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La lettre de Laurent Joffrin………….(01/06/2018)

Libération 01 juin 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Les trompettes fêlées du souverainisme

Pathétique mauvaise foi des procureurs de l’Union européenne… Une coalition populiste gagne les élections en Italie. Elle présente un gouvernement au président Mattarella. Celui-ci se dit prêt à l’avaliser, à une exception près : le ministre des Finances, dont il juge les prises de position – et les intentions – contraires, non à la doxa européenne (dans ce cas, il aurait récusé tout le gouvernement tout entier), mais au programme concocté par la Ligue et le mouvement Cinq étoiles. En effet, celui-ci ne prévoit pas de sortir de l’euro, encore moins de sortir de l’Union, alors même que le ministre pressenti était connu pour ses positions anti-monnaie européenne et pour son hostilité viscérale – et franchement louche – envers les Allemands. D’où le refus de Mattarella.

Aussitôt toutes les trompettes fêlées du souverainisme ont sonné l’alarme : diktat de Bruxelles ! L’Union contre les peuples ! L’Europe contre la démocratie ! Etc. Que croyez-vous qu’il arriva ? Trois jours plus tard, la même coalition présente une nouvelle équipe, sans le ministre contesté à ce poste, et le Président avalise sa mise en place. Vainqueurs des élections, les populistes gouvernent (avec un programme dingo-irresponsable, mais c’est une autre affaire). Où est le «diktat» de l’Europe ? Le bâillon imposé aux peuples ? L’imperium irrésistible des marchés ? Nulle part. Le peuple italien a parlé. Les institutions ont fonctionné. Le nouveau gouvernement doit maintenant gérer sa situation économique avec un déficit annoncé difficilement soutenable et, surtout, négocier avec ses créanciers, qui n’entendent pas – c’est humain – perdre au passage l’argent prêté de bonne foi à l’Etat italien.

Le mythe de la «dictature européenne» s’effondre avec encore plus de fracas dans le cas britannique. Le peuple anglais s’est prononcé pour la sortie de l’Union. Cette sortie est en cours. Nulle pression bruxelloise, nul étouffement de la volonté populaire britannique. Au contraire les Européens disent : «Vous voulez sortir ? Sortez !» Et ce sont maintenant les Britanniques – et non les Européens – qui se posent des questions. Finalement était-ce une bonne idée ? Que va-t-on y gagner ? Faut-il vraiment rompre ? L’interrogation taraude désormais l’opinion d’outre-Manche, à commencer par les conservateurs, profondément divisés sur la question.

Theresa May, qui avait déclaré avec une mâle assurance «Brexit is Brexit», vient de faire voter une disposition subreptice par son gouvernement, aux termes de laquelle, si elle est appliquée, l’échéance du Brexit serait repoussée de trois années supplémentaires. L’opinion anglaise redoute en majorité de voir son niveau de vie baisser ; la sortie de l’Union, qui suppose le rétablissement d’une frontière entre l’Irlande du Nord et l’Irlande du Sud, pose des problèmes inextricables (alors même que les Irlandais, dans leur majorité, souhaitent rester dans l’Union). «Diktat de Bruxelles» ? Non : rappel de quelques réalités d’évidence : l’Union, aussi maladroite soit-elle, aussi dominée par les libéraux et l’orthodoxie des pays du Nord qu’on peut déplorer, reste un havre de paix et de protection monétaire et économique pour les peuples. D’ailleurs ni les populistes du Mouvement Cinq Etoiles, ni les Polonais, ni les Hongrois, ni même le Front national, ne souhaitent au fond en sortir. Les glapissements propagandistes de souverainistes de tous poils n’y changeront rien.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 1 juin, 2018 |Pas de commentaires »

Quelle famille !!! (01/06/2018)

La revenante : Marion Maréchal veut réveiller les « conservateurs zombies »

La droite conservatrice et l’extrême droite croient plus que jamais en leur destin. Plusieurs figures de cette mouvance se sont retrouvées, jeudi soir, dans le 15e arrondissement de Paris, pour écouter leur égérie : Marion Maréchal (ex-Le Pen). L’ancienne députée FN, qui a relancé les spéculations sur son avenir avec son projet d’école en sciences politiques, était l’invitée d’une soirée-débat pour « débrancher Mai-68″, organisée par ses proches.

Qu’en retenir ? « En France nous avons des conservateurs zombies, une population qui, majoritairement, est plutôt attachée à son enracinement. [...] L’idée c’est de sortir ces conservateurs de leur état de zombification et de les faire revenir, en tout cas de leur permettre d’exister de nouveau dans le débat public », a déclaré la nièce de Marine Le Pen, qui a quitté la politique après l’échec de sa tante à la présidentielle en mai 2017.

Elle a également qualifié les écoles françaises de « moules à gaufres macronistes », dominées « par le système intellectuel de la gauche », « qui veut qu’on soit nécessairement vendu à la globalisation heureuse, à la fin des frontières, à la fin du cadre national ». « L’élite a ce cynisme de toujours se préserver de ce qu’elle impose au peuple. [...] La diversité est toujours beaucoup plus jolie de son balcon, et toujours plus agréable à imposer aux autres, qu’on fait tout pour en préserver ses enfants », a fustigé Marion Maréchal, qui vient d’abandonner le nom Le Pen.

Le soutien (embarrassant ): Ménard défend Collomb

C’est un soutien qui en dit long sur la sémantique utilisée par Gérard Collomb au sujet de l’immigration depuis plusieurs semaines. Sur RTL, vendredi matin, le maire de Béziers Robert Ménard, élu avec le soutien du FN, a salué les propos du ministre de l’Intérieur sur le « benchmarking » des migrants. « Bien sûr qu’il a raison ! », a déclaré l’élu, apôtre de l’union des droites. Avant de railler « l’attitude de faux jetons de ceux qui lui le reprochent ».

« Les gens qui fuient leur pays regardent les conditions d’accueil dans un certain nombre de pays, ils choisissent là où c’est le plus facile, le plus ouvert, là où il y a des avantages et des communautés pour les accueillir », a-t-il poursuivi. « Vous prenez les gens pour des crétins, vous croyez que les réfugiés sont des imbéciles qui vont au petit bonheur la chance ? »C’est lors d’une audition au Sénat, mercredi 30 mai, que Gérard Collomb a utilisé cette expression. « Les migrants aussi font un peu de benchmarking, pour regarder les législations à travers l’Europe qui sont, on va dire, les plus fragiles. Telle nationalité, que je ne citerai pas, se dirige plutôt vers tel pays, non pas parce qu’elle est plus francophile, mais tout simplement parce qu’elle juge que là, c’est plus facile », avait-il déclaré.

Publié dans:Politique |on 1 juin, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………………(31/05/2018)

Libération 31 mai 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Un très ancien nouveau monde

Résumons ce qu’on devinait dès les premiers pas et qui apparaît en pleine lumière après un an de macronisme : il n’y a pas plus de «nouveau monde» dans cette politique que de beurre en branche. Le tourbillon de réformes entreprises par le gouvernement Philippe à l’ombre de Jupiter se ramène à un plan somme toute assez plat : l’application à la France des réformes libérales à l’œuvre dans le monde depuis la révolution conservatrice de Ronald Reagan et Margaret Thatcher.

Les dernières annonces le confirment si besoin en était : libéralisation de la loi Littoral jugée trop contraignante, réforme des aides sociales accusées d’être des trappes à chômage, assouplissement des règles de cession des HLM, plan Banlieue de Jean-Louis Borloo écarté au profit d’une philosophie entrepreneuriale symbolisée par le vieux proverbe «Aide-toi et le Ciel t’aidera» : tout concorde. L’individu est tout ou presque, les corps intermédiaires sont des obstacles et non des partenaires, les «premiers de cordée» tireront tout le monde. C’est la suite d’une séquence uniforme : réforme fiscale au profit des plus riches, libéralisation du marché du travail, réduction prévue de quatre points des dépenses publiques, baisse du nombre de fonctionnaires, réforme de la SNCF au nom de la concurrence, fin programmée des protections depuis toujours consenties aux cheminots. Rien de neuf dans cette affaire : on y trouve les grands principes des grands ancêtres, Bastiat, Hayek, Milton Friedman, et la longue préparation menée de manière à la fois discrète et tout à fait publique au sein des cénacles de la classe dirigeante, Fondation Saint-Simon, symposium de Davos, Institut Turgot, Institut Montaigne, etc. Et, dans une version droitisée, parmi les travaux des deux commissions Attali, dont le secrétaire était un jeune inspecteur des Finances nommé… Emmanuel Macron. Nouveau monde et vieux projet…

«Ultra-libéralisme» ? Evitons les slogans. La France reste l’un des pays les plus administrés au monde, où les dépenses publiques représentent plus de la moitié du produit intérieur. Mais justement : c’est pour mettre fin à cette exception française que cette politique est mise en œuvre, non par la société ou par «les individus» mais par un seul, logé à l’Elysée et qui mène son faux nouveau monde à la baguette. C’est la répudiation – par des méthodes jacobines – de la tradition de jacobinisme qui remonte à plus de deux siècles, ou de la greffe social-démocrate tentée avec plus ou moins de bonheur par les socialistes français au pouvoir. Un libéralisme vertical et impérieux, un bonapartisme du laisser-faire, une politique à la Guizot, premier chantre des «premiers de cordée», mâtinée de Napoléon III. Autrement dit une antique tradition, maintenue jusqu’ici sous le boisseau, soudain libérée par la divine surprise de mai 2017.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 31 mai, 2018 |Pas de commentaires »

Un de plus……………………….(29/05/2018)

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Publié dans:Politique |on 29 mai, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin……..(29/05/2018)

Libération 28 mai 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Emmanuel et Mamoudou

Pour le fun, on ne résiste pas à la tentation de citer les deux tweets d’Esther Benbassa, très estimable sénatrice qui ne semble guère obsédée par le souci de cohérence. Commentant la décision d’Emmanuel Macron recevant à l’Elysée Mamoudou Gassama, le jeune Malien qui a risqué sa vie pour sauver un enfant accroché dans le vide au balcon d’un immeuble parisien, elle écrivait ceci :

«La com à l’état pur. Emmanuel Macron reçoit Mamoudou Gassama le migrant héroïque. Pendant ce temps, sa police continuera de pourchasser tous ses frères d’infortune et de harceler les solidaires qui leur viennent en aide. Sinistre et immorale comédie d’un pouvoir sans principes.»

Mais la veille au soir, réagissant à l’acte d’héroïsme du même migrant, elle tweetait cet appel fiévreux : «Homme courageux, plein d’audace, auquel un enfant de France doit la vie, Mamoudou Gassama doit voir sa situation régularisée sans délai. Il incarne les valeurs de solidarité et d’humanisme que la République se doit d’honorer et de promouvoir. Merci à lui de tout cœur.» Que n’aurait-elle dit si le Président, appliquant strictement la politique en cours, avait négligé son appel, omis de saluer le geste du sauveteur et refusé de modifier la situation juridique de Mamoudou Gassama ? A vouloir s’opposer à Macron quoi qu’il fasse, en mal ou en bien, on finit par perdre tout crédit.

Bien sûr, Emmanuel Macron, expert en communication instantanée, a vu tout de suite le bénéfice moral qu’il pouvait tirer de ce geste courageux massivement médiatisé. Après une entrevue à l’Elysée, elle-même télévisée, il a été décidé que Mamoudou Gassama, jusque-là dépourvu de titre de séjour, serait régularisé, bientôt naturalisé et probablement intégré dans le corps des sapeurs-pompiers. Faut-il s’en plaindre ? Après tout, si un homme politique tire avantage d’une décision humaine en faveur d’un sans-papiers, quelles que soient ses motivations, n’est-ce pas une bonne nouvelle ? Ceux qui le critiquent doivent se demander ce qu’ils auraient dit si Emmanuel Macron avait pris la décision inverse… A moins de jeter, comme Esther Benbassa, toute espèce de logique par-dessus les moulins.

D’autres stigmatisent l’incohérence qu’il y aurait à régulariser un sans-papiers et à laisser les autres affronter les rigueurs d’une politique migratoire que le gouvernement vient de renforcer par le truchement des lois votées sous l’égide de Gérard Collomb. Encore une erreur logique : en distinguant un homme au comportement exceptionnel, le Président a bien précisé qu’il s’agissait d’une décision exceptionnelle, qui ne changeait rien à sa politique envers les immigrés sans-papiers. Comme on dit dans ces cas-là, l’exception confirme la règle. Ce qu’il faudrait critiquer en l’occurrence, c’est plutôt son excès de cohérence…

Il y a une autre manière de considérer ce fait divers qui prend valeur d’exemple. L’acte héroïque de Mamoudou Bassama n’a rien à voir avec sa condition de réprouvé ou son statut juridique incertain. C’est un geste qui procède de la simple humanité, magnifié par le danger qu’il a couru. Il exprime, sans calcul, le réflexe de solidarité qu’on observe sous toutes les latitudes et dans toutes les cultures, où le courage individuel, et la couardise, sont également répartis. Il démontre, dans sa simplicité, que les valeurs universelles, principes généraux s’il en est, n’ont rien d’abstrait ou de théorique. Ils relèvent au contraire de cette «common decency» dont parlait Orwell, ou encore de cette notion de fraternité inscrite au fronton des bâtiments publics en France, qui ne vaut pas seulement pour les Français ou pour les résidents réguliers, mais s’applique à l’ensemble du genre humain, comme une règle élémentaire de la vie en société. Non pour ouvrir toutes grandes les frontières, ce que personne ou presque ne réclame. Mais pour traiter ceux qui sont ici et ceux qui viennent d’ailleurs, avec le souci d’une égale dignité. En ce sens, et en ce sens seulement, on peut stigmatiser la contradiction qui entache le geste présidentiel.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 29 mai, 2018 |Pas de commentaires »

Macron cherche une tête de…………(28/05/2018)

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LREM cherche sa tête d’affiche en capitale

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LREM cherche sa tête d’affiche en capitale

Par Nathalie Raulin — 27 mai 2018 à 20:06
LREM cherche sa tête d’affiche en capitale Zoom
LREM cherche sa tête d’affiche en capitale

Slalomant entre les rumeurs prêtant des ambitions à Xavier Niel ou Edouard Philippe, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux espère le soutien de l’Elysée pour les municipales de 2020.

Marrakech, mi-septembre. Le gotha des médias et des affaires, tendance sociale-libérale, se retrouve pour saluer la mémoire d’un des leurs, Pierre Bergé, récemment disparu. A peine les cendres de l’homme d’affaires dispersées dans sa résidence du jardin Majorelle, comme l’avaient été quelques années plus tôt celles de son compagnon, Yves Saint Laurent, les conversations s’amorcent dans la touffeur de cette fin d’été. A quelques pas de l’animatrice cathodique Daniela Lumbroso et de son époux, Alain Minc repère celui qu’il cherche, Xavier Niel. Fidèle à sa réputation, l’entremetteur du CAC 40 a une idée décapante à soumettre au fondateur de Free : mener la bataille de Paris sous les couleurs du parti macronien. L’influenceur des puissants à qui quinze ans plus tôt Emmanuel Macron, tout juste sorti de l’ENA, était venu présenter ses hommages, en est certain : une aventure à la Bloomberg, du nom du milliardaire américain qui en 2001 était entré à l’hôtel de ville de New York, est désormais possible. La réussite fulgurante de Macron et sa cote de popularité dans la capitale en attestent. Qui mieux que le self-made-man français de la téléphonie mobile pour incarner l’idée macronienne de start-up nation ? Surpris, Xavier Niel se dérobe. «J’en parlerai au Président», conclut Minc. Un propos dénué de forfanterie. Difficiles durant la campagne, les relations entre le soutien revendiqué d’Alain Juppé à la primaire de la droite et le fondateur d’En marche se sont réchauffées depuis le 8 mai 2017. Les réflexions dont le premier abreuve le second sont désormais écoutées avec attention. «A l’Elysée, l’influence de Minc est forte», concède un protagoniste.

Niel n’a pourtant pas besoin de telle entremise. A la différence de l’essayiste, le patron de Free n’a jamais mégoté son appui au candidat En marche. A l’occasion, il accompagne le désormais chef de l’Etat dans ses déplacements, en Algérie début décembre, en Tunisie courant février. Le 23 mars, Niel était des happy few conviés à l’Elysée pour le dîner d’Etat donné en l’honneur du grand-duc de Luxembourg. A défaut de contacts physiques fréquents entre les deux hommes, les échanges de SMS sont réguliers.

Son karma c’est le business

Le Président en profite-t-il pour le sonder ? Rien n’est moins sûr. Macron n’ignore pas la volonté d’un de ses lieutenants devenu porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, de conduire la liste LREM à Paris. Même si plusieurs de ses proches doutent de sa capacité à renverser l’actuelle édile, Anne Hidalgo – à commencer par Alain Minc, persuadé que seule une figure clairement identifiée à droite peut faire rebasculer l’Hôtel de Ville -, difficile de solliciter Niel sans désavouer l’un des siens. «Macron n’aime rien moins que d’arbitrer entre les hommes», sourit un de ses conseillers. Et les municipales sont encore loin… De son côté, Niel a tranché : son karma, c’est le business, pas la politique. Pour l’homme d’affaires, la proposition est sans objet.

Croyant le scénario enterré, Niel se garde de l’ébruiter. Quand, le 6 mars, Valérie Pécresse l’apostrophe au Parc des princes en marge de la rencontre PSG-Real Madrid, il tombe des nues. «Alors il paraît que tu ne veux pas de la mairie de Paris ?» taquine la présidente LR de la région Ile-de-France, proche d’Alain Minc. «Non effectivement», lui répond Niel, contrarié. Le patron de Free comprend instantanément le danger. Laisser courir la rumeur, c’est risquer de se mettre tout le monde à dos. Et d’abord Anne Hidalgo, avec qui il entretient des relations de confiance et d’affaires depuis de longues années. Sans la coopération active de la maire de Paris, jamais l’entrepreneur n’aurait pu mener à bien son projet d’incubateur géant de start-up. C’est d’ailleurs en compagnie d’Hidalgo et de Macron qu’il avait, le 17 juin, inauguré sa Station F au cœur du XIIIe arrondissement parisien… De retour à son bureau, Niel appelle illico un pilier de la majorité municipale, Jean-Louis Missika, ancien administrateur de son holding Iliad qui lui est resté proche, pour le prier de rassurer Hidalgo sur ses intentions. «Quels que soient les bruits qui courent, dis-lui que c’est faux : je ne suis pas candidat à la mairie de Paris», intime-t-il. Les macronistes et les socialistes du Conseil de Paris, qui croient encore qu’un ticket Hidalgo-LREM est possible aux municipales, reprennent espoir. Sans doute à tort.

S’il travaille en bonne intelligence avec Hidalgo sur des dossiers structurants comme les Jeux olympiques ou le Grand Paris, le chef de l’Etat n’a pas oublié l’accueil guerrier qu’elle lui a réservé à l’hôtel de ville le jour de sa prise de fonctions. Pas non plus la guerre sourde qu’elle livre à son ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, sur la gestion des migrants dans la capitale (Libération du 25 mai). Pour lui, entre déboires à répétition sur les dossiers municipaux (Vélib, voies sur berge…) et refus de prendre la direction du PS, Hidalgo n’est plus incontournable. Fin mars, en appelant de ses vœux «une alternance forte à Paris». le délégué général de LREM, Christophe Castaner, l’a clairement signifié. Un député LREM complète : «Paris, c’est un symbole, un élément clé de la lecture du résultat de municipales. On voit mal Macron renoncer à présenter une liste avec un homme ou une femme à lui à sa tête.»

Liberation.fr

Publié dans:Politique |on 28 mai, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………(24/05/2018)

Libération 24 mai 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Paroles, paroles…

Enfin on parle aux Russes ! Un concert d’approbation entoure le voyage d’Emmanuel Macron auprès de Vladimir Poutine, émanant du lobby informel qui défend en France le président russe, mais aussi d’un certain nombre de doctes experts en «realpolitik». Vladimir et Emmanuel – dont il faut espérer pour le président français qu’ils auront des rapports moins tactiles qu’avec Donald Trump – parleront-ils du missile russe qui a abattu par inadvertance un avion civil en faisant plus de trois cents morts, des passagers néerlandais pour la plupart, et dont une commission indépendante vient d’établir qu’il a été tiré par des militaires russes. Hum ! On attend toujours quelques paroles d’excuse russes. Parlera-t-on de l’attentat contre la famille Skripal perpétré sur le sol britannique ? Hum, hum ! On dira que ce sont là considérations moralisantes et «droit-de-l’hommistes» qui n’ont pas leur place dans la diplomatie. Quelle incongruité, il est vrai ! Sous les lustres de Saint-Pétersbourg, on risquerait d’avaler sa vodka de travers.

Cette injonction à «parler avec Poutine» a quelque chose de ridicule. D’abord parce que les Européens, France comprise, ne cessent de le faire. Comment les accords de Minsk sur l’Ukraine ont-ils été conclus, sinon par un dialogue direct avec le président russe ? Comme ils sont violés régulièrement depuis par la Russie, il semble bien que la parole ne suffise pas. Il est toujours bon de parler en diplomatie. Mais la vérité, c’est qu’on parle en permanence. Ce qui compte, c’est d’être écouté et, si possible, entendu. Et ce qui a freiné Poutine en Ukraine, ce ne sont pas des paroles mais des sanctions.

Dans le même ordre d’idées, Emmanuel Macron a longuement parlé avec Donald Trump. Qu’en est-il ressorti ? Rien. Quelques jours plus tard Donald Trump se retirait de l’accord nucléaire avec l’Iran pour lequel Emmanuel Macron avait longuement plaidé, et inaugurait une ambassade américaine à Jérusalem sans tenir compte le moins du monde des innombrables paroles prononcées en sens contraire par l’ONU et la majorité des gouvernements de la planète. Parlons, donc. Mais cessons de nous prendre pour Ali Baba qui ouvrait sa caverne d’un simple mot. «Poutine, ouvre-toi !» Un peu court, non ?

Laurent Joffrin
desirdavenir77500
Publié dans:Politique |on 24 mai, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin…….(23/05/2018)

Libération 23 mai 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

«Français de merde»

La logique identitaire vient de faire une nouvelle fois la preuve de sa supérieure intelligence, dans un domaine inattendu mais symbolique : le football. Club de Ligue 2, Le Havre doit jouer un match de barrage contre l’AC Ajaccio, lequel match permettra à son vainqueur de disputer une autre rencontre lui permettant éventuellement de rejoindre la Ligue 1 la saison prochaine. Peu avant le match, vendredi dernier à Ajaccio, le car qui transporte les joueurs havrais est soudain arrêté par un groupe de supporters ajacciens qui lancent des fumigènes, des pierres et gratifient les joueurs adverses des subtils qualificatifs de «Français de merde» (une coutume habituelle, paraît-il), mais aussi de «sales nègres», de «ramasseurs de coton» et de «sales arabes». Espérant l’apaisement, les autorités reportent le match au dimanche. Celui-ci se joue dans une ambiance électrique et donne lieu à plusieurs expulsions, à un penalty pour menace envers l’arbitre dans la surface de réparation, et à l’irruption totalement illégale des supporters corses sur la pelouse. Battu aux tirs au but, Le Havre réclame l’inversion du résultat «sur le tapis vert». Plutôt sagement, la Ligue de football professionnel s’y refuse et valide le match, dans la mesure où les tirs au but se sont déroulés de manière régulière. Soucieuse d’éviter de nouveau débordements, elle se contente de délocaliser le match suivant de l’AC Ajaccio contre Toulouse. Sanction légère en regard de la gravité des incidents observés à Ajaccio.

A lire aussi Violences à Ajaccio : le club corse sort vainqueur

Jusque-là, rien que de tristement banal dans le monde du football trop souvent gangrené par le chauvinisme, le racisme et la violence des supporters, ce qui est loin d’être le monopole des Corses. La Ligue a géré comme elle a pu, dans le cadre du règlement, une situation «consternante», selon le mot employé par le Premier ministre Edouard Philippe, ancien maire du Havre.

Il n’en faut pas plus pour que les deux principaux élus corses, Jean-Guy Talamoni et Gilles Simeoni, plutôt que de présenter des excuses aux Havrais et de tenter de calmer le jeu, alors même que leur club a gagné le match, s’emploient à jeter à grands seaux de l’huile sur le feu. Dans une déclaration extravagante, les deux édiles nationalistes crient au «complot» contre la Corse et attisent l’incendie levé par le public ajaccien. L’affaire devient ridiculement politique et sert de prétexte à une logorrhée chauvine proférée par les leaders corses contre les autorités françaises, toutes mises dans le même sac. Ainsi va le débat public en ces temps de «renouveau identitaire». Les Corses ont raison parce qu’ils sont corses et les Français sont à jeter aux orties parce qu’ils sont français. La civilisation progresse…

Laurent Joffrin
desirdavenir77500
Publié dans:Politique |on 23 mai, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin…..(23/05/2018)

Libération 22 mai 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Cocottes en papier

Les projets du gouvernement pour la fonction publique suscitent une nouvelle fois un débat biaisé, accompagné de clichés sonores ; il n’y manque que les manches de lustrine et les cocottes en papier. Présupposés à peine dissimulés : il y a trop de fonctionnaires, ils ne travaillent pas assez et ils coûtent trop cher. Conséquence : il faut en réduire le nombre, diminuer la dépense publique, accroître le nombre des contractuels non-soumis au statut, augmenter la part de la rémunération au mérite.

L’ennui, c’est que la réalité dit tout autre chose. Trop de fonctionnaires ? Il y en a beaucoup, plus de cinq millions, soit environ un salarié sur cinq. Trop ? Cela se discute. La comparaison européenne nous apprend qu’il y a en a plus, en proportion, dans les pays scandinaves, dont l’efficacité économique n’est pourtant plus à démontrer. Les pays les moins administrés ne sont pas forcément les plus compétitifs.

Les effectifs se répartissent entre l’Etat, les collectivités locales et la fonction publique hospitalière. La fonction publique nationale comprend en grande majorité des enseignants, des policiers et des militaires. Trop de profs ? Trop de flics ? Trop de soldats ? Dans le débat public, on entend le contraire. Même chose pour l’hôpital. Trop de médecins, trop d’infirmières, trop de soignants dans les Ehpad ? Qui peut le dire ?

Tous ces gens, dit-on, sont inefficaces. Est-ce si sûr ? Les Etats-Unis ont moins de fonctionnaires en proportion, par exemple dans la santé ou dans l’éducation. Selon le raisonnement dominant, ils devraient obtenir de meilleurs résultats dans ces domaines. C’est le contraire qui est vrai : l’espérance de vie est meilleure en France et le pays se tient très bien dans les classements internationaux qui mesurent la santé de la population, mieux que les Etats-Unis, en tout cas. Même chose en matière scolaire, où, d’après le classement Pisa, les Etats-Unis sont derrière la France. Autrement dit, dans ces domaines, le privé ne fait pas mieux que le public.

Cela ne dispense pas de rechercher toujours un meilleur service public, c’est-à-dire un meilleur service du public, qui finance tout cela et peut légitimement exiger des efforts d’économie et de productivité. Mais pour le reste, la volonté de réduire la part collective de la dépense relève non d’une démonstration chiffrée et logique, mais d’un simple dogme. Celui qui, manifestement, domine la politique du gouvernement.

Laurent Joffrin
desirdavenir77500
Publié dans:Politique |on 23 mai, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………………(21/05/2018)

Libération 21 mai 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Caudillo rouge

Pour juger des politiques économiques de la gauche radicale, il faut toujours revenir à ce proverbe des anciens pays de l’Est : «Les communistes prennent le pouvoir au Sahara ; au bout d’un an il ne se passe rien ; au bout de deux ans, pénurie de sable.» Ainsi du Venezuela. La gauche radicale prend le pouvoir dans le pays qui possède les plus grandes réserves mondiales de l’hydrocarbure. Au bout de quinze ans, pénurie de pétrole.

Cette fois-ci, ce n’est pas une blague : l’essence manque au Venezuela (!) et il y a aussi pénurie de médicaments, d’hôpitaux, de nourriture, d’argent et pour couronner le tout, pénurie de liberté, comme le montre l’élection présidentielle Potemkine qui vient de confirmer Maduro à la présidence. Des centaines de milliers de personnes, souvent pauvres, fuient ce pays ruiné, la mortalité augmente, l’inflation bat le record du monde et le PIB a baissé de plus de 40%, un pourcentage qu’on observe seulement dans les pays en guerre.

Les chavistes crient au complot yankee. Les sanctions américaines jouent un rôle dans cette affaire. Mais ce n’est pas l’essentiel. Cette rhétorique évite de s’interroger sur les erreurs tragiques une nouvelle fois commises par ceux qui donnent des leçons de pureté socialiste à la terre entière.

La «politique de l’offre», selon le catéchisme radical, est de droite. On fait donc une politique de la demande, elle que réclament toujours les Savonarole du socialisme : on distribue sans compter l’argent du pétrole. C’est mieux que de remplir les poches de la classe dirigeante. Mais on oublie d’investir. Après dix ans de prospérité consommatrice acquise par les revenus du pétrole, l’appareil de production vénézuélien est à l’abandon. Quand le prix du baril baisse (cela arrive), on ne sait pas produire autre chose. La pénurie s’installe, cruelle, comme toujours, aux classes populaires.

Il faut sortir de l’orthodoxie monétaire, dit-on fièrement. On manipule donc les cours de la monnaie. Dans le cas du Venezuela, pour faire baisser le prix des importations – payées par les exportations de pétrole – on fixe un taux de change extérieur artificiel, beaucoup trop élevé. Cette monnaie trop forte bloque tout autre effort d’exportation. L’économie produit de moins en moins. On instaure un contrôle des changes. L’écart entre le cours officiel et le cours réel, énorme, alimente une spéculation effrénée.

Il faut «rompre avec les logiques comptables», dit-on encore. On creuse donc les déficits, financés non par l’impôt ou l’épargne (c’est de droite), mais par la création monétaire. Il en résulte une inflation vertigineuse qui ruine le pouvoir d’achat des classes pauvres et fait fuir l’épargne à l’étranger.

Le marché est de droite, dit-on. On s’abstient d’en comprendre le fonctionnement et on accuse le secteur privé des déboires du régime. La multiplication des expropriations et des lois spéciales achève de décourager les entrepreneurs : la production baisse encore. Le secteur public s’étend au profit d’une nouvelle bourgeoisie – la «bolibourgeoisie» (bourgeoisie bolivarienne), souvent des militaires – qui se vautre dans la corruption.

Devant le désastre, on cherche des coupables : les Etats-Unis, bien sûr (ils ont leur part de responsabilité), la droite (elle aussi), on se réfugie dans l’idéologie. Et comme le peuple regimbe, on s’appuie sur l’armée pour installer une dictature à façade électorale. Le tout au nom de la pureté du socialisme, une nouvelle fois défiguré par ceux qui s’en arrogent le monopole. Eternel sectarisme de la gauche radicale. On fustige au passage la «fausse gauche» des sociaux-démocrates, coupables de réalisme économique. Mais la «vraie gauche», aveuglée par ses dogmes, conduit le peuple à l’abîme.

Et aussi

Le Festival de Cannes n’est plus ce qu’il était, disent Variety et Hollywood Reporter, organes quasi officiels de l’industrie cinématographique américaine, avec des échos dans la presse française. Moins de stars, moins de blockbusters, moins de soirées glamour, moins de business au marché du film. Tout n’est pas faux là-dedans, même si les critères retenus sont très américains. L’édition 2018, post-soixante-dixième anniversaire, fut sans doute moins éclatante que l’année dernière. Mais Cannes, quoique concurrencé par Toronto ou par les oscars, reste l’un des deux ou trois festivals de cinéma les plus importants au monde.

Il y a dans ces réquisitoires une part de politique. Cannes a été créé par un ministre du Front populaire, Jean Zay, entre autres pour faire pièce au très mussolinien festival de Venise. Lancé à la Libération, sans Jean Zay, assassiné par la milice, il apporta sa pierre à la reconstruction du pays. C’est d’ailleurs la CGT, dans un élan patriotique, qui a construit à marche forcée le premier Palais des festivals. Cannes s’imposa ensuite comme un contrepoint, ou un antidote, à la domination mondiale de Hollywood. Cette résilience agace l’industrie du rêve : elle souffre mal ce gros village gaulois qui résiste à son hégémonie culturelle. D’où des critiques récurrentes portées contre le cinéma français ou européen : élitisme, refus de la seule logique de l’audience, subventions, réglementation, «chronologie des médias», etc.

Il faut donc rappeler quelques fondamentaux : sans son système d’intervention publique et de régulation par la loi, le cinéma français aurait été, comme tant de cinémas à travers le monde, ramené à la portion congrue par Hollywood. Le volontarisme a payé : les productions françaises gardent quelque 40% de part de marché en France ; l’argent des producteurs, abondé par celui de la télévision contrainte de donner son écot, va aussi à de grands réalisateurs étrangers non-américains. Sans ce festival qui donne le pouvoir de récompense – l’attribution des palmes – à un jury pour l’essentiel indépendant, le cinéma d’auteur, les réalisateurs des pays du Sud, les films plus difficiles ou plus expérimentaux, seraient privés d’une vitrine décisive et d’un lieu d’échange précieux. Les oscars ne s’embarrassent pas de ces considérations. A 95%, ils vont à des films américains ; c’est le provincialisme des forts.

Tous ceux qui sont attachés au pluralisme culturel, à la défense de la diversité créative, doivent défendre le Festival. Il doit s’améliorer, se battre, faire preuve d’intelligence stratégique et tactique ? A coup sûr. Mais il doit vivre. Yes we Cannes…

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 21 mai, 2018 |Pas de commentaires »
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