Archive pour la catégorie 'PRESIDENTIELLES 2012'

Nous sommes les écrivains de cette page d’histoire……………….(07/05/2012)

Politiques Hier à 22h36 (Mis à jour à 07:41)

«Un moment historique»

REPORTAGE De la place de la Bastille au Capitole à Toulouse en passant par la place de la Victoire à Bordeaux, le peuple de gauche a célébré dimanche soir la victoire de Hollande, trente et un ans après celle de Mitterrand.

Par Alexandra SCHWARTZBROD, Fréderique ROUSSEL, Laure Noualhat, Catherine Maussion, Alice Géraud (à Paris), Olivier bertrand (à Marseille), Catherine Corroller (à Lyon), Stéphanie Lacaze (à Bordeaux), Gaël Cerez (à Toulouse) et Haydée Sabéran (à Lille)

Coupes à champagne en plastique, scènes de joie, embrassades : bien avant 20 heures, la foule s’était massée place de la Bastille, à Paris, devant le siège du Parti socialiste, dans les rues… Et ce fut pareil à Lyon, à Marseille, à Lille, partout en France. Tour d’horizon dans la fête d’un soir historique.

Paris

A la seconde où l’image de François Hollande s’est affichée sur l’écran installé sur la place de la Bastille, une immense clameur a fusé de la foule, dans une forêt de bras levés, suivie instantanément par des fumigènes. Les voix s’étaient chauffées depuis une heure, venant des dizaines de jeunes grimpés sur les flancs de la statue du génie de la Bastille scandant : «François, président !» A hauteur d’homme, la place densifiée s’est vite transformée en un fatras de têtes, de drapeaux, d’œillets à la boutonnière, d’enfants sur des épaules, le tout sous les fumées de merguez. Les chiffres avaient circulé, les téléphones en surchauffe : 52%, 54%… Plus trop de doute. Monique, 56 ans, qui a fêté la victoire de Mitterrand à Marseille en 1981, son premier vote, est montée à la capitale pour fêter celle de Hollande avec sa fille. Elle arbore une rose rouge achetée chez son fleuriste. Un nouvel élan, un écho venu de trente ans. «Sarkozy, c’est fini, le diable en personne», crie un grand Ivoirien de 35 ans, qui pense que «c’est mieux pour l’Afrique et les immigrés». Derrière lui, une frêle femme de 70 ans fait le V de la victoire. La clameur reprend et reprend. «Ce soir, c’est la joie !»

De l’autre côté de la place, dès 19 h 15, un carré de supporteurs s’était hissé au premier étage du socle de la colonne de la Bastille. Un quart d’heure plus tard, le second niveau est pris d’assaut et le drapeau du Parti communiste est agité avec énergie. Un original s’est confectionné un fanion à deux faces : un côté bleu-blanc-rouge et un autre rouge, frappé de la faucille et du marteau. En une file continue, les Parisiens convergent et s’écrasent sur les barrières de sécurité. Une armada de podiums, d’estafettes et autres caravanes truffées de moyens techniques est déployée au pied du grand escalier de l’opéra Bastille. «It’s a big story», confie, trente minutes avant l’annonce officielle de la victoire de Hollande, Bruno Waterfield, reporter au Daily Telegraph. «Un grand pays européen bascule à gauche.» A mesure qu’on se rapproche de l’heure fatidique, une clameur accompagne chaque image projetée sur les deux écrans géants. A 20 heures, le 51,90% s’affiche. C’est la liesse. Et le bal commence : Noah, Higelin, Camélia Jordana…

Pendant ce temps, du côté de la rue de Solférino, siège du Parti socialiste, l’ambiance était survoltée dès 17 heures. A partir de 19 heures, plus rien ni personne ne passe : ni réseaux, ni sympathisants, ni caciques du PS, tant la foule est dense. Peu importe, les leaders socialistes affichent une mine réjouie, y compris Julien Dray, que l’épisode de l’anniversaire rue Saint-Denis ne semble pas avoir banni des festivités. Le comédien Jacques Weber est venu en fan, enthousiasmé par François Hollande. «Au début, j’étais pour Mélenchon. Et puis l’homme m’a peu à peu convaincu. Aujourd’hui, c’est un type construit, qui a la stature d’un chef d’Etat.» Beaucoup de responsables européens sont présents. Le vice-Premier ministre irlandais et leader du Labour, Eamon Gilmore, dont le pays va voter sur le traité européen le 31 mai, ne cache pas son envie d’aller danser à la Bastille : «Pour nous, c’était très important que Hollande soit élu, on a besoin de lui pour renégocier le traité en y intégrant plus de croissance.» Même satisfaction pour le député européen Thijs Berman : «La gauche européenne attend Hollande avec impatience, il y en a assez du fétichisme de l’austérité.» Et d’oser ce joli jeu de mots : «Moi, Néerlandais, je suis très heureux que, ce soir, la majorité des Français soient hollandais !» Un peu plus loin, à un quart d’heure de métro, sur les bords du canal Saint-Martin, ce dimanche ressemble à tous les autres. Les boutiques chic sont investies par les poussettes à trois roues. Hollande, président ? «Ce n’est pas une surprise», pour Mohamed, trentenaire endimanché qui bosse aux Aéroports de Paris. Après son deuxième mojito, il file à Solférino «pour voir… Après cinq ans de mandat sarkozyste, je suis content». Mariana, 39 ans, photographe, et Maria, 30 ans, attachée de presse, l’une Italienne et l’autre Allemande, ne votent pas en France. «Pourtant, on paie nos impôts ici depuis des années», précise Mariana. Avant de rejoindre leurs copains français à Bastille, elles filent au cinéma.

Les larmes de Zoulika et ses mots à 20 heures : «C’est fini. On va se sentir à nouveau chez nous.» Et puis des rires. Des embrassades avec ses amis du collectif d’ACleFeu. Le collectif citoyen organisait hier soir une garden-party dans ses locaux de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Ici, on fête la défaite de Sarkozy, plus que la victoire de Hollande. «Pendant cinq ans, et même avant, depuis qu’il était ministre de l’Intérieur, il nous a fait comprendre qu’on n’était pas français, que nos enfants étaient des voleurs, qu’on n’avait pas notre place. On ne se rend pas compte de la violence de tout ça. Mais c’est fini», répète Zoulika. Mohamed Mechmache, président d’ACLeFeu, garde la tête froide : «Il faut qu’on reste vigilant. Il ne faut pas que la gauche oublie une nouvelle fois ses promesses. Nous serons là pour lui rappeler.»

Marseille

Une jeune femme approche de la brasserie où sont réunis les écologistes marseillais. «Alors, c’est sûr, ça va être Hollande ?» Il n’est pas 20 heures, les militants ne partagent que des estimations et des sourires hésitants. Il y a quelque chose de l’ordre de la superstition : tant que la télévision n’aura pas montré le visage du nouveau président, on doute. «En cas de terrible désillusion», Europe Ecologie a prévu un «suicide collectif au sommet des marches de la gare Saint-Charles». Sinon, «bal-guinche» avec chorba bio et tapas dans cette ancienne brasserie que les écologistes ont récupérée. On entend des «Sarko en prison, Sarko en prison !», puis le décompte. L’écran montre le visage de Hollande. Les hurlements couvrent la voix des journalistes. Un élu arrose la foule de champagne. «C’est fini, c’est fini, on l’a dégagé !» hurle un vieil homme.

Lyon

«J’arrive à un âge où on a une certaine lucidité», dit Patrick. Ce sociologue est venu célébrer la victoire de François Hollande au Transbordeur, salle de spectacle lyonnaise. «En 1981, j’avais 20 ans et mon enthousiasme était un peu utopique. Là, je sais que ça va être difficile.» Michèle, enseignante retraitée, cultive le même réalisme : «Je ne pense pas que Hollande va pouvoir tout changer, mais je crois vraiment que ça va être mieux qu’avec Sarkozy. C’est un gars très clair, droit, honnête.» Prosper, Walid et Ahmed, eux, exultent : «Ce soir, on est heureux, on célèbre. On est tellement contents qu’ils dégagent tous…»

Bordeaux

Dès 15 heures, le PS installe un écran sur la place de la Victoire, rendez-vous des fêtards et des étudiants. A cinq minutes des résultats, l’endroit est noir de monde. Quatre copines qui se pressent au milieu de la foule sortent des coupes en plastique. «On vit un moment historique, les enfants…» lâche l’une d’elle. Le compte à rebours est lancé. Des cris, des chants et des hurlements saluent l’apparition de François Hollande sur l’écran. Au premier rang, Alain Rousset, le président de la région Aquitaine, que l’on dit ministrable, écrase une larme. Une rose à la main, il déguste le moment.

Toulouse

Dès 19 heures, des chiffres circulent dans la foule de la place du Capitole. Déjà, des sourires éclairent les visages. Une bouteille à la main, Karine, 52 ans, regarde la télé sur son téléphone : «On est venu avec des verres, du champagne et notre cœur.» «Et notre foi», rajoute Michel à ses côtés. Tout un coup, la joie explose. Hollande a gagné. Le bouchon saute. Les mains se tendent, applaudissent. «C’est formidable, s’exclame Ahmed. Cette victoire, c’est pour mes enfants ! Ces cinq années de galère et de divisions sont terminées.» Perchée sur les épaules de son père, une petite fille en rose et bleu chantonne : «On a gagné ! On a gagné !» Il y a du soleil sur le Capitole.

Lille

«On n’était pas là en 81, on fait notre 81 comme on peut.» Ils se disent «socialistes de cœur», ils ont voté Hollande ou Mélenchon au premier tour, Hollande hier. Juliette, 24 ans, attachée de recherche clinique, Christophe, étudiant en école d’ingénieur, Nicolas, rédacteur scientifique. On les a trouvés sur la Grand-Place de Lille, un peu perdus. Le collectif Art Point M prépare une fiesta, mais à 19 heures c’est le calme plat. «Je m’en bats un peu de la musique. Ce que je veux, c’est un écran. Je veux voir le dépit de Sarko.» Ils marchent vers l’hôtel de ville, pour trouver un écran. Juliette raconte qu’elle a craint que Hollande ne passe pas : «Entre les deux tours, j’ai eu peur du vote FN.» Il est presque 20 heures, ils se pressent dans le grand hall. A la télé, le visage déconfit de Nathalie Kosciusko-Morizet est sifflé. Voilà le décompte, comme un soir de nouvel an. Dix, neuf, huit, sept… On a perdu Juliette, Nicolas, et Christophe dans la foule qui saute et hurle de joie.

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C’est à nous d’écrire l’histoire……………………(04/05/2012 à 22:54)

C'est à nous d'écrire l'histoire........................(04/05/2012 à 22:54) dans PRESIDENTIELLES 2012 1

Publié dans:PRESIDENTIELLES 2012 |on 4 mai, 2012 |Pas de commentaires »

Le chant du cygne……………………..(04/05/2012)

Dernier meeting de Sarkozy : les Sables mouvants

Créé le 04-05-2012 à 14h33 – Mis à jour à 17h22 27 réactions

Le Nouvel Observateur

Le président-candidat tenait aux Sables d’Olonne sa dernière réunion publique. Se positionnant en victime des médias, il a exhorté ses électeurs à se mobiliser.

Le président candidat Nicolas Sarkozy ALAIN JOCARD / AFP

Le président candidat Nicolas Sarkozy ALAIN JOCARD / AFP

Depuis les Sables-d’Olonne en Vendée, Nicolas Sarkozy se livrait, vendredi 4 mai, à sa dernière réunion publique de campagne avant le second tour de la présidentielle. Devant un public chauffé à blanc, le président sortant s’est livré à une attaque en règle de ce qu’il appelle le « système politico-médiatique », dénonçant une forme de « racisme et d’intolérance ».

Les médias

« Vous devez imposer votre liberté, ne pas accepter la mainmise d’une pensée unique et d’un système politico-médiatique. »

Le candidat-président a repris ses attaques contre les médias. Il critique ainsi une journaliste qui lui tourne le dos, faisant hurler le public.

Calomnie

J’ai été traité de Franco par [Michel] Piccoli, de Laval par l’aimable Mélenchon, de Pétain par le Parti communiste »

Nicolas Sarkozy a dénoncé « les injures, la calomnie » et « les torrents d’outrance », qui se sont déversés sur lui pendant la campagne électorale.

Le rassemblement du Trocadéro a été comparé à « Nuremberg, selon un militant socialiste », a-t-il dénoncé, sans citer le généticien Axel Kahn, candidat aux législatives à Paris.

« Comment accepter [...] cet étalage d’injures, de calomnies et ce torrent d’outrances ? » s’est interrogé le président-candidat.

Le Front national

« Qui sont-ils, quels sont leurs titres de gloire (…) ceux qui veulent m’empêcher de parler à 6,5 millions d’électeurs de Marine Le Pen ? », a encore demandé le président sortant, en rappelant que Marine Le Pen avait été invitée par de nombreux médias auparavant pour dire du mal de lui.

Le christianisme

La vie n’appartient pas à l’homme »

Le candidat UMP a clairement pris position contre l’euthanasie et donne ainsi des gages aux mouvements « pro-life »qui luttent contre l’avortement.

Se disant lassé de voir stigmatiser la France, le président-candidat estime que, si l’islam est bien accepté en France, il est inacceptable que « dans les pays d’Orient on fasse la chasse aux chrétiens ».

L’immigration

Dire que la France a des racines chrétiennes, ce n’est pas faire l’apologie d’une Eglise. La France n’est pas une page blanche. »

Pour justifier son refus d’accorder le droit de vote aux étrangers aux élections locales, Nicolas Sarkozy insiste sur « le long manteau de cathédrales et d’églises sur le territoire », il revient ainsi sur son argument qui fait du vote des immigrés un vote communautaire.

Renouvelant ses positions sur l’immigration, Nicolas Sarkozy explique que la France « intègre mal » car elle a accueilli trop d’étrangers. Il propose de diviser par deux l’immigration.

L’Europe

Nous avons pensé que l’Europe pouvait se construire sans les nations mais l’Europe ne pourra se construire que sur des nations fortes. »

Le président-candidat défend le couple franco-allemand mais le point sur l’Europe est surtout l’occasion pour Nicolas Sarkozy de revenir sur l’immigration. Il répète sa volonté de suspendre le traité de Schengen si l’Europe reste « une passoire » : « Imaginez que chacun d’entre vous dans votre maison, vous n’ayez pas de titre de propriété, pas de titre de location, comment verriez-vous le voisin ? »

« C’est parce que je suis Européen que je dois porter le changement de l’Europe », a expliqué le partenaire privilégié d’Angela Merkel.

L’élection

Nicolas Sarkozy a fortement appuyé sur l’importance de la mobilisation, dimanche prochain, exhortant ses électeurs à se déplacer en masse aux urnes.

« Je sens monter une mobilisation que je n’ai jamais connue et jamais ressentie dans notre pays », a-t-il estimé, une mobilisation que le candidat explique parce que « le peuple de France ne s’est jamais senti, comme autant ces dernières semaines, injurié, acculé, manipulé ».

« Je voudrais vous persuader d’une chose, chaque voix va compter : dimanche, vous n’imaginez pas à quel point les choses vont se jouer sur le fil du rasoir », a renchérit le président-candidat.

Le Nouvel Observateur

Le vote de Françoois Bayrou………………..(04/05/2012)

Le calcul de Bayrou

Créé le 03-05-2012 à 20h17 – Mis à jour le 04-05-2012 à 10h34 109 réactions

Hervé Algalarrondo

Le centriste votera Hollande au second tour. Un choix historique, non sans arrières-pensées.

 

Il a osé. Depuis plusieurs années, François Bayrou était en contacts réguliers avec François Hollande. Les deux hommes ont parlé des dizaines d’heures ensemble, à l’Assemblée nationale, échangeant leur diagnostic sur la crise. En début de campagne, Bayrou était sûr qu’Hollande et lui étaient d’accord pour réduire prioritairement les déficits. Leur entente paraissait scellée.

Et puis, Bayrou a déchanté. Il a vu Hollande donner des gages à la gauche de la gauche, notamment en annonçant qu’il taxerait à 75% les revenus au dessus d’un million d’euros. Pire : il a vu le score de Mélenchon passer au dessus de la barre des 10%, pendant que le sien passait en dessous. Dans ces conditions, l’alliance avec Hollande lui apparaissait impossible : il n’avait aucune envie d’être l’otage centriste d’un gouvernement d’union de la gauche.

Heureusement, Sarkozy veillait. Dans sa déclaration de ce soir, Bayrou a dénoncé la course à l’extrême droite du candidat de l’UMP, son « obsession de l’immigration ». Après avoir longuement hésité, écouté aussi ses amis du Modem, Bayrou s’est dit qu’il ne pouvait pas voter blanc comme en 2007. Il lui fallait choisir. A titre personnel, il va donc voter Hollande, malgré un programme socialiste qu’il continue de juger « insoutenable ».

Le calcul de Bayrou est le suivant : pas question pour lui de participer à un gouvernement de gauche. Mais il est convaincu que la crise n’est pas finie et que la gauche va très rapidement se heurter au mur des réalités tout autant qu’au mur de l’argent. Ce jour-là, Hollande se verra contraint de réorienter sa politique économique et ce jour-là, Bayrou sera disponible. En attendant cet hypothétique tournant de la rigueur, le principal leader du centre a fait ce soir un choix historique : voter au second tour pour le candidat de gauche alors que tous ces prédécesseurs avaient fait jusque là le choix inverse.

Hervé Algalarrondo – Nouvel Observateur
Bayrou votera Hollande par LeNouvelObservateur

Hervé Algalarrondo

Le vote de Françoois Bayrou....................(04/05/2012) dans Politique

Une étude de Laurent Joffrin…………………..(04/05/2012)

Sarkozy : l’échec du bling-bling communicationnel

Créé le 03-05-2012 à 12h32 – Mis à jour à 16h05 91 réactions

Laurent Joffrin

Par
Directeur du Nouvel Observateur

La défaite du président sortant dans le débat de mercredi est celle d’une certaine manière de s’exprimer en politique, aujourd’hui dépassée.

Sûr de la méthode qui l’avait porté à l’Elysée, Sarkozy a appliqué les mêmes préceptes à la tête de l’Etat, jusqu’à l’écoeurement. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Sûr de la méthode qui l’avait porté à l’Elysée, Sarkozy a appliqué les mêmes préceptes à la tête de l’Etat, jusqu’à l’écoeurement. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Lecture du « Figaro » en ce lendemain de débat présidentiel. Un titre barre la Une : « Haute tension », avec ce sous-titre d’une clinique froideur : les deux candidats ont « proposé deux visions de la société française dans un climat tendu ». L’AFP n’eût pas fait mieux…

Mais comme jadis la « Pravda », c’est entre les lignes qu’il faut lire l’organe de la droite officielle. La majorité des commentaires, jeudi matin, sacrent François Hollande vainqueur de sa confrontation télévisée avec Nicolas Sarkozy. Dans ces conditions, s’il y avait eu une once de doute sur le gagnant du duel, « le Figaro », journal du sarkozysme sans peur et sans vergogne, aurait dû trouver un de ces titres élogieux qui font les délices des amateurs de presse : « Sarkozy gagnant aux points » ou bien « Hollande l’embrouille ».

Mais non… Retenue, réserve et circonspection. On aura compris que la soudaine objectivité du journal sonne comme un glas pour Nicolas Sarkozy : même doté de son ontologique mauvaise foi, le bulletin officiel du régime ne trouve rien à dire pour sauver son champion. C’est bien que le débat a été pour lui calamiteux.

L’esquive, leitmotiv bancal de l’UMP

D’où vient cette défaite patente, subie par le président sortant face à un François Hollande pugnace, précis et présidentiel, qui n’a rien lâché, sinon ses coups, assortis d’une ou deux tirades classiques qui resteront dans les mémoires (« Moi, président… ») ? On invoquera la crise, qui plombe le bilan Sarkozy, la position de sortant, toujours inconfortable, la fatigue d’une fin de campagne, la solitude du chef, qui se bat seul contre tous. Toutes choses recevables. Mais l’origine de la mésaventure est plus profonde. L’échec de Sarkozy dans ce débat, c’est celui d’une certaine manière de s’exprimer en politique qu’on pourrait appeler : le bling-bling communicationnel.

Il était pourtant sûr de son fait, le président sortant. « Je vais l’exploser », disait-il en confidence, pour traduire officiellement, en langage plus policé, son inébranlable confiance : « Je vais enfin le débusquer », comme un chasseur avisé le fait d’un renard fuyant.

A vrai dire, cette présomption sous-tend les discours de Nicolas Sarkozy depuis le tout début de la campagne, qui se ramène, somme toute, à une succession de rodomontades et de tartarinades. La primaire socialiste ? Un passeport pour la guerre civile socialiste qui laissera le candidat désigné exsangue. On a vu ce qu’il en était. La comparaison entre un Président qui agit et un candidat socialiste qui ne dit rien ? Elle a occupé tout l’hiver.

Des recettes dépassées

Problème : elle n’a eu aucun effet sur l’opinion, chacun comprenant que le candidat socialiste attendait le début de la campagne pour exposer son programme. Le vide supposé du discours de Hollande (« Il est nul, cela commence à se voir », disait le président au « Monde ») ? Pas de chance : en janvier, le discours du Bourget est un grand succès et Hollande a sorti en temps en heure un programme articulé en 60 mesures que l’on peut certes contester, mais qui résistent au feu du débat.

Quand le président entrera en campagne, on verra ce qu’on verra ? En dépit d’une activité frénétique et d’une agressivité de tous les instants, déployées en mars et en avril, on n’a rien vu, sinon un léger resserrement des intentions de vote, suivi d’un nouvel écartement des courbes. Jusqu’à ce débat qui devait faire la différence et qui la fait effectivement, mais en faveur du socialiste…

Pourquoi Nicolas Sarkozy a-t-il à ce point sous-estimé son adversaire ? Pourquoi la magie supposée de son verbe n’a-t-elle donné, à ce jour, aucun résultat ? Pour la simple raison qu’il se perçoit comme le champion de la communication politique moderne, alors qu’il applique des recettes caricaturales et dépassées.

Se répéter jusqu’à l’écoeurement

Occuper sans cesse la scène, définir « l’agenda des médias », recourir à des gimmicks constamment ressassés, antagoniser tous les discours en désignant un adversaire fictif (« On nous dit que », « Le système veut nous faire croire que », « La bien-pensance nous affirme que », etc.), qu’on démolit d’autant plus facilement qu’on lui fait dire ce qu’on veut, choisir des exemples simplistes et les répéter partout, répondre à tout incident qui émeut l’opinion par une mesure ou un projet de loi, jouer tour à tour de la confession impudique (comme dans un jeu de télé-réalité) et de la diatribe de mauvaise foi (selon une méthode de vieux débatteur de studio) : tout cela avait favorisé l’ascension de Nicolas Sarkozy sous la présidence Chirac et alimenté la campagne de 2007, rehaussée, il est vrai, par un excellent discours d’entrée en lice.

Les grands échecs viennent souvent des grands succès. Sûr de la méthode qui l’avait porté à l’Elysée, Nicolas Sarkozy a appliqué les mêmes préceptes à la tête de l’Etat, jusqu’à l’écoeurement, persuadé que son abattage, sa rapidité, son inlassable énergie, feraient de toutes manières la différence à l’heure du choix. Mais avec l’approfondissement de la crise, les difficultés du gouvernement, l’oubli des promesses et les catastrophiques erreurs symboliques du Fouquet’s, du Paloma et d’autres lieux emblématiques, cette tactique forcenée est apparue pour ce qu’elle est, une machine grossière de propagande, qui grince et qui pétarade, mais qui se déglingue par un usage trop intensif.

Sobre, « normal », habile, classique, nourri des détours mitterrandiens et de la simplicité pédagogique d’un Jacques Delors, François Hollande a opposé au clinquant une sorte d’austérité dense qui a fini par faire tomber en poussière l’édifice sarkozyen. Bien sûr, l’appel désespéré aux électeurs du FN peut encore porter ses fruits et la droite française gagner l’élection contre toute attente en fusionnant idéologiquement avec l’extrême droite. Mais hors de cette hypothèse sensationnelle et désastreuse, la défaite probable de Nicolas Sarkozy conduira à cette cruelle prise de conscience de l’opinion : mais, finalement, comment a-t-on pu prendre au sérieux cet interminable numéro cirque ?

Laurent Joffrin

Par
Directeur du Nouvel Observateur

Une étude de Laurent Joffrin.......................(04/05/2012) dans Politique

L’édito de Nicolas Demorand………………….(04/05/2012)

L'édito de Nicolas Demorand......................(04/05/2012) dans Politique

Présidentielle 2012

Politiques Hier à 22h36

Honneur

Par NICOLAS DEMORAND

«La ligne qu’a choisie Nicolas Sarkozy entre les deux tours est violente, elle entre en contradiction avec les valeurs qui sont les nôtres, pas seulement les miennes, pas seulement celles du courant politique que je représente, mais aussi les valeurs du gaullisme, autant que celles de la droite républicaine et sociale.» Ces mots de François Bayrou, l’un des hommes politiques les plus populaires de France, ayant jadis gouverné à droite, resteront comme ceux d’un homme d’honneur. Et d’un homme d’Etat. Combien de ses amis, qui pensent exactement la même chose, auraient dû les prononcer mais se taisent, alors qu’ils assistent depuis le premier tour à la radicalisation extrême de la droite de gouvernement ? L’annonce qu’il voterait, à titre personnel, pour François Hollande semble presque anecdotique à côté de ce réquisitoire cinglant, de ce bilan implacable, en quelques mots secs, de cinq années de sarkozysme. Mettons, un instant, de côté les préférences politiques ou les attaches partisanes des uns et des autres pour affirmer, en citoyens, en Européens, que le discours sur les frontières, martelé par le président-candidat, transpire la haine. Flirte honteusement avec la xénophobie. Et transgresse par pur opportunisme politicien les principes et les droits fondamentaux qui font que la France est la République française. Après le 6 mai, quel que soit le résultat du second tour, la droite aura rendez-vous avec elle-même. Avec ses démons comme avec ses valeurs.

François Bayrou………………………(04/05/2012)

François Bayrou...........................(04/05/2012) dans Politique

Sondage………………………………..(04/05/2012)

Politiques Aujourd’hui à 8h05

Hollande toujours vainqueur dans les sondages, l’écart se resserre

Les affiches officielles de campagne des deux candidats.

Les affiches officielles de campagne des deux candidats. (Photo Benoit Tessier. REUTER

Les dernières enquêtes d’opinion donnent le socialiste vainqueur de l’élection présidentielle avec entre 52,5 et 53,5%.

François Hollande continue d’être donné gagnant du second tour de la présidentielle, avec entre 52,5 et 53,5% des intentions de vote, mais l’écart se réduit entre le socialiste et le président-candidat UMP Nicolas Sarkozy, selon plusieurs sondages parus jeudi soir et vendredi matin.

Réalisées après le débat de l’entre-deux-tours, les enquêtes montrent aussi que le candidat PS est plutôt sorti gagnant du duel télévisé de mercredi soir.

Dans les intentions de vote, François Hollande perd partout du terrain dans la dernière semaine mais son avance demeure au-dessus des marges d’erreur statistiques.

Il est donné vainqueur à 53,5% par TNS Sofres pour I-Télé, en recul d’un point et demi, contre 46,5% pour Nicolas Sarkozy (+1,5).

Deux autres enquêtes le créditent de 53% des intentions de vote. Il perd deux points dans un sondage Harris Interactive pour VSD et La Chaîne parlementaire, Nicolas Sarkozy étant crédité de 47% (+2).

Chez CSA, pour BFM-TV/RMC/20 Minutes/CSC, François Hollande recueille là encore 53%, en baisse d’un point, contre 47% à Nicolas Sarkozy (+1).

Trois sondages situent enfin le socialiste à 52,5%, BVA pour Le Parisien/Aujourd’hui en France de vendredi où il perd un point (Sarkozy à 47,5%, +1), OpinionWay-Fiducial pour Le Figaro et LCI où il recule de 1,5 point (+1,5 en faveur du président sortant) et enfin Ipsos-Logica pour France Télévisions, Radio France et Le Monde où il perd 0,5 point (+0,5 pour Nicolas Sarkozy).

Il faut noter que ces enquêtes ont été réalisées avant l’annonce par le président du Modem François Bayrou qu’il voterait Hollande au second tour dimanche.

En tête après le débat

Concernant le débat télévisé qui a opposé les deux prétendants, François Hollande tire son épingle du jeu.

Il a été jugé plus convaincant (45%) que Nicolas Sarkozy (41%), tandis que 14% des personnes interrogées répondent «ni l’un ni l’autre», dans un sondage de l’institut LH2 pour Yahoo!.

Interrogés par l’Ifop cette fois, les sondés – quatre sur cinq – ayant regardé ou écouté ce duel trouvent à 42% que le candidat socialiste a été le meilleur, contre 34% qui donnent l’avantage au candidat de l’UMP. 10% ont répondu «autant l’un que l’autre» et 7% «aucun des deux». 7% sont sans opinion.

Dans l’enquête déjà citée de CSA, François Hollande a été «plus convaincant» pour 44%, contre 38% pour Nicolas Sarkozy («ni l’un ni l’autre» pour 15%, 3% ne se prononcent pas).

Chez Harris Interactive, 31% estiment que le socialiste a été «le plus convaincant», 29% optant pour Nicolas Sarkozy. 14% répondent qu’ils ont été convaincants «autant l’un que l’autre», 25% «ni l’un ni l’autre». 1% ne se prononcent pas.

Du côté de BVA, 40% jugent François Hollande «le plus convaincant», 31% citant M. Sarkozy et 29% répondant qu’aucun des deux n’a été plus convaincant que l’autre.

Ipsos montre enfin que le candidat PS a été jugé le plus convaincant par 29% des personnes interrogées contre 28% qui désignent le président-candidat UMP, 25% les jugeant aussi convaincants l’un que l’autre, 16% n’optant pour aucun des deux et 2% ne se prononçant pas.

(AFP)

Le débat : analyse du NouvelObs…………………..(03/05/2012)

Ce qu’il faut retenir du débat Sarkozy-Hollande

Créé le 03-05-2012 à 01h46 – Mis à jour à 10h32 16 réactions

Le Nouvel Observateur

Insultes et petites phrases, style de présidence, économie, droit de vote des étrangers aux élections locales, Afghanistan… Les temps forts du débat. Par Morgane Bertrand et Baptiste Legrand.

Lors du débat Sarkozy-Hollande (Sipa)

Lors du débat Sarkozy-Hollande (Sipa)

Au cours de 2h50 d’un échange technique et tendu, François Hollande et Nicolas Sarkozy ont donné à voir un débat de belle tenue démocratique, ouvrant la réflexion tant sur les choix d’avenir de la France que sur deux manières d’incarner la fonction présidentielle. Bilan contre propositions nouvelles : retour sur le face-à-face présidentiel 2012.

 

L’invective au coeur du débat

Pas de round d’observation. A peine le débat lancé par Laurence Ferrari (TF1) et David Pujadas (France 2), un François Hollande offensif a lancé l’attaque. En creux. Se posant implicitement en anti-Sarkozy : « Je serai le président de la justice », « du redressement » d’une France qui a « décroché » et « du rassemblement » de ces Français qui « ont été opposés les uns aux autres, divisés ».

Il n’en fallait pas plus pour faire réagir Nicolas Sarkozy. Proposant « un moment d’authenticité où chacun donne sa vérité », le président-candidat a donné sa vision du « rassemblement » :

Le rassemblement, c’est un très beau mot, c’est une très belle idée mais il faut y mettre des faits. Le rassemblement, c’est quand on parle au peuple de France, à tous les Français. Je ne suis pas l’homme d’un parti, je ne parle pas à la gauche ».

Les hostilités bel et bien ouvertes, François Hollande s’est livré à un exercice de décryptage implacable des postures et effets rhétoriques de son adversaire –quitte à lui couper la parole à plusieurs reprises.

- Victimisation. A un Nicolas Sarkozy lui reprochant d’avoir « cautionné » les attaques dont il a pu être l’objet (« quand on m’a comparé à Franco, à Laval, à Pétain, et pourquoi pas à Hitler, vous n’avez pas dit un mot »), François Hollande a répondu :

M. Sarkozy, vous aurez du mal à passer pour une victime et pour un agneau ».

Bouc émissaire. François Hollande a accusé Nicolas Sarkozy de se se défausser de ses responsabilités, lui lançant: « Avec vous c’est très simple, ce n’est jamais de votre faute, vous avez toujours un bouc émissaire ». Exemple :

Vous aviez dit 5% de chômage, c’est 10% » à la fin du quinquennat; et « ce n’est pas de votre faute, c’est de la faute de la crise, jamais vous ».

- Mensonges et calomnies. Refusant d’être « traité de menteur », François Hollande a observé : « C’est un leitmotiv qui devrait pour moi être insupportable mais qui dans votre bouche finit par être une habitude ». A Nicolas Sarkozy montant d’un cran, Hollande a rétorqué :

Vous n’êtes pas capable de tenir un raisonnement sans être désagréable avec votre interlocuteur. Et après, vous dites que vous êtes un président rassembleur? »

 

Le bilan de Nicolas Sarkozy au cœur du débat économique

Les deux hommes sont ensuite entrés dans le vif du sujet. Stratégies : attaque du bilan pour François Hollande, réformisme malgré la crise pour Nicolas Sarkozy.

Chômage

François Hollande a reproché au candidat sortant de ne pas avoir tenu sa promesse faite en 2007 de ramener le chômage à 5% : « le chômage a augmenté, si l’on prend l’ensemble des personnes inscrites, d’un million » pour atteindre « 4 millions de personnes ». « C’est beaucoup, c’est énorme. C’est un record » et « c’est un échec », a martelé François Hollande, qui a énuméré les mesures qu’il comptait mettre en œuvre pour y remédier, à commencer par le contrat de génération.

En face, Nicolas Sarkozy a dénoncé des chiffres « faux », en s’appuyant de son côté sur les données du Bureau international du Travail (BIT). Il a défendu une augmentation de 18,7%, soit  » un taux de chômage qui a augmenté deux fois moins que (la moyenne de) nos partenaires de la zone euro » et prôné la restauration de la « compétitivité » pour « éviter le cancer des délocalisations ».

Déficits publics

François Hollance a fustigé l’augmentation de la dette publique « de 600 milliards d’euros depuis le début du quinquennat et plus de 900 milliards depuis 2002″, « responsabilité d’une équipe sortante depuis dix ans ». Le candidat socialiste a ainsi estimé :

Cette dette publique est née à la fois de vos largesses fiscales pour les plus favorisés et en même temps de cette incapacité qui a été la vôtre de maîtriser la dépense publique ».

« Vous voulez moins de riches, moi je veux moins de pauvres », s’est défendu Nicolas Sarkozy, accusant son rival de « laxisme » et de « folie dépensière ». Le projet de créer 61.000 postes dans l’éducation nationale a concentré les attaques qui assure que « tout n’est pas une question de poste ».

Europe

François Hollande a rappelé son projet de renégocier le nouveau traité européen, pour plus de croissance, et a reproché à son rival de n’avoir rien obtenu de l’Allemagne dans la gestion de la crise. « Je ne peux mettre cela que sur l’incompétence, pas sur la mauvaise foi », s’est défendu Nicolas Sarkozy, qui l’a accusé de découvrir « le fil à couper le beurre » en proposant la taxation des transactions financières, déjà votée par le Parlement français.

 

Les propositions de Hollande au cœur du débat sociétal 

- Immigration.

La passe d’arme attendue sur ce sujet n’a pas manqué. François Hollande a reproché à son rival « l’échec de sa politique d’immigration choisie », alors que Nicolas Sarkozy a dénoncé : « Nous avons accueilli trop de monde. Nous devons donc réduire le nombre de ceux que nous accueillons ». Le candidat UMP a rappelé sa volonté, dans le cadre du rapprochement familial, « que soit organisé un examen de français avant l’entrée sur le territoire ». Il a également tenté de mettre en difficulté le candidat socialiste au sujet des centres de rétention.

Droit de vote des étrangers aux élections locales : un désaccord assumé

« C’est une position que je défends », assume François Hollande. La mesure figure parmi ses 60 propositions. « Vous-même vous y étiez favorable pour les élections municipales », lance-t-il à Nicolas Sarkozy qui, rappelons le, s’est dit partisan du droit de vote des immigrés au niveau local en 2005 et 2008. François Hollande se dit prêt à aller jusqu’au référendum :

Si la réforme ne passe pas au Parlement, ce sera aux Français de décider. »

A l’affût des voix du Front national, Nicolas Sarkozy a répondu, visant implicitement l’islam :

Si vous donnez le droit de vote aux immigrés, avec la tentation communautariste (…) à ce moment là pour les municipales il y aura des revendications identitaires et communautaires, des horaires différenciés pour les femmes et les hommes dans les piscines, des menus différenciés dans les cantines municipales, des médecins différenciés pour les hommes et les femmes dans l’hôpital. »

- La République une et indivisible jusque dans les piscines et les cantines

François Hollande n’a pas laissé passer :  »Pourquoi laissez-vous entendre que les immigrés non européens sont musulmans? ». Il a rassuré :

Que les Français n’aient aucune inquiétude: sous ma présidence, il n’y aura aucune dérogation à quelque règle que ce soit en matière de laïcité. La loi sur la burqa, si je deviens président de la République, sera strictement appliquée. Aucun horaire de piscine ne sera toléré s’il fait la distinction entre les hommes et les femmes. Rien ne sera toléré en terme de présence de viande halal dans les cantines de nos écoles, il n’y a pas nécessité de faire peur. »

Deux styles de présidence

François Hollande avait soigneusement préparé sa tirade. « Moi, président de la République, je ne traiterai pas mon Premier ministre de collaborateur. Moi, président de la République, je ne participerai pas à des collectes de fond pour mon parti dans un hôtel parisien. Moi, président de la République, je ferai en sorte que mon comportement soit exemplaire. Je ferai réformer le statut pénal du chef de l’Etat. Je constituerai un gouvernement paritaire, les ministres ne pourraient pas cumuler avec un mandat local. Je ferai en sorte que les partenaires sociaux soient considérés. (…) J’introduirais la représentation proportionnelle. » Il promet aussi qu’il n’y aura plus aucune pression sur les magistrats.

« On en a la larme à l’oeil », l’a mouché Nicolas Sarkozy. « Le président de la République, c’est quelqu’un qui assume ses responsabilités, qui est profondément engagé. » Il contre-attaque : « Je ne prendrai pas de leçons d’un parti politique qui a voulu avec enthousiasme se rassembler derrière Dominique Strauss-Kahn. » Mais le candidat socialiste ne se démonte pas. Le dialogue est savoureux :

- Hollande :  »Je me doutais que vous en arriveriez là. Mais ce n’est pas moi qui ait nommé Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI »

- Sarkozy : « Mais je le connaissais moins bien que vous. »

- « Mais je ne le connaissais pas plus. En tout cas, vous le connaissiez suffisamment bien pour le nommer à cette haute fonction. Mais je trouve que venir sur le terrain de Dominique Strauss-Kahn n’est pas forcément aujourd’hui ce qui vous arrange le plus. »

« Vous avez nommé vos proches partout », accuse François Hollande. Nicolas Sarkozy répond : « Ca, c’est un mensonge, c’est une calomnie, vous êtes un petit calomniateur » (sic).

Quitter l’Afghanistan, mais quand ?

Le débat sur la politique étrangère s’est résumé à une passe d’arme sur l’Afghanistan. La mission des 3.550 soldats français est « terminée », estime François Hollande. « Il convient de retirer les troupes combattantes fin 2012. » « Donc j’annoncerai cette décision dès le sommet de l’Otan de Chicago » (20-21 mai), « Je le ferai en bonne intelligence avec nos alliés. D’autres pays se sont déjà retirés. »

« Progressivement nous nous désengageons, mais en bon ordre », lui répond Nicolas Sarkozy. « Parce que j’ai la responsabilité de la parole de la France, donc de l’honneur de la France. » D’ailleurs, affirme-t-il, « partir en 2012, c’est d’abord techniquement impossible, compte tenu du matériel et des problèmes de sécurité que nous avons là-bas. Partir en 2012, ce serait parjure, par rapport à l’engagement avec nos partenaires, qui nous demandent que nous partions ensemble en 2013″.

Morgane Bertrand et Baptiste Legrand

Le Nouvel Observateur

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