Archive pour la catégorie 'PRESIDENTIELLES 2012'

L’édito de Sylvain Bourmeau……………………(28/04/2012)

Enclos

Par sylvain bourmeau

Dans un discours énervé au Raincy jeudi, Nicolas Sarkozy a donné de la France sa vision. Tout – et vraiment n’importe quoi – y était devenu frontière : celle qui sépare le policier du délinquant, le maître et l’élève, la vie et la mort, et surtout «chez moi» et «chez l’autre». La clôture comme mode de vie. Le cadastre, cité et érigé en texte sacré. Comment ne pas comprendre d’emblée qu’il s’adressait à cette France rurale ou rurbaine, souvent si fière du portail ou du mur d’enceinte qui orne et protège sa propriété ? Cette France où l’on a vu, dimanche, l’éclosion d’un FN des champs venu s’ajouter à celui des banlieues qui avait supplanté celui des beaux quartiers – les trois continuant de persister. Un FN qui s’enracine dans des terres qui, à l’instar de l’Aisne – deuxième plus haut score départemental de Marine Le Pen après le Vaucluse -, ne connaissent ni immigration significative ni insécurité particulière mais sont, en revanche, dévastées par un chômage massif, de fulgurantes destructions d’emplois et un reflux sans précédent de services publics dégraissés au nom d’un sinistre acronyme : la RGPP (révision générale des politiques publiques). Des zones de grand désert culturel, où seule la plus vile télévision renvoie en continu l’image fantasmatique d’un pays menacé par ce que l’auteur de l’abject et prémonitoire Campagne de France, le plumitif Renaud Camus, nomme «le Grand Remplacement». Au point que désormais, au lieu de paître tranquillement, les vaches devenues vraiment folles ruminent l’idée de finir halal.

Publié dans:Politique, PRESIDENTIELLES 2012 |on 28 avril, 2012 |Pas de commentaires »

Ca bouge chez les godillots………………(28/04/2012)

A droite, les voix s’élèvent contre la stratégie droitière de Sarkozy

Créé le 28-04-2012 à 08h33 – Mis à jour à 08h41 22 réactions

Le Nouvel Observateur avec AFP

Jean-Pierre Raffarin, Dominique de Villepin, Etienne Pinte ou encore Chantal Jouanno… les voix dissonantes se multiplient au sein de la majorité.

Nicolas Sarkozy a justifié vendredi sa stratégie de reconquête des électeurs du Front national en vue du second tour de la présidentielle et ironisé, chiffres du premier tour à l'appui, sur le fait qu'il n'avait "pas vu venir" un "référendum pour Hollande".<br />
(c) Afp

Nicolas Sarkozy a justifié vendredi sa stratégie de reconquête des électeurs du Front national en vue du second tour de la présidentielle et ironisé, chiffres du premier tour à l’appui, sur le fait qu’il n’avait « pas vu venir » un « référendum pour Hollande ». (c) Afp

« Effrayé » par la campagne du président-candidat de l’UMP et ses « gages à l’extrémisme », l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, sans aller jusqu’à donner de consigne de vote, s’est prononcé clairement contre Nicolas Sarkozy, vendredi 27 avril.

« Halte au feu ! (…) Mon rôle n’est pas de dire pour qui voter, car chacun doit prendre ses responsabilités » mais « le 6 mai, que chacun vote en pensant à la France et à ce qu’elle a toujours porté de meilleur, à ses valeurs de respect, de dignité et d’humanisme, parce que, en conscience, il faut bien choisir », déclare-t-il dans une tribune au vitriol contre Nicolas Sarkozy, intitulée « La droite m’effraie, la gauche m’inquiète », publiée vendredi sur LeMonde.fr.

Après une campagne de premier tour « indigente », celle du second « devient indigne », aux yeux de celui qui n’a pu concourir à la présidentielle faute d’avoir recueilli les 500 parrainages d’élus requis. Et de dénoncer, sans jamais citer son nom, la stratégie à droite toute assumée par le chef de l’Etat: « instrumentalisation de faits divers », « improvisation de bien des propositions » du Front national, « débauchage sans vergogne de voix extrémistes ». « Les lignes rouges républicaines sont franchies une à une », affirme l’ex-président de République solidaire.

Nicolas Sarkozy « se trompe » de stratégie

Le député UMP Etienne Pinte, proche de François Fillon, juge que Nicolas Sarkozy « se trompe » de stratégie en reprenant les thématiques chères au FN et estime que l’aile modérée du parti présidentiel doit « avoir le courage de le dire » et de « lui montrer ce désaccord ».

« Je regrette qu’on reprenne aujourd’hui ce qu’on a rejeté, à savoir certaines thématiques de Marine Le Pen: immigration, identité nationale, fermeture des frontières. Ce ne sont pas les préoccupations des Français. Les priorités, ce sont le pouvoir d’achat, l’emploi, le logement, la formation, la santé. On se trompe en voulant reprendre ces thématiques », déclare-t-il dans un entretien avec Mediapart.

Selon l’élu des Yvelines, « la stratégie du premier tour, celle de Patrick Buisson (conseiller du chef de l’Etat, issu de l’extrême droite, ndlr), est un échec ». Sans elle « Nicolas Sarkozy serait arrivé en tête au premier tour et Marine Le Pen n’aurait pas été si haut », dit-il.

Ce n’est pas comme cela qu’on ramènera les électeurs frontistes et cela peut dégoûter les électeurs centristes », dit-il.

S’il votera quand même pour le président-candidat le 6 mai, il affirme qu’ »un grand nombre de parlementaires » UMP sont « très gênés » et, « même s’ils ne disent rien, (ils) n’en pensent pas moins ».

« Chez certains, c’est l’omerta, d’autres, entre quatre yeux, s’ouvrent », affirme M. Pinte. Mais, d’après lui, « il faut avoir le courage de dire ce sur quoi nous ne sommes pas d’accord ». « Il faut lui montrer ce désaccord: en interne -si tant est qu’il ne soit pas fermé à cela, car j’ai lancé beaucoup de messages, à plusieurs reprises, et je n’ai eu que des silences radio- mais aussi à l’extérieur », insiste-t-il.

Raffarin : « le temps de l’analyse viendra »

L’ex-Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, estime que l’heure est au « combat » et à la « loyauté » mais prévient que « le temps de l’analyse » de la stratégie de campagne du président-candidat Nicolas Sarkozy « viendra après le 6 mai », dans un entretien au Monde daté de vendredi.

Si j’exprimais aujourd’hui des réserves, j’affaiblirais mon camp et l’affaiblissement du centre et de droite républicaine sert le Front national et le PS », déclare le vice-président du Sénat.

« La meilleure façon de gagner contre nos adversaires, c’est de rassembler, dans une même famille, la Droite populaire et les Humanistes. Je me souviens des suites de la dispersion de la gauche en 2002 mais je reste évidemment attaché aux valeurs humanistes de notre projet. Ce qui exclut tout avec le FN », ajoute-t-il.

Interrogé sur la stratégie « droitière » élaborée par le conseiller du chef de l’Etat, Patrick Buisson, et sur le fait de savoir si elle n’a « pas nourri l’extrême droite », M. Raffarin juge que « cette question n’a pas d’intérêt aujourd’hui ».  »Pourquoi voulez-vous que je participe à une campagne contre mon candidat et que je permette à François Hollande de dire ‘Raffarin tire sur Sarkozy’ ? J’ai fait mon service militaire chez les pompiers, j’ai appris que, au feu, sur la grande échelle, on n’a pas d’état d’âme », insiste-t-il.

Jean-René Lecerf refuse la « course à l’échalote »

Le sénateur UMP Jean-René Lecerf, proche de Jean-Pierre Raffarin, a dénoncé vendredi la campagne droitière de Nicolas Sarkozy en refusant la stratégie consistant, selon lui, à « faire la course à l’échalote avec le FN ».  »Les valeurs du FN ne sont pas les nôtres. Et toute démarche à l’égard du FN me paraît inutile », déclare l’élu du Nord dans un entretien à PublicSenat.fr.

« Sur l’immigration, plutôt que faire la course à l’échalote avec le FN, il y a d’autres réponses », estime-t-il, se disant « sidéré que Patrick Buisson, dont on sait d’où il vient (l’extrême droite, ndlr), puisse être un conseiller privilégié du chef de l’Etat ».

L’ancien secrétaire national de l’UMP à la Justice est par ailleurs « en total désaccord » avec la proposition du président-candidat d’instaurer une présomption de légitime défense pour les policiers, une mesure formulée de longue date par le Front national. En cas de duel FN/PS au second tour des législatives, il votera lui aussi PS « comme Chantal Jouanno ». « Je choisis le PS, il n’y a pas de problème ».

Jouanno contre la droitisation

La sénatrice UMP et ex-ministre Chantal Jouanno a jugé lundi que, face à la montée du FN, la réponse n’était pas « dans la droitisation », annonçant qu’en cas de duel PS-FN aux législatives, elle voterait socialiste.

« Je ne pense pas que la réponse soit dans la droitisation de nos propres idées », a déclaré l’élue de Paris sur Public Sénat.

Que ferait-elle en cas de duel entre un candidat du FN et un candidat du PS au second tour des législatives ? « Ah bah moi, ma position, elle est très, très claire, moi. C’est pour les socialistes ».

« Je ne devrais pas le dire comme ça, je sais que ça va râler, mais ma position elle est très, très claire (…) Le front républicain et les valeurs, méritocratie, autorité certes, mais respect », a-t-elle souligné.

La semaine dernière, Mme Jouanno avait provoqué un tollé à l’UMP en assurant dans un tweet qu’elle voterait Nicolas Sarkozy même si elle avait, comme Fadela Amara et Martin Hirsch, « des raisons personnelles d’être contre lui ».

A 20 Minutes, elle avait expliqué avoir « eu des oppositions violentes avec Nicolas Sarkozy, notamment sur la taxe carbone. Il m’avait alors traînée dans la boue… Ou du moins, désavouée violemment ».

 

 

Le Nouvel Observateur avec AFP

Ca bouge chez les godillots..................(28/04/2012) dans Politique

Publié dans:Politique, PRESIDENTIELLES 2012 |on 28 avril, 2012 |Pas de commentaires »

Le Syndicat de la Magistrature s’engage…………………(27/04/2012)

 Le Syndicat de la Magistrature s'engage.....................(27/04/2012) dans Politique b_rss_h1

La charge au vitriol du Syndicat de la magistrature contre Sarkozy

N. A. avec AFP | Publié le 27.04.2012, 16h14 | Mise à jour : 17h41

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Après la CGT et le Snes-SU, le Syndicat de la magistrature, proche de la gauche, appelle à voter contre Nicolas Sarkozy.

Après la CGT et le Snes-SU, le Syndicat de la magistrature, proche de la gauche, appelle à voter contre Nicolas Sarkozy. | Lionel Bonaventure

Après la CGT de Bernard Thibault, le syndicat enseignant Snes-FSU, c’est au tour du Syndicat de la magistrature d’appeler à voter contre Nicolas Sarkozy pour pas le laisser «récidiver». Dans un communiqué au vitriol, le SM, proche de la gauche, demande à «chaque électeur à s’opposer par son vote à la politique du pire et à rendre possible le changement qui s’impose».

 

Il justifie sa prise de position dans la campagne de l’entre-deux tours en affirmant : «Nicolas Sarkozy annonçait une République irréprochable», mais il «n’a fait que bafouer l’indépendance de la justice, mener une politique partisane de nomination des magistrats et délégitimer les contre-pouvoirs ainsi que les institutions en charge de la probité publique.»

«Sarkozy a choisi de sortir définitivement du front républicain»

Le syndicat accuse le président sortant d’être sorti «définitivement du front républicain en misant sur la stratégie indigne du Front compatible». Et dans une référence à peine voilée aux «Chemises brunes» d’Hitler, il juge que «ce quinquennat marqué par la peur et le rejet de l’autre» a été «entaché de brun» par «le discours de Grenoble et le débat sur l’identité nationale».

Depuis le début de sa campagne, Nicolas Sarkozy ne cesse d’attaquer les «corps intermédiaires», hermétiques aux reformes selon lui. Les tensions entre le président sortant et le monde judiciaire en particulier remontent à l’époque où le chef de l’Etat était ministre de l’Intérieur. En 2005, après l’assassinat de la joggeuse Nelly Cremel par deux hommes dont l’un est en liberté conditionnelle, il estime que le juge doit «payer pour sa faute». En 2006, il accuse le tribunal de Bobigny de «laxime» à l’égard des jeunes délinquants. Et à son arrivée à l’Elysée, en mai 2007, il compare les magistrats à «des petits pois» ayant «la même couleur, le même gabarit et la même absence de saveur».

Quand Sarkozy attaque «la pensée unique» des magistrats

Le 31 mars dernier,  alors qu’il présente ses engagements «pour une justice plus protectrice des citoyens», il attaque «la pensée unique» des magistrats. Défendant le droit d’appel des victime, il dresse un portrait au vitriol de la «corporation» judiciaire : «La victime n’a rien à dire, restons entre nous, Outreau n’existe pas, (…) tout va bien !»

Le monde judiciaire lui reproche de son côté d’avoir réagi à chaque fait divers par une loi, sans que lui soit donné les moyens d’appliquer les textes existants ou nouvellement créés.

LeParisien.fr

 

Publié dans:Politique, PRESIDENTIELLES 2012 |on 27 avril, 2012 |Pas de commentaires »

La campagne heure par heure………………….(27/04/2012)

EN DIRECT. Jean-François Kahn votera pour François Hollande

Créé le 27-04-2012 à 06h05 – Mis à jour à 17h28 148 réactions

Le Nouvel Observateur

Dans une tribune publiée dans « Le Monde », le soutien de François Bayrou accuse Nicolas Sarkozy d’user d’une « rhétorique pétainiste ».

Jean-François Kahn, le 11 avril 2012 (LAMACHERE )

Jean-François Kahn, le 11 avril 2012 (LAMACHERE )

 

17h20 – Lionnel Luca hurle aux dérives « staliennes »

Sur son blog, Lionnel Luca revient sur la polémique née du surnom qu’il a donné à la compagne de François Hollande, Valérie Trierweiler, la comparant à un « rottweiler ». Loin de s’excuser, Lionnel Luca accuse « la gauche médiatico-politique » qui « s’est livrée à une instrumentalisation digne des régimes staliniens d’après guerre ». « Cela laisse bien augurer du prochain quinquennat si le candidat socialiste devait l’emporter », continue le député, doutant de « l’humour » présumé de François Hollande.

Les propos du député UMP Lionnel Luca ont suscité jeudi 26 avril une condamnation générale, aussi bien de la part du candidat socialiste que de Nicolas Sarkozy.

 

16h55 – Jean-François Kahn votera pour François Hollande

Dans une tribune publiée dans « Le Monde », le soutien de François Bayrou accuse le président sortant d’user d’une « rhétorique ouvertement pétainiste ». « On ne saurait reconduire un sortant qui n’a présidé qu’à des régressions », continue l’ancien directeur de l’hebdomadaire « Marianne ». Il dénonce les « échecs flagrants » de Nicolas Sarkozy en matière de politiques migratoire et sécuritaire, échecs qui ont « permis au FN de presque doubler ses suffrages en cinq ans ».

 

16h10 – Le Syndicat de la magistrature appelle à voter contre Sarkozy 

Le Syndicat de la magistrature (SM, gauche) appelle à voter contre Nicolas Sarkozy le 6 mai, afin de ne pas le laisser « récidiver ».

Dans un communiqué, le SM « appelle chaque électeur à s’opposer par son vote à la politique du pire et à rendre possible le changement qui s’impose ».

« Nicolas Sarkozy annonçait une ‘République irréprochable’ » mais il « n’a fait que bafouer l’indépendance de la justice, mener une politique partisane de nomination des magistrats et délégitimer les contre-pouvoirs ainsi que les institutions en charge de la probité publique », ajoute-t-il.

 

15h35 – Les salariés de Fessenheim attendent de rencontrer Hollande

Les salariés de la centrale nucléaire de Fessenheim rappelle à François Hollande, qui s’est engagé à fermer le site s’il est élu, qu’ils attendaient toujours de le rencontrer avant le 2e tour de la présidentielle, comme celui-ci s’y est, selon eux, engagé en mars.

Sollicitée par l’AFP, l’équipe de campagne de François Hollande n’a pas immédiatement réagi.

Le 19 mars, François Hollande avait reçu à son QG de campagne à Paris des représentants des salariés de Fessenheim. Les syndicalistes affirment que ce jour-là, le candidat socialiste s’est engagé à les rencontrer à nouveau entre les deux tours, à mettre en place un « groupe » de travail entre le PS et les élus de Fessenheim, et à « ouvrir un débat sur l’énergie ».

 

15h25 – Mélenchon, invité par Hollande au meeting de Bercy, n’ira pas

Clémentine Autain (Fédération pour une alternative sociale et écologique) affirme que Jean-Luc Mélenchon avait été invité par le PS au meeting de François Hollande dimanche à Paris-Bercy, mais qu’il avait refusé d’y aller, fidèle à sa stratégie.

Dans un entretien au JDD.fr, Clémentine Autain, responsable du Front de gauche, explique : Mélenchon « a été invité au meeting de Bercy dimanche, mais il n’ira pas » car le Front de gauche « fait une campagne autonome ».

Pour elle, « pas une voix ne doit manquer pour mettre une bonne gauche à cette droite dure », « il s’agit d’un soutien sans hésitation, avec toutes nos forces, à la défaite cinglante de Nicolas Sarkozy ». Mais « ce n’est pas un blanc-seing » donné à François Hollande « comme si, en quelques heures, nous avions modifié notre appréciation de ce qu’est le projet du PS », poursuit-elle.

 

15h15 – Moscovici : « L’essentiel, ce sont les questions économiques et sociales »

Pierre Moscovici, directeur de campagne de François Hollande, estime que même si la question de l’immigration « est importante », la « différence » avec Nicolas Sarkozy au second tour se fera sur « les questions économiques et sociales ».

« La question de l’immigration est importante aux yeux de beaucoup de Français, elle sera présente dans le débat télévisé (du 2 mai) entre Nicolas Sarkozy et François Hollande » où ce dernier « exposera de manière précise ses vues, ses valeurs, mais il est clair aussi que pour nous l’essentiel, le terrain majeur, ce sont les questions économiques et sociales », a déclaré le député du Doubs à la presse au QG de campagne du candidat socialiste.

 

14h40 – Aubry : en cas de violences le 1er mai, « Sarkozy en serait responsable »

« Que Nicolas Sarkozy utilise le 1er mai pour parler du « vrai travail », lui qui est le président du vrai chômage – les chiffres d’hier le confortent une fois de plus – qui a précarisé le travail, c’est honteux, c’est une provocation », a déclaré Martine Aubry devant la presse, dans un café de Lumbres, dans le Pas-de-Calais.

La première secrétaire du Parti socialiste va plus loin :  »Je le dis aujourd’hui, s’il devait y avoir le 1er mai des violences à cause de cette provocation, c’est le candidat Sarkozy qui en serait responsable ».

 

12h50 – Merkel prête à collaborer avec Hollande comme Sarkozy

La chancelière allemande Angela Merkel « travaillera bien et en confiance avec le président français quel qu’il soit », a assuré son porte-parole, Steffen Seibert.

Jeudi le candidat socialiste et favori de la présidentielle en France, François Hollande, avait asséné : « Ce n’est pas l’Allemagne qui va décider pour l’ensemble de l’Europe ». Angela Merkel avait réaffirmé auparavant son opposition à toute renégociation du pacte censé renforcer la discipline budgétaire en Europe.

 

12h – Fillon « n’exclut rien » quant à son avenir

Le Premier ministre s’est confié à « L’Express » pour évoquer l’après-Matignon. Il raconte que son expérience à la tête du gouvernement a été ce qu’il y a de « plus exaltant » dans sa vie. Et pour la suite ? Vise-t-il la mairie de Paris en 2014 comme semblent le vouloir plusieurs élus de la capitale ? « Je n’exclus rien du tout… », répond-t-il. « Même d’être moniteur de ski à Saint-Martin de Belleville », ajoute-il avec humour.

 

11h20 - Villepin : « Halte au feu ! »

« Halte au feu ! », écrit Dominique de Villepin dans une tribune publiée sur « Lemonde.fr« vendredi matin. L’ancien Premier ministre s’y déclare « effrayé » par la campagne du président-candidat Nicolas Sarkozy et ses « gages à l’extrémisme ». « Les lignes rouges républicaines sont franchies une à une », selon lui.

« Je ne supporte pas l’hystérie générale qui s’est emparée de l’élection dans laquelle le peuple français est pris en otage par six millions d’électeurs en colère », poursuit celui qui avait annoncé en 2011 vouloir se présenter lui-même à la présidentielle, mais qui a dû y renoncer faute d’avoir réuni le nombre de parrainages nécessaires.

« Mon rôle n’est pas de dire pour qui voter, car chacun doit prendre ses responsabilités », ajoute Dominique de Villepin, donnant rendez-vous aux Français « le 7 mai », au lendemain du second tour. A cette date, selon lui, « tout restera à faire, il faudra se rassembler pour agir. C’est dans cette ligne que je m’engagerai dans la voie du redressement de notre pays. »

 

11h – Tariq Ramadan appelle – ironiquement – à voter Sarkozy

Désigné par Nicolas Sarkozy comme un soutien de François Hollande, ce qu’il a démenti, Tariq Ramadan, intellectuel musulman controversé, lance un appel plus qu’ironique à « voter Sarkozy » sur son blog.

Tariq Ramadan
Blog de Tariq Ramadan. Capture d’écran (DR)

« Les parfums de cette Allemagne conquérante qui fascine tant le Président Nicolas Sarkozy m’ont fait prendre conscience de la mesquinerie qui anime et agite le débat politique français », écrit Tariq Ramadan.  »Mes interlocuteurs allemands m’ont profondément convaincu que l’actuel Président français est la chance, la gloire et la bénédiction ultimes de la France et de l’Europe ».

« C’est pourquoi (…) je lance un appel solennel à tous les Français, tous sans exception (…) Pour sauver la France : ‘Votez Nicolas Sarkozy’ ». Et d’ajouter :

« Un de mes interlocuteurs allemands (…) était étonné du caractère obsessionnel de la relation que Nicolas Sarkozy entretenait avec moi. (…) ‘J’espère pour vous qu’il n’arrive aucun drame en France et que l’on vous y associe en tant que maître à penser ou autre… Un accident, un dérapage, un acte terroriste, une horreur…’ Je l’ai regardé, surpris, j’ai souri… Et j’ai murmuré à mon tour en levant les yeux vers l’horizon des dignes comportements présidentiels …’Aucun doute….IL FAUT VOTER SARKOZY’ … ;-) »

 

10h20 – Le Pen : « Sarkozy cherche à faire les poches de mon programme »

La candidate du Front national répond à la stratégie de droitisation de Nicolas Sarkozy. Selon elle, « le candidat président cherche à faire les poches de mon programme pour des raisons électoralistes ». Et d’ajouter : « Ils [l’UMP, NDLR] veulent nos voix […] mais ils ne veulent pas les gueules des électeurs marinistes ».

 

10h – Le PS réplique à ‘The Economist »

Interrogé sur Europe 1 sur la dernière publication de l’hebdomadaire britannique, qui qualifie François Hollande d’ »homme plutôt dangereux », Michel Sapin a estimé que le journal est « anti-français et anti-socialiste ».

« Si nous avions une voix le 6 mai, nous la donnerions à Nicolas Sarkozy, non tant pour ses mérites que pour écarter François Hollande », avait lancé « The Economist » dans son éditorial.

 

9h – Hollande juge « indispensable » de limiter l’immigration économique

Invité ce matin de RTL, le candidat socialiste a estimé « indispensable » une « limitation de l’immigration économique » en période de crise. Il a affirmé que s’il était élu le 6 mai, il reviendrait au Parlement de fixer chaque année le nombre des immigrés autorisés à entrer en France.

« Et je veux même lutter contre l’immigration clandestine sur le plan économique. Ce n’est pas normal qu’un certain nombre d’employeurs, de façon cynique, utilisent de la main d’œuvre clandestine », a-t-il poursuivi.

 

8h20 - Mélenchon : « Le sujet, c’est battre Sarkozy »

Invité de France Inter ce matin, Jean-Luc Mélenchon a démenti tout accord avec le PS pour le second tour de la présidentielle, expliquant qu’il appelait ses électeurs à « utiliser le bulletin de vote de François Hollande pour battre Nicolas Sarkozy ».

« Le fond de l’affaire, c’est que Monsieur Nicolas Sarkozy est en train d’extrême-droitiser la droite, et c’est œuvre de salubrité publique que de le faire battre », a martelé le candidat du Front de gauche, qui a recueilli 11,1% des voix au 1er tour.

De fait, Jean-Luc Mélenchon accuse le candidat de l’UMP d’utiliser des mots « directement tirés de la collaboration ». « Le « vrai travail », c’est mot pour mot l’affiche du Maréchal Pétain en 1941″, a-t-il déclaré.

Le candidat du Front de gauche a balayé d’un revers de la main la cristallisation du débat de l’entre-deux tours sur le FN pour le recentrer sur les « revendications ouvrières ». « Ce qu’il cherche », a dit Jean-Luc Mélenchon de Nicolas Sarkozy, « c’est l’agression contre les syndicats sans lesquels il n’y aurait jamais eu aucun progrès social dans ce pays. » Il a au passage appelé ses électeurs à défiler « avec les syndicats » le 1er mai, confirmant sa présence dans le cortège.

 

7h50 – La TVA sociale « annulée tout de suite »

Bernard Cazeneuve, porte-parole de François Hollande, a affirmé sur Europe 1 que la TVA sociale, décidée par la droite, serait « annulée tout de suite » si François Hollande est élu le 6 mai prochain.

« On l’annule tout de suite. C’est 13 milliards d’euros de prélèvements sur les Français de façon extrêmement injuste », a affirmé le député socialiste. « Nous annulerons cette mesure qui est une mesure d’injustice fiscale et de matraquage fiscal des Français les plus modestes », a martelé Bernard Cazeneuve.

 

6h – Fillon : « Il y a incompatibilité de valeurs » entre la droite et le FN

Dans un entretien aux « Echos », le Premier ministre explique qu’il ne peut y avoir « le moindre accord entre le FN et la droite » en raison d’une « incompatibilité de valeurs », et juge que les accusations de dérive droitière à l’encontre de Nicolas Sarkozy « n’ont pas de sens ».

Interrogé sur un récent sondage selon lequel près de deux électeurs sur trois de Nicolas Sarkozy souhaitent un accord avec le FN, François Fillon estime qu’il y a au sein de cet électorat « une frustration à voir que la gauche est minoritaire en France et qu’elle pourrait remporter » la présidentielle.

« Le FN prône le repli de la France sur elle-même, refuse d’accepter que la France est une nation d’intégration qui a été enrichie par le travail de générations d’étrangers et exclut toute solidarité européenne au moment où nos nations en ont le plus besoin », martèle-t-il.

 

Le Nouvel Observateur

Publié dans:Politique, PRESIDENTIELLES 2012 |on 27 avril, 2012 |Pas de commentaires »

Sondage………………….(27/04/2012)

SONDAGES. 8 à 9 points d’avance pour Hollande sur Sarkozy

Créé le 27-04-2012 à 05h23 – Mis à jour à 09h27 16 réactions

Le Nouvel Observateur avec AFP

Deux sondages – respectivement de BVA et CSA – désignent encore et toujours le candidat du PS comme le vainqueur, avec entre 54% et 54,5% des voix au second tour.

François Hollande Christophe Ena/AP/SIPA

François Hollande Christophe Ena/AP/SIPA

François Hollande recueille 54,5% d’intentions de vote au second tour contre 45,5% à Nicolas Sarkozy, soit un écart de 9 points contre 6 points le 22 avril, selon un sondage (1) réalisé les 24 et 25 avril par BVA pour Orange, la presse régionale et RTL, et publié vendredi 27 avril.

Par rapport à une précédente enquête réalisée le 22 avril par BVA pour « Le Parisien » où il était à 53%, le candidat socialiste gagne 1,5 point. Un sondage plus ancien, réalisé les 16 et 17 avril avant le premier tour pour Orange, la presse régionale et RTL, créditait François Hollande de 56% des intentions de vote et Nicolas Sarkozy de 44%.

11% des personnes interrogées n’ont pas exprimé d’intention de vote dans ce nouveau sondage.

« La posture très droitière, sur le 1er mai et le ‘vrai travail’, et le supposé soutien de Tariq Ramadan à François Hollande, adoptée par le président depuis lundi pour séduire les 18% d’électeurs FN semble, une fois de plus, totalement contreproductive », commente Gaël Sliman, directeur de BVA Opinion.

« En plus de le faire baisser en moyenne auprès de l’ensemble des Français (-1,5 point), cette posture dégrade ses reports de voix des électeurs de Marine Le Pen, visiblement agacés que l’on essaie de les séduire avec de si ‘grosses ficelles’ », ajoute-t-il.

Au total, 48% des électeurs des candidats éliminés au premier tour ont l’intention de voter pour François Hollande, 33% pour Nicolas Sarkozy et 19% ne se prononcent pas.

 47% des électeurs de Marine Le Pen voteraient Sarkozy

Dans le détail, François Hollande devrait bénéficier du report de 89% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon, de 38% de ceux de François Bayrou, de 26% de ceux de Marine Le Pen (contre 19% le 22 avril).

47% des électeurs de Marine Le Pen (en baisse de 10 points par rapport au 22 avril), 41% de ceux de François Bayrou et 5% de ceux de Jean-Luc Mélenchon ont l’intention de voter pour le président-candidat.

27% des électeurs de Marine Le Pen, 21% de ceux de François Bayrou et 6% de ceux de Jean-Luc Mélenchon ne se prononcent pas.

Aubry plébiscitée pour Matignon

Par ailleurs, 28% des personnes interrogées souhaitent que François Hollande choisisse Martine Aubry commme Premier ministre s’il est élu le 6 mai, 24% Manuel Valls, 12% Jean-Marc Ayrault, 11% Pierre Moscovici, 9% Laurent Fabius et 7% Michel Sapin.

En revanche, si Nicolas Sarkozy est réélu, ils sont 30% à se prononcer pour Alain Juppé à Matignon, à égalité avec François Bayrou, 16% pour Jean-Louis Borloo, 7% pour Nathalie Kosciusko-Morizet, 5% pour Jean-François Copé et 3% pour Xavier Bertrand.

Hollande perçu comme « le plus à l’écoute des gens »

Selon un autre sondage (2), réalisé par CSA les 24 et 25 avril et rendu public jeudi, François Hollande recueillerait 54% des voix, contre 46% à Nicolas Sarkozy. A noter que le candidat de l’UMP réduit de 4 points l’écart par rapport à la précédente étude de cet institut, effectuée au soir du 1er tour et publiée dans la foulée, où il était crédité de 44%, contre 56% à son adversaire du PS.

Selon ce sondage pour BFMTV, RMC, « 20 minutes » et CSC, François Hollande domine pour ce qui est d’être « le plus à l’écoute des gens » (64%) et « le plus rassembleur » (62%).

L’avantage va à Nicolas Sarkozy pour celui des deux qui a « le plus d’autorité » (75%), « le plus d’esprit de décision » (63%), « le plus compétent » (53%), « le plus de sang-froid » (54%).

(1) Sondage réalisé les 24 et 25 avril auprès d’un échantillon représentatif (recruté par téléphone et interrogé par internet) de 2.428 personnes âgées de 18 ans et plus. Les intentions de vote sont établies auprès de 2.285 personnes inscrites sur les listes électorales. La question d’actualité est publiée sur une base de 1.467 personnes. Méthode des quotas. Marge d’erreur située entre 1,0 et 2,2 points, allant croissant avec le pourcentage d’intentions de vote attribué à chaque candidat.

(2) Sondage réalisé par téléphone les 24 et 25 avril auprès d’un échantillon représentatif de 1.121 personnes âgées de 18 ans et plus, dont ont été extraites 1.009 personnes inscrites sur les listes électorales. Méthode des quotas. Notice complète consultable auprès de la commission nationale des sondages.

Le comparateur des sondages du second tour :

Sondage......................(27/04/2012) dans Politique 3406121

Le Nouvel Observateur avec AFP

 dans PRESIDENTIELLES 2012

Sur France 2, hier soir……………………..(27/04/2012)

Ce qu’il faut retenir de Sarkozy et Hollande sur France 2

Créé le 27-04-2012 à 00h38 – Mis à jour à 08h50 65 réactions

Baptiste Legrand

VIDÉOS. Lors de l’émission « Des Paroles et des actes », Nicolas Sarkozy s’est efforcé de lisser son image droitière par plusieurs mea culpa. François Hollande a gardé le cap.

Nicolas Sarkozy et François Hollande sur le plateau de France 2 Capture d'écran

Nicolas Sarkozy et François Hollande sur le plateau de France 2 Capture d’écran

L’émission ne bouleversera sans doute pas les rapports de force, à un peu plus d’une semaine du second tour de la présidentielle. Invités de l’émission « Des paroles et des actes », jeudi 26 avril sur France 2, François Hollande et Nicolas Sarkozy n’ont pas débattu directement mais ont répondu aux questions tour à tour. Un avant-goût du duel télévisé qui aura lieu mercredi 2 mai.

Le Sarkozy des meetings et le Sarkozy de la télé

Oubliées, les grandes envolées destinées à galvaniser son camp tout en cherchant à récupérer des électeurs du Front national. Ça, c’est pour les meetings devant les militants, comme ce jeudi après-midi au Raincy. Sur France 2, le président sortant s’est attaché à paraître plus consensuel. Combatif, mais moins agressif.

Des propositions très à droite…

- Interrogé sur la proposition de Marine Le Pen d’une peine de prison à « perpétuité réelle pour certains délits », le président-candidat répond: « Ca ne me choque pas ». « Moi-même, j’ai prévu la rétention de sûreté ». »

- Commentant la mise en examen d’un policier pour homicide volontaire, Nicolas Sarkozy prend sa défense. « Il fallait quoi, qu’il attende qu’on lui tire dessus? » demande Sarkozy. « Qu’il y ait une mise en examen, c’est normal », mais « la qualification a choqué. » « Ces policiers avec une présomption de légitime défense seraient mieux protégés ». « Fallait-il que le policier en cause attende d’être blessé par une arme à feu pour réagir ? »

- Pour les élections législatives, Nicolas Sarkozy refuse tout front républicain pour contrer le Front national. Si la droite est éliminée, l’UMP se décidera « au cas par cas ». Lui, choisira « le vote blanc ou l’abstention ».

… mais aussi des mea culpa

- Son voyage imaginaire à Fukushima. Interrogé sur ses petits arrangements avec la vérité, Nicolas Sarkozy reconnaît une erreur. « Dans le meeting, ça faisait mieux de dire que j’ai été à Fukushima plutôt que de dire j’ai été à Tokyo. »

- Le « vrai travail ». Nicolas Sarkozy organise une manifestation le 1er mai, jour de la fête du travail. L’expression « vrai travail » a choqué les syndicats. Le candidat fait finalement machine arrière – il nie même un moment avoir utilisé cette formule. « Sur le vrai travail, ce n’est pas une expression heureuse. Je le dis bien volontiers. Et ça ne me gêne pas de le dire. Je voulais dire une vraie fête du travail, c’est-à-dire avec les travailleurs sous statut et les travailleurs dans le privé. Si vous voulez me dire ‘est-ce que cette expression, je la reprendrais ?’, je ne la reprendrais pas. »

- Le non-cumul des mandats : « Il faut que je fasse mon mea-culpa. Ce n’est pas normal que les ministres puissent être maires ou présidents d’exécutif. Quand on est ministre, on ne doit faire que ça. » Le président découvre un peu tard les vertus du non-cumul des mandats, lui qui a été en même temps ministre de l’Intérieur, président du conseil général des Hauts-de-Seine et président de l’UMP. D’ailleurs, parmi ses ministres, les cumulards sont légion : Alain Juppé (Bordeaux), François Baroin (Troyes), Eric Besson (Donzère), Xavier Bertrand (Saint-Quentin), Luc Chatel (Chaumont), Laurent Wauqiez (Le Puy-en-Velay), Michel Mercier (conseil général du Rhône), Philippe Richert (région Alsace)… Devront-ils démissionner dès demain ?

- Valérie « Rottweiler » : Nicolas Sarkozy prend clairement ses distances avec le député UMP Lionnel Luca, qui a comparé la compagne de François Hollande à un chien. « Je ne me sens pas engagé, c’est absurde, je détesterais qu’on fasse ça avec Carla. (…) Je condamne, je ne m’associe en rien à ça, je suis même prêt à dire à Valérie Trierweiler (…) que je suis désolé si elle a été blessée. »

François Hollande, la force tranquille

Avant Nicolas Sarkozy, c’est François Hollande qui avait ouvert l’émission. D’emblée, le candidat socialiste assume son statut de favori. Il justifie aisément son refus de participer à plusieurs débats avant le second tour : « Celui qui demande généralement plusieurs débats n’est pas dans la meilleure des positions. » Et de rappeler que Ségolène Royal en avait demandé deux en 2007. C’est Nicolas Sarkozy qui avait refusé à l’époque.

François Hollande croit-il en sa victoire ? « Pour la première fois, le président sortant est deuxième », souligne-t-il.

La constance plutôt que la chasse aux électeurs du FN

Oui, François Hollande souhaite convaincre les 6,4 millions de Français qui ont voté pour Marine Le Pen. « Je parle aux Français. (…) Si je ne le faisais pas, je ne serais pas candidat à la présidence de la République française. » Mais il leur parle sans changer de cap. « C’est sur les arguments que la différence se fait. Moi je n’ai pas besoin de parler comme le Front national », souligne-t-il. Le candidat PS rappelle qu’il a présenté 60 propositions et qu’il n’en change pas au gré des résultats du premier tour.

Le Front national est-il un parti républicain ? « C’est un parti qui est autorisé dans la République, mais qui conteste un certain nombre de valeurs de la République », répond Hollande, tout en émettant des doutes sur le fonctionnement démocratique du parti d’extrême droite.

La relance et le juste échange

Le candidat assume sa proposition de taxer à 75% les revenus supérieurs à 1 million d’euros. « Il y a des règles, le pays doit se retrouver sur des valeurs et des principes.

Il veut aussi protéger l’économie européenne. En matière d’échanges, « la réciprocité est un bon principe. Je l’ai proposé moi-même, je l’ai appelé le juste échange. Cela doit se faire à l’échelle de l’Europe, et si nécessaire à l’échelle de la France. C’est une règle qui aurait dû être mise en place depuis longtemps, je ne sais pas qui est au pouvoir depuis 5 ans… »

Des points communs avec François Bayrou

Les réserves de voix pour le second tour ne sont pas qu’au FN. Pour François Hollande, le virage très à droite de Nicolas Sarkozy facilite la conquête des électeurs centristes. « J’ai du respect pour François Bayrou. Il n’est pas de gauche. Il n’est plus de droite « (…) « Il m’envoie une lettre, j’y réponds ».

Le candidat PS liste ses points communs avec Bayrou sur l’école, sur le modèle social, sur la moralisation de la vie politique, le statut pénal du chef de l’Etat ou encore la proportionnelle. Il assume en revanche une différence sur la règle d’or : « Je ne vais pas changer ma position ».

Hollande et sa « tendance à l’esquive »

Une seule fois, François Hollande est mis en difficulté. David Pujadas l’interroge sur sa tendance à pratiquer l’esquive et rediffuse une question sur le nombre d’étrangers, à laquelle Hollande n’avait pas répondu. « Ma réponse c’est que les étrangers qui sont en situation régulière ne seront pas expulsés », mais que les « étrangers en situation irrégulière » le seront, répond finalement Hollande, qui refuse donc une nouvelle fois de dire son sentiment sur le nombre d’étrangers.

Baptiste Legrand

Par

Déjà adoubé par ses (futurs) pairs ?………………….(27/04/2012)

UE : Hollande accroît son crédit

François Hollande en décembre 2011.

François Hollande en décembre 2011. (Photo Alessandro Bianchi. Reuters)

Récit La proposition du candidat PS d’imposer la croissance au cœur du traité d’austérité séduit de plus en plus de dirigeants de l’Union.

Par Jean Quatremer Correspondant à Bruxelles (UE)

L’Union vote-t-elle François Hollande ? Depuis quelques jours, plusieurs responsables européens et nationaux, pourtant conservateurs et libéraux, semblent se rallier aux thèses du candidat socialiste en appelant l’UE à donner la priorité à la croissance sur l’austérité. Hollande n’a ainsi pas manqué de se réjouir de la sortie de l’austère président de la Banque centrale européenne (BCE), qui, mercredi à Bruxelles, a plaidé devant le Parlement européen pour un «pacte de croissance». Mario Draghi a même laissé entendre qu’il n’était pas hostile à une renégociation du traité d’union budgétaire, justement réclamée par Hollande : «Nous avons un pacte budgétaire […]. Nous devons revenir en arrière et en faire un pacte de croissance.»

Jean-Claude Juncker, le président de l’Eurogroupe et Premier ministre (social chrétien) du Luxembourg, a surenchéri : «Il est évident qu’il faut compléter la politique européenne par une stratégie de croissance. Ce n’est pas nécessairement une affaire de traité, mais c’est une affaire à traiter.» Même la mère du traité d’union budgétaire, la chancelière allemande, Angela Merkel, a semblé s’adoucir en reconnaissant dans la foulée que «nous avons besoin de croissance, de croissance sous forme d’initiative pérenne». Le chef du gouvernement italien, Mario Monti, a lui aussi appelé, hier, à une politique de soutien à la croissance. Pour Hollande, cela ne fait donc aucun doute : sa probable élection sera «décisive pour l’Europe», comme il l’a dit mercredi.

Purge. La perspective de l’élection à la tête de l’Etat français d’un socialiste aurait-elle suffi à faire basculer l’équilibre idéologique d’une Union largement de droite (sur 27 pays, seuls 8 gouvernements comptent des socialistes dans leur rang, en incluant l’Italie et la Grèce) ? Le résultat de Marine Le Pen, après les succès récents des populistes dans plusieurs Etats membres, a-t-il joué le rôle d’un électrochoc ? En réalité, les responsables européens n’ont pas attendu le succès de Hollande au premier tour pour s’interroger sur la pertinence d’une stratégie fondée uniquement sur l’austérité budgétaire. Après deux ans de crise au sein de la zone euro, chaque pays a admis, parfois non sans mal, que la purge des comptes publics était une nécessité. Comme le dit le coprésident du groupe Vert au Parlement européen, Daniel Cohn-Bendit, «on ne peut pas continuer à financer nos économies à crédit en laissant des montagnes de dettes à nos enfants». C’est pour cela que le gouvernement allemand a exigé que l’équilibre des finances publiques soit gravé dans le marbre du traité d’union budgétaire signé par 25 pays le 1er mars, condition sine qua non pour qu’il accepte d’être solidaire financièrement de ses partenaires au sein de la zone euro.

Mais «l’austérité seule ne peut pas créer de la croissance, contrairement à ce que croient beaucoup de libéraux», martèle le Belge Guy Verhofstadt, le président du groupe… libéral et démocrate du Parlement européen. «Il faut une stratégie de croissance pour faire redémarrer la machine économique du Vieux Continent, encalminée dans la récession.» Les marchés eux-mêmes doutent de la pertinence de la voie qu’ils ont pourtant imposée à la zone euro : prenant conscience que l’austérité déprime l’activité et rend plus difficile le retour à l’équilibre des comptes publics, ils ont attaqué les dettes espagnole et italienne. Ce n’est pas un hasard si le président de la Commission, le conservateur José Manuel Durão Barroso, a finalement présenté, le 18 avril, une communication consacrée à la croissance en Europe qui plaide notamment pour l’instauration d’un salaire minimum dans tous les pays européens.

«Formule magique». Cependant, personne n’envisage de remettre en question le traité d’union budgétaire, celui-ci étant d’ailleurs soutenu par l’ensemble des Partis socialistes européens. Un porte-parole de la BCE a précisé qu’il ne fallait pas se tromper sur le sens des propos de Draghi : «Il a été cohérent avec le message traditionnel de la BCE.» Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, a affirmé hier que ce sont «les réformes structurelles [qui] feront la différence dans la durée, mais nous devons le dire : il n’y a pas de formule magique, cela prend du temps». Il s’est dit prêt à convoquer un sommet européen extraordinaire au lendemain de la présidentielle française pour en discuter. De fait, il n’y a pas d’argent dans les caisses, ce qui interdit toute relance keynésienne. «L’Europe doit continuer d’éviter des politiques qui donnent l’impression de relancer la croissance de manière éphémère», a ainsi affirmé Mario Monti, le chef du gouvernement italien, mettant en garde contre des «résultats illusoires».

Au fond, Hollande ne dit guère autre chose : «Le sérieux budgétaire oui, l’austérité à vie, non», a-t-il déclaré mardi soir. Les propositions qu’il s’apprête à soumettre à ses partenaires, en cas d’élection, visent en réalité à ajouter un volet croissance au traité d’union budgétaire. Elles n’ont guère surpris à Bruxelles, puisqu’elles sont déjà discutées depuis de longs mois et soutenues par la gauche européenne, mais aussi par une partie des libéraux et des conservateurs, que ce soit la création de «project bonds», emprunt européen gagé sur le budget communautaire destiné à financer des projets européens, l’instauration d’une taxe sur les transactions financières, l’accroissement des moyens de la Banque européenne d’investissement ou encore le déblocage des aides régionales non utilisées. Rien qui ne soit «eurocompatible».

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Publié dans:Europe, Politique, PRESIDENTIELLES 2012 |on 27 avril, 2012 |Pas de commentaires »

L’édito de François Sergent………………….(27/04/2012)

Bouc

Par François Sergent

Et si l’Europe avait déjà voté ? François Hollande rassure les partenaires de la France. Sa volonté de croissance vient de trouver des alliés inattendus, du patron de la BCE aux dirigeants des pays du Sud, meurtris par la crise. Les recettes divergent, mais même l’Allemagne, gardienne du dogme de l’équilibre budgétaire, commence à mollir. Un socialiste, pas encore élu de surcroît, ne fait pas le printemps. Mais l’Europe s’inquiète avec raison des dérives françaises. L’Union est faite de valeurs, et des vents mauvais soufflent de Paris à Budapest en passant par Athènes ou La Haye. La contamination populiste envenime l’Europe, qui se sent instrumentalisée, bouc émissaire facile en période de crise. Comme l’ont dénoncé hier les ministres européens de l’Intérieur, voyant avec inquiétude la France de Guéant et de Sarkozy jouer avec les traités fondateurs sur la libre circulation des personnes. La construction européenne n’est pas, pour autant, une religion révélée. Et les électeurs français ont encore montré dimanche, et en nombre, leur méfiance envers un système synonyme de rigueur, de chômage et de libéralisme.

Ils doivent être entendus. Il reviendra à Hollande de réconcilier son pays avec l’Union. De montrer que l’Europe peut aussi signifier emploi et justice sociale, comme du temps de Jacques Delors, un modèle du candidat socialiste. Aux partenaires de l’UE, à l’Allemagne en particulier, d’aider Hollande à réussir. Au nom d’une autre Europe.

Publié dans:Politique, PRESIDENTIELLES 2012 |on 27 avril, 2012 |Pas de commentaires »

Le conseiller « très spécial » de l’Elysée……………….(26/04/2012)

Patrick Buisson

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Patrick Buisson est un journaliste français, né le 19 avril 1949 à Paris. Spécialiste des études d’opinion, conseiller du président de la République Nicolas Sarkozy, il est aussi directeur général de la chaîne Histoire depuis 2007.

Origines et études

Fils d’un ingénieur d’EDF engagé d’abord à l’Action française avant d’adhérer au RPF du général de Gaulle1, Patrick Buisson est élevé dans le culte de Charles Maurras et dans l’anticommunisme2. En 1956, sa mère l’emmène manifester contre l’entrée des chars soviétiques à Budapest.

Son engagement politique débute au lycée où, marqué par la guerre d’Algérie, il refuse de respecter une minute de silence après un attentat meurtrier de l’OAS1. Étudiant en histoire à l’Université de Nanterre, appréciant notamment Philippe Ariès et Raoul Girardet, il est titulaire d’une licence d’histoire et d’une maîtrise de lettres en 1971. Sous la direction de Girardet, il rédige un mémoire de maîtrise sur le mouvement Algérie française. Durant ses études, il devient vice-président de la fédération nationale des étudiants de France (FNEF), et s’oppose au Mouvement du 22-Mars en 1968 aux côtés d’Alain Renault2.

Journaliste politique

Analyste et militant politique d’extrême droite, Buisson s’éloigne cependant de la politique active dès la fin de ses études et, après quelques années d’enseignement, se tourne pour l’essentiel vers le journalisme engagé d’extrême droite : Minute (1981-1987) dont il devient le correspondant à l’Assemblée nationale puis pendant un an le directeur de la rédaction, Le Crapouillot, puis le bien plus modéré Valeurs actuelles, qu’il dirigera pendant six ans avant d’entrer à LCI1.

En 1984, il publie avec Pascal Gauchon, ex-rédacteur en chef de Défense de l’Occident et ancien secrétaire général du Parti des forces nouvelles, le livre OAS, Histoire de la résistance française en Algérie, préfacé par Pierre Sergent, l’un des dirigeants de l’organisation. La même année, il publie un Album Le Pen, album photographique sur Jean-Marie Le Pen, co-écrit avec Alain Renault, ancien secrétaire national du Front national et contributeur du journal Militant, ainsi que Le Guide de l’opposition, dans lequel il recense les partis et clubs de droite et d’extrême-droite des villes de France.

Lorsqu’il dirige Minute de 1986 à 1987, il œuvre alors au rapprochement de toutes les droites1, déclarant que « Le Pen, le RPR et le PR, c’est la droite. Souvent, c’est une feuille de papier à cigarettes qui sépare les électeurs des uns ou des autres »3. Selon son analyse, « les électeurs du FN sont pour l’essentiel d’anciens électeurs du RPR déçus par le recentrage et l’évolution pro-européenne de Chirac, pour le reste d’anciens communistes nostalgiques du temps où le PC était conservateur, autoritaire et nationaliste »1. Remercié de Minute, il devient directeur de la rédaction générale de Valeurs actuelles en 19872.

Conseiller politique

Après quinze ans de presse écrite, il s’oriente vers le conseil aux hommes politiques. Il devient conseiller de Jimmy Goldsmith et de Philippe de Villiers dont il dirige la campagne pour les élections européennes de 1994 et la campagne présidentielle de 1995, en axant les discours vers l’aile droite du RPR par l’affirmation du souverainisme. À la tête de sa société Publifact, il vend ses services à Alain Madelin et François Bayrou2. Le gérant de cette société au chiffre d’affaires de 1,357 M€ (en 2008, résultat net : 0,602 M€) est Jean-Pierre Buisson (1943 -)4. Il lance en 1996 la revue hebdomadaire Politique Opinion en association avec l’ensemble des directeurs des instituts de sondages, et anime à partir de 2000 la page « Opinion » du Figaro. Créateur et animateur de nombreuses émissions politiques sur LCI dont Le Club de l’opinion (1997-2000), Politoscopie (1999- 2000) puis 100% Politique (à partir de 2001), en compagnie de David Pujadas. Créateur et animateur de Un livre, un débat en 2003 puis de Questions qui fâchent (à partir de 2005). Entre 2005 et 2007, il co-anime ensuite l’émission hebdomadaire sur LCI intitulée Politiquement Show, et assure également l’émission Questions qui fâchent avec Michel Field.

Ayant prédit la victoire du « non » à 55 % au référendum français sur le traité constitutionnel européen, il est approché par Nicolas Sarkozy en 2005, alors ministre de l’Intérieur, qui en fait un de ses proches conseillers, équilibrant le gaullisme social d’Henri Guaino, rédacteur des principaux discours de sa campagne présidentielle2. Sans poste officiel à l’Élysée, à sa demande, il demeure cependant un collaborateur très écouté du nouveau président de la République, et quitte l’antenne de LCI5. Dès lors, Patrick Buisson guide les choix de Nicolas Sarkozy, notamment sur la création du ministère de l’Identité nationale (et de l’Immigration)6 ou encore dans la conquête du vote Front national via l’élaboration d’un discours sécuritaire ad hoc7. À la tête du cabinet Publifact, Patrick Buisson a facturé en 2008 à l’Élysée un total de 130 autres factures pour des conseils, dont une quinzaine de sondages réalisés par OpinionWay et publiés par Le Figaro et LCI, pour un prix de 392 288 euros. Selon la Cour des comptes, le total de ses prestations a atteint la somme de 1,5 million d’euros pour l’année 20088. Le 23 juillet le PS demande la création d’une commission d’enquête9.

Décoré par le président de la République au titre de chevalier de la Légion d’honneur, le 24 septembre 200710, il dirige la chaîne Histoire (détenue à 100 % par le groupe TF1) depuis octobre 200711. Selon Le Monde, c’est sa proximité avec le président de la République qui aurait permis à la chaîne Histoire de recevoir, entre 2008 et 2009, 270 000 euros de la part du ministère de la Culture12. Le 21 janvier 2012, il est promu, dans la salle ducale du palais apostolique du Vatican, commandeur de l’Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand.

Bibliographie

Notes et références

  1. a, b, c, d et e Carole Barjon, « Patrick Buisson : le stratège de l’ombre [archive] », Le Nouvel Observateur, 20 novembre 2008.
  2. a, b, c, d et e Raphaëlle Bacqué, « Patrick Buisson, l’hémisphère droit de Sarkozy [archive] », Le Monde, 2 octobre 2008.
  3. Éric Mandonnet, Romain Rosso et Ludovic Vigogne, « Patrick Buisson, le conseiller en transgression de Sarkozy », L’Express, 25 septembre 2008.
  4. Societe.com [archive]
  5. Anna Bitton, « Patrick Buisson – L’oracle de Nicolas Sarkozy », Le Point no 1846, 31 janvier 2008.
  6. « Guerre d’Algérie et “identité nationale” [archive] », Ldh-toulon.net, 18 novembre 2009. Consulté le jeudi 19 novembre 2009.
  7. Augustin Scalbert, « Derrière l’offensive sécuritaire de Sarkozy, deux conseillers-clés [archive] », Rue89, 14 août 2010.
  8. Antoine Guiral et Lilian Alemagna, « Les sondages très controversés du conseiller de l’Elysée [archive] », Libération, 18 juillet 2009.
  9. Le Canard enchaîné, 4 novembre 2009, page 2.
  10. Décret du 13 juillet 2007 portant promotion et nomination [archive], JORF no 162 du 14 juillet 2007, p. 11922, texte no 3, NOR PREX0710522D, sur Légifrance.
  11. Le Canard Enchaîné, 25 juin 2008.
  12. Béatrice Jérome, « Comment Patrick Buisson a fait financer la chaîne Histoire [archive] », Le Monde, 28 juillet 2009.
  13. Gilbert Meynier et al., « L’Algérie que rêvait l’armée française [archive] », Le Monde, 22 décembre 2009.
Publié dans:Politique, PRESIDENTIELLES 2012 |on 26 avril, 2012 |Pas de commentaires »

Une enquête de Renaud Dély………………….(26/04/2012)

Patrick Buisson, l’homme qui va faire perdre Sarkozy

Créé le 26-04-2012 à 13h07 – Mis à jour à 17h30 31 réactions

Renaud Dély

L’ultra-droitier Patrick Buisson ne roule pas vraiment pour la victoire électorale de Sarkozy, il combat surtout pour concrétiser son grand dessein historique : l’union de toutes les droites au sein du « parti de la France ».

Patrick Buisson AFP

Patrick Buisson AFP

La victoire de Patrick Buisson s’apprête à solder l’échec de Nicolas Sarkozy. Le succès idéologique du premier est en train de causer la perte électorale du second. Maurrassien, apôtre du « pays réel » qu’il oppose au « pays légal », l’ex-patron de l’hebdomadaire d’extrême-droite « Minute » a, on le sait, pris les rênes de la campagne du président sortant. Il l’a « gouroutisé », selon l’expression de plusieurs conseillers de Nicolas Sarkozy, marris du cours périlleux que prend la campagne de leur champion.

C’est Patrick Buisson qui a imposé depuis deux mois et demi cette virulente campagne axée sur les « valeurs », allant jusqu’à dicter à son poulain son vocabulaire de l’entre-deux tours : dénonciation des « élites » et du « système » à commencer par les journalistes malfaisants, défense des « racines chrétiennes » menacées de la France, exaltation du « vrai travail » par opposition au « corporatisme » de ces « syndicats politisés » qui ne font que défendre un « statut », mobilisation de « ceux qui aiment vraiment la France », façon implicite de réduire les électeurs de Hollande à de mauvais Français peu patriotes, et enfin appel au secours (« Aidez-moi ! ») à la « majorité silencieuse », tout y est.

« Le glaive et le bouclier »

II est absurde, et même indigne, d’assimiler Nicolas Sarkozy au maréchal Pétain comme un journal a cru bon le faire. Non seulement une telle évocation historique est déplacée, mais de reniements en tête-à-queue, l’intéressé a fait preuve de suffisamment de plasticité en matière de conviction pour qu’on ne lui impute pas une telle marque d’infamie. Quel est l’authentique Sarkozy ? Quel est celui qui dit vrai ? Lequel doit-on croire ? Ce n’est pas une fantasmatique « pétainisation » de Nicolas Sarkozy qui pose aujourd’hui problème, c’est la crédibilité même de sa parole. Le président-candidat est un as du cynisme électoral, prêt à tout, ou presque, pour garnir sa besace de nouveaux suffrages, mais un piètre idéologue. Tel n’est pas le cas de son mauvais génie…

Il n’est pas inutile de rappeler que Patrick Buisson, a témoigné, lui, par le passé, d’accès de tendresse répétés pour l’oeuvre du Maréchal. Il est de ceux qui n’ont jamais totalement rompu, au fond d’eux-mêmes, avec l’idée que Pétain aurait protégé tant que possible le pays des ravages causés par l’occupation nazie et qu’une complicité implicite le liait au général de Gaulle qui attaquait l’ennemi de l’extérieur : cette fameuse, et fumeuse, théorie du « glaive et du bouclier » a été démentie par toutes les recherches historiques les plus sérieuses. Qu’importe, au sortir de la Guerre, elle présentait pour ses partisans l’avantage de réunifier l’ensemble des droites, celle authentiquement résistante, patriote et républicaine qui s‘était courageusement dressée contre l’Occupant et l’autre, la droite maréchaliste qui s’était vautrée dans le déshonneur de la Collaboration.

Une quinzaine d’années plus tard, une nouvelle fracture est apparue au sein des droites autour de la question coloniale, plus particulièrement à l’occasion de la guerre d’Algérie. Et le général de Gaulle s’est de nouveau heurté à l’extrême droite qui a même plus d’une fois tenté de l’abattre. Le souvenir de cet autre affrontement entre deux droites de natures opposées meurtrit encore Patrick Buisson qui a consacré un ouvrage élogieux aux terroristes de l’OAS baptisé « OAS, histoire de la Résistance française en Algérie » ! Buisson y glorifie le « combat pour l’Algérie française » dans lequel il voit « la première en date des contestations globales du contenu affectif et humain de la société technico-industrelle » et il vante dans l’action sanglante de l’OAS une « entreprise subversive » qui cherchait, selon lui, « à renverser le conformisme social né du fonctionnement de la machine économique » !

L’union de toutes les droites

Alors bien sur, au vu des résultats du premier tour de la présidentielle, Patrick Buisson apparaît comme un mauvais stratège électoral. Le 22 avril, les urnes ont rendu un verdict en tous points contraire aux prédictions du mage de l’Elysée: il annonçait que François Hollande ferait moins de voix que Ségolène Royal en 2007, que le candidat socialiste serait « l’otage de Jean-Luc Mélenchon », que Nicolas Sarkozy siphonnerait le score de Marine Le Pen, et qu’il arriverait nettement en tête du premier tour. Il s’est produit l’inverse. Hollande a fait mieux que son ex-compagne il y a cinq ans, Marine Le Pen a battu le record historique du Front National, Nicolas Sarkozy a été devancé et c’est lui qui se retrouve dans la main de l’extrême droite… Joli résultat !

Erigé en boussole de la droite par Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson lui indique le sud. Soit, le chemin de la défaite au fond des urnes le 6 mai. Mais là n’est pas pour lui l’essentiel. Le véritable agenda de Patrick Buisson, son grand dessein, est ailleurs. Il a toujours cru, et croit encore plus que jamais, à l’union de toutes les droites, du centre droit issu de la démocratie chrétienne à l’extrême droite la plus radicale et la plus anti-républicaine, des disciples de Marc Sangnier à ceux de Charles Maurras, des admirateurs du général de Gaulle à ceux du maréchal Pétain, bref de l’UMP au Front National.

Son erreur consiste à croire qu’une telle ligne puisse être majoritaire dans la France de 2012. La défense de l’identité d’une « France des cathédrales » immuable, menacée par des « vagues migratoires incontrôlées » et rongée par le « péril islamiste », est un discours qui peut galvaniser les tenants d’une droite extrême bien particulière, mais en aucun cas rassembler une majorité de suffrages venus de cultures politiques trop dissemblables. Patrick Buisson se trompe lorsqu’il pense que toutes les droites, du Modem au FN, peuvent se fondre en une seule. Il fait fi de la pluralité persistante des diverses versions du conservatisme français. La droite contre-révolutionnaire est une tradition qui persiste, certes, mais il y a belle lurette que toutes les autres familles de la droite se sont ralliées sans réserve aux idéaux de 1789. Et qu’elles en sont pleinement imprégnées. Les valeurs républicaines constituent leur essence même, leur ADN. Raison pour laquelle la stratégie du gourou de l’Elysée va causer la perte de Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle.

Le parti de la France

Déjà, de premières voix, trop rares et trop discrètes, se font entendre à l’UMP pour s’indigner de cette stratégie. On aimerait, bien entendu, que Nathalie Kosciuscko-Morizet, Alain Juppé ou François Fillon, cet héritier du gaulliste social que fut Philippe Séguin, rejoignent la pionnière Chantal Jouanno et quelques autres. La logique ultra-présidentialiste de la Ve République et le culte d’un chef, même déclinant, les en empêchent pendant encore dix jours. François Bayrou et la plus grande partie des responsables du Modem ont, eux, déjà reconquis leur liberté. Ils sont décidés à en user pour s’opposer à la dangereuse dérive de Nicolas Sarkozy.

Impossible au sommet, cette « union des droites » dont rêve Buisson l’est sans doute plus encore à la base, et sera donc minoritaire le 6 mai. Peu lui importe lui qui, comme le susurrent certains responsables UMP, préfère que Nicolas Sarkozy perde sur « sa » ligne plutôt qu’il ne gagne sur une autre. Il s‘agit pour l’ex-journaliste de poser les jalons d’un grand projet idéologique, d’un grand dessein culturel qui dépasse, de loin, l’échéance du 6 mai.

Ainsi, au début de l’année 1986, quelques mois avant la victoire annoncée aux législatives de la coalition RPR-UDF portée par le slogan « Vivement demain », publiait-il déjà un « Guide de l’opposition » dans lequel il recensait les coordonnées de tous les responsables et organisations de l’opposition, droite et extrême droite confondues. Il les invitait à allier résolument leurs forces pour chasser la gauche du pouvoir. Voici ce que Patrick Buisson écrivait dans la préface de cet ouvrage: « Vivement demain sans doute mais à condition que la victoire de la droite d’une ampleur et d’une portée probablement historiques ne s’abîme pas dans le compromis ou la recherche d’un hypothétique consensus. A condition aussi que nos futurs dirigeants sachent se débarrasser des virus socialisants ou socio-démocrates qui les ont pour certains contaminés pendant leur enfance et leur jeunesse. (…) A condition surtout que la droite redevenue majoritaire n’ait plus honte de s’assumer pour ce qu’elle est et cesse de se laisser dicter le choix de sa stratégie et de ses alliances par les petits caporaux du camp adverse. »

Au fond, Patrick Buisson ne roule pas seulement pour Nicolas Sarkozy. Il est surtout convaincu d’œuvrer pour l’Histoire, pour « son » Histoire. Si l’on peut s’inquiéter du climat malsain qu’attise la campagne d’entre deux tours du candidat UMP, c’est surtout après sa défaite qu’il faudra que les Républicains, de droite comme de gauche, se montrent vigilants. C’est à ce moment-là que surviendra le vrai danger. Traumatisée par la défaite, et orpheline de son chef, l’UMP risquera de céder alors aux avances de Patrick Buisson si celui-ci revient lui mettre sous le nez son éternel brouet de l’union de toutes les droites. Pour voir enfin se concrétiser le rêve de toute sa vie : l’unification d’un camp qu’il n’a cessé d’appeler celui du « parti de la France »…


Renaud Dély

Une enquête de Renaud Dély......................(26/04/2012) dans Politique

Publié dans:Politique, PRESIDENTIELLES 2012 |on 26 avril, 2012 |Pas de commentaires »
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