Archive pour la catégorie 'Non classé'

La lettre de Laurent Joffrin………………….(15/03/2018)

Libération 15 mars 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Borne dépassée ?

Le Premier ministre, on s’en souvient, n’a pas mâché ses mots pour stigmatiser la situation de la SNCF : «La situation est alarmante pour ne pas dire intenable. Les Français, qu’ils prennent ou non le train, payent de plus en plus cher pour un service public qui marche de moins en moins bien.» Son ministre de l’Ecologie, Nicolas Hulot, en a rajouté une louche mardi : l’état de la compagnie est «insupportable» aux Français. D’où la réforme TGV présentée par la ministre des Transports, Elisabeth Borne. Or si la SNCF est dans une situation aussi mauvaise, dixit le gouvernement, il y a bien des responsables. Par exemple ceux ont défini par le passé sa stratégie. Et notamment celle qui fut, de 2002 à 2007, pendant cinq ans donc, directrice de ladite stratégie. Qui donc ? Elisabeth Borne. Ainsi la ministre est aujourd’hui chargée de corriger les erreurs tragiques commises… par elle-même. Amusant.

A moins qu’il y ait une autre explication à ce paradoxe distrayant. Aux dires de tous, Elisabeth Borne est une responsable compétente, polytechnicienne un peu raide mais travailleuse acharnée, sur laquelle son patron de l’époque, Guillaume Pepy, ne tarit pas d’éloges. Une hypothèse se fait jour : si cela se trouve, le bilan de cette équipe à la tête de la compagnie n’est peut-être pas si mauvais. La SNCF, nous l’avons montré dans Libération, n’est pas dans l’état déplorable que disent aujourd’hui les ministres. Elle gagne de l’argent, elle fait rouler les trains dans des conditions très honorables, à un prix comparable à celui de beaucoup de compagnies en Europe. Son endettement et le mauvais état des lignes «de proximité» sont d’abord le résultat d’un choix stratégique consensuel en faveur du TGV, en cours de rectification. Il y a donc deux Elisabeth, I et II. C’est pour les besoins de la cause qu’Elisabeth II, reine des Transports, doit aujourd’hui noircir un bilan qui est aussi celui d’Elisabeth I, princesse du chemin de fer. Voilà qui affaiblit quelque peu la rhétorique gouvernementale, au moment où les syndicats de cheminots s’apprêtent à lancer un mouvement qu’on annonce puissant. Dans le nouveau monde, les contorsions politiques ressemblent furieusement à celles qu’on observait dans l’ancien.

Et aussi

• On le sait, la météo de ce printemps est capricieuse. Il en va de même de la météo sociale. Au conflit de la SNCF s’ajoute le mécontentement des retraités qui manifestent aujourd’hui et qui avalent de travers la hausse de la CSG décidée par le gouvernement. Le tout sur fond de sondages en baisse, qui ramène à peu de chose près le président de la République au niveau de ses prédécesseurs au même moment de leur quinquennat, et ce malgré l’amélioration de la situation économique globale. Le 22 mars, un mouvement pourrait bien commencer. Cinquante ans après, c’est une date dont les gouvernements doivent encore se méfier.

• Il y a une justice : les propos de Laurent Wauquiez par lesquels il confessait à des étudiants qu’il ne leur servirait pas le «bullshit» habituel qu’il réserve aux plateaux de télévision lui ont coûté 16 poins de popularité, selon le sondage Ifop-Fiducial effectué pour Paris Match et Sud Radio. Même en ces temps populistes et noyés de «fake news», l’opinion garde un certain bon sens.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 15 mars, 2018 |Pas de commentaires »

Ducky s’en va t’en guerre…………………………(15/03/2018)

  1.  > Monde
  2.  > L’Amérique selon Trump
  3. Ingérence russe : les Etats-Unis annoncent des sanctions contre Moscou

Ingérence russe : les Etats-Unis annoncent des sanctions contre Moscou
Donald Trump à la Maison-Blanche le 1er juin 2017. (Brendan Smialowski / AFP)

Au total, 19 individus et cinq entités sont visés par ces sanctions inédites.

Par L’Obs

Publié le 15 mars 2018 à 16h17

La Maison-Blanche effectue un virage à 180 degrés sur la Russie. Les Etats-Unis annoncent, ce jeudi 15 mars, une série de sanctions contre Moscou pour son ingérence dans l’élection présidentielle américaine de 2016 et plusieurs cyberattaques.

Au total, 19 individus et cinq entités sont visés par ces sanctions, parmi lesquelles le FSB (services de renseignement intérieurs) et le GRU (services secrets de l’armée russe).

Plusieurs des personnes visées ont été inculpées dans l’enquête du procureur spécial Robert Mueller sur l’interférence russe lors de la campagne présidentielle qui a porté Donald Trump au pouvoir. « Cette administration répond aux activités pernicieuses [...] de la Russie, y compris sa tentative d’interférence dans les élections américaines », a indiqué le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin.

Les sanctions se traduisent en particulier par le gel des avoirs des personnes concernées et l’interdiction pour des sociétés américaines de faire des transactions avec elles.

Washington durcit sa position

Elles sont aussi une réponse à plusieurs cyberattaques attribuées à la Russie par les Etats-Unis, y compris une tentative de pénétrer le système de distribution énergétique, a indiqué un responsable américain.

Le Congrès s’était déjà prononcé pour des sanctions contre la Russie mais le Trésor s’était contenté, le 30 janvier, de publier une liste de 200 responsables russes, sans annoncer de mesures de rétorsions immédiates.

L’absence de sanctions concrètes et la seule publication d’une liste avaient soulevé des questions sur la réelle volonté de l’administration de les appliquer.

Aussitôt après les annonces de Washington, Moscou a annoncé  »des mesures de représailles ».

« Nous réagissons avec calme. Nous avons commencé à préparer des mesures de représailles », a affirmé ainsi le vice-ministre des Affaires étrangères Sergueï Riabkov, cité par l’agence de presse russe Interfax, assurant que les sanctions américaines sont « liées à la campagne électorale » de la présidentielle russe de dimanche.

L’annonce de ses sanctions intervient peu après la diffusion d’un communiqué commun de Londres, Berlin, Paris et Washington selon lesquelles la responsabilité de Moscou est la seule explication « plausible » à l’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal au Royaume-Uni.

Mais les promesses de réconciliation de Donald Trump, les relations entre Moscou et Washington n’ont fait que se dégrader depuis l’élection du républicain, empoisonnées notamment par les accusations d’ingérence dans la présidentielle de 2016.

(Avec AFP)

L'Obs

L’Obs

Publié dans:Non classé |on 15 mars, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin……………..(14/03/2018)

Libération 14 mars 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

LCP, La Chaîne Pour… Macron

Le président Macron est agacé par les journalistes, comme il l’a montré en Inde. Il a le droit. Après tout, les journalistes, ou certains journalistes, ne se privent guère de le critiquer. Mais il en est au moins un qui ne risque pas d’encourir l’ire présidentielle : Bertrand Delais, le nouveau patron de LCP, la Chaîne parlementaire, désigné à ce poste par la majorité LREM. Documentariste, homme cultivé et affable, ce nouveau directeur tient depuis quelque temps un blog sur le site Huffington Post. Plutôt que de faire des commentaires superficiels, comme dirait Emmanuel Macron, on se contentera de quelques citations tirées de ce blog (certes coupées de leur contexte, c’est le propre des citations, mais tout lecteur se rendra compte que le contexte… est à l’avenant). Les sujets traités par Delais sont divers, mais le diagnostic est convergent :

«On lui reproche tout à la fois son monarchisme et son alignement sur Bruxelles… Emmanuel Macron s’inscrit au contraire dans une tradition politique française et c’est précisément cela que l’on ne veut pas voir car il concentre une partie des frustrations d’une société déprimée et doutant d’elle-même. Et si Emmanuel Macron était déjà celui qui allait redonner à notre pays un peu de la fierté d’être ce que nous sommes ?»

«Depuis Jacques Chirac au soir de la grande tempête de 1999, aucun Président n’a su parler avec une telle justesse à cette France périphérique. Le Président le fait comme il l’avait fait pendant la campagne à l’usine Whirlpool, avec à chaque fois un langage de vérité qui reste la marque du plus profond respect.»

«On a reproché à Emmanuel Macron de ne jamais avoir été élu… mais son discours d’hier montre à quel point il connaît la France et les Français.»

«Le président Macron parvient à s’affranchir d’une relation bilatérale héritée d’un passé colonial tout en réaffirmant la vocation universaliste de la France. […] Emmanuel Macron croit toujours au rôle historique de la France, à sa vocation universelle mais il le fait en se débarrassant de l’héritage colonial porté historiquement et à l’origine par la gauche républicaine… Il le fait en libéral et son universalisme est celui des Lumières.»

«La force du Président est donc une fois de plus de parvenir à articuler deux positions en apparence contradictoires mais qui en réalité sont complémentaires dès lors que l’on sort des paradigmes anciens… Peu à peu, tout au long de cette présidence, Emmanuel Macron esquisse une nouvelle construction politique, celle d’une réponse à la crise occidentale née de l’illusion de la fin de l’Histoire.»

«C’est pour cela qu’il faut croire à la génération Erasmus et soutenir l’ambition d’Emmanuel Macron.»

Etc.

Ce n’est plus un blog, c’est un pistolet à confiture. Bertrand Delais a recueilli le suffrage des députés En marche et suscité l’opposition de tous les autres groupes. Le président de l’Assemblée, François de Rugy, s’est abstenu. Rappelons que la Chaîne parlementaire n’a pas pour vocation d’exprimer les vues de la majorité parlementaire mais de refléter de manière autant que possible honnête, la vie de l’Assemblée et le déroulement du débat politique national. Sans doute était-ce l’ancien monde.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 14 mars, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin……………..(13/03/2018)

Libération 13 mars 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique

Quand on veut noyer son train…

Cette manie de tout privatiser, individualiser, libéraliser, finit par indisposer beaucoup de gens. Réformer la SNCF, négocier certains avantages, améliorer le réseau, le service, la compétitivité ? Il n’y a pas grand monde au sein de la compagnie nationale pour le contester, y compris parmi les syndicalistes. La preuve : depuis dix ans, beaucoup de changements ont été mis en œuvre, qui donnent des résultats. Faut-il rappeler que la SNCF gagne de l’argent, que son réseau TGV est l’un des meilleurs du monde, que le prix de ses billets se situe dans la fourchette basse des prix européens ? Quant aux «privilèges» des cheminots, outre qu’ils ont été rabotés au fil du temps, ils s’appliquent le plus souvent à ses salariés qui gagnent autour de 2 000 euros par mois et qui acceptent en contrepartie des servitudes d’horaire ou de pénibilité suffisamment contraignantes pour rendre aujourd’hui le recrutement difficile. Interrogé lundi par Libération, Dominique Bussereau, ancien ministre des Transports, de droite, estime même qu’il faudra augmenter le salaire des futurs cheminots pour en trouver…

Quoique difficiles, les comparaisons avec les pays proches ne donnent guère de résultats probants. La SNCF ne marche pas plus mal que la Deutsche Bahn réformée. Au Royaume-Uni, la privatisation des lignes est loin d’être un succès ; le Parti travailliste réclame la renationalisation des chemins de fer, approuvé sur ce point par 80% de l’opinion britannique. Un signe, au pays du libéralisme thatchérien…

Soucieux de dramatiser la situation, le gouvernement Philippe sonne en fait le tocsin avec une cloche fêlée. Il faut la mauvaise foi de Nicolas Hulot, décidément plus politicien qu’on ne croit, pour dénigrer comme il l’a fait le service public. Rien de patent n’oblige à un big bang, sinon le dogme libéral dont les classes dirigeantes se sont fait les apôtres mécaniques.

Celui-ci porte en revanche des conséquences politiques funestes. En menaçant les petites lignes, en jetant aux orties le statut protecteur des cheminots, en ouvrant à toute force l’exploitation au privé, les technos obsédés par la concurrence envoient un message très clair : la modernisation qu’ils plaident se fera au détriment des salariés, qui verront leurs maigres avantages supprimés, au détriment des zones déshéritées du territoire et au profit d’actionnaires privés. En France, le train est un instrument de la République, c’est-à-dire de la solidarité, de l’égalité, de la cohésion sociale et territoriale. Et tout cela se fait par ordonnances, sans débat parlementaire approfondi, contre la grande majorité des salariés de la compagnie, cadres compris. On risque donc un conflit majeur. Pour complaire aux obsessions idéologiques d’En marche, la France risque de se retrouver à pied.

Et aussi

Le cadre du FN qui était accusé d’avoir proféré des insultes racistes envers un vigile de boîte de nuit s’est démis de toutes ses fonctions, ce qui vaut pratiquement aveu. Le FN, devenu RN (Rassemblement national), plaidera le dérapage marginal, voire l’ébriété. Curieux, tout de même, cette propension à tomber dans le racisme dès qu’on a un coup dans le nez. Au RN, les dérapages mordent toujours le même côté de la route. A quand un partisan de Marine Le Pen éméché qui crierait : «Vive la tolérance, vive l’accueil» ?

Une erreur s’est glissée dans la lettre d’hier : dans la partielle de Haute-Garonne, La France insoumise n’a pas perdu 9 000 voix mais 3 000. La différence n’est pas mince, mille excuses. Même si cela ne change pas le raisonnement. C’est LREM qui a perdu 9 000 voix. Au total, c’est donc bien une déconvenue pour le parti majoritaire et pour celui de Jean-Luc Mélenchon.

Publié dans:Politique |on 13 mars, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………………..(12/03/2018)

Libération 12 mars 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

En Marche arrière

Les deux élections législatives partielles qui se sont tenues ce week-end, un deuxième tour en Guyane et un premier tour en Haute-Garonne, livrent des éléments fragiles mais intéressants. Malgré le forcing des huiles de La France insoumise – une semaine de déplacement de Jean-Luc Mélenchon – le candidat soutenu par LFI a échoué à se faire élire en Guyane, défaite honorable face à LREM, mais défaite tout de même. Et surtout, là aussi malgré la visite des principaux leaders en Haute-Garonne, le parti mélenchoniste a perdu 9 000 voix au premier tour par rapport à la précédente élection et se retrouve en très mauvaise posture pour le second tour. Si ces résultats se confirment par ailleurs, il sera démontré que la ligne «dégagiste» et agressive tenue par Mélenchon ne fonctionne pas. A force de haïr tout un chacun, il n’y a pas grand monde pour vous aimer…

Même constat – sur cette base très étroite, répétons-le – pour La République en marche, qui perd elle aussi beaucoup de voix entre deux élections. La difficulté de gouverner joue son rôle, comme on le voit aussi dans les enquêtes d’opinion. Rien d’anormal. Mais un autre facteur semble jouer : l’absence d’implantation locale. C’est une chose de se faire élire en surfant sur une vague, une autre de confirmer ses résultats dans une navigation au long cours. Les réseaux d’élus et de militants qui restent au PS – il y en a ! – gardent une certaine efficacité. Le vieux monde des affiches collées par des bénévoles, des réunions de section, des tracts à l’ancienne, des meetings de ville et de village, est peut-être plus résilient que prévu.

Et aussi

Le pilonnage en règle du journalisme par l’étrange coalition qui réunit Marine Le Pen, Laurent Wauquiez, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon convainc moins qu’on ne croit l’opinion. Un sondage publié par le Journal du dimanche réalisé par Viavoice pour les Assises internationales du journalisme montre que 92% des Français pensent que le journalisme est utile. Absolution ? Certainement pas : le public reste critique et exigeant. Mais il souhaite que la lutte contre les fake news, priorité pour 61% des personnes interrogées, soit dévolue… aux journalistes. C’est bien ce qui énerve la bande des quatre en croisade contre la presse. On préfère les articles à leurs fake news : horreur ! Clémentine Autain, qui a gardé les pieds sur terre à la différence de ses camarades, s’est d’ailleurs désolidarisée de la campagne anti-journalistes menée par La France insoumise. Elle n’éprouve pas de «haine» envers les médias. On pense au vers de Chimène à Rodrigue : «Va, je ne te hais point.»

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 12 mars, 2018 |Pas de commentaires »

Paroles, paroles, paroles……………………(12/03/2018)

Récit  —  11 mars 2018

Marine Le Pen a promis nom et merveilles au FN…

Marine Le Pen a promis nom et merveilles au FN…Marine Le Pen, pendant son discours, à Lille, dimanche.

A l’issue du XVIe congrès du mouvement, organisé ce week-end, la présidente a proposé de changer l’appellation de son parti en «Rassemblement national». Une façon de parachever la «refondation» entamée après les échecs électoraux de 2017.

Que reste-t-il du Front national après son congrès «refondateur» du week-end ? Tout, sauf le mot «Front». «Rien d’autre ne change», prévient un dirigeant du parti d’extrême droite. Ni le discours, ni les idées, ni les cadres, ni la ligne, ni les électeurs, ni les dérapages racistes. Le FN s’appellera désormais «Rassemblement national» (ou «RN»), a annoncé Marine Le Pen devant ses sympathisants à Lille. Ce changement est censé être le point d’orgue de la «refondation» qu’elle a engagée après sa défaite à la présidentielle de 2017 et l’échec cuisant aux législatives. Le nouveau nom fera bientôt l’objet d’un vote des adhérents par courrier et elle a promis de se «plier à leur décision». Ces derniers pourraient l’avaliser, mais ce n’est pas certain, au vu de la «grande consultation» engagée par le FN en novembre. A peine plus de la moitié des 20 000 adhérents ayant répondu au questionnaire se sont prononcés en faveur de cette «petite révolution» (52 %), selon les résultats communiqués par la direction du parti. Un chiffre un peu «arrangé», semble croire un cadre frontiste, parlant quand même d’«une démarche positive» : «Cette question ne crée pas vraiment de frustrations. Pas d’enthousiasme non plus [lire page 4].»

Ripolinage. L’annonce d’un FN devenu RN met fin à plusieurs semaines de suspense alimenté par le parti. Marine Le Pen, «qui a beaucoup réfléchi et consulté» ces cinq derniers mois, a décidé de garder le mot «national» en lui accolant le mot «rassemblement». Le mot «front», à la connotation trop «défensive», «caricaturale», a donc été enlevé. On «fait souvent front contre, mais jamais pour ou avec, a souligné à la tribune Marine Le Pen dimanche . Cela pouvait être un frein psychologique pour nous rejoindre.» Ce ripolinage sert à rassurer les futurs alliés potentiels du FN, inquiets de l’image et du passé sulfureux auquel son nom historique renvoyait. «Ce changement est symbolique, mais s’intègre dans notre nouvelle stratégie de « rassemblement », dans une période de recomposition politique», souligne dans les couloirs du congrès un eurodéputé du mouvement. Depuis le départ de Florian Philippot, ancien numéro 2, le FN est passé d’une stratégie de «dédiabolisation» à une tentative de «désenclavement». Le parti d’extrême droite se veut désormais l’architecte du rassemblement des droites, le reste est «laissé à Macron» qui aspire beaucoup de monde vers le centre, y compris une partie de LR. «On a mis le temps mais on a fait le constat qu’on n’arrivera pas au pouvoir sans alliances, car un monde nouveau est en train de naître. Ça a une influence sur la recomposition politique», estime Philippe Olivier, proche conseiller de Marine Le Pen. «Gagner sans alliances est ardu», a pointé celle-ci à Lille.

Perche. Mais pour l’instant peu de ralliements à l’horizon, si ce n’est celui de Thierry Mariani, ex-ministre des Transports de Nicolas Sarkozy. Marginalisé à LR, il se sent prêt à «regarder si un accord ou un rapprochement» pourrait être possible avec le FN, «qui a changé», assure-t-il dans une interview au Journal du dimanche. A Lille, Philippe Olivier en a profité pour saisir la perche – et surjoué l’homme surpris – en disant que «c’est la preuve qu’il est en train de se passer quelque chose». Selon nos informations, Mariani est en réalité en contact avec le FN depuis plusieurs mois, ce dernier étant en train de préparer sa liste pour les européennes. Une liste que le FN et ses rares alliés veulent «de coalition».

Vigie citoy enne

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Publié dans:Non classé |on 12 mars, 2018 |Pas de commentaires »

Belle bataille en perspective…………………(12/03/2018)

Bataille juridique en vue autour du Rassemblement national ?

Bataille juridique en vue autour du Rassemblement national ?
Marine Le Pen le 23 janvier à l’Assemblée. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

Le « Rassemblement national » est déjà une marque déposée.

Par L’Obs

Publié le 12 mars 2018 à 07h50

C’était le temps fort du congrès du Front national qui s’est tenu ce weekend à Lille : Marine Le Pen a annoncé en grande pompe le nouveau nom du parti d’extrême droite, Rassemblement national. « Un nom national, un cri de ralliement », selon la présidente du parti. Il avait été utilisé entre 1986 et 1988 comme nom du groupe parlementaire frontiste à l’Assemblée nationale.

Un nom à l’histoire chargée, aussi, puisqu’il rappelle celui du Rassemblement national populaire de Marcel Déat, figure de la Collaboration pendant la Seconde guerre mondiale.

 

 

Si ce dernier point n’a pas gêné les huiles d’un parti dont l’objectif est pourtant, toujours, la dédiabolisation, celles-ci pourraient se heurter à un autre problème : « Rassemblement national » est déjà une marque, déposée à l’Institut national de la propriété industrielle depuis décembre 2013 par Frédérick Bigrat, par ailleurs secrétaire général du Rassemblement pour la France, un mouvement souverainiste.

Le même Frédérick Bigrat a également déposé à l’INPI le logo du Rassemblement pour la République (RPR), parti chiraquien dissout en 2002 et dont personne n’avait protégé le nom… Ainsi que le Rassemblement pour la France créé par Charles Pasqua en 1999.

Petite pub

C’est justement le président du Rassemblement pour la France et ex-candidat aux législatives, Igor Kurek, un proche de Charles Pasqua, qui a diffusé dimanche sur Twitter un communiqué qu’il signe en tant que président du Rassemblement national.

« Le RN, Rassemblement national, est très étonné de l’amateurisme de Marine Le Pen qui est aussi celui du FN », écrit-il. « Le RN existe déjà et vous ne pouvez nier son existence quand celui-ci s’est retrouvé depuis 2014 f ace à vos candidats à plusieurs reprises ». Et d’annoncer : « Le Rassemblement national existe déjà… et continuera d’exister en présentant des listes aux municipales de 2020. » Un bon coup de publicité pour cette organisation qui peut compter sur une base de 229 supporters sur Facebook.

Le Front national n’a pas tardé à répliquer. Selon des informations de RTL, Marine Le Pen a fait savoir qu’elle comptait poursuivre l’autre Rassemblement national pour « utilisation frauduleuse » du nom et affirme que le Front national es « propriétaire d’un dépôt antérieur ».

Une « Alliance pour un rassemblement national » avait été déposé en 2012 par Louis Alliot, vice-président du FN.

A.R.

L'Obs

L’Obs

Belle bataille en perspective.....................(12/03/2018) dans Non classé oba-icon
Publié dans:Non classé |on 12 mars, 2018 |Pas de commentaires »

On prend les mêmes et on recommence……….(11/08/2018)

Alerte info
Du Front national au Rassemblement national : ce qu’il faut savoir sur le nom proposé par Marine Le Pen aux militants
Cliquez ici pour plus d’informations
Publié dans:Politique |on 11 mars, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin……………..(09/03/2018)

Libération 09 mars 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

La fausse crise du FN

Le Front change de nom. Opération purement cosmétique : il restera dirigé par Marine Le Pen, avec le même programme anti-immigration brandi comme un drapeau et le même projet anti-européen poursuivi en loucedé pour ne pas inquiéter trop les Français qui craignent une rupture avec l’euro et l’Union.

A lire aussi Enfin une piste crédible pour le nouveau nom du Front national ?

On met en exergue les difficultés du parti. Pas faux : sa cheffe de file est affaiblie par son fiasco télévisuel entre les deux tours ; sa stratégie se résume à un dilemme, rester seul, sur une ligne nationale-sociale, comme semble le vouloir Marine Le Pen, ou bien passer à un discours national-conservateur qui déboucherait sur un dialogue avec le reste de la droite dure, comme le souhaite Marion Maréchal-Le Pen, jeune statue du commandeur (ou de la commandante), populaire chez les militants ; ses concurrents se multiplient, entre Philippot qui s’agite dans sa petite boutique, Dupont-Aignan qui professe un gaullisme souverainiste étroit et donc antigaulliste, et surtout Wauquiez qui fait du Trump à la sauce normalienne tout en singeant la xénophobie du FN.

On en déduit que le Front redevient bas, qu’il patine dans l’ambiguïté. C’est l’erreur. On disserte sur l’effet, on oublie les causes. Une société française fracturée, une démagogie anti-élites qui bat son plein des deux côtés de l’échiquier, une angoisse anti-immigration qui ne se résorbe pas, bien au contraire, une Europe qui ne parvient à parler aux peuples. Le nationalisme, qui progresse de Washington à Delhi, de Saint-Pétersbourg à Pékin, de Londres à Vienne, est une vague mondiale sur laquelle le FN new-look peut encore surfer longtemps. Il avance, il recule, il piétine, mais c’est sur un tapis roulant qui ne ralentit pas.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 9 mars, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………………(08/03/2018)

Libération 08 mars 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

PS : le faux requiem

Les larmes de crocodile suscitées par le sort du Parti socialiste tournent à l’inondation. Avant le débat entre les quatre candidats à sa direction, pendant et après, il n’est question, chez la plupart des commentateurs, que de la disparition du parti de Jaurès. Ecoutons cet apitoiement intéressé et imaginons que l’événement faussement redouté survienne : c’est fait, le PS est mort. Survit alors dans ce paysage mortuaire la petite troupe de Benoît Hamon, personnage au demeurant fort estimable. Est-ce un avenir, quand, en défendant un programme avant tout écologiste, ledit Hamon a réalisé un score inférieur à 7% à la présidentielle ? S’il ne décolle pas de cette base exiguë, le scénario est écrit d’avance. Les électeurs restants se répartiront entre Macron et Mélenchon. Ce n’est plus le décès du PS, c’est la mort de la gauche réformiste.

Bonne nouvelle ? On en doute sérieusement. Entre dégagisme populiste à la Mélenchon et pragmatisme libéral à la Macron, la gauche démocratique se retrouverait à l’état gazeux, avec quelques particules légères en suspension. Ainsi s’imposerait une redoutable dichotomie : radicalité ou libéralisme, Europe ou nation, élites ou peuple. Le contraire d’une vie politique digne de ce nom. Si l’on veut plus de justice sociale, dont l’histoire prouve qu’elle progresse par les réformes et non par le rêve d’un grand soir ou par les petits matins déplaisants de la libéralisation permanente, on ne peut la jeter dans un trou noir.

Dans les années 1960 et 1970, la gauche s’est requinquée par synthèse successives – réunion de petits groupes au PSU, unité partielle au Congrès d’Epinay, unité plus large aux «Assises du socialisme», union de la gauche et programme commun. Et non par scissiparité, comme aujourd’hui.

Remarquons au passage que le PS, en dépit de ses défauts et de ses insuffisances, reste le seul parti à pratiquer la démocratie interne, avec la droite classique (qui a toutefois élu un normalien cynique et lui aussi populiste – c’est une épidémie). Au FN, Marine Le Pen est la seule candidate à sa propre succession. A La France insoumise, le clan mélenchoniste tient toutes les rênes. A LREM on marche d’un seul pas, réglé à l’Elysée. Ceux qui pestent jour et nuit contre les défauts de la démocratie se gardent bien de la pratiquer chez eux. Candide, le PS continue à produire textes, motions, débats et controverses. Certes, le sort du parti est entre les mains des socialistes, non des analystes extérieurs. Mais ceux-ci pourraient aussi se demander si une vie politique sans alternative crédible au maconisme triomphant est bien souhaitable.

Et aussi

• Une escouade de militants et d’intellectuels communautaristes s’étaient mobilisés en défense de Tariq Ramadan. Ils sont sans doute moins fringants au fur et à mesure que les témoignages s’accumulent. Le prédicateur n’est pas coupable pour autant, seul un tribunal en décidera. Mais s’il est toujours détenu, ce n’est manifestement pas, à l’inverse que ce que les pétitionnaires suggéraient, en raison d’une quelconque discrimination. C’est parce que la justice estime qu’il pourrait faire pression sur les témoins, comme il en est question avec insistance dans les témoignages de ses accusatrices. Justice raciste ? Imputation ridicule. Justice prudente, oui.

• Les voitures ne reviendront pas sur les berges de la Seine. Anne Hidalgo, qui a de la suite dans les idées, a passé un nouvel arrêté, fondé cette fois sur la défense du patrimoine. Il est vrai qu’il eût été étrange, dans le pays qui a organisé la COP21, de céder aux pressions du lobby pro-bagnoles…

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 8 mars, 2018 |Pas de commentaires »
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