Archive pour la catégorie 'Politique'

La lettre de Laurent Joffrin……………(26/06/2018)

Libération 26 juin 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Trump et la pensée magique

Tout comme Brigitte Bardot dans une chanson signée Gainsbourg, Donald Trump n’a besoin de personne, mais il n’aura plus sa Harley-Davidson. Frappée à dessein par l’Union européenne d’une taxe de 30 % à l’importation en représailles des droits de douane imposés par les Etats-Unis à l’acier européen, la firme aux motos légendaires a décidé de délocaliser une bonne partie de sa production hors des Etats-Unis, ce qui réduirait en proportion l’emploi local dans le Wisconsin, état trumpiste. Il est vrai que cette société quelque peu vieillissante devrait sinon supporter une augmentation de ses prix de vente de plus de mille euros sur le marché européen, qui la placerait en mauvaise posture face à la concurrence japonaise. Harley-Davidson avait pourtant soutenu Trump au moment du scrutin, paradant à la Maison Blanche juste après l’élection du héraut des intérêts américains. Ce soutien connaît maintenant des ratés, victime de la guerre commerciale pétaradante ouverte par le milliardaire-président.

Ainsi va le monde quand il laisse les démagogues accéder au pouvoir. A force de dénoncer «le système», «la pensée unique», «les bien-pensants», on aboutit à des absurdités. Ceux qu’on dénonce comme «les sachants» avaient fait remarquer que le protectionnisme, recette miracle des souverainistes, avait l’inconvénient de renchérir le prix des produits pour les consommateurs et, en freinant des échanges, pouvait nuire à la croissance mondiale. Aujourd’hui, bien au-delà du cas Harley-Davidson, les économistes et les marchés redoutent un ralentissement de l’expansion planétaire. Certains prédisent même une sévère correction à la Bourse de New York. Si la menace se matérialise, la guerre commerciale aura pour principale conséquence une hausse du chômage dans le monde et un coup d’arrêt infligé aux pays émergents qui comptent sur leur position dans les échanges mondiaux pour sortir leur population de la misère.

Le même syndrome de l’arroseur arrosé frappe d’autres populistes, qui dirigent aujourd’hui l’Italie. Adeptes des théories économiques de Mandrake le magicien, ils prévoient dans le même temps une baisse des impôts, une augmentation des dépenses et une diminution de la dette. Les trois événements étant incompatibles, le ministre des Finances du nouveau gouvernement a déjà annoncé qu’il s’en tiendrait, pour sa part, aux recommandations de l’Union sur la maîtrise des déficits. S’il persiste, cela voudra dire que le programme mirobolant de la coalition au pouvoir ne sera pas appliqué. Et donc que la Ligue et le Mouvement Cinq Etoiles ont été élus sur des promesses fallacieuses.

Cela ne gênera guère les intéressés, qui fondent leur fortune politique non sur l’amélioration du sort des Italiens, mais sur le rejet de l’immigration, ce qui leur permet d’engranger des gains électoraux spectaculaires. Il est vrai que la logique n’est pas leur préoccupation première. L’excellente chronique d’Eric Jozsef, publiée par Libération, nous apprend que plusieurs ministres de la coalition au pouvoir ont un rapport à la réalité assez lointain, dégagé, en tout cas, de la dictature intellectuelle du «système». L’un pense que les Américains n’ont jamais atteint la lune et que les images diffusées à l’époque par la Nasa sont le résultat d’un trucage. L’autre, que les traînées blanches laissées dans le ciel par les avions de ligne recèlent des produits chimiques répandus volontairement par des puissances occultes pour contrôler les populations. Beppe Grillo, fondateur de Cinq Etoiles, a fait campagne pour la méthode «Stamina», une thérapie opposée à la «médecine officielle», jusqu’à ce que son promoteur, Davide Vannoni, soit arrêté et convaincu de charlatanisme. D’autres encore estiment que les vaccins obligatoires sont inutiles et procèdent d’une conspiration organisée par les laboratoires pharmaceutiques. Ces gens dirigent aujourd’hui l’un des grands pays de l’Europe et sont soutenus, entre autres, par une grande partie de la presse de droite en France. Peu importe, au fond : s’ils échouent, ils pourront toujours incriminer «le système», le «complot des Illuminati» et «la dictature de Bruxelles»…

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 26 juin, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………………….(25/06/2018)

Libération 25 juin 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Arroganza francese

De l’art de se brouiller avec ses meilleurs amis… Le comportement des autorités françaises envers les Italiens offre l’exemple achevé de ce qu’il ne faut pas faire en matière de relations entre nations proches. On ne parle pas ici de Matteo Salvini, ce matamore fascisant qui ne cesse néanmoins de marquer des points dans la vie politique de la péninsule, en grande partie grâce à la France. Il s’agit du peuple italien, que tant de liens historiques, culturels, affectifs, relient au peuple français.

Les Italiens refusent de laisser accoster chez eux l’Aquarius ? Au lieu d’accueillir le bateau et – ensuite – de critiquer Rome, la France garde le silence, refuse à son tour le bateau, puis dénonce l’Italie. L’attitude italienne est «à vomir», dit un représentant de La République en marche. Pourtant la France a adopté la même… C’est une variante de la parabole de la paille et de la poutre. L’Italie qu’on dénonce a eu un comportement souvent exemplaire envers les réprouvés venus d’Afrique ou du Moyen-Orient. Par proximité géographique, elle a été en première ligne dans la crise de 2015. Quelque 700 000 personnes ont été accueillies en Italie. La société de la péninsule a fait face, souvent avec générosité et bienveillance. Nombre de réfugiés ont été reçus dans les villes, les quartiers et les villages avec égard et humanité. Pendant ce temps, la France fermait sa frontière du sud et pourchassait les militants qui se portaient au secours des migrants passant dans les cols des Alpes, accueillant au total un nombre de réfugiés très inférieur à celui de l’Italie.

Au lieu de calmer le jeu, Emmanuel Macron a poursuivi la polémique. Il propose de créer «des centres fermés» pour gérer le flux des demandeurs d’asile. En France ? Non : en Italie et dans les pays de «première ligne». Rome, depuis longtemps, fait remarquer que les règles de Dublin – une déclaration dans le premier pays de l’UE où arrivent les migrants et le refoulement de ceux qui vont ailleurs – font porter aux pays les plus proches de l’Afrique et du Moyen-Orient une charge excessive. Les autres pays, la France au premier chef, refusent courageusement de lui venir en aide. Si bien qu’en Italie, droite et gauche confondues sont ulcérées par les leçons de morale dispensées par leur voisine. Qui en bénéficie ? Les migrants ? L’ouverture ? Les droits humains ? En aucune manière : la Ligue (extrême droite) au pouvoir, qui a beau jeu de dénoncer les tartuffes de l’Europe et qui peut plus facilement mettre en œuvre sa politique de fermeture. Tandis que les leaders européens continuent de faire étalage de leurs divisions, l’idée qu’il n’y ait pas de solution européenne et que chaque pays a intérêt à légiférer pour lui-même fait son chemin. La querelle franco-italienne, derrière laquelle on retrouve, côté français, les clichés habituels sur la légèreté ou l’inconséquence supposée des Italiens, noircit encore un tableau déjà sombre. Les Français, dit le proverbe, sont des Italiens ennuyeux. Il faut désormais ajouter : arrogants, tout autant.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 25 juin, 2018 |Pas de commentaires »

Réveil politique………………….(25/06/2018)

Migrants : l’ »arrogance » de Macron, le nouveau cri d’alarme de Toubon

La tension entre les pays européens est loin d’avoir baissé ce week-end. Alors qu’Emmanuel Macron et Angela Merkel ont appelé dimanche, lors d’un mini-sommet de crise à Bruxelles, à des accords entre plusieurs Etats membres face au défi migratoire, pour dépasser l’absence de consensus qui n’en finit pas de paralyser l’UE sur ce dossier, le week-end a surtout été marqué par une passe d’armes entre le président français et le ministre de l’Intérieur italien, Matteo Salvini.

Le dirigeant italien s’est notamment indigné des déclarations du président français, vendredi, selon lesquelles l’Italie « ne vit pas une crise migratoire mais une crise politique », alimentée par « des extrêmes qui jouent sur les peurs ».  »650.000 débarquements en quatre ans, 430.000 demandes, 170.000 présumés réfugiés », a riposté Matteo Salvini.

« Si pour l’arrogant président Macron cela n’est pas un problème, nous l’invitons à cesser ses insultes et à prouver sa générosité par les faits. »

« La France n’a de leçons à recevoir de personne » sur le dossier des migrants car elle est « le deuxième pays d’accueil des demandeurs d’asile cette année », a répliqué Emmanuel Macron.

 

Pour Macron, la France « n’a de leçons à recevoir de personne » sur les migrants

 

La France est-elle vraiment exemplaire en la matière, comme le prétend Emmanuel Macron ? Dans les colonnes du « Journal du Dimanche », le Défenseur des Droits Jacques Toubon s’est de nouveau alarmé de l’attitude de Paris sur ce dossier.  »Le principe de non-refoulement prévu par la Convention de Genève impose à la France de donner à l’errance de ces personnes une réponse humanitaire et juridique : les accueillir d’abord, observer leur situation administrative ensuite », explique-t-il, à propos de l’ »Aquarius ».

Le Défenseur des Droits déplore également dans cet entretien que « la peur » et l’idée « fausse » d’une « submersion » migratoire « guident les opinons et les choix politiques » :

« Il faut que la vérité et la raison reprennent le dessus sur les préjugés et les émotions pour que soient respectés scrupuleusement les droits fondamentaux », exhorte-t-il.

Publié dans:Politique |on 25 juin, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin…………(22/06/2018)

Libération 22 juin 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique

Tsipras le valeureux

Les bonnes nouvelles – ou les moins mauvaises – passent souvent inaperçues. C’est la loi du genre. Pourtant l’accord qui vient d’être conclu entre l’Europe et la Grèce, annoncé sobrement en comparaison des milliers d’articles pondus pendant la phase aiguë de la crise de l’euro, mérite qu’on s’y attarde un peu. Il vient en effet contredire tous les prophètes de malheur acharnés à dénigrer l’Union.

La Grèce retrouve son autonomie financière après avoir accepté des réformes cruelles, en échange de quoi sa dette, sans qu’on le dise trop haut, est en grande partie allégée. Avec un taux d’intérêt proche de zéro, elle dispose d’une trentaine d’années pour rembourser, si elle rembourse un jour. Cette conclusion relativement heureuse – les Grecs ont encore de longues années de souffrance devant eux avant de rétablir leur situation sociale – doit beaucoup au courage politique d’un homme, à qui l’histoire rendra un jour justice : Alexis Tsipras.

Elu de la gauche radicale, il est aujourd’hui tenu par beaucoup de ses anciens amis sur le continent pour un traître à la cause, un Judas vendu aux eurocrates. Mais plutôt que d’entonner comme toujours l’air de la trahison, figure de rhétorique permanente de la gauche de rupture, on ferait mieux de se demander pourquoi Tsipras, en contradiction totale avec ses positions antérieures, a choisi le compromis avec Bruxelles. Pour une raison simple, en fait : s’il avait rompu avec l’euro, il aurait probablement imposé à son peuple des épreuves encore plus terribles. Détaché de l’Union, la Grèce aurait dû négocier seule face aux marchés et au FMI, sans l’aide financière substantielle accordée par l’Union. Or, on sait que les remèdes imposés par le FMI sont encore plus draconiens que ceux qui sortent en général des négociations bruxelloises.

C’est l’aporie dont les souverainistes ne veulent jamais parler. Ils dénoncent «la dictature de Bruxelles» mais oublient de préciser que sans Bruxelles, un pays isolé comme la Grèce se retrouve dans la position d’un nain qui se confronte à des géants impersonnels et impavides, ces marchés financiers qui représentent sans ciller la masse anonyme de créanciers qui n’ont strictement rien à faire des souffrances des peuples débiteurs et veulent seulement récupérer leur argent, arrondi d’un taux d’intérêt aussi lucratif que possible. Tsipras a choisi le moindre mal. Il sera probablement battu lors de la prochaine élection, tous les sondages l’annoncent. Mais il aura servi son peuple dans une circonstance dramatique sans considération pour son intérêt personnel. Pour cette raison, les extrêmes le cloueront au pilori. C’est le sort des hommes d’Etat courageux.

Publié dans:Politique |on 22 juin, 2018 |Pas de commentaires »

Lettre du PS………………………..(22/06/2018)

Si vous ne voyez pas le contenu de cet e-mail, cliquez-ici.
Lettre du PS.............................(22/06/2018) dans Politique upload-file-947102962017

APL, General Electric, réfugiés…
Retrouvez les réactions du
Parti socialiste !

Bonjour à toutes et à tous,

 

 

Le gouvernement a décidé de s’en prendre une nouvelle fois aux 6 millions de personnes bénéficiaires des aides au logement. Par son refus de procéder à la revalorisation annuelle de leurs allocations, il les prive en moyenne de 5 euros par mois et frappe en particulier nos concitoyens les plus précaires.

 

Dans le même temps, il donne l’impression de ne pas tout mettre en oeuvre pour exiger d’un grand groupe comme General Electric le respect des accords signés avec l’Etat qui prévoient la création de 1.000 emplois industriels d’ici la fin de l’année.

 

Quelques jours après la Journée internationale des réfugiés, comment ne pas s’indigner que le gouvernement n’ait pas tendu la main aux naufragés de l’Aquarius, ce bateau en détresse en Méditerranée avec à son bord plus de 600 personnes, dont de nombreux enfants…

 

 

Face à cette politique injuste et inefficace, retrouvez la riposte du Parti socialiste.

 

 

Les aides au logement (APL) encore ciblées par le gouvernement

Journée mondiale des réfugiés : le Parti socialiste inquiet des dérives au sein des démocraties

 

 

Abandon des 1000 créations d’emplois en France par General Electric

Revoir les dernières interviews d’Olivier Faure

upload-file-5830172262018 dans Politique
8h30 Politique France Info
Politique Matin sur LCP
Matinale de Sud Radio
Parti Socialiste
10, rue de Solférino
75007 PARIS
courriel@parti-socialiste.fr
Facebook
Twitter
Instagram
Dailymotion
Flickr

Publié dans:Politique |on 22 juin, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………….(20/06/2018)

Libération 20 juin 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

La cage aux enfants

«Quand on bloque les comptes et qu’on compte les Bloch, je m’inquiète», disait Tristan Bernard, arrêté un peu plus tard et interné avec son épouse à Drancy. «Nous vivions dans la crainte, nous vivrons dans l’espoir», avait-il commenté. Matteo Salvini, le ministre de l’Intérieur italien qui a repoussé victorieusement l’Aquarius et ses 600 migrants, n’a pas bloqué les comptes. Mais il propose de compter les Roms, pour pouvoir en expulser une partie, ce que la Constitution interdit mais qu’il regrette hautement. Ainsi va l’Europe en ces temps nationalistes.

L’exemple vient d’outre-Atlantique, où Donald Trump maintient sa décision de séparer de leur famille les enfants dont les parents ont commis le crime de franchir illégalement la frontière des Etats-Unis pour travailler dans des orangeraies ou servir dans des restaurants texans. Le chœur des Premières dames, dont la sienne, a dénoncé cette politique et une partie des élus républicains, défenseurs des «valeurs familiales», ont fait part de leur réprobation. Le président américain n’en a cure, et préfère agiter l’épouvantail de la crise migratoire européenne, fustigeant une hausse de la criminalité en Allemagne qui n’existe pas, ce qui revient à manier la parabole de la paille et de la poutre quand on connaît le taux de délinquance violente aux Etats-Unis. Il est vrai que les pays d’immigration, en général, sont des parias parmi les nations, historiquement entravés dans leur puissance et leur prospérité par l’afflux des immigrés. Les Etats-Unis, par exemple…

Telle est la traduction humaine et concrète des discours sur «l’identité menacée» et la «submersion migratoire» qu’on lit à longueur de colonnes dans les journaux de droite : les réfugiés à la mer, les Roms en fiches, les enfants en cage. Quand on fait passer l’obsession identitaire avant les droits humains (le «droit-de-l’hommisme» des «bien-pensants», en novlangue nationaliste), il faut se prémunir avec courage contre toute sensiblerie.

Et aussi

• La semaine de quatre jours à l’école triomphe. Une majorité de communes a rejeté le système mis en place par les précédents gouvernements (quatre jours et demi). La plupart des chronobiologistes et des spécialistes de la question avaient préconisé un allongement de la semaine, comme l’ont fait presque tous les pays d’Europe. Mais la coalition altière des parents d’élèves qui trouvaient le système malcommode pour eux et des profs qui ne veulent pas venir le mercredi à l’école, a eu raison de l’intérêt des enfants. On avait à l’époque monté en épingle le coût de la mesure, qui obligeait écoles et municipalités à organiser des activités périscolaires. Le mercredi étant désormais vide, le ministre de l’Education a prévu dans sa grande sagesse d’occuper néanmoins les enfants le mercredi. Comment ? Avec des activités périscolaires…

• La croissance française a des ratés. Les prévisionnistes ont fait repasser sous les 2% les anticipations de croissance pour 2018, selon l’Insee et la Banque de France. En 2017, en dépit des mesures anti-activité stupidement socialisantes prises par le gouvernement Hollande, la croissance s’est établie à 2,3%. Depuis qu’un «nouveau monde» est né et que, grâce à une série de mesures de libéralisation prises à la hussarde, la France est enfin débarrassée des blocages qui entravaient les «premiers de cordée», la croissance ralentit. Allez comprendre…

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 20 juin, 2018 |Pas de commentaires »

Chut !!! (19/06/2018)

FacebookTwitter

Quand le gouvernement remanie discrètement les lois renseignement

  • France
  • Planète
  • Idées
  • Culture
  • Checknews

Est-ce que 40% de personnes ne touchent pas les aides sociales auxquelles elles ont droit, comme le dit Mélenchon ?

19 juin 2018 à 08:05

Piqûre de rappel sur la maladie de Lyme

19 juin 2018 à 07:15

Réforme Pénicaud : le best-of d’une semaine à l’Assemblée

19 juin 2018 à 07:06

Européennes : le casse-tête du casting

19 juin 2018 à 07:05

L’ONU dénombre 68,5 millions de personnes déplacées en 2017, un record

18 juin 2018 à 13:00

La Coupe du monde de Sergey Ponomarev, regard à part.

18 juin 2018 à 07:50

Les Républicains, UE, bac… L’essentiel de l’actu de ce mardi

19 juin 2018 à 08:06

Un ex-ministre israélien accusé d’espionnage pour le compte de l’Iran

19 juin 2018 à 06:21

Les inégalités sont-elles solubles dès la maternelle ?

19 juin 2018 à 10:47

Lettre à Ahmet Altan, emprisonné au pays d’Erdogan

19 juin 2018 à 10:39

Bio dans les cantines : les sénateurs rateront-ils encore la marche ?

19 juin 2018 à 07:16

Les inégalités sont-elles solubles dès la maternelle ?

18 juin 2018 à 18:16

Sophie, poupée des sons

18 juin 2018 à 18:16

Melody’s Echo Chamber, pèlerinage vers le chaos

18 juin 2018 à 18:06

«Chébran, volume 2», black-blanc-beur avant l’heure

18 juin 2018 à 18:06

Kip Hanrahan, sorcier des instants suspendus

18 juin 2018 à 18:06

Est-ce que 40% de personnes ne touchent pas les aides sociales auxquelles elles ont droit, comme le dit Mélenchon ?

19 juin 2018 à 08:05

Peut-on dire qu’un séisme a été causé par les supporters du Mexique pendant la Coupe du Monde ?

18 juin 2018 à 18:52

L’homosexualité a-t-elle été dépénalisée en 1791 ou en 1982 ?

18 juin 2018 à 17:12

Les députés non inscrits sont-ils privés de temps de parole?

18 juin 2018 à 15:48

Facebook

Ceci n’est pas une course au like. Suivez-nous sur Facebook,
et c’est l’occasion pour vous de voir apparaître dans votre feed un peu d’actu entre quelques photos de famille.
Twitter

Vous avez un compte Twitter ? Vous voulez suivre l’actu ?
On a un compte Twitter sur l’actu. Avec aussi des gifs, des photos et vidéos, et une sélection de la veille de nos journalistes.
Décryptage

Quand le gouvernement remanie discrètement les lois renseignement

Par Amaelle Guiton — 19 juin 2018 à 06:43
Au siège de la DGSE, en juin. Les données recueillies par l'agence de renseignement extérieur pourraient être mises au service de la surveillance intérieure. Zoom
Au siège de la DGSE, en juin. Les données recueillies par l’agence de renseignement extérieur pourraient être mises au service de la surveillance intérieure. Photo Martin Bureau. AFP

Réunie ce mardi, une commission mixte paritaire (CMP) doit mettre d’accord le Sénat et l’Assemblée sur la future loi de programmation militaire. L’un des articles, sous couvert de «rationalisation», ouvre au renseignement intérieur les données captées par la surveillance extérieure.

  • Quand le gouvernement remanie discrètement les lois renseignement

Discuté au Parlement depuis mars, le projet de loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025 se montre décidément bien accueillant. On savait déjà que le texte préparait une (large) extension du périmètre de la cyberdéfense, en autorisant les opérateurs télécoms à surveiller ce qui transite sur leurs réseaux pour détecter des cyberattaques, et en élargissant les pouvoirs du «cyberpompier» de l’Etat, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi). Or il va aussi servir à modifier le cadre légal de la surveillance à la française, adopté il y a trois ans.

La version votée au Sénat prévoit en effet de mettre les données interceptées par le renseignement extérieur – au premier chef, celles ramenées par les vastes filets de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) – au service de la surveillance de cibles françaises sur le territoire français. Un amendement en ce sens a été introduit le 22 mai, lors de la discussion à la chambre haute, par la ministre des Armées, Florence Parly. Et adopté sans difficulté à l’issue de dix petites minutes de discussion… Ce mardi, une commission mixte paritaire doit se réunir pour accoucher d’un texte commun, qui sera ensuite soumis aux deux assemblées.

Quel est le cadre actuel ?

Retour en arrière : en 2015, soit 24 ans après la première loi sur les écoutes, l’exécutif remet à plat le cadre qui régit l’activité des espions français. Deux textes sont adoptés à quelques mois d’intervalle. En juillet, la loi sur le renseignement légalise une batterie d’outils – logiciels espions, balises de géolocalisation, etc. – en échange de la promesse d’un contrôle renforcé de l’activité des services, et introduit, avec les très décriées «boîtes noires», une surveillance algorithmique visant à détecter des comportements «susceptibles de révéler une menace terroriste». En novembre, la loi sur la surveillance internationale grave dans le marbre l’espionnage par la DGSE des câbles sous-marins qui passent par les côtes françaises, déployé secrètement sous Sarkozy.

A lire aussi La loi sur le renseignement mot à mot
La surveillance internationale, votée dans l’indifférence

Deux lois pour deux régimes distincts : à l’extérieur des frontières, l’encadrement est en effet bien plus lâche et la surveillance massive, la norme. Les interceptions portent sur des «réseaux de communications électroniques» entiers. Les «boîtes noires» ne se limitent pas à l’antiterrorisme, mais s’étendent à la large panoplie des menaces aux «intérêts fondamentaux de la Nation». L’exploitation des communications ou des données de connexion (les «métadonnées» : qui communique avec qui, où, quand, comment) ainsi aspirées peut concerner des «personnes» mais aussi des «groupes», des «organisations» et même des «zones géographiques». Or jusqu’ici, la surveillance d’une cible ayant des «identifiants» français (numéro de téléphone, adresse IP…) via les interceptions à l’international n’est légalement possible que si cette cible est à l’étranger, et si elle est déjà sur écoute ou a été «identifiée comme présentant une menace».

Que change le projet de loi ?

L’amendement voté par les sénateurs introduit trois nouveautés. D’une part, il ouvre la possibilité d’opérer, à partir d’identifiants français, des «vérifications ponctuelles» dans les métadonnées captées par le renseignement extérieur – la DGSE, mais aussi la Direction du renseignement militaire (DRM). D’après Parly, il s’agit d’«opérations très rapides, non répétées et susceptibles de mettre en évidence un graphe relationnel ou la présence à l’étranger d’une personne», qui peuvent déboucher sur une mise sous surveillance individuelle. En cas de menace terroriste urgente ou de cyberattaque grave, les «vérifications» pourraient porter sur le contenu des communications.

Deuxième changement : Matignon pourra autoriser l’exploitation des communications ou des «métadonnées» aspirées par le renseignement extérieur pour une cible ayant des identifiants français et communiquant depuis la France, et ce pour la plupart des menaces aux «intérêts fondamentaux de la Nation». «Aujourd’hui, ce n’est pas possible et c’est une faille importante», a fait valoir Parly devant le Sénat. La CNCTR sera consultée en amont, et les autorisations portant sur le contenu des communications feront l’objet d’un contingent fixé par décret – comme pour les écoutes en France – mais pas celles qui concernent les seules données de connexion.

Enfin, les demandes faites par les services dans le cadre franco-français pourront être «boostées» aux données recueillies dans le cadre de la surveillance internationale : en autorisant des écoutes administratives, des demandes de données de connexion auprès des opérateurs ou des hébergeurs internet, ou le recueil en temps réel de métadonnées dans le cadre de la prévention du terrorisme, Matignon pourra dans le même temps autoriser l’exploitation des «données correspondantes» captées à l’international, notamment via les interceptions sur les câbles internet. Concrètement, a expliqué la ministre, «les interceptions de sécurité donneraient accès pour trente jours au flux des communications mixtes, vers ou depuis l’étranger, et les demandes de « fadettes » permettraient d’obtenir un double relevé de données de connexion nationales et internationales, sur une durée bordée à un an».

Quelles conséquences ?

A en croire Parly, les mesures prévues dans la LPM version Sénat visent à «permettre simplement une utilisation plus rationnelle des données légalement recueillies dans le cadre de la surveillance internationale», sans «modifi[er] en profondeur les équilibres retenus en 2015». Il s’agit pourtant bien, au nom du «caractère transnational» de certaines menaces, de mettre les outils de la surveillance extérieure, et les quantités massives de données qu’elle accumule, au service du renseignement intérieur – notamment la DGSI. L’exposé des motifs de l’amendement ne s’en cache d’ailleurs pas : «les données interceptées sont partielles, mais présentent un intérêt d’autant plus important qu’y figurent des données que l’on ne peut obtenir par réquisition auprès des opérateurs, notamment celles des messageries cryptées».

Problème : le régime plus permissif de la surveillance internationale a jusqu’ici toujours été justifié – notamment par le Conseil d’Etat dans son rapport de 2014 sur «le numérique et les droits fondamentaux» – par le fait que les cibles visées, situées à l’étranger, «échappent à la juridiction de l’Etat» et «ne peuvent en particulier faire l’objet de mesures juridiques contraignantes qui se fonderaient sur les éléments collectés»… Il en va évidemment tout autrement pour des personnes situées sur le territoire français. Pourtant, le Conseil d’Etat comme le gendarme des écoutes ont délivré un satisfecit à l’amendement du gouvernement – il est vrai que la CNCTR y gagne une extension de son droit de regard.

Pour l’association de défense des libertés en ligne la Quadrature du Net, le «régime dérogatoire» de la surveillance internationale est ainsi «rendu toujours plus poreux à la surveillance des résidents français, en permettant au renseignement intérieur de piocher allègrement dans les bases de données de la DGSE». «Cela pose vraiment le problème de l’harmonisation progressive de la surveillance nationale sur la surveillance internationale, explique à Libération Félix Tréguer, l’un des cofondateurs de l’association. On est dans une logique de collecte en masse dans laquelle on va pêcher a posteriori ce qui intéresse.»

«C’est un sujet complexe», reconnaissait le président de la CNCTR, Francis Delon, lors d’une récente conférence à l’Ecole militaire à Paris. La complexité du sujet – et du texte lui-même – n’aide sans doute ni les parlementaires, ni la société civile à s’en saisir. «Le gouvernement ne souhaite évidemment pas, par le biais d’un amendement au détour du projet de loi relative à la programmation militaire, remettre sur le métier la loi relative au renseignement», a avancé la ministre des Armées devant les sénateurs : c’est pourtant bel et bien ce qui se produit. La même ministre a d’ailleurs, quelques minutes plus tard, bataillé ferme contre une extension des pouvoirs de la Délégation parlementaire au renseignement, voulue par plusieurs sénateurs : «Ces matières sont suffisamment sensibles pour que nous prenions le temps de les examiner sereinement sur le fond», a-t-elle expliqué. Un examen sur le fond, c’est a minima ce qu’exigerait cet aggiornamento, tout sauf anodin, des lois renseignement.

Amaelle Guiton

L’OBS
Publié dans:Politique |on 19 juin, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………….(18/06/2018)

Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Calmels après la tempête

Telle Virginie disparue dans la tempête sous les yeux désespérés de Paul, dans un roman célèbre, Virginie Calmels succombe dans l’orage Wauquiez, sous le regard officiellement consterné de Paul-Alain Juppé. L’héroïne, il faut bien le dire, est moins candide que celle de Bernardin de Saint-Pierre. Il est vrai qu’elle a été élevée non à l’île Maurice mais à Endemol.

Seconde de Wauquiez après avoir été lieutenante de Juppé à Bordeaux, elle a lâché maints coups d’escarpin dans les tibias de son nouveau patron, qui a fini par prendre la mouche. Dans le Parisien, elle a dit combien la ligne très droitière du chef de LR lui déplaisait et combien le rouge de sa parka lui paraissait tirer vers le brun. Sa surprise était surprenante : Wauquiez affichait déjà des convictions notoirement réacs quand Calmels avait décidé de le rejoindre. On s’était alors demandé comment l’étoile montante du libéralisme mou pouvait soudain rallier la droite dure, sinon parce que les actions juppéistes étaient à la baisse et celles de Wauquiez à la hausse.

On se demande aujourd’hui pourquoi elle l’a lâché si vite. Sans doute parce que Virginie Calmels vient du privé : elle applique les lois du marché. Elle renvoie le produit Wauquiez chez le fabricant comme un presse-purée dont on a mal lu l’étiquette. Peu de temps après lui avoir fait allégeance, elle le tacle en place publique. Ses réflexes de cadre sup qui saute d’une boîte à l’autre à la recherche d’un meilleur job lui ont fait négliger qu’il est d’usage, en politique, de laisser passer un an ou deux avant de trahir celui qui vous a promu. Opportuniste éclair et sans états d’âme, Calmels est une sorte de Judas-express, de Iago-minute, de Ganelon instantané.

Elle plaide le différend idéologique soudain apparu. Ce différend étant d’origine, il y a peut-être une autre explication. Depuis qu’il s’est débondé devant un aréopage d’étudiants, promettant de ne pas leur servir «le bullshit» qu’il réservait habituellement aux plateaux de l’audiovisuel, les spectateurs ont pris Wauquiez au mot : à chaque fois qu’il passe à la télé, le mot «bullshit» clignote en haut et à droite de l’écran. Du coup, il plafonne très bas dans les enquêtes d’opinion et beaucoup de caciques de la droite se demandent s’ils ont enfourché le bon cheval.

Calmels a aussi été heurtée dans ses convictions philosophiques quand on lui a refusé la tête de liste aux élections européennes. Rien de tel qu’une déconvenue de carrière pour réveiller le scrupule idéologique. Débarquée de la dunette LR telle une passagère clandestine, elle va sans doute chercher un canot de sauvetage. L’ennui, c’est que les esquifs de rechange sont déjà occupés, par Pécresse, Bertrand et quelques autres. C’est l’inconvénient de l’opportunisme. À trop le pratiquer, on devient importun.

Et aussi

Un léger sursaut… Georges Plassat, ancien PDG de Carrefour, a renoncé à quatre des seize millions qui lui avaient été attribués par son entreprise à l’occasion de son départ. L’information initiale avait été donnée par le service Checknews de Libération et relayée dans cette lettre. L’énormité de la somme, en regard du parcours dudit Plassat à Carrefour – son successeur dit que la société va dans le mur – avait suscité l’émotion de l’opinion et le courroux du gouvernement, qui voyait ainsi caricaturé son discours sur «les premiers de cordée». Comme quoi les journaux ont parfois du bon…

La CGT-Cheminots va proposer aux autres syndicats de la SNCF de poursuivre la grève au-delà du 28 juin, de manière à perturber le départ en vacances. L’UNSA et la CFDT sont nettement moins chauds : les syndicats «réformistes» estiment qu’ils ont obtenu, grâce à la grève, des concessions certes insuffisantes, mais appréciables. Pendant ce temps, la réforme a été définitivement adoptée au Parlement, le taux de grévistes diminue, l’opinion désapprouve de plus en plus le mouvement. Citant Lénine, Laurent Brun, chef des cheminots cégétistes, n’en a cure et accentue la politisation du mouvement. La grève du départ en vacances fera du mal à la SNCF. Mais peut-être plus encore au syndicalisme.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 18 juin, 2018 |Pas de commentaires »

Ca déraille à droite……………..(18/06/2018)

Le tandem a fini par dérailler. Après deux semaines de crise ouverte au sommet, la vice-présidente du parti Les Républicains (LR), Virginie Calmels, a été limogée de ses fonctions dirigeantes, dimanche 17 juin. Sans même que l’épilogue de la discorde avec le patron de la droite, Laurent Wauquiez, ne mentionne son nom.

« Après consultation de l’équipe dirigeante, Laurent Wauquiez, président des Républicains, nomme Jean Leonetti, maire d’Antibes et président du conseil national, vice-président délégué des Républicains », a très succinctement annoncé le communiqué à en-tête du président de LR, dans la soirée.

Une éviction prononcée dans la foulée de l’entretien au canon de Virginie Calmels au Parisien, dans lequel elle tance l’autoritarisme de Laurent Wauquiez, et la droitisation de son parti. « Depuis son élection, il démontre au fur et à mesure des jours qui passent qu’il semble être uniquement là pour défendre sa propre ligne. Il estime qu’il doit son élection qu’à sa seule présence. Je ne partage pas cette vision », y gronde celle qui sera restée sa numéro deux six mois, ajoutant que « ce n’est pas parce qu’Emmanuel Macron penche vers nos idées, qu’on doit se déporter plus vers la droite. (…) Je ne veux pas d’une droite qui se rétrécit. » Une interview valant « démission de fait », résume un cadre du parti.

Lire aussi :   Le bras de fer continue entre Virginie Calmels et Laurent Wauquiez

Tract « inutilement anxiogène »

La tension entre Laurent Wauquiez le sarkozyste et Virginie Calmels la juppéiste s’était cristallisée depuis deux semaines autour d’un tract diffusé par LR, intitulé « pour que la France reste la France », que la première adjointe d’Alain Juppé à la mairie de Bordeaux avait jugé « un peu déséquilibré » et « inutilement anxiogène » sur France Inter, jeudi 7 juin, avant de reprocher son absence de validation par les cadres du parti, selon elle, lors d’une réunion de la direction du mouvement, mardi 12 juin.

Une nouvelle charge à l’encontre de Laurent Wauquiez, souvent critiqué pour son discours empruntant à celui de l’extrême droite, certains pointant dans cette brochure un énième rapprochement graphique autant que sémantique avec le Rassemblement national (RN, ex-Front national), qui n’a pas manqué de le copier ironiquement.

Représentante de l’aile libérale du parti, Virginie Calmels avait rallié l’ambassadeur de la ligne identitaire des Républicains il y a moins d’un an, lors de la campagne interne qui avait mené à l’élection de Laurent Wauquiez. Un « ticket » qui avait permis à celui-ci de répondre aux doutes sur sa capacité à rassembler, en intégrant un autre courant au plus haut de son organigramme. Deux lignes qui n’auront finalement pas pu cohabiter plus de six mois à la tête du parti.

Publié dans:Politique |on 18 juin, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………….(14/06/2018)

Libération 14 juin 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Un rêve pour l’Aquarius

L’Aquarius n’est pas tiré d’affaire. Les migrants qui sont à son bord non plus. À cause des conditions de mer difficiles – un vent annoncé à 35 nœuds et des vagues de quatre mètres – il s’est dérouté. Au lieu de gouverner directement vers Valence, où il devait arriver samedi, il longe les côtes est de la Sardaigne, rallongeant nettement le temps de voyage.

Faisons un rêve : devant cette situation, qui n’est guère conforme à la dignité humaine, ni aux règles maritimes reconnues par tous, le gouvernement français accepte d’accueillir le navire dans un port de la Corse, qui n’est guère éloignée, comme on sait, de la Sardaigne. Conformément à la proposition avancée par les responsables corses, les migrants sont accueillis, soignés, et leur situation juridique est examinée selon les lois en vigueur. Certains peuvent rester en Corse, d’autres sur le continent, d’autres encore se rendre à Valence, d’autres enfin n’auront pas vocation à s’installer en Europe, selon les procédures habituelles. Saisissant l’occasion, répondant à l’émotion suscitée par l’affaire, les grands pays européens, à la demande de la France, se réunissent en urgence à Bruxelles et ouvrent une conférence destinée à dégager une position commune équilibrée, entre l’accueil nécessaire et la régulation inévitable du flux d’immigration. Si certains – les pays de l’est notamment – refusent tout compromis, les pays attachés à l’Union et aux principes qui le fondent concluent un accord entre eux autour de règles humaines et raisonnables. Fruit de concessions réciproques, l’accord sera inévitablement critiqué. Mais au moins, l’Europe aura montré sa volonté commune et mis fin à l’impuissance qu’elle affiche en cette matière depuis plusieurs années.

Mais c’est un rêve. Entre cynisme et hypocrisie, on obligera l’Aquarius à une longue et éprouvante navigation alors que le bon sens voudrait qu’il puisse gagner le port le plus proche. Politiquement, l’Union aura démontré son inexistence dans ce dossier, laissant les Etats membres réagir en ordre dispersé et les partisans de la fermeture des frontières triompher.

Et aussi

L’absurdité nationaliste éclate une nouvelle fois. En Macédoine d’un côté, en Grèce de l’autre, les partis souverainistes protestent hautement contre le compromis passé entre les deux Etats. La Macédoine veut s’appeler Macédoine. Les Grecs, jusqu’à maintenant, combattaient cette idée en arguant qu’il y a chez eux une province également appelée Macédoine. Les deux pays se réclament de l’héritage d’Alexandre, dont les conquêtes sont parties de Macédoine – il était le fils de Philippe, roi de Macédoine, mais on considère qu’il était aussi de culture grecque. Alexandre étant mort sans laisser de mandat clair à ses lointains successeurs, l’affaire est embrouillée. Un compromis – quelque peu…byzantin – a été échafaudé : la Macédoine s’appellera «Macédoine du Nord», ce qui ménage les susceptibilités des deux parties, puisque peut exister en toute clarté, désormais, une Macédoine du Sud. Il y aurait donc deux Macédoines distinctes, qui ne courraient plus le risque de se mélanger, ce qui est un résultat remarquable pour une macédoine. Mais les nationalistes grecs et macédoniens dénoncent l’accord à partir de deux positions symétriques. Tsípras est maintenant menacé par une motion de censure. La folie chauvine est décidément dans l’air du temps.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 14 juin, 2018 |Pas de commentaires »
123456...457

Vu de Corbeil-Essonnes |
ARCHITECTURE D'UN CONGO NOU... |
DEBOUT SAINT ETIENNE |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | PS : UN NOUVEAU SOUFFLE POU...
| Comité de soutien de Quetig...
| Ségolène Royal présidente