Archive pour la catégorie 'SANTE'

Carnage médical…………………..(29/06/2018)

Les témoignages se suivent et se ressemblent : touchers vaginaux douloureux et abrupts, remarques sexistes et désobligeantes sur le physique, refus de prescrire la contraception demandée, culpabilisation lors d’une IVG… Le 19 novembre 2014, le hashtag #PayeTonUtérus fait son apparition sur Twitter. Plus de 7 000 témoignages sont publiés en moins de 24 heures. Un mouvement est né, libérant la parole autour des violences gynécologiques et obstétricales en France. Le phénomène prend de l’ampleur en 2015, avec la révélation de touchers vaginaux pratiqués sur des patientes endormies.

Trois ans plus tard, le Haut Conseil à l’égalité (HCE) entre les femmes et les hommes fait le bilan, dans un rapport intitulé « Les actes sexistes durant le suivi gynécologique et obstétrical – Des remarques aux violences, la nécessité de reconnaître, prévenir et condamner le sexisme ». Rendu public vendredi 29 juin, il avait été commandé par la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa en juillet 2017 afin de « mesurer et objectiver le phénomène » et de « mettre en exergue les différents leviers à mobiliser ». Voici ce qu’il faut retenir du constat fait par le HCE et de ses 26 recommandations, après neuf mois d’auditions et d’enquête.

Le phénomène existe mais n’a jamais vraiment été étudié

Le constat. Le HCE est formel : l’ampleur des témoignages « atteste du fait qu’il ne s’agit pas de faits isolés et appelle une prise de conscience et une action publique ambitieuse pour les combattre ». Si « les actes sexistes lors du suivi gynécologique et obstétrical comptent aujourd’hui parmi les comportements dénoncés par les femmes », ils n’ont en revanche encore jamais fait l’objet d’une véritable étude.

Les seules données disponibles sont quantitatives et émanent d’enquêtes nationales menées auprès de maternités concernant les actes pratiqués (césariennes, épisiotomies…). On sait ainsi qu’une femme sur deux sur laquelle une épisiotomie a été réalisée déplore un manque ou l’absence totale d’explications sur le motif de cette intervention. Ces taux d’épisiotomie sont d’ailleurs très variables d’une maternité à l’autre, allant de 0,3% à 45%, selon la cartographie réalisée par Le Monde. En outre, 6% des femmes se déclarent « pas du tout » ou « plutôt pas » satisfaites du suivi de leur grossesse ou de leur accouchement, soit 50 000 femmes en 2016.

Pour le reste, le HCE a dû s’appuyer majoritairement sur les témoignages relayés sur les réseaux sociaux par des lanceuses d’alerte et sur les enquêtes journalistiques (dont Le Livre noir de la gynécologie de Mélanie Dechalotte, éd. First, 2017) afin d’établir un diagnostic. Plusieurs raisons à cela : le phénomène est encore méconnu et mal appréhendé par les victimes elles-mêmes. Les études traitant des violences faites aux femmes se concentrent davantage sur la sphère privée et les associations spécialisées se sont peu concentrées sur la spécificité des actes sexistes subis dans le cadre du suivi gynécologique et obstétrical. Enfin, les données recensées par la police, la gendarmerie ou la justice ne reposent que sur les crimes et délits reconnus comme tels et n’isolent ni le contexte de l’infraction ni la profession exercée par l’auteur(e) des faits.

La recommandation. Parmi ses préconisations, le Haut Conseil recommande donc avant tout de mener cette première enquête de santé publique, quantitative et qualitative, pour évaluer le vécu des femmes, que ce soit pour un accouchement, une interruption volontaire ou médicale de grossesse ou encore un suivi gynécologique.

Les femmes peuvent être victimes de six types d’actes sexistes

Le constat. Le HCE a répertorié six types d’actes sexistes. Cela va de la non prise en compte de la gêne de la patiente, liée au caractère intime de la consultation, à des propos porteurs de jugements sur la sexualité, la tenue, le poids, la volonté ou non d’avoir un enfant, en passant par des injures sexistes. Le rapport pointe aussi les actes (intervention médicale, prescription, etc.) exercés sans recueillir le consentement ou sans respecter le choix ou la parole de la patiente, les actes ou refus d’actes non justifiés médicalement et les violences sexuelles (harcèlement sexuel, agression sexuelle et viol).

En 2016, 3,4% des plaintes déposées auprès des instances disciplinaires de l’Ordre des médecins concernaient des agressions sexuelles et des viols commis par des médecins. Reste que « les actes sexistes dans le suivi gynécologique et obstétrical sont encore largement impunis », observe le HCE.

Les recommandations. Pour y remédier, le HCE estime que les femmes doivent d’abord être informées de leurs droits. Il recommande également de renforcer l’implication des ordres professionnels, en formant les membres des chambres disciplinaires aux violences sexistes et sexuelles. Objectif : systématiser la transmission à la justice des plaintes relatives à des pratiques sanctionnées par la loi. Il lui apparaît aussi nécessaire de renforcer la formation des forces de l’ordre et des magistrats sur ces violences.

La profession est majoritairement masculine et la formation, trop centrée sur la technique

Le constat. Selon le HCE, plusieurs facteurs favorisent les actes sexistes durant le suivi gynécologique et obstétrical. A commencer par la surreprésentation des hommes dans ces spécialités médicales. Ils représentent 90% des membres du Conseil national de l’Ordre des médecins et 74% des membres du bureau du Collège national des gynécologues et obstétriciens français.

Deuxième facteur, le nombre de consultations, plus élevé que pour d’autres suivis médicaux. Une femme va avoir en moyenne 50 consultations gynécologiques et obstétricales au cours de sa vie (frottis réguliers, renouvellement de contraception, interruptions volontaires de grossesse, consultations pré et post-accouchements…).

Dernier constat : le caractère particulièrement intime de ces consultations n’est pas suffisamment pris en charge dans la formation initiale et continue des médecins. Celle-ci reste centrée sur la technique, « au détriment de la relation humaine et du respect du consentement », écrit le Haut Conseil à l’égalité. Et ce, malgré l’obligation légale d’une formation sur les violences sexistes et sexuelles, prévue par la loi du 4 août 2014.

Les recommandations. Pour le HCE, il est essentiel de renforcer la prévention et la lutte contre le sexisme pendant les études de médecine. L’accent doit aussi être mis, dans la formation initiale et continue, sur la « bientraitance », le « respect du consentement » et le « dépistage des violences sexistes et sexuelles ». Il est aussi impératif d’écrire noir sur blanc, dans le Code de déontologie médicale, l’interdit des actes sexistes. Il est temps, enfin, de faire appliquer les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé et de la Haute Autorité de santé, qu’il s’agisse de la position de la femme au moment de l’accouchement, de la liberté de choix quant au moyen de contraception ou de la fréquence des épisiotomies et césariennes.

Publié dans:SANTE |on 29 juin, 2018 |Pas de commentaires »

Autisme……………….(06/04/2018)

Handicap

Autisme : cinq fronts contre un scandale français

Par Eric Favereau — 5 avril 2018 à 20:36
Pendant plus de vingt ans, de 1994 à 2016, le photographe français Olivier Coulange (de l’agence Vu) a suivi le quotidien d’Antonin, enfant autiste, et de sa famille. Année après année, il a partagé l’intimité d’Antonin, âgé de 8 ans au début de ce travail photographique et de 32 ans en 2016.
Pendant plus de vingt ans, de 1994 à 2016, le photographe français Olivier Coulange (de l’agence Vu) a suivi le quotidien d’Antonin, enfant autiste, et de sa famille. Année après année, il a partagé l’intimité d’Antonin, âgé de 8 ans au début de ce travail photographique et de 32 ans en 2016. Photo Olivier Coulange. Vu

Le plan pour une meilleure prise en charge globale, présenté ce vendredi, est articulé autour de cinq ambitions : la recherche, la détection et l’intervention précoces, la scolarisation, l’accompagnement des adultes handicapés et le soutien aux familles.

  • Autisme : cinq fronts contre un scandale français

Plus de 340 millions d’euros et «cinq ambitions». Ce vendredi par la voix du Premier ministre et jeudi par celle du président de la République lors d’une visite sur le terrain à Rouen, la «stratégie pour l’autisme au sein des troubles neuro-développementaux» a été dévoilée.

Il est peu de dire qu’elle était très attendue. Lors de sa campagne présidentielle, Emmanuel Macron en avait fait l’une de ses priorités, d’autant que la situation française (comme le répètent les rapports de l’Igas ou de la Cour des comptes) est au minimum chaotique, mais surtout inégalitaire et incohérente. «En matière de politique de l’autisme, la France n’est pas au niveau, a carrément reconnu à l’Assemblée nationale la secrétaire d’Etat chargée du handicap, Sophie Cluzel. Les familles concernées sont exposées à un parcours du combattant indigne de notre République et la France se trouve loin derrière de nombreux pays de l’OCDE en matière de recherche.» «Les progrès réalisés dans la prise en charge des enfants, mais surtout des adultes, sont insuffisants», soulignait encore la Cour des comptes dans son rapport de janvier 2018. En juillet, un tribunal administratif avait même condamné l’Etat français pour «des carences» dans la prise en charge d’enfants autistes.

Après trois plans successifs depuis 2005, Emmanuel Macron a donc lancé en juillet la concertation sur de nouvelles mesures. «On attend que ce quatrième plan prenne le taureau par les cornes, mais on n’est pas sûrs que la volonté politique existe», s’inquiétait d’avance Danièle Langloys, présidente d’Autisme France. Sera-t-elle rassurée ? «Ce plan a de la gueule», nous dit Claire Compagnon, militante des droits des malades et inspectrice générale des affaires sociales- qui a présidé, il est vrai, la concertation pour l’élaboration du plan. «L’idée maîtresse est l’inclusion. Tout est fait pour que l’on passe d’une logique de relégation des autistes dans les établissements à une logique d’inclusion dans la cité. Avec la volonté d’intervenir précocement, le plus tôt possible, en mettant de la science le plus possible et non plus de l’idéologie ou des postures.»

A lire aussi Victimes de querelles de chapelles et d’incurie

Un objectif que nul ne conteste. Mais dans ce dossier, l’important est la cohérence des pouvoirs publics, dans la durée. Exemple de l’hypocrisie des autorités sanitaires : depuis des années, elles ont mis en avant le souhait d’un dépistage le plus précoce, mais dans les faits, que voit-on ? Le délai d’attente moyen que subissent les familles pour accéder à un diagnostic dans un centre ressources autisme est de 446 jours. Une durée insupportable, qui les laisse dans un désarroi profond.

Ce plan se veut de rupture, tant par les moyens que dans les objectifs fixés. Conforté par la nomination prochaine d’un délégué interministériel auprès de la secrétaire d’Etat chargée du handicap, il s’articule autour de cinq ambitions.

Le repérage précoce

La première est de booster la recherche sur ces maladies, tous les acteurs notant un manque de structuration et de coordination. A cet effet, un groupement d’intérêt scientifique sera créé, avec trois centres d’excellence. Le gouvernement n’a pas choisi de créer une grosse structure qui aurait chapeauté toute la prise en charge (comme pour le cancer), mais une organisation sur la seule recherche. «Il faut remettre la science au cœur, et balayer les fake news en tout genre. En matière de prise en charge, c’est la science qui doit prévaloir», préconise la secrétaire d’Etat, Sophie Cluzel.

Deuxième objectif, présenté comme la pierre angulaire du plan : l’intervention précoce, qui est l’une des grandes faiblesses de la prise en charge, les bilans des enfants étant effectués en moyenne entre 6 et 16 ans. «Plus on intervient tôt, plus on peut corriger les parcours, rappelle Claire Compagnon. Aujourd’hui, cela dysfonctionne à toutes les étapes. Il faut reprendre en main toute la chaîne.» Pour cela, le plan prévoit un effort massif sur la formation des professionnels de la petite enfance, qui vont se retrouver en première ligne (médecins, pédiatres, PMI), avec des examens diagnostics renforcés. Si ce premier niveau révèle un problème chez l’enfant, des plateformes de coordination (au moins une par département) vont être créées, avec la mission de rassembler les dossiers, puis de proposer un parcours en ville. «Tous les examens seront remboursés», insiste le plan.

A lire aussi «Il ne faudrait pas que l’Etat oublie les cas les plus sévères»

Troisième volet, essentiel : la scolarisation. Les objectifs sont élevés. A partir d’un dépistage précoce qui permettra une intervention rapide, tous les enfants devront pouvoir aller dans des maternelles «normales», dès l’âge de 3 ans. Ensuite ? De nouvelles équipes médico-sociales pour le primaire seront créées ou renforcées. Le nombre d’instituts médico-éducatifs (IME) doit passer de 700 à 2 100. «C’est tout le dispositif qui va être renforcé, avec l’objectif de l’inclusion scolaire au maximum», assure Sophie Cluzel. Au collège et au lycée, l’idée sera de consolider l’assistance scolaire personnalisée (ASP) par des contrats plus longs et plus solides.

Des solutions de logement pour les adultes

Quid des adultes ? C’est le quatrième objectif, et peut-être le plus difficile. Qui sont-ils ? Où sont-ils ? Il n’existe aucun chiffre, aucune donnée. Un certain nombre d’entre eux reste des années, sans raison valable, dans des lits d’hôpitaux psychiatriques. D’autres, seuls dans des lieux insalubres. D’autres encore échouent dans des pays voisins. Seuls 11 % disposeraient d’un logement personnel. La stratégie du plan consiste, par le biais des agences régionales de santé, à procéder dans un premier temps à un repérage, puis à multiplier des solutions de logement : «10 000 logements accompagnés avec des colocations sociales seront ainsi prévus». Et surtout, est-il écrit dans le plan, il s’agit de «ne pas enfermer».

Enfin, le plan préconise de s’appuyer sur les familles, leur expérience, leur savoir. «Il faut reconnaître leur expertise, et les associer dans la gouvernance». Mais aussi les «soutenir» : une «plateforme de répit» doit être créée dans chaque département, pour leur permettre de faire des pauses mais aussi d’échanger leurs expériences. «Les autistes doivent avoir la vie la plus normale possible», a rappelé Emmanuel Macron à l’issue de sa visite, hier à Rouen. Les annonces sont là, les objectifs aussi, l’argent également. Mais ce n’est que dans cinq ans que l’on saura si ce plan marque vraiment une rupture.

Eric Favereau

Liberation.fr
Publié dans:SANTE |on 6 avril, 2018 |Pas de commentaires »

Urgences…………………………(21/03/2018)

Alerte info
TRIBUNE. « L’hôpital entier est malade » : le cri d’alarme des médecins urgentistes face à l’engorgement de leurs services
Cliquez ici pour plus d’informations
Publié dans:SANTE |on 21 mars, 2018 |Pas de commentaires »

Super…………………(28/02/2018)

Super.....................(28/02/2018) dans SANTE header_alerte
bandeau_alerte dans SANTE
bandeau_bottom
  dot   dot  
TÉMOIGNAGE > Pénurie de médicaments : «J’ai été privée de mon anticancéreux»
fl_violet Plus d’informations sur leParisien.fr
Publié dans:SANTE |on 28 février, 2018 |Pas de commentaires »

Attention……………..(26/12/2017)

Logo Francetv info 11h07
Alerte info
Une enquête judiciaire est ouverte après la contamination de laits infantiles dans une usine LactalisLe pôle santé publique du parquet de Paris a ouvert, vendredi 22 décembre, une enquête préliminaire au sujet de la contamination de laits infantiles produits par une usine de Lactalis à Craon (Mayenne) à des salmonelles, a appris franceinfo de source judiciaire mardi 26 décembre, confirmant une information du Point. Cette enquête a notamment été ouverte pour les chefs de blessures involontaires, mise en danger de la vie d’autrui et tromperie aggravée par le danger pour la santé humaine.
Cliquez ici pour plus d’informations
Publié dans:SANTE |on 26 décembre, 2017 |Pas de commentaires »

Pauvres hôpitaux………………………(12/12/2017)

Interview

Agnès Buzyn : «Sur l’hôpital, nous sommes arrivés au bout d’un système»

Par Eric Favereau, Photo Frédéric Stucin — 11 décembre 2017 à 21:36
Agnès Buzyn, à Paris, le 7 décembre.Zoom
Agnès Buzyn, à Paris, le 7 décembre. Photo Frédéric Stucin

La ministre des Solidarités et de la Santé fait le bilan de six premiers mois d’exercice. Où elle a pris la mesure des choix difficiles qui lui incomberont. Elle pointe notamment la proportion d’actes inutiles et les effets délétères des exigences de rentabilité.

  • Agnès Buzyn : «Sur l’hôpital, nous sommes arrivés au bout d’un système»

Depuis six mois qu’elle est en fonction avenue de Ségur, la nouvelle ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, qui débarquait dans le monde de la politique, a plutôt convaincu. D’abord en retissant les liens avec les professionnels de santé, sérieusement mis à mal par le gouvernement précédent, mais aussi en renvoyant une image de compétence dans un univers qu’elle connaît par cœur. Femme de gauche, professeure d’hématologie, elle se dit inquiète de l’état d’essoufflement de notre système de santé. Pour la première fois, elle évoque des «décisions difficiles» qui devront être prises.

Quand vous êtes arrivée au ministère, vous avez dit que vous n’étiez pas là pour faire carrière, mais pour essayer de faire bouger les choses. Y arrivez-vous ?

Oui. Nous avons d’ores et déjà fait des choses dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, qui marque la priorité donnée à la prévention, et on a pu orienter l’action sur des thématiques qui me tiennent à cœur. Par exemple, pour l’accès aux soins dans les territoires, j’ai proposé une approche radicalement différente, concrète, pragmatique qui se fonde notamment sur les moyens que nous donnons aux acteurs sur le terrain d’agir pour construire leurs solutions. Je ne plaque pas le même modèle partout. Pour autant, j’ai le sentiment qu’il n’y a pas eu assez de choix courageux qui ont été faits par le passé, et on va devoir transformer les choses en profondeur.

C’est-à-dire ?

De vrais défis nous attendent, notamment sur la pertinence des soins, et une restructuration de nos hôpitaux est indispensable. Il va falloir recentrer leur activité sur leur valeur ajoutée et la médecine de recours, en renforçant leur capacité à accueillir tout le monde. Il faut surtout redonner confiance aux équipes de l’hôpital et du sens à leur mission. Par ailleurs, nous allons mener la réforme structurelle des retraites, pour qu’enfin on ait confiance dans notre système. Aujourd’hui, celui-ci est illisible, au point que les jeunes ont le sentiment qu’ils n’en bénéficieront pas. Globalement, nous devons repenser l’ensemble. Le système est à bout de souffle.

Dans sa campagne, Emmanuel Macron avait promis de l’argent aux hôpitaux, étouffés par vingt ans de rigueur financière. Une promesse oubliée ?

On réduit souvent le problème à des questions financières et budgétaires. Parfois, ce sont des choix stratégiques et organisationnels qu’il faut faire. Sur la santé et l’hôpital, je ne dis pas qu’il n’y a pas besoin d’argent, mais nous sommes arrivés au bout d’une histoire et d’un système. Par exemple, avec la tarification à l’activité, la T2A : ce système a fait croire à l’hôpital public qu’il devait se concentrer sur des activités rentables, qu’il devait se sentir une âme d’entreprise…

L’hôpital n’est donc pas une entreprise ?

Non. Cela ne veut pas dire qu’il ne doit pas faire attention à ses budgets, mais l’hôpital apporte aussi autre chose, en termes de service public, d’accueil, de compétence. Nous avons risqué de faire perdre le sens de la mission de l’hôpital aux équipes en leur faisant croire qu’elles ne devaient faire que la rentabilité. Les équipes hospitalières ont été malheureuses de ce virage. Et cette logique est arrivée à son terme.

D’accord, mais que faire ?

Il faut changer la place de l’hôpital public dans notre système. C’est une urgence. Nous allons nous y atteler dès l’année prochaine avec tous les acteurs concernés, y compris pour traiter de la bonne articulation entre la ville, la médecine de ville, et l’hôpital.

Allez-vous poursuivre l’application de la loi santé, notamment avec les groupements hospitaliers de territoire (GHT) ?

Créer les GHT était une bonne idée. Il faut poursuivre, car cela va nous permettre de mieux organiser les filières de soins, en faisant en sorte que les établissements ne soient pas en concurrence mais complémentaires les uns des autres. Aujourd’hui, il faut qu’ils se répartissent les tâches, regrouper les plateaux techniques plutôt que de les disperser.

Vous faites de la pertinence des soins une priorité, disant que 25 % des actes sont inutiles…

20, 25, 30 % d’actes non pertinents : les taux varient, mais interrogez n’importe quel médecin, il sait qu’un certain nombresont inutiles, redondants, et pourtant facturés et remboursés. Nous ne pouvons plus nous le permettre. Des opérations chirurgicales ne devraient pas avoir lieu. Quand vous regardez les pratiques en cardiologie, vous voyez des différences entre certaines villes, entre certains départements, qui n’ont pas de sens. En 2012, à l’Institut national du cancer, nous avons analysé les prises en charge de cancers du sein et nous avons noté des pratiques très hétérogènes et problématiques.

Que proposez-vous ?

C’est une responsabilité collective, il faut mieux informer les patients et sensibiliser les professionnels de santé, qu’ils aient des guides de bonnes pratiques, et que la Haute Autorité de santé (HAS) définisse ce qui est pertinent ou pas. Je sais, c’est un travail à long terme, mais nous allons lancer des grands chantiers sur des pathologies de référence. La HAS donnera des indicateurs de qualité, et ensuite il s’agira d’embarquer professionnels de santé et malades autour de ces parcours de santé très efficients.

Un vœu pieux ?

Tout le monde arrive à ce constat, mais il y a un non-dit. L’assurance maladie a été construite à une période où les personnes avaient essentiellement des maladies aiguës ou des accidents, et ne vivaient pas très âgées. Notre système n’est pas adapté à une population vieillissante, qui a de multiples pathologies, nécessitant des prises en charge chroniques. On doit rééquilibrer l’activité vers ces parcours, où plusieurs professionnels se retrouvent et se coordonnent. Et d’ailleurs, nous allons avoir besoin de beaucoup plus de personnels non-médecins. Tout cela nécessite de repenser notre système de tarification.

Avez-vous le sentiment d’avoir réussi à réconcilier votre ministère avec le monde de la santé, tant le rapport était devenu tendu sous le précédent quinquennat ?

C’est vrai que j’avais face à moi des professionnels de tous bords très en attente et très tendus par le poids des années écoulées. Je connais leur métier, je suis à l’écoute. Mais je leur dis aussi ce que je pense et ce que l’intérêt général nous conduit à mettre en œuvre.

Leur avez-vous dit ce que vous pensez, par exemple sur le tiers payant ? Et quand sera-t-il généralisé ?

Nous avons pris une décision pragmatique. Le dispositif prévu par la loi n’était ni applicable ni faisable à très court terme. Un rapport me sera rendu le 31 mars pour un calendrier de faisabilité. Et surtout pour identifier les populations qui ont besoin en priorité du tiers payant. Car c’est mon objectif : que personne ne renonce aux soins pour des raisons d’avance de frais. Les jeunes, par exemple, y renoncent trop souvent. Ma politique, en tout cas, est de prendre pour modèle ce qui s’est passé avec les pharmaciens, qui ont réussi à mettre en place un outil fonctionnel, avec un tiers payant réalisé dans 99 % des cas, sans obligation légale. Quand la technique est au rendez-vous et qu’elle est simple, tout le monde l’adopte. J’ai bon espoir que les médecins fassent de même.

Quid du dossier médical partagé ?

Il existe, l’assurance maladie l’expérimente, et il va se déployer. L’outil est aujourd’hui facile, disponible sur smartphone. Et quand un outil est bien pensé, il se déploie.

Sur les vaccins, le combat est-il gagné à vos yeux ?

Il reste une méfiance qui court, mais les élus m’ont suivie au Parlement, et les médecins aussi, fortement. Ce n’est pour autant pas gagné. Il faut faire de la pédagogie, rendre confiance. Selon moi, c’est l’illustration d’un enjeu essentiel, au-delà du vaccin : redonner du crédit à la parole rationnelle, que le discours scientifique reprenne sa place dans la société. Lutter contre une forme d’obscurantisme. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles j’ai accepté ce poste.

La crise du Levothyrox vous a-t-elle surprise ?

Les crises, médiatiques notamment, sont régulières dans ce ministère. Celle-ci est le symptôme d’une défiance du public vis-à-vis des institutions, de la parole publique et du médicament. Elle aurait pu être évitée si nous avions déployé les bons moyens d’information pour atteindre les patients, en plus des médecins. Mais nous ne sommes pas dotés des bons outils. C’est d’ailleurs l’objet de la mission «Information et médicaments» que j’ai lancée. Nous aurons des propositions à la fin du printemps 2018. Désormais, les patients ont accès à cinq possibilités de traitement, j’espère que chacun a pu trouver la formule qui lui convient…

On vous sent très engagée dans la lutte contre le tabagisme, au point d’avoir été vertement critiquée quand vous avez mis en cause le cinéma ?

La prévention est un axe central de notre politique. Le tabac, ce sont plus de 20 milliards d’euros de dépenses pour l’assurance maladie. Oui, c’est un combat, car le tabac ne représente en rien une émancipation, le tabagisme est une maladie, et un fumeur sur deux en meurt. Je continue de penser que le cinéma français véhicule une image plutôt positive du tabac. Je ne veux rien interdire, mais je note que beaucoup de pays ont pris des recommandations sur le tabac et le cinéma, et on peut imaginer, comme aux Etats-Unis, une charte sans nuire à la liberté de chacun. 20 % des jeunes disent avoir commencé à fumer sous l’influence d’une vision positive du tabac, portée le plus souvent par le cinéma. J’ai aussi la protection de l’enfance dans mon ministère.

On vous présente, dans la presse, comme la caution de gauche du gouvernement…

Il ne vous a pas échappé que ce gouvernement veut dépasser les clivages. On me donne cette étiquette, mais le rôle du ministre des Solidarités et de la Santé est forcément de mener une politique de protection des gens. C’est le sens même de sa mission : je suis là pour protéger les gens, en particulier les populations vulnérables. Je suis personnellement touchée par cette vulnérabilité, c’est ce qui m’a animée comme médecin, et c’est ce qui m’anime aujourd’hui comme ministre. Mais il va aussi falloir prendre des décisions qui ne seront pas toutes faciles.

Eric Favereau Photo Frédéric Stucin

Publié dans:SANTE |on 12 décembre, 2017 |Pas de commentaires »

Enfin…………………………………..(14/11/2017)

Publié dans:SANTE |on 14 novembre, 2017 |Pas de commentaires »

A notre santé………………………..(14/11/2017)

Antirhumes, pastilles pour la gorge, comprimés pour le ventre… Près de la moitié des 62 médicaments testés par « 60 millions de consommateurs » est à proscrire

Le magazine a étudié les médicaments délivrés sans ordonnance les plus vendus. Seulement 21% d’entre eux présentent un rapport bénéfice/risque favorable.

Sur soixante-deux médicaments vendus sans ordonnance, un sur deux est à proscrire, selon une étude de \"60 millions de consommateurs\" parue mardi 14 novembre 2017.
Sur soixante-deux médicaments vendus sans ordonnance, un sur deux est à proscrire, selon une étude de « 60 millions de consommateurs » parue mardi 14 novembre 2017. (MAXPPP)
avatar

Carole BélingardFrance Télévisions

Mis à jour le 14/11/2017 | 06:26
publié le 14/11/2017 | 05:59

PartagerTwitterPartagerEnvoyer
LA NEWSLETTER ACTUNous la préparons pour vous chaque matin

Les températures fraîches apportent leurs lots de microbes. Peu de monde échappe aux rhumes, troubles intestinaux, maux de gorge… Pour se soigner, les Français ont recours à l’achat de médicaments en libre-service. Le magazine 60 Millions de consommateurs tire la sonnette d’alarme dans une étude publiée mardi 14 novembre. Près d’un médicament sur deux est à proscrire de sa boîte à pharmacie, car la balance entre les bénéfices et les risques est mauvaise.

L’étude a été menée sous le contrôle du professeur Jean-Paul Giroud, pharmacologue clinicien, auteur de plusieurs ouvrages sur les médicaments et l’automédication, ainsi que Hélène Berthelot, pharmacienne. Franceinfo vous livre ce qu’il faut en retenir.

45% des médicaments à proscrire

Sur les 62 médicaments les plus vendus que 60 Millions de consommateurs a passés au crible, 45% sont à proscrire car leur rapport bénéfice/risque est défavorable. Prenons l’exemple de Nurofen Rhume, les auteurs de l’étude estime que « la présence d’un anti-inflammatoire non stéroïdien (ibuprofène) et d’un vasoconstricteur (pseudoéphédrine) » dans ce médicament « est un non-sens pour traiter un nez qui coule ». Or, les auteurs soulignent aussi que les contre-indications sont très nombreuses avec ce médicaments (incidences cardiovasculaire et neurologique).

Par ailleurs, selon le magazine, un tiers des médicaments étudiés sont « passables » : leur efficacité n’est pas prouvée, mais ils sont généralement bien tolérés. C’est le cas du Spasfon-Lyoc. C’est un antispasmodique d’efficacité faible, selon la Haute Autorité de santé. Or, il peut entraîner des réactions allergiques, certes très rares, mais graves, comme l’œdème de Quincke ou une chute brutale de la tension artérielle.

Finalement, seulement 21% d’entre eux présentent un rapport bénéfice/risque favorable, comme le Gaviscon indiqué dans le traitement du reflux gastro-œsophagien. « Il présente un bon rapport efficacité/tolérance », précise l’étude.

Les antirhumes épinglés

Parmi les médicaments en libre service et dont la balance bénéfice/risque est défavorable, on retrouve une grande partie des antirhumes très connus, comme Actifed Rhume, Dolirhume ou Nurofen Rhume. Tous ces médicaments comportent une longue liste de contre-indications. Et pour cause : ils contiennent à chaque fois deux à trois composés actifs. Les effets secondaires sont nombreux : accidents cardio-vasculaires, neurologiques, psychiatriques, tachycardie…

En 2015, 60 Millions de consommateurs avait déjà mené une étude comparable sur les 61 médicaments sans ordonnance les plus vendus. Deux ans plus tard, le magazine observe que la liste noire des médicaments contre la toux s’allonge. L’explication ? Les auteurs pointent une décision du ministère de la Santé. En juillet 2017, Agnès Buzyn a décidé de rendre obligatoire une ordonnance pour tous les médicaments contenant de la codéine parce qu’ils sont de plus en plus utilisés comme une drogue par des adolescents et des jeunes adultes en France.

Conséquence : de nombreux sirops qui étaient bien notés ne sont plus en vente libre. « Les sirops encore disponibles (comme Humex Toux sèche ou Toplexil) sont à base d’oxomémazine, une substance qui présente trop d’effets indésirables potentiels (somnolence, vertiges, hallucinations, sécheresse des muqueuses…) », précise le magazine.

Des médicaments en libre-service de plus en plus chers

Autre enseignement de l’étude : les prix des médicaments en libre-service ont explosé. La raison ? 60 Millions de consommateurs explique qu’en 2017, les laboratoires ont consenti des baisses de prix des médicaments vendus sur ordonnances pour un montant de 500 millions d’euros. Résultat : pour compenser les marges perdues, les médicaments en libre-service voient leur prix augmenter.

Par exemple, si vous avez une gastro-entérite et que vous allez chez votre médecin, il y a des chances qu’il vous prescrive du Smecta et de l’Imodium. Si vous n’allez pas chez votre médecin et que vous allez en pharmacie, on vous vendra alors du Smectalia et de l’Imodiumcaps. La différence entre les deux ? A part le prix, rien, explique le magazine. Ce sont exactement les mêmes produits. Mais ceux vendus en libre-service sont jusqu’à 2,5 fois plus cher.

La liste des médicaments à bannir

Sur les 62 médicaments étudiés, 28 comportent un rapport bénéfice/risque défavorable.

Rhume. Actifed Rhume, Actifed Rhume Jour & Nuit, Dolirhume Paracétamol et Pseudoéphédrine, Nurofen Rhume, Rhinadvil Rhume ibuprofène/pseudoéphédrine, HumexLib paracétamol chlorphénamine.

Toux. Bronchokod sans sucre toux grasse adultes, Exomuc toux grasse orange, Fluimucil expectorant sans sucre orange, Humex toux sèche oxomémazine sans sucre, Mucomyst toux grasse orange, Toplexil sans sucre.

Mal de gorge. Angi-spray mal de gorge, Colludol, Drill, Drill miel rosat, Hexaspray, Humex mal de gorge lidocaïne-benzalkonium, Strefen sans sucre, Strepsils lidocaïne, Strepsils miel citron.

Etat grippal. Actifed états grippaux, Doli état grippal, Fervex état grippal.

Diarrhée. Ercéfuryl.

Constipation. Dulcolax, Pursennide.

Des précautions à prendre

60 Millions de consommateurs conseille d’éviter les médicaments qui contiennent plus d’un composé actif. « Plus il y a de substances actives, plus les risques et les contre-indications sont importants. Mieux vaut prendre un médicament spécifique au problème. Par exemple, du paracétamol en cas de fièvre ou de mal de tête », détaille le magazine.

Il est également recommandé de bien se renseigner sur les caractéristiques du médicament. Si les notices ne sont pas toujours lisibles, il est possible d’avoir un résumé précis, sur le site base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr, destiné normalement aux professionnels de santé. Enfin, l’alcool amplifie souvent les effets indésirables, donc il vaut mieux ne pas prendre de boissons alcoolisés avec les médicaments.

Publié dans:SANTE |on 14 novembre, 2017 |Pas de commentaires »

Et nous sommes les « payeurs »………………(07/11/2017)

Enquête

Scandales sanitaires : l’Etat sur le banc des accusés

Par Coralie Schaub et Aude Massiot — 6 novembre 2017 à 21:16
UNE HISTOIRE FRANCAISE DE L'AMIANTE, DUNKERQUE, FRANCE, OCTOBRE 2016:< />
<p>Jean -Pierre Ignace est un ancien des chantiers de France ou se construisaient sous marins, paquebots et autres navires sur le port de Dunkerque. Très fortement amianté, le millieu de la construction navale a laissé des traces importante sur la santé. Aujourd'hui, il porte de nombreuses plaques pleurales et a du se faire enlever un morceau de poumon.Zoom
UNE HISTOIRE FRANCAISE DE L’AMIANTE, DUNKERQUE, FRANCE, OCTOBRE 2016: Jean -Pierre Ignace est un ancien des chantiers de France ou se construisaient sous marins, paquebots et autres navires sur le port de Dunkerque. Très fortement amianté, le millieu de la construction navale a laissé des traces importante sur la santé. Aujourd’hui, il porte de nombreuses plaques pleurales et a du se faire enlever un morceau de poumon.

Malgré les dizaines de milliers de morts causées chaque année par l’amiante, la pollution de l’air ou les pesticides, les victimes payent l’inaction des pouvoirs publics et se heurtent trop souvent à une impasse judiciaire.

Quelle est la responsabilité de l’Etat quand éclate un scandale sanitaire ? Que faisait-il pendant que ses citoyens se faisaient empoisonner ? En matière de santé publique, les victimes de l’inaction étatique se comptent par dizaines de milliers chaque année en France. En cause, les pesticides, la pollution de l’air, mais aussi l’amiante, qui fait encore des ravages. L’Institut de veille sanitaire (INVS) évalue entre 61 000 et 118 000 le nombre de décès attribuables à l’amiante entre 1995 et 2009. Et selon le Haut Conseil de la santé publique, il faut encore s’attendre d’ici 2050 à plus de 100 000 cancers du poumon et de la plèvre liés à la fibre tueuse, sans compter ceux du larynx ou des ovaires. Après des années de combat judiciaire mené par les associations de victimes, le Conseil d’Etat a reconnu en 2004 la responsabilité de l’Etat pour «carence fautive». Alors que le caractère cancérigène des poussières d’amiante a été établi dès les années 50, les autorités n’ont entrepris, avant 1977, aucune recherche pour en évaluer les risques, ni pris de mesures pour en éliminer ou limiter les dangers. L’amiante n’a été interdit qu’en 1997. Les victimes, comme Josette Roudaire (lire page 6), ont pu être indemnisées via un fonds créé en 2002, mais n’ont jamais vu de responsables industriels ou politiques condamnés par la justice pénale.

«Complices»

«C’est pourtant une question vitale pour elles», explique Pierre Pézerat, auteur du documentaire les Sentinelles, en salles mercredi. Fils d’Henri Pézerat, un scientifique du CNRS qui a épaulé les ouvriers pour faire reconnaître les dangers mortels de cette fibre, le réalisateur y donne la parole aux travailleurs de l’amiante, mais aussi aux victimes des pesticides. «Ils en veulent d’abord aux industriels qui les ont empoisonnés à petit feu, puis aux médecins qui ont relayé les mensonges de l’industrie, et enfin aux pouvoirs publics qui se sont montrés complices», raconte-t-il.

Alors que l’Etat ne protège pas assez ses citoyens, que fait la justice ? Mi-septembre, la cour d’appel de Paris a confirmé l’annulation en 2014 de la mise en examen pour «homicides et blessures involontaires» de neuf décideurs impliqués dans le Comité permanent amiante, créé en 1982 pour étudier les dangers de la fibre, mais qui en a, de fait, retardé l’interdiction en prônant son «usage contrôlé». La cour s’est notamment appuyée sur une décision de la Cour de cassation, qui, en 2015, a rejeté le pourvoi contre l’annulation de la mise en examen de huit personnes dans le dossier de l’usine Ferodo-Valeo de Condé-sur-Noireau (Calvados). Parmi elles figurait la maire PS de Lille, Martine Aubry, mise en examen en 2012 pour son rôle entre 1984 et 1987 comme directrice des relations du travail.

Pour les victimes, les revers judiciaires s’accumulent. Fin octobre, le parquet de Paris a requis un non-lieu pour les responsables d’Eternit, l’ex-premier producteur français d’amiante-ciment. Ce réquisitoire, qui ouvre la voie à d’autres non-lieux, était attendu depuis l’annonce en juin de la volonté des juges et du parquet de clore les investigations dans une vingtaine de dossiers similaires. Faute, officiellement, de pouvoir dater une contamination à l’amiante. Un «scandale» pour l’avocat François Lafforgue, associé d’un cabinet qui défend les victimes(lire l’interview page 3).

Marie-Odile Bertella-Geffroy, ancienne vice-présidente, chargée de l’instruction, du pôle de santé publique du tribunal de grande instance de Paris, ne dit pas autre chose. Aujourd’hui avocate, la magistrate a été contrainte de quitter ses fonctions en 2013 et d’abandonner le dossier de l’amiante. «A partir du moment où les anciens responsables de la Direction des relations du travail ou de la Direction générale de la santé ont été mis en examen en 2011-2012, le parquet a été défavorable au pénal dans ce dossier», déplore-t-elle. Cela veut-il dire que la raison officielle des récentes réquisitions du parquet (la difficulté de dater la contamination) ne serait que le paravent d’une censure politique ? «Il est clair que les politiques ne voulaient pas d’un deuxième procès devant la Cour de justice de la République (CJR), après celui du sang contaminé…» dit la juriste. En 1999, l’ancien Premier ministre Laurent Fabius et les ex-ministres Georgina Dufoix et Edmond Hervé ont comparu pour homicide volontaire devant la CJR, qui a innocenté les deux premiers et condamné Edmond Hervé tout en le dispensant de peine. «La justice et l’Etat ont failli à plusieurs niveaux dans l’affaire de l’amiante, abonde l’avocat Christian Huglo. Il y a une véritable carence de l’Etat dans ce dossier, mais aussi dans ceux de la pollution de l’air et des pesticides.»

Plaintes sans suite

Car l’histoire se répète. Non seulement l’Etat n’agit pas assez pour protéger ses citoyens de la pollution et des pesticides, mais en plus le parquet classe souvent les plaintes sans suite, estimant que le lien de causalité avec les maladies ne peut pas être démontré de façon certaine. Comme pour l’amiante. Dans le cas de la pollution de l’air, responsable de 48 000 morts prématurées par an en France (selon l’agence Santé Publique France), la Commission européenne a engagé une action en justice contre plusieurs Etats, dont la France, pour violation permanente de la directive de 2008 sur la qualité de l’air, qui fixe des limites pour les polluants atmosphériques, notamment le dioxyde d’azote (NO2) et les particules fines (PM10). En juillet, le Conseil d’Etat, saisi par l’ONG Les amis de la Terre, a enjoint au gouvernement de prendre des mesures avant le 31 mars 2018. Les citoyens s’y mettent aussi. Il y a six mois, une Parisienne souffrant de problèmes respiratoires a attaqué l’Etat devant le tribunal administratif de Paris pour «carence fautive» en matière de lutte contre la pollution de l’air, une première en France. Pour Me Lafforgue, son avocat, l’Etat n’a pas instauré «une réglementation suffisamment contraignante». Une trentaine d’autres personnes s’apprêtent à déposer des recours similaires, à Paris, Lyon, Lille et dans la vallée de l’Arve.

Même histoire pour les pesticides. Tandis que leur utilisation a bondi de 20 % en sept ans malgré la multiplication des études démontrant leurs effets néfastes pour l’environnement et la santé, les pouvoirs publics tergiversent sur le sort de l’herbicide glyphosate (Libération du 25 octobre) et ont autorisé fin octobre deux nouveaux insecticides contenant des néonicotinoïdes. Des ONG viennent justement de déposer un recours devant le Conseil d’Etat demandant l’annulation de l’arrêté ministériel encadrant l’utilisation des pesticides. «Entre juillet 2016 et mai 2017, la France avait l’opportunité d’édicter de réelles mesures de protection en prenant un nouvel arrêté. Sous pression des lobbys, le gouvernement a manqué ce rendez-vous en publiant le 4 mai un arrêté sans ambition, et même en régression», déplore l’ONG Générations futures. En cause, notamment, l’absence de «zones non-traitées» près des lieux d’habitation, des espaces publics, ou de lieux fréquentés par les enfants. Ce genre de mesures éviterait pourtant que se reproduise l’affaire de Villeneuve-de-Blaye, en Gironde : en 2014, après un épandage de pesticides sur des vignes près d’une école, les élèves se sont trouvés pris de malaises… L’affaire s’est terminée par un non-lieu, début septembre.

En matière de pesticides, porter plainte relève d’un parcours du combattant, même au civil. Et la seule plainte au pénal déposée a été classée sans suite. La création d’un fonds d’indemnisation des exploitants agricoles victimes de pesticides est tout de même à l’étude par le gouvernement, après qu’un projet de loi dans ce sens a été rejeté en 2016. «Tarder à agir pour interdire les pesticides serait une faute, estime Christian Huglo. L’Etat est tenu d’appliquer le principe de précaution inscrit dans la Constitution française.» Yann Aguila, conseiller d’Etat, spécialiste en droit public et de l’environnement, partage cet avis : «L’Etat a le devoir légal d’agir quand il y a une suspicion de danger pour l’homme ou l’environnement en attendant qu’un éventuel doute scientifique soit levé. C’est valable dans le cas des pesticides, de l’amiante, de la pollution de l’air, mais aussi du climat.» Alors que le dérèglement climatique s’emballe, l’association Notre affaire à tous a adressé, vendredi, cinq requêtes à Emmanuel Macron, pour «transformer profondément le cadre juridique français, aujourd’hui inadapté à la donne climatique». Si l’organisation n’était pas entendue dans les trois mois, elle entamera une action en justice contre l’Etat, pour manque d’action. Ce premier «recours climat» français s’inspirerait de recours similaires dans plusieurs pays, dont les Pays-Bas, où la fondation Urgenda a fait établir en 2015 la faute de l’Etat néerlandais dans son manque d’ambition pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Coralie Schaub , Aude Massiot

Liberation.fr
Publié dans:SANTE |on 7 novembre, 2017 |Pas de commentaires »

Budget « santé »…………………………..(02/11/2017)

#Santé L’Assemblée adopte le projet de budget 2018 de la Sécu, par 354 voix contre 192

Publié le 31/10/17 à 18:29L’Assemblée nationale a largement adopté ce mardi en première lecture le projet de budget 2018 de la Sécu, premier du quinquennat d’Emmanuel Macron, par 354 voix contre 192 et 13 abstentions.

Les députés LREM et MoDem ont voté pour, les autres groupes politiques majoritairement contre, concentrant leurs critiques sur la hausse de Contribution sociale généralisée (CSG) prévue.

Au prix d’économies dans le domaine de la santé, le déficit de la Sécu doit être réduit à 2,2 milliards d’euros l’année prochaine, niveau inédit depuis 17 ans.

Pour le groupe majoritaire LREM, Thomas Mesnier a vanté un budget « ambitieux, responsable et solidaire », traduisant « une volonté profonde de transformation du pays ».

Les alliés MoDem ont soutenu un texte « fondateur » permettant de « renforcer notre cohésion nationale ». Mais, par la voix de Nathalie Elimas, ils ont indiqué qu’ils seraient « vigilants » quant aux retraités modestes impactés par la hausse de CSG.

Les députés LR se sont prononcés contre, Jean-Pierre Door jugeant les « efforts budgétaires limités », « les réformes structurelles toujours aussi maigres », et estimant que « les perdants seront nombreux avec l’attaque des familles et des retraités ». Idem pour Les Constructifs (UDI et ex-LR) « pas totalement convaincus ».

Comme pour le volet recettes du budget de l’Etat, toute la gauche s’est opposée au PLFSS, les socialistes le considérant « injuste et déséquilibré », les Insoumis dénonçant « une entreprise de destruction méthodique au profit des intérêts privés » et les communistes « une nouvelle loi d’affaiblissement de la Sécurité sociale ».

(Avec AFP)

L’OBS

Publié dans:SANTE |on 2 novembre, 2017 |Pas de commentaires »
12345...20

Vu de Corbeil-Essonnes |
ARCHITECTURE D'UN CONGO NOU... |
DEBOUT SAINT ETIENNE |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | PS : UN NOUVEAU SOUFFLE POU...
| Comité de soutien de Quetig...
| Ségolène Royal présidente