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Et les autres ?? (22/06/2017)

Publié dans:Politique |on 22 juin, 2017 |Pas de commentaires »

L’édito de Laurent Joffrin………………(22/06/2017)

EDITORIAL

Pastel

Par Laurent Joffrin — 21 juin 2017 à 20:56
Après avoir annoncé qu'il quittait le gouvernement, François Bayrou s'est exprimé lors d'une conférence de presse, le 21 juin.Zoom
Après avoir annoncé qu’il quittait le gouvernement, François Bayrou s’est exprimé lors d’une conférence de presse, le 21 juin. Photo Thomas Samson. AFP

ÉditoLa compétence est-elle gage de réussite en politique ? On dira qu’elle vaut mieux que l’incompétence. C’est en tout cas le choix du président de la République pour ce deuxième gouvernement du quinquennat, encore plus macronisé que l’équipe précédente, déjà furieusement macronisante. Bien sûr, l’exécutif vient de faire la cuisante expérience de la rémanence de la vieille politique dans la nouvelle. Les trois ministres Modem, produits d’une alliance des plus traditonnelles, ont buté sur une affaire politico-financière très vintage. La digne sortie de François Bayrou, qui se plaint classiquement d’une cabale médiatico-politicienne pour expliquer son infortune, ne peut cacher le désordre causé par l’irruption du soupçon d’arrangement douteux qui entoure sa petite formation. Exit donc trois ministres politiques, remplacés par des techniciens dont on espère qu’ils ne traînent à leurs basques une quelconque casserole ignorée.

La politique n’est pas tout à fait oubliée : dans ce gouvernement pastel sinon grisâtre, on ajoute une touche rose pâle avec deux femmes au passé socialiste, deux Modem de moindre calibre pour symboliser la fidélité à l’ancienne alliance et, surtout, quelques rejetons de la campagne puisés dans la garde rapprochée du candidat Macron. Est-ce vraiment le nouveau monde ? Cette allergie aux élus trop visibles, ce rejet discret de la légitimité électorale a déjà été essayée, sous de Gaulle, ou bien en Italie, sous Mario Monti, avec des résultats inégaux. Gouvernement des sachants, gouvernement des managers, gouvernement des forts en thème. Une garantie ? Pas sûr. A la première tempête, les conflits de la démocratie renaîtront inévitablement. Alors la compétence ne suffira pas : il faudra bien faire aussi de la politique. Il est vrai que la politique, dans cet attelage surdiplômé, c’est Macron.

Laurent Joffrin

Publié dans:Politique |on 22 juin, 2017 |Pas de commentaires »

Ils sont tous là…………………………..(22/06/2017)

Liste

Qui compose le gouvernement Philippe II ?

Par LIBERATION — 21 juin 2017 à 20:53
Le Premier ministre Edouard Philippe à l'Hôtel Matigon à Paris, le 6 juin.Zoom
Le Premier ministre Edouard Philippe à l’Hôtel Matigon à Paris, le 6 juin. Photo Alain Jocard. AFP

Plusieurs nouveaux visages, un peu de mouvement interne, et la sortie des poids lourds Modem (Bayrou, De Sarnez, Goulard…) : voici la composition du nouveau gouvernement du Premier ministre, Edouard Philippe, annoncé ce mercredi soir.

Gérard Collomb, 69 ans, ministre de l’Intérieur, est sénateur et maire (PS) de Lyon. Représentant de l’aile droite du PS et leader du Pôle des réformateurs, il s’était engagé très tôt au côté d’Emmanuel Macron. Son portrait.

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Nicolas Hulot, 62 ans, ministre de la Transition écologique et solidaire, avait jusqu’ici toujours refusé les ministères. L’ex-présentateur de TF1 et actuel président de la fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme s’était fait devancer par Eva Joly lors de la primaire d’Europe Ecologie-Les Verts en vue de la présidentielle de 2012. Il a chroniqué la campagne présidentielle dans Libération.

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Hulot ou l’irrésistible tentation d’un nouveau monde

Nicole Belloubet, 62 ans, ministre de la Justice. Juriste de formation, agrégée de droit public passée par la politique côté PS, cette Toulousaine d’adoption était l’une des neuf «sages» du Conseil constitutionnel depuis 2013. Adjointe à la mairie de Toulouse, elle a aussi été ­vice-présidente du conseil régional de Midi-Pyrénées, où elle s’occupait d’éducation. Pour un socialiste qui la connaît de longue date, c’est «une magistrate passionnée et intègre». De quoi sauver la grande entreprise de moralisation publique laissée en chantier par François Bayrou.

Jean-Yves Le Drian, 69 ans, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, était le ministre de la Défense tout au long du quinquennat Hollande. Il est également président du conseil régional de Bretagne (en dépit des règles de non-cumul qui devaient s’appliquer aux ministres). Il est le seul ténor du précédent gouvernement à avoir été ouvertement dragué et attendu par le candidat d’En marche. Son portrait, paru dans Libération en 2015.

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Florence Parly, 54 ans, ministre des Armées. Les «armées» resteront dirigées par une femme. L’ancienne socialiste Florence Parly remplace la centriste l’ex-Modem Sylvie Goulard à l’hôtel de Brienne, partie sur fond d’affaires au Modem. Cette énarque de 54 ans fait ainsi un retour en politique, quinze ans après avoir quitté Bercy. Ancienne secrétaire d’Etat au Budget sous Jospin de 2000 à 2002 après des passages dans des cabinets de gauche (Durafour à la fonction publique, Quilès à l’équipement puis conseillère à Matignon) Parly avait pris depuis dix ans le chemin du «monde de l’entreprise» en allant chez Air France puis la SNCF où elle a été directrice générale chargée de «la stratégie et des finances» avant de prendre l’entité «voyageurs». Macron choisit avec elle un double profil  : politique et société civile.

Jacques Mézard, 69 ans, ministre de la Cohésion des territoires en remplacement de Richard Ferrand, était celui de l’Agriculture dans le gouvernement Philippe I. Sénateur PRG du Cantal, il est avocat de profession.

Agnès Buzyn, 54 ans, ministre des Solidarités et de la Santé, est la présidente de la Haute Autorité de santé depuis mars 2016. L’ancienne présidente de l’Institut national du cancer y avait été nommée par François Hollande. Son portrait paru dans Libération en 2011.

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Bruno Le Maire, 48 ans, ministre de l’Economie, s’est présenté sans succès à la primaire de la droite et du centre en 2016. Ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin à Matignon, il a été ministre de l’Agriculture sous Sarkozy.

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Françoise Nyssen, 65 ans, ministre de la Culture, est la directrice de la maison d’édition Actes Sud. Son portrait, paru dans Libération en février 2016.

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Muriel Pénicaud, 62 ans, ministre du Travail, était la directrice générale de Business France. Membre des conseils d’administration de plusieurs multinationales, elle a été entre autres directrice générale des ressources humaines du groupe Danone et directrice générale adjointe de Dassault Systèmes.

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Jean-Michel Blanquer, 52 ans, ministre de l’Education nationale, est le directeur général de l’Essec, une des plus grandes écoles de commerce du monde. En 2006, il a été directeur adjoint du cabinet de Gilles de Robien, lorsque ce dernier était à la tête du ministère de l’Education nationale.

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Stéphane Travert, 47 ans, récupère le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. Le député de la Manche est un proche du chef de l’Etat, il a été son porte-parole lors de la campagne présidentielle. Les deux hommes se sont rapprochés lors de la loi ­Macron. Stéphane Travert, le frondeur socialiste, rapporteur du texte, est tombé sous le charme du ministre de l’Economie.

Gérald Darmanin, 35 ans, ministre de l’Action et des Comptes publics, fait partie des élus Les Républicains du nouveau gouvernement. Maire de Tourcoing depuis les dernières municipales, le député du Nord est un proche de Nicolas Sarkozy. En 2012, il a signé une tribune d’élus de droite contre l’ouverture du mariage aux couples de même sexeSon portrait, paru dans Libération en 2014.

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Frédérique Vidal, 52 ans, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’innovation, est professeure des universités en sciences de la vie.

Annick Girardin, 52 ans, ministre des Outre-mer, était ministre de la Fonction publique jusqu’à la semaine dernière. Elle est membre du Parti radical de gauche et a été réélue députée de Saint-Pierre-et-Miquelon, de justesse.

Annick Girardin, à son ministère, en mars 2016.Photo AFP

Laura Flessel, 45 ans, nommée ministre des Sports, est une ancienne championne olympique d’escrime. Lire le portrait par Libération de la sportive à la retraite depuis 2012.

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Jacqueline Gourault, 66 ans, nommée ministre auprès du ministre de l’Intérieur, permet au Modem de rester dans le cercle des ministères régaliens. La sénatrice du Loir-et-Cher, élue depuis 2001 et déjà engagée en politique lors de la campagne de Giscard en 1974, est une très fidèle de Bayrou.

Elisabeth Borne, 53 ans, ministre chargée des Transports, a été conseillère au ministère de l’Education nationale sous Jack Lang. Ancienne membre du cabinet de Lionel Jospin, elle est aussi passée par le ministère de l’Ecologie auprès de Ségolène Royal. Elle a également travaillé à la SNCF, à Eiffage et plus récemment, en mai 2015, elle a pris la tête la RATP. Son portrait, paru dans Libération à cette occasion.

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Nathalie Loiseau, 53 ans, ministre des Affaires européennes, ancienne diplomate âgée de 53 ans est la directrice de l’ENA d’administration depuis 2012. Lire son portrait publié au moment de sa prise de fonction à l’ENA.

Christophe Castaner, 51 ans, secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, est député socialiste des Alpes-de-Haute-Provence depuis 2012. Il a été candidat aux élections régionales en PACA en 2015, avant de se retirer au second tour pour faire barrage au FN. Pendant la campagne, il a été porte-parole d’Emmanuel Macron.

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Mounir Mahjoubi, 33 ans, secrétaire d’Etat chargé du Numérique, est un des plus jeunes ministres du gouvernement Philippe. Directeur de la campagne numérique d’Emmanuel Macron, il vient d’être élu député de Paris. Diplômé de Sciences Po, il a présidé le Conseil national du numérique de février 2016 à janvier 2017. Libération l’a suivi le soir du second tour de l’élection présidentielle.

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Mounir Mahjoubi, en mars.Photo AFP

Marlène Schiappa, 34 ans, secrétaire d’Etat à l’Egalité des femmes et des hommes, est adjointe au maire socialiste du Mans, sans avoir elle-même une étiquette politique. Elle a travaillé dans l’agence de pub Euro RSCG et raconté son expérience dans un blog, «Maman travaille». Elle était responsable du pôle «égalité femmes-hommes» de Macron pendant la campagne.

Sophie Cluzel, 56 ans, secrétaire d’Etat chargée des Personnes handicapées, a particulièrement œuvré pour la scolarisation des enfants en situation de handicap, notamment en présidant plusieurs associations dont la Fédération nationale des associations au service des élèves présentant une situation de handicap (FNASEPH).

Sébastien Lecornu, 31 ans, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique. Ce proche de Bruno Le Maire collectionne les records de précocité. Excellent connaisseur des rouages partisans, rapide, parfois brutal, il a été l’éphémère directeur adjoint de la campagne de Fillon, avant de claquer la porte quand ce dernier a annoncé sa mise en examen. Il rejointau gouvernement son mentor Le Maire et son meilleur ami Gérald Darmanin, autre jeune loup de LR.

Brune Poirson, 34 ans, qui a été élue dimanche députée LREM dans l’ex-circonscription de Marion Maréchal-Le Pen, obtient elle aussi un secrétariat d’Etat auprès du ministre de la Transition énergétique.

Jean-Baptiste Lemoyne, 39 ans, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe. Le sénateur LR de l’Yonne aura été le premier de son parti à rejoindre Macron en mars. Il affirmait alors avoir reçu «des centaines» de messages d’élus LR confiant leur intérêt pour sa démarche. Fin connaisseur des rouages parlementaires, il a été l’un des principaux collaborateurs de Jean-François Copé quand ce dernier présidait le groupe UMP à l’Assemblée. Lors de la primaire de la droite, il avait fait campagne pour Alain Juppé dont il était devenu, au côté d’Edouard Philippe, l’un des porte-parole nationaux.

Geneviève Darrieussecq, 61 ans, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Armées est maire de Mont-de-Marsan et l’autre Modem du gouvernement.

Julien Denormandie, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Cohésion des Territoires, est un fidèle de Macron.

Benjamin Griveaux, 39ans, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie. Ce très proche du Président, tout juste élu député de Paris, rejoint Bruno Le Maire à Bercy, avec des attributions encore à préciser. Ancien strauss-kahnien, membre du cabinet de Marisol Touraine au début du quinquennat Hollande, il fut porte-parole de Macron durant la campagne lors de la campagne présidentielle.

LIBERATION Législatives 2017 : retrouvez tous les résultats dans votre circonscription.

Publié dans:Politique |on 22 juin, 2017 |Pas de commentaires »

Remaniement, déjà………………………(21/06/2017)

Coup de semonce pour Emmanuel Macron

Sa décision d’accepter ou de provoquer le départ de l’équipe gouvernementale de Ferrand, Goulard, de Sarnez et Bayrou est logique et méritoire. Le « recyclage » éventuel de deux d’entre eux en présidents de groupe parlementaire est en revanche choquant.

LE MONDE | 21.06.2017 à 12h13 • Mis à jour le 21.06.2017 à 14h12

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François Bayrou, Jean-Yves Le Drian et Marielle de Sarnez participent au Conseil des ministres au Palais de l'Elysée à Paris, jeudi 18 mai.

François Bayrou, Jean-Yves Le Drian et Marielle de Sarnez participent au Conseil des ministres au Palais de l’Elysée à Paris, jeudi 18 mai. JEAN-CLAUDE COUTAUSSE/FRENCH-POLITICS POUR « LE MONDE »

Editorial du « Monde ». A peine rangés les lampions de la fête électorale, à peine distribuées les écharpes tricolores aux quelque 440 députés novices qui font leur entrée à l’Assemblée nationale, à peine célébré ce renouvellement sans précédent de la représentation nationale, voilà le président de la République et le premier ministre méchamment rattrapés par la « vieille politique » et ses petits arrangements.

En l’espace de deux jours, ce sont quatre ministres nommés il y a à peine plus d’un mois qui sont contraints de rendre leur tablier pour ne pas entacher l’exemplarité dont Emmanuel Macron a fait l’une des vertus cardinales de son action.

Quatre ministres et non des moindres. Richard Ferrand, pilier du mouvement présidentiel La République en marche, qui était à la tête d’un vaste ministère de la cohésion des territoires. Sylvie Goulard, ex-députée européenne très active et ministre des armées. Et, depuis mercredi 21 juin, les deux principaux responsables du MoDem qui avaient passé une alliance décisive avec le candidat Macron en février : François Bayrou, président du parti centriste et ministre de la justice, et son bras droit, Marielle de Sarnez, ministre des affaires européennes.

Enquêtes préliminaires embarrassantes

Aucun d’entre eux n’est, à ce jour, mis en examen par la justice. Mais tous sont visés par des enquêtes préliminaires embarrassantes. Richard Ferrand pour une affaire immobilière très avantageuse réalisée en 2011 au bénéfice de sa compagne. François Bayrou, Marielle de Sarnez et Sylvie Goulard pour une utilisation supposée abusive d’assistants parlementaires européens au profit du MoDem.

Au-delà du parti centriste, ce dernier dossier concerne également le Front national, dont les députés européens, au premier rang desquels Marine Le Pen, ont fait de l’emploi de leurs assistants un système généralisé de financement des collaborateurs du FN.

Le chef de l’Etat a donc décidé de trancher dans le vif. Sans attendre d’éventuelles mises en examen, il a accepté, ou provoqué, le départ des intéressés de l’équipe gouvernementale. En dépit de son coût politique – l’allié MoDem est écarté du gouvernement –, cette décision est logique et méritoire.

Premier texte emblématique du quinquennat

Quel qu’en soit le fondement, le soupçon qui pesait sur les quatre ministres risquait de ruiner l’entreprise de moralisation de la vie politique dans laquelle s’est engagé Emmanuel Macron. C’est particulièrement vrai pour François Bayrou : en tant que garde des sceaux, il était appelé à défendre le premier texte emblématique du quinquennat visant à « restaurer la confiance dans l’action publique » et, notamment, à combattre tout conflit d’intérêts et à clarifier les règles de financement des partis. Sa position aurait rapidement pu devenir plus qu’acrobatique.

Reste une ambiguïté pour le moins gênante. S’il quitte le gouvernement, Richard Ferrand est appelé, avec l’aval du président, à prendre la présidence du groupe La République en marche à l’Assemblée nationale. Fonction politique stratégique s’il en est, puisque ce groupe détient à lui seul la majorité. Quant à Marielle de Sarnez, elle semble également décidée à postuler à la présidence du groupe des députés MoDem.

Ce qui n’est plus tolérable d’un ministre serait-il acceptable d’un président de groupe parlementaire ? Cette manière de faire de l’Assemblée nationale une entreprise de recyclage de ministres en délicatesse avec la vertu publique est tout bonnement choquante. La restauration de la confiance ne saurait se limiter au conseil des ministres.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/06/21/coup-de-semonce-pour-emmanuel-macron_5148710_3232.html#8Os79zvRVEKYeZrR.99

Publié dans:Politique |on 21 juin, 2017 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin…………….(21/06/2017)

Libération 21 juin 2017
Laurent Joffrin
La lettre de campagne
de Laurent Joffrin

Tout voir, tout juger…

Ce n’est plus un vent de moralisation qui souffle sur la vie politique. C’est une tornade de la vertu. Coup sur coup, quatre ministres importants quittent leur fonction et une cinquième, madame Pénicaud, ministre du Travail, ne se sent pas très bien. Ces démissionnaires ne sont pas mis en examen, encore moins condamnés, ils bénéficient de la présomption d’innocence et c’est une simple enquête préliminaire qui a provoqué leur départ. Bayrou peut dire : «Goulard m’a tuer…» En annonçant qu’elle renonçait à son poste, la ministre des Armées a déclenché une réaction en chaîne qui frappe aussitôt Bayrou et Marielle de Sarnez. Le Modem qui voulait éradiquer les pratiques douteuses s’est éradiqué lui-même. Savonarole se met sur le bûcher…

Dès lors qu’En Marche a construit son succès en dénonçant la vieille politique, tout cela était inévitable. On peut difficilement afficher une sainteté ostentatoire et fréquenter les bars montants…

Certains commentateurs s’inquiètent de cet excès de morale. Ils évoquent une dictature de la transparence où la société finirait par ressembler au panoptique de Jeremy Bentham. Ce philosophe utilitariste et anglais avait proposé pour les prisons une architecture circulaire où un seul gardien pouvait surveiller tous les prisonniers de sa tour centrale sans même qu’ils le sachent. Michel Foucault en avait fait le symbole d’une société fondée sur le contrôle social. Dans cette métaphore inquiète, la justice et la presse tiennent le rôle du gardien au regard inquisiteur. Aussi bien, ces réalistes anti-transparence citent volontiers Mazarin, ce ripou munificent qui rendit de grands services à la monarchie ou encore Talleyrand, corrompu jusqu’à l’os, qui fut néanmoins un grand diplomate. On les préfère souvent à Robespierre, dont la vertu intransigeante justifiait la Terreur.

A vrai dire, ces réflexions tiennent largement du sophisme. La classe politique est tombée si bas dans l’estime publique qu’il lui faut bien réformer ses mauvaises habitudes. En Marche a parfois du mal à appliquer ses propres principes. Cela ne signifie pas qu’ils soient mauvais. Au demeurant, en écartant les ministres soupçonnés, Emmanuel Macron fait preuve de cohérence. Au bout du compte, l’opinion le portera sans doute à son actif.

Plaider pour l’indulgence, c’est a contrario demander une sorte de privilège en faveur des responsables politiques, qui échapperaient au sort des Français lambda en raison de leur fonction étatique. Qui peut expliquer cela devant une assemblée quelconque de citoyens qui doivent, eux, répondre du moindre écart fiscal ou de la plus petite infraction au code de la route ? Ce serait théoriser, dans un régime d’égalité juridique, le principe du «deux poids, deux mesures». Bonne chance !

Et aussi

Marine Le Pen reproche à Emmanuel Macron de «jeter Bayrou comme un vieux torchon». Elle vient d’interdire à son vieux père l’accès au siège du FN où se réunissait la direction du parti. Chacun ses torchons…

Les «constructifs», ces députés LR plus ou moins macronisés, formeront un groupe autonome, distinct du reste de la droite. L’UDI volera elle aussi de ses propres ailes, sur une ligne tout aussi «constructive». Il y a décidément du messie dans le nouveau président de la République. Jésus multipliait les pains. Macron multiplie les droites.

Le nouveau gouvernement doit être annoncé cet après-midi, mais en raison de la fête de la musique, la cour de l’Elysée sera occupée par un orchestre. Suggestion : l’énumération des ministres pourrait avoir lieu sur fond musical, cela donnerait à l’exercice un tour original. Hymne à la joie pour les nouveaux entrants, marche funèbre pour le Modem.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 21 juin, 2017 |Pas de commentaires »

La droite divisée………………………(21/06/2017)

Publié dans:Politique |on 21 juin, 2017 |Pas de commentaires »

L’édito de Laurent Joffrin………………….(21/06/2017)

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Morale

ÉditoLe métier de parangon de vertu n’est pas toujours facile. On passe vite du rôle d’Alceste, intransigeant avec les faiblesses humaines, à celui de Tartuffe, qui prêche la morale mais ne l’applique pas. Tel est le dilemme dans lequel se débattent les responsables du Modem. Les éléments que nous publions aujourd’hui tendent à accréditer l’idée que ce petit parti impécunieux a usé des services de ses assistants européens dans des conditions contestables. C’est bien sûr à la justice d’en décider. Mais d’ores et déjà, Sylvie Goulard, ministre des Armées, a préféré quitter le bateau gouvernemental pour mieux assurer sa défense, attestant non de l’inanité des soupçons conçus par les enquêteurs, mais de sa «bonne foi», ce qui laisse à penser que tout n’est pas très clair dans les pratiques du Modem.

Ce renoncement fragilise la position du leader du parti, François Bayrou, ministre de la Justice, qui dément tout avec énergie mais qui doit aussi, dans cette atmosphère un peu trouble, défendre un projet de loi sur la moralisation de la vie publique. Alceste ou Tartuffe ? La vertu macronienne proclamée avec force s’accommode mal du second personnage. Emmanuel Macron se serait à coup sûr passé de cet épisode qui semble faire revenir par la fenêtre les vices de «l’ancienne politique» qu’il avait chassés par la porte. Surtout quand Richard Ferrand, éphémère ministre, s’est déporté au Parlement, comme si l’auguste Assemblée admettait mieux les élus soupçonnés que le gouvernement. Une demi-mesure qui fleure bon sa politique traditionnelle… Au moins le Président pourra-t-il plaider qu’il n’est pas resté inerte et qu’il a sanctionné, même à moitié, les ministres mis en cause. Une réaction qui contraste avec celle du Front national, convaincu de faits similaires, mais qui refuse d’en tirer la moindre conséquence et persiste dans un déni arrogant.

Laurent Joffrin

Liberation.fr
Publié dans:"AFFAIRES", Politique |on 21 juin, 2017 |Pas de commentaires »

Cinq infos………………………(20/06/2017)

Logo Francetv info 20 juin 2017
Drapeau français Elections 2017
Les #5 infos des législatives aujourd’hui
Goulard démissionne du gouvernement, scission en vue au groupe LR, Jean-Marie Le Pen interdit d’accès au FN…
Goulard démissionne du gouvernement, scission en vue au groupe LR, Jean-Marie Le Pen interdit d'accès au FN...
Grands discours, petites phrases, propositions-chocs ou anecdotes… Chaque jour, franceinfo vous résume ce qu’il ne faut pas rater après les élections législatives des 11 et 18 juin et la victoire d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle. Voici l’essentiel à retenir ce mardi 20 juin.

#1 La ministre des Armées, Sylvie Goulard, quitte son poste en raison des affaires

La nouvelle a pris tout le monde par surprise. Dans un communiqué envoyé ce matin, la ministre des Armées, Sylvie Goulard, a indiqué avoir demandé au président de la République de ne plus faire partie du gouvernement. « Dans l’hypothèse où l’enquête préliminaire visant le MoDem conduirait à vérifier les conditions d’emploi de mes assistants au Parlement européen, je souhaite être en mesure de démontrer librement ma bonne foi et tout le travail que j’y ai accompli », écrit-elle.

#2 Richard Ferrand exfiltré du gouvernement

Mis en cause lui aussi dans des affaires, le ministre de la Cohésion des territoires ne fera pas partie du prochain gouvernement. Emmanuel Macron a convaincu Richard Ferrand de briguer la présidence du groupe LREM à l’Assemblée nationale. L’Elysée, qui nie toute « exfiltration », évoque « une marque de confiance » de la part du président.

#3 Les Républicains « constructifs » vont faire scission à l’Assemblée

Les députés LR qui envisagent de voter la confiance au gouvernement sont « largement assez nombreux » pour créer un groupe parlementaire autonome, selon Thierry Solère. Interrogé sur France Inter, le député des Hauts-de-Seine travaille à la constitution de ce groupe, qui pourrait officiellement voir le jour la semaine prochaine.

#4 Jean-Marie Le Pen reste à la porte du FN

La grille est restée fermée, bloquée par des chaînes. Le président d’honneur du Front national, Jean-Marie Le Pen, n’a pas pu accéder au siège du parti, à Nanterre (Hauts-de-Seine), où il comptait assister à une réunion du bureau politique, dont il est membre. L’ancien leader frontiste en a profité pour tenir une conférence de presse improvisée avec les médias présents sur place. Il a estimé que sa fille devrait démissionner de la présidence du FN, en raison de ses « échecs cinglants » à la présidentielle et aux législatives.

#5 Le blues des « marcheurs » qui se voyaient déjà députés

Les résultats du premier tour les avait remplis d’espoir, mais ceux du second ont eu l’effet d’une douche froide. Franceinfo a recueilli les témoignages de huit de ces candidats LREM malheureux. Démobilisation, reports de voix, affaires… Ils cherchent encore à comprendre comment la victoire a pu leur échapper.

Publié dans:Politique |on 20 juin, 2017 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………..(20/06/2017)

Libération 20 juin 2017
Laurent Joffrin
La lettre de campagne
de Laurent Joffrin

Drastique éthique

Infortune de la vertu, prospérité du vice… Sylvie Goulard, ministre des Armées, ne souhaite pas faire partie du gouvernement que doit nommer Emmanuel Macron avant demain soir. Elle entend montrer sa bonne foi et assurer sa défense hors de l’équipe Philippe dans l’affaire des salariés du Modem qu’on soupçonne d’avoir été rémunérés par le Parlement européen.

Le cas est donc plus gênant qu’on pouvait le penser a priori. On sait qu’il y a deux sortes d’assistants dans ce Parlement, ceux qui œuvrent au sein de l’assemblée pour aider le député européen et ceux qui effectuent un travail politique dans sa circonscription. Le Modem pourrait plaider que cette disposition autorise ces assistants du deuxième type à effectuer un travail pour le parti. Mais si l’on ne trouve aucune trace d’une tâche quelconque effectuée dans la circonscription du député concerné, le problème devient nettement plus aigu. Les bulletins de salaire des assistants apportent un élément de suspicion, malgré les dénégations énergiques de François Bayrou. Il apparaît par exemple que la standardiste du Modem a été rémunérée en partie par l’argent européen. Ce qui sort probablement du cadre régulier. Police et justice doivent faire la lumière sur ces cas litigieux.

Les intéressés pourraient rétorquer que rien n’est encore établi et qu’ils ne sont pas mis en examen. Mais ils sont les premiers à réclamer la moralisation de la vie publique. Le retrait de Sylvie Goulard est la conséquence directe de cet assaut de vertu proclamée, tout comme la sortie du gouvernement de Richard Ferrand, soumis à une enquête préliminaire dans l’affaire de Brest. Goulard et Ferrand pourraient être les premiers d’une série plus longue : plusieurs responsables du Modem, François Bayrou en tête, sont mis en cause.

L’affaire est gênante pour Emmanuel Macron, qui risque de perdre dans cette affaire le concours de ses alliés principaux (à moins que cela, finalement, ne l’arrange). Mais elle peut aussi se retourner en sa faveur : on le créditera de la cohérence au moment où son gouvernement présente une loi qui doit «restaurer la confiance» dans la classe politique. Pour une fois, ceux qui prêchent pour l’éthique en tirent toutes les conséquences.

Prospérité du vice : ces mises à l’écart (deux pour l’instant) tranchent avec le comportement du FN dans une affaire similaire dont la réalité, elle, a été prouvée. Plusieurs assistants du parti frontiste, voués en principe à un travail au sein du Parlement européen, n’y mettaient jamais les pieds, consacrant tout leur temps au travail politique pour le FN. Le Parlement a exigé le remboursement des sommes concernées. Non seulement le FN s’abstient d’en tirer la moindre conséquence mais Marine Le Pen a même refusé de se rendre à la convocation des enquêteurs.

Les contempteurs du «système», donc, en profitent largement et opposent aux investigations judiciaires un déni arrogant. Alors que les supposés membres du même système se comportent avec plus de rigueur quand ils sont mis en cause. Sans doute suffit-il de se proclamer du côté du peuple contre les élites pour s’affranchir des règles minimales qui s’appliquent aux dites élites. Eternelle tromperie du populisme.

Et aussi

• La croissance est «solide», annonce l’Insee. La plupart des clignotants de la conjoncture, c’est un fait, passent au vert. La reprise se confirme, à un rythme modéré mais en légère accélération (1,6% prévu cette année). Le chômage devrait poursuivre sa lente décrue. Ainsi «l’inversion de la courbe» promise par Hollande finit par se produire – mais un peu tard. Objet de l’ire des socialistes battus, le président sortant a tiré les marrons du feu. C’est Macron qui les mange.

Il n’est «pas impossible» que de nouveaux membres de LR entrent au gouvernement. Le centrisme du gouvernement, décidément, se place à la périphérie de la droite, plus que de la gauche.

• Merkel macronisée ? La chancelière est en tout cas d’accord pour «discuter» des propositions françaises sur la zone euro : un ministre des Finances commun, un budget européen. Bonnes paroles ou réelle volonté ?

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 20 juin, 2017 |Pas de commentaires »

Une de chute…………………(20/06/2019)

Publié dans:Politique |on 20 juin, 2017 |Pas de commentaires »
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