Archive pour la catégorie 'Politique'

La lettre de Laurent Joffrin………………(13/07/2018)

Libération 13 juillet 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

L’équipe du 14 juillet

Se sont-ils donné le mot en cette veille de 14 juillet ? Griezmann : «Il faut être fier d’être français, c’est un beau pays.» Mbappé : «Je veux tout donner pour la France.» Pogba : «C’est ça la France, il y a beaucoup d’origines. C’est ça qui fait une belle France.»

Une équipe de bisounours ? Ou bien l’expression d’une conviction collective, encouragée par le coach ? Un geste politique, en tout cas, non pas idéologique ou partisan, mais placé sous le drapeau d’un patriotisme bon enfant, ouvert et pluraliste. Souvent ces joueurs viennent d’ailleurs (leurs parents, en tout cas) et jouent aussi ailleurs, dans les championnats européens en général. Français mélangés, donc, et européens. Comme quoi ces enfants des quartiers que l’extrême droite et la droite suspectent lourdement de «communautarisme», taxent implicitement de mauvais Français, ou qu’une certaine extrême gauche, universitaire avant tout, ne voit que comme des victimes, deviennent soudain des modèles d’intégration réussie. Comme ils sont milliardaires, on dira qu’ils sont des exceptions. Et pourtant le symbole demeure : différence culturelle, francité et Europe ne sont pas toujours contradictoires. Quant au 14 Juillet, rappelons qu’il ne fête pas la prise de la Bastille, événement fondateur mais violent. Il célèbre la fête de la Fédération du 14 juillet 1790, grand moment d’unité nationale.

Et la Croatie ? Une équipe beaucoup plus uniforme dans un pays au nationalisme sourcilleux, une équipe au blason terni par des vilaines histoires de corruption. La Croatie indépendante est née d’une guerre, celle des années 90, terrible et meurtrière. Elle a été gouvernée longtemps par Franjo Tudjman, leader identitaire s’il en fut. Son passé oustachi est de sinistre mémoire – une légion croate s’est distinguée par ses exactions aux côtés de l’armée allemande. Pourtant, cette ancienne province de l’empire austro-hongrois s’est aussi distinguée par son ouverture et sa résistance au nazisme : Tito était croate. Son nationalisme moderne est né, pour une bonne part, de la prétention serbe à dominer la fédération, alors même que c’est la Croatie, dans les années 30, qui avait pris l’initiative de réunir les «Slaves du Sud». Les temps changent et les dirigeants croates ont préservé la démocratie dans leur pays. Ils ont aussi refusé l’enfermement. Dès l’indépendance, ils ont demandé l’adhésion de leur pays à l’Union européenne, ce qui est chose faite. De quoi, là aussi, faire réfléchir les souverainistes…

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 13 juillet, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin……………(12/07/2018)

Libération 11 juillet 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Umtiti, un nom bien français

Un air de 1998 ? La comparaison vient naturellement sous la plume, qui renvoie à une autre finale, gagnée par un onze de France multicolore, une équipe «black-blanc-beur», censée incarner une nation métissée, multiculturelle, unie par ses valeurs de fraternité. Quelques années plus tard, Jean-Marie Le Pen se retrouvait au second tour de la présidentielle et, à peine plus tard, une émeute nationale ruinait les douces anticipations du «vivre ensemble» qui avait fait du football de Zizou l’annonce de la bonne entente nationale. Cette fois, on se méfie : surtout ne pas tirer de leçons hasardeuses des succès de l’équipe de France de Deschamps, tout aussi mélangée que celle de 1998, mais mauvaise augure politique. Dans le commentaire, «prudence petitpas»…

On a déduit des illusions de 1998 que le sport le plus populaire de France reflétait bien mal l’esprit du peuple, que le football était un monde à part, une bulle compétitive et friquée qui avait ses règles propres – une foot-bulle – bien loin des réalités sociales. Et d’ailleurs, la formule même de l’époque, diffusée par les médias – black-blanc-beur – portait en elle-même sa négation, puisqu’au lieu de fondre les différences, elle les juxtaposait, sur un mode communautaire, dans une fausse analogie, faisant du drapeau républicain le symbole d’un assemblage d’ethnies plus que l’emblème d’un creuset.

Et pourtant… Croit-on que le sport, finalement, ne signifie pas grand-chose, que cet événement national ne dit rien sur la nation ? Que ces joueurs d’exception sortent de nulle part, que la Coupe du monde n’est qu’un simple divertissement, au sens complet du terme, qu’il sert donc à divertir, autrement dit à détourner l’attention des réalités cruelles d’une société, fracturée, divisée, partagée entre groupes hostiles, bref un opium du peuple ou encore un haschich des bien-pensants, qui confondent dans un élan candide et trompeur onze joueurs et 67 millions d’habitants ? On se passionne pour Griezmann et Mbappé et on oublie le racisme et la discrimination (remarque de gauche) ou bien l’affrontement de cultures irréconciliables et le spectre du «grand remplacement» (remarque de droite ou d’extrême droite). A droite et à gauche, les obsédés de l’identité feront leur cette thèse, confortable dans son cynisme faussement réaliste.

La nouveauté, s’il y en a une, c’est que les millions de supporteurs qui ont envahi les rues et les places mardi soir se foutent comme de leurs premiers crampons de l’origine des joueurs de l’équipe de France. Pour une raison simple : vingt ans ont passé et, pour eux, la diversité est déjà une réalité admise, du haut en bas de la société. Ils agitent des drapeaux tricolores et chantent la Marseillaise, dans un patriotisme footballistique spontané et pacifique. Point de Blacks, de Blancs ou de Beurs : des attaquants, des défenseurs, des buteurs et des tacleurs. D’où qu’ils viennent, ceux-là sont les héros d’une saga inoffensive, qui réunit le pays. On pense à la chanson de Maurice Chevalier : «Et tout ça, ça fait d’excellents Français…», qui gagnent les matches et arrivent en finale.

Qui sont-ils ? Comme la majorité des footballeurs, des enfants des classes populaires, tout au plus des rejetons de la classe moyenne, depuis longtemps mélangés et donc «multiculturels» bien de chez nous. On glose sur les «territoires perdus de la République». Ils ne sont pas perdus pour l’équipe de France, qui recrute volontiers dans les cités et les quartiers difficiles, viviers du sport de masse. Du coup, la politique revient par la fenêtre. «Liberté, égalité, Mbappé», dit un supporter français nommé Moussa. Pour remplir en quelques minutes les Champs-Elysées, comme au soir du match contre la Belgique, il faut que la banlieue y soit aussi, pas seulement les habitants du VIIIe arrondissement. On vibre d’un élan unitaire dans les bistrots prolos comme dans les bars bobos.

Umtiti, né à Yaoundé, enfant de la banlieue lyonnaise, ou Mbappé, rejeton d’une famille camerounaise, né à Bondy, sont les héros du jour. Mais on n’y pense guère, comme dans un rêve. Délivrez-nous de l’obsession identitaire : c’est peut-être le message de cette Coupe du monde, comme on avait su gré à Macron pendant la campagne présidentielle – ou à Mélenchon – de nous épargner les jérémiades sur l’identité nationale. Comme si le sentiment qu’il existe encore, malgré les heurts, les fractures, les déchirements, un creuset français, républicain, égalitaire, restait vivant dans l’inconscient national. A choisir, c’est l’hypothèse qu’il faut retenir, avec les précautions d’usage. La sociologie, disent certains, est un sport de combat. Mais le sport, pied de nez utile, est une sociologie de la concorde.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 12 juillet, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin…………….(11/07/2018)

Libération 11 juillet 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Umtiti, un nom bien français

Un air de 1998 ? La comparaison vient naturellement sous la plume, qui renvoie à une autre finale, gagnée par un onze de France multicolore, une équipe «black-blanc-beur», censée incarner une nation métissée, multiculturelle, unie par ses valeurs de fraternité. Quelques années plus tard, Jean-Marie Le Pen se retrouvait au second tour de la présidentielle et, à peine plus tard, une émeute nationale ruinait les douces anticipations du «vivre ensemble» qui avait fait du football de Zizou l’annonce de la bonne entente nationale. Cette fois, on se méfie : surtout ne pas tirer de leçons hasardeuses des succès de l’équipe de France de Deschamps, tout aussi mélangée que celle de 1998, mais mauvaise augure politique. Dans le commentaire, «prudence petitpas»…

On a déduit des illusions de 1998 que le sport le plus populaire de France reflétait bien mal l’esprit du peuple, que le football était un monde à part, une bulle compétitive et friquée qui avait ses règles propres – une foot-bulle – bien loin des réalités sociales. Et d’ailleurs, la formule même de l’époque, diffusée par les médias – black-blanc-beur – portait en elle-même sa négation, puisqu’au lieu de fondre les différences, elle les juxtaposait, sur un mode communautaire, dans une fausse analogie, faisant du drapeau républicain le symbole d’un assemblage d’ethnies plus que l’emblème d’un creuset.

Et pourtant… Croit-on que le sport, finalement, ne signifie pas grand-chose, que cet événement national ne dit rien sur la nation ? Que ces joueurs d’exception sortent de nulle part, que la Coupe du monde n’est qu’un simple divertissement, au sens complet du terme, qu’il sert donc à divertir, autrement dit à détourner l’attention des réalités cruelles d’une société, fracturée, divisée, partagée entre groupes hostiles, bref un opium du peuple ou encore un haschich des bien-pensants, qui confondent dans un élan candide et trompeur onze joueurs et 67 millions d’habitants ? On se passionne pour Griezmann et Mbappé et on oublie le racisme et la discrimination (remarque de gauche) ou bien l’affrontement de cultures irréconciliables et le spectre du «grand remplacement» (remarque de droite ou d’extrême droite). A droite et à gauche, les obsédés de l’identité feront leur cette thèse, confortable dans son cynisme faussement réaliste.

La nouveauté, s’il y en a une, c’est que les millions de supporteurs qui ont envahi les rues et les places mardi soir se foutent comme de leurs premiers crampons de l’origine des joueurs de l’équipe de France. Pour une raison simple : vingt ans ont passé et, pour eux, la diversité est déjà une réalité admise, du haut en bas de la société. Ils agitent des drapeaux tricolores et chantent la Marseillaise, dans un patriotisme footballistique spontané et pacifique. Point de Blacks, de Blancs ou de Beurs : des attaquants, des défenseurs, des buteurs et des tacleurs. D’où qu’ils viennent, ceux-là sont les héros d’une saga inoffensive, qui réunit le pays. On pense à la chanson de Maurice Chevalier : «Et tout ça, ça fait d’excellents Français…», qui gagnent les matches et arrivent en finale.

Qui sont-ils ? Comme la majorité des footballeurs, des enfants des classes populaires, tout au plus des rejetons de la classe moyenne, depuis longtemps mélangés et donc «multiculturels» bien de chez nous. On glose sur les «territoires perdus de la République». Ils ne sont pas perdus pour l’équipe de France, qui recrute volontiers dans les cités et les quartiers difficiles, viviers du sport de masse. Du coup, la politique revient par la fenêtre. «Liberté, égalité, Mbappé», dit un supporter français nommé Moussa. Pour remplir en quelques minutes les Champs-Elysées, comme au soir du match contre la Belgique, il faut que la banlieue y soit aussi, pas seulement les habitants du VIIIe arrondissement. On vibre d’un élan unitaire dans les bistrots prolos comme dans les bars bobos.

Umtiti, né à Yaoundé, enfant de la banlieue lyonnaise, ou Mbappé, rejeton d’une famille camerounaise, né à Bondy, sont les héros du jour. Mais on n’y pense guère, comme dans un rêve. Délivrez-nous de l’obsession identitaire : c’est peut-être le message de cette Coupe du monde, comme on avait su gré à Macron pendant la campagne présidentielle – ou à Mélenchon – de nous épargner les jérémiades sur l’identité nationale. Comme si le sentiment qu’il existe encore, malgré les heurts, les fractures, les déchirements, un creuset français, républicain, égalitaire, restait vivant dans l’inconscient national. A choisir, c’est l’hypothèse qu’il faut retenir, avec les précautions d’usage. La sociologie, disent certains, est un sport de combat. Mais le sport, pied de nez utile, est une sociologie de la concorde.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 11 juillet, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………………(11/07/2018)

Libération 10 juillet 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Boris dur et Theresa molle

La démission de Boris Johnson, l’excentrique leader des «brexiters», aussi fantasque que sa blonde chevelure, n’est qu’une péripétie dans l’interminable et surréaliste vaudeville qui se déroule en Grande-Bretagne, depuis que les électeurs ont décidé par référendum de sortir de l’Union européenne. Depuis cette date (il y a deux ans…), la classe dirigeante britannique est comme une poule qui a trouvé un couteau. Elle secoue la tête en tous sens en émettant des sons inarticulés qui lui tiennent lieu de politique. Entre «Brexit dur», «Brexit mou», «Brexit doux», «Sous-Brexit» «Simili-Brexit», elle tangue et roule comme un vaisseau fantôme qui a rompu ses amarres, sans capitaine, sans cap, sans carte et sans boussole. Dernière idée, présentée en comité restreint par Theresa May : une union douanière avec le continent, ce qui reviendrait à sortir de l’Union tout en y restant, tout en faisant semblant d’en sortir. Un «remain» maquillé en «leave».

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C’est que le monde patronal, voyant l’économie flancher peu à peu, paniqué à l’idée de voir se fermer son principal marché – qui se trouve de l’autre côté de la Manche – est pendu à la sirène de détresse sans savoir comment contourner le vote populaire. «Le rêve du Brexit meurt», dit Boris Johnson. Certes. Mais le rêve alternatif d’une «Grande-Bretagne mondiale», par lui agité, débouche sur un paradoxe qui devrait faire réfléchir tous les eurosceptiques du continent. On se plaint du libéralisme de l’Union et des oukases de Bruxelles. Mais le «Hard Brexit» prôné par le courant le plus nationaliste du Parti conservateur déboucherait, selon ses promoteurs, sur une déréglementation radicale de l’économie, dans le domaine fiscal comme dans le domaine social. On voit que le libéralisme recule… Il suppose aussi des accords de libre-échange avec les grandes nations du monde, à commencer par les Etats-Unis. Mais Trump fait lanterner les Britanniques et tient un cap résolument protectionniste. On se libère de Bruxelles et on s’arrime à Washington. Drôle de souverainisme, qui accroît la dépendance britannique au nom de l’indépendance… Gribouille à Westminster : pour échapper à la pluie continentale, on se jette tout habillé dans la mare atlantique.

Dernier gag en date : le joug européen, dénoncé par les brexiters, impose aux importations des normes sanitaires jugées dictatoriales. Si elle choisissait le «Hard Brexit», la Grande-Bretagne serait enfin libre de faire venir chez elles des myriades de poulets américains traités à l’eau de Javel, prohibés par les tyrans bruxellois. En proposant une union douanière, Theresa May renonce à cette liberté essentielle. On mesure l’étendue de sa trahison…

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 11 juillet, 2018 |Pas de commentaires »

Le Congrès du roitelet……………………(10/07/2018)

Emmanuel Macron a retrouvé les ors de Versailles. Un an après son discours devant les parlementaires, le président de la République a retrouvé le Congrès, lundi 9 juillet, pour rappeler le cap de son mandat.

M. Macron a commencé, peu après 15 heures, par revenir sur les élections de 2017, affirmant ne pas avoir oublié « les peurs, les colères accumulées pendant des années, qui ont conduit notre pays à ce choix ». Ces peurs « n’ont pas disparu en une année », a-t-il dit, avant de saluer les « chantiers d’une ampleur jamais vue » engagés par les députés et les sénateurs depuis son arrivée au pouvoir il y a un an.

Retrouvez l’intégralité   du discours d’Emmanuel Macron devant le Congrès

Il a ensuite passé en revue plusieurs dossiers et fait quelques annonces, voici les principales :

  • Répondre aux parlementaires

Emmanuel Macron a annoncé vouloir déposer un amendement à la réforme constitutionnelle afin qu’il lui soit permis, dès l’année prochaine, de rester au Congrès pendant les débats parlementaires suivant son allocution – le président a promis l’an dernier de revenir chaque année devant le Congrès.

M. Macron entend ainsi répondre « aux pires reproches » faits « à cette procédure » alors que certains parlementaires ont choisi de boycotter le rendez-vous, dénonçant une rencontre « surfaite » ou encore un exercice « autocratique, monarchique ». Le format actuel du Congrès, qui veut que le président quitte les parlementaires après son allocution, a été acté lors d’une réforme soutenue par Nicolas Sarkozy, en 2008.

Lire :   Ces élus qui boycottent le Congrès d’Emmanuel Macron

La révision constitutionnelle doit être examinée à partir de mardi en première lecture dans l’hémicycle de l’Assemblée.

  • Construire l’Etat providence du XXIe siècle

Le rendez-vous précédemment annoncé avec les principales organisations patronales et syndicales, prévu le 17 juillet, doit permettre de « jeter les bases d’un nouveau contrat social, celui du siècle qui s’ouvre », a déclaré Emmanuel Macron.

« C’est à son élaboration comme au détail de sa mise en œuvre que je veux les inviter », a-t-il ajouté, précisant vouloir aborder « la réforme de l’assurance chômage ou la santé au travail » dans « un esprit constructif ».

Lire aussi :   Les « transformations » voulues par Macron tardent à voir le jour

  • Dépenses publiques : faire des « choix forts » pour serrer la vis

M. Macron a promis « des choix forts et courageux » pour engager la baisse des dépenses publiques, qui seront annoncés « dans les prochaines semaines » par le premier ministre.

« Tout le monde souhaite la baisse des impôts (…), mais nul ne veut jamais les assumer lorsqu’elles sont décidées, a-t-il fait valoir. Il ne saurait y avoir de baisse de la fiscalité ou de développement de l’investissement sans un ralentissement de la hausse continue de nos dépenses ».

La France a officiellement quitté à la fin juin la procédure pour déficit excessif qui était ouverte contre elle depuis 2009 par la Commission européenne.

Cette baisse des dépenses « s’accompagnera d’une réorganisation de l’Etat à travers plus de présence sur les territoires, plus de souplesse de gestion », a affirmé le président. « D’ici la fin de l’année, le premier ministre présentera l’ensemble de ces décisions pour la transformation indispensable de l’action publique », a-t-il insisté.

  • Refondre le régime des retraites

A quelques mois de la réforme des retraites voulue par le président, « faire croire que nous voudrions supprimer les pensions de réversion est une rumeur malsaine, visant à faire peur », a tenu à dénoncer le chef de l’État.

Comprendre :   qu’est-ce que la pension de réversion ?

« Dès 2019 nous refondrons notre régime de retraite pour protéger mieux ceux dont les carrières sont hachées, instables, atypiques », ce qui concerne « bien souvent les carrières des femmes », a-t-il déclaré devant le Congrès.

« Rien ne changera pour les retraités d’aujourd’hui », a-t-il affirmé, déclenchant des exclamations dans les rangs des parlementaires.

  • Mise en œuvre du plan pauvreté en 2019

Reporté à la rentrée par le gouvernement, le plan pauvreté, sera présenté « en septembre » et mis en œuvre « en 2019 », a confirmé Emmanuel Macron, en promettant « un accompagnement réel vers l’activité » pour les personnes « les plus fragiles ».

« Elle ne se contentera pas de proposer une politique de redistribution classique, mais une politique d’investissement et d’accompagnement social. Non pas de nouvelles aides, en solde de tout compte, mais un accompagnement réel vers l’activité », a-t-il ajouté.

La présentation du plan pauvreté, issu d’une concertation lancée en grande pompe à la fin 2017, devait initialement être faite le 10 juillet. La semaine dernière, elle a été reportée à la rentrée, suscitant la déception et les critiques des associations.

  • Donner un « cadre » à l’islam dès l’automne

« La République n’a aucune raison d’être en difficulté avec l’islam », a affirmé Emmanuel Macron, soulignant que « dès l’automne, un cadre et des règles » seront donnés à ce culte, « garantissant qu’il s’exercera partout de manière conforme aux lois de la République ».

Lire aussi :   Collomb et Philippe pressent les responsables musulmans d’agir

M. Macron avait confié en février son intention de « poser les jalons de toute l’organisation » de la deuxième religion de France. A la fin juin, le gouvernement a annoncé le lancement « d’assises territoriales » destinées à réformer l’organisation de ce culte ainsi que son financement. Cette « grande concertation » devra être organisée par chaque préfet « d’ici au 15 septembre », en vue d’améliorer la représentation institutionnelle du culte musulman, le financement des mosquées et la formation des imams et aumôniers.

  • Appel à la « solidarité » européenne pour répondre à la crise migratoire

Alors que l’Europe est secouée par une intense crise diplomatique à propos de la question migratoire ces dernières semaines, M. Macron a affirmé que « ce sujet ne peut être réglé ni dans l’émotion, qui crée la confusion, ni dans la fermeture et le repli nationaliste ».

« Toute politique nationaliste de court terme ne réglera en rien la situation migratoire », a insisté le président, qui a été au centre d’une violente passe d’armes avec l’exécutif italien avant l’accord sur la gestion des flux migratoires arraché par les 28 Etats membres de l’Union européenne fin juin à Bruxelles.

« L’essentiel de nos réponses passe par un renforcement de nos frontières communes en Europe et par une politique de responsabilité et de solidarité au sein de l’Europe », a ajouté le chef de l’Etat.

Et de souligner :

« Jamais la France n’acceptera les solutions de facilité que d’aucuns aujourd’hui proposent, qui consisteraient à organiser des déportations, à travers l’Europe, pour aller mettre dans je ne sais quel camp, à ses frontières ou en son sein ou ailleurs, les étrangers » non admis en France.

M. Macron a ainsi affirmé que la « véritable frontière en Europe » était celle qui sépare « progressistes » et « nationalistes » et que leur affrontement serait au cœur des élections européennes de 2019. « Ce sera difficile, mais le combat est clairement posé », a-t-il déclaré.

Lire aussi :   Les migrants, thème déjà central des élections européennes

  • Macron se défend d’appliquer une politique pour « les riches »

Assurant vouloir défendre par sa politique « les entreprises » et « non pas les riches », le chef de l’Etat a assuré qu’il n’aimait « ni les castes, ni les rentes, ni les privilèges ».

Comprendre :   Les mesures de la première année d’Emmanuel Macron avantagent-elles vraiment les plus riches ?

« Une politique pour les entreprises, ce n’est pas une politique pour les riches. C’est une politique pour toute la nation, une politique pour l’emploi, une politique pour les services publics », a-t-il déclaré, tandis qu’il est accusé par ses opposants d’être « le président des riches ». « Il est mensonger de vouloir défendre les salariés si l’on ne défend pas les entreprises », a ajouté M. Macron, justifiant les réformes fiscales mises en place depuis un an par la nécessité de renforcer la compétitivité de la France.

Lire aussi :   Un an après son élection, Emmanuel Macron tient-il ses promesses de campagne ?

Le Monde.fr

Publié dans:Politique |on 10 juillet, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………..(09/07/2018)

Libération 09 juillet 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

L’entêté de Versailles

Trop long, comme toujours. Ainsi que dirait Audiard : c’est curieux, chez Macron, ce besoin de faire des phrases… Une heure et demie de discours devant le Congrès réuni à Versailles. Pour un président concentré sur les grandes orientations du pays, voilà une prolixité contre-productive, comme s’il fallait conjurer par l’abondance des mots les critiques et les déceptions exprimées dans le pays. Comme si, au passage, il n’y avait plus de Premier ministre, puisqu’on a assisté au double développement d’un plaidoyer touffu sur l’action passée et d’une description détaillée de la politique à venir, habituellement dévolues au chef du gouvernement. Un chef réduit au rôle ingrat d’exécutant transparent du plan tombé de l’Olympe.

«Je suis humble», dit le président. On pense au mot de Sacha Guitry : «en matière de modestie, je suis imbattable». Celui qui proclame son humilité se met d’autant plus en valeur. Mais au fond, l’intention est bonne. Laissons ce point au président.

Plus sérieux : dans ce mélange de mea culpa et de profession de foi, un point retient l’attention, sur lequel le président s’accroche comme à un credo. Macron n’est pas le «président des riches», dit-il, mais celui qui veut mettre fin aux «inégalités de destin». Louable volonté : c’est un fait que l’inégalité des chances s’est enkystée en France, malgré les efforts de tant de gouvernements. Qui peut se plaindre qu’on tente d’arracher chacun à l’assignation sociale née de son origine, de favoriser la mobilité sociale, de «réparer l’ascenseur social». Chaque homme du rang, tel le soldat de l’an II, a son bâton de maréchal dans sa giberne : quoi de plus républicain ? Mais cet appel à l’émancipation individuelle s’oppose, bien sûr, à l’égalitarisme socialisant du «vieux monde». Aide-toi et la société t’aidera : voilà qui économisera «un pognon de dingue».

Problème : tout le monde ne peut pas être «premier de cordée», même si cette place enviable est ouverte à tous. Macron raisonne comme si, pour ne plus être le «président des riches», mais celui de tous les Français, il suffisait que tous les Français deviennent riches. Version «en marche» du rêve américain, qui est un mythe utile, mais un mythe tout de même. Le bon vieux socialisme professait à l’inverse que chacun, quelle que soit sa place dans la société, en bas, en haut ou au milieu, avait droit à une protection, une dignité, une sécurité, quand bien même ses rêves d’ascension, d’enrichissement, seraient déçus. Il remarquait aussi que «l’inégalité de destin» était souvent déterminée par l’inégalité tout court, celle de la situation d’origine, et que réduire la deuxième, c’était aussi combattre la première. Bref, qu’une politique égalitaire englobait tout l’être social, et pas seulement la capacité à échapper au déterminisme de classe. Mais c’était, il est vrai, la naïve ambition du vieux monde… Place à la compétition, à la concurrence, à la course implacable vers le sommet, du moment que tous soient sur la même ligne de départ. Libéralisme contre social-démocratie : on n’en sort pas.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 9 juillet, 2018 |Pas de commentaires »

PS……………………….(03/07/2018)

PS............................(03/07/2018) dans Politique upload-file-20222272018

Publié dans:Politique |on 3 juillet, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………….(28/06/2018)

Libération 28 juin 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Alerte météo sur la macronie

Ce n’est pas la fin de «l’état de grâce». Ce vieux concept n’existe plus. En ce bas monde politique, il n’y a plus ni état – tout bouge tout le temps – ni grâce. Mais c’est la fin de l’indulgence. Il était beaucoup pardonné à Emmanuel Macron en raison de sa jeunesse, de sa nouveauté, de son alacrité, de son appétit de réforme. Cette période se termine. Signaux faibles : ses blagues plus ou moins contrôlées passent de plus en plus mal, à l’exemple sa sortie sur la «mafia bretonne», qui gêne sans doute les Bretons mais surtout les Italiens : plaisanter à Rome sur la mafia revient à parler de corde dans la maison d’un pendu ; les polémiques subalternes qui touchent à son train de vie irritent de plus en plus, Jupiter, dieu grec, se révèle aussi faillible, calculateur ou négligent que les humains ; les sondages enfin, oracles fragiles, montrent une chute abrupte, peut-être transitoire (le Président a déjà rétabli une fois sa situation à la fin de l’année dernière), mais qui prouvent que son profil droitier s’installe : il monte à droite mais s’effondre à gauche.

Signaux forts : il va de déconvenue en déconvenue sur la scène internationale, avec Trump, avec l’Europe, avec l’Italie et quelques autres pays. Il se heurte à une équation économique soudain redoutable, promettant une baisse des dépenses et du déficit alors que le ralentissement de la croissance va limiter les recettes. L’image d’un monarque peu soucieux des manants, décrit par Jean-Louis Borloo hier soir à Valenciennes dans le Nord (même si l’intéressé cherche à minimiser son propos), pourrait bien devenir la tunique de Nessus du quinquennat. Christophe Castaner, porte-parole, renvoie Borloo à «l’ancien monde» impotent et failli. Piètre défense : si tel est le cas, pourquoi lui avoir confié l’élaboration du rapport sur les banlieues ?

Rien n’est définitif, rien n’est figé. Les réformes passent, Macron reste plus populaire que ses prédécesseurs au même moment de leur quinquennat, les Français sont encore sensibles à un discours d’action et d’optimisme. Mais l’atmosphère n’est plus la même. Le soleil brille toujours dans un coin du ciel macronien. Mais les nuages assombrissent l’horizon. Le temps se couvre…

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 28 juin, 2018 |Pas de commentaires »

Je t’aime, moi non plus…………………..(28/06/2018)

les mieux placés pour nous expliquer ce qu’ils n’ont pas fait. »

Par L’Obs

Publié le 28 juin 2018 à 10h44

Jean-Louis Borloo n’est pas content, mais alors pas du tout content. L’ex-ministre a éreinté mercredi soir « la vision de la société », « inefficace et dangereuse », d’Emmanuel Macron et de son gouvernement.

L’ex-maire de Valenciennes, auquel le chef de l’Etat avait commandé un rapport sur les banlieues qu’il n’a finalement pas utilisé, n’y est pas allé de main morte lors d’une réunion publique à Valenciennes.

« Cette vision de la société, je la trouve inefficace et dangereuse », a-t-il dit mercredi soir, des propos diffusés sur RTL ce jeudi matin.

« En d’autres termes, si on parlait cuisine, il faut faire attention que notre pays ne se retrouve pas dans la situation culinaire désagréable où le gratin se sépare des nouilles », a-t-il lancé. Et d’ajouter :

« Ça n’a jamais fait un grand plat. C’est le problème d’une monarchie qui, en fait, n’a plus de moyens, et ce qui me dérange, c’est que les quelques moyens qu’elle a, elle a décidé d’arbitrer pour permettre à ceux qui courent le plus vite de courir de plus en plus vite. »Joint ce matin par « le Figaro », Jean-Louis Borloo revendique sa liberté de ton :  »Je ne suis pas un acteur de la vie politique. J’ai quitté la vie politique, ce qui m’autorise à faire de temps en temps des alertes. On doit pouvoir dire les choses. »

Mais l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy tente l’apaisement. Il assure n’avoir jamais voulu cibler Emmanuel Macron…

« Si certains l’ont pris pour eux, ce n’était pas mon propos qui ne s’adressait pas au gouvernement ou au président. Ça n’avait rien à voir avec le président ! Si on essaie de faire le lien, c’est juste ridicule », explique Borloo.

Réplique de Castaner

Christophe Castaner, ministre des Relations avec le Parlement, a répondu, sur LCI : « Il a certainement de l’expérience pour commenter, mais ça m’interroge. [...] Je ne le savais pas critique gastronomique. »

« Ceux qui sont aux responsabilités depuis 30 ans sont-ils les mieux placés pour nous expliquer ce qu’ils n’ont pas fait et que nous devrions faire ? », a ajouté le délégué général de La République en Marche.

Jean-Louis Borloo avait remis fin avril au gouvernement un rapport pour améliorer la vie dans les quartiers en difficultés. Nombre de commentateurs, associations et élus, estimaient que le rapport avait été enterré.

 

 

L’ancien ministre avait jusque-là assuré n’avoir « aucun problème » avec Emmanuel Macron, estimant que « le président de la République est souverain » lorsqu’il commande un rapport et que son auteur n’a pas à « faire des commentaires ».

L'Obs

L’Obs

Je t'aime, moi non plus.......................(28/06/2018) dans Politique oba-icon
Publié dans:Politique |on 28 juin, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin……………….(27/06/2018)

Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Europe : on ferme !

L’image est trompeuse. Elle l’est d’autant plus en matière d’immigration. Comme lors de la crise de 2015, consécutive à la guerre en Syrie, on voit sur les écrans les mêmes bateaux surchargés, les migrants tentant de passer des barrières de grillage, les exilés risquant des passages périlleux à travers des cols enneigés. Alliés à la cacophonie européenne sur le sujet, ces symboles, comme dans une persistance rétinienne, font prospérer l’idée d’une Union impuissante face à une énorme vague migratoire, si bénéfique aux partis nationalistes.

Dès qu’on dépasse l’apparence, on découvre une vérité toute différente. En fait, l’histoire des migrations vers l’Europe depuis plusieurs années se ramène à une formule simple et brutale : on ferme ! L’Espagne avait pris les devants en négociant avec le roi du Maroc l’érection d’une barrière au nord du pays qui ferme en fait le détroit de Gibraltar. L’Union, sous l’impulsion d’Angela Merkel, a passé un accord avec la Turquie pour lui renvoyer, en échange de quelque 3 milliards d’euros par an, les migrants qui affluaient du Moyen-Orient, ce qui a pour effet de couper pratiquement la route orientale. En Grèce, les migrants qui passent encore dans les îles proches de la Turquie sont refoulés ou bien bloqués sur place. Les frontières macédonienne et hongroise sont fermées par un mur, ce qui a obstrué la route des Balkans. Restait l’Italie, destination des migrants venant de Libye. Sous l’impulsion de la coalition au pouvoir, elle est en passe de se refermer également. Du coup, les chiffres d’arrivées se sont effondrés.

Quel que soit le résultat du sommet européen qui s’ouvre jeudi, le sens général du mouvement n’est pas douteux. Il est très probable que deux décisions soient prises : le renforcement de Frontex, la police européenne de l’immigration aux frontières extérieures de l’Europe, le principe de la création de «centres fermés» qui seraient installés dans les pays «de première ligne» ou bien dans certains pays limitrophes pour examiner sur place la situation des candidats à l’asile.

L’extrême droite engrange succès sur succès en agitant le spectre de la «submersion migratoire». Au même moment, l’Europe se transforme, sinon en forteresse, du moins en un continent de plus en plus difficile d’accès. Tel est le paradoxe de cette affaire : la politique est en retard sur la réalité – laquelle n’a rien de plaisant – mais contredit les discours des xénophobes. Vieille leçon : plus que les réalités, ce sont les mythes qui gouvernent.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 27 juin, 2018 |Pas de commentaires »
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