Archive pour la catégorie 'Politique'

En fonction du temps ? (16/05/2018)

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Nicolas Hulot annonce qu’il décidera cet été s’il reste ou quitte le gouvernement
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Publié dans:"AFFAIRES", Politique |on 16 mai, 2018 |Pas de commentaires »

Seul, lui ne le sait pas…………………(09/05/2018)

Liberation

La politique d’Emmanuel Macron est une politique sans valeurs

Nicolas Matyjasik
Il y a 1 heure
Seul, lui ne le sait pas.....................(09/05/2018) dans Politique

Avec son culte du chiffre et de la performance, le chef de l’Etat participe à un mouvement d’expropriation de la pensée, et de confiscation de la décision des citoyens.

Emmanuel Macron devant la pyramide du Louvre à Paris le 7 mai 2017.© Fournis par Libération Emmanuel Macron devant la pyramide du Louvre à Paris le 7 mai 2017.Un an et c’est déjà l’overdose du bilan. A longueur d’analyses, tout y passe : les aptitudes physiques du «chef» (le nouvel homme augmenté ?), les métaphores royales, voire impériales, le positionnement transcendant sur l’échiquier politique, le nombre «colossal» de déplacements internationaux, la prétendue frénésie des réformes, etc. Mais quelle idéologie peut-on déceler, en filigrane, derrière la pratique du pouvoir ?

Depuis le début du quinquennat, chaque action de l’exécutif est soutenue par une monstration de la modernité, évoquée de manière quasi religieuse : «Un devoir d’efficacité», «un langage de vérité». La rhétorique du management privé, les anglicismes modernisateurs sont convoqués par le «nouveau monde» politique. Les réformes ont à peine le temps d’être mises en œuvre qu’elles sont déjà dépassées par la réforme suivante, à coup de «bottom-up», «impact», «innovation», «benchmarking» ou autre «évaluation».

Cette invasion des normes, des outils, des standards de gestion, cette emprise grandissante des notations n’est pas nouvelle. Des sociologues (Alain Desrosières, Eve Chiapello ou encore Albert Ogien) ont en effet montré les processus historiques et sociaux de construction de ce «gouvernement par les nombres». Précisément, on a ainsi pu souligner que la prolifération des dispositifs de quantification et d’évaluation a permis la colonisation des services publics par la langue fonctionnelle de l’entreprise, ce que l’on nomme le New Public Management, art néolibéral de démantèlement de l’Etat.

Cette mise en mathématique du monde social fait aujourd’hui office de politique. Sous couvert d’apolitisme, de pragmatisme et de rationalisation, une idéologie gouverne les multiples réformes mises en œuvre par le pouvoir exécutif : on fait se substituer aux discours axés sur les valeurs, des discours privilégiant les techniques. Les instruments régulent, fragmentent, contrôlent et rendent conforme l’ensemble des pratiques sociales.

Cette politique néolibérale se pare du masque de l’objectivité technique et de la neutralité ; elle ne laisse aucune place au commun, elle ne laisse aucune place à la contestation. Il faut être efficace et performant. A l’hôpital, au sein de l’université, des Ehpad, dans les activités sociales et culturelles. Aucun pan de l’action publique ne doit y échapper. Mais, on ne pose jamais la question du sens, de ce que doit être l’Etat, la puissance publique, dans une société sous tension, ce que les usagers, les citoyens veulent comme services publics au XXIe siècle.

Au-delà du culte du chiffre, réduction des déficits publics, course pour un point de croissance ou baisse drastique du nombre de fonctionnaires, il convient aussi de réfléchir sur les mots que nous employons pour dire le monde. Nous ne les utilisons pas impunément. Par exemple, il faudrait se rappeler que disruption, mot qui obsède tant le nouveau champ politique, dérive, dixit le dictionnaire de l’Académie française, du latin disrumpere,«briser en morceaux, faire éclater». Que certains philosophes, comme Bernard Stiegler, y voit aussi le slogan d’une nouvelle forme de barbarie. On pourrait également faire l’analyse du terme «performance» qui provient d’un vocabulaire de «turfiste». C’est la manière dont court un cheval qui progressivement va prendre le sens de score et drainer avec elle, la compétition, la rivalité, qui fait de l’autre un adversaire.

Toutes ces formes actuelles de mesure, d’évaluation, de gouvernementalité participent à un mouvement d’expropriation de la pensée, une confiscation de la décision des citoyens. Le politique se met en capacité de créer un espace qu’il domine et mesure, via des indicateurs. Pas de place pour le débat, la contradiction, la production d’un sens et d’une finalité. On exécute un acte par soumission à l’automatisme des procédures, il n’y a pas de pire menace pour une démocratie.

Faute de prendre du temps pour mettre en débat les chiffres, les valeurs, c’est un mode d’emploi simplifié qui est choisi, plutôt que la pensée complexe, ouverte à l’inconnu. Comme le disait le philosophe Jean-François Lyotard: «Dans un univers où le succès est de gagner du temps, penser n’a qu’un défaut, mais incorrigible : d’en faire perdre».

 

desirdavenir77500
Publié dans:Politique |on 9 mai, 2018 |Pas de commentaires »

An II de la macronie méprisante…………(08/05/2018)

  1. L’Obs
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  3. 6 réformes qui pourraient embraser l’an II de la présidence Macron

6 réformes qui pourraient embraser l'an II de la présidence Macron
Emmanuel Macron à Nouméa, le 5 mai 2018. (LUDOVIC MARIN/AFP)

Emmanuel Macron est au pouvoir depuis un an. Ses ambitions pour les douze prochains mois devraient de nouveau enflammer le débat public… et la rue.

Un président réformateur : tel s’était présenté le candidat d’En Marche !, tel est le président Macron. A l’orée d’une deuxième année traditionnellement compliquée pour les présidents de la Ve République, le chef de l’Etat n’entend montrer aucun signe d’inflexion sur la politique engagée dès son élection : code du travail, assurance-chômage, retraites, Emmanuel Macron a engagé pas moins de six réformes sociales majeures dès son entrée en fonction.

A celles-ci se sont ajoutés une vaste réforme de la SNCF, en voie de « finalisation » malgré un mouvement de grève historique, un très controversé projet de loi asile et immigration qui a effrité son groupe parlementaire, une réforme des universités (Loi ORE) qui a provoqué le blocage prolongé de nombreuses facs et plusieurs textes de portée sociétale tels qu’un projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles.

Voici le programme de l’An II, qui s’annonce tout aussi effréné.

1Réforme de la justice

Le projet de loi de réforme de la justice, porté par la garde des Sceaux Nicole Belloubet, a été présenté en Conseil des ministres le 20 avril. Il vise notamment à simplifier les procédures pénale et civile, mais aussi à améliorer l’organisation territoriale et l’efficacité des peines. Objectif : « Rétablir la confiance de nos concitoyens dans notre justice. »

Le texte prévoit l’instauration de tribunaux criminels départementaux, une juridiction à mi-chemin entre les assises et les tribunaux correctionnels. Points plus polémiques : la fin de l’incarcération automatique pour les peines inférieures à un an, en multipliant les alternatives en milieu ouvert, et surtout la fusion entre les tribunaux d’instance et de grande instance.

Avocats et magistrats ont déjà conduit plusieurs journées de protestation, dont des journées « justice morte » : pour l’Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), cette fusion conduirait en effet à la suppression de plus de 300 tribunaux d’instance, vus comme des lieux de « justice de proximité ».

 

 

La direction de l’administration pénitentiaire a récemment annoncé un nouveau record du nombre de détenus dans les prisons françaises, avec 70.367 personnes incarcérées au 1er avril. Le taux d’occupation atteint en moyenne 118% dans les prisons, et grimpe à 143% dans les maisons d’arrêt.

2Réforme constitutionnelle

Peut-être la principale difficulté politique de cette seconde année : pour modifier la Constitution, Emmanuel Macron devra non seulement convaincre mais surtout réunir 60% des suffrages des parlementaires réunis en congrès. Et la droite, majoritaire au Sénat, entend déjà lui mettre des bâtons dans les roues : le gouvernement souhaite en effet introduire une dose de 15% de proportionnelle pour les élections législatives, mais aussi baisser de près de 30% le nombre de députés et sénateurs.

Ce qui signifie qu’à partir de 2022, les deux assemblées compteront 244 sénateurs et 404 députés, contre 577 et 348 actuellement : une mesure plutôt populaire dans l’opinion… Mais qui ne convient pas du tout à la droite pour qui une baisse de cette ampleur « sacrifierait les territoires les plus fragiles ». Autre sujet sensible : la limitation à trois mandats maximum dans le temps (pour les communes de plus de 9.000 habitants), également rejetée par la droite.

 

 

Le texte, qui prévoit aussi une référence explicite à la Corse, doit être présenté, en deux fois, en Conseil des ministres au mois de mai, avec une adoption définitive à l’horizon 2019.

3 Unification des systèmes de retraites

Attention secousses. Le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye travaille à remettre à plat les 37 systèmes de retraites français, pour une réforme « éminemment politique » censée être adoptée d’ici à l’été 2019. Dans le collimateur : tous les régimes spéciaux, notamment ceux des fonctionnaires.

 

 

Le sujet est extrêmement sensible et le gouvernement veut se laisser le temps. La ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn a d’ores et déjà prévenu qu’elle ne voulait pas  »se laisser enfermer dans un calendrier ». La réforme des retraites devrait être débattue au Parlement « au cours du premier semestre 2019″, a néanmoins rappelé Jean-Paul Delevoye, pour qui « le calendrier de cette réforme nous permet de profiter de toute l’année 2018 pour discuter, dialoguer ».

4Plan de départs dans la fonction publique

L’annonce avait pris les fonctionnaires de court, début février. Gérald Darmanin et Edouard Philippe annonçaient un vaste plan de départs volontaires dans la fonction publique, dans le cadre de l’objectif présidentiel de suppression de 120.000 postes. Une « grande concertation » va courir sur toute l’année 2018 entre le gouvernement et les syndicats de fonctionnaires. Le texte, lui, doit être présenté début 2019.

 

 

L’exécutif souhaite étendre « largement » le recours aux contractuels ne bénéficiant pas de l’emploi à vie et développer davantage la rémunération au « mérite ». Outre ces deux dossiers traditionnellement sensibles, la discussion doit également porter sur deux autres chantiers délicats : la simplification des instances représentatives du personnel et l’accompagnement des départs ou des reconversions dans la fonction publique.

5PMA, GPA, fin de vie… l’explosive future loi bioéthique

Les Etats généraux de la bioéthique, ouverts en janvier, se tiennent jusqu’au mois de juillet : cette vaste concertation nationale de citoyens et d’experts doit nourrir un projet de loi bioéthique qui sera déposé à l’automne. PMA pour toutes, fin de vie, données de santé, intelligence artificielle, autant de sujets brûlants qui pourraient susciter bien des réticences chez les conservateurs (Manif pour tous et Conférence des évêques en tête) et les data-sceptiques.

 

 

L’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA, ou AMP) aux femmes célibataires et aux couples de femmes, à laquelle est favorable Emmanuel Macron, figure en bonne place dans les discussions. Dans « le Monde » en janvier, 110 personnalités ont par ailleurs réclamé une « réforme urgente » des lois concernant la gestation pour autrui (GPA).

6 Prélèvement à la source

Elle est donc cette fois en route : la retenue à la source va devenir « une réalité » dès le 1er janvier 2019, et le taux de prélèvement de 37 millions de foyers fiscaux sera calculé, chaque mois, sur la base de leur revenu de référence. Les couples qui le souhaitent pourront opter pour des taux individualisés pour éviter que les deux conjoints ne soient prélevés au même taux, quel que soit leur salaire.

Pour des raisons de confidentialité, les contribuables qui le souhaitent auront en outre la possibilité de demander l’application d’un « taux neutre ». Leur taux de prélèvement réel ne sera alors pas connu de leur employeur, mais ils devront régulariser chaque année leur situation auprès du fisc. Autant de dispositifs qui complexifient la réforme, et suscitent de fortes réticences chez les chefs d’entreprise. Faisant part de sa forte inquiétude, le président du Medef Pierre Gattaz, a demandé un moratoire d’un an.

 

 

« Je comprends les interrogations » mais « de temps en temps, c’est bien de penser aux salariés », juge le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin, vantant « une mesure de simplification pour les Français » : près de « 98% des foyers fiscaux voient leurs revenus changer d’une année sur l’autre », or « le décalage d’un an entre les revenus et le paiement des impôts peut poser de nombreuses difficultés ».

Reste à savoir comment les Français encaisseront le choc psychologique de voir leur fiche de paie amputée chaque mois…

Les autres mesures attendues

  • La taxe d’habitation va diminuer d’un tiers dès l’automne 2018, pour 80% des ménages. Elle diminuera d’un second tiers en 2019, avant de disparaître, pour tout le monde, en 2020.
  • Emmanuel Macron a annoncé au magazine « Forbes » sa volonté de supprimer l’ »Exit Tax » pour les contribuables partant à l’étranger, suscitant une salve de critiques contre sa politique fiscale déjà accusée de favoriser les très riches.  »Les gens sont libres d’investir comme ils le souhaitent », argue Macron, qui dresse un parallèle avec la relation de couple : « Je suis favorable à l’idée de pouvoir se marier librement et de divorcer librement. »
  • L’Allocation adulte handicapé (AAH) sera revalorisée de 90 euros par mois, passant de 810 à 860 euros en novembre 2018, puis à 900 euros en novembre 2019.
  • Le CICE sera définitivement transformé en allègements de cotisations sociales pour les entreprises, début 2019.
  • Le nombre d’élèves par classe sera passé à 12 dans 2.500 classes de CP dans les réseaux prioritaires REP+, à la rentrée 2018. La mesure doit être étendue aux CP et aux classes de CE1 en REP.

T.V.

Publié dans:Politique |on 8 mai, 2018 |Pas de commentaires »

Eh ! oui……………………………..(07/05/2018)

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Un an après la présidentielle, les villages « 100% Macron » de l’Aude s’estiment « oubliés »
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Publié dans:Politique |on 7 mai, 2018 |Pas de commentaires »

Le social sauce macron………………..(04/05/2018)

Récit

A Paris, les LREM s’en prennent aux HLM

Par Tonino Serafini — 3 mai 2018 à 20:46
Paris, avec 20 % de HLM, n’a pas encore atteint le quota de 25 % exigé par la loi Solidarité et renouvellement urbain.
Paris, avec 20 % de HLM, n’a pas encore atteint le quota de 25 % exigé par la loi Solidarité et renouvellement urbain. Photo Benoit Grimbert

Sous couvert de favoriser les classes moyennes, les élus macronistes proposent de vendre 1 % du parc social de la capitale tous les ans. Ce vœu, qualifié de «complètement démago» par la mairie, est débattu ce vendredi au Conseil de Paris.

  • A Paris, les LREM s’en prennent aux HLM

La séance s’annonce animée, voire houleuse, vendredi au Conseil de Paris, appelé à débattre d’un vœu des élus macronistes. Leur texte propose ni plus ni moins de vendre tous les ans près de 2 500 HLM dans une capitale qui manque cruellement de logements aux loyers accessibles. L’affaire suscite déjà une vive polémique. Pourquoi céder des logements du parc social à Paris alors que les prix du marché locatif sont explosifs ? Il faut compter entre 1 600 et 2 200 euros par mois (selon les quartiers) pour louer un appartement familial de 70 m2 dans le privé. En HLM, c’est trois fois moins cher.

Tous élus aux municipales de 2014 sur des listes PS, UMP, UDI ou Modem avant de rallier Emmanuel Macron, les auteurs de ce vœu proposent de devancer une mesure controversée du projet de loi «évolution du logement, de l’aménagement et du numérique» (Elan). Elle oblige tous les organismes de HLM à vendre 1 % de leur patrimoine chaque année. S’il était adopté en l’état, ce texte autoriserait la vente de logements sociaux, y compris dans les villes qui en ont très peu, comme Neuilly-sur-Seine, Le Vésinet ou Cannes. Et aussi à Paris qui, avec 20 % de HLM, n’a pas encore atteint le quota de 25 % exigé par la loi Solidarité et renouvellement urbain (Paris compte 250 000 HLM sur un parc total de 1,3 million de logements). Le projet de loi Elan ne sera pas examiné par l’Assemblée et le Sénat avant juin. Mais les élus macronistes parisiens veulent aller plus vite que le Parlement, et faire appliquer dans la capitale un texte avant même qu’il ne soit voté et peut-être amendé par les députés et sénateurs. «Nous, on essaye de défendre l’application de la politique gouvernementale, explique à Libération Anne-Christine Lang, conseillère de Paris (ex-PS), élue députée sous l’étiquette LREM en 2017. Avec notre vœu, on veut donner la possibilité à des gens qui gagnent entre deux et trois Smic [de 2 300 et 3 450 euros, ndlr], à des familles de la classe moyenne, d’accéder à la propriété à Paris.» Même son de cloche chez les autres élus signataires du texte soumis au débat, qui mettent aussi en avant une mesure pro-classes moyennes.

Nerf de la guerre

«C’est totalement démago», riposte Ian Brossat, adjoint (PCF) chargé du logement à la mairie de Paris. «Qui peut croire sérieusement qu’avec des revenus moyens, un ménage avec des enfants va pouvoir débourser 700 000 ou 800 000 euros pour acheter son appartement HLM qu’il occupe ? interroge-t-il. Sauf à brader ces logements qui appartiennent à tous les Parisiens, ce qui serait totalement inacceptable pour les deniers publics.» Cette question du tarif auquel seraient vendus les HLM n’est pas fortuite. Anne-Christine Lang laisse entendre qu’il «n’est pas question de vendre un logement social» aux «prix du privé». Mais dans ce cas, sous couvert de faciliter l’accession de la classe moyenne à la propriété, les acquéreurs, qui achèteraient à des prix très inférieurs au marché, réaliseraient d’incroyables plus-values au détriment de la collectivité.

Le vœu des élus macronistes a peu de chances d’être adopté. Même avec le renfort des élus de droite, ils ne disposent pas d’une majorité au Conseil de Paris. Certains voient dans cette affaire un coup de com téléguidé par Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, qui nourrit des velléités de candidature à la mairie de Paris aux municipales de 2020 (lire notre article). Et pour mieux préparer son atterrissage, il «multiplie les coups» contre la politique d’Anne Hidalgo. «Cette offensive par le prisme de la vente des HLM ne me surprend pas. Griveaux a enfourché le programme le plus droitier de LREM», dit de lui un élu PS bourguignon qui a bien connu Griveaux lorsqu’il était vice-président du conseil départemental de Saône-et-Loire. «La stratégie de LREM dans la capitale est de se substituer à la droite parisienne, ajoute Rémi Féraud, président du groupe PS au Conseil de Paris. Benjamin Griveaux veut faire une OPA sur cet électorat en revisitant tous les vieux thèmes de la droite parisienne, comme la vente des HLM.»

Pour motiver leur vœu, les élus macronistes reprennent l’argumentaire du gouvernement figurant dans le projet de loi Elan. En substance : la vente d’un logement HLM «permet la construction de trois logements [sociaux]», en procurant des fonds propres aux organismes. A condition que le logement soit déjà amorti, c’est-à-dire remboursé. Car pour construire, les HLM recourent à des emprunts d’une durée de trente à cinquante ans, les loyers acquittés par les locataires servant à payer le prêt. Or tout le parc social de la capitale est loin d’être remboursé.

Infographie - les logements sociaux à Paris

En outre, avoir des fonds propres n’est pas suffisant pour construire afin de reconstituer une offre locative. Dans la capitale, le nerf de la guerre, c’est les terrains à bâtir. «Le problème que nous avons pour faire plus de logements sociaux à Paris, ce n’est pas l’argent, mais la rareté du foncier», souligne Ian Brossat. Pas de parcelles, pas de possibilité de réaliser de nouveaux HLM pour compenser ceux vendus. Le vœu des macronistes porte sur «un plan quinquennal» de ventes de 1 % du parc HLM par an. A raison de 2 500 cessions chaque année, cela ferait un total de 12 500 logements sociaux «en moins pour l’éternité à Paris», affirme Jean-Yves Mano, ancien adjoint au logement de Delanoë, aujourd’hui président de Consommation, logement et cadre de vie, une association de consommateurs opposée à ces ventes.

Lors de la présentation du projet de loi Elan en Conseil des ministres, Libération avait interrogé le secrétaire d’Etat à la Cohésion des territoires, Julien Denormandie, sur la difficulté de reconstituer une offre de HLM – après des ventes – dans des villes déjà construites comme Paris, en raison de la pénurie de terrains. Réponse : «Il y a beaucoup de foncier en première couronne.» Sous-entendu en banlieue, où il y a déjà beaucoup de logements sociaux.

«Part d’effort»

Anne-Christine Lang ne dit pas autre chose, affirmant que la «question du logement et de la mixité sociale doit s’envisager à l’échelle de la métropole», et donc de reconstituer l’offre de HLM au-delà du périphérique. «Bien sûr, répond Rémi Féraud. Mais à condition que Paris prenne sa part d’effort dans le logement des foyers modestes. Or avec ce vœu, on veut les envoyer en banlieue comme le faisait la droite dans les années 90.» Il y a quelques années, Anne-Christine Lang défendait pourtant son droit d’habiter à Paris avec ses enfants dans un 110 m² appartenant à un bailleur social qu’elle a quitté en 2014 lorsqu’elle est devenue députée (PS), à la place de Jean-Marie Le Guen, nommé ministre.

Tonino Serafini

Liberation.fr
Publié dans:Politique |on 4 mai, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin……………..(04/05/2018)

Libération 03 mai 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

L’industrie du doute

«En temps de guerre, la première victime, c’est la vérité.» Cet adage attribué à Rudyard Kipling a été parfaitement assimilé par la propagande russe, qui trouve en France une myriade de gogos plus ou moins intéressés, Le Pen et Mélenchon au premier rang, pour l’appliquer avec zèle. On lira avec profit sur ce point l’enquête que publie Libération sur la désinformation russe. Elle est éclairante.

Cette tactique est de tout temps. Les états-majors, les gouvernements, les services secrets usent de toutes sortes de ruses pour tromper l’opinion et leurs ennemis. Elle a pris avec la puissance des réseaux sociaux une actualité aiguë. Ainsi chaque attaque chimique déclenchée par le régime syrien se double aussitôt d’un bombardement de fake news dans le monde virtuel. On tue les civils sur le terrain, on assassine la rationalité dans le cyberespace. L’industrie du doute devient une des divisions du complexe militaro-industriel poutinien. Les images ? Une mise en scène. Les témoins ? Ils sont partiaux. Les ONG ? Elles travaillent pour l’opposition. Les Etats démocratiques ? Ils mentent, etc. Et si jamais la réalité des attaques chimiques apparaît – ce fut le cas à plusieurs reprises – on change aussitôt son fusil d’épaule : ces armes chimiques sont celles des rebelles. Les affirmations se contredisent grossièrement, mais on compte sur la tête de linotte des réseaux sociaux pour remplacer le premier mensonge par un autre, tout aussi grossier. Toutes ces affirmations ne sont étayées par rien, aucun rapport officiel, aucune enquête indépendante, aucun élément matériel. Les ONG et les gouvernements démocratiques y opposent des faits, des arguments, des photos, des vidéos, des témoignages d’ONG parfaitement crédibles, des précédents établis, des communiqués étayés et pesés au trébuchet. On ne prend même pas la peine de les réfuter, encore moins point par point. Ce qui compte, c’est la confusion, le brouillage, la multiplication des objections, la prolifération des mensonges déstabilisants. Comme en économie, la mauvaise monnaie chasse la bonne et l’accumulation des sophismes finit par ébranler les consciences les plus solides. Enfin, si les organisations internationales mettent sur pied une équipe indépendante et indiscutable, la Russie obtient sa dissolution par veto.

La vérité est une et l’erreur multiple : les propagandistes jouent donc le nombre contre la raison. Certes, la vérité émerge au bout du compte. On sait aujourd’hui de manière prouvée, établie, certaine, que le régime syrien a mené par le passé plusieurs attaques chimiques destinées à chasser les combattants de leur refuge et à terroriser les civils pour obtenir ensuite leur évacuation dans un élan humanitaire ostensible. Il sera de même pour l’attaque de la Ghouta. Mais comme disait Bonaparte : «Il faut retenir les informations jusqu’à ce qu’elles n’aient plus d’importance.»

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 4 mai, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin…………….(02/05/2018)

Libération 02 mai 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Le piège de la violence

Suprême intelligence politique de l’ultra-gauche… Le mouvement syndical et la gauche tentent de se mobiliser pour faire pièce aux projets gouvernementaux ; la CGT et quelques autres saisissent l’occasion du 1er Mai pour tenter une démonstration de force pacifique et influer à la fois sur le gouvernement et l’opinion. De quoi parle-t-on le lendemain ? Des revendications de cheminots grévistes ? Du mouvement étudiant ? Des personnels épuisés des Ehpad ou de l’hôpital ? De la convergence ou de la non-convergence des luttes ? Non : de quelques estaminets saccagés au nom de l’anticapitalisme, des violences qui ont ébranlé deux heures durant le quartier de la gare d’Austerlitz, de la grave question de savoir s’il fallait disposer les effectifs policiers en tête de manif, en queue ou sur les côtés.

La droite se déchaîne au nom de l’ordre public, les chefs syndicaux sont embarrassés et condamnent les violences, Jean-Luc Mélenchon raconte ses visions qui lui font confondre fascistes et anarchistes, l’opinion qui réprouve globalement le désordre distingue bien entre syndicalistes et manifestants violents mais se demande à quoi peuvent bien servir ces dégradations gratuites qui terrorisent non la police mais quelques cafetiers méritants et une poignée d’employés de chez McDo soudain promus en représentants du capitalisme multinational suceur de sang.

Les héroïques briseurs de vitrine se réclament de Mai 68 : «Ils commémorent, nous recommençons.» La lecture d’un ou deux ouvrages de vulgarisation leur aurait appris que les réactions violentes du 3 mai 1968 ont eu lieu après l’arrestation de quelque deux cents étudiants et non avant. Qu’elles ont rencontré un soutien dans la masse des étudiants et bientôt auprès de la classe ouvrière, au lieu de rester désespérément minoritaires, et que la radicalité du mouvement s’est manifestée au sein d’un vaste mouvement démocratique et pacifique de grève et d’occupation des facs et des usines, comme l’étaient le mouvement contre le projet Devaquet en 1986 ou la longue grève de la SNCF en 1995, et non à sa place. Les actions plaquées, violentes et minoritaires, destinées à éveiller la conscience des masses, ont été rejetées au sein du mouvement ouvrier il y a plus d’un siècle. Appliqué aujourd’hui, il ne sert qu’à justifier les actions de la police, à renforcer la droite et à gêner le mouvement syndical.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 2 mai, 2018 |Pas de commentaires »

1 Mai…………………………….(01/05/2018)

Analyse

1er Mai : une marche à l’ombre pour les syndicats

Par Luc Peillon et Amandine Cailhol — 29 avril 2018 à 19:26
Dans le cortège des cheminots à Marseille, le 14 avril, lors de la manifestation «Stop Macron», organisée notamment par la CGT.
Dans le cortège des cheminots à Marseille, le 14 avril, lors de la manifestation «Stop Macron», organisée notamment par la CGT. Photo Patrick Gherdoussi. Divergence

Les centrales, qui semblent impuissantes face aux réformes en cascade du gouvernement, se présenteront en ordre dispersé lors de la Fête du travail.

  • 1er Mai : une marche à l’ombre pour les syndicats

Apeine sur la table, l’idée semblait déjà enterrée. Quand Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, a proposé, mi-avril, d’organiser un «1er Mai unitaire avec toutes les organisations syndicales», la formule avait tout du vœu pieux. Quinze jours plus tard, hormis quelques initiatives unitaires locales, c’est bien en ordre dispersé que les centrales célébreront la Fête du travail. Accompagnée de la CFTC et de l’Unsa, la CFDT propose un «1er Mai culturel et revendicatif» avec, au programme, la projection à Paris d’un film mettant l’«accent sur l’importance du dialogue social et de la négociation collective». De quoi se démarquer de la CGT qui, avec Solidaires, appelle à battre le pavé. Pas d’invitation à manifester, en revanche, du côté de Force ouvrière. Tout juste sorti d’un congrès mouvementé, le syndicat, qui n’a pas pour habitude de défiler le 1er Mai, a décidé de faire l’impasse (sauf en quelques lieux). «Chacun fera ce qu’il veut», résumait, le 19 avril, le tout nouveau secrétaire général de FO, Pascal Pavageau.

Certes, cette division n’est pas nouvelle. Sauf que cette fois-ci, elle s’inscrit dans un contexte particulier. Rarement le mouvement syndical n’a été confronté, comme aujourd’hui, à l’indifférence, voire au mépris du pouvoir en place. Sûr de lui et de sa légitimité électorale, l’exécutif a peu de considération pour ces corps intermédiaires consultés pour la forme mais marginalisés sur le fond. Et ce, depuis le début du mandat d’Emmanuel Macron (lire ci-contre). Nombre de responsables syndicaux présents aux multiples réunions de «concertation» organisées au cours de l’été 2017 sur la réforme du code du travail n’ont ainsi découvert la teneur exacte du texte que fin août, lors de sa présentation officielle. Plus humiliant encore fut le dossier de la formation professionnelle : alors que syndicats et patronat – à la demande du gouvernement – s’étaient entendus, fin février, sur un projet de réforme, l’exécutif balayait le jour même leur accord, promettant, pour les jours suivants, un «big bang» dans la filière. Quant à l’assurance chômage, si les partenaires sociaux ont pu conserver le pilotage du système, il se fera désormais dans un cadre financier imposé par l’Etat.

«Les possibilités réelles de négocier sont faibles»

Autant de signes peu amènes à l’égard des partenaires sociaux, qui craignent désormais de subir, de la part de cette nouvelle majorité, le même sort qu’ont connu les formations politiques. «Je suis persuadé que le syndicalisme est mortel. Ce qui s’est passé pour les partis politiques traditionnels peut arriver aux syndicats», s’inquiétait Laurent Berger dans nos colonnes en novembre. D’autant que «le syndicalisme est affaibli : son image auprès des Français est en déclin et la participation aux élections professionnelles est en baisse», relève l’ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy Raymond Soubie, plutôt pessimiste sur les possibilités, pour les confédérations, de résister au rouleau compresseur macronien. «Les syndicats n’ont pas beaucoup de moyens de réagir face au gouvernement, affirme-t-il. La CGT espère une coagulation des luttes, mais les autres s’en démarquent. La CFDT, surtout, ne veut pas d’unité d’action avec la CGT. Laurent Berger n’est pas dans un esprit de combat, il veut négocier. Problème là aussi : les possibilités réelles de négocier sont faibles. D’où son mécontentement.»

Face à cet exécutif plutôt hostile, les organisations syndicales cherchent la parade. Et effectivement, chacune à leur manière. «Notre stratégie, c’est de nous mettre en ordre de bataille collective», explique Eric Beynel, de l’union syndicale Solidaires (très présente, avec SUD Rail, dans le conflit à la SNCF). Le porte-parole «ne désespère pas de réussir à construire cette unité et de faire une démonstration de force» par la manifestation et la grève. Preuve que les choses avancent, selon lui, des appels unitaires pour le 1er Mai ont été lancés dans certains territoires, comme en Ile-de-France où FO, la CGT, FSU et Solidaires défileront ensemble.

La CGT partage le même discours. «Notre stratégie, c’est : contestation et proposition», résume Philippe Martinez. Reste à trouver l’équilibre entre les deux. «Il y a des syndiqués qui doutent, il y en a même qui m’engueulent. Certains parce qu’on va voir le gouvernement. D’autres, pour l’inverse. Moi, je dis : ne passons pas trop de temps avec les institutions et passons plus de temps sur le terrain», poursuit le secrétaire général de la CGT. Face à un exécutif qui, selon lui, tente de diviser, il prône lui aussi la convergence des luttes : «Il faut des journées professionnelles mais, à un moment, il faut aussi se retrouver tous ensemble, montrer que, derrière les revendications spécifiques, il y a des troncs communs.» Un discours d’unité que la centrale de Montreuil a cependant du mal à appliquer dans ses relations avec les autres organisations syndicales. La CGT de Martinez est ainsi régulièrement accusée par ses homologues de faire cavalier seul, en annonçant unilatéralement des journées d’action. L’ancien secrétaire général de Force ouvrière Jean-Claude Mailly n’a eu de cesse de dénoncer, avant de les décliner, les «convocations» de la confédération cégétiste.

Soucieux de répondre aux attentes de sa base qui aspire à un durcissement de ton, le nouveau responsable de FO, Pascal Pavageau, pourrait néanmoins rejoindre les manifestants dans la rue dans les prochains jours. Mais pas question, pour autant, d’abandonner la table des négociations, prévient-il : «Ce serait le meilleur moyen pour que le Président dise ensuite : « Regardez, ils ne font plus de propositions, ne négocient plus, donc ils font bien la démonstration qu’ils appartiennent à un monde qui s’est éteint. » On ne lui fera pas ce plaisir-là.» Pour contre-attaquer, Pavageau souhaite «reprendre la main sur l’agenda social». Mais, reconnaît-il, «dans [ce] contexte, c’est très dur». Autre défi : «S’améliorer en communication» face à un gouvernement qui cherche à «ringardiser» les syndicats.

«Marginaliser les modérés», L’objectif de Macron

Du côté des «réformistes», la colère n’est pas moindre, mais la stratégie reste différente. «On a progressivement réalisé la place – assez faible – que ce gouvernement était prêt à laisser à la concertation, explique Véronique Descacq, numéro 2 de la CFDT. Avec une vision plus formelle que sincère du processus : ils vont mettre en avant le nombre de réunions mais, au fond, il ne se passe pas grand-chose. Ils n’écoutent pas vraiment ce qu’on dit.» Car au final «Macron décide de tout, [les ministres] eux-mêmes n’ayant que très peu de marges de manœuvre». Avec un objectif, selon Véronique Descacq : «Marginaliser les modérés pour qu’il ne reste plus que les radicaux.» Et pouvoir ainsi s’afficher en vrai réformateur dans un face-à-face avec les plus contestataires. La centrale de Belleville, à Paris, ne prône pas pour autant la confrontation directe. «Nous ne sommes pas dans la convergence des luttes pour déstabiliser le gouvernement, ce n’est pas notre sujet, affirme la secrétaire générale adjointe de la CFDT. Nous, nous continuons à vouloir d’abord peser dans les négociations, en recourant au besoin à des contestations ciblées. Et plus que jamais, c’est le moment de maintenir cette position.» En faisant le pari que le gouvernement sera contraint de revenir vers les réformistes, quand «ils s’apercevront que l’autoritarisme, ça ne marche plus au XXIe siècle, et que la technocratie ne peut pas faire le boulot sur le terrain».

Pour François Hommeril, président de la CGC (cadres), le problème de ce gouvernement, «c’est qu’il ne connaît, ni ne reconnaît les syndicats, il ne les intègre pas dans sa vision. Le dialogue social, pour ce pouvoir, qui est aussi sous la pression d’un certain patronat, c’est dans l’entreprise et dans les branches. Au niveau national, il n’a rien à faire avec nous». Comme la CFDT cependant, la CGC prône la patience. «On n’a pas d’autres solutions, je ne vais pas forcer le pouvoir à discuter avec moi, soupire François Hommeril. Mais à moyen terme, il va forcément revenir vers nous. Car on le voit en ce moment, la fragmentation de la société, la dégénérescence du corps social, ce n’est pas sain, c’est même très dangereux.»

Luc Peillon , Amandine Cailhol

Liberation.fr
Publié dans:Politique |on 1 mai, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………………….(01/05/2018)

Libération 01 mai 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Gauche : la force de l’union

L’unité de la gauche progresse à grands pas. Pour bien en faire la démonstration, les différents partis ont organisé trois défilés différents qui permettront d’appeler trois fois, avec des mots d’ordre différents, dans des lieux différents et des participants différents, à l’unité. Touchante convergence…

Le NPA, Génération.s, le PCF, Europe-Ecologie-Les Verts, et quelques autres, se sont rassemblés le 30 avril, mais sans le PS et sans la France insoumise. Cette impressionnante initiative unitaire a rassemblé 302 personnes place de la République à Paris, une base solide pour des victoires futures.

La France insoumise a appelé seule à une manifestation «massive» le 5 mai contre les réformes Macron, rejointe à contrecœur par les autres formations, mais sans le PS et sans les syndicats qui pourtant protestent eux aussi contre les mêmes réformes. FI se décide seule et appelle ensuite les autres à l’approuver. Le mouvement a une idée très claire de l’unité future : il suffit de faire disparaître les autres formations de gauche et l’unité se fera d’elle-même… Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon a aussi soulevé une question importante. «Si vous dites « je suis de gauche », a expliqué Adrien Quattenens, député mélenchoniste, il y a des gens pour qui ça fait barrage.» Autrement dit, deux mots gênent la France insoumise quand on parle d’unité de la gauche : «unité» et «gauche».

Pour lever un doute éventuel, toutes les forces de gauche ont décidé de défiler le 1er mai. Elles le font en ordre dispersé derrière la manifestation syndicale, pour que l’unité soit célébrée à plusieurs endroits du défilé. La manifestation syndicale réunira la CGT et Solidaires : la CFDT a remplacé la marche traditionnelle, non par deux coups de sifflet brefs, mais par une séance de cinéma qui exaltera sans doute l’unité syndicale. Quant à FO, l’organisation, dotée d’un nouveau dirigeant que l’ancien a aussitôt conspué, a décidé de ne pas gêner les autres syndicats en apparaissant dans le défilé.

Ces quelques nuances ne doivent pas masquer l’essentiel : partis et syndicats de gauche se sont accordés pour fêter le 1er mai le même jour. Qui peut parler de division ?

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 1 mai, 2018 |Pas de commentaires »

Jonas vu par ses vassaux…………………..(25/04/2018)

Macron vu par les Français, un an après : “arrogant, directif” mais “pugnace”

Macron vu par les Français, un an après : “arrogant, directif” mais “pugnace”
Emmanuel Macron , l’an I. (AFP PHOTO / Eric FEFERBERG)

Aux yeux des Français, le style du président imprime plus que le fond.

Par Adelaide ZULFIKARPASIC et Adrien ABECASSIS

Publié le 28 avril 2018 à 08h04

Une analyse d’Adrien Abecassis, chercheur invité à Harvard au Weatherhead Center for International Affairs, ancien conseiller opinion de François Hollande à l’Elysée. Avec Adélaïde Zulfikarpasic, directrice de BVA opinion.

Le printemps est bien arrivé, le soleil est de retour, et une forme de bienveillance avec… Quasiment toutes les personnalités testées dans le baromètre BVA pour Orange RTL « la Tribune » gagnent des points de popularité ce mois-ci. Comme un effet de décompression générale – paradoxal en période de grèves et de blocage. Effet qui s’applique aussi au président de la République, dont 43% des Français nous ont dit avoir une bonne opinion (+3 points depuis mars).

Après 3 mois de baisse consécutive c’est donc, à nouveau, un petit retournement. Qu’il ne faut sans doute pas trop surinterpréter, même après deux longues interventions télévisées, dans le contexte de fluctuations de l’opinion que nous connaissons : près de 40% des Français disaient le mois dernier « attendre de de voir quels seront les résultats de l’action menée par Emmanuel Macron et le gouvernement avant de se prononcer ».

Il reste, manifestement, de grandes marges.

Reste que cette malléabilité dit, en elle-même, beaucoup de choses sur le pouvoir un an après l’élection. Et d’abord, qu’il est très difficile à fixer.

Un an après, le macronisme est toujours, pour beaucoup de Français, indéterminé.

Il est ainsi frappant de voir, dans les propos des Français que nous avons interrogés, un contenu idéologique en réalité assez faible assigné au « macronisme ». Il y a, bien sûr, l’accusation d’être « au service des plus riches », de « ne penser qu’aux plus aisés et ne rien faire pour les plus modestes , ainsi qu’un peu (surtout aux extrêmes du spectre) le soupçon d’une soumission à « la grande finance » d’être « sous la coupe des lobbies et de l’UE ». Mais en comparaison avec ce que l’on avait l’habitude de voir sous les mandats précédents, ces assignations idéologiques semblent faibles.

Pour la majorité des Français qui nous ont confié leurs sentiments, définir le macronisme reviendrait plutôt à parler d’un mouvement continu. Avec ce que cela a de rassurant pour certains, d’inquiétant pour d’autres.

Beaucoup des Français que nous avons interrogés à travers toute la France, en particulier ceux qui saluent l’action du président de la République, nous ont ainsi parlé du style, du rythme, de l’impression, davantage que du fond.

« J’aime bien son envie de faire évoluer la France, mais je trouve son style trop brutal et pas assez dans la négociation », nous dit cet électeur qui s’était abstenu l’année dernière. « Il reforme enfin la France qui était en retard », relève ce sympathisant écologiste. « Il est jeune, dynamique, ne s’occupe pas des journalistes et fait ce qu’il a dit », rajoute un électeur de la République en Marche.Des Français critiques pointent le revers de la même médaille. Un autre, plutôt sympathisant des Républicains juge :

« Je le trouve arrogant, directif, il confond les rôles de manager et de président et instrumentalise la communication en mode de gouvernement. »

Les traits, le mouvement, le style…

De tous les côtés, c’est de cela que l’on parle : du flux, du style, davantage que de la substance. Outre les traits d’image que nous entendions habituellement (dynamique, réformateur, tient ses engagements), on nous a ainsi dit que le président était « pugnace », « persévérant », « tenace », qu’il allait « au bout malgré la contestation », qu’il « ne cédait pas ».

Des jugements sans doute renforcés par le contexte social. L’effet de contraste avec les pratiques précédentes semble également jouer :

« Même si je ne partage pas toutes ses idées, il est le seul président qui a le courage de faire modifier certaines règles pour que la France avance, alors que les précédents présidents ont trop tergiversé » est un motif que nous entendons encore souvent – ce qui, un an après l’élection, est significatif.A l’inverse, de la part des électeurs critiques, on entend : « il veut faire passer toutes ses réformes à la fois coûte que coûte », il est « trop sec », « arrogant », « trop sûr de lui »…

Les traits, le mouvement, le style, s’ancrent, pour le meilleur ou pour le pire selon les Français rencontrés. Mais toujours assez peu de discussions sur le projet politique lui-même, au-delà des critiques de quelques mesures emblématiques mais finalement ponctuelles (APL, ISF, CSG, limitation de vitesse à 80 km/h).

Même les longues heures d’explications télévisées par le président lui-même du projet politique qu’il défend, ne semblent pas avoir fait bouger ces représentations. Les quelques Français qui nous en ont parlé ont ainsi surtout évoqué… la forme ! L’un nous dit :

« J’apprécie sa capacité à répondre aux questions qui lui sont posées et la clarté de ses explications. »« Il montre un certain courage dans sa rencontre avec le public », dit un autre. « Je le trouve cultivé », a-t-on également entendu.

Mais de réactions sur le fond, très peu. A l’issue de ces deux grandes interviews, les gens avec qui nous avons parlé semblent ainsi davantage avoir relevé la prouesse, que de la promesse (quelle France construire ? Pour la saluer ou la critiquer, d’ailleurs).

 

 

Publié dans:Politique |on 28 avril, 2018 |Pas de commentaires »
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