Archive pour la catégorie 'Politique'

La lettre de Laurent Joffrin………….(07/06/2018)

Libération 07 juin 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique

Retraite chapeau et bonnet d’âne

Dans la série, «rendons le capitalisme populaire», les dirigeants et les actionnaires de Carrefour ont fait fort. Checknews, le «fact checker» de Libération, nous apprend ainsi que Georges Plassat, PDG sortant de la boîte, a touché près de 4 millions d’euros en 2016 et 13 millions en 2017, auxquels s’ajoutent 3 millions d’actions et un demi-million de retraite par an jusqu’à la fin de ses jours. Il devrait par ailleurs percevoir 896 593 euros de part variable au titre de 2017 dans quelques jours. Au même moment, le nouveau PDG, Alexandre Bompard, nanti d’un salaire moins misérable et d’avantages plus solides, annonce un plan de restructuration d’un courage insigne, dont la moindre des modalités n’est pas qu’il menace quelque 2000 emplois en France. Carrefour doit se délester d’une kyrielle de magasins déficitaires ou pas assez rentables, investir dans le numérique, et surtout faire remonter un cours de Bourse que ses impécunieux actionnaires (les Moulin, les Arnault, etc.) jugent miteux.

On pourrait supposer que le pactole offert à ce Plassat récompense des performances hors du commun. De toute évidence, la chose est controversée : Alexandre Bompard, le nouveau PDG, se répand partout pour expliquer en substance que Carrefour va dans le mur. L’enseigne est bousculée par le commerce en ligne, la désaffection des consommateurs pour les hypers, la guerre des prix et les changements de goûts nés de la vague bio. Il faut réagir avec vigueur, dit-il, ce qui veut dire dans son esprit augmenter le profit en réduisant la masse salariale. Une stratégie qui dénote la puissance de conception et l’imagination hors pair de l’impétrant. Comme le disent les Echos : «Bompard va briser les tabous.»

Le pauvre Plassat est également passé à la moulinette (Carrefour) par Abilio Diniz, un autre nécessiteux qui possède quelques picaillons dans l’entreprise. La diatribe a été délivrée en portugais à Valor, un journal brésilien, ce qui n’a guère éveillé l’attention en France. Elle est néanmoins sans ambiguïté. «Selon moi, dit cet actionnaire, Plassat a utilisé une mauvaise méthode pour chercher le redressement. Il a vendu des actifs pour investir dans les prix. Il ne faut pas juste investir dans les prix. Il faut être beaucoup plus solide par ailleurs.» Surtout, l’atrabilaire Brésilien déplore qu’après la phase nécessaire de restructuration, Georges Plassat n’ait pas su enclencher la deuxième étape : réformer le groupe. «Pour que [le groupe] change, il faut que la personne le veuille et Plassat ne le voulait pas.»

Pourtant Plassat, selon la presse économique française, n’était pas un si mauvais bougre. On le crédite en général d’avoir tiré Carrefour de la situation calamiteuse où l’avait plongé, dit-on, son prédécesseur, un certain Lars Olofsson, remercié il y a quelques années. Cela valait bien, à coup sûr, la retraite haut-de-forme qui a été octroyée à cet Olaf, en contravention avec les règles édictées par le Medef, mais qui sont indicatives. Plassard peut surtout invoquer un précédent. Olofsson, ce pelé, ce galeux, d’où viendraient tous les maux, a bénéficié néanmoins, lui aussi, d’une retraite chapeau à son départ, alors qu’il était tout juste sexagénaire. Son montant ? Quelque 500 000 euros par an, ce qui n’est pas si mal pour un départ à la retraite à soixante ans, qu’on a heureusement épargné à la plupart des salariés français. Les premiers de cordée, on le voit, ne sont pas seulement assurés par une corde, mais aussi, sur le plan financier, par une ceinture et des bretelles. Les mêmes milieux, faut-il le rappeler, font sans cesse l’éloge du risque et vitupèrent les «privilégiés» qui bénéficient de conditions de retraite particulières, comme les cheminots, par exemple, qui ont, de plus, le front de vouloir garder leurs acquis salariaux en se mettant en grève. Ceux qui ont des retraites-chapeaux ne supportent pas les retraites-casquettes. Même quand ils méritent, non un chapeau, mais un bonnet d’âne.

Et aussi

Le Brexit, dont on redoutait qu’il ébranle l’Union européenne, ébranle surtout, pour l’instant, le gouvernement britannique. Theresa May s’apprêtait à publier un document sur les modalités de la sortie de l’Union européenne. David Davis, ministre britannique chargé du Brexit, vient de la contredire publiquement. Pour reporter l’inextricable question de la frontière entre les deux Irlande (rétablir la frontière, c’est séparer définitivement les deux portions de l’île, la maintenir ouverte, c’est rester dans l’Union), Theresa May souhaitait faire jouer encore quatre ans la clause de sauvegarde qui maintient le statu quo. Davis soupçonne May de vouloir abandonner la perspective du Brexit. Il proteste hautement. Du coup, certains anti-brexit de son propre parti menacent la Première ministre de rejoindre l’opposition pour la mettre en minorité au Parlement. «Brexit is brexit», disait May. Nouvelle version :  «Brexit ? Wait and see.»

Le revenu de base, qu’on affecte de juger farfelu chez beaucoup de responsables, chemine dans les esprits. Treize départements viennent de se porter volontaires pour en expérimenter une version prudente dans les prochaines années. La plupart des expériences qui ont eu lieu de par le monde ont démontré que ses effets sociaux étaient positifs. Les utopies concrètes ont cette force : on peut les essayer avant de les adopter.

Publié dans:Politique |on 7 juin, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………….(06/06/2018)

Libération 06 juin 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Ramadan : bye bye prêcheur

Pas de mise en examen. Le prédicateur vedette de l’islam européen a marqué un point dans la longue procédure qui se déroule devant la justice française. De toute évidence, il n’y avait pas assez d’éléments probants dans l’accusation portée contre lui – il y faut des indices «graves et concordants» – pour qu’il soit mis en examen dans cette partie du dossier (il l’est déjà dans deux autres affaires). Une victoire judiciaire, donc, même si elle est peut-être transitoire. En revanche, Tariq Ramadan, sans qu’on le remarque beaucoup, vient d’essuyer une grave défaite symbolique. Il a reconnu devant les juges la réalité des relations extraconjugales  qu’il a entretenues avec la plaignante et quatre autres femmes. Ce n’est pas un crime en droit français, même si l’adultère tombe sous le coup de la morale. Mais en droit islamique ? A se remémorer les prêches du théologien, l’adultère est sévèrement condamné par la tradition coranique. Dans certains pays, particulièrement rétrogrades, il est même puni de lapidation. Un châtiment pour lequel Ramadan, dans une joute célèbre avec Nicolas Sarkozy, avait proposé un «moratoire». Sage précaution…

Voilà donc un prédicateur qui reconnaît avoir sciemment transgressé les principes dont il s’était fait l’ardent avocat. Rien de tragique à nos yeux incroyants, même si les bribes de témoignages qui ont filtré décrivent, en Ramadan, un adepte du sexe «pimenté», à côté duquel Dominique Strauss-Kahn passerait pour un moine cistercien. Une remarque, toutefois : comme d’autres dans bien des religions, le prédicateur était qu’un tartuffe et le guide religieux un farceur théologique. Le prévenu Ramadan a droit à toutes les garanties offertes par le droit français. Mais comme gardien de la foi, c’est autre chose. Bye bye prêcheur…

Et aussi

On se souvient que la «révolution conservatrice» des années 80 a été menée, entre autres, au nom de la théorie du «ruissellement». L’enrichissement des riches, disait-on, profiterait in fine aux plus pauvres, grâce à l’accroissement global des richesses. L’Insee vient d’en mesurer les effets : en France, pays plutôt moins inégalitaire que les autres, le patrimoine des classes supérieures a augmenté de plus de 100% depuis 1998 alors que celui des 20% les plus modestes a diminué. Etrange ruissellement qui défie les lois de la pesanteur en ruisselant vers le haut.

Suicide mode d’emploi. L’Europe a réussi à ne pas se mettre d’accord sur une politique commune d’immigration. L’Italie, comme la Grèce ou l’Espagne, se plaint de supporter une charge excessive en regard de celle qui est imposée aux autres pays, ce qui n’est pas faux. Le mutisme de l’Europe donnera aux nationalistes le prétexte qu’ils cherchent pour s’affranchir de toute règle commune et mettre en œuvre des législations de plus en plus répressives.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 6 juin, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………….(06/06/2018)

Libération 05 juin 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Les vertus de la grève

On dit parfois que les grèves sont nuisibles. Pour les usagers, sans doute. Pour les salariés, certainement pas. En témoigne le texte du projet de réforme voté par le Sénat et dont on dit qu’il ne sera guère remis en cause par les députés. Au bout du compte, les syndicats ont obtenu de la représentation nationale, avec l’aval discret du gouvernement, des avancées appréciables en comparaison de la version initiale. Ainsi le transfert des cheminots de la compagnie nationale vers des compagnies privées en cas de cession du contrat d’exploitation sur certaines lignes est-il encadré par des garanties réelles : maintien des avantages salariaux, droit conditionnel au retour, priorité au volontariat. Le capital de l’entreprise, dans ses trois composantes – société de tête, rails et trains – est déclaré solennellement «incessible», ce qui écarte toute privatisation. L’Etat a parallèlement annoncé qu’il reprenait à son compte une grande partie de la dette qui contribue à raboter les bénéfices de la SNCF. Les droits des cheminots seront enfin sécurisés par une convention collective à venir négociée avec les mêmes syndicats pour l’ensemble de la branche, à l’inverse du principe de «l’inversion des normes» qui sous-tendait la réforme du Code du travail votée à l’automne. Ce n’est pas tout ce que demandaient les syndicats. Mais ce n’est pas rien.

On peut même se demander, in fine, si ce conflit était vraiment nécessaire. Ne pouvait-on négocier des assouplissements sans agiter d’emblée le chiffon rouge de la fin du statut et provoquer une grève longue et amère ? Au vu du résultat final, on peut se poser sérieusement la question. Paradoxe, qui serait distrayant s’il ne s’agissait du sort de milliers de salariés : le coût du conflit, évalué à quelque 300 millions d’euros, est supérieur aux économies attendues de la fin du statut. C’est la réforme des retraites du ferroviaire qui peut dégager des marges financières. Elle sera négociée plus tard…

Sans succomber à l’uchronie hasardeuse, il est probable que la poursuite à bas bruit de la réforme de la compagnie, telle qu’elle se déroule depuis de longues années, aurait abouti à des compromis similaires. Mais elle aurait empêché le gouvernement Philippe de bomber le torse en affirmant qu’il a réussi là où tant de gouvernements avaient reculé. Il pourra, à la fin du conflit, renforcer son image de tombeur des «corporatismes», de vainqueur des «blocages» supposés entraver l’économie française (souvent, ces «blocages» sont l’autre nom des acquis sociaux obtenus au fil des luttes sociales par les salariés). Pour trois cents millions, le gouvernement acquiert un brevet de réformateur intrépide, de dompteur de syndicats. C’est peut-être la vraie cause de ce conflit au long cours.

Et aussi

Un juge américain vient de désavouer Donald Trump, qui bloquait sur son compte Twitter les opposants trop virulents. Le président devra donc souffrir la contradiction, un exercice qu’il n’apprécie guère, visiblement. Il veut instaurer grâce aux réseaux sociaux un dialogue direct avec le peuple américain, à coups de tweets rageurs. À condition que le peuple s’abstienne de répondre.

L’Etat-providence dépassé, obsolète, hors de prix ? Pas sûr : le déficit de la Sécurité sociale, crève-cœur de tant de gouvernements, a disparu. Les comptes sont cette fois équilibrés. Ce qui paraît de plus en plus désuet, c’est le dogmatique réquisitoire des libéraux contre la protection sociale.

Lequel réquisitoire trouve un nouveau point d’application : la croissance a des ratés, les taux remontent, le prix du pétrole augmente. Et Emmanuel Macron a promis de réduire de 4 points de PIB les dépenses publiques, montant considérable. On parle de couper dans les dépenses sociales. Comptablement parlant, c’est là qu’il y a des économies possibles. Mais la perspective pose des problèmes à cette majorité déjà accusée de faire le jeu des classes possédantes. Déjà certains ministres renâclent, Gérald Darmanin l’a dit publiquement ; Agnès Buzyn l’a écrit noir sur blanc dans une missive à Matignon. Il est vrai que si le «président des riches» met les pauvres au pain encore plus sec, il ne va pas améliorer son image. Et de droite et de moins en moins de gauche…

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 6 juin, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Jofrin………….(04/06/2018)

Libération 04 juin 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Un complotiste nommé Bercoff

Il faut revenir un instant sur l’affaire Mamoudou Gassama, ce jeune Malien qui a sauvé un enfant suspendu au balcon d’un immeuble du XVIIIe arrondissement de Paris. Elle a suscité une deuxième affaire, de moindre calibre, qu’on pourrait appeler «l’affaire Bercoff» et qui «agite les réseaux sociaux», cette divinité moderne aux cent bouches cacophoniques.

Invité sur CNews, le 30 mai, André Bercoff, journaliste et écrivain bien connu, met en doute la version unanimement célébrée d’un sauvetage improvisé. Avec insistance, il pose deux questions à ses yeux dérangeantes – comment l’enfant a-t-il pu tomber de deux étages et se rattraper à une rambarde ? Pourquoi le voisin qu’on voit sur les vidéos n’est-il pas le même qui répond ensuite aux questions des journalistes ? Face au scepticisme général, le questionneur se défend évidemment de sacrifier le moins du monde à une «théorie du complot» que lui objectent pendant l’émission ses contradicteurs, suivis par beaucoup d’autres dans les jours qui suivent.

Or la rhétorique employée par Bercoff, on est au regret de le dire, correspond en tout point aux canons habituels des questionnements complotistes. Cette méthode – redoutable – appliquée à toutes sortes d’événements, dont l’attentat du 11 septembre est le plus célèbre, consiste à se concentrer sur des détails étranges, troublants, inattendus, qu’on énumère dans un procédé d’accumulation, pour suggérer avec force sous-entendus que l’histoire «officielle» n’est pas la vraie et qu’il y a une manipulation derrière les scènes rapportées par les médias «mainstream». Elle obéit à trois règles immuables :

Premièrement, on élimine du raisonnement, qualifié «d’officiel», les éléments trop flagrants qui viendraient l’accréditer, pour mettre en valeur les seules bizarreries qu’on a relevées. Thierry Meyssan, complotiste reconnu, affirme ainsi qu’aucun avion n’a percuté le Pentagone le 11 septembre pour la bonne raison que la brèche ouverte dans le mur du bâtiment est plus étroite que l’envergue d’un avion de ligne. Il omet soigneusement de citer les nombreux témoins qui ont vu l’appareil arriver, les funérailles organisées un peu partout aux Etats-Unis pour les victimes du crash, ou encore le fait que l’avion a sectionné avant l’impact deux réverbères dont l’écartement prouve qu’un s’agissait bien d’un appareil d’une grande envergure. Reste la seule taille de la brèche, qui peut impressionner les esprits mal informés. De même Bercoff néglige le fait que Mamoudou Gassama a risqué sa vie en grimpant cinq étages à mains nues d’un balcon à l’autre. Pourquoi l’aurait-il fait sinon pour sauver l’enfant ? Pour quel but obscur ? Pour se stariser ? Pour obtenir des papiers ? L’invraisemblance du motif alternatif éclate dès qu’on l’énonce. Mais on ne l’énonce pas, bien sûr.

Ce qui débouche sur la deuxième règle : ne jamais décrire le complot auquel on se réfère implicitement avec une insistance péremptoire. Dans le cas du 11 septembre, on agite sans jamais la décrire une manipulation montée par le gouvernement américain, qui aurait sacrifié quelque 3000 compatriotes pour en tirer un avantage politique. Hypothèse hautement invraisemblable pour laquelle on n’avance pas le moindre commencement de preuve, bien sûr. Il faudrait en effet pour cela que l’aviation civile, les policiers de New York, la CIA, l’armée américaine, une bonne partie du gouvernement de Washington, soient impliqués dans l’opération. Où, quand, comment ? On reste évidemment muet sur cette triple question. De même, en miniature, Bercoff se garde bien de préciser la manipulation qu’il suggère lourdement. Il lui faudrait expliquer qu’on a volontairement pendu un enfant de quatre ans au balcon du cinquième étage, au risque de la voir lâcher prise, pour émouvoir faussement le public, et que Gassama a pris un risque mortel pour la même fin manipulatoire. On répète en revanche jusqu’à plus soif que le voisin qui tenait la main de l’enfant n’est pas le même que celui qui est ensuite interviewé, sans préciser que les vidéos sont prises de loin et que s’il est barbu sur le document initial, il a pu se raser avant de parler à la télévision (le lendemain), comme le font chaque jour des millions de Français. Ce qui est le cas, selon toutes probabilités.

Troisième règle : opposer aux contradicteurs non des faits prouvés, mais l’idée qu’ils participent, volontairement ou non, à une vaste opération de censure menée par les tenants de la «thèse officielle», ou, au choix, de «la pensée unique», de la «bien-pensance», ou du «camp du bien», composé d’hypocrites patentés ou de gogos inénarrables. On peut même ajouter une cerise sur ce gâteau en remarquant que s’il y a tant de contradicteurs, cela démontre que le complot est bien plus étendu qu’on ne croit. Ce que font systématiquement les détracteurs du 11 septembre. Ce que Bercoff a immédiatement proclamé en disant qu’on cherchait à éviter les questions dérangeantes et à le bâillonner pour sauvegarder «la thèse officielle».

Rappelons pour mémoire que quatre avions ont été détournés par des terroristes d’Al-Qaeda le 11 septembre. Deux ont percuté les tours du World Trade Center, un autre s’est écrasé dans la campagne, le quatrième s’est écrasé sur le bâtiment du Pentagone. Les assassins ont été filmés par des caméras de surveillance, l’attentat a été revendiqué, les passagers ont décrit les terroristes en parlant sur leur mobile avant le crash, etc. Et que Mamoudou Gassama, dans un geste spontané, a bien sauvé un enfant accroché à un balcon en escaladant au péril de sa vie un immeuble du XVIIIe arrondissement.


Une erreur s’est glissée dans la lettre consacrée à l’école de Marion Maréchal. Contrairement à ce que j’ai écrit, Charles Beigbeder n’a pas financé le projet; il s’et contenté de présenter à la jeune femme des investisseurs éventuels, sans grand résultat, dit-il.

 

 

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 4 juin, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………….(01/06/2018)

Libération 01 juin 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Les trompettes fêlées du souverainisme

Pathétique mauvaise foi des procureurs de l’Union européenne… Une coalition populiste gagne les élections en Italie. Elle présente un gouvernement au président Mattarella. Celui-ci se dit prêt à l’avaliser, à une exception près : le ministre des Finances, dont il juge les prises de position – et les intentions – contraires, non à la doxa européenne (dans ce cas, il aurait récusé tout le gouvernement tout entier), mais au programme concocté par la Ligue et le mouvement Cinq étoiles. En effet, celui-ci ne prévoit pas de sortir de l’euro, encore moins de sortir de l’Union, alors même que le ministre pressenti était connu pour ses positions anti-monnaie européenne et pour son hostilité viscérale – et franchement louche – envers les Allemands. D’où le refus de Mattarella.

Aussitôt toutes les trompettes fêlées du souverainisme ont sonné l’alarme : diktat de Bruxelles ! L’Union contre les peuples ! L’Europe contre la démocratie ! Etc. Que croyez-vous qu’il arriva ? Trois jours plus tard, la même coalition présente une nouvelle équipe, sans le ministre contesté à ce poste, et le Président avalise sa mise en place. Vainqueurs des élections, les populistes gouvernent (avec un programme dingo-irresponsable, mais c’est une autre affaire). Où est le «diktat» de l’Europe ? Le bâillon imposé aux peuples ? L’imperium irrésistible des marchés ? Nulle part. Le peuple italien a parlé. Les institutions ont fonctionné. Le nouveau gouvernement doit maintenant gérer sa situation économique avec un déficit annoncé difficilement soutenable et, surtout, négocier avec ses créanciers, qui n’entendent pas – c’est humain – perdre au passage l’argent prêté de bonne foi à l’Etat italien.

Le mythe de la «dictature européenne» s’effondre avec encore plus de fracas dans le cas britannique. Le peuple anglais s’est prononcé pour la sortie de l’Union. Cette sortie est en cours. Nulle pression bruxelloise, nul étouffement de la volonté populaire britannique. Au contraire les Européens disent : «Vous voulez sortir ? Sortez !» Et ce sont maintenant les Britanniques – et non les Européens – qui se posent des questions. Finalement était-ce une bonne idée ? Que va-t-on y gagner ? Faut-il vraiment rompre ? L’interrogation taraude désormais l’opinion d’outre-Manche, à commencer par les conservateurs, profondément divisés sur la question.

Theresa May, qui avait déclaré avec une mâle assurance «Brexit is Brexit», vient de faire voter une disposition subreptice par son gouvernement, aux termes de laquelle, si elle est appliquée, l’échéance du Brexit serait repoussée de trois années supplémentaires. L’opinion anglaise redoute en majorité de voir son niveau de vie baisser ; la sortie de l’Union, qui suppose le rétablissement d’une frontière entre l’Irlande du Nord et l’Irlande du Sud, pose des problèmes inextricables (alors même que les Irlandais, dans leur majorité, souhaitent rester dans l’Union). «Diktat de Bruxelles» ? Non : rappel de quelques réalités d’évidence : l’Union, aussi maladroite soit-elle, aussi dominée par les libéraux et l’orthodoxie des pays du Nord qu’on peut déplorer, reste un havre de paix et de protection monétaire et économique pour les peuples. D’ailleurs ni les populistes du Mouvement Cinq Etoiles, ni les Polonais, ni les Hongrois, ni même le Front national, ne souhaitent au fond en sortir. Les glapissements propagandistes de souverainistes de tous poils n’y changeront rien.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 1 juin, 2018 |Pas de commentaires »

Quelle famille !!! (01/06/2018)

La revenante : Marion Maréchal veut réveiller les « conservateurs zombies »

La droite conservatrice et l’extrême droite croient plus que jamais en leur destin. Plusieurs figures de cette mouvance se sont retrouvées, jeudi soir, dans le 15e arrondissement de Paris, pour écouter leur égérie : Marion Maréchal (ex-Le Pen). L’ancienne députée FN, qui a relancé les spéculations sur son avenir avec son projet d’école en sciences politiques, était l’invitée d’une soirée-débat pour « débrancher Mai-68″, organisée par ses proches.

Qu’en retenir ? « En France nous avons des conservateurs zombies, une population qui, majoritairement, est plutôt attachée à son enracinement. [...] L’idée c’est de sortir ces conservateurs de leur état de zombification et de les faire revenir, en tout cas de leur permettre d’exister de nouveau dans le débat public », a déclaré la nièce de Marine Le Pen, qui a quitté la politique après l’échec de sa tante à la présidentielle en mai 2017.

Elle a également qualifié les écoles françaises de « moules à gaufres macronistes », dominées « par le système intellectuel de la gauche », « qui veut qu’on soit nécessairement vendu à la globalisation heureuse, à la fin des frontières, à la fin du cadre national ». « L’élite a ce cynisme de toujours se préserver de ce qu’elle impose au peuple. [...] La diversité est toujours beaucoup plus jolie de son balcon, et toujours plus agréable à imposer aux autres, qu’on fait tout pour en préserver ses enfants », a fustigé Marion Maréchal, qui vient d’abandonner le nom Le Pen.

Le soutien (embarrassant ): Ménard défend Collomb

C’est un soutien qui en dit long sur la sémantique utilisée par Gérard Collomb au sujet de l’immigration depuis plusieurs semaines. Sur RTL, vendredi matin, le maire de Béziers Robert Ménard, élu avec le soutien du FN, a salué les propos du ministre de l’Intérieur sur le « benchmarking » des migrants. « Bien sûr qu’il a raison ! », a déclaré l’élu, apôtre de l’union des droites. Avant de railler « l’attitude de faux jetons de ceux qui lui le reprochent ».

« Les gens qui fuient leur pays regardent les conditions d’accueil dans un certain nombre de pays, ils choisissent là où c’est le plus facile, le plus ouvert, là où il y a des avantages et des communautés pour les accueillir », a-t-il poursuivi. « Vous prenez les gens pour des crétins, vous croyez que les réfugiés sont des imbéciles qui vont au petit bonheur la chance ? »C’est lors d’une audition au Sénat, mercredi 30 mai, que Gérard Collomb a utilisé cette expression. « Les migrants aussi font un peu de benchmarking, pour regarder les législations à travers l’Europe qui sont, on va dire, les plus fragiles. Telle nationalité, que je ne citerai pas, se dirige plutôt vers tel pays, non pas parce qu’elle est plus francophile, mais tout simplement parce qu’elle juge que là, c’est plus facile », avait-il déclaré.

Publié dans:Politique |on 1 juin, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………………(31/05/2018)

Libération 31 mai 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Un très ancien nouveau monde

Résumons ce qu’on devinait dès les premiers pas et qui apparaît en pleine lumière après un an de macronisme : il n’y a pas plus de «nouveau monde» dans cette politique que de beurre en branche. Le tourbillon de réformes entreprises par le gouvernement Philippe à l’ombre de Jupiter se ramène à un plan somme toute assez plat : l’application à la France des réformes libérales à l’œuvre dans le monde depuis la révolution conservatrice de Ronald Reagan et Margaret Thatcher.

Les dernières annonces le confirment si besoin en était : libéralisation de la loi Littoral jugée trop contraignante, réforme des aides sociales accusées d’être des trappes à chômage, assouplissement des règles de cession des HLM, plan Banlieue de Jean-Louis Borloo écarté au profit d’une philosophie entrepreneuriale symbolisée par le vieux proverbe «Aide-toi et le Ciel t’aidera» : tout concorde. L’individu est tout ou presque, les corps intermédiaires sont des obstacles et non des partenaires, les «premiers de cordée» tireront tout le monde. C’est la suite d’une séquence uniforme : réforme fiscale au profit des plus riches, libéralisation du marché du travail, réduction prévue de quatre points des dépenses publiques, baisse du nombre de fonctionnaires, réforme de la SNCF au nom de la concurrence, fin programmée des protections depuis toujours consenties aux cheminots. Rien de neuf dans cette affaire : on y trouve les grands principes des grands ancêtres, Bastiat, Hayek, Milton Friedman, et la longue préparation menée de manière à la fois discrète et tout à fait publique au sein des cénacles de la classe dirigeante, Fondation Saint-Simon, symposium de Davos, Institut Turgot, Institut Montaigne, etc. Et, dans une version droitisée, parmi les travaux des deux commissions Attali, dont le secrétaire était un jeune inspecteur des Finances nommé… Emmanuel Macron. Nouveau monde et vieux projet…

«Ultra-libéralisme» ? Evitons les slogans. La France reste l’un des pays les plus administrés au monde, où les dépenses publiques représentent plus de la moitié du produit intérieur. Mais justement : c’est pour mettre fin à cette exception française que cette politique est mise en œuvre, non par la société ou par «les individus» mais par un seul, logé à l’Elysée et qui mène son faux nouveau monde à la baguette. C’est la répudiation – par des méthodes jacobines – de la tradition de jacobinisme qui remonte à plus de deux siècles, ou de la greffe social-démocrate tentée avec plus ou moins de bonheur par les socialistes français au pouvoir. Un libéralisme vertical et impérieux, un bonapartisme du laisser-faire, une politique à la Guizot, premier chantre des «premiers de cordée», mâtinée de Napoléon III. Autrement dit une antique tradition, maintenue jusqu’ici sous le boisseau, soudain libérée par la divine surprise de mai 2017.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 31 mai, 2018 |Pas de commentaires »

Un de plus……………………….(29/05/2018)

Logo Francetv info 15h02
Alerte info
Après de nombreux ratés, le gouvernement abandonne l’application d’alerte attentat SAIP
Cliquez ici pour plus d’informations
Publié dans:Politique |on 29 mai, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin……..(29/05/2018)

Libération 28 mai 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Emmanuel et Mamoudou

Pour le fun, on ne résiste pas à la tentation de citer les deux tweets d’Esther Benbassa, très estimable sénatrice qui ne semble guère obsédée par le souci de cohérence. Commentant la décision d’Emmanuel Macron recevant à l’Elysée Mamoudou Gassama, le jeune Malien qui a risqué sa vie pour sauver un enfant accroché dans le vide au balcon d’un immeuble parisien, elle écrivait ceci :

«La com à l’état pur. Emmanuel Macron reçoit Mamoudou Gassama le migrant héroïque. Pendant ce temps, sa police continuera de pourchasser tous ses frères d’infortune et de harceler les solidaires qui leur viennent en aide. Sinistre et immorale comédie d’un pouvoir sans principes.»

Mais la veille au soir, réagissant à l’acte d’héroïsme du même migrant, elle tweetait cet appel fiévreux : «Homme courageux, plein d’audace, auquel un enfant de France doit la vie, Mamoudou Gassama doit voir sa situation régularisée sans délai. Il incarne les valeurs de solidarité et d’humanisme que la République se doit d’honorer et de promouvoir. Merci à lui de tout cœur.» Que n’aurait-elle dit si le Président, appliquant strictement la politique en cours, avait négligé son appel, omis de saluer le geste du sauveteur et refusé de modifier la situation juridique de Mamoudou Gassama ? A vouloir s’opposer à Macron quoi qu’il fasse, en mal ou en bien, on finit par perdre tout crédit.

Bien sûr, Emmanuel Macron, expert en communication instantanée, a vu tout de suite le bénéfice moral qu’il pouvait tirer de ce geste courageux massivement médiatisé. Après une entrevue à l’Elysée, elle-même télévisée, il a été décidé que Mamoudou Gassama, jusque-là dépourvu de titre de séjour, serait régularisé, bientôt naturalisé et probablement intégré dans le corps des sapeurs-pompiers. Faut-il s’en plaindre ? Après tout, si un homme politique tire avantage d’une décision humaine en faveur d’un sans-papiers, quelles que soient ses motivations, n’est-ce pas une bonne nouvelle ? Ceux qui le critiquent doivent se demander ce qu’ils auraient dit si Emmanuel Macron avait pris la décision inverse… A moins de jeter, comme Esther Benbassa, toute espèce de logique par-dessus les moulins.

D’autres stigmatisent l’incohérence qu’il y aurait à régulariser un sans-papiers et à laisser les autres affronter les rigueurs d’une politique migratoire que le gouvernement vient de renforcer par le truchement des lois votées sous l’égide de Gérard Collomb. Encore une erreur logique : en distinguant un homme au comportement exceptionnel, le Président a bien précisé qu’il s’agissait d’une décision exceptionnelle, qui ne changeait rien à sa politique envers les immigrés sans-papiers. Comme on dit dans ces cas-là, l’exception confirme la règle. Ce qu’il faudrait critiquer en l’occurrence, c’est plutôt son excès de cohérence…

Il y a une autre manière de considérer ce fait divers qui prend valeur d’exemple. L’acte héroïque de Mamoudou Bassama n’a rien à voir avec sa condition de réprouvé ou son statut juridique incertain. C’est un geste qui procède de la simple humanité, magnifié par le danger qu’il a couru. Il exprime, sans calcul, le réflexe de solidarité qu’on observe sous toutes les latitudes et dans toutes les cultures, où le courage individuel, et la couardise, sont également répartis. Il démontre, dans sa simplicité, que les valeurs universelles, principes généraux s’il en est, n’ont rien d’abstrait ou de théorique. Ils relèvent au contraire de cette «common decency» dont parlait Orwell, ou encore de cette notion de fraternité inscrite au fronton des bâtiments publics en France, qui ne vaut pas seulement pour les Français ou pour les résidents réguliers, mais s’applique à l’ensemble du genre humain, comme une règle élémentaire de la vie en société. Non pour ouvrir toutes grandes les frontières, ce que personne ou presque ne réclame. Mais pour traiter ceux qui sont ici et ceux qui viennent d’ailleurs, avec le souci d’une égale dignité. En ce sens, et en ce sens seulement, on peut stigmatiser la contradiction qui entache le geste présidentiel.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 29 mai, 2018 |Pas de commentaires »

Macron cherche une tête de…………(28/05/2018)

Menu Libération

TwitterFacebook

100Use

LREM cherche sa tête d’affiche en capitale

  • LREM cherche sa tête d’affiche en capitale
Twitter

Elections

LREM cherche sa tête d’affiche en capitale

Par Nathalie Raulin — 27 mai 2018 à 20:06
LREM cherche sa tête d’affiche en capitale Zoom
LREM cherche sa tête d’affiche en capitale

Slalomant entre les rumeurs prêtant des ambitions à Xavier Niel ou Edouard Philippe, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux espère le soutien de l’Elysée pour les municipales de 2020.

Marrakech, mi-septembre. Le gotha des médias et des affaires, tendance sociale-libérale, se retrouve pour saluer la mémoire d’un des leurs, Pierre Bergé, récemment disparu. A peine les cendres de l’homme d’affaires dispersées dans sa résidence du jardin Majorelle, comme l’avaient été quelques années plus tôt celles de son compagnon, Yves Saint Laurent, les conversations s’amorcent dans la touffeur de cette fin d’été. A quelques pas de l’animatrice cathodique Daniela Lumbroso et de son époux, Alain Minc repère celui qu’il cherche, Xavier Niel. Fidèle à sa réputation, l’entremetteur du CAC 40 a une idée décapante à soumettre au fondateur de Free : mener la bataille de Paris sous les couleurs du parti macronien. L’influenceur des puissants à qui quinze ans plus tôt Emmanuel Macron, tout juste sorti de l’ENA, était venu présenter ses hommages, en est certain : une aventure à la Bloomberg, du nom du milliardaire américain qui en 2001 était entré à l’hôtel de ville de New York, est désormais possible. La réussite fulgurante de Macron et sa cote de popularité dans la capitale en attestent. Qui mieux que le self-made-man français de la téléphonie mobile pour incarner l’idée macronienne de start-up nation ? Surpris, Xavier Niel se dérobe. «J’en parlerai au Président», conclut Minc. Un propos dénué de forfanterie. Difficiles durant la campagne, les relations entre le soutien revendiqué d’Alain Juppé à la primaire de la droite et le fondateur d’En marche se sont réchauffées depuis le 8 mai 2017. Les réflexions dont le premier abreuve le second sont désormais écoutées avec attention. «A l’Elysée, l’influence de Minc est forte», concède un protagoniste.

Niel n’a pourtant pas besoin de telle entremise. A la différence de l’essayiste, le patron de Free n’a jamais mégoté son appui au candidat En marche. A l’occasion, il accompagne le désormais chef de l’Etat dans ses déplacements, en Algérie début décembre, en Tunisie courant février. Le 23 mars, Niel était des happy few conviés à l’Elysée pour le dîner d’Etat donné en l’honneur du grand-duc de Luxembourg. A défaut de contacts physiques fréquents entre les deux hommes, les échanges de SMS sont réguliers.

Son karma c’est le business

Le Président en profite-t-il pour le sonder ? Rien n’est moins sûr. Macron n’ignore pas la volonté d’un de ses lieutenants devenu porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, de conduire la liste LREM à Paris. Même si plusieurs de ses proches doutent de sa capacité à renverser l’actuelle édile, Anne Hidalgo – à commencer par Alain Minc, persuadé que seule une figure clairement identifiée à droite peut faire rebasculer l’Hôtel de Ville -, difficile de solliciter Niel sans désavouer l’un des siens. «Macron n’aime rien moins que d’arbitrer entre les hommes», sourit un de ses conseillers. Et les municipales sont encore loin… De son côté, Niel a tranché : son karma, c’est le business, pas la politique. Pour l’homme d’affaires, la proposition est sans objet.

Croyant le scénario enterré, Niel se garde de l’ébruiter. Quand, le 6 mars, Valérie Pécresse l’apostrophe au Parc des princes en marge de la rencontre PSG-Real Madrid, il tombe des nues. «Alors il paraît que tu ne veux pas de la mairie de Paris ?» taquine la présidente LR de la région Ile-de-France, proche d’Alain Minc. «Non effectivement», lui répond Niel, contrarié. Le patron de Free comprend instantanément le danger. Laisser courir la rumeur, c’est risquer de se mettre tout le monde à dos. Et d’abord Anne Hidalgo, avec qui il entretient des relations de confiance et d’affaires depuis de longues années. Sans la coopération active de la maire de Paris, jamais l’entrepreneur n’aurait pu mener à bien son projet d’incubateur géant de start-up. C’est d’ailleurs en compagnie d’Hidalgo et de Macron qu’il avait, le 17 juin, inauguré sa Station F au cœur du XIIIe arrondissement parisien… De retour à son bureau, Niel appelle illico un pilier de la majorité municipale, Jean-Louis Missika, ancien administrateur de son holding Iliad qui lui est resté proche, pour le prier de rassurer Hidalgo sur ses intentions. «Quels que soient les bruits qui courent, dis-lui que c’est faux : je ne suis pas candidat à la mairie de Paris», intime-t-il. Les macronistes et les socialistes du Conseil de Paris, qui croient encore qu’un ticket Hidalgo-LREM est possible aux municipales, reprennent espoir. Sans doute à tort.

S’il travaille en bonne intelligence avec Hidalgo sur des dossiers structurants comme les Jeux olympiques ou le Grand Paris, le chef de l’Etat n’a pas oublié l’accueil guerrier qu’elle lui a réservé à l’hôtel de ville le jour de sa prise de fonctions. Pas non plus la guerre sourde qu’elle livre à son ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, sur la gestion des migrants dans la capitale (Libération du 25 mai). Pour lui, entre déboires à répétition sur les dossiers municipaux (Vélib, voies sur berge…) et refus de prendre la direction du PS, Hidalgo n’est plus incontournable. Fin mars, en appelant de ses vœux «une alternance forte à Paris». le délégué général de LREM, Christophe Castaner, l’a clairement signifié. Un député LREM complète : «Paris, c’est un symbole, un élément clé de la lecture du résultat de municipales. On voit mal Macron renoncer à présenter une liste avec un homme ou une femme à lui à sa tête.»

Liberation.fr

Publié dans:Politique |on 28 mai, 2018 |Pas de commentaires »
12345...453

Vu de Corbeil-Essonnes |
ARCHITECTURE D'UN CONGO NOU... |
DEBOUT SAINT ETIENNE |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | PS : UN NOUVEAU SOUFFLE POU...
| Comité de soutien de Quetig...
| Ségolène Royal présidente