Archive pour la catégorie 'Politique'

La lettre de Laurent Joffrin…………..(18/01/2018)

Libération 18 janvier 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Le tribunal des bien-pensants

Promotion pour l’auteur de cette lettre : son nom apparaît en une de Valeurs actuelles à côté de quelques membres honnis d’un supposé «tribunal des bien-pensants», Marlène Schiappa, Aymeric Caron, Yann Barthès, Anne Hidalgo, auxquels s’ajoutent les «féministes hystériques», les «associations pro-migrants», les «islamo-gauchistes», les «bobos» et leurs «délires», etc. Bref, une bande diabolique et hurlante, une légion d’horreur, qui hante les cauchemars des rédacteurs de Valeurs actuelles.

Affaire anecdotique, néanmoins révélatrice. Que fait donc ce «tribunal des bien-pensants» aussi informel que nuisible ? Il étouffe la pensée libre et maintient le débat public sous une épaisse chape de plomb. Comme chacun sait, les vrais résistants, les francs-tireurs de l’intelligence, les dissidents martyrisés par la bien-pensance que sont Eric Zemmour, Alain Finkielkraut, Laurent Wauquiez, Ivan Rioufol, Luc Ferry, Denis Tillinac, Eugénie Bastié, Philippe de Villiers, vivent dans la clandestinité, abominablement censurés, réduits au silence, pourchassés par la police de la pensée. Avec une mention particulière pour Elisabeth Lévy, dont la parole ténue et délicate est impitoyablement étouffée. Tout juste ont-ils réussi, tel Che Guevara dans la Sierra Maestra, Jean Moulin dans les traboules du vieux Lyon, Alexandre Soljenitsyne dans son isba de Gorki, à trouver refuge dans les studios des radios et des télévisions, les tribunes des quotidiens ou les pages des hebdos, où ils campent héroïquement, défiant avec panache les menées répressives du nouveau KGB intellectuel.

Qu’est-ce qu’un «bien-pensant» ? C’est celui ou celle qui ne pense pas comme Valeurs actuelles. Celui ou celle qui défend, par exemple, le droit des gens, la dignité des migrants, les libertés publiques, les réformes sociales, la coopération internationale, ces idées folles qui ont fait tant de mal. Un progressiste, quoi, autant dire un dictateur, un tyran, un mercenaire de l’idéologie rouge, un soldat du totalitarisme. Et qu’est-ce qu’un «mal-pensant», que Valeurs actuelles désigne ainsi par antiphrase ? Celui qui pense comme l’hebdo de la droite nationaliste, à la fois subtil et profond, tolérant et visionnaire, élégant et respectueux de la vérité : Donald Trump, Marine Le Pen, Viktor Orbán, Vladimir Poutine, Nigel Farage, tous en finesse et en retenue précieuse.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 18 janvier, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………………..(16/01/2018)

Libération 16 janvier 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

«Grand remplacement» ?

Même si elle est l’une des sciences sociales les plus fiables, la démographie est aussi une usine à fantasmes. Cette règle ne manquera pas de se vérifier avec la publication par l’Insee des chiffres annuels de la population française. On y apprend que la natalité est en baisse, à 1,88 enfant par femme (les femmes travaillent et sont souvent précaires : elles ont moins d’enfants), que la population française croît moins vite (0,3% par an contre 0,5% auparavant) et que le solde migratoire occupe une place plus grande dans cette progression (quelque 60 000 étrangers en plus, une fois calculée la différence entre les entrées et les sorties). Aussitôt, le prisme déformant des préjugés entre en action.

- Les écologistes et autres décroissants seront ravis : les hommes et les femmes formant la principale espèce prédatrice de la planète, moins y en aura, mieux ce sera.

- Les avocats de la grandeur française trembleront : moins de Français, moins de puissance pour la patrie. Ceux-là devraient souhaiter que l’immigration supplée une natalité déficiente.

- Mais ce sont souvent des obsessionnels de l’identité : l’immigration venant au secours de la démographie française, le spectre du «grand remplacement» grandit un peu plus dans leur esprit paniquard.

Tous, à vrai dire, se trompent.

- C’est le mode de vie productiviste qui fait des dégâts sur la planète. S’il change, la question du nombre passe au second plan.

- La prospérité d’une nation dépend de la qualité de ses habitants et non de leur quantité. La formation, la compétence, la créativité, sont autrement importantes que le nombre des habitants, qui évolue de toute manière très lentement. Il y a aujourd’hui plus de 67 millions de Français, chiffre conséquent à l’échelle européenne. Qu’il y en ait à l’avenir un peu plus ou un moins ne change pas les données du problème.

- Quant au «grand remplacement», c’est une fable. Il se fonde sur l’idée que moins de 10% de musulmans vont à terme submerger les 90% qui ne le sont pas. Le raisonnement repose sur une fécondité supérieure des femmes étrangères venant du Sud (qui ne sont pas toutes musulmanes, loin de là) par rapport à celui des Françaises. Or l’écart entre le taux de natalité des femmes immigrées et celui des autres, réel à la première génération (du simple au double environ), disparaît à la seconde et, a fortiori, à la troisième. Dans leur immense majorité, les musulmans se fondent dans la population. Le mot même de remplacement est faux par nature : les immigrés s’ajoutent aux autres, ils ne s’y substituent pas. Cet ajout de population pose moins de problèmes par le nombre que par la concentration des pauvres (qui sont souvent musulmans) dans certains quartiers. C’est affaire d’emploi, de sécurité, de lutte contre la discrimination, et d’urbanisme. Non de natalité.

Mais ce sont là arguments rationnels. Ils glissent sur l’esprit malade des identitaires comme l’eau sur les plumes d’un canard. Même au pays de Descartes, l’usine à fantasmes ne s’arrête jamais.

Et aussi

• Il apparaît, selon Buzzfeed, que le FN a entièrement fabriqué une «fake vidéo» qui montre un faux membre de la direction de France Télévisions accusant Delphine Ernotte de faire la campagne d’Emmanuel Macron. Bidonnage, complotisme, manipulation : le FN n’est plus à ça près. Mais à écouter Marine Le Pen dans ses discours les plus solennels, on se dit : une «fake news» de plus ou de moins…

• On s’étonnait hier de l’impunité dont voulait bénéficier Mathieu Gallet, président de Radio France, condamné en première instance pour favoritisme, en regard du sort réservé aux ministres placés dans la même situation que lui. Françoise Nyssen, qui jouait hier les Ponce Pilate, s’est réveillée. Elle demande à l’intéressé de «tirer les conséquences» de la décision qui le frappe. En clair, de démissionner. Sauf à introduire une inégalité de traitement entre politiques et administratifs de haut vol, on voit mal comment il pourrait en être autrement.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 16 janvier, 2018 |Pas de commentaires »

Lalettre de Laurtent Joffrin………….(15/01/2018)

Libération 15 janvier 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Premiers de corvée

«Le président des riches»… Les adhérents de La République en marche n’aiment pas ce slogan, ce qui peut se comprendre. Une chose est sûre pourtant : Emmanuel Macron n’est pas le président des pauvres. Une étude de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), certes classé à gauche, mais surtout très crédible, vient le confirmer chiffres à l’appui. Les mesures fiscales contenues dans le budget 2018, voté en décembre par l’Assemblée, profitent d’abord aux catégories les plus aisées, sans aucune hésitation possible. Les 5% du haut de la pyramide des revenus bénéficieront de 42% des gains produits par le nouveau budget en faveur des contribuables. Les 5% les plus défavorisés voient à l’inverse leur revenu reculer de 0,6% en moyenne. Les chiffres absolus peuvent paraître faibles (moins 60 euros par an en moyenne pour les plus pauvres, quelque 1 000 euros de gain annuel pour les plus riches). Mais une morsure à 60 euros est toujours une morsure, forcément douloureuse pour celui qui gagne très peu, surtout quand il travaille dur, ce qui est le cas général. 1 000 euros pour les premiers de cordée, 60 euros de moins pour les premiers de corvée. On saisit l’idée générale…

Bien sûr, tout cela est justifié par l’impératif catégorique de la lutte pour l’emploi. A terme, si le chômage baisse, le gouvernement pourra trouver une justification rétrospective à ces efforts inégalement répartis. Encore que, sur ce point, l’OFCE impute l’amélioration de la situation de l’emploi à l’héritage Hollande plus qu’aux mesures Macron, dont l’effet est encore faible dans cette phase de démarrage de l’action gouvernementale. Après avoir bénéficié du précédent quinquennat, le gouvernement veut se débarrasser de son égalitarisme, pourtant modéré. Au bout du compte, on retombe toujours sur le même raisonnement des libéraux : pour que tout aille mieux en France, il faut que les pauvres soient plus pauvres et les riches plus riches.

Et aussi

Delphine Batho, candidate à la direction du PS, fustige la «petite mafia» que serait devenu le parti qu’elle souhaite diriger. Son énergie et ses convictions intiment le respect. Mais la formule est étrange : si le PS est une mafia, à quoi bon en prendre la tête ? Ce fut le raisonnement de Michael Corleone. On sait ce qui en est advenu. On pourrait en tirer un titre de film : Une femme dans la mafia.

Mathieu Gallet, président de Radio France, a été condamné à un an de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende en première instance. Il a fait appel. Il a surtout prévenu qu’il resterait en poste en dépit de sa condamnation. La présomption d’innocence reste valable jusqu’à une éventuelle condamnation définitive. Elle joue donc pour Mathieu Gallet. On remarquera toutefois qu’un ministre, dans une telle circonstance, aurait démissionné depuis longtemps. La mise en examen suffit. A fortiori la condamnation en première instance. Entre les hommes politiques, dont on dit toujours autant de mal, et les autres responsables de l’Etat, il y a de toute évidence deux traitements différents.

Laurent Joffrin
Publié dans:"AFFAIRES", Politique |on 15 janvier, 2018 |Pas de commentaires »

Les rats quittent le navire……………………(14/01/2018)

LR trop proche du FN, Dominique Bussereau claque la porte du parti 4/14

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Il y a 4 heures
L’ancien ministre Dominique Bussereau annonce son « congé ». Il regrette chez LR des propos qui « pourraient être ceux du FN » et une absence d’ »amour de l’Europe ».

L'ancien ministre juppéiste Dominique Bussereau à Bordeaux le 26 août 2017 (photo d'illustration).© afp.com/GEORGES GOBET L’ancien ministre juppéiste Dominique Bussereau à Bordeaux le 26 août 2017 (photo d’illustration). 

L’ancien ministre juppéiste Dominique Bussereau a annoncé au Journal du Dimanche qu’il se mettait « en congé de LR » jusqu’à la campagne des Européennes de 2019. « J’ai décidé de prendre de la distance avec la politique partisane », a déclaré le président du Département de la Charente-Maritime, regrettant que, « après le séisme de 2017, les partis continuent à faire comme si rien ne s’était passé ».

« Aujourd’hui, je ne peux que constater que les propos tenus par certains porte-parole des Républicains pourraient être ceux du FN », a-t-il ajouté, alors que les juppéistes refusent toute « porosité avec le Front national ».

Ni LREM ni les constructifs

Estimant que le parti de droite, du temps où il s’appelait UMP, « c’était la CDU allemande: un mouvement rassemblant les différentes sensibilités de la droite et du centre », le président de l’Assemblée des départements de France estime qu’aujourd’hui, « Les Républicains sont devenus la CSU, sa branche conservatrice et droitière », avec une proximité avec Sens commun, émanation de la Manif pour tous.

D’autre part, « je ne vois plus d’amour de l’Europe. En revanche, j’entends chez certains, comme (le vice-président de LR) Guillaume Peltier, des appels au nationalisme et à se refermer sur nous-mêmes », note Dominique Bussereau. « J’ai le sentiment que la rupture est déjà faite à LR: il n’y a plus de volonté d’être ardemment européen ».

L’ancien ministre a précisé qu’il n’entendait rejoindre ni les anciens LR « constructifs », rassemblés dans le parti Agir, ni La République en marche, mais qu’il « continuerai(t) à travailler » avec Valérie Pécresse et son mouvement Libres!, et Christian Estrosi et son mouvement La France audacieuse. La présidente de la région Île-de-France et le maire de Nice, tout en prenant leurs distances avec le président de LR Laurent Wauquiez, ont décidé de rester dans le parti.

« Je verrai au moment de la campagne des élections européennes, en fonction du choix de ses candidats et des idées qu’ils porteront, si je peux encore voter pour ma famille politique. Sinon, je passerai de la mise en congé au départ définitif », conclut Dominique Bussereau.

 

Publié dans:Politique |on 14 janvier, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin…………(12/01/2018)

Libération 12 janvier 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Une pierre dans le jardin décliniste

Encore une fois, les sinistres, les geignards, les bonnets de nuit, les Cassandre, les docteurs tant pis et les broyeurs de noir en sont pour leurs frais. En général regroupés aux extrêmes, ils se répandent en lamentations, en imprécations, en philippiques, en apocalyptiques prophéties finkielkrautiennes ou mélenchoniennes sur l’état de la démocratie. Soit pour soupirer sur le temps passé, soit pour agiter d’improbables rêves de grands soirs.

Las! L’opinion, qui est plus sage, vient encore une fois de les contredire. Une enquête Viavoice-Fondation Jean Jaurès montre que la confiance dans la démocratie française se redresse brusquement. Malgré l’abstention préoccupante, malgré le populisme, malgré le terrorisme, malgré la crise, le chômage, l’exclusion, le racisme qui plombent l’atmosphère et fournissent leurs munitions aux druides de la décadence, les Français estiment que l’état de la démocratie en France s’améliore. Mieux, de manière contre-intuitive, ce sont les catégories qu’on n’attendait pas qui regagnent soudain en optimisme: les jeunes et les classes populaires.

On peut supposer que l’élection d’Emmanuel Macron et le vaste coup de balai afférent ont joué un rôle central dans ce regain. Il est probable, en fait, que l’affaire soit plus profonde. Le renouveau des dirigeants, écume de la vague, recouvre un phénomène de fond: en considérant le résultat de la dernière élection présidentielle, en regardant Emmanuel Macron agir, en bien ou en mal, en constatant la mise au rancart des vieilles structures, les Français se rendent compte que leur vote compte, qu’un scrutin peut changer les choses, que le système, s’il l’a jamais été, n’est pas bloqué, bref que la politique, malgré la reproduction des élites, malgré l’Europe qu’on dit paralysante, malgré la mondialisation qui aurait annihilé toute souveraineté populaire, garde un pouvoir. Voilà une bonne nouvelle qu’on s’empressera sans doute d’étouffer par un redoublement de jérémiades.

Et aussi

• La CGT le conteste, mais l’évolution est nette, pour ne pas dire inexorable: à chaque scrutin professionnel important, au niveau national ou dans les grandes entreprises, la centrale perd des plumes. Si l’on en croit le Canard enchaîné, le syndicat de Philippe Martinez aurait été quitté par un tiers de ses adhérents en un an. Les élections qui auront lieu prochainement dans le secteur public sont un test important. En juillet, Laurent Berger avait suscité une réunion discrète avec ses homologues de FO et de la CGT pour tirer la sonnette d’alarme: après avoir soufflé en tempête sur le monde politique le «dégagisme» menace maintenant l’univers syndical. Arc-bouté sur sa ligne anticompromis, Martinez ne l’a guère écouté.

• En traitant de «pays de merde» Haïti et plusieurs pays africains, Donald Trump a confirmé qu’il n’était pas seulement un mégalomane paranoïaque et incompétent, mais aussi un raciste avéré. Décidément, la vague populiste qui parcourt un nombre croissant de pays charrie un nombre effrayant de personnages indignes. A force de fustiger «la bien-pensance», on arrive au résultat qu’on recherche.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 12 janvier, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin…………….(11/01/2018)

Libération 11 janvier 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Ma et Cron vont en bateau

Il y a deux syllabes dans Macron. Ma et Cron. Ma est soft, bienveillant, arrangeant, enclin à l’indulgence, comme Mama Mia, maternel, malléable, ma chérie. Cron est dur, rêche, pointu, rigide, comme le croc ou le cric, le cri ou le crack. Il y avait dans En marche (qui commence par Ma), cette volonté d’accueil, d’ouverture, de compromis qui compensait la fermeté du réformateur activiste et du président impérieux. Mais de plus en plus, on le voit, Cron l’emporte sur Ma. A l’étranger, en Chine par exemple, Cron préfère de loin à la realpolitik au droit des populations, le calcul géopolitique ou commercial aux plaintes des prisonniers ou aux demandes des opprimés. Dans le social, Cron prévoit de renforcer comme jamais le contrôle des chômeurs, menacés de sanctions diverses s’ils ne remplissent pas exactement les obligations qui leur incombent, soumis à la surveillance étroite de Pôle Emploi qui maniera sans hésiter à leur encontre le coup de règle sur les doigts. Et en matière d’immigration, Cron se dispose à mettre en place des dispositifs contraignants que la droite elle-même n’a jamais osé appliquer, intrusion dans les centres d’accueil, doublement de la durée de rétention pour les sans-papiers, raccourcissement des délais de recours. Dans ces trois domaines, c’est Cron qui mène la danse. Ma, lui, se tourne vers l’entreprise, le start-uper, l’investisseur, objets de toutes les sollicitudes. Ma et Cron sont toujours là. Mais ils ne s’adressent pas aux mêmes personnes. Ma dorlote les premiers de cordée, Cron contrôle ceux qui ont lâché la corde. Et si Ma continue à laisser à Cron la bride sur le cou, c’est un projet de société qui se dessine. Efficace mais dur, compétitif et sélectif. Macron est populaire. Mais Cron ?

Et aussi

La direction de France 3 Auvergne a suspendu la diffusion d’une série sur les réalisations du président de la région, Laurent Wauquiez. Jurant que ledit Wauquiez n’est pas intervenu pour demander cette suspension, la direction explique que les sujets étaient «déséquilibrés». Soit. Mais la vraie question n’est pas celle-là : étaient-ils véridiques, vérifiés, honnêtes ? La vérité est parfois elle-même déséquilibrée. Difficile de le savoir, de toute manière : on ne les verra pas.

Les services consulaires des Etats-Unis ont classé en «catégorie 2» la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne pour mettre en garde les touristes américains sur l’insécurité qui régnerait dans ces trois pays. Les attentats qui s’y sont déroulés expliqueraient ces avertissements alarmistes. On ne sait à quel niveau seraient classés les Etats-Unis par les mêmes services consulaires, quand on sait que l’insécurité est en moyenne dix fois supérieure là-bas à ce qu’elle est en Europe…

Laurent Joff
Publié dans:Politique |on 12 janvier, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin……………….(09/01/2018)

Libération 09 janvier 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Le sage Le Foll

Grognard sincère, équilibré, crédible, Stéphane Le Foll est candidat à la direction du PS, ou, selon ses propres aveux, à ce qu’il en reste. Il s’ajoute à une longue liste : Luc Carvounas, Emmanuel Maurel, peut-être Olivier Faure et Julien Dray. On dit que Faure pourrait l’emporter en garantissant qu’il ne sera pas candidat à l’élection présidentielle. Comme disait le général de Gaulle sur sa propre succession, ce n’est pas le vide qui menace, c’est le trop-plein. Le vide est dans les sections…

Le débat sur les hommes (et les femmes, absentes pour l’instant ?) est important. Mais le PS n’arrivera à rien s’il ne se pose pas une question simple : qu’est-ce que le socialisme aujourd’hui ? Le socialisme comme idée et comme projet. Un succédané de la social-démocratie déclinante ? Une modalité de l’écologie ? Une version un peu plus sociale du macronisme ? Il existe un espace politique entre En Marche et La France insoumise, entre libéralisme de centre-droit et radicalité. A condition de proposer une perspective de transformation sociale ambitieuse, qui prolonge cette longue et riche histoire commencée avec Saint-Simon, Pierre Leroux, Proudhon et Marx, continuée jusqu’à aujourd’hui à travers des réformes décisives et nombreuses. Le patrimoine de valeurs et d’expériences est là. Il s’agit de le renouveler à l’aune des enjeux du siècle qui commence. Long travail, qu’un congrès ne saurait épuiser. Encore faut-il le vouloir. Encore faut-il y croire. Avant de savoir qui dirigera le PS, héritier malgré tout de cette longue pérégrination politique, il faut savoir vers quoi il se dirigera.

Et aussi

• Une pétition exige le retrait de la limitation à 80km/h de la vitesse sur les routes secondaires. On peut le comprendre, quoique le temps ainsi perdu se ramène en fait à quelques minutes par heure. Ces minutes sont sans doute précieuses à ceux qui utilisent beaucoup leur voiture sur les routes en question. Mais on ne rappellera jamais assez une réalité têtue : la vitesse reste un facteur décisif, avec l’alcool, dans la gravité et le nombre des accidents. Ce nombre a chuté historiquement, mais il remonte légèrement depuis deux ou trois ans. D’où les mesures prises par le gouvernement. Elles agacent. Mais elles sauvent des vies.

• Revu les Tontons Flingueurs à la télé. Audiard est le dialoguiste le plus drôle du cinéma français. Mais aussi le plus réac. Homophobie, machisme, passéisme, allergie à tout ce qui change, anti-intellectualisme, éloge de l’homme fort, tout y passe. Les récentes révélations sur le passé d’Audiard pendant la guerre, peu reluisant, complètent le tableau. Mais on rit…

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 10 janvier, 2018 |Pas de commentaires »

Un de plus………………………….(09/01/2018)

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L’ancien ministre Stéphane Le Foll, proche de François Hollande, annonce être candidat à la tête du Parti socialisteEt de deux. Après Luc Carvounas, Stéphane Le Foll déclare sa candidature au poste de premier secrétaire du Parti socialiste, mardi 9 janvier, dans un entretien au quotidien Le Maine Libre, journal de la Sarthe dont il est député. A 57 ans, il a « décidé de relever le défi, ou plutôt les défis qui sont face à nous, en présentant un projet devant les militants », lors du prochain congrès du PS en avril.
Cliquez ici pour plus d’informations
Publié dans:Politique |on 9 janvier, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin…………………..(08/01/2018)

Libération 08 janvier 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Chine : l’empire du silence

Il faut parler aux dirigeants chinois, c’est l’évidence. Oui, mais de quoi ? Du climat, des relations commerciales, de la Corée du Nord et de toutes sortes de choses, ce que s’apprête à faire, à juste titre, Emmanuel Macron. Mais des droits de l’homme ? Non. Pas en public en tout cas. François Mitterrand avait en son temps jugé, lui aussi, qu’il fallait parler aux dirigeants de l’URSS, malgré l’Afghanistan, malgré la répression des dissidents, malgré le caractère totalitaire du régime soviétique. Mais en plein dîner officiel au Kremlin, dans une phrase prudente mais claire, il avait prononcé le nom d’Andreï Sakharov, prix Nobel, figure symbole de lutte pour la liberté en URSS, exilé par les autorités soviétiques à Gorki. Le passage avait été censuré par la presse officielle mais, autant qu’on s’en souvienne, le ciel ne lui était pas tombé sur la tête. C’est une audace – mesurée – qu’on n’a plus aujourd’hui.

A lire aussi Les quatre casse-tête de la relation franco-chinoise

Realpolitik, dira-t-on, intérêt bien compris de la France, qui a besoin de la Chine et entretient avec elle des liens historiques particuliers, depuis que les jésuites ont été reçus par les empereurs chinois ou, si l’on veut, depuis que le Général de Gaulle, le premier en Occident, avait reconnu officiellement le gouvernement de Mao Zedong.

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Realpolitik mais faux réalisme. Car la Chine de Xi Jinping, si elle est un partenaire économique incontournable et un allié géopolitique dans certains domaines, est aussi un dangereux ennemi politique. Depuis qu’il s’est éveillé, qu’il est devenu la deuxième puissance mondiale, l’empire du Milieu se pose en concurrent idéologique redoutable pour les démocraties. La combinaison de l’ultralibéralisme d’Etat et d’un régime politique implacable qui soumet sa population à un contrôle tiré tout droit de l’anticipation de George Orwell, a hissé la Chine au sommet de la puissance industrielle et bientôt militaire. A beaucoup d’égards, ce pays en pleine réussite sert de référence à tous ceux qui voient dans l’alliance de l’autoritarisme et de l’économie de marché un gage de prospérité et de stabilité. Tout cela repose sur la répression minutieuse des esprits libres en Chine, sur l’oppression des masses paysannes qui ne participent pas à l’enrichissement chinois, sur la tyrannie exercée par les soldats et fonctionnaires chinois au Tibet. C’est une erreur stratégique autant qu’humanitaire de les faire passer sous la table. Quand on veut contenir la montée d’une puissance hostile, d’un concurrent politique redoutable, on ne commence pas par lui rendre les armes sur le terrain de l’idéologie.

Et aussi

L’IG Metall, le plus puissant syndicat d’Allemagne – et d’Europe – demande le passage de la semaine de travail à 28 heures, assortie d’une augmentation de salaires de 6%. Pour appuyer sa revendication, l’organisation des travailleurs de la métallurgie (dont l’automobile, donc) prévoit une série de débrayages qui laissent augurer d’un conflit sérieux. On imagine les réactions qu’une telle demande susciterait si elle était formulée par un syndicat français… Horreur, folie, utopie ! On ne manquera pas d’en tirer argument à gauche : si les Allemands, parangons de la rigueur financière et économique, en débattent, pourquoi pas nous ? Ce à quoi d’autres répondront que l’Allemagne s’est d’abord dotée d’une compétitivité redoutable sur les marchés mondiaux, par exemple en promulguant les lois Hartz sur la flexibilité. Rien n’est simple…

• Laurent Wauquiez veut imposer à LR, dont il est le nouveau président, une ligne eurosceptique. Ce qui pourrait provoquer le ralliement d’une partie de ses troupes à Emmanuel Macron. Dans le même temps, Marine Le Pen, qui n’est plus europhobe mais eurosceptique, veut changer le nom de son parti de manière à faciliter de futures alliances. Coïncidence ? Ou préfiguration d’une recomposition plus large ?

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 8 janvier, 2018 |Pas de commentaires »

L’empire du milieu pour un roitelet………..(08/01/2018)

Reportage

Macron en équilibriste dans l’empire du Milieu

Par Alain Auffray — 7 janvier 2018 à 20:56
Le Comité permanent du bureau politique, dont le président, Xi Jinping (4e en partant de la gauche), et le Premier ministre, Li Keqiang (à sa gauche), à Pékin le 25 octobre.
Le Comité permanent du bureau politique, dont le président, Xi Jinping (4e en partant de la gauche), et le Premier ministre, Li Keqiang (à sa gauche), à Pékin le 25 octobre. Photo Jason Lee. Reuters

Climat, Corée du Nord, commerce… Le chef de l’Etat, qui effectue son premier déplacement en Chine à partir de ce lundi, veut faire de Pékin un partenaire essentiel. Et incarner le leadership d’une Europe en pleine recomposition.

  • Macron en équilibriste dans l’empire du Milieu

Ce sera, insiste l’Elysée, «la première visite d’Etat en Asie» du président de la République. On souligne également qu’elle intervient «très rapidement», sept mois après l’élection présidentielle. Et puisque chaque détail a son importance en matière diplomatique – singulièrement s’agissant de la Chine – on fait aussi remarquer, au Château, qu’Emmanuel Macron consacrera «beaucoup de temps» (trois jours pleins), à ce déplacement dans l’empire du Milieu.

Toutes ces précisions protocolaires visent à bien souligner le contraste entre le déplacement qui commence ce lundi et la visite au pas de charge qu’expédia François Hollande en trente-sept heures, à la fin du mois d’avril 2013… Qu’on se le dise : Macron, lui, accorde la plus haute importance à cette visite. A en croire son entourage, elle aurait même vocation à faire date dans l’histoire des relations franco-chinoises, cinquante-quatre ans après que la France du général de Gaulle n’établisse des relations diplomatiques avec la République populaire. Plus modestement, Macron est le premier chef d’un grand Etat occidental à se rendre en Chine depuis que le XIXe congrès du Parti communiste a inauguré en octobre le second mandat de Xi Jinping, l’omnipotent secrétaire général qui prétend conduire son pays, premier émetteur de gaz à effet de serre de la planète, sur le chemin de «la croissance qualitative», pour la construction d’une «civilisation écologique socialiste».

Entre une Allemagne qui peine à renouveler son gouvernement, un Royaume-Uni empêtrée dans son Brexit, voire une Espagne déchirée par la situation en Catalogne, la France prend, vu de Chine, des allures de pôle de stabilité. Une aubaine pour le président français, qui se veut aussi l’ambassadeur d’une Union européenne en pleine refondation (lire page 5). Réputé pragmatique et pro-business, Macron bénéficie, à Pékin d’un préjugé plutôt très favorable (lire page 3).

Alors que le déroutant Donald Trump dénonce l’accord de Paris, brandit son «gros bouton» nucléaire contre Pyongyang et agite la menace d’une guerre commerciale avec Pékin, Macron a l’ambition d’affirmer, au nom de l’Europe, son leadership sur trois fronts : la lutte contre le réchauffement climatique, le combat pour la paix et la non-prolifération nucléaire, notamment en Corée du Nord, et la bataille pour le «rééquilibrage» des relations commerciales entre la Chine et l’Union européenne.

Contrats

Bien sûr, le président français, accompagné d’une imposante délégation de ministres et de chefs d’entreprises, ne dérogera pas à la séquence des signatures de contrats – une cinquantaine sont annoncés – qui marque traditionnellement ces visites d’Etat. Mais son entourage assure que le succès de ce voyage ne se mesurera pas aux dizaines de milliards qui pourraient être signés cette semaine. Ces gros chiffres que les responsables politiques brandissent triomphalement n’ont pas beaucoup de sens. Ils ne sont souvent que l’addition d’accords déjà en cours et de promesses qui n’engagent personne. Ce fut le cas, en novembre, des 250 milliards de dollars de contrats que Donald Trump se targuait d’avoir engrangé à Pékin.

Macron devrait surtout plaider pour un accès plus ouvert des marchés chinois (lire page 4). C’est avec la Chine, deuxième fournisseur et huitième client, que la France enregistre son plus important déficit commercial : 30 milliards d’euros. Pour amorcer un rééquilibrage, Paris vise le colossal marché des classes moyennes chinoises.

L’Elysée assure que Macron ne cherchera pas à éviter les sujets sensibles. Chantre de «l’Europe qui protège», il plaidera pour un renforcement du contrôle des investissements stratégiques par les groupes non-européens. En 2015, comme ministre de l’Economie, il avait fortement dénoncé le dumping et la vente à perte de l’acier chinois. Son ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, résumait vendredi la doctrine française : «L’intention de la France n’est pas de barrer la route à la Chine. Mais il convient d’établir un partenariat fondé sur la réciprocité. […] Nos interlocuteurs chinois préfèrent le terme « gagnant-gagnant ». Pourquoi pas, à condition que ce ne soit pas le même qui soit deux fois gagnant.»

Pour ne pas être trop désagréable avec son hôte, il est probable que Macron s’abstiendra d’évoquer trop bruyamment un autre sujet, plus délicat encore : celui des droits de l’homme. Le mois dernier, l’ambassade de l’Union européenne à Pékin s’était dite «extrêmement préoccupée» par le refus de la Chine d’accorder sur son territoire certains «droits fondamentaux», notamment en matière de liberté d’information et d’expression sur Internet. La question sera «bien sûr abordée» par Emmanuel Macron, assure son entourage. Il faudra le croire sur parole. Car au nom du «respect des sensibilités chinoises», mais aussi dans «un souci d’efficacité», il ne sera pas question de faire publiquement état de ces conversations…

Grande ombre

Avant de retrouver le président Xi Jinping, mardi à Pékin, Macron a prévu de s’exprimer lundi à Xi’An devant un public de chefs d’entreprises, d’universitaires et d’étudiants des deux pays. L’orateur a déjà démontré qu’il pouvait, en de telles circonstances, être particulièrement prolixe. Son discours dans la vieille capitale de la Chine médiévale se voudra sans doute tout aussi «refondateur» que celui du 8 septembre à la Pnyx d’Athènes ou que celui du 28 novembre à l’université de Ouagadougou.

On ne serait pas surpris d’y voir surgir la grande ombre du Général. «La France reconnaît simplement le monde tel qu’il est», avait déclaré de Gaulle en 1964 à Paris, lors d’une fameuse conférence de presse où il justifiait sa décision d’échanger des ambassadeurs avec la Chine communiste, ce à quoi se refusaient alors tous ses alliés du monde occidental. Multiplier les échanges entre les peuples, c’est «servir la cause des hommes, c’est-à-dire celle de la sagesse, du progrès et de la paix», avait alors fait valoir le président français. Dans un autre style, Macron ne devrait pas dire autre chose.

 

Alain Auffray

Liberation.fr
Publié dans:Politique |on 8 janvier, 2018 |Pas de commentaires »
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