Archive pour la catégorie 'Non classé'

La lettre de Laurent Joffrin…………….(04/04/2018)

Libération 04 avril 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Godot et la VIe République

La réforme institutionnelle présentée par le gouvernement est plus proche du toilettage que de la transformation. Après ce train de mesures, la Ve République restera égale à elle-même dans son essence. Les institutions du «nouveau monde» ressembleront furieusement à celles de l’ancien. On réduit le nombre de députés et de sénateurs, disposition populaire tant est basse la cote de la classe politique, mais qui ne changera rien à leurs pouvoirs. On introduit une dose de 15% d’élus désignés à la proportionnelle, ce qui représentera mieux les minorités politiques mais ne modifiera pas grand-chose à la logique majoritaire. Pour le reste, ce sont des aménagements secondaires : on réforme le Conseil économique et social, qui de toute manière ne sert à rien et ne servira pas beaucoup plus. On limite le cumul des mandats dans le temps à trois, ce qui fait tout de même un bail pour les élus au long cours.

Les projets de «VIe République», dans cette circonstance, sont repoussés aux calendes grecques. La chose, à vrai dire, n’a rien d’étonnant. Le rêve d’une VIe République se heurte à un fait massif et difficilement contournable : l’élection du président de la République au suffrage universel. Dès lors que le peuple donne directement mandat au Président, il s’attend qu’il gouverne et donc qu’il s’assure dans la foulée de son élection une majorité claire au Parlement. Pour mettre fin à ce système de monarchie élective, il faudrait aligner la France sur les démocraties européennes où c’est le Premier ministre, issu d’une majorité parlementaire, qui gouverne. Sur le papier, pourquoi pas ? Mais il faut dans ce cas expliquer aux électeurs qu’on leur retire un droit fondamental et qu’on le transfère à des représentants, qui désigneront le chef de l’exécutif en lieu et place du peuple. On voit mal les électeurs français se dépouiller soudain de cette prérogative. A partir de là, tout s’enchaîne. C’est le projet du président qui sert de référence à l’action gouvernementale ; c’est en promettant de soutenir l’élu du peuple que les députés se font élire pour former une majorité ; c’est autour de cette élection reine que tourne la vie politique. Et quel président aura assez d’abnégation pour introduire une proportionnelle intégrale qui pourrait le priver des moyens de gouverner selon sa volonté ? Le raisonnement vaut pour Emmanuel Macron. S’il veut se représenter en 2022, pourquoi prendrait-il le risque de perdre ses pouvoirs au profit d’un Parlement qu’il ne contrôlerait pas ? D’où la limitation à 15% du nombre des parlementaires élus à la proportionnelle qui ne changera guère la pratique des institutions. La VIe République est comme l’Arlésienne ou comme Godot : on en parle toujours mais on ne la voit jamais, on l’attend mais elle ne vient pas.

Et aussi

La presse, décidément, sert à quelque chose : Libération avait révélé au public les étranges et scandaleuses pratiques sexistes en vigueur dans certains lycées militaires préparant les élèves à l’entrée à Saint-Cyr. Après mûre réflexion, la ministre des Armées, Florence Parly, a décidé de sévir : certains responsables sont déplacés, certains coupables sanctionnés et le fonctionnement des lycées amendé. Suffisant ? On ne sait. Certains en doutent au sein des établissements. Le journal ne manquera pas de le vérifier…

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 4 avril, 2018 |Pas de commentaires »

Le FHaine se réjouit……………………….(04/04/2018)

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La réforme des institutions prévoit d’élire 15% des députés à la proportionnelle lors des législatives, annonce Edouard Philippe
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Publié dans:Politique |on 4 avril, 2018 |Pas de commentaires »

Cafouillage majoritaire………………………(04/04/2018

Projet de loi asile et immigration : des députés franc-tireurs de LREM à la manœuvre

Projet de loi asile et immigration : des députés franc-tireurs de LREM à la manœuvre
Gérard Collomb à l’Assemblée nationale, le 22 novembre 2017. (F. GUILLOT/AFP)

Certains députés cherchent à adoucir les dispositions les plus dures du texte, sans toucher à sa philosophie générale. D’autres veulent aller plus loin.

Par L’Obs

Publié le 04 avril 2018 à 09h55

Le projet de loi « asile et immigration », qui arrive en commission ce mercredi 4 avril, fait l’objet d’une offensive marquée des députés LREM, dont certains espèrent des concessions sur ce texte controversé, voire pour les francs-tireurs du groupe une réécriture.

Pendant au moins deux jours – mercredi et jeudi – les députés vont passer au crible quelque 900 amendements, dont pas moins de 363 LREM, avant l’examen dans l’Hémicycle, qui doit débuter le 16 avril. Dès mardi soir, Gérard Collomb est venu défendre son projet de loi, tout en entrouvrant la porte à un assouplissement des dispositions sur la durée maximale de la rétention, se disant « prêt à étudier » les propositions des députés.

 

 

« Je forme le vœu que nous sachions collectivement nous montrer dignes des enjeux qui sont ceux de la période », a-t-il affirmé, après des semaines de pédagogie auprès des députés, invités pour les uns à dîner, emmenés pour les autres au Niger ou en Albanie, depuis que les controverses ont commencé fin 2017.

« J’ai peur que si jamais nous ne résolvions pas le problème qui est devant nous [...], d’autres demain se chargent de le résoudre sans humanisme mais avec une grande volonté d’efficacité », a-t-il mis en garde.Une allusion voilée aux montées des partis populistes en Europe.

« J’entends les préoccupations exprimées »

Mesure phare – indispensable selon Beauvau pour éloigner les déboutés de l’asile – l’allongement de la durée maximale de la rétention devrait être rabotée. Plusieurs scénarios LREM ramènent le plafond à 90 jours grand maximum, rebonds compris (au lieu de 135 jours avec les prolongations dans la version gouvernementale).

« J’entends les préoccupations exprimées » et « sans perdre de vue la nécessité d’un allongement du temps de la rétention,je suis prêt à étudier avec votre commission les modalités les plus appropriées pour concilier humanité et efficacité », a affirmé Gérard Collomb. 

 

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SNCF…………………………………(04/04/2018)

Grève à la SNCF : « Les moyens qu’a l’Etat pour empêcher un tel mouvement sont limités »

Eric Béziat, journaliste spécialiste des transports au « Monde », a répondu aux questions de lecteurs sur le bilan à tirer de cette première journée de grève.

LE MONDE | 03.04.2018 à 20h04 • Mis à jour le 04.04.2018 à 05h07

Au terme de la première journée de grève à la SNCF, mardi 3 avril, Eric Béziat, journaliste spécialiste des transports au Monde, a répondu aux questions d’internautes sur le bilan de cette première journée de mobilisation.

Lire aussi :   Grève à la SNCF : le gouvernement et les cheminots engagent la bataille de l’opinion

RD : Le nombre de grévistes était plus faible qu’en mars. Comment l’expliquer ? Est-ce un échec pour les cheminots ?

Eric Béziat : En effet, et c’est un chiffre inattendu : 33,9 %, à comparer à celui du 22 mars, 35,4 %, alors qu’on attendait aujourd’hui une grève plus importante. Mais il faut l’examiner avec attention. Presque la moitié du personnel indispensable à la circulation des trains était en grève, contre 36 % il y a treize jours. Ce qui explique la forte perturbation dans les circulations. Les syndicats sont un peu déçus, probablement, mais ils ne le diront pas et, en général, ils contestent les chiffres de la direction. Il faut voir que la sociologie de la SNCF a changé depuis les années 1990 : davantage de cadres et de cols blancs. Or ceux-ci ont fait grève à 17 et 16 %.

Emilie : Le personnel de la SNCF est-il plus syndiqué que la moyenne nationale ? Comment peut-on expliquer qu’ils arrivent à faire « plier » les gouvernements (du moins par le passé) ? Leur statut a-t-il déjà été modifié ?

Le taux de syndicalisation à la SNCF est en effet un des plus élevés de France. Environ un tiers des équivalents temps plein. Les cheminots cumulent deux critères qui en font une population très syndiquée. L’appartenance à la fonction publique et l’appartenance au secteur des transports, où les taux de syndicalisation avoisinent les 20 %. On notera aussi la présence de 2 000 salariés (en équivalent temps plein) qui disposent d’une délégation syndicale (c’est-à-dire qui ont une activité syndicale tout en étant payés par la SNCF).

Leur capacité à bloquer le pays, comme d’autres professions (routiers, aiguilleurs du ciel) rend leurs actions très efficaces. Quant à leur statut, il n’a jamais été modifié.

Guillaume : Quels sont les moyens à la disposition de l’exécutif pour contrer ces grèves ? Car n’y a-t-il pas un risque d’atteinte au principe de continuité du service public ?

Le droit de grève étant garanti par la Constitution de la Ve République, les moyens qu’a l’Etat pour empêcher un tel mouvement sont donc limités. La loi de 2007 sur la continuité du service public ne garantit pas un service minimal dans le transport, contrairement aux idées reçues, puisqu’elle ne prévoit pas de réquisition. Elle se contente d’obliger les parties prenantes à discuter préalablement. Les grévistes doivent se déclarer quarante-huit heures avant. Et les entreprises sont tenues d’informer les voyageurs du plan de transport conçu à partir de ces déclarations, plan qui lui doit être absolument tenu. Mais si 100 % des salariés d’une ligne se déclarent grévistes, il n’y aura pas de train.

Lire aussi :   Grève à la SNCF : mais où est passé le service minimum ?

André : Je croyais que la grève perlée était illégale en droit du travail. Qu’en savez-vous ?

La grève perlée est en effet illégale. Mais nous ne sommes pas en face d’une grève perlée. C’est en fait un abus de langage — venu des médias, reconnaissons-le. Une grève perlée est plutôt une grève du zèle consistant à être présent mais en diminuant drastiquement son efficacité. Le mode de grève choisi par les cheminots pourrait s’appeler une grève saucissonnée ou en pointillé, consistant à déposer dix-huit préavis de deux jours pour des motifs différents. Elle vise à désorganiser au maximum le service à moindre coût pour les cheminots.

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La lettre de Laurent Joffrin………………..(03/04/2018)

Libération 03 avril 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Succès syndical

Le premier point est pour les syndicats. Comme on le prévoyait, la grève à la SNCF a été fortement suivie, notamment chez les agents indispensables à la circulation des trains. Un TGV sur huit circule en moyenne, un train sur cinq sur le reste du réseau. A ce stade, c’est le conflit le plus dur qu’on ait observé depuis des lustres à la SNCF. Le gouvernement impute aux syndicats la responsabilité du mouvement, ce qui est techniquement vrai et politiquement très contestable. La suppression du statut de cheminot ne figurait pas dans le programme d’Emmanuel Macron et l’application de la directive européenne qui prévoit l’ouverture à la concurrence était modulable. Beaucoup pensent que les conditions d’emploi des cheminots étaient négociables à l’intérieur du statut, dont l’abolition pour les nouveaux entrants agit comme un chiffon rouge. La dramatisation excessive de la situation de la compagnie a aussi joué un rôle : en décrivant une société pratiquement à l’agonie, le gouvernement a braqué les cadres de l’entreprise en même temps que les syndicats les plus modérés. De toute évidence, En Marche a raté une marche dans cette affaire.

Il faut au passage rétablir une vérité : on lit partout que «l’Europe impose l’ouverture à la concurrence». La phrase est trompeuse : la commission a effectivement pondu des directives, mais elle n’aurait pu le faire sans l’aval explicite des gouvernements nationaux, au premier rang desquels le gouvernement français. La droite et la gauche au pouvoir l’une après l’autre ont participé à ce processus et accepté d’appliquer des directives que toutes deux ont approuvées. Quand on fustige l’Europe, on ne fait rien d’autre que contester des décisions prises en fait par des gouvernements légitimes, appuyés par des majorités claires élues régulièrement. Aucune «dictature» dans cette procédure mais un jeu malsain qui consiste à se servir de l’Europe comme d’un bouc émissaire, ou d’un épouvantail, pour éviter d’avoir à assumer des mesures qu’on a préalablement acceptées. Pour qu’il en aille autrement, il eût fallu qu’un parti ou une coalition antieuropéenne gagne les élections, ce qui ne s’est pas produit à ce jour.

Et aussi

Autre boulette : la ministre des Transports Elisabeth Borne avait répondu –plutôt prudemment, semble-t-il– à des questions posées par des journalistes du quotidien Les Echos. L’entretien est revenu tellement réécrit par les services de Matignon que le journal a refusé de le publier. Il arrive un moment où le contrôle pointilleux de la communication gouvernementale se retourne contre les contrôleurs…

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 3 avril, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin…………..(29/03/2018)

Libération 29 mars 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Pour les juifs

Il faut revenir sur la manifestation de mercredi qui a témoigné d’un sursaut de solidarité envers les Français juifs victimes d’agressions ou de crimes. Les incidents qui l’ont troublée ne doivent pas masquer le véritable enjeu, qui va au-delà du cas dramatique de Mireille Knoll. C’est un fait établi que les juifs français sont l’objet d’une résurgence de racisme et d’intolérance très particulière, qui pose de redoutables questions, non seulement à eux mais à tout républicain.

Onze d’entre eux en dix ans ont été tués pour la simple raison qu’ils étaient juifs. Quel groupe, quelle communauté, même si on n’aime pas le mot, a subi un sort comparable ? A notre connaissance, aucune. A cela s’ajoute le harcèlement quotidien dont sont souvent victimes ces familles, à l’école, dans la rue, dans les transports. Beaucoup d’entre elles retirent leurs enfants de l’école publique par crainte de les voir agressés ; depuis les crimes sanglants de Mohammed Merah, les écoles confessionnelles ont perdu leur statut de sanctuaire.

Marc Knobel, directeur des études du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), évalue à 60 000 le nombre de juifs qui ont quitté la France en dix ans. C’est-à-dire environ 10 % des Français juifs, proportion considérable. On peut chipoter sur les chiffres ou remarquer qu’une partie d’entre eux ne s’exilent pas pour des raisons de sécurité mais pour effectuer leur alya, le retour vers la Terre promise. Cela ne change rien au fait qu’il est humiliant, angoissant, pour la République, de constater qu’une partie de ses enfants, qui en sont une composante depuis tant de générations, n’ont plus confiance en elle. On dresse parfois un parallèle entre les agressions dont sont victimes les juifs et celles qui visent les musulmans, tout aussi condamnables évidemment, et dont le nombre est comparable. Mais c’est un effet d’optique. Les Français juifs sont environ dix fois moins nombreux que les Français musulmans. Les premiers sont donc dix fois plus exposés que les seconds. A cela s’ajoute le fait qu’une grande partie des meurtres sont le fait de terroristes islamistes et qu’un antisémitisme nouveau, alimenté par les obsessions des intégristes musulmans et les réactions liées au conflit israélo-palestinien, se développe depuis de longues années. Il existe toujours un antisémitisme venu de l’extrême droite comme en témoigne le succès des vidéos postées régulièrement par Alain Soral, ou l’affluence qu’on observe aux spectacles de Dieudonné ou encore les dérapages de certains membres du Front national. Mais de toute évidence, nous sommes désormais sur deux fronts et non plus un seul.

A lire aussi La boulette du Crif

Jusqu’à mercredi, les Français juifs avaient le sentiment de tout cela se déroulait dans une relative indifférence. Les choses commencent à changer. Il faudra aller nettement plus loin. Le 5 janvier 1895, assistant à la dégradation du capitaine Dreyfus – dans cette cour des Invalides où l’on rendait, mercredi, un hommage émouvant au colonel Beltrame – Theodor Herzl se dit que si, même en France, on pouvait assister à une telle iniquité, il ne pouvait y avoir de refuge nulle part pour les juifs, sinon dans un foyer national qui leur serait propre. Cette réflexion fut à l’origine du mouvement sioniste. Pourtant, dans les années 20 et 30, beaucoup de juifs d’Europe de l’est s’installèrent en France en se disant qu’un pays capable de se déchirer dix ans autour du sort d’un seul juif, Dreyfus, pour l’innocenter in fine et le réhabiliter solennellement, serait malgré tout une terre d’accueil. Il faut se souvenir de cette histoire. Il y a dans ce double rappel un motif de crainte mais aussi des raisons d’espérer.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 29 mars, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………………(28/03/2018)

Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

La boulette du CRIF

Pas très malin, le CRIF… Au moment où l’opinion s’émeut, tous partis confondus, du meurtre de Mireille Knoll, sans doute crapuleux mais dont la justice estime à ce stade qu’il est aussi marqué du sceau de l’antisémitisme, voilà que le Conseil déclenche une polémique subalterne et malvenue. Le cas du Front national est certes épineux quand on connaît son passé en la matière, même si Marine Le Pen se garde de toute allusion antisémite. Mais celui de Jean-Luc Mélenchon touche au grotesque. Quand le leader de La France insoumise aurait-il cédé à une mauvaise pente ? Jamais, que l’on sache. A moins d’amalgamer toute critique du gouvernement israélien à de l’antisémitisme, vieille ficelle propagandiste. Diviser quand il faut réunir : on ne saurait être plus maladroit. L’organisation communautaire a d’ailleurs été désavouée aussitôt par le fils de Mireille Knoll, plus avisé et plus généreux que ses défenseurs institutionnels. Cet homme meurtri fait plus contre le communautarisme que bien d’autres.

A lire aussi Meurtre de Mireille Knoll : l’effroi général

L’incident ne saurait détourner de l’essentiel. Les agressions contre les Français juifs sont une injure intolérable contre la République et contre l’humanité. Ce qui est intolérable doit être combattu avec la dernière énergie. Les participants à la marche blanche de mercredi le comprennent ainsi. Sursaut salutaire, alors que les Français juifs avaient jusque-là le sentiment que souvent ces agressions se déroulaient dans une relative indifférence. A l’antisémitisme de l’extrême droite, qu’on avait fait reculer, s’ajoute maintenant, comme le souligne Michel Wieviorka, un antisémitisme issu de milieux musulmans, qui tient pour beaucoup à l’obsession antijuive des courants islamistes, mais aussi à la résurgence de préjugés ancestraux, même si la grande majorité des Français musulmans s’en tiennent à l’écart. Dans ces circonstances, les Français juifs doivent savoir qu’ils peuvent compter sur la solidarité indéfectible de tous les républicains.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 28 mars, 2018 |Pas de commentaires »

Chacun à sa place…………………………(27/03/2018)

Wauquiez l’opportuniste, Mélenchon et la « violence de classe », Macron à la maternelle

Wauquiez l’opportuniste, Mélenchon et la "violence de classe", Macron à la maternelle
Laurent Wauquiez au siège des Républicains, le 26 mars 2018. (L. JOLY/SIPA )

Au menu du Réveil politique : la radicalisation de Wauquiez, le coup de gueule de Mélenchon, le plan de Macron pour la maternelle…

La surenchère sécuritaire de Wauquiez et Le Pen

C’est désormais une déplorable habitude. Comme après chaque attaque djihadiste, l’heure de la récupération politique ne s’est pas fait attendre longtemps. La droite et l’extrême droite n’ont pas manqué de se saisir de la tragédie de Trèbes pour se laisser aller à une surenchère de propositions radicales, aussi irréalistes que contre-productives.

« Il faut les mettre hors d’état de nuire (les islamistes) avant qu’ils ne fassent couler le sang », a martelé lundi le président des Républicains, Laurent Wauquiez, lors d’une allocution « solennelle » au siège parisien du parti, derrière un pupitre barré d’un bandeau noir en signe de deuil. Le leader de la droite a exigé le rétablissement de l’état d’urgence et « l’expulsion immédiate des étrangers » qui « incitent à la haine de la France ». Avant de dénoncer l’ »aveuglement », l’ »irresponsabilité politique » et la « coupable naïveté » d’Emmanuel Macron qu’il accuse de  »ne pas combattre le terrorisme ».

 

 

Plus tôt, Marine Le Pen avait formulé des exigences similaires. « Il faut arrêter de distribuer la nationalité française n’importe comment et à n’importe qui », avait estimé la présidente du Front national, qui a appelé par ailleurs à la démission de Gérard Collomb, le ministre de l’Intérieur. Son homologue des Républicains a pour sa part fustigé les étrangers « dont les familles ont bénéficié du généreux système social de notre pays et qui se retournent aujourd’hui contre la France ». « Le FN a réussi à convaincre Wauquiez sur l’islamisme : tout arrive », a tweeté dans la foulée le parti d’extrême droite.

Dans un entretien à lire sur notre site, Yves Trotignon, ancien agent de la DGSE, juge sévèrement ces propositions. La rétention administrative des fichés S est une mesure « lamentable, indécente et infaisable techniquement », explique-t-il notamment.

« C’est le cadeau dont rêvent les djihadistes : l’affrontement global. »Quant au rétablissement de l’état d’urgence, il est tout simplement inutile dans la mesure où la loi du 30 octobre 2017 reprend pratiquement toutes les mesures de l’état d’urgence pour les intégrer dans le droit commun.

 

 

Quelques voix dissonantes se sont tout de même fait entendre à droite, après le discours musclé et opportuniste de Laurent Wauquiez. L’ex-directeur de la police nationale, Frédéric Péchenard, vice-président de LR en Ile-de-France et proche de Nicolas Sarkozy, s’est dit opposé à la rétention et au rétablissement de l’état d’urgence. Le patron des sénateurs LR, Bruno Retailleau, s’est également montré sceptique sur les propositions de Laurent Wauquiez en appelant à « appliquer l’arsenal législatif » existant.

La phrase : Mélenchon dénonce « la violence de classe » de Pénicaud

Comme Olivier Besancenot, Jean-Luc Mélenchon est venu apporter son soutien au syndicaliste Gaël Quirante, lundi soir, lors d’un rassemblement organisé devant le ministère du Travail à Paris. Secrétaire du syndicat SUD-Poste dans les Hauts-de-Seine, Gaël Quirante vient de voir son licenciement pour faute grave autorisé par le ministère alors que l’inspection du travail le refusait jusqu’alors.

Le leader de La France insoumise s’est montré particulièrement virulent à l’encontre de Muriel Pénicaud qui, « dans cette circonstance est à l’image de la violence de classe qu’elle incarne ». Selon le récit du Huffington Post, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé « une vision des rapports de classe qui est entièrement basée sur la violence et la répression ». Avant de fustiger la criminalisation du mouvement social :

« J’ai l’âge qui m’a permis de connaître les listes noires dans les vallées ouvrières du Haut-Jura. C’est un peu cette période que ces gens essaient de recréer, en criminalisant personnellement telle ou telle personne. » 

 

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La lettre de Laurent Joffrin…………..(26/03/2018)

Libération 26 mars 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Fermeté ou démagogie ?

Enfermement des «fichés S», état d’urgence, expulsions préventives, interdiction du salafisme… Avec un sens très limité de l’union nationale, la droite et l’extrême droite tentent de mettre à profit l’émotion suscitée par l’attentat de vendredi pour marquer des points politiques. Guerre contre le terrorisme ou guerre contre Macron ? Ou, plus largement, contre ceux qui invoquent l’Etat de droit ? On hésite. Frédéric Péchenard, ancien directeur de la police nationale, sarkozyste bon teint, a dit ce qu’il en pensait : des mesures inopportunes et inapplicables.

Un exemple : l’internement administratif des «fichés S» ou d’une partie d’entre eux. Deux indices : les responsables de la police ne le demandent pas ; aucune démocratie dans le monde, même les plus raides, ne l’a mise en pratique, en dehors de l’expérience de Guantánamo, qui s’appliquait à des étrangers, en dehors du territoire national, et qui a laissé un souvenir pour le moins mitigé. Pour en décider, il faut changer la Constitution, c’est-à-dire instaurer et sacraliser le droit pour l’Etat d’emprisonner des suspects sans jugement, sur la base de soupçons et non de faits, puisque le fichier S, simple instrument de surveillance policière, n’a aucune valeur juridique incriminante.

Il y a environ 20 000 «fichés S» en France. La majorité d’entre eux sont soupçonnés de liens plus ou moins directs avec le terrorisme islamiste. Mais il en est d’autres qui sont sous observation pour activisme d’extrême droite ou bien zadisme radical. On arrête tout le monde ? On se limite aux islamistes ou supposés tels ? Dans la seconde hypothèse, comment expliquer aux musulmans de France qu’il ne s’agit pas d’une mesure discriminatoire ? On voudrait renforcer le communautarisme qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Enfermer les suspects pour prévenir le crime… Mais combien de temps ? Au bout de quelque temps, on relâchera des gens ulcérés, mis à l’ombre sur de simples soupçons, en contradiction avec tous les principes des démocraties. Joli thème de propagande pour les islamistes…

Quant à les garder plus longtemps, autant rétablir les lettres de cachet dont usaient les rois pour mettre à l’écart, parfois pendant des décennies, les gens qui leur déplaisaient. Belle manière de défendre, dans le combat idéologique qui oppose les fanatiques à la République, les valeurs constitutives de nos sociétés ouvertes. Pour un bénéfice concret hautement douteux, on organiserait une reddition politique et morale. Il arrive un moment où le discours de la fermeté devient simple démagogie.

Et aussi

• On s’habitue à tout. Et on a grand tort. Le président des Etats-Unis est accusé par deux femmes au moins d’avoir passé avec elles des accords de confidentialité destinés à les empêcher de mentionner les relations intimes qu’elles ont pu entretenir avec lui. L’une d’elles fait état de menaces physiques proférées à son encontre par un proche du futur occupant de la Maison Blanche. L’affaire fait du bruit mais ne trouble pas la remuante sérénité affichée par Donald Trump. En d’autres temps, des affaires de ce genre avaient provoqué la démission immédiate des responsables mis en cause. On se souviendra de John Profumo, ministre de la Défense britannique des années 60, dont la carrière avait été brusquement interrompue par la révélation de ses relations avec une jeune femme, Christine Keeler. Bien d’autres ont suivi au Royaume-Uni. Bill Clinton avait été menacé d’impeachment pour une liaison furtive à la Maison Blanche. On dira que ces scandales étaient souvent excessifs. Certes. On tombe maintenant dans l’excès inverse.

• L’Etat espagnol poursuit de sa vindicte les responsables catalans coupables d’avoir proclamé l’indépendance de leur région après le référendum de l’automne dernier. Carles Puigdemont a été arrêté en Allemagne sur la demande de juges espagnols, déclenchant un débat tendu dans la République fédérale. D’autres sont en prison en Espagne. Voilà une manière d’appliquer la loi qui ne facilitera pas l’apaisement à Barcelone. Comme si on voulait jeter les indépendantistes dans l’action illégale ou violente. Est-ce vraiment une manière de faire de la politique en démocratie ?

• La leçon des législatives partielles se confirme avec le résultat de dimanche dans le Loiret : faute d’implantation locale, les candidats de La République en marche subissent de lourdes pertes d’un scrutin à l’autre. Ils résistent dans certains votes, mais c’est par deux fois dans des départements d’outre-mer, qui obéissent à des microclimats politiques. Pas encore une règle, mais une tendance, à coup sûr.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 26 mars, 2018 |Pas de commentaires »

Est-ce possible…………………………(23/03/2018)

Affaire libyenne : Sarkozy ment en disant qu’il n’était pas à Paris le 26 janvier 2007

Comme l’a repéré Buzzfeed, l’alibi martelé par Nicolas Sarkozy sur TF1 ne tient pas.

« Soyez précis », n’a cessé de commander Nicolas Sarkozy à son intervieweur Gilles Bouleau. Tout au long de son exercice de contre-offensive médiatique au lendemain de sa mise en examen, jeudi 22 mars sur le plateau du 20-heures de TF1, l’ex-chef de l’Etat a joué le « parole contre parole ». La sienne, plutôt que celle de la « bande d’assassins » du clan de « l’illuminé » Kadhafi. La sienne encore, plutôt que celle du « sinistre » et « sulfureux » Ziad Takieddine, un de ses principaux accusateurs (lui-même mis en examen) dans l’affaire libyenne.

 

 

Un homme « déséquilibré », un « escroc » « biberonné à l’argent de Kadhafi » : l’intermédiaire franco-libanais, longtemps proche des milieux balladuriens et sarkozystes, en a pris pour son grade. Pour autant, Nicolas Sarkozy dit le connaître à peine, et a martelé qu’il ne l’avait rencontré que deux fois, en 2002 et 2003.

Sauf que Ziad Takieddine, lui, assure lui avoir remis en mains propres une valise d’argent liquide « autour du 27 janvier » 2007 à Paris, alors que Sarkozy était ministre de l’Intérieur. « J’ai été conduit de la grille Beauvau jusqu’à son appartement en passant par le chemin déjà décrit », affirme-t-il aux enquêteurs. Sarkozy, qui était alors en pleine campagne présidentielle, déroule son alibi :

« J’ai la preuve que le 27 janvier je n’étais pas à Paris. J’étais en Avignon. Le 28 janvier je n’étais pas à Paris, j’étais en Avignon. Que le 26 janvier, je n’étais pas à Paris, j’étais en Poitou-Charentes. Et que le 25 janvier dans l’après-midi je n’étais pas à Paris, j’étais à Saint-Quentin. » 

 

Il célébrait la mémoire de l’abbé Pierre

Tout cela est vrai… à quelques heures près. Le 26 janvier dans l’après-midi, Nicolas Sarkozy était bien en meeting à Vivonne en région Poitou-Charentes. Mais le matin, comme l’a repéré le site Buzzfeed dès jeudi soir, il était à Paris. Comme en attestent les archives des dépêches et des photos de l’AFP, le futur président de la République s’est alors rendu au cœur de la capitale pour assister, en la cathédrale Notre-Dame, à la cérémonie d’hommage à l’abbé Pierre, décédé quatre jours plus tôt.

Est-ce possible..............................(23/03/2018) dans Non classé 16471990Nicolas Sarkozy aux côtés de Valéry Giscard d’Estaing, le 26 janvier 2007 à Notre-Dame-de-Paris (PATRICK KOVARIK/POOL/AFP).

Comme le rapporte la dépêche AFP de l’époque, le ministre de l’Intérieur a d’ailleurs « essuyé des sifflets sur le parvis de la cathédrale ». Pour la discrétion, c’est raté.

 

 

Nicolas Sarkozy aurait donc matériellement très bien pu passer ce jour-là par la place Beauvau, située à une dizaine de minutes en voiture. D’autant que Buzzfeed a retrouvé un courrier signé de sa main et daté de « Paris, le 26 janvier 2007″ dans lequel Nicolas Sarkozy, président de l’UMP, s’excuse auprès des militants d’Asnières-sur-Seine de ne pas pouvoir se rendre le lendemain soir à leur galette des rois.

Auprès de Buzzfeed, son entourage admet que l’ex-chef de l’Etat a parlé trop vite :

« Ce qu’il a voulu dire, c’est qu’il n’était pas à son bureau. Son agenda l’atteste. »Soyez précis, monsieur Sarkozy.

T.V.

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Publié dans:Non classé |on 23 mars, 2018 |Pas de commentaires »
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