Archive pour la catégorie 'Non classé'

La lettre de Laurent Joffrin……………….(18/12/2017)

Libération 18 décembre 2017
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Aux marches du Palais

Emmanuel Macron ne s’est pas mal sorti de l’impitoyable questionnement que lui a infligé lundi soir Laurent Delahousse sur France 2. Pris sous un feu roulant d’interrogations embarrassantes – «vous dormez peu ?», «c’est votre héroïsme ?», «quel est votre message aux Français pour Noël ?» – le président a réussi à placer qu’il était, quoique jupitérien, faillible comme les autres hommes, que son leadership international, loué partout, n’était pas absolu, que la famille était une valeur sûre, que son amie la finance, tel un paysage bucolique, verdirait au printemps. Plusieurs fois acculé par son contradicteur, il a préféré, habileté suprême, rester debout pour entraîner l’importun dans le vestibule de l’Elysée et le mettre très courtoisement dehors…

Ironie sévère, dira-t-on. Laurent Delahousse est un excellent présentateur de JT mais il a voulu appliquer au président de la République la méthode empathique dont il use envers les people du show-biz, ce qui a transformé son entretien exclusif en opération de communication pour Emmanuel Macron. Opération réussie : le président a dit des choses, comme le souligne Alain Auffray sur Liberation.fr. Ce qui débouche sur un paradoxe français : maîtrisant son image comme aux beaux temps du gaullisme, ce président qui s’expose avec parcimonie à la contradiction (une fois en sept mois, en octobre dernier, devant les journalistes de TF1) voit sa courbe de popularité remonter en flèche. Sarkozy allait au carton en conférence de presse, à ses risques et périls; Hollande laissait porte ouverte aux journalistes les plus critiques, quitte à se faire bousculer : il faut croire que cette candeur ne paie pas. Maugréant sans cesse contre les hommes politiques et les élites, l’opinion ratifie néanmoins les usages monarchiques qui sont la marque de la Ve République. Ailleurs en Europe, on a séparé la sacralité du pouvoir de son exercice, en laissant un roi ou une reine sur le trône (Grande-Bretagne, Espagne, Pays-Bas, Belgique) ou bien en plaçant au sommet de la pyramide constitutionnelle un président soliveau (Italie, Allemagne, Autriche, Portugal, etc.) En France, une déambulation jusqu’aux marches du Palais fait événement. Laurent Delahousse, au fond, a trop bien compris la logique intime de la Ve République.

Et aussi

Bachar El Assad, dont tant d’adeptes de la «realpolitik» disent qu’il est un acteur incontournable au Proche-Orient, s’est une nouvelle fois distingué. Devant des médias russes, il a qualifié des «traîtres» les membres milices kurdes qui ont participé à la lutte contre Daech. Les traîtres en question ont servi de troupes de choc à la coalition internationale qui a jeté bas le «califat» instauré par Daech en Irak et en Syrie. Les voilà récompensés… Longtemps la France a exigé le retrait d’Assad. Il est sans doute trop tard aujourd’hui. Mais il faut craindre que cette position, si critiquée à l’époque, se révèle prémonitoire.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 18 décembre, 2017 |Pas de commentaires »

Fayotage à tous les étages………………..(18/12/2017)

Politiques et journalistes sidérés par le ton de l’interview d’Emmanuel Macron par Laurent Delahousse

Publié à 06h23, le 18 décembre 2017 , Modifié à 08h12, le 18 décembre 2017


Politiques et journalistes sidérés par le ton de l'interview d'Emmanuel Macron par Laurent Delahousse
© Capture d’écran France 2

Image Sylvain Chazot

Sylvain Chazot

sylvain.chazot@europe1.fr

Ce fut une interview sans filtre et sans tabou au cours de laquelle l’interviewé a été poussé dans ses retranchements et a dû répondre avec précision aux questions de l’intervieweur. On ne parle malheureusement pas de l’entretien d’Emmanuel Macron, diffusé dimanche 17 décembre sur France 2. Car selon plusieurs observateurs, cette interview fut des plus cordiales et des plus aimables pour le chef de l’État – si ce n’est qu’il a dû rester debout durant les 55 minutes d’enregistrement.

L’une des critiques les plus virulentes a été formulée par le correspondant de Reuters à l’Élysée, Michel Rose. Dès la fin de l’entretien, il s’est étonné du ton et des questions du journaliste Laurent Delahousse dans un tweet pour le moins cinglant :

One of most hard-hitting questions in Macron’s interview: « Here’s the Christmas tree in the courtyard. It’s the end of the year, what do you want to tell the French – don’t be afraid? ». Deferential French journalism at its worst. #Macron20HWEpic.twitter.com/cG3yTw6ENf

— Michel Rose (@MichelReuters) 17 décembre 2017


Et pour les moins anglophones d’entre vous, voici la traduction littérale de ses mots. Attention, ça peut piquer :

L’une des questions les plus percutantes de l’interview de Macron : ‘Voici le sapin de Noël dans la cour, c’est la fin de l’année, que voulez-vous dire aux Français, n’ayez pas peur ?’. Le pire du journalisme français déférent.

Michel Rose n’est évidemment pas le seul à s’être *étonné* du ton de l’interview. D’autres journalistes s’en sont émus, ainsi que des politiques. Parmi ces derniers, Alexis Corbière a ainsi relevé, selon lui, une différence de traitement entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, tous deux interviewés à quelques jours d’écart sur le service public :

Quand on compare le ton furieux de L’Emission Politique contre Jean-Luc Mélenchon et le ton mielleux de l’interview de Macron… On s’interroge : Est-ce bien raisonnable ? Est ce digne du service public d’information ?

Quand on compare le ton furieux de #EmissionPolitique contre @JLMelenchon et le ton mielleux de l’itw de #Macron ..On s’interroge : Est-ce bien raisonnable ? Est ce digne du service public d’information ? #MacronJT20HWE

— Alexis Corbière (@alexiscorbiere) 17 décembre 2017

Le député La France insoumise fait donc référence à L’Émission politique de Jean-Luc Mélenchon, fin novembre, une émission vivement critiquée par la suite par l’ancien candidat à l’élection présidentielle. Jean-Luc Mélenchon s’était ainsi fendu d’un très long billet de blog pour critiquer l’attitude violente, selon lui, des journalistes à son égard.

Son collègue Éric Coquerel s’est également beaucoup amusé, durant l’interview, à relever avec une grande ironie la gentillesse des questions.

J’ai pas compris c’est un épisode de Secret D’histoire de Stephane Bern ou une interview politique de @EmmanuelMacron#MacronJT20HWE

— Eric Coquerel (@ericcoquerel) 17 décembre 2017

Au bout de 10 mn, question irrévérencieuse de @LaurentDelahous : « c’est votre héroïsme politique qui revient là ? ». Léon Zitrone revient ils sont devenus fous ! #MacronJT20HWE

— Eric Coquerel (@ericcoquerel) 17 décembre 2017

La pluralisme vu par @France2tv : brosse à reluire pour le Président, boîte à baffes pour les responsables de l’opposition. @EmmanuelMacron avait honte du service public, il le transforme en carpette. #MacronJT20HWE

— Eric Coquerel (@ericcoquerel) 17 décembre 2017


Quant à Adrien Quatennens, il a carrément tweeté une brosse à reluire, histoire de bien faire comprendre que, selon lui, cette interview était avant tout un bon gros cirage de pompes :


Les français remercient @LaurentDelahous et @France2tv pour ces questions pertinentes et cette irrévérence caractéristique pour éclairer l’actualité face au monarque présidentiel. #MacronJT20HWEpic.twitter.com/Y31l8cnnIh

— Adrien Quatennens (@AQuatennens) 17 décembre 2017

On également vu les commentaires acerbes des socialistes David Assouline et François Kalfon :

Là, franchement, le Président est malmené, il y a de l’abus, un peu de respect quand même … #France2

— David Assouline (@dassouline) 17 décembre 2017

#MacronJT20HWE un petit parfum d’ ORTF cette déambulation élyséenne en mode « dites nous M. Le Président ? ». Et les français alors ?

— François Kalfon (@francoiskalfon) 17 décembre 2017


Ou encore le porte-parole du FN Sébastien Chenu :

@EmmanuelMacron disait Que le service public de l’audiovisuel etait une honte? L’itw de @LaurentDelahous en etait une sacrée!

— Sébastien Chenu (@sebchenu) 17 décembre 2017



[BONUS TRACK] Tout le monde n’est pas Raquel Garrido

Parmi toutes les critiques, il y a celle de Clémentine Autain. La députée LFI a regretté que certains sujets ne soient pas abordés lors de l’interview du Président :

Rien sur les inégalités alors qu’un rapport vient d’en pointer l’aggravation. Rien sur les migrants. Rien sur l’éducation au moment débat sur la sélection à l’université. Rien sur l’extrême droite en Autriche. Rien sur le CETA qui contredit les Accords de Paris.

Rien sur les inegalités alors qu’un rapport vient d’en pointer l’aggravation. Rien sur les migrants. Rien sur éducation au moment débat sur sélection à l »unvisersité. Rien sur l’extrême droite en Autriche. Rien sur le #Ceta qui contredit les Accords de Paris. #MacronJT20HWE

— Clémentine Autain (@Clem_Autain) 17 décembre 2017

Sauf que certains sujets ne pouvaient pas être abordés et pour cause, ils n’étaient pas encore d’actualité, l’entretien ayant été enregistré mardi 12 décembre.

Le rapport sur les inégalitésa par exemple été diffusé jeudi 14 décembre. L’entrée de l’extrême droite au gouvernement en Autriche a été actée samedi 16 décembre. Le débat sur la sélection à l’université, en revanche, a débuté mardi à l’Assemblée nationale.

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Du rab sur le Lab

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    VIDÉO - LREM fait la promo de l'interview d'Emmanuel Macron sur France 2 comme s'il s'agissait d'un blockbuster américain

    Fast and furious

    LREM fait la promo de l’interview de Macron sur France 2 comme s’il s’agissait d’un blockbuster.

Le Lab Europe 1 © 2013

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Publié dans:Non classé |on 18 décembre, 2017 |Pas de commentaires »

Jonas l’escamoteur……………………(18/12/2017)

Propos d’Emmanuel Macron sur le climat : « C’est un escamoteur », condamne EELV

David Cormand, secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts, a répondu sur franceinfo à Emmanuel Macron, qui a notamment évoqué l’écologie, dimanche soir, lors de son entretien à France 2.

Emmanuel Macron, pendant son entretien exclusif à France 2, à l\'Elysée (Paris), diffusé le 17 décembre 2017.
Emmanuel Macron, pendant son entretien exclusif à France 2, à l’Elysée (Paris), diffusé le 17 décembre 2017. (FRANCE 2)
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franceinfoRadio France

Mis à jour le 18/12/2017 | 07:37
publié le 18/12/2017 | 06:11

image il y a 10 heuresVIDEO. Syrie, Trump, réformes… Neuf phrases à retenir de l’entretien d’Emmanuel Macron sur France 2

Emmanuel Macron s’est exprimé sur France 2, dimanche 17 décembre. Le président de la République a notamment défendu son action sur le plan de la défense de l’environnement et sa volonté de mener à bien l’accord de Paris sur le climat, malgré le désengagement des États-Unis. « Je n’ai pas le sentiment que la France soit exemplaire en matière d’écologie », a déclaré sur franceinfo David Cormand, secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV).

franceinfo : On a entendu Emmanuel Macron qui doute que Donald Trump remette réellement en cause le réchauffement climatique. Avez-vous eu ce sentiment ?

David Cormand : J’ai le sentiment que Donald Trump est une bénédiction pour celles et ceux qui veulent avoir l’air d’être écologiste sans être vraiment écologiste. À côté de Donald Trump, tout le monde a l’air écologiste. Il est tellement caricatural. Mais en attendant que les États-Unis fassent ce qu’ils ont à faire, en France et en Europe, il faut agir. Il faut être exemplaire et je n’ai pas le sentiment que la France soit exemplaire en matière d’écologie.

Nicolas Hulot est-il la caution écologiste d’Emmanuel Macron ?

Moi, j’ai confiance en la sincérité et la détermination de Nicolas Hulot. Il est un ministre de la Transition écologique sincère en territoire hostile. Il a affaire à d’autres membres du gouvernement et un Premier ministre qui ne sont pas écologistes. Et, surtout, dans les valises d’Emmanuel Macron, il y a des lobbys puissants qui n’ont pas intérêt à ce que le système change. Le point d’orgue de cette mise en scène des contradictions a été le sommet organisé à Paris cette semaine. La seule chose qu’a su dire Emmanuel Macron pour sortir de l’effondrement écologique que nous sommes en train de vivre, c’est de faire confiance à la finance. Une finance qui aurait été repeinte en verte comme par magie. Il faut que l’État joue son rôle. Je n’attends pas de lui qu’il soit un gentil organisateur. J’attends de lui qu’il joue un rôle politique pour contraindre les forces de l’argent à arrêter de détruire l’environnement et la qualité de vie des salariés.

Sur la question du nucléaire, Emmanuel Macron s’en remet à l’avis de l’Autorité de sureté nucléaire…

C’est toujours la même histoire, c’est un escamoteur. Il ne répond pas sur l’essentiel qu’est le nucléaire, qui est beaucoup plus cher que le renouvelable. Le modèle économique du nucléaire ne fonctionne plus. C’est surtout la gestion du très long terme, la gestion des déchets et du démantèlement des centrales, qui va être altérée. Si la France est autant en retard sur le renouvelable, c’est parce que nous avons tout misé sur le nucléaire. Notre seule chance pour sortir du boulet nucléaire est d’assumer et de dire qu’on arrête.

Publié dans:Politique |on 18 décembre, 2017 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………………..(15/12/2017)

Libération 15 décembre 2017
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Fin du scandale de Panama

Un point marqué contre le fatalisme. Panama a enfin accepté le principe d’un échange des données bancaires avec les pays qui en feront la demande. Une grande partie du public croit qu’on ne peut pas faire grand-chose contre les paradis fiscaux, que les révélations de la presse sont intéressantes mais oiseuses, que les multinationales, ces monstres froids, résistent victorieusement aux Etats, et, plus généralement, que la mondialisation est un processus incontrôlable qui dépouille les gouvernements souverains de tout pouvoir au profit des puissances économiques. La nouvelle affaire de Panama montre que cette idée est fausse. Déjà, à la suite de la crise financière de 2008, plusieurs pays importants dans ce petit univers de l’exemption fiscale avaient mis un genou à terre et accepté de transmettre aux autorités des pays demandeurs les informations qui permettent de débusquer les fraudeurs. La décision panaméenne, obtenue sous la pression des révélations journalistiques, de l’action des ONG spécialisées, suivies en traînant les pieds par les grands Etats, montre que ces actions «citoyennes» ne sont pas vaines. Dès lors qu’une volonté politique claire se manifeste, ces petites nations pirates qui attirent l’argent en lui assurant la dissimulation ne peuvent pas tenir. Quand ceux qui ont un gros PIB parlent, ceux qui en ont un minuscule écoutent.

Encore faut-il parler. Nous sommes loin du compte. En Europe même, il existe toujours des paradis fiscaux qui jouent du dumping fiscal et de l’anonymat garanti pour s’assurer une prospérité indue. Mais l’étau, avec une lenteur exaspérante mais inexorable, se resserre. Il restera toujours des fraudeurs et des «optimiseurs» sans vergogne, de même que les lois contre le vol n’ont pas fait disparaître les voleurs. Mais leur vie devient plus difficile au fur et à mesure que la prise de conscience progresse. C’est tout le but de ce processus. On ne peut pas éradiquer l’incivisme fiscal. On peut le faire reculer. Autrement dit, malgré la puissance des féodalités financières, ces nouveaux seigneurs prédateurs comparables à ceux du Moyen-Age, la politique, appuyée sur la souveraineté populaire, n’est pas impuissante.

Et aussi

Ségolène Royal est en pleine forme. Sans doute revivifiée par l’air frais des pôles, elle s’est fendue de propos iconoclastes (dans le monde politique) en faveur des nationalistes corses, des gens qui ont fait «un boulot extraordinaire». Elle n’a pas tort sur beaucoup de points. La victoire des indépendantistes (ou plus exactement des autonomistes, pour l’instant, puisqu’ils ne réclament pas l’indépendance), a porté un coup sévère au système clanique et clientéliste qui gangrenait la Corse (mais pas, ou pas encore, à l’emprise des bandes mafieuses qui sévissent sur l’île). Certaines revendications sont légitimes : le transfèrement des prisonniers, la défense de la langue corse (dans beaucoup de pays, la liberté linguistique existe) ; en France même, on a reconnu depuis plusieurs années le droit à l’existence des langues régionales. Plus complexe est l’introduction d’un «statut de résident», qui heurte le principe d’égalité sur le territoire et fleure quelque peu l’intolérance envers les étrangers. Mais la question de la hausse des prix immobiliers qui chasse de chez eux les plus pauvres n’a rien d’artificielle. Seulement elle ne se pose pas seulement en Corse mais dans toutes les zones touristiques et littorales. Ne pourrait-on, à partir de l’exemple corse, imaginer une solution au niveau national ? On retrouverait ainsi le principe républicain de l’égalité des droits et d’équilibre social des territoires. Un beau sujet de débat…

Laurent Joffrin
Publié dans:"AFFAIRES", Politique |on 15 décembre, 2017 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………………….(14/12/2017)

Libération 14 décembre 2017
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Un rapport contre Macron

On peut dire beaucoup de mal de ce vieux continent poussif, nostalgique, déprimé à bien des égards. On peut dire beaucoup de mal de cette Union brinquebalante qui va de compromis boiteux en arrangements obscurs, empêtrée dans l’écheveau des égoïsmes nationaux et déstabilisée par le vent libéral qui souffle en tempête depuis des décennies.

Pourtant, l’impressionnant rapport élaboré par Thomas Piketty et ses amis économistes corrige quelque peu ce sombre tableau. Au bout du compte, l’Europe qui a maintenu vaille que vaille un Etat-providence en état de marche, qui a conservé des taux d’imposition redistributifs, qui a investi massivement dans l’éducation, a somme toute résisté à la révolution conservatrice lancée par Ronald Reagan, et Margaret Thatcher au début des années 80. L’inégalité majeure qui devient la règle dans les autres parties du monde y est moindre, le fossé entre riches et pauvres moins profond et une forme de société plus équilibrée, moins dure aux faibles, a survécu aux réformes imposées partout par des gouvernants libéraux, c’est-à-dire, en fait, par les riches.

Ce résultat qui relégitime l’intervention collective dans l’économie pose du coup un problème politique aigu à Emmanuel Macron, du moins tel qu’on le voit gouverner la France depuis six mois. Qu’est-ce au fond que sa politique, in fine, sinon une tentative peinte de couleurs attrayantes pour rapprocher la France du modèle anglo-saxon ? Réduction des impôts pour les classes favorisées, libéralisation du marché du travail, ode à l’initiative individuelle et à la réussite matérielle : le macronisme est un libéralisme à visage juvénile. Il peut aboutir à un redressement économique. Mais il y a fort à parier qu’il débouchera sur des inégalités plus grandes. C’est-à-dire à l’inverse des préconisations contenues dans le rapport Piketty.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 14 décembre, 2017 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………………..(13/12/2017)

Libération 13 décembre 2017
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Quand le peuple vote mal…

Les deux projets aéroportuaires du Grand-Ouest, disent les trois experts missionnés par le gouvernement, «sont raisonnablement envisageables». En bonne logique, ce diagnostic signe l’arrêt de mort du projet de Notre-Dame-des-Landes. Si l’extension de l’aéroport actuel, situé à Nantes, est «raisonnablement envisageable», pourquoi s’obstiner dans une bataille en rase campagne qui risque de causer des violences graves et qui semble nous ramener quarante ans en arrière, aux beaux temps du gaullisme productiviste, alors même qu’Emmanuel Macron se veut désormais le paladin de l’écologie planétaire ? Solution logique et effectivement raisonnable : elle préserve 1 600 hectares de terres agricoles et respecte – symboliquement ou réellement, sachant que le symbole en politique compte beaucoup – l’impératif environnemental qui doit désormais encadrer l’action publique.

Relevons toutefois un paradoxe distrayant. Beaucoup de ceux qui s’opposent à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes sont également hostiles à «l’Europe libérale» et sont, disent-ils, attachés à des formes de démocratie directe. Dans cette coalition hétéroclite, on trouve Philippe de Villiers, depuis longtemps en croisade contre le projet, et la gauche radicale, mobilisée par l’idéal écologiste. Tous ceux-là n’ont pas eu de mots assez durs pour stigmatiser ce qu’ils appellent le «déni de démocratie» dont les élites pro-européennes se sont rendues coupables en contournant le vote négatif sur le traité constitutionnel européen de 2005. Ils voient dans ce référendum trahi l’exemple même du pouvoir dictatorial de «l’oligarchie» mondialisée, qui consulte le peuple et n’en tient aucun compte quand le résultat de cette consultation lui déplaît.

Vérité en Europe, erreur en Bretagne. Le même peuple, à l’échelle certes départementale, a été consulté en bonne et due forme sur Notre-Dame-des-Landes. A une claire majorité, il s’est prononcé en faveur du projet. Ce qui n’a rien d’étonnant : déjà, dans plusieurs consultations électorales, les votants avaient élu en quasi-totalité des candidats (de tous les partis) favorables au projet de Notre-Dame-des-Landes, présenté comme un emblème de la fierté régionale. Mais les mêmes démocrates intransigeants n’en tiennent aucun compte. Quand le peuple vote comme eux, il a raison et il faut respecter son choix. Mais quand il vote mal, comme dans le cas de Notre-Dame-des-Landes, on s’assoit dessus. Ce qui veut dire, au fond, que la démocratie ne se résume pas à la loi de la majorité. Dans certains cas, une minorité déterminée peut renverser la vapeur, les pro-européens dans un cas, les écologistes dans l’autre. Force ou faiblesse de nos systèmes démocratiques ? Chacun jugera…

Et aussi

Péché majeur pour Jean-Jacques Urvoas, ministre de la Justice dans le gouvernement Cazeneuve. Depuis des lustres, avec plus ou moins de détermination, les gouvernements successifs ont admis qu’ils ne pouvaient domestiquer comme naguère, à leur profit, le pouvoir judiciaire. Petit à petit, les interventions de l’exécutif auprès des magistrats s’étaient raréfiées et les juges avaient gagné durement leur indépendance. En transmettant, contre toutes les règles, une note confidentielle issue d’une procédure à Thierry Solère, député LR englué dans une affaire de fraude fiscale, aujourd’hui «constructif», le ministre de la Justice est revenu en arrière. Il a violé la séparation des pouvoirs et jeté le doute sur des décennies d’efforts. Décidément, la séparation définitive entre parquet et chancellerie, dans les affaires individuelles en tout cas, s’impose d’urgence.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 13 décembre, 2017 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin…………(12/12/2017

Libération 12 décembre 2017
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Bertrand de Winterfell

Tel un personnage de Game of Thrones, Xavier Bertrand, le nouveau Jon Snow, se retire dans son royaume du Nord. Il ne veut plus s’occuper de Port-Real, la capitale, pour régner en solitaire sur Winterfell, capitale des Hauts-de-France. Il y a une cohérence dans sa décision. Elu contre le Front national grâce au retrait de la gauche qui a appelé à voter pour lui, il incarne un centrisme gaullien et social, à cent lieues des thèses identitaires défendues par Laurent Wauquiez. Il ajoute qu’il ne croit plus aux «partis politiques traditionnels» et laisse entendre qu’il pourrait concourir seul à la prochaine élection présidentielle, appuyé sur son fief septentrional et flanqué de son «think tank» personnel, «La Manufacture». Bertrand est un symptôme : le rejet des vieux partis devient décidément le marqueur du «nouveau monde» inauguré par l’élection d’Emmanuel Macron.

Ce nouveau monde est-il si neuf ? Est-il meilleur que l’ancien ? L’effacement des partis classiques est une évidence. En marche est un mouvement, comme La France insoumise. Benoît Hamon cherche son salut dans un club juvénile rassemblé autour de sa personne. Le vieux PS est invisible, réduit comme peau de chagrin. Restent LR et le FN, ces survivants mal en point. Wauquiez tient désormais l’ancienne formation de droite en laisse, tout comme la famille Le Pen conserve sur le FN une emprise absolue, symbolisée par l’éviction brutale de Florian Philippot. Le «nouveau monde» nous ramène loin en arrière. La référence à Game of Thrones n’est pas fortuite. La vie politique française ressemble désormais à l’affrontement sans merci d’une poignée de condottiere exerçant sur leurs troupes une domination sans faille. Macron désigne souverainement les chefs de La République en marche, qui sont ensuite plébiscités à main levée ; Mélenchon est seul à la barre de La France insoumise, faite d’adhérents qui lui sont étroitement soumis ; Le Pen et Wauquiez dirigent des formations à leur main ; Hamon gouverne sa petite boutique sans partage ; Bertrand est un chevalier du Nord solitaire et libre. Seuls les socialistes ont conservé l’ancien rituel – un congrès, des motions, un vote à bulletins secrets. Ce sont les plus mal en point…

Comme les vieilles chaussures, les vieux partis avaient pourtant leur vertu. Ils ne désignaient pas seulement les candidats. Ils étaient des écoles de formation civique. Le Parti communiste offrait une promotion à des ouvriers que leur origine sociale avait privés d’études ; les socialistes au temps de leur splendeur faisaient cohabiter militants, experts, énarques et élus locaux dans une camaraderie égalitaire qui n’était pas de façade. Le parti gaulliste rehaussait le peuple et le mettait en communication directe avec l’Histoire. Tous avaient une culture, une légende, un héritage et obligeaient les adhérents à se bonifier en compétence, en expérience, en influence. Les militants collaient des affiches mais ils débattaient aussi de l’avenir du pays et orientaient par leur vote la ligne générale. Ce sont aujourd’hui des suiveurs, des fans, des groupies, autrement dit des fantassins sans pouvoir, des «helpers», comme on dit chez Macron, qui remplissent les salles pour leur grand homme, lequel agit à sa guise sur la scène médiatique. C’est la modernité. Est-ce la démocratie ?

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 12 décembre, 2017 |Pas de commentaires »

Quelle famille !!! (11/12/2017)

  20h27
Alerte info
« Je ne reconnais plus ma famille politique » : Xavier Bertrand quitte le parti Les Républicains, au lendemain de l’élection de Laurent Wauquiez« J’ai décidé de quitter définitivement Les Républicains. » Lundi 11 décembre, le président de la région Hauts-de-France a annoncé son départ sur le plateau du 20 heures de France 2. Cette déclaration survient au lendemain de l’élection de Laurent Wauquiez à la tête du parti. « Nous sommes dans une dérive. Je ne reconnais plus ma famille politique alors j’ai décidé de la quitter« , a-t-il ajouté. « Je ne crois plus aux partis politiques traditionnels ».
Cliquez ici pour plus d’informations
Publié dans:Politique |on 11 décembre, 2017 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………………..(11/12/2017)

Libération 11 décembre 2017
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Wauquiez bleu marine

Oups ! Si les lapsus ne sont pas toujours révélateurs, ils sont parfois ravageurs. Confrontée à Florian Philippot dimanche soir sur BFM, Virginie Calmels, passée sans ciller du juppéisme militant au soutien sans faille – et sans mémoire – à Laurent Wauquiez, lâche que, «pour le moment», il ne saurait y avoir d’alliance avec le FN. «Pour le moment ?» Levée de boucliers dans la droite modérée. La dame précise lundi matin qu’elle a commis une maladresse et ajoute : «pour le moment et à jamais». Utile codicille…

L’incident éclaire néanmoins la situation politique de Wauquiez que les militants viennent de plébisciter à la tête de LR. C’est un fait que son discours – sur ce point, Philippot, aussi bien que les excellences du centre droit, Raffarin, Juppé ou de Calan, sont entièrement d’accord : Wauquiez décalque fidèlement la thématique du FN. C’est l’effet d’une conversion dûment méditée. Les militants LR se sont droitisés. Voulant être leur chef, il les suit… Le nouveau patron LR est à l’origine un fils spirituel de Jacques Barrot, fervent démocrate-chrétien du centre (de la France et de l’échiquier politique). Depuis quelques années, le pauvre Barrot se retourne dans sa tombe à chaque fois que son ex-rejeton prononce une parole. Ce n’est plus un cercueil, c’est un trampoline… Wauquiez dira qu’il a trouvé son chemin de Damas, qui est plutôt une allée de Montretout, et on n’épiloguera pas sur sa sincérité.

Le problème, c’est qu’à l’instar de Pascal, à force de s’agenouiller, on finit par croire. Dans l’immédiat, il s’agit de parts de marché : reproduisant le discours du FN, Wauquiez veut attirer à lui ses électeurs. Mais au pied du mur, quand il s’agira de gagner une élection décisive, la tentation sera forte de remplacer la soustraction par l’addition. Quand deux partis disent la même chose, ils finissent par juger que l’union vaut mieux que la concurrence. Si la droite modérée part chez Macron, l’arithmétique risque de l’emporter sur l’éthique. Pour avoir une chance de gagner, l’union des droites dures, ou des extrêmes droites, semblera de toute nécessité. Et pour repousser ce calice, les principes manqueront à l’appel.

Et aussi

Jean-Michel Blanquer, qu’on a présenté au début comme un professionnel de l’éducation – ce qu’il est – est aussi un redoutable politique. Par une mesure démagogique mais populaire – la liberté de choix des communes en matière de calendrier – il a désamorcé la fronde née de la réforme des rythmes scolaires, pourtant bénéfique aux enfants, selon tous les spécialistes. Geste politique s’il en est. En dédoublant les classes de CP à marche forcée, il satisfait la gauche enseignante et parentale. Pour le reste, il ne cesse d’envoyer des clins d’œil à la droite finkielkrautienne en se disant favorable au port de l’uniforme ou encore en plaidant – à titre personnel – pour l’interdiction du port du voile pour les mères accompagnant les sorties scolaires. Hypothèse illégale au demeurant : aucune loi française ne prohibe le port du voile dans l’espace public, comme l’a bien précisé le Conseil d’Etat. On joue sur les symboles pour flatter l’opinion. C’est de la politique, mais pas au bon sens du terme.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 11 décembre, 2017 |Pas de commentaires »

Une journée de Ducky…………………(11/12/2017)

Télé, Coca light et coups de sang : une journée de Trump à la Maison-Blanche

Télé, Coca light et coups de sang : une journée de Trump à la Maison-Blanche
Donald Trump, le 27 mars 2017 à la Maison-Blanche. (JIM WATSON / AFP)

Le « New York Times » a interviewé plusieurs dizaines de proches du président américain pour reconstituer son quotidien.

C’est une plongée exceptionnelle dans le quotidien d’un président très inhabituel. Une enquête du « New York Times », publiée samedi 9 décembre, retrace longuement la façon dont Donald Trump a redéfini l’exercice du pouvoir à Washington. Comme pour renforcer encore la paranoïa du président américain sur la présence de « taupes » dans son entourage, les deux correspondants du quotidien à la Maison-Blanche, Maggie Haberman et Peter Baker, assurent avoir interviewé pas moins de 60 conseillers, associés, proches et membres du Congrès américain, pour reconstituer la vie en 2017 dans la plus célèbre résidence présidentielle du monde.

On apprend ainsi que chaque jour à 5h30, après cinq ou six heures de sommeil, le premier réflexe de Donald Trump est d’allumer la télévision de sa grande chambre du deuxième étage : là, le septuagénaire alterne entre chaînes amies – s’il a besoin de réconfort, la matinale de Fox News « Fox & Friends » est une valeur sûre – et ennemies : la chaîne d’info honnie CNN et, s’il veut vraiment se mettre en colère pour la journée, la matinale de MSNBC « Morning Joe », très critique à son égard.

L’irritation provoquée par ces émissions matinales est comme un carburant pour le milliardaire, décrivent des assistants. Ce sont elles qui lui donnent l’impulsion d’attraper son iPhone, souvent entre 7 et 8 heures du matin, et les munitions nécessaires pour envoyer sa première salve de tweets : tantôt depuis son oreiller, tantôt depuis son salon privé à côté, devant une autre télévision. Parfois, il quitte ses appartements et traverse le hall, encore en robe de chambre, pour commencer à passer ses premiers appels officiels et non-officiels depuis la Treaty Room.

Ses assistants suivent eux aussi avec attention la matinale « Fox & Friends » : ils savent que son contenu influera largement sur la suite de la journée. Si Trump n’y réagit pas via un tweet, c’est qu’il l’enregistre pour la regarder plus tard dans la journée – on peut donc en déduire qu’il regarde MSNBC ou CNN et qu’il sortira de ses appartements de très mauvaise humeur.

Une journée de Ducky.....................(11/12/2017) dans Non classéPlan du 2e étage de la Maison-Blanche (CC/Wikimedia Commons / GearedBull).

Entre 4 et 8 heures par jour devant la télé

Trump, écrit le « New York Times », vit chaque jour de sa présidence comme un combat personnel. Sa vision du pouvoir suprême n’a guère changé depuis le soir du 8 novembre 2016 et sa victoire-choc sur Hillary Clinton : son poste est un trophée qu’il doit « protéger heure par heure, dans une lutte incessante pour être pris au sérieux », avec « Twitter pour Excalibur ».

« La plupart du temps, les gens se convainquent qu’il y a une stratégie derrière les actes de Donald Trump. Mais il y a rarement un plan en dehors de ses comportements obsessionnels, impulsifs, arbitraires et d’autodéfense », explique le quotidien. 

Avant son investiture, Trump avait confié à des collaborateurs qu’il fallait envisager chaque jour à la Maison-Blanche comme « un épisode de série », avec à chaque fois de nouveaux adversaires à vaincre. La télévision, son éternel référentiel : il s’octroie d’ailleurs le monopole des télécommandes de la résidence. Ses proches estiment que le milliardaire « passe au moins quatre heures devant le petit écran, et parfois même le double, son coupé ou non, à mariner dans ses guerres sans pitié contre les chaînes câblées ». Y compris pendant ses réunions, il garde l’œil sur les bandeaux d’informations qui défilent, interrompt les discussions pour les commenter. 

Mais Trump ne souhaite pas être vu comme un accro à la petite lucarne. « Je ne regarde pas trop la télévision », démentait-il récemment dans Air Force One, au cours de son voyage en Asie.

« Je sais que c’est ce qu’aiment dire les gens qui ne me connaissent pas. Des reporters avec des sources bidon. Mais les dossiers m’empêchent de regarder la télévision. Je lis beaucoup de dossiers. »Quelques heures plus tard, une fois arrivé aux Philippines, il se plaignait d’être contraint de regarder CNN parce que c’était la seule chaîne disponible.

Une autre addiction rapportée par le « New York Times » fait jaser outre-Atlantique : le Coca-Cola light. Outre sa passion dévorante pour McDonald’s, Donald Trump boirait douze canettes du célèbre soda par jour, en toutes circonstances.

Twitter, dont la mémoire est impitoyable, lui a rapidement rappelé la guerre qu’il menait il y a quelques années au breuvage à l’aspartame : « Je n’ai jamais vu une personne maigre boire du Coca light ! », s’amusait le businessman en 2012, suscitant plus de 100.000 retweets. « Plus on en boit, plus on prend du poids. Ce truc ne marche pas. Ça ne fait que donner faim. [...] Coca-Cola n’est pas content ? Pas grave, je continuerai à boire cette cochonnerie. »

L’incontournable général Kelly

Dans sa gestion de la Maison-Blanche comme du pays, Trump a un allié indispensable : l’inflexible général en retraite John F. Kelly, son nouveau chef de cabinet depuis le départ de Reince Priebus. Trump a certes dû faire des concessions à celui qui était présenté par les observateurs comme le symbole de la reprise en main de l’establishment républicain.

Mais le sens de la discipline et le rythme de travail acharné du général Kelly sont vite devenus incontournables : Trump l’appelle douze fois par jour, souvent en plein dîner ou en plein golf, pour des questions d’agenda ou des conseils politiques. Le rythme des réunions s’est d’ailleurs accéléré. Une façon pour Kelly de « tenter, respectueusement et en toute discrétion, de réduire les plages de temps libre que Trump s’accorde pour rédiger ses tweets incendiaires ».

 dans Non classéJohn F. Kelly, le 15 juin (JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP).

Parfois, le président demande l’aval de son entourage avant de tweeter. A plusieurs reprises, il a même été dissuadé de s’en prendre trop directement au procureur Mueller, qui enquête sur l’affaire russe. Mais la plupart du temps, il laisse parler ses instincts. Sans filtre.

 

Ses façons de faire l’ont conduit à la Maison-Blanche, et Donald Trump ne voit pas pourquoi il en changerait malgré sa popularité historiquement basse (32% selon le dernier sondage Pew Center). Selon des propos rapportés, son gendre et proche conseiller Jared Kushner dit, qu’à 71 ans, le milliardaire est trop ancré dans ses habitudes pour jamais changer. 

Et pourtant, rapportent ses proches, il a progressivement pris conscience de certaines choses, et notamment des limites de son poste. Alors qu’il se permettait régulièrement de donner des ordres aux parlementaires républicains qu’il rencontrait, le sénateur Bob Corker lui avait sèchement rétorqué : « Je ne travaille pas pour vous, Monsieur le Président ! »

Le dîner, point d’orgue de la journée

Pour relâcher la pression, on le sait, Donald Trump n’aime rien tant qu’arpenter les terrains de golf le week-end. Mais en semaine, ce sont les dîners à la Maison-Blanche qu’il préfère. A 18h30 ou 19 heures, avec une liste d’invités triés sur le volet par le général Kelly, Trump se régale à faire visiter la résidence, avant d’évoquer les derniers ragots au-dessus d’un steak à point. « Je peux inviter qui je veux, tout le monde vient », s’émerveille-t-il auprès d’un vieil ami.

A l’aise, le milliardaire se laisse alors aller à des commentaires encore plus insultants que pendant ses interventions publiques : à 4 parlementaires démocrates qu’il convie au cours de l’été, il demande carrément qui osera se présenter face à lui en 2020 :

« Hillary l’escroc ? Pocahontas ? [le surnom qu'il a donné à la sénatrice Elizabeth Warren, qui revendique des ancêtres amérindiens, NDLR] Bernie Sanders, même s’il est en fauteuil roulant ? »Et de « mimer », à la stupeur de ses invités, le corps voûté d’un handicapé recroquevillé sur son fauteuil roulant…

Cette retentissante mise en lumière semble être arrivée avec deux jours de retard jusqu’aux oreilles de Donald Trump, qui tweete ce lundi matin : « Encore une fausse histoire du ‘New York Times’, qui dit que je regarde entre 4 et 8 heures de télévision par jour : faux ! Et je ne regarde que rarement, voire jamais, CNN et MSNBC, que je considère comme des chaînes de fake news. Mauvais article. »

#Trump a été informé de l’explosion à New York (porte-parole Maison Blanche). Selon médias US, la personne arrêtée a dit avoir agi au nom d’ISIS. A suivre. #explosion #NewYork

— Sonia Dridi (@Sonia_Dridi) 11 décembre 2017

Publié dans:Non classé |on 11 décembre, 2017 |Pas de commentaires »
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