Archive pour la catégorie 'Politique'

La lettre de Laurent Joffrin……….(31/08/2018)

Libération 31 août 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Tango fiscal

Curieusement, le mot «couac» a disparu du vocabulaire des commentateurs. Pourtant on l’employait à qui mieux mieux à propos des gouvernements précédents. Or comment qualifier autrement le canard émis par l’équipe Macron à propos du prélèvement des impôts à la source ? Super-couac.

Pour rester dans le registre musical, c’est un tango, trois pas en avant, deux pas en arrière, ou l’inverse, on ne sait plus. On n’est pas chez les Gaulois mais chez les Argentins. Politiquement, les rôles sont inversés. La décision de prélever mensuellement l’impôt sur les feuilles de paie, a été prise par Hollande qui respectait une promesse de campagne. L’indécision qu’on imputait au «président de la synthèse» est sur ce dossier celle du président «vertical» qui lui a succédé.

Cette réforme est un serpent de mer qui ondulait depuis des années dans les couloirs de Bercy et qu’Hollande avait prévu de faire enfin émerger. Annoncée il y a plusieurs années, elle a déjà été reportée d’un an par le nouveau gouvernement. Les services du Budget ont donc bénéficié d’un long délai pour la mettre en œuvre. Aux dires de Gérald Darmanin, ils sont fin prêts. Et voilà qu’après avoir tiré le coup de pistolet du départ – avec communiqués publics, lettre aux contribuables, publicité à la télévision – le Président fait publiquement part de ses doutes. C’est la nouvelle version du «en même temps» : on fera, sans faire, tout en faisant, à coup sûr sans être vraiment sûr, à une date proche, à moins qu’elle soit lointaine. On a vu posture plus tranchante.

Le gouvernement assure que nous serons fixés dans quinze jours. Pour vérifier que tout fonctionne ? Non : pour évaluer l’impact sur l’opinion d’une mesure qui réduit le salaire payé (mais qui supprime en échange – euro pour euro – l’impôt qu’on acquittait par tranches : jeu à somme nulle). Au moment où la polémique sur le pouvoir d’achat se développe, l’effet d’optique risque de masquer la baisse de la taxe d’habitation censée compenser la hausse de la CSG. Angoisse… Tout cela est purement cosmétique, mais dans le nouveau monde, la cosmétique, décidément, compte autant que dans l’ancien.

Laurent Joffrin
desirdavenir77500
Publié dans:Politique |on 31 août, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin……………..(30/08/2018)

Libération 30 août 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Insupportables Gaulois

Réfractaires au changement, les Gaulois? Difficile de trouver contresens plus spectaculaire. Emmanuel Macron plaide la boutade. Mais comme il a répété l’idée plusieurs fois, qu’il a fustigé «les fainéants» qui ne faisaient pas de réformes, qu’il a déjà taxé les Français d’immobilisme, toujours à l’étranger, cette boutade, de toute évidence, traduit sa pensée profonde, comme souvent les plaisanteries. Au pied de la lettre, la phrase est absurde. Les Gaulois, les vrais, furent effectivement «réfractaires» à l’invasion commandée par César. Est-ce cela qu’on appelle le conservatisme? Etrange… Et une fois la conquête établie, ces Gaulois «réfractaires au changement» devinrent Gallo-Romains, c’est-à-dire qu’ils changèrent de dirigeants, de culture, de religion, de coutumes, et d’institutions. Drôle de conservatisme…

Quant aux Français, leur itinéraire est curieux pour un peuple immobiliste. Une monarchie, deux Empires, cinq Républiques, une révolution en 1789, une autre en 1830, une autre en 1848, et encore une en 1870. Il y a plus stable… Des révolutions pour ne pas faire de réformes? Autre absurdité: entre les réformes du Consulat, celles de la IIRépublique, celles de Louis-Napoléon, et celles des barbus républicains de la fin XIXe, celles du Front populaire, de la Libération, du général de Gaulle, la France, pour évoluer, a procédé par grandes sessions de réformes. Il y a des fainéants plus lymphatiques…

Mais non, dira-t-on, le Président parlait de l’époque récente! Encore raté. Depuis trente ans, en bien ou en mal, souvent par touches successives, la France a réformé son armée, ses retraites, son code du travail, son système audiovisuel, son école, sa poste, ses télécoms, son agriculture, son rapport à l’Europe, sa monnaie, sa Banque centrale, ses régions, ses assurances, sa cuisine, ses villes et bien d’autres choses. Ce qui est rare en France, c’est ce qui n’a pas changé.

En fait, quand on soupire après le conservatisme supposé des Français, c’est dans un sens très particulier: on attaque leur réticence devant les réformes libérales que la classe dirigeante veut leur imposer, en général pour son plus grand profit. Or ces réformes sont en réalité des sacrifices: moins de protections, moins d’acquis sociaux, moins de salaire, moins de retraite, moins d’indemnités chômage. Ce sont ces réformes-là – ces reculs – que les «Gaulois» d’aujourd’hui n’aiment pas. Incroyable découverte: les Français veulent bien changer, mais pour le mieux. Autrement dit, ils ne sont pas masochistes. Pas besoin d’aller au Danemark pour s’en apercevoir.

Laurent Joffrin
desirdavenir77500
Publié dans:Politique |on 30 août, 2018 |Pas de commentaires »

Un pote à Jonas…………………(30/08/2018)

La nomination du romancier, auteur d’un récit louangeur sur la campagne d’Emmanuel Macron et ami du couple présidentiel, pose plusieurs questions.

Emmanuel Macron a donc décidé de récompenser très généreusement son principal hagiographe, Philippe Besson, ami du couple présidentiel et auteur d’un récit enamouré de la campagne victorieuse menée par le jeune et « fascinant » inspecteur des Finances (« Un personnage de roman », Julliard, 2017).

Selon « le Monde », le chef de l’Etat s’apprête à le bombarder consul général de France à Los Angeles. Une place très convoitée parce que prestigieuse (Hollywood), pas éreintante (quelques passeports à renouveler) et particulièrement bien payée – grâce à l’indemnité de résidence (dont le montant exact est… secret), plus de 12.000 euros, voire 15.000 à 18.000 euros par mois, et cela, net d’impôt dans la poche du récipiendaire, qui, pendant son séjour sur la côte ouest des Etats-Unis, sera très confortablement logé, nourri et blanchi aux frais de la princesse.

 

 

Le fait du prince

De prime abord, cette péripétie prête à sourire dans cette macronie qui adopte les pires travers du vieux monde. Surtout lorsque le zélé porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, lance, pour justifier la chose :

« Je me réjouis qu’on sorte un peu uniquement des profils qui ont fait le Quai d’Orsay et l’ENA. »Evidemment, il oublie de mentionner que les quatre principaux responsables de l’exécutif – le président, le secrétaire général de l’Elysée, le Premier ministre et le directeur de cabinet de celui-ci – sont eux-mêmes issus de l’Ecole nationale d’administration. Et que nombre de postes pourvus par ce nouveau pouvoir ont été confiés à des énarques, à commencer par la présidence de Radio-France et celle de l’AFP. Amusant, donc. Mais, à y regarder de près, cette nomination-récompense est moins risible et plus inquiétante qu’elle n’y paraît.

 

 

Il y a d’abord le message adressé aux diplomates de carrière. La nomination de Philippe Besson a été connue le lendemain du discours d’Edouard Philippe aux ambassadeurs français, réunis à Paris pour leur conférence annuelle. Or, ce jour-là, le Premier ministre a annoncé une baisse de 10% des effectifs du Quai d’Orsay à l’étranger d’ici à la fin du quinquennat en 2022, soit une suppression de 2.000 postes. Le but : faire baisser la masse salariale du ministère de 110 millions d’euros. Et voilà que le chef de l’Etat décide, fait du prince, de l’augmenter de plusieurs centaines de milliers d’euros avec la nomination de Besson. Et de priver des jeunes diplomates méritants, dont beaucoup rongent leur frein à Paris, d’un poste à l’étranger.

La tradition des ambassadeurs-écrivains

La belle affaire, direz-vous ! Les ambassadeurs-écrivains, voilà une tradition française bien établie. Certes. Mais regardons qui sont ces fameux écrivains. Saint-John Perse ? Claudel ? Giraudoux ? Gary ? Tous étaient diplomates… avant d’être des romanciers ou des poètes célébrés. Gary ? Romain Gary est entré dans la carrière « en considération des services rendus pour la patrie pendant la guerre », ce qui, à plus ample informé, n’est pas le cas de Philippe Besson.

Et Rufin ? Même Jean-Christophe Rufin, nommé ambassadeur au Sénégal par son ami Kouchner, a été attaché d’ambassade dans sa jeunesse et même membre du cabinet d’un ministre de la Défense, sans parler de ses postes à grande responsabilité à Médecins sans frontières (MSF) et à la Croix-Rouge.

Reste, c’est vrai, Daniel Rondeau, nommé ambassadeur par son ami Nicolas Sarkozy. L’écrivain-voyageur n’était pas diplomate. Mais il a été nommé dans une capitale à l’enjeu diplomatique quasi-nul – où, aux dires des hommes de l’art, il a d’ailleurs bien servi la France. Et puis c’était la sarkozie, le vieux monde, non ?

Règles de nomination modifiées

Las ! Afin de rendre possible cette promotion-éclair, le chef de l’Etat n’a pas hésité à changer les règles de nomination dans la République. Jusqu’à présent, seuls les ambassadeurs faisaient partie des postes diplomatiques à disposition du gouvernement, c’est-à-dire qu’eux seuls étaient nommés, en conseil des ministres, par le président de la République qui pouvait choisir qui bon lui semble. En revanche, tous les autres postes du Quai d’Orsay devaient, de par la loi, être confiés à des diplomates de carrière. Mais un décret pris au cœur de l’été, le 3 août, a changé cette règle ancienne.

Il étend la liste « des emplois supérieurs laissés à la décision du gouvernement » à « vingt-deux postes de consuls généraux particulièrement importants ». Sur le principe, cette « ouverture » n’est pas scandaleuse. La haute fonction publique souffre à l’évidence de son entre-soi. Mais, à l’évidence, cette décision a été prise non pour faire entrer de l’air frais sous les lambris du Quai d’Orsay (qui en aurait sans doute besoin), mais pour pouvoir récompenser un ami. Signal désastreux !

Désastreux à l’endroit des hauts fonctionnaires qui vont se dire que, plus que jamais, pour faire carrière, il faut être un courtisan. A l’endroit des citoyens aussi qui vont se demander si finalement la macronie n’est pas qu’une « République des copains » new-look.

Bref, si le chef de l’Etat, qui se dit si opposé aux populistes, voulait les booster, il ne s’y prendrait pas autrement.

Vincent Jauvert

Un pote à Jonas.....................(30/08/2018) dans Politique oba-icon
Publié dans:Politique |on 30 août, 2018 |Pas de commentaires »

Jonas ferait-il dans l’ironie ? (30/08/2018)

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« Ce n’est pas du mépris que de dire la vérité » : Emmanuel Macron se défend après ses propos sur les « Gaulois réfractaires au changement »
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La lettre de Laurent Joffrin…………(29/08/2018)

Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Nouveau monde ou ancien centre ?

C’est peut-être la fin d’un épisode : celui de l’illusion centriste. Tel était le présupposé de l’entreprise macronienne. Sous l’étiquette «nouveau monde», on désignait une politique intermédiaire de modernisation à la fois économique et sociale, qui emprunte ses valeurs à la droite et à la gauche et choisit pour incarner synthèse les outils les mieux adaptés. Sur le papier, la chose est logique. Dans la réalité, c’est une autre affaire. Pour mener la politique souhaitée par Nicolas Hulot, il fallait adopter un modèle de croissance et de développement, une stratégie, qui appartienne par nature au patrimoine idéologique de la gauche. Dès lors que le gouvernement ne s’y réfère pas, qu’il veut séduire un électorat composite, qu’il comprend nombre de ministres venus de la droite, il ne pouvait éviter de frustrer le ministre de la Transition écologique, ce qui débouche sur sa défection.

Cette réflexion s’étend au-delà des questions écologiques. Dans la plupart des domaines, on ne peut pas contenter tout le monde et son Jupiter. On risque même de mécontenter tout le monde. On baisse les impôts des classes favorisées et on aide en priorité l’entreprise : on perd le soutien de l’opinion de gauche. On corrige le tir en repoussant certaines réformes pro-business ou en accroissant certaines contraintes sur l’industrie : on heurte la droite, comme en témoignent les éditoriaux désenchantés du Figaro et le début de renouveau que connaît la droite classique. On rabote les retraites par des moyens plus ou moins subreptices, tout en soulignant que tout cela sera compensé : on commence par se mettre à dos les retraités et on s’attire l’ire de la droite, qui défend son électorat, et de la gauche, qui dénonce une mesure «anti-sociale». Quand les compensations viennent, le mal est fait. On réduit les effectifs de la fonction publique, ce qui alerte la gauche, mais dans des proportions limitées, ce qui agace la droite. En un mot, on en fait trop pour les uns, trop peu pour les autres, ce qui irrite tout le monde ; on reste ambigu, ce qui fait illusion. Mais quand on sort de cette ambiguïté, on le sait bien, c’est à son détriment. Dans la vie comme au théâtre, il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée.

La France a inventé la distinction droite-gauche en 1789. Il est clair qu’elle ne l’a pas abandonnée. C’est même à cette aune que sont jugées la plupart des mesures gouvernementales. Il y a un an, le vote Macron s’est gonflé des électeurs de droite qui ne voulaient pas de Marine Le Pen et des électeurs de gauche qui ne croyaient ni à Mélenchon ni à Hamon. Hypothèse angoissante pour le gouvernement : et si c’était le fait d’une conjonction éphémère ? Et si tout ce petit monde, qui finit par faire masse, rentrait au bercail ? Ce qui signifie que le macronisme risque de se réduire peu à peu à l’ancien étiage du centrisme traditionnel, autour de 10% des voix. Nous n’y sommes pas. Mais les sondages, en tout cas, vont dans ce sens…

Laurent Joffrin
desirdavenir77500
Publié dans:Politique |on 29 août, 2018 |Pas de commentaires »

Un de moins…………………….(28/08/2018)

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Le Premier ministre Edouard Philippe s’exprime après la démission de Nicolas Hulot. Regardez notre édition spéciale
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Monsieur HULOT en vacances…………(28/08/2018)

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Démission de Nicolas Hulot : trois questions pour comprendre la réforme de la chasse qui a précipité le départ du ministre
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L’écologie mise à mal…………………(28/08/2018)

Libération 28 août 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Le Hamlet de l’écologie

Voilà des chasseurs sachant chasser! Quelques dévots de Saint-Hubert viennent lundi à l’Elysée recueillir les bienfaits macroniens, accompagnés de Thierry Coste, leur lobbyiste en chef. Au passage, ils abattent en vol l’un des principaux ministres du gouvernement, volatile sympathique et sincère: de quoi rehausser leur tableau de chasse… C’est en tout cas, aux dires mêmes de l’intéressé, l’incident d’apparence mineure qui a déclenché la démission du ministre de la Transition écologique, le plus populaire, caution verte d’un gouvernement aux tropismes libéraux très affirmés.

A vrai dire, cette affaire de chasse dépasse l’anecdote. Thierry Coste lui-même le dit: il n’a jamais bénéficié d’une écoute gouvernementale aussi attentive dans sa longue carrière d’avocat des chasseurs. Apparemment par goût, peut-être par atavisme provincial et rural, Emmanuel Macron a fait de la chasse une des priorités de son quinquennat. Par calcul aussi, on peut le deviner. Les chasseurs pèsent d’un poids politique conséquent. En les dorlotant, le Président préserve son capital électoral et tend à corriger son image d’urbain cosmopolite, de financier hors-sol né de sa carrière dans la banque. Lui aussi, proclame-t-il, est enraciné dans les réalités terriennes. Seulement voilà, les intérêts de la terre ne sont pas toujours ceux de la planète. Les concessions faites aux chasseurs scandalisent à juste tire les écologistes, qui craignent pour la diversité animale, mise à mal depuis des décennies.

Bien sûr, ce conflit renvoie à une césure bien plus large, explicitée par Hulot lui-même. Le poids des lobbys économiques dans l’action gouvernementale, qu’il dénonce hautement, illustre cette question cruciale: peut-on être à la fois probusiness et proplanète? Sur ce point, le grand écart du «en même temps» a conduit à la déchirure. Pratiquement seul de son avis dans le gouvernement, Nicolas Hulot avait manifestement le sentiment de prêcher dans le désert, en dépit des concessions réelles qu’il a parfois obtenues. Etre ou ne pas être ministre? Tel un Hamlet de la politique, Hulot se posait la question tous les matins. Il a tranché, incarnant une dissidence qui n’est pas seulement tactique, mais philosophique.

C’est la limite d’un gouvernement issu de la «société civile». A la différence des hommes politiques – quand ils font bien leur travail – chaque ministre «technicien», imbu de sa compétence, voit midi à sa porte. Hulot, militant écologiste, défend l’écologie. Mais ses collègues venus du privé, nettement plus nombreux, sont sensibles aux intérêts privés. Premiers de cordée dans leur domaine, ils défendent les premiers de cordée. La politique, faut-il le répéter, est un métier en soi. Quand ce métier est bien fait, il dépasse les corporations, il s’émancipe des lobbys.

C’est d’autant plus vrai en matière écologique. Les enjeux environnementaux sont désormais si pressants, si divers, si «totalisants», impliquant l’industrie, la ville, l’alimentation, l’énergie, les transports et, au bout du compte, l’avenir de l’humanité, qu’ils ne peuvent être pris en charge par un seul ministre, aussi talentueux soit-il. Un ministère vert ne suffit pas : c’est tout le gouvernement qui doit verdir. Or il ne saurait le faire en se réclamant du libéralisme. Pour limiter le changement climatique, pour assainir les aliments, pour réguler les transports, pousser la révolution énergétique, ménager la planète, il faut reprendre la maîtrise de l’économie et de la finance. Le macronisme cherche à concilier laisser-faire et écologie. C’est un oxymore politique, une faille philosophique. Hulot est tombé dedans.

Laurent Joffrin
desirdavenir77500
Publié dans:Politique |on 28 août, 2018 |Pas de commentaires »

Des nouvelles du PS………….(27/08/2018)

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Des nouvelles du PS.............(27/08/2018) dans Politique upload-file-947102962017

Le Parti socialiste offensif et déterminé !

Bonjour à toutes et à tous,

 

 

Les élus socialistes et républicains étaient réunis en séminaire les 23, 24 et 25 août à La Rochelle à l’invitation de la FNESR et de son Président, François Rebsamen.

 

Olivier Faure, a prononcé samedi, en clôture de leurs travaux, son discours de rentrée.

 

Un discours offensif dans lequel le 1er secrétaire a rappelé que le Parti socialiste était « dans une opposition résolue et déterminée », parce que la politique du président de la République « n’a rien de commun avec nos valeurs, nos idées, nos combats. »

 

Rappelant que les Français ont besoin d’une gauche qui agit, Olivier Faure, a annoncé le calendrier de travail et de mobilisation du Parti socialiste ainsi que les combats prioritaires des prochains mois : contre-budget, retraites, réforme institutionnelle, environnement…

 

A l’approche des élections européennes le 1er secrétaire a rappelé l’ouverture d’un débat à la mi-septembre, avec les militants et les sympathisants, sur le contenu du projet que porteront les socialistes dans le cadre du scrutin. Il a également lancé un appel aux forces politiques et syndicales progressistes pour engager et porter des combats communs pour que se lève une «espérance de changement» en Europe.

 

 

Il a conclu son discours en invitant l’ensemble des militant.e.s socialistes à participer aux universités d’été d’août 2019 qui feront leur retour à La Rochelle après 3 années d’absence. Ce rendez-vous sera notamment l’occasion de lancer la campagne des élections municipales.

desirdavenir77500

Publié dans:Politique |on 27 août, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin…………..(27/08/2018)

Libération 27 août 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Rentrée trompeuse

La rentrée politique ? Un vaste trompe-l’œil. Dans tous les partis ces derniers jours, mâles déclarations, philippiques tonitruantes, plans stratégiques annoncés à son de trompe… Mais à y regarder de plus près, c’est plutôt le bal des déconfits, le chœur des penauds, la légion des contrits. Au terme d’un an de macronie, la plupart des acteurs politiques ont vu leurs savantes stratégies désavouées par l’opinion. A gauche et à droite, on proclame l’offensive politique, C’est une discrète apostasie qui se dessine. On change son fusil d’épaule ni vu ni connu, on bifurque en exaltant la ligne droite, on se dédit en plaidant la cohérence, on va droit au but par des chemins de traverse.

Côté pouvoir, l’élection présidentielle avait consacré le redoutable mantra du «en même temps», du «et de droite et de gauche», destiné à «couper l’omelette aux deux bouts» en installant au centre une force dominante. En trois mois, à cause de sa politique fiscale, Emmanuel Macron se voit affublé de l’étiquette de «président des riches», qui lui colle aux doigts comme le sparadrap du capitaine Haddock et rebute ses électeurs venus de la gauche. Du coup, le premier des premiers de cordée s’avise que les pauvres sont tout de même plus nombreux que les riches et que leur défection le ramène à la banalité sondagière de ses prédécesseurs, avec une popularité qui le place quelque part entre Hollande et Sarkozy au même stade du mandat. Drôle de nouveau monde… Avec ce problème angoissant : sans crier gare, la croissance se dérobe. On songe à distribuer quelques douceurs, mais la manne des recettes fiscales se tarit. Il faut raboter, couper, pinailler. Plusieurs réformes sont jivarisées, d’autres sont reportées, les retraités déjà mordus par la hausse de la CSG sont promis au gel des prestations, ce qui ne va pas les rassurer, l’objectif de déficit ne sera pas tenu et il faut mégoter sur chaque crédit.

Pire : en 2017, la croissance héritée du mandat précédent se montait à 2,2%. En 2018, alors que les réformes entrent en application, que le «choc de confiance» a eu lieu, elle tombe à moins de 1,8%. On accuse la hausse du pétrole, le ralentissement chinois, le protectionnisme de Trump, etc. Mais l’opinion risque d’en déduire que la noria de réformes annoncées n’a pas grand effet. Encore quelques mois de résultats décevants et les Français, séduits au départ par l’activisme macronien, pourraient bien en tirer l’idée que cette politique nouvelle nous ramène finalement à l’inefficacité ancienne, celle dont on chargeait les prédécesseurs, cette bande de «fainéants». Marche ou piétinement ?

Côté opposition, mêmes déconvenues. Mélenchon en appelait à la rue, au tsunami populaire, à la sainte indignation du peuple devant les méfaits de l’oligarchie qui allait balayer les projets scélérats du pouvoir. Après cinq ou six manifs ratées, il doit mettre de l’eau réformiste dans son vin dégagiste. Il déroule samedi un programme argumenté digne d’un candidat à l’ancienne, il récuse la sortie de l’euro et promet de rester dans l’union en la changeant de l’intérieur, ce que la plupart des responsables avaient déjà proclamé. Un bon point pour lui, au total, puisqu’il revient vers un certain réalisme. Mais un net changement de cap.

Vis-à-vis de ses concurrents, écolos, communistes ou socialistes, il passe du vinaigre au miel. Il était Némésis animé de colère contre les mous et les traîtres de la fausse gauche. Le voici Raminagrobis le bon apôtre, appelant au débat loyal, à la convergence, au respect mutuel. Il voulait pulvériser ses concurrents. Il veut désormais les amadouer. Pour mieux les croquer ? Il ressemble au fermier qui entre dans le poulailler en susurrant «petits, petits… » pour attirer les poules qu’il veut mettre à la broche.

Wauquiez avait fait fond sur un salvinisme avant la lettre, identitaire et provocant à souhait. Pour le coup, il persiste. Mais la résilience de la droite molle – ou chiraquienne – incarnée par Valérie Pécresse, lui pose problème. Il lui faudra composer, sauf à décomposer son parti. Il paraît qu’il songe à mettre Michel Barnier à la tête de la liste de droite aux élections européennes. Si tel est le cas, c’est enrober son acide populiste de guimauve europhile. Curieux mélange…

Jadot était monté dans la barque Hamon jusqu’au naufrage final. Il navigue désormais en solitaire en hissant le drapeau vert sur son frêle esquif, pensant se refaire la cerise aux européennes sans le secours de la petite phalange de Génération.s. Laquelle se retrouve fort dépourvue, confrontée au risque de la marginalisation après avoir annoncé la régénération.

Faure, enfin, qui sort difficilement de sa faiblesse, voulait tourner avec fracas la page du hollandisme. La page en question se change en livre à succès et le chef du PS doit cesser de tancer l’ancien président, prenant acte de son début de réhabilitation, appelant au travail commun, tandis que son aile gauche, astre de peu d’éclat, est entraînée dans l’orbite de La France insoumise, tout comme le PCF. Pour sauver le PS, Faure doit se tourner vers l’avenir au lieu de ressasser le passé, ce qui n’est pas une mauvaise idée…

La vérité, c’est qu’Emmanuel Macron a mangé son pain blanc. Il ne lui reste que des miches noires et amères qu’il doit avaler l’une après l’autre en risquant l’indigestion. Voilà qui implique pour tous les autres une grande révision stratégique.

desirdavenir77500

Publié dans:Politique |on 27 août, 2018 |Pas de commentaires »
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