévaloir dans les urnes, au terme d’un processus calme et progressif, la démocratie reprendrait ses droits. Perspective irénique ? C’est Noël : il est permis de rêver.

Et aussi

La dette française baisse d’un point, l’Insee relève une nouvelle fois son estimation de la croissance pour le troisième trimestre 2017. N’en déplaise aux partisans de la décroissance, le retour de l’expansion change le paysage politique. Le nouveau pouvoir en tire les bénéfices avant même que ses réformes entrent en application, mais la France aussi, ce dont il est difficile de se plaindre. Hollande tire les marrons du feu, Macron les mange. Mais l’important, c’est qu’il y ait des marrons, surtout à Noël…

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 22 décembre, 2017 |Pas de commentaires »

Analyse……………………..(21/12/2017)

Analyse

GAUCHE Vision bouchée, division boostée

Par Rachid Laïreche et Jonathan Bouchet-Petersen — 20 décembre 2017 à 20:36
Sondage Libération ViaVoice 20 décembre 2017 : les valeurs de gauche —
Sondage Libération ViaVoice 20 décembre 2017 : les valeurs de gauche — Infographie BiG

Selon un sondage Viavoice pour «Libération», le clivage gauche-droite apparaît toujours dépassé, malgré des marqueurs bien identifiés tels que l’«écologisme» et le «socialisme». Chez les sympathisants, le fossé idéologique entre le Parti socialiste et La France insoumise reste béant.

  • GAUCHE Vision bouchée, division boostée

Divisée et affaiblie comme jamais. Au sortir d’une présidentielle où le candidat socialiste, Benoît Hamon (qui a depuis quitté le PS et fondé son propre mouvement), s’est effondré dans les urnes sans que Jean-Luc Mélenchon ne monte pour autant sur le podium du premier tour, la gauche est dans le flou. Largement inaudible, même si le leader de La France insoumise apparaît comme son porte-voix le plus identifié, elle semble crûment impuissante. Selon le sondage effectué par Viavoice pour Libération, 46 % des Français et 79 % des sympathisants de gauche considèrent que les idées de gauche ne sont «pas suffisamment présentes dans le débat public», alors même que 57 % des premiers et 86 % des seconds les jugent «utiles au débat dans une démocratie comme la nôtre». Reste encore à identifier les piliers de la gauche du XXIe siècle.

Historiquement productivistes et plus ou moins redistributrices ou collectivistes selon les chapelles, les gauches ont longtemps su où elles habitaient, chacune assumant que la victoire ne pouvait naître que de leur union autour d’un programme commun ou pluriel. Aujourd’hui social-écologique chez Hamon comme chez Mélenchon, l’aîné ayant un temps d’avance électoral sur son cadet, la gauche, en premier lieu au Parti socialiste, peine à contrer le refrain du dépassement du clivage droite-gauche – lequel revient souvent à mener une politique de droite sous couvert d’un nécessaire pragmatisme. A ce propos, 62 % des sondés jugent que le clivage n’est plus pertinent et doit être dépassé (- 4 points depuis avril). Plus grave pour la gauche et son futur chantier de reconstruction, 55 % de ses sympathisants pensent la même chose.

Quels sujets et quelles valeurs ?

«Etre de gauche». C’est peu dire qu’il est ardu d’identifier aujourd’hui les valeurs cardinales assumées par la gauche et sur lesquelles elle pourrait se rassembler. Selon notre sondage Viavoice, ses sympathisants placent au premier rang, nettement, le souhait d’une «société plus égalitaire, avec moins de différences de revenus et de patrimoine entre les gens» (69 %). La défense du vivre-ensemble et la lutte contre les discriminations arrivent en deuxième position (45 %), quasiment à égalité avec le fait d’«avoir le souci des catégories de population les plus en difficulté en priorité» (44 %). La promotion de l’écologie, la protection de l’environnement et la préservation de la planète font aujourd’hui partie des piliers attendus (43 %). Autant d’items dont Mélenchon, comme Hamon plus récemment, ont fait la matrice de leur projet économique. On notera que la défense des «valeurs républicaines et laïques» (33 %) apparaît moins comme un combat attendu particulièrement de la gauche.

Concernant ce que la gauche doit être davantage à l’avenir, c’est le terme «écologiste» qui ressort le plus. Chez l’ensemble des Français (28 %), mais surtout parmi les sympathisants de gauche (51 %). S’il ne semble plus à la mode, le mot «socialiste» arrive quand même en deuxième position (40 % chez les sympathisants de gauche), loin devant les items «anticapitaliste» (28 % à gauche) ou à l’inverse «social-démocrate» (23 %). Une gauche qui se revendique et s’assume comme telle : pour 65 % des sympathisants de gauche et même 38 % des Français, c’est la voie à suivre.

Quid des gauches irréconciliables ?

Manuel Valls avait-il raison ? Existe-t-il bien des «gauches irréconciliables» ? A en croire le dernier baromètre Viavoice, la réponse est oui. 55 % des sondés le pensent, et 53 % des sympathisants de gauche estiment que La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon et le Parti socialiste, qu’il ne faut plus confondre avec Benoît Hamon, «défendent des idées très différentes». En 2016, la sortie du Premier ministre Manuel Valls avait provoqué un tollé. Aujourd’hui, une majorité de citoyens partage son analyse, qui était aussi un objectif.

Du côté des politiques, le discours est sous-titré. Pour se définir, La France insoumise de Mélenchon n’emploie plus le mot «gauche». Mais elle est prête à discuter avec tous ceux, à gauche, qui se disent en opposition avec la politique de Macron. Du coup, une frange du PS est éliminée. Du côté du Parti socialiste, les positions divergent en fonction des interlocuteurs. Trois députés, trois cas différents : Luc Carvounas, candidat à la tête du PS, souhaite une alliance «rose, rouge, verte», mais sans La France insoumise ; Stéphane Le Foll refuse d’entendre parler du rouge et guette du côté de Macron ; Emmanuel Maurel, lui, pousse son parti vers Jean-Luc Mélenchon afin de créer des passerelles. On n’est pas sorti de l’auberge. Au-delà des postures et des stratégies, des divergences de fond restent difficilement dépassables sur l’Europe, le rapport au travail ou la laïcité.

Mélenchon ou Hamon ?

Ils jouent à touche-touche : ces derniers mois, dans les différentes enquêtes d’opinion, le leader de La France insoumise et celui de Génération·s squattent les deux premières places. Et de loin. Aujourd’hui, sans surprise, dans notre sondage Viavoice, ce sont eux qui «incarnent» le mieux l’avenir de la gauche. Mélenchon atteint 48 % auprès des sympathisants de gauche. Hamon, lui, obtient 35 %. Les deux leaders mettent en scène leur domination alors que le PS cherche encore sa tête. Ils échangent régulièrement, se consultent. L’un et l’autre refusent d’installer publiquement une forme de concurrence : pas question d’enfiler le costume du méchant, du mauvais joueur, ou d’accentuer la division afin de laisser un peu plus de place à Macron. En coulisse, c’est différent. Les deux hommes n’esquivent pas leurs différences sur le fond, notamment sur la question européenne, se surveillent, scrutent le moindre sondage…

A gauche, tous les autres arrivent très loin derrière. Notamment les socialistes, qui cherchent toujours la lumière après une année 2017 très douloureuse. Un chiffre marquant : si l’on additionne la popularité de Stéphane Le Foll, Najat Vallaud-Belkacem et Anne Hidalgo, le total dépasse à peine le niveau de popularité de Benoît Hamon. Beaucoup de socialistes minimisent. Ils attendent le début du mois d’avril et leur congrès pour afficher un leader capable de rivaliser avec Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon. Le tout, sans oublier de titiller Emmanuel Macron. Objectif : être audibles pour espérer redevenir attractifs.

Liberation.fr

Publié dans:Politique |on 21 décembre, 2017 |Pas de commentaires »

C’est tout ce qu’il peut nous donner……………..(20/12/2017)

Analyse

Jean-Michel Blanquer, le donneur de leçons

Par Marie Piquemal — 19 décembre 2017 à 20:56
A Matignon, le 25 octobre, lors de la présentation d’une feuille de route pour la réforme de l’apprentissage, la formation professionnelle et l’assurance chômage.
A Matignon, le 25 octobre, lors de la présentation d’une feuille de route pour la réforme de l’apprentissage, la formation professionnelle et l’assurance chômage. Photo Laurent Troude pour Libération

Interdiction des portables, retour de l’uniforme, plan chorale… Inconnnu du grand public il y a encore quelques mois, le ministre de l’Education s’est fait un nom en multipliant les déclarations tous azimuts.

  • Jean-Michel Blanquer, le donneur de leçons

Il n’arrête pas. Multiplie les annonces. Dégaine un jour le souhait de réformer le bac, le lendemain un «plan chorale». Il planche sur un conseil des sages chargé de la laïcité à l’école et s’en prend dans le même temps aux téléphones portables. Et ainsi de suite. Silhouette rigide, petites lunettes d’intello, phrasé clair, le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, secoue à tout va. Sorte de tornade qui déroute, voire brouille la lecture de sa politique. Quels école, collège et lycée veut-il façonner ?

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Ce haut fonctionnaire, homme du sérail, fin connaisseur de notre système éducatif puisque c’est un ancien recteur et qu’il a dirigé la Dgesco (l’administration centrale de l’Education nationale), que le grand public ne connaissait pas avant sa nomination, a en tout cas su s’imposer en quelques mois comme l’un des ministres les plus populaires de ce gouvernement. Il serait même l’un des chouchous du Président.

«Côté biface»

Il est vrai que Blanquer semble avancer à l’Assemblée sur un boulevard, tandis que les syndicats peinent pour l’instant à mobiliser. Notamment parce qu’«il n’est pas toujours simple de saisir avec Blanquer ce qui est de l’ordre du commentaire personnel et ce qui va vraiment être mis en place. Il fait beaucoup d’annonces, mais tout ne se concrétise pas…» explique Stéphane Crochet, du SE-Unsa, syndicat minoritaire des profs du premier et second degré.

Et puis, au fond, comme le fait remarquer le sociologue François Dubet, la conjoncture lui est favorable : l’absence d’une opposition politique solide à gauche et «une communauté éducative tétanisée par les études internationales [Pisa, Pirls] qui attestent toutes la dégringolade de notre système éducatif». A cela s’ajoute un autre «atout» purement blanquérien, selon le sociologue : «Son côté biface, avec à la fois une sensibilité jacobine et en même temps son intention affichée de réformer le système. C’est un ministre dans l’air du temps, conservateur et réformiste à la fois.» Ce qui le rendrait d’autant plus difficile à cerner, et donc à contrer.

Francette Popineau, secrétaire générale du Snuipp, syndicat majoritaire des enseignants du primaire, acquiesce mais choisit un autre adjectif pour qualifier sa façon de faire : «Je dirais plutôt contradictoire. Il veut se donner l’image d’un ministre moderne, qui s’appuie sur les neurosciences, et en même temps, il nous ressort de vieilles recettes complètement désuètes, comme le redoublement, que l’on sait pourtant inefficace.» A l’écouter, il fait cela en fin stratège politique, sait «flatter l’opinion publique, et ça marche ! La droite conservatrice et les milieux populaires sont très réceptifs à ce discours sur l’école d’antan, qui rassure. Quand le ministre parle de la dictée, de l’importance de la grammaire ou des Fables de La Fontaine, cela fait écho en chacun de nous à un souvenir d’école».

L’historien de l’éducation Claude Lelièvre va encore plus loin : «Jean-Michel Blanquer est un politicien, et même un ultrapoliticien. Il n’a pas de projet pour l’école, il a une ligne politique. Il se comporte toujours de la même façon. D’abord une déclaration tonitruante, très clivante, qui va faire parler de lui. Et puis, derrière, une deuxième déclaration où l’on se rend compte que ce qu’il va faire est finalement marginal.» Sa sortie sur l’uniforme à l’école en est un bon exemple. «Ce qui change, c’est qu’il en a parlé, car sur le fond, rien ne va changer», analyse Lelièvre. Sévère ? Ne peut-on au moins lui reconnaître de souvent évoquer les «inégalités sociales», et d’avoir notamment mis en place des CP dédoublés dans les zones d’éducation prioritaire ? Francette Popineau redoute «un alibi pour dire qu’il s’intéresse aux enfants pauvres. C’est une bonne mesure mais cela ne peut pas être l’alpha et l’oméga».

Projets à haut risque

L’état de grâce dont bénéficie le ministre va-t-il un jour vaciller ? Pour l’instant, les profs (dont certains apprécient la semaine de quatre jours en primaire dans nombre de communes) semblent regarder défiler les annonces sans broncher. «Les collègues ont le sentiment que le ministre ne s’adresse pas à eux, mais plutôt au reste de la population, ils ne se sentent pas concernés», explique Francette Popineau.

Ils pourraient cependant (de même que les lycéens) se réveiller et se mobiliser sur l’un des projets à haut risque du ministre : réformer cette institution nationale qu’est le bac, notamment en allégeant le nombre de disciplines à présenter à l’examen final (le chiffre de quatre est évoqué). Jusque-là, aucun ministre n’y est parvenu. C’est dire si la côte à grimper s’annonce rude. C’est là que le bulldozer Blanquer pourrait caler. Ou non.

Marie Piquemal

Liberation.fr
Publié dans:Politique |on 20 décembre, 2017 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin…………………(19/12/2017)

Libération 19 décembre 2017
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Macron le veinard

«Ça va mieux», disait François Hollande, s’attirant critiques et quolibets alors que les premiers signes d’amélioration se manifestaient. «Ça va nettement mieux», pourrait dire Emmanuel Macron. Dans ses dernières prévisions, l’Insee porte le taux de croissance espéré pour la France en 2017 à 1,9% (contre 1,8% dans la dernière estimation). Petit à petit, la performance nationale rejoint celle de la moyenne des pays européens. Dans ces conditions, tout devient moins difficile, la restauration des comptes grâce aux rentrées d’impôts supplémentaires, le paiement de la dette, les négociations européennes et même la baisse espérée du taux de chômage. L’ancien Président impute cette amélioration à la politique qu’il a menée, ce qui est difficile à contester, dans la mesure où les réformes décidées par Emmanuel Macron ne sont pas encore mises en œuvre, comme il est normal en raison du temps parlementaire et réglementaire nécessaire pour y parvenir. Le nouveau Président peut néanmoins se targuer de favoriser par son discours et ses annonces politiques un climat favorable à la reprise économique. Les deux, l’ancien et le nouveau, reconnaîtront aussi que la conjoncture mondiale, meilleure, aide au redressement de la croissance française. On connaît la réplique de Bonaparte quand on lui proposait de promouvoir un général : «Oui, mais a-t-il de la chance ?» A l’aune de ce critère, Emmanuel Macron sous l’Empire eût été rapidement maréchal…

Cette chance, au demeurant, se traduit aussitôt dans les sondages. L’exécutif est repassé, chose inédite, au-dessus de la barre de 50% d’approbation dans plusieurs enquêtes. Reprise de l’activité, réformes adoptées sans trop de heurts, opposition en capilotade : Emmanuel Macron et Edouard Philippe ne sont pas loin de vivre un état de grâce à retardement, une sorte d’été indien en hiver. Pour être juste, leur maîtrise de la communication et leur posture politique y sont aussi pour quelque chose. Ces deux hommes relativement novices font preuve d’une habileté redoutable. L’humeur d’un pays qui sent le redressement possible et ne veut pas l’entraver y contribue beaucoup. C’est un fait qu’il savent entrenir cette flamme. Les choses peuvent changer quand Wauquiez aura pris son régime de croisière et quand le PS, s’il y parvient, se sera doté d’un ou d’une cheffe de file crédible. En attendant, un boulevard politique s’ouvre devant les deux hommes. L’hiver sera doux à Matignon et à l’Elysée, glacial pour ceux qui restent dehors…

Et aussi

• Certains députés de La République en marche trouvent la politique migratoire affichée par le gouvernement contestable, ou trop dure. Il n’y a donc pas que les associations et une partie de l’opposition (et Libération) à s’inquiéter de ce durcissement. Richard Ferrand a exhorté les siens à l’unité. Mais le groupe LREM a tout de même décidé de constituer un groupe de travail pour préparer «en amont», la future loi qur la question. C’est peu de choses, mais cela traduit aussi un malaise…

• Le cynisme de Bachar el-Assad, celui que les «réalistes» de la diplomatie voyaient en allié de la France dans la lutte contre le terrorisme, est sans limites. Après avoir insulté les Kurdes, pourtant en première ligne dans la lutte contre Daech, il accuse maintenant la France de complicité avec le terrorisme. Pour la seule raison que la diplomatie française a soutenu, non les «terroristes», mais l’opposition au régime syrien. Ainsi le vrai terrorisme, pour lui, n’est pas celui de Daech, mais celui de ses adversaires politiques. Voilà un interlocuteur fiable…

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 19 décembre, 2017 |Pas de commentaires »

Un peu de tout…………………..(19/12/2017)

Malaise sur les migrants, Juppé ne « replongera » pas, Philippot emménage dans le 9-3

Malaise sur les migrants, Juppé ne "replongera" pas, Philippot emménage dans le 9-3
Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, le président de la République Emmanuel Macron, et le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner, le 30 octobre 2017. ((CHRISTOPHE ENA / POOL / AFP))

Au menu du Réveil politique : le « malaise » de la majorité sur la politique migratoire du gouvernement, Juppé répond à LREM et au MoDem, Philippot a un nouveau QG…

Le malaise du jour : la politique migratoire du gouvernement

Le gouvernement l’assure : il est ferme dans sa politique migratoire. Le gouvernement l’assume : son projet entend (par exemple) recenser les migrants dans les centres d’hébergement d’urgence. Une politique migratoire de l’exécutif se fonde sur la distinction opérée par Emmanuel Macron entre demandeurs d’asile et « migrants économiques ».

 

Et donc, le gouvernement se retrouve sous le feu des critiques, notamment par les associations qui pointent le risque d’instaurer une logique de « tri ». Et logiquement, un certain malaise frappe la majorité, La République en Marche. 

« Le Parisien » évoque « le malaise de la majorité », la fermeté affichée par le gouvernement en matière de lutte contre l’immigration irrégulière lui attirant « des critiques jusque dans les rangs de La République en Marche ».

Dans le quotidien, le Défenseur des Droits, Jacques Toubon, pointe la circulaire du ministère de l’Intérieur sur le « tri » des migrants, un texte qui « manque d’humanité » selon l’ancien garde des Sceaux.

Xavier Brouet rappelle dans « le Républicain Lorrain »:

« A l’instar du Défenseur des Droits, les associations se demandent où sont passées les résolutions du candidat Macron faisant de l’accueil des réfugiés ‘l’honneur de la France’. »Mais pour Guillaume Tabard du « Figaro », « sur ce sujet sensible, Macron considère qu’il vaut mieux encourir des critiques, y compris au sein de son propre parti, que laisser s’envenimer une situation qui, par refus de fermeté aujourd’hui, serait encore plus incontrôlable et explosive demain ».

 

 

Dans le « Midi libre », Jean-Michel Servant analyse :

« Requinqué dans les sondages, Emmanuel Macron a bien retenu la leçon allemande. Il cherche à se démarquer à tout prix de la politique d’ouverture menée par Angela Merkel. L’humanisme de la chancelière avait été salué par toute l’Europe, mais on connaît le résultat dans les urnes. »Selon Patrice Chabanet du « Journal de la Haute-Marne », « pour l’exécutif français, il s’agit de ne pas laisser trop de grain à moudre aux anti-immigrationnistes, sans heurter la sensibilité des partisans d’une politique plus humaniste. Une position sur le fil du rasoir où le risque est grand de prendre des coups des deux côtés ».

Dans « les Dernières Nouvelles d’Alsace », Didier Rose explique :

« Le président fait du phénomène migratoire une autre illustration de sa doctrine décomplexée, taillée pour montrer qu’il est de tous les camps, au plan politique. Humainement, Macron se réfugie lui-même derrière le masque de l’ambiguïté. » 

« La traque des clandestins sera toujours difficile, coûteuse et finalement peu efficace », conclut Guillaume Goubert dans « la Croix », estimant qu’ »il faut avoir le courage politique de le dire : mieux vaut organiser ces flux que les subir ». 

Le Secours catholique (Caritas France) et la Fédération de l’entraide protestante (FEP) ont dénoncé « un renoncement sans précédent aux valeurs et aux traditions humanistes de la République ». Jugeant le recensement « inacceptable », le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger a dit avoir « un peu mal à (son) pays en termes de valeurs ».

Plusieurs grands acteurs de l’hébergement d’urgence, ainsi que SOS Racisme, ont saisi lundi le Défenseur des Droits Jacques Toubon lui demandant « d’intervenir auprès du gouvernement » pour que ses dernières instructions, « portant gravement atteinte aux droits fondamentaux » des étrangers, « ne soient pas mises à exécution ».

Est-ce un signe ? Dénonçant un « concert des pleureuses », le FN s’est, lui, « félicité » que « le problème majeur de l’immigration soit posé », y voyant une « victoire politique ».

Le renoncement du jour : Alain Juppé

Dommage pour Emmanuel Macron. Alain Juppé veut être clair : « Je n’ai pas l’intention de replonger » dans « un grand chambardement du paysage politique ». C’est la réponse (définitive ?) du maire LR de Bordeaux à la possibilité de s’allier avec La République en Marche et le MoDem dans la perspective des élections européennes de 2019.

« LR a une nouvelle direction, d’autres structures se mettent en place [...], c’est un peu la fragmentation à droite et au centre », explique Alain Juppé, citant notamment Agir ou l’UDI. Il était interrogé en marge d’un conseil municipal sur l’invitation implicite du leader de LREM, Christophe Castaner, à rejoindre une « liste élargie », reprise en écho par le président du MoDem, François Bayrou.

Et le candidat malheureux à la primaire de la droite en novembre 2016 d’analyser :

« Nous sommes dans une phase de décantation. Il est probable que le rendez-vous européen de 2019 verra la fin de cette décantation. »

Le QG du jour : Florian Philippot dans le 9-3

Un buste du général de Gaulle, une crèche et un cheval de bois. L’ancien numéro deux du Front national Florian Philippot a inauguré lundi le siège de son jeune parti Les Patriotes. Il a élu domicile aux puces de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) dans un local du « roi des forains » Marcel Campion pour y défendre l’idée d’une « France libre ».

 

 

Et l’ancien stratège frontiste mesure aujourd’hui les difficultés pour convaincre les Français de le suivre, trois mois après son divorce d’avec Marine Le Pen. Il assure :

« C’est un pari. »Dans les bagages de l’énarque ? Une trentaine de conseillers régionaux, un député (l’ex-communiste passé un temps au FN José Evrard), deux élus, comme lui, au parlement européen, et 6.000 adhérents (selon Philippot), dont la moitié ne seraient issus d’aucun parti politique.

 

Le premier défi à relever, ce sera les élections européennes en 2019. Chez les philippotiste, on assure pourtant qu’avec le nouveau mode de scrutin par liste nationale, la barre des 5% de voix est atteignable, ce qui permettrait d’obtenir au moins 4 élus. 

Florian Philippot présentera tout de même des candidats à des législatives partielles dans le Val d’Oise (fin janvier) et le Territoire de Belfort.

Le post de blog du jour : Jean-Luc Mélenchon

« Brosse à reluire publique : c’est fait ! ». Jean-Luc Mélenchon a indéniablement le sens de la formule. Il aurait dû continuer sa carrière de journaliste à « la Dépêche du Jura ». Dans un billet publié sur son blog ce lundi 18 décembre, le leader de La France insoumise s’en est pris au « journalisme de révérence et de complaisance » auquel a eu droit Emmanuel Macron lors de son interview dimanche soir sur France 2.

Pour le député des Bouches-du-Rhône  :

« La séquence était entièrement construite à la gloire du président de la République. »

Comme le note le HuffPost, Jean-Luc Mélenchon déplore l’absence de « questions qui fâchent ». Il va encore plus loin (et reprend les analyses de ses camarades « insoumis ») :

« Cette impertinence sadique n’était-elle pas le prétexte de France 2 pour justifier le traquenard de ‘l’Émission politique’ à laquelle j’ai participé ? Même sans être aussi abjecte, la séquence aurait pourtant eu matière à aller plus loin que les rites du passe-plat. »Après un (long) débrief de l’émission, le député de Marseille en a profité pour promouvoir la pétition qu’il a lancée après son passage sur France 2 :

« Il convient, dans l’intérêt du débat démocratique de rééquilibrer les choses. Je crois que la création d’un conseil de déontologie du journalisme sera un premier pas dans cette voie. » Pour l’heure, elle a récolté plus de 160.000 signataires.

Les chiffres du jour : +9 et +11 points

La popularité d’Emmanuel Macron est en forte hausse en décembre, lui permettant de recueillir l’assentiment de plus d’un Français sur deux, selon un sondage Odoxa diffusé mardi 19 décembre.

Ainsi 54% (+9 points) des personnes interrogées estiment qu’Emmanuel Macron est « un bon président de la République », tandis que 46% des Français pensent le contraire, selon cette enquête pour « l’Express », France-Inter et la presse régionale.

Le Premier ministre Edouard Philippe fait un bond spectaculaire : 57% (+11) des personnes interrogées le considèrent comme « un bon Premier ministre », quand 42% sont d’un avis inverse. 1% ne se prononce pas.

Par ailleurs, 49% des Français estiment que l’élection de Laurent Wauquiez à la tête des Républicains est plutôt une mauvaise chose pour Emmanuel Macron, 54% une mauvaise chose pour le parti, et 59% une mauvaise chose pour la France. Et 55% souhaiteraient voir Xavier Bertrand, plutôt que Laurent Wauquiez, représenter la droite à l’élection présidentielle de 2022, quand 39% souhaiteraient l’inverse.

Jean-Luc Mélenchon est perçu comme le meilleur opposant à Emmanuel Macron par 38% des sondés, Laurent Wauquiez comme Marine Le Pen par 24%, et Benoît Hamon par 11% des personnes interrogées. Sur le choix d’une de ces personnalités, 3% ne se prononcent pas.

Nicolas Hulot est toujours en tête des personnalités dont les Français ont une opinion favorable (45%, +1), loin devant Nicolas Sarkozy (31%) qui a été réintégré dans le palmarès par Odoxa, et Jean-Yves Le Drian.

Publié dans:Politique |on 19 décembre, 2017 |Pas de commentaires »
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