Archive pour la catégorie 'Politique'

La lettre de Laurent Joffrin…………..(28/11/2017)

Libération 28 novembre 2017
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Les fantômes de la «Françafrique»

L’homme macronien entrera-t-il dans l’histoire ? Pour Nicolas Sarkozy, qui croyait parler vrai alors qu’il déblatérait, l’homme africain s’en était abstenu. En prononçant son grand discours sur l’Afrique à Ouagadougou devant une assistance de jeunes, Emmanuel Macron espérait faire oublier cet impair spectaculaire et graver sa marque sur les relations, si ambiguës et si souvent condescendantes, entre la France et l’Afrique. «Il n’y a pas de politique africaine de la France», a dit le président au cours d’une séance spectaculaire de «libération de la parole», selon l’expression en cours. Discours réussi, relevé par un hommage à Thomas Sankara, le «Che Guevara africain», dont beaucoup soupçonnent qu’il a été assassiné avec l’aval des autorités françaises. Cette absence supposée de politique a pour but non d’ériger le mutisme et l’inertie en stratégie mais de rompre, une nouvelle fois, avec la «Françafrique». Tâche nécessaire et malaisée…

Qu’est-ce donc au juste que cette «Françafrique» ? Au moment des indépendances, au début des années 60, le général de Gaulle décide de substituer à l’ancien empire colonial une zone d’influence africaine qui servira les intérêts français et contribuera à faire pièce, pense-t-il, à la puissance anglo-saxonne et soviétique sur la planète. Il charge un résistant à l’esprit tortueux, familier des coups de main et des coups tordus, Jacques Foccart, de la mettre en œuvre. Avec l’accord de leaders de l’époque, Léopold Senghor ou Félix Houphouët-Boigny, par exemple, Foccart tisse un réseau étroit de collusion avec les chefs d’Etat des nouveaux pays indépendants. Ils bénéficieront de la protection française en échange de leur allégeance. Tout cela, comme on le verra très vite, sur fond de corruption croisée, d’assassinats discrets, de répression fréquente, d’accords militaires inégaux et de juteux contrats pour les grands groupes français. Les défenseurs, de plus en plus rares, de cette politique estiment que la France a joué un rôle stabilisateur et assuré la pérennité de régimes qui eussent autrement, selon eux, été remplacés par des régimes pires encore. Vieille histoire… Depuis François Mitterrand, les présidents successifs ont tenté de se laver de ce péché originel, avec plus ou moins de sincérité.

«La France n’a pas de politique africaine» ? Voire. Le spectre de la Françafrique s’estompe en effet. Mais les survivances sont là : les accords militaires, dont on ne sache pas qu’ils aient été rompus ; l’implantation des sociétés françaises, qui n’est pas toujours néfaste ; l’existence du franc CFA, relié à l’euro, qui maintient une zone monétaire sous tutelle française ; une stratégie commune à cinq pays du Sahel et à la France, destinée à lutter contre le terrorisme venu du nord. Les spectres ont la vie dure. Il est temps, à tous égards, que cette «Françafrique» sorte de l’Histoire. Mais le meilleur moyen de l’expulser, pour les Africains, et pour les Français, c’est de préciser par quoi elle sera remplacée. Quelles monnaies solides à la place du franc CFA ? Quels contrats équitables avec les groupes français ? Quelle stratégie de lutte antiterroriste ? Quels accords militaires ganrantissant l’indépendance des Etats concernés, si les armées locales, comme au Mali, résistent mal aux attaques en règle ? Le reste est de l’ordre du discours, aussi réussi soit-il.

Et aussi

• Le Premier ministre, Edouard Philippe, a de l’humour. Sa prestation devant le public du Casino de Paris, où il racontait les heures qui ont précédé sa nomination, était digne d’un stand-up. Coups de fils subreptices, arrivée auprès de Macron sous une couverture, telle Cléopâtre roulée dans un tapis, panique à l’annonce de sa possible nomination, tout y était, fort bien dit, fort applaudi. On croit en France que l’autodérision est un handicap. C’est le contraire qui est vrai.

• L’OCDE constate un regain bénéfique de la croissance mondiale. Toujours cette baraka insolente qui accompagne les premiers pas d’Emmanuel Macron. L’OCDE assaisonne sa prévision de ses sempiternelles propositions de «réformes structurelles », qui sont en général des sacrifices structurels. Un point néanmoins se distingue de la potion d’huile de foie de morue habituelle : les experts internationaux remarquent que l’inégalité dans la distribution des revenus est un handicap pour l’économie mondiale sur la voie de la convalescence. Réduire les inégalités : voilà une médication que le docteur Macron, tout à son entreprise d’alignement de la France sur la doxa dominante, a oublié, en même temps, de prendre en compte.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 28 novembre, 2017 |Pas de commentaires »

L’édito de Christian Losson………………(28/11/2017)

édito

Contradictions

Par Christian Losson — 27 novembre 2017 à 20:36
  • Contradictions

ÉditoMême s’il en parle avec des accents très européens, et en rupture avec une Françafrique en perte d’influence, la vision sur l’Afrique que doit esquisser Emmanuel Macron, ce mardi au Burkina Faso, devrait pouvoir répondre à au moins trois contradictions. La première, c’est que le chef de l’Etat a beau avoir promis de consacrer 0,55 % de son PIB à l’aide publique au développement d’ici la fin de son mandat, il n’en prend pas le chemin, malgré son credo de conjuguer lutte contre le terrorisme et développement. L’assistance de la France aux pays pauvres a plongé, de 0,50 % en 2010 à 0,38 %. Si Macron entend être un leader européen, qu’il accorde, comme nos voisins britannique ou allemand, les 0,70 % promis par les pays riches depuis près de cinquante ans.

La deuxième, c’est que pour tenir cette promesse, un levier existe : la taxe européenne sur les transactions financières (TTF), sur la table de dix pays européens depuis 2011. Mais Macron louvoie sur le sujet. Et ce n’est pas sa dernière option – s’y coller à vingt-huit -, très hypothétique mais martelée le 26 septembre à la Sorbonne, qui risque de prendre corps. Surtout quand, dans le même temps, Bercy cherche à alléger la TTF à la française, qui, elle, existe déjà… La troisième, c’est qu’il est louable de vanter les mérites de l’entrepreneuriat ou des partenariats public-privé. La preuve : en 2016, seulement trois centimes de chaque dollar d’investissement direct étranger dans le monde ont bénéficié au continent africain. Mais il est aussi crucial de lutter contre l’évasion fiscale ou contre l’impunité de certaines firmes qui pillent le continent avec la complicité d’élites corrompues. Comme il serait salutaire de ne pas favoriser des fausses solutions qui mettent sur les rails des accords de libre-échange biaisés, des politiques d’agrocarburants dangereuses ou des parcs agro-industriels destructeurs pour les petits producteurs, qui représentent 70 % des emplois.

Christian Losson

Publié dans:Politique |on 28 novembre, 2017 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………………….(27/11/2017)

Libération 27 novembre 2017
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

La droite microscopique

Telles les paramécies, la droite française se reproduit par scissiparité. C’est-à-dire par une forme de reproduction asexuée qui consiste à diviser un organisme pour en faire deux, lesquels se divisent à nouveau pour en faire quatre, etc. Ainsi, le parti LR s’était coupé en deux en juillet dernier pour produire les «reconstructeurs», qui viennent à leur tour de se scinder en deux pour donner naissance à Agir, l’embryon de formation lancé – sur le papier pour l’instant – par le député Franck Riester. Tandis que pour échapper à cette dissémination microbienne, Thierry Solère, questeur de l’Assemblée qui entend le rester, Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat auprès de Nicolas Hulot, et Gérald Darmanin, ministre du Budget, ont décidé de rejoindre directement La République en marche. Pour changer de métaphore, on constate ainsi que la droite républicaine se retrouve en miettes dans la soupe macronienne, avec un gros croûton qui surnage, le parti LR dont compte s’emparer Laurent Wauquiez. Nouvelle cuisine ou vieilles recettes ?

En principe, les paramécies conservent toutes le même ADN. C’est là que la comparaison s’arrête : cet éparpillement façon puzzle a pour origine un conflit sur le fond. Wauquiez, ses amis, ses alliés (dont la caméléonne Virginie Calmels, qui passe sans ciller du poste de numéro 2 d’Alain Juppé à celui de numéro 2 de Laurent Wauquiez) en tiennent pour une droite dure, simili-thatchérienne en économie et quasi lepéniste sur les questions identitaires. Les autres repoussent hautement cette perspective et cherchent leur salut dans une mue macronienne plus ou moins affirmée.

Au milieu de cette prolifération microscopique, Wauquiez n’a pas perdu d’avance. Comme le remarque fort justement Jean-François Kahn, il existe depuis toujours en France une droite dure, légitimiste, ou boulangiste, ou maurrassienne, ou nationaliste, ou liguarde dans les années 30, que le naufrage du pétainisme et le triomphe du gaullisme ont éclipsé pendant quelques décennies avant qu’elle renaisse, d’abord avec le Front national, puis au fil des raidissements divers de la droite française incarnés successivement par Marie-France Garaud, Charles Pasqua, Nicolas Dupont-Aignan, Eric Ciotti, Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé, François Fillon et maintenant Laurent Wauquiez. Dans cette restauration du conservatisme hard, version 2017, Wauquiez dispose d’un avantage certain : ses adversaires sont attirés par Macron comme des moustiques par un lampadaire ; et surtout le prétendant LR, cynique et agressif à souhait, adepte des formules au vitriol, a de toute évidence l’étoffe d’un animal politique. Les autres, à l’instar des paramécies, sont en politique des animalcules.

Et aussi

Gérard Filoche, dont on connaît les récents ennuis, répond longuement à un court texte de ma lettre où il était épinglé. Comme il est de mise, je publie volontiers sa missive :


«Laurent Joffrin, dans une récente «Lettre politique» me fait dire que « s’il y a des antisémites, c’est la faute du capitalisme ». Il aurait dû mieux écouter ce que j’avais dit sur i24news la veille. Il faut dire, à sa décharge, que ce qui s’était passé ce soir-là ressemblait plus à une tentative de lynchage médiatique qu’à un entretien cherchant à cerner la moindre vérité. Loin de moi l’idée que le capitalisme ait été, historiquement, le seul responsable de l’antisémitisme. Je n’ignore bien sûr pas les massacres que les juifs qui se trouvaient sur le chemin de la première croisade, à la fin du XIsiècle, avaient dû subir, particulièrement en Rhénanie. Je sais que le roi de France Louis IX, dit Saint Louis, avait frappé les juifs de multiples interdits, qu’il avait ordonné que des milliers d’exemplaires du Talmud soient brûlés en place publique, qu’il avait obligé les juifs, dès l’âge de 12 ans, à porter une « rouelle » jaune, les désignant à la haine publique. Je ne méconnais pas, non plus, ce que les juifs ont eu à subir en Espagne au XVsiècle : les conversions forcées, les centaines de milliers de personnes condamnées au bannissement, les tortures et les exécutions des Marranes par l’Inquisition. J’ai toujours, par ailleurs, condamné l’antisémitisme de Staline qui fit aux juifs des procès aussi répugnants que ceux qu’il fit aux trotskistes et à tous ceux qui n’acceptaient pas l’écrasement de la révolution d’octobre 1917 par la contre-révolution stalinienne de la fin des années 1920 et des années 1930. Mais il existe une différence qualitative entre ces formes d’antisémitisme et l’antisémitisme d’Hitler. En les mettant sur le même plan, dans son pamphlet, Laurent Joffrin en vient, malheureusement, à banaliser Auschwitz. L’antisémitisme du Moyen Age ou de la Renaissance était un antisémitisme de type essentiellement religieux. L’antisémitisme de Staline était un relent de la Russie tsariste, la Russie des pogroms. Il l’utilisait pour conserver son pouvoir en flattant les sentiments antisémites de la partie la plus arriérée de la population russe, tout en continuant à organiser la terreur qui était le fondement de ce pouvoir.

«L’antisémitisme nazi était d’une tout autre nature. Il combinait l’idéologie raciale se réclamant de la biologie et du darwinisme social, avec la froide rationalité instrumentale et la technologie meurtrière du capitalisme. L’aboutissement de cette combinaison fut le massacre de 6 millions de juifs. Pour les nazis, à la différence de Torquemada, aucune conversion n’était possible, c’était la « race biologique » qui déterminait le sort des individus qui avaient le malheur de tomber entre leurs mains. Hitler ne serait jamais parvenu au pouvoir si les capitalistes allemands n’avaient pas vu en lui le seul rempart leur permettant de conserver le pouvoir économique, après la crise de 1929 et les formidables bouleversements sociaux qu’elle provoquait. Le livre d’Eric Vuillard, couronné par le dernier prix Goncourt, l’Ordre du jour, décrit avec une amère précision, comment, le 20 février 1933, les 24 plus importants capitalistes allemands (les dirigeants de BASF, de Bayer, d’Agfa, de Krupp, d’IG Farben, de Siemens, d’Allianz, de Telefunken…) avaient décidé de mettre dans la balance, tout leur poids financier, économique, politique et social pour permettre à Hitler d’accéder au pouvoir. Sans eux, Hitler ne serait devenu ni chancelier du Reich, ni Führer. Laurent Joffrin qui commençait son petit pamphlet contre moi par « Le trotskisme mène à tout, à condition d’en sortir » aurait sans doute mieux fait de réfléchir aux mots prophétiques que Trotski, exilé au Mexique, écrivait en 1938 : « Il est possible d’imaginer sans difficulté ce qui attend les juifs dès le début de la future guerre mondiale. Mais, même sans guerre, le prochain développement de la réaction mondiale signifie presque avec certitude l’extermination des juifs. » Qui d’autre, alors qu’il était minuit dans le siècle, avait su faire preuve d’une telle perspicacité ? Gérard Filoche.»


J’entends bien la réponse que me fait Gérard Filoche, même si je trouve grotesque qu’il me reproche de «banaliser Auschwitz», dont je ne parle pas, comme si le fait de rappeler que l’antisémitisme a plusieurs sources les mettait toutes sur le même plan. Sa connaissance de l’antisémitisme, en tout cas, aurait dû lui éviter les propos sommaires qu’il a tenus à la télévision (dans un débat violent, il est vrai) et, surtout, aurait dû le conduire à maîtriser son fil Twitter au lieu de laisser diffuser sous sa responsabilité un message clairement antisémite issu de la mouvance d’Alain Soral, qui lui a valu son exclusion du Parti socialiste.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 27 novembre, 2017 |Pas de commentaires »

Tragique………………………….(27/11/2017)

  1. Thierry Solère peut-il vraiment rester questeur de l’Assemblée nationale ?

Thierry Solère peut-il vraiment rester questeur de l'Assemblée nationale ?
Initiateur en juin du groupe « Constructifs » à l’Assemblée nationale, Thierry Solère n’a pas souhaité rejoindre « Agir ». (JACQUES DEMARTHON / AFP)

« Comment accepter que les trois questeurs  soient tous du même parti ? » Le ralliement de Thierry Solère à LREM interroge.

Par L’Obs

Publié le 27 novembre 2017 à 10h44

Rififi au Palais-Bourbon : l’un des trois (très) convoités postes de questeurs de l’Assemblée sera-t-il prochainement remis en jeu ? Le ralliement de Thierry Solère au parti La République en Marche suscite en tout cas des interrogations.  »Comment accepter que les trois questeurs de l’Assemblée nationale soient tous du même parti ? » Pour le député LREM François-Michel Lambert, Thierry Solère doit démissionner.

Publié dans:Politique |on 27 novembre, 2017 |Pas de commentaires »

Les faux Q à la soupe……………………..(26/11/2017)

  1. L’Obs
  2.  > Politique
  3. Les Constructifs pro-Macron lancent Agir, le nouveau parti de droite

Les Constructifs pro-Macron lancent Agir, le nouveau parti de droite
Franck Riester (ex-LR), président du groupe les « Constructifs » et leur parti « Agir » à l’Assemblée. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Au même moment, Darmanin, Lecornu et Solère, exclus des Républicains le 31 octobre, rejoignent En Marche !.

Par L’Obs

Publié le 26 novembre 2017 à 16h29

Dimanche chargé pour la droite divisée. Alors que Darmanin, Lecornu et Solère, exclus des Républicains le 31 octobre, rejoignent En Marche !, une vingtaine d’élus « Constructifs » ont officiellement lancé, également ce dimanche 26 novembre, un nouveau parti de droite. « Agir » veut être une alternative à LR et sa ligne « identitaire, eurosceptique et ultra-conservatrice ».

C’est le député Franck Riester (ex-LR), qui chapeautera la nouvelle création, lancée à seulement deux semaines du congrès qui doit porter Laurent Wauquiez à la présidence de LR. Comme s’en amuse le favori, en partie responsable du départ de ses trois anciens camarades qui ont rejoint la majorité, « les diviseurs se divisent ».

Publié dans:Politique |on 26 novembre, 2017 |Pas de commentaires »

Blablabla…………………………….(25/11/2017)

Publié dans:Politique |on 25 novembre, 2017 |Pas de commentaires »

Remaniement……………………(24/11/2017)

Griveaux, Dussopt, Castaner, Gény-Stephann… le remaniement du gouvernement annoncé 1/14

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ChallengesIl y a 2 heures
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Le député PS Olivier Dussopt nommé secrétaire d’Etat, sera chargé de la Fonction publique. Benjamin Griveaux est nommé porte-parole du gouvernement. Delphine Gény-Stephann devient secrétaire d’Etat auprès de Bruno Le Maire. Christophe Castaner reste secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement.

Griveaux, Dussopt, Castaner, Gény-Stephann... le remamiement du gouvernement annoncé© Fournis par www.challenges.fr Griveaux, Dussopt, Castaner, Gény-Stephann… le remamiement du gouvernement annoncéPatron du mouvement La république en marche, Christophe Castaner reste bien au gouvernement! Longtemps repoussé, le remaniement tombe à la fin de cette semaine.

Voilà ce qu’il faut en retenir:

- Christophe Castaner, patron de LREM, garde le secrétariat d’Etat aux Relations avec le Parlement.

Delphine Gény-Stephann (Saint-Gobain) nommée secrétaire d’Etat auprès de Bruno Le Maire.

- Le député PS Olivier Dussopt est nommé secrétaire d’Etat, sera chargé de la Fonction publique.

Benjamin Griveaux est nommé porte-parole du gouvernement.

(Avec AFP)

Publié dans:Politique |on 24 novembre, 2017 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………………..(24/11/2017)

Libération 24 novembre 2017
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Libéralisme du double langage

Le «je vous ai compris» d’Emmanuel Macron aux maires de France n’est pas si mal passé. Plutôt que le verbe gaullien ramassé en formules romaines, le Président a choisi l’option Fidel Castro, discours fleuve devant le peuple séduit puis assommé par la torrentielle abondance des mots et des phrases. Deux heures de discours : un peu effarés, flattés par tant de prodigalité verbale, ou bien soudain tirés d’un sommeil réparateur, les édiles n’ont pas fait les difficiles, tout en se demandant, comme le remarque Alain Auffray dans Libération, s’ils ne se sont pas fait un peu «rouler dans la farine».

De cette longue séance d’hypnose, un paradoxe émerge, peu souligné jusqu’à présent. Plus critiques, plus virulents que les autres, les maires de gauche ont stigmatisé l’amputation des moyens promis aux communes. Ils étaient dans leur rôle. Mais ils ont aussi – ironique unanimité – été applaudis, souvent à tout rompre, par la salle rassemblée dans une touchante harmonie. C’est-à-dire tout autant par les maires, grands et petits, membres du parti LR ou de quelque formation plus modeste mais tout aussi conservatrice. Et qu’ont-ils applaudi, défendant en cela les crédits de leur commune ? La nécessité de maintenir à un niveau élevé les dépenses publiques ; la légitimité de l’impôt qui sert à financer leurs actions ; la bienfaisance de services publics actifs et bien organisés ; l’aide précieuse que leur fournissent ces titulaires d’emplois aidés qui viennent épauler les fonctionnaires municipaux dans leur patiente lutte contre les fractures sociales des territoires. Bref, tout ce que ces mêmes élus, ou leurs leaders et responsables de parti, fustigent si souvent au niveau national.

La droite – c’est sa partition – ne cesse de réclamer une baisse des dépenses publiques, une diminution de l’impôt, la suppression ou la réduction de ces emplois aidés qu’elle qualifie d’artificiels, une révision draconienne des principes de la solidarité, qu’elle appelle, à l’instar de Laurent Wauquiez, «de l’assistanat». Mais dans leur mairie, les élus des mêmes partis tiennent un discours rigoureusement inverse. Vérité sous son clocher, erreur à Paris… C’est le libéralisme à double langage : on critique au niveau national ce qu’on réclame à cor et à cri au niveau local. Et si l’action publique financée par l’impôt est bonne dans les villes et les villages, est-elle si mauvaise au niveau national ? Droite libérale ou droite schizophrène ?

Et aussi

• Les signes de reprise économique se multiplient. On parle de surchauffe dans l’industrie française, de croissance accrue en fin d’année, de moral des ménages et des investisseurs au plus haut, etc. Le chômage n’en est guère affecté pour l’instant (encore que l’Insee produise des chiffres plus encourageants), mais il est indiscutable que «ça va mieux», pour reprendre une formule connue. On imagine les réactions symétriques de deux présidents de la République, l’actuel et le précédent. Avec un discret sourire, Emmanuel Macron peut se dire que, quoi qu’il fasse, somme toute, sa politique donnera de bons résultats. Et François Hollande qu’à un an près, sa politique a fini par payer et qu’il a tiré du feu, en se brûlant, les marrons dégustés par Emmanuel Macron.

• Erratum : dans la lettre politique d’avant-hier, j’ai cité incomplètement Adrien Quatennens, député de La France insoumise, qui ne demande pas la régularisation de «tous les sans-papiers», mais de «tous les sans-papiers qui travaillent en France», ce qui n’est pas la même chose. Mille excuses. Je rappelle toutefois aux militants de La France insoumise si prompts à l’insulte et à la condamnation que mon billet n’avait pas pour but de critiquer Quatennens mais de réfuter l’idée selon laquelle les populismes se rejoignent, de droite et de gauche. Je soulignais que la proposition de Quatennens était aux antipodes des thèses populistes de droite et donc qu’on ne pouvait en rien rapprocher, sur ces thèmes en tout cas, extrême droite et extrême gauche, comme le font si souvent certains commentateurs. Manifestement, le sectarisme militant altère la lecture.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 24 novembre, 2017 |Pas de commentaires »

L’édito de Laurent Joffrin……………….(24/11/2017)

Astre

Par Laurent Joffrin — 23 novembre 2017 à 20:26

ÉditoComme jadis l’orléanisme, le légitimisme ou le radicalisme de Clemenceau, le socialisme français a-t-il fait son temps ? Son message, son programme, ses valeurs ont-ils épuisé leur rôle, vécu leur vie glorieuse et faillible, tel un astre mort dont on perçoit encore la lumière mais qui a cessé de briller ? Bien péremptoire est celui qui peut l’assurer. Comme le reste de la social-démocratie européenne, bousculée par la mondialisation, éclipsée par la montée redoutable des populismes identitaires et par la domination idéologique du libéralisme sur les élites et une partie des classes moyennes, le PS subit une crise décisive.

Pour autant, les maux qui ont suscité son apparition et son action, on le voit chaque jour, sont toujours à l’œuvre : l’injustice sociale, la discrimination, les atteintes à la liberté, les humiliations de classe, la maîtrise nécessaire du développement économique et de la technologie. Pour autant, la nécessité de la réforme, l’urgence d’une action concrète en faveur des plus défavorisés, ici et maintenant, et non dans le ciel des utopies de la radicalité, reste brûlante. Autrement dit, en termes plus triviaux, il existe, entre Macron et Mélenchon, un espace politique béant pour une gauche de gouvernement qui conjugue audace et réalisme. Encore faut-il savoir l’occuper. Affaibli, sonné, aphone, incarné par un comité Théodule invisible et pléthorique, le PS n’est pas, à ce jour, en état de le faire. Le sera-t-il au terme du prochain congrès, prévu en avril ? S’il rejoue la pièce cent fois représentée du choc des ego et des écuries, il n’a aucune chance d’y parvenir. Non que les impétrants possibles soient transparents ou défaillants. Mais ils ne pourront retrouver une place dans le débat public que sur la base d’un renouveau doctrinal et organisationnel. Avant de savoir qui va parler, il faut avoir quelque chose à dire.

Laurent Joffrin

Publié dans:Politique |on 24 novembre, 2017 |Pas de commentaires »

La lettre de Lautrent Joffrin………..(23/11/2017)

Libération 23 novembre 2017
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Tempête dans un bénitier

Une simple croix de ciment va-t-elle exacerber un peu plus le conflit religieux que les dévots de tous bords s’échinent à entretenir ? On connaît l’objet du délit : à la suite de la plainte d’une association de libres penseurs, le Conseil d’Etat a désavoué l’érection d’une croix au-dessus d’une statue de Jean Paul II sur le territoire de Ploërmel en Bretagne. Aussitôt, les défenseurs des «racines chrétiennes» du vieux pays ont crié au scandale en stigmatisant une laïcité à leurs yeux dévoyée.

On peut juger baroque d’interdire qu’une croix surmonte la statue d’un pape. Mais le Conseil d’Etat n’a fait en l’espèce qu’appliquer la loi de 1905, qui interdit l’apparition de nouveaux emblèmes religieux dans l’espace public en sus de ceux qui y sont déjà. On remarquera aussi que la Bretagne ne manque pas de signes religieux dans son espace public, c’est le moins qu’on puisse dire, et que la décision de la haute instance ne les menace en aucune manière. Si bien que la virulente mise en cause de cet arbitrage s’apparente de toute évidence à la critique à peine voilée de la loi de 1905, qui organise la pratique de la laïcité en France. Funeste tentation.

En mettant en cause les excès supposés du «laïcisme», on peut à bon droit soupçonner que ces procureurs souhaitent en fait établir, ou rétablir, au nom d’une identité française marquée par la chrétienté, la prédominance psychologique, symbolique, et peut-être juridique, de la religion catholique en France. Le tout brandi au nom de la menace supposée que ferait courir à ladite identité l’émergence de l’islam. C’est rendre le plus signalé des services au communautarisme dont on déplore par ailleurs la montée en puissance. Si l’on affaiblit la laïcité, si l’on en déplore les «excès» (largement imaginaires) bien plus que les bienfaits, on offre un argument en or aux zélateurs des autres cultes, qui ne manqueront pas d’attaquer à leur tour le même principe, cette fois au nom de leur propre chapelle. En lieu et place de principes universels qui protègent tout le monde, on débouchera sur un affrontement qui sera tranché nom par le droit ou l’équité, mais par un simple rapport de forces. Aux décisions rendues sur la base des principes républicains, on substituera l’archaïque bataille des cultes et des identités. C’est-à-dire qu’on organisera, très consciemment, une régression majeure.

Et aussi

Vide des idées, trop-plein des candidats : voilà le mal – assez classique – qui menace encore une fois le Parti socialiste, si l’on en croit plusieurs de ses responsables. En fait, le travail intellectuel au PS n’est pas aussi inexistant qu’on le dit : il s’agit de remédier à la crise quasi mondiale de la social-démocratie, ce qui n’est pas simple. On peut comprendre que tout ne soit pas bouclé ni très visible dans ce domaine. Raison de plus pour travailler. Quant aux candidats, on semble s’acheminer (pour l’instant…) vers une compétition dominée par deux figures estimables, Najat Vallaud-Belkacem et Stéphane Le Foll. Pourquoi pas ? Mais les socialistes pourraient aussi, conseil de bon sens, s’atteler à une solution simple : dégager – parmi ces deux-là ou d’autres – un candidat ou une candidate qui ait des idées. Est-ce trop demander ?

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 23 novembre, 2017 |Pas de commentaires »
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