Archive pour la catégorie 'Politique'

La lettre de Laurent Joffrin……………….(23/04/2018)

Libération 23 avril 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Mise en marche ou mise au pas ?

Sous Macron, ça ne traîne pas. Les zadistes veulent rester sur leur ZAD ? On dégage. Les migrants candidats à la traversée de la Manche convergent vers Calais ? On dégage. Les activistes étudiants s’incrustent dans les amphis ? On dégage. Les apprentis frondeurs de LREM contestent la loi sur l’asile ? On menace de dégager et ils rentrent dans le rang. Après le printemps arabe, on avait disserté sur le «dégagisme» d’en bas, qui chassait les tyrans de leur trône. Voici le dégagisme d’en haut, qui chasse les importuns de leur tabouret.

Le Président, bien avant son élection, avait théorisé la restauration d’un pouvoir impérieux, actif et vertical. On n’avait pas compris que cette verticalité décrivait aussi la trajectoire de la matraque qui s’abat sur les récalcitrants. S’il reste de l’horizontalité, c’est celle des grenades lacrymogènes expédiées à tir tendu sur les manifestants. Socialiste rallié au «nouveau monde», Gérard Collomb est le fidèle exécutant de cette gouvernance verticale, qui résout les problèmes en les faisant évacuer par la maréchaussée. Sauf dans un cas, toutefois, étrangement négligé par le papy-grenade de la Place Beauvau : celui de quelques fachos des alpages qui ont bloqué symboliquement, en lieu et place des douanes et de la police, le col de l’Echelle soi-disant infesté d’envahisseurs, telle le Limes romain pénétré par les barbares. Le ministre de l’Intérieur a promis l’envoi de renforts gendarmesques. Pour prévenir une autre opération de commando xénophobe ? Non : pour repousser avec des troupes républicaines l’afflux supposé des migrants. En même temps, les identitaires ont été prudemment morigénés : il ne faut pas pousser la répression trop loin… Bref, on est en marche, mais au pas de charge (policière). Hollande devrait en prendre de la graine. Au lieu de discuter, d’écouter, de négocier, de chercher le compromis, que n’a-t-il étouffé dans l’œuf les défilés de la Manif pour tous, noyé d’emblée sous les canons à eau les manifestants qui le contestaient, menacé les frondeurs d’exclusion ? Bah ! C’était la méthode du vieux monde. Désuète, ringarde, dépassée, digne d’un dernier de cordée…

Bien sûr, nous restons dans l’Etat de droit. Cette raide manière s’exerce au nom de la loi. Si bien qu’elle ne choque guère l’opinion, qui en tient pour la légalité républicaine. C’est un sujet de réflexion pour les activistes. A force de lancer des mouvements ultra-minoritaires, comme dans les facs ou sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, on s’expose à rester seul quand l’Etat réagit. «Nous sommes l’avant-garde de la contestation», disent les théoriciens de la désobéissance civile. Pourquoi pas ? Mais pour qu’il y ait une avant-garde, il faut qu’il faut qu’il y ait un gros de la troupe. S’il n’y a pas de troupe, règle élémentaire de la stratégie, il n’y a pas d’avant-garde, tout juste des troufions aventurés.

Au fil des événements, l’identité politique du macronisme se précise un peu plus. Quand il s’agit de faire des réformes (souvent des sacrifices demandés aux plus modestes), c’est le parti du mouvement. Mais s’il faut faire face aux dissidents, c’est le parti de l’ordre.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 23 avril, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………………(19/04/2018)

Libération 19 avril 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Ramadan : les malheurs de Tartuffe

Tariq Ramadan a chaud aux plumes. Jusqu’ici, lui et ses conseils criaient à la calomnie, à la cabale, au complot ou à la mythomanie. Il apparaît dans l’enquête de Libération et de quelques autres que les relations dont excipaient les plaignantes qui l’accusent de violences sexuelles avaient une réalité tangible, sous la forme d’une robe tachée, de SMS innombrables, d’enregistrements et de vidéos. Cela ne signifie pas que le prédicateur soit coupable de viol, mais que ses dénégations globales sont largement mises à mal. Il va lui falloir trouver un autre système de défense. Ramadan n’est pas un violeur aux yeux de la justice (elle n’en a pas encore décidé), mais il est clair aux yeux de tous que c’est un tartuffe. Rappelons que le prédicateur a prononcé d’innombrables discours rigoristes sur la prohibition nécessaire des relations hors mariage et sur la pudeur des jeunes filles. Drôle de pudeur, quand on lit les SMS révélés hier.

Panique dans les comités de soutien et chez les pétitionnaires. L’idole des prudes était un dragueur, peut-être plus. L’islamo-gauchisme est en deuil. On fera un sort particulier à une pétition publiée par Mediapart signée par une pléiade d’intellectuels. Dans ce texte d’apparence prudente, les auteurs suggéraient avec insistance que Ramadan était la victime d’une «instrumentalisation» de la lutte des femmes et que la justice dans cette affaire était partiale, dans la mesure où elle traitait plus durement un musulman qu’un autre justiciable. Prolongement pratique des thèses en vogue dans l’extrême gauche selon lesquelles nous serions confrontés à un «racisme systémique» ou, encore pire, à un «racisme d’Etat».

Or il apparaît que si la justice met en cause Ramadan, c’est sur la base d’éléments sérieux et que s’il est maintenu en détention, c’est notamment pour éviter qu’il puisse faire pression sur les plaignantes, comme le laissent à penser certains de ses SMS. Ramadan est présumé innocent. Mais il y a contre lui des indices concordants qui demandent éclaircissement. Nul racisme dans ce cas, mais une procédure classique. Suggérer le contraire, comme l’ont fait ces militants et ces universitaires, c’est remplacer les jugements rationnels par un communautarisme pavlovien. C’est-à-dire tout le contraire des valeurs élémentaires de la gauche.

Laurent Joffrin
Publié dans:Politique |on 19 avril, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin……………..(18/04/2018)

Libération 18 avril 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Extension du domaine de la lutte

Le mouvement social s’essouffle moins qu’on ne dit. On peut même se demander si la fameuse «convergence des luttes» appelée de ses vœux par la gauche radicale ne reçoit pas un petit commencement d’exécution. Certes, les pourcentages de grévistes se tassent un peu à la SNCF. Mais ils restent hauts. Et surtout, l’annonce de la fin du statut de cheminot pour les nouveaux entrants au 1er janvier a de nouveau braqué la CFDT, qui parle de «provocation». L’espoir de voir le mouvement se diviser entre réformistes et radicaux s’éloigne pour l’instant.

La CGT a réussi à relancer des arrêts de travail à EDF et à la RATP. Ces mots d’ordre sont modérément suivis et les usagers ne sont guère affectés, mais désormais, nous avons trois conflits sociaux en cours dans les grands réseaux publics. Trois foyers, un gros et deux petits, auxquels s’ajoutent progressivement de nouvelles universités bloquées par les étudiants qui contestent le projet de réforme «Parcousup». Là aussi, le mouvement est manifestement minoritaire. Un vote en ligne a eu lieu à Strasbourg. Il montre que plus de 70% des étudiants souhaitent l’arrêt des blocages. Mais les assemblées générales se remplissent et la contestation s’étend. Nulle coordination à ce jour, sinon par le truchement de la CGT. Mais en géométrie sociale, les parallèles peuvent se rejoindre un jour…

Nicolas Hulot a été dépêché à Notre-Dame-des-Landes où la négociation achoppe sur une obscure question de déclaration. De toute évidence, le gouvernement aimerait bien éteindre au moins un de ces départs de feu. Il le peut encore à la SNCF : des concessions nettes sur la reprise de la dette et sur le sort des cheminots appelés à travailler pour les entreprises qui gagneront les appels d’offres ferroviaires peuvent apaiser quelque peu l’UNSA et la CFDT. On n’en est pas là : le gouvernement suit sa voie sans dévier et les syndicats plus modérés sont toujours mobilisés.

Si la grève tient, il sera trop tard. Face à un mouvement qui hésite, le compromis est possible et peut mettre fin à l’affaire. Mais si la contagion commence, les concessions encourageront les syndicats, qui pourront envisager une victoire ; elles serviront de précédent aux autres conflits, où les contestataires peuvent à leur tour espérer voir leurs revendications entendues. En principe, le gouvernement a le soutien majoritaire de l’opinion, ce qui l’encourage à la fermeté. Mais l’opinion est une alliée versatile…

Laurent Joffrin
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NDDL : Zone de non-droit………………..(18/04/2018)

Notre-Dame-des-Landes : zadistes et autorités reprennent le dialogue

Notre-Dame-des-Landes : zadistes et autorités reprennent le dialogue
Zad NDDL (JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP)

L’Etat a donné aux zadistes jusqu’au 23 avril pour se régulariser.

Par L’Obs

Publié le 18 avril 2018 à 06h58

La préfète des Pays de la Loire Nicole Klein rencontrera mercredi une délégation d’occupants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes et les représentants d’associations anti-aéroport dans l’espoir de trouver une « porte de sortie » au conflit, après plus d’une semaine d’opérations de gendarmerie sur le site.

Cette reprise du dialogue, sur proposition de la préfète elle-même, a été confirmée quelques heures après la décision des occupants de l’accepter en souhaitant qu’elle intervienne « au plus vite ».

La rencontre se tiendra à 14h30 en préfecture, à Nantes, a annoncé mardi Mme Klein à l’AFP.

Il s’agira pour la représentante de l’Etat de « rappeler les conditions de projets agricoles sur la zone », où l’agriculture doit répondre « aux mêmes règles » qu’ailleurs: adhérer à la mutualité sociale agricole, « payer son eau et son électricité, laisser les chemins accessibles à tous ». « Il n’y a pas de zone de non-droit », a répété la préfète.

L’Etat, qui a donné aux zadistes jusqu’au 23 avril pour se régulariser, à travers un formulaire simplifié n’ayant « pas de valeur juridique » mais permettant de « savoir le nom de la personne, où elle veut s’installer, ce qu’elle veut faire », restera intangible sur ce nouveau délai, a fait savoir la préfète de région.

« Je ne préjuge rien de la réunion de demain. S’ils viennent pour me dire ‘on ne donnera pas nos noms’, s’ils ne répondent pas a minima à cette demande, le président de la République a été très clair, il y aura de nouveau des expulsions », a-t-elle assuré.

S’ils ont répondu favorablement à l’invitation de la préfète, les occupants estiment que « cet ultimatum du 23, qui est un temps très très court (…) ressemble plus à un couperet » qu’à « des conditions pour un véritable dialogue ».

 

 

« Chantage à la terreur »

« C’est une sorte de chantage à la terreur. Il faut qu’on se donne plus de temps dans les négociations », a souligné un occupant.

« L’Etat a tenu ses engagements. Pour l’instant, c’est de l’autre côté où ça ne bouge pas, puisque aucun projet n’a été déposé avec un nom, il n’y a eu aucune adhésion à la mutualité sociale agricole. Je comprends bien qu’il faut du temps, mais il y a déjà du temps qui est passé », a rétorqué Nicole Klein.

A l’heure actuelle, « les seuls qui sont en situation régulière sont les quatre agriculteurs historiques qui ont demandé la rétrocession de leurs terres et ceux qui ont une convention d’occupation temporaire qui souvent exploitent les terres sans habiter là », a-t-elle rappelé.

Le chef de l’État Emmanuel Macron avait affirmé dimanche soir qu’ »à l’issue » du délai du 23 avril, si les zadistes n’avaient pas déclaré leurs projets agricoles, « tout ce qui doit être évacué sera évacué ».

 

 

Aucun occupant de la ZAD n’avait « pour l’instant » rempli le formulaire de la préfecture, « de la même manière que personne n’avait souhaité signer des conventions individuelles » pour des baux agricoles temporaires avant l’opération d’expulsions sur la ZAD, a souligné un des « porte-parole » des zadistes.

« Ce qu’on nous propose, c’est un format qu’on juge trop individuel. Il faut de la part de l’État une ouverture à des projets qui ne soient pas purement agricoles et qu’il y ait une possibilité, dans la manière dont seront passées les conventions, qu’il n’y ait pas de morcellement du territoire », a-t-il explicité.

« Le problème n’est pas de donner ou pas des noms mais de savoir quel cadre on trouve pour avoir une convention d’occupation précaire globale et collective », soutient un autre zadiste.

« Ce ne sera pas le Larzac »

L’Etat ne fermera pas la porte à des coopératives ou à des GAEC (groupements agricoles d’exploitation en commun, ndlr) sur la zone de Notre-Dame-des-Landes comme ailleurs, mais « ce ne sera pas le Larzac, ça a été dit et redit », a réitéré la préfète.

 

 

Après plus d’une semaine d’opérations de gendarmerie et de heurts entre opposants et forces de l’ordre, la situation semblait plus apaisée mardi sur le site de 1.650 hectares, à la veille de cette rencontre cruciale.

A la mi-journée, les gendarmes poursuivaient leurs opérations de déblaiement sur les deux axes routiers traversant la ZAD, sur la D281 où des squats ont été démantelés au début des opérations d’expulsions, et sur la D81 où chaque nuit des barricades sont érigées.

Plusieurs personnes interpellées dimanche dans la zone de Notre-Dame des Landes et lors de la manifestation samedi à Nantes en soutien aux zadistes, ont été condamnées mardi en comparution immédiate à des peines de prison par les tribunaux correctionnels de Nantes et Saint-Nazaire pour notamment « violences volontaires sur personnes dépositaires de l’autorité publique. »

(Avec AFP)

L'Obs

L’Obs

Publié dans:Politique |on 18 avril, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin…………………..(17/04/2018)

Libération 17 avril 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique

Bové avait raison

La protestation de Notre-Dame-des-Landes ne s’essouffle pas. Au contraire, de nombreux manifestants rejoignent le mouvement, qui dépasse maintenant le cercle mélangé des zadistes – une minorité musclée et une majorité de paysans et d’utopistes pacifiques à la recherche d’une agriculture alternative. Le gouvernement bombe le torse en répétant que «force doit rester à la loi». Certes. Mais il a eu dans cette affaire un grand tort : ne pas écouter les propositions formulées par ce sage du militantisme vert aux moustaches gauloises et apaisantes qu’est José Bové, l’Abraracourcix du Larzac. L’argument de Bové est simple : pour que force reste à la loi, il suffit de choisir la bonne loi. Pourquoi ne pas créer, comme naguère au Larzac, une société foncière collective qui prendrait en charge la responsabilité des terres contestées et les répartirait selon un principe de délibération démocratique ? La puissance publique est propriétaire des zones jusque-là destinées à la construction de l’aéroport. Rien ne l’empêche de concéder un bail de longue durée à ceux qui veulent les mettre en valeur, réunis dans une société commune. Ce fut le cas au Larzac, qui vit depuis quarante dans une paix bucolique et laborieuse à la satisfaction de tous, sur les pacages promis à l’origine à l’armée.

C’est récompenser l’action illégale, diront les sourcilleux défenseurs de l’ordre républicain. L’argument n’est pas indigne. A trop violer les lois, serait-ce pour la bonne cause, on les affaiblit au profit de ceux qui préfèrent les solutions de force. Imaginons qu’un groupe d’intégristes agrémenté de quelques crânes rasés occupent un terrain destiné à construire une clinique IVG, ou bien une mosquée, et se mettent en tête d’y édifier illégalement un centre d’études dédié à Saint-Pie-X. Les mêmes qui défendent les zadistes aujourd’hui exigeraient à coup sûr l’évacuation rapide des contrevenants, à grand renfort d’arguments juridiques imparables. Vérité en deçà des frontières politiques, erreur au-delà…

Mais la question de la légalité n’épuise pas le sujet. Bové rappelle qu’une ferme bâtie pendant le conflit en dehors de la loi, fut ensuite inaugurée avec champagne et flonflons… par un ministre de la République. Il arrive, dans des cas précis et délimités, qu’une action menée en dehors de la loi soit ensuite ratifiée par l’évolution générale de la société. Ce fut le cas des avortements illégaux pratiqués par certains médecins avant la loi qui autorisa l’IVG. On peut trouver d’autres exemples. Dans dix ans, il est tout à fait possible que les expériences alternatives conduites par les zadistes apparaissent comme un modèle d’avenir ratifié par les autorités. Après tout, il s’agit de cultiver quelques centaines d’hectares, non de bouleverser les bases de la société. La République en a vu d’autres, et elle est toujours debout. Elle s’honorerait donc en donnant sa chance à une utopie concrète et ino

Publié dans:Politique |on 17 avril, 2018 |Pas de commentaires »

PS………………………………………(17/04/2018)

Si vous ne voyez pas le contenu de cet e-mail, cliquez-ici.
PS.............................................(17/04/2018) dans Politique upload-file-947102962017

Une direction resserrée, rajeunie, paritaire

Bonjour à toutes et tous,

Ce dimanche s’est tenu le premier Conseil national depuis l’élection d’Olivier Faure en tant que Premier secrétaire du Parti socialiste.
Il a été l’occasion d’installer la co-présidence du Conseil national, le Bureau national ainsi que le Secrétariat national.
Une nouvelle direction est à présent en place pour mener à bien les futurs chantiers de la renaissance du parti.
Le Conseil national a par ailleurs adopté un texte fort en faveur des différents mouvements sociaux en cours dans le pays.

Une équipe renouvelée

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Avec ce nouveau Secrétariat, le PS fait le choix d’une direction resserrée, rajeunie, paritaire ; et d’un parti au travail, proche des préoccupations quotidiennes des Français.e.s, tourné vers les enjeux de demain.
Retrouvez la liste des Secrétaires nationaux

Un parti mobilisé

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Dans un contexte de forte mobilisation dans le pays, le Parti socialiste a par ailleurs fait le choix, d’adopter une résolution de soutien au mouvement social et d’appeler l’ensemble des militant.e.s du parti à se mobiliser les 1er et 22 mai prochain.
Lire la résolution
Parti Socialiste
10, rue de Solférino
75007 PARIS
courriel@parti-socialiste.fr
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Publié dans:Politique |on 17 avril, 2018 |Pas de commentaires »

En vrac…………………………..(17/04/2018)

Macron veut faire rêver l’Europe, Marion Le Pen déguste Buisson, Fillon se paie l’affiche

Macron veut faire rêver l'Europe, Marion Le Pen déguste Buisson, Fillon se paie l'affiche
Emmanuel Macron lors de son discours à la Sorbonne sur l’Europe le 26 septembre 2017. ((ludovic MARIN / POOL / AFP))

Au menu du Réveil politique : le grand oral européen de Macron, le déj’ secret entre Marion Maréchal-Le Pen et Patrick Buisson, l’affiche de Fillon (et du « Figaro »)…

Le grand oral du jour : Macron à Strasbourg

Emmanuel Macron va s’adresser mardi 17 avril pour la première fois aux députés européens réunis à Strasbourg. Le but de l’opération est clair : tenter de les mobiliser autour de son ambition de « refonder l’Europe », une initiative qui est loin de susciter l’enthousiasme de Berlin à Budapest, en passant par Varsovie.

Emmanuel Macron est donc attendu à 10 heures dans l’Hémicycle du Parlement européen, où les députés sont rassemblés pour leur session mensuelle. Devant eux, « il exprimera l’urgence qu’il y a à agir dans un contexte difficile au sein de l’Union européenne mais aussi à l’extérieur », explique l’Elysée. Comprendre : les victoires en Italie et en Hongrie des partis eurosceptiques et, à l’extérieur, la guerre en Syrie, des Etats-Unis imprévisibles depuis l’arrivée de Donald Trump et à un président russe, Vladimir Poutine, peu accommodant avec l’UE.

Lors de son interview dimanche, Emmanuel Macron a affirmé que le continent européen assistait à « une montée de l’illibéralisme, c’est-à-dire des extrêmes, des populismes, de gens qui remettent en cause l’Etat de droit ».

Face à cela, il serait nécessaire de promouvoir une « Europe souveraine » qui protège « des grands risques, des grandes transformations, du risque numérique comme fiscal », selon lui. Et d’avertir :

« Nous avancerons avec les pays qui voudront bien avancer » et il faudra que « ceux qui ne suivront pas [...] acceptent d’être aux marges de cette Europe. »Emmanuel Macron devrait ainsi rappeler les grandes lignes de son discours pour « refonder l’Europe » qu’il avait prononcé en septembre à l’université de la Sorbonne. Ses 80 initiatives portaient sur tous les sujets, d’un renforcement de la zone euro à la généralisation du programme Erasmus, en passant par l’Europe de la défense et la taxation des géants du numérique.

 

 

Le président se rendra en fin d’après-midi à Epinal pour lancer les « consultations citoyennes européennes » avec un premier débat qui devrait rassembler 200 à 300 personnes. Une journée 100% européenne pour Macron.

Le chiffre du jour : 20.400 euros

Le 19 mars 2017 dans l’après-midi, le « Figaro » sort un scoop sur son site internet : François Fillon change de slogan de campagne présidentielle. Empêtrée dans le PenelopeGate, la nouvelle équipe du candidat de la droite a décidé de jeter à la corbeille son précédent mantra, « Le courage de la vérité », trop moqué depuis les révélations du « Canard enchaîné ». A la place, ce sera « Une volonté pour la France ».

« La photo qui avait été choisie pour les affiches de campagne pendant la primaire va, elle aussi, être changée », annonce « le Figaro », qui ajoute que « le choix du nouveau visuel a été déjà choisi au QG ». Et le quotidien en sait quelque chose : François Fillon vient d’opter pour une image réalisée par… un photographe du « Figaro », révèlent nos journalistes Lucas Burel et Timothée Vilars.

 

 

Coût de l’opération ? 20.400 euros (toutes taxes comprises) et… beaucoup de détournements.

Le déjeuner du jour : Marion Maréchal-Le Pen et Patrick Buisson

Ont-ils tous deux opté pour le plat du jour ? La bouchée à la reine de chez Drouant est pourtant réputée. Comme le révèle « l’Express », Marion Maréchal-Le Pen, la nièce prodige à la retraite, et Patrick Buisson, l’âme damnée du sarkozysme, ont déjeuné ensemble mercredi 21 mars dernier dans le célèbre restaurant où l’on débat des futurs prix Goncourt et Renaudot.

« Elle est en train de revisiter le mythe du sauveur cher à la droite », explique Patrick Buisson à « l’Express » :

« Air du temps oblige, la femme providentielle a supplanté l’homme dans cet emploi. Même les plus conservateurs sont prêts à faire cette concession à la modernité. Ça leur rappelle Domrémy et Vaucouleurs [les terres natales de Jeanne d'Arc, NDLR ]. »Qu’est-ce que cela veut dire ? Pas grand-chose, sauf si on imagine les yeux pétillant de Patrick Buisson, patron de la chaîne Histoire et ancien directeur du journal d’extrême droite « Minute », suçant sa sauce poulette et dévorant les champignons de sa bouchée à la reine comme il se régalait des sondages à l’Elysée. L’ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy rêve toujours d’une union des droites, cette alliance entre la bourgeoisie et les classes populaires.

Publié dans:Politique |on 17 avril, 2018 |Pas de commentaires »

Les rois de la comm. (16/04/2018)

L’entretien Bourdin-Plenel, degré supérieur de la com politique

L’entretien Bourdin-Plenel, degré supérieur de la com politique
Emmanuel Macron face à Edwy Plenel et Jean-Jacques Bourdin ((Blondet Eliot-POOL/SIPA))

En s’entretenant hier soir avec Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel, Emmanuel Macron renouvelle d’un point de vue formel l’interview présidentielle. Mais en fait sur le fond un exercice taillé sur mesure pour sa communication.

Les premières impressions sont parfois trompeuses. Celle qu’a laissée hier le débat diffusé sur BFMTV et Mediapart sur le téléspectateur est qu’en un mot : « Tout a changé ». Pas de décor élyséen pour ce bilan télévisé d’une première année de quinquennat, pas d’obséquiosité de la part des deux intervieweurs, un ton combatif en diable de part et d’autre et une durée hors-cadre de deux heures et demi. Et cela a, il est vrai, fait énormément de bien à l’exercice le plus compassé de la télévision.

Il n’y avait hier sur les réseaux sociaux que les nostalgiques des entretiens téléguidés à l’ancienne pour regretter l’absence de cravate au col des journalistes, les apostrophes à « Emmanuel Macron » et non au « Président de la République », les interruptions, les formules à l’emporte-pièce – « Moi, j’ai trouvé l’argent magique » a osé Jean-Jacques Bourdin en faisant allusion à une formule récente du président…

 

 

Pour qui en douterait encore, il faut se rafraîchir la mémoire en regardant ici l’entretien entre Emmanuel Macron et Laurent Delahousse réalisé en décembre dernier, exercice particulièrement vain, dénoncé alors par un certain Jean-Jacques Bourdin.

 

 

Ça a secoué hier soir et tant mieux puisque dans la rue, pas autour du Palais de Chaillot certes, mais dans beaucoup de villes et de campagnes françaises, l’air du temps se pare de colère. Il fallait donc qu’une nouvelle formule de l’entretien présidentiel colle mieux au pays et à ceux qui le composent, c’est fait. Et puis, en tant que téléspectateur, on est soulagé d’entendre des questions précises qui ne semblent pas avoir été écrites pour pouvoir, en face, dérouler des éléments de langage.

Pour autant, il ne faut pas y voir le signe de l’arrivée en France des interviews à l’anglo-saxonne – comprendre à la dure – comme certains observateurs s’en sont félicités hier. Tout d’abord parce que la communication de l’Elysée est absolument omniprésente dans cet exercice. Aujourd’hui, la question du protocole tient moins à la façon dont un individu s’adresse au président qu’à la façon dont s’organise leur rencontre. Or dans ce cas précis, qui a choisi les intervenants ? Qui a déterminé le lieu de rencontre ? La façon de les filmer ? Comment tout cela s’est-il négocié ? Si Edwy Plenel y voit une réponse à son invitation, n’oublions pas que l’entretien au Palais de Chaillot ne compose que la deuxième partie de la parole présidentielle après un premier entretien, jeudi, destiné aux téléspectateurs du JT de TF1.

 

 

D’un côté donc, une adresse au « rat des champs » ou du moins à « l’inactif » pouvant regarder à domicile en pleine semaine la télévision à l’heure du déjeuner. Et de l’autre, une adresse au « rat des villes », homme ou femme actif et connecté pouvant consacrer du temps à l’actualité un dimanche soir avant de reprendre le boulot ce matin.

Il y a fort à parier que cette communication à deux publics différents avait pour objectif dans un premier temps de montrer un président pédagogique, capable d’expliquer ses réformes. D’où le choix de la salle de classe dans l’Orne avec l’élève-délégué de classe Pernault. Et dans un second temps de montrer un président combatif face aux turbulents élèves Plenel et Bourdin – « Nous sommes là pour porter des colères » a assuré ce dernier, « je suis votre homme », répondait Macron au milieu d’un décor majestueux avec la tour Eiffel en face. « Vous n’êtes pas professeur et nous en sommes pas des élèves… », s’est défendu Edwy Plenel, en faisant une allusion habile au débat de VGE et Mitterrand de 1981. Celui-ci avait pressenti que la faculté de Macron à asséner « ce que je veux vous faire comprendre » finirait par agacer mais il était déjà trop tard. Car pendant que les deux journalistes s’arcboutaient sur leurs questions, s’enferrant dans un bras de fer où le locataire de l’Elysée excelle, l’un et l’autre n’ont pu contrer la force du dispositif.

En 2018, il est triste de constater que face à l’efficacité infaillible de certains interlocuteurs, ce n’est plus la justesse des questions qui peut l’emporter ni l’intensité du dialogue mais la mise en scène et l’organisation du spectacle. Or en ce domaine, c’est l’Elysée qui a la main. En choisissant de s’opposer aux durs à cuire de BFMTV et de Mediapart, Macron renvoit dos à dos les clans politiques que ces médias représentent malgré eux, la droite terre à terre et la gauche énervée.

Le prochain combat des rédactions devrait consister à choisir ses propres représentants, à composer son plateau et ses moyens de diffusion afin de le proposer à l’Etat, et non l’inverse. Il n’y a donc pas encore de quoi parader comme l’a fait Jean-Jacques Bourdin sur BFM ce matin en invitant Edwy Plenel pour revenir sur leur soirée de la veille.

Tout a changé en apparence donc mais pas du côté des journalistes. Pendant que ceux-ci se grisent de mots au risque de devenir des éditorialistes vidéo et in fine de s’éloigner un peu plus du public, l’Elysée manipule, lui, des symboles. Ceux qui restent en mémoire.

Les rois de la comm.                              (16/04/2018) dans Politique oba-icon
Publié dans:Politique |on 16 avril, 2018 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………………………(16/04/2018)

Libération 16 avril 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique

Macron en fond de court

Ça nous change de Pernaut et de Delahousse. Le pugilat télévisé qui a opposé Emmanuel Macron à Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel a renouvelé le genre, ô combien délicat, de l’entretien présidentiel. Au lieu d’un monologue rythmé par des questions respectueuses, majorité de l’espèce, on a assisté à une empoignade qui offrait, en tout cas, un spectacle vif et tendu. Fut-il efficace ? Tout dépend de ce qu’on entend par là.

On fait une mauvaise querelle aux deux journalistes quand on leur reproche d’avoir dérogé à la règle non écrite qui voudrait qu’on commence toujours les questions par le titre et non le patronyme du Président. Outre que l’entretien a commencé par un sonore «Monsieur le Président», Bourdin a répondu en soulignant qu’il appelait toujours ses interviewés par leur nom et Plenel plaidé qu’il voulait montrer l’égale dignité des questionneurs et du questionné, ce qui se défend. Quant à Emmanuel Macron, il savait très bien ce qui l’attendait, puisqu’il a lui-même choisi les deux journalistes. Sur le fond, il y eut peu ou pas d’annonces, sinon une date pour la reprise de la dette de la SNCF et l’hypothèse d’une deuxième «journée de solidarité» destinée à financer les dépenses liées au grand âge. Pour le reste, le message est clair et sans appel : les protestataires aboient, le Président passe.

Comme souvent à la télévision, c’est la forme qui l’emporte, même si Emmanuel Macron a plusieurs fois été poussé dans ses retranchements sur tel ou tel dossier. Un match de tennis avec deux joueurs à la volée et un autre en fond de court. Macron, on le savait, est un bon relanceur. Il s’est même payé le luxe de quelques passing-shot bien ajustés. En permanence au filet, les deux journalistes ont-ils remporté le match ? Pas sûr. Comme au tennis, l’exercice a ses règles qu’on ne transgresse qu’en se mettant à la faute. Il s’agit par construction d’un questionnement, et non d’un débat. Dès qu’un journaliste garde la balle pour préparer longuement son coup, il sort du jeu. Dès qu’il affiche explicitement ses opinions, sa légitimité faiblit : il n’est pas élu, ni chef de parti. Le spectateur, immanquablement, se dit qu’il sort de son rôle. Pour qui se prend-il, celui-là ? Inconsciemment, la question vient aussitôt à l’esprit. Du coup le Président tient le rôle de l’agressé, du sage mis en cause par des partisans ou des inquisiteurs. La faveur du public va vers lui. La manière plus sobre et plus rare d’un Gilles Bouleau, d’un David Pujadas ou d’une Anne-Sophie Lapix, qui pointent le fleuret au débotté plutôt que de faire des moulinets, qui cherchent, non la contradiction systématique, mais les contradictions internes au discours présidentiel, ou bien le hiatus entre les faits et le discours, peut être plus déstabilisatrice pour l’interrogé. Lequel dispose en tout état de cause, pour peu qu’il maîtrise ses dossiers, d’un avantage naturel : c’est lui qu’on vient entendre, c’est lui qui parle.

En se mettant volontairement en risque – sachant que ce risque était limité –, le Président cherchait surtout à tuer la mauvaise impression jusque-là produite par une communication réglée au cordeau. Mission accomplie… Ce qui n’enlève rien à l’intérêt de l’exercice. La confrontation ne renverse pas les rapports de force. Elle offre en revanche au citoyen des explications soutenues par un interrogatoire long et serré. Au total, quoi qu’on en dise, la démocratie y gagne.

Publié dans:Politique |on 16 avril, 2018 |Pas de commentaires »

Peu satisfaisant…………………….(16/04/2018)

Macron face à Bourdin et Plenel : le bulletin de notes du président

Face à deux intervieweurs plus agressifs qu’à l’accoutumée, le président s’est drapé dans sa fonction. Un match nul ?

Réinventer l’interview présidentielle, disaient-ils. A l’instar des zadistes, des étudiants de la « Commune libre de Tolbiac » ou des cheminots en lutte, l’iconoclaste Jean-Jacques Bourdin et le révolté Edwy Plenel rêvaient d’un « grand soir ». Questions précises, relances implacables, clarifications édifiantes… Ces deux journalistes libres, bien que réunis par la volonté de l’Elysée, entendaient confondre Emmanuel Macron qualifié, dès l’introduction du débat, d’ »illusionniste surgi de l’Histoire » par un Jean-Jacques Bourdin qui avait mangé du lion et bu force lampées de boisson énergisante à la taurine. « Où nous conduisez-vous ? », tonnait d’emblée l’intervieweur star de BFMTV. Tandis qu’Edwy Plenel, en DRH révolutionnaire, promettait un « entretien d’évaluation » au citoyen Macron. On allait voir ce qu’on allait voir. La révolution de la transparence journalistique était en marche…

Ton professoral

Hélas, après deux heures et demie de débat, dans le décor majestueux du Théâtre national de Chaillot et sous l’arche scintillante de la tour Eiffel, nos gladiateurs de l’info n’ont pas administré la preuve qu’un autre journalisme était possible. Beaucoup plus agressifs que ne l’ont jamais été leurs confrères, ils ont souvent apostrophé familièrement « Emmanuel » et provoqué l’agacement du président de la République. Sans jamais le faire dérailler. Maîtrisant ses dossiers, l’ancien inspecteur des Finances a adopté le ton professoral qui lui avait réussi pendant le débat d’entre-deux-tours face à Marine Le Pen. A lui le langage de la responsabilité, de l’ordre républicain et de la raison d’Etat.

Après un premier quart d’heure consacré aux frappes en Syrie, qui a sans doute refroidi des centaines de milliers de téléspectateurs, l’hôte de l’Elysée a immédiatement dénoncé « la malhonnêteté intellectuelle » d’un Edwy Plenel plus idéologue qu’intervieweur. « Vous avez appelé votre mouvement ‘En Marche’, vous auriez mieux fait de l’appeler ‘En Force’… », a cogné le directeur de Mediapart en dressant le tableau apocalyptique des « mécontentements coagulés » : cheminots, hôpitaux, étudiants…   « Est-ce une question ou un plaidoyer ? », s’est interrogé le président courroucé.

Plenel prétendait le juger. Macron lui a rendu la pareille. « Nous ne sommes pas égaux », a laissé échapper le monarque républicain. Ainsi, quand le directeur de Mediapart dénonça l’optimisation fiscale des grands patrons, le président lui fit remarquer, non sans vice, qu’il s’était lui-même affranchi des règles fiscales, faisant allusion au redressement fiscal de 4,2 millions d’euros qui a été infligé au site d’investigation en 2015, pour ne pas avoir réglé le bon taux de TVA entre 2008 et 2013. « Mesquin », a rétorqué Plenel, arguant que son site d’information se battait pour un alignement du taux de TVA sur celui de la presse papier. Mais progressivement, l’intervieweur de gauche, qui ne parvenait pas toujours à formuler complètement ses questions, a cédé du terrain, laissant le temps de parole à Jean-Jacques Bourdin plus à l’aise sur les questions économiques.

« Vous n’êtes pas le professeur et nous ne sommes pas les élèves », a lancé Plenel, paraphrasant Mitterrand lors de son débat face à VGE en 1981. Réponse de Macron :

« Ni vous ni moi ne sommes des juges autour de cette table. Vous êtes des intervieweurs, je suis le président de la République, et nous sommes dans un débat démocratique. »

Plenel marginalisé

Fidèle à sa méthode, Jean-Jacques Bourdin, qui potasse ses dossiers, a bombardé le président de chiffres et d’exemples. Une stratégie efficace pour impressionner un député débutant ou un ministre stressé mais non concluante face à Emmanuel Macron, maître de la science technocratique. En deux heures et demie, pas la moindre bourde à exploiter pour Bourdin ! Guettant les contradictions de son interlocuteur, le regard fixe, l’intervieweur choc n’a pas trouvé de prise pour pratiquer son judo habituel.

« Je vous remercie de me donner des instructions sur ce que je devrais faire. Je suis très sensible à cela », a ironisé MacronDans un triumvirat, deux protagonistes se liguent contre un troisième. C’est le jeu qui s’est progressivement mis en place. Privilégiant le questionnement de Bourdin, agressif sur la forme mais classique sur le fond, Emmanuel Macron est parvenu à marginaliser Edwy Plenel. A plusieurs reprises, le journaliste de BFMTV a contré son coéquipier de Mediapart. Tandis que Plenel s’offusquait des évacuations sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, Bourdin s’impatientait : « L’évacuation n’est toujours pas terminée… »

Même quiproquo au sujet des facultés occupées qui semblaient bénéficier de la sympathie de l’ancien trotskyste. « Est-ce que les forces de l’ordre vont intervenir à Tolbiac ? », s’est impatienté Bourdin. Les deux intervieweurs se neutralisant, le président a eu beau jeu de dénoncer les « professionnels du désordre », tout en soulignant l’autonomie des présidents d’université seuls habilités à demander l’évacuation des amphis. A Bourdin, « l’islam qui fait peur aux Français », à Plenel « le droit d’asile »… Cette répartition des rôles a permis à Emmanuel Macron d’apparaître comme l’artisan de la synthèse.

Reste que le président qui souhaitait redonner du sens à sa politique n’en a guère eu le loisir. En vertu du mandat que lui ont confié les Français, il y a un an, il entend poursuivre ses réformes de fond sans dévier d’un iota. A ses yeux, les mécontentements qui s’expriment ne constituent que des symptômes :

« Il y a une colère dans le pays liée au fait que nous n’avons pas réglé les problèmes. Il y a des injustices profondes en matière d’éducation, de travail… »Macron n’a semblé vaciller qu’une seule fois. « N’êtes-vous pas dans une illusion puérile de toute puissance ? », lui a asséné le journaliste de BFMTV citant Paul Ricœur, le philosophe fétiche de Macron, qui dénonça les dangers de la « dépolitisation » et du gouvernement des « oligarchies ». Soufflé, le président a choisi, pour une fois, de se montrer modeste. « Je crois à l’autorité en vertu du mandat que m’ont donné les Français. Il y a quelque chose entre l’oligarchie et la faiblesse de l’indécision. Il faut être à la hauteur de cet engagement. J’y réponds. L’exercice que nous avons ce soir est inédit. » A l’instigation d’Edwy Plenel, ce président qui prétend se mettre à la portée des journalistes a même accepté de renouveler l’expérience dans un an pour un « deuxième entretien d’évaluation » qui lui permettra de répondre longuement à des questions complexes. « Chiche ! », a dit Bourdin. « Banco », a lancé Plenel. Le début d’une connivence ?

Les notes d’Emmanuel Macron

Comportement : 6/10. Agacé par l’agressivité des journalistes, le président s’est parfois montré suffisant. Mais il a défendu sa fonction et n’a pas dérapé. Il ne s’est pas dérobé, même pour répondre à l’accusation de déloyauté formulée, ces jours-ci, par François Hollande…

Rhétorique : 6/10.  Le caractère brouillon du débat a souvent nui à la la clarté des explications. Mais la dialectique pugnace du chef de l’Etat a permis de contenir Plenel et Bourdin. Le président s’est radouci en fin d’émission. Mais il était bien tard…

Compétences : 4/10. Le sens de sa politique semble se diluer à mesure que s’expriment des mécontentements catégoriels. Moins sûr de lui qu’il ne le laisse paraître, Emmanuel Macron cherche déjà un second souffle.

Sylvain Courage

Peu satisfaisant.........................(16/04/2018) dans Politique oba-icon
 L’OBS
Publié dans:Politique |on 16 avril, 2018 |Pas de commentaires »
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