Archive pour la catégorie 'SANTE'

La lettre de Laurent Joffrin…………………(23/09/2019)

Libération 23 septembre 2019
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

PMA : l’Académie des vieilles barbes

L’Académie de médecine exprime «ses réserves» devant l’extension de la PMA à toutes les femmes ; elle s’inquiète d’une «rupture anthropologique majeure» et invoque les risques courus par les «enfants sans père». Pavé dans la mare ; aussitôt les opposants à la PMA pour toutes s’emparent de cet avis officiel pour sonner le tocsin.

Rien d’étonnant : l’Académie en question, dont la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, dit qu’elle défend une position «datée», reprend assez platement les deux arguments massue brandis depuis des lustres par les opposants au mariage pour tous et à l’extension de la PMA. Comme on ne saurait se contenter de dire que l’Académie n’est qu’un aréopage de vieilles barbes, et même si son porte-parole, Jean-François Mattei, professeur de médecine et ancien ministre du gouvernement Raffarin, est tout sauf un observateur neutre (il a pondu un ouvrage angoissé sur ces questions, éloquemment titré l’Enfant oublié ou les folies génétiques), il faut aussi répondre sur le fond.

L’argument «anthropologique» use d’un mot savant – et flou – pour stigmatiser une rupture fondamentale dans l’évolution des sociétés humaines. Aussitôt, on pense à un basculement civilisationnel dramatique qui verrait des apprentis sorciers violer les lois sacrées de la nature au détriment de millions d’enfants. L’ennui, c’est que les vrais anthropologues ne semblent guère souscrire à cette version de l’anthropologie. Ainsi Françoise Héritier, l’une des plus célèbres spécialistes de la discipline, récemment disparue, soutenait-elle hautement la PMA et le mariage pour tous. Extrait d’une de ses nombreuses interventions : «Rien de ce que nous faisons ou pensons, systèmes de vie, d’attitude et de comportement, n’est issu directement de lois naturelles. Tout passe par un filtre mental, cérébral et idéel, produit d’une réflexion collective qui prend forme à un moment de notre histoire, évolue et peut encore évoluer. […] Rien de ce qui nous paraît naturel n’est naturel.» Les anti-PMA appellent la science au secours : la science les désavoue.

L’Académie s’inquiète ensuite de la multiplication des «enfants sans père». Nouveau désaveu : la plupart des études universitaires menées sur la question démentent cette horrifique angoisse. On trouvera sur Cairn.info, site universitaire pour le moins sérieux, une «étude des études» sur les «enfants PMA» dont la conclusion est sans appel : «Au total, en accord avec les études existantes, les enfants qui sont nés par des méthodes de procréation médicalement assistée ne présentent pas de problèmes particuliers dans leur développement mental ou émotionnel.» Clair et net.

De là à penser que les scrupules «anthropologiques» des burgraves de l’Académie de médecine ne sont que l’habillage savant de préjugés racornis, il n’y a qu’un pas.

LAURENT JOFFRIN
 
Publié dans:SANTE |on 23 septembre, 2019 |Pas de commentaires »

Urgences…………………………….(11/09/2019)

 

Urgences..................................(11/09/2019) dans SANTE banner-9900000000079e3c
ScreenShot2019-09-10at20.39.19-38c00e292a63844c dans SANTE

Plus de 750 millions d’euros redéployés et voilà que la grève des urgences repart de plus belle. Au lendemain de la présentation du plan de “refondation” des urgences hospitalières par Agnès Buzyn, le collectif Inter-Urgences a voté la poursuite du mouvement avant une manifestation ce mercredi 11 septembre à l’appel des syndicats.

 

Publié dans:SANTE |on 11 septembre, 2019 |Pas de commentaires »

Urgences, est-ce possible ? (09/09/2019)

Logo Francetv info 17H32
ALERTE INFO
Grève aux urgences : Agnès Buzyn promet 750 millions d’euros pour répondre à la crise. Regardez les annonces de la ministre de la Santé
Cliquez ici pour plus d’informations
Publié dans:SANTE |on 9 septembre, 2019 |Pas de commentaires »

Quelle efficacité…………………………(09/09/2019)

 

Alerte info : Grève aux urgences : comment Agnès Buzyn tente une nouvelle fois de sortir de la crise

Quelle efficacité..............................(09/09/2019) dans SANTE profile_mask_2x

franceinfo <alerte@nl.francetvinfo.fr>

11:40 (il y a 1 heure)

cleardot dans SANTE
cleardot
À moi
cleardot
Publié dans:SANTE |on 9 septembre, 2019 |Pas de commentaires »

C’est rassurant………………………….(03/09/2019)

Logo Francetv info 13H32
ALERTE INFO
Des polluants « du quotidien » sont présents dans l’organisme de tous les Français, surtout des enfants, révèle une étude de l’agence Santé publique France
Cliquez ici pour plus d’informations
Publié dans:SANTE |on 3 septembre, 2019 |Pas de commentaires »

Pour en arriver là !! (08/07/2019)

Logo Francetv info 10H39
ALERTE INFO
INFO FRANCE INFO. Affaire Vincent Lambert : les parents ne déposeront plus aucun recours pour le maintien en vie de leur fils
Cliquez ici pour plus d’informations
Publié dans:SANTE |on 8 juillet, 2019 |Pas de commentaires »

La lettre de Laurent Joffrin………………………(04/07/2019)

Libération 04 juillet 2019
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

Bertrand, Collomb, Wauquiez : homéopathie et rationalité

Trois éminents leaders politiques, Xavier Bertrand, Laurent Wauquiez et Gérard Collomb, se sont lancés dans une croisade en faveur de l’homéopathie, dont le gouvernement prévoit – enfin – le déremboursement par la Sécurité sociale. Devant cette triple levée de boucliers, on dit que le gouvernement hésite, pesant le «coût politique» d’une mesure préconisée par la plupart des autorités de santé dans le monde et approuvée par l’immense majorité des scientifiques qui se sont penchés sur la question.

L’homéopathie, pratique tout à fait inoffensive, n’a jamais démontré qu’elle pouvait produire autre chose qu’un «effet placebo». Dès lors que cette réalité est établie, on ne voit pas pourquoi la France devrait rester l’un des derniers pays à la prendre en charge collectivement. La mobilisation de ces excellences est en tout cas étrange sur le fond : elle consiste à faire passer le «ressenti» subjectif des patients avant les conclusions dûment produites par la science et la médecine, c’est-à-dire le préjugé avant la raison. Rappelons que l’homéopathie repose sur le principe des dilutions successives. On prend une goutte de «principe actif» qu’on mélange à 99 gouttes de solvant (de l’eau alcoolisée, par exemple) et on répète l’opération (une goutte de la nouvelle décoction de nouveau mélangée à 99 gouttes de solvant), souvent plus d’une dizaine de fois. La loi des progressions arithmétiques fait que le produit final contient une dose infinitésimale de produit (en fait équivalente à zéro). Pour prendre une image, c’est comme si on jetait un morceau de sucre dans le lac de Genève et qu’on déclarait ensuite que ce lac est composé d’eau sucrée. Rien de grave, mais rien de vraiment sérieux, dixit la science.

On pourrait suggérer aux trois chevaliers blancs de l’homéopathie de demander aussi le remboursement d’autres pratiques médicales «alternatives». Xavier Bertrand pourrait exiger que la Sécu prenne en charge certains remèdes anciens, comme la mandragore, la bave de crapaud, l’écume d’argent ou la poudre de scorpions écrasés, très en vogue au Moyen Age. Gérard Collomb pourrait prendre la défense de la «méthode Coué» qui eut son heure de gloire au début du XXe siècle, et reste très utilisée en politique, ou encore de la jouvence de l’abbé Souris, dont les publicités ornaient les journaux de nos grands-parents et qui peut expliquer sa frappante longévité en politique. Quant à Laurent Wauquiez, il pourrait être défrayé des pilules de «bullshit» qu’il a avalées à haute dose pendant son magistère à la tête de LR.

Pour être juste, ces trois édiles s’inquiètent pour l’emploi dans leur région. Le laboratoire Boiron, qui détient un quasi-monopole sur la vente de pilules homéopathiques et en fait lourd argent, a en effet menacé de détruire quelques milliers d’emplois si la mesure prévue par Agnès Buzyn était promulguée. Ce chantage à l’emploi impressionne les trois personnages, ce qui peut se comprendre. Pourtant le groupe Boiron est richissime et ses propriétaires détiennent une des plus grandes fortunes françaises. Il pourrait, moyennant quelques efforts, organiser une reconversion ou un redéploiement de ses activités, qu’il exerce à l’échelle mondiale. La rationalité minimale devrait orienter la recherche de solutions dans cette direction. Mais la rationalité, aux temps de la défiance générale et de la délégitimation de la science et de l’expertise, n’est plus consommée aujourd’hui… qu’à dose homéopathique.

LAURENT JOFFRIN
Publié dans:SANTE |on 4 juillet, 2019 |Pas de commentaires »

Carnage médical…………………..(29/06/2018)

Les témoignages se suivent et se ressemblent : touchers vaginaux douloureux et abrupts, remarques sexistes et désobligeantes sur le physique, refus de prescrire la contraception demandée, culpabilisation lors d’une IVG… Le 19 novembre 2014, le hashtag #PayeTonUtérus fait son apparition sur Twitter. Plus de 7 000 témoignages sont publiés en moins de 24 heures. Un mouvement est né, libérant la parole autour des violences gynécologiques et obstétricales en France. Le phénomène prend de l’ampleur en 2015, avec la révélation de touchers vaginaux pratiqués sur des patientes endormies.

Trois ans plus tard, le Haut Conseil à l’égalité (HCE) entre les femmes et les hommes fait le bilan, dans un rapport intitulé « Les actes sexistes durant le suivi gynécologique et obstétrical – Des remarques aux violences, la nécessité de reconnaître, prévenir et condamner le sexisme ». Rendu public vendredi 29 juin, il avait été commandé par la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa en juillet 2017 afin de « mesurer et objectiver le phénomène » et de « mettre en exergue les différents leviers à mobiliser ». Voici ce qu’il faut retenir du constat fait par le HCE et de ses 26 recommandations, après neuf mois d’auditions et d’enquête.

Le phénomène existe mais n’a jamais vraiment été étudié

Le constat. Le HCE est formel : l’ampleur des témoignages « atteste du fait qu’il ne s’agit pas de faits isolés et appelle une prise de conscience et une action publique ambitieuse pour les combattre ». Si « les actes sexistes lors du suivi gynécologique et obstétrical comptent aujourd’hui parmi les comportements dénoncés par les femmes », ils n’ont en revanche encore jamais fait l’objet d’une véritable étude.

Les seules données disponibles sont quantitatives et émanent d’enquêtes nationales menées auprès de maternités concernant les actes pratiqués (césariennes, épisiotomies…). On sait ainsi qu’une femme sur deux sur laquelle une épisiotomie a été réalisée déplore un manque ou l’absence totale d’explications sur le motif de cette intervention. Ces taux d’épisiotomie sont d’ailleurs très variables d’une maternité à l’autre, allant de 0,3% à 45%, selon la cartographie réalisée par Le Monde. En outre, 6% des femmes se déclarent « pas du tout » ou « plutôt pas » satisfaites du suivi de leur grossesse ou de leur accouchement, soit 50 000 femmes en 2016.

Pour le reste, le HCE a dû s’appuyer majoritairement sur les témoignages relayés sur les réseaux sociaux par des lanceuses d’alerte et sur les enquêtes journalistiques (dont Le Livre noir de la gynécologie de Mélanie Dechalotte, éd. First, 2017) afin d’établir un diagnostic. Plusieurs raisons à cela : le phénomène est encore méconnu et mal appréhendé par les victimes elles-mêmes. Les études traitant des violences faites aux femmes se concentrent davantage sur la sphère privée et les associations spécialisées se sont peu concentrées sur la spécificité des actes sexistes subis dans le cadre du suivi gynécologique et obstétrical. Enfin, les données recensées par la police, la gendarmerie ou la justice ne reposent que sur les crimes et délits reconnus comme tels et n’isolent ni le contexte de l’infraction ni la profession exercée par l’auteur(e) des faits.

La recommandation. Parmi ses préconisations, le Haut Conseil recommande donc avant tout de mener cette première enquête de santé publique, quantitative et qualitative, pour évaluer le vécu des femmes, que ce soit pour un accouchement, une interruption volontaire ou médicale de grossesse ou encore un suivi gynécologique.

Les femmes peuvent être victimes de six types d’actes sexistes

Le constat. Le HCE a répertorié six types d’actes sexistes. Cela va de la non prise en compte de la gêne de la patiente, liée au caractère intime de la consultation, à des propos porteurs de jugements sur la sexualité, la tenue, le poids, la volonté ou non d’avoir un enfant, en passant par des injures sexistes. Le rapport pointe aussi les actes (intervention médicale, prescription, etc.) exercés sans recueillir le consentement ou sans respecter le choix ou la parole de la patiente, les actes ou refus d’actes non justifiés médicalement et les violences sexuelles (harcèlement sexuel, agression sexuelle et viol).

En 2016, 3,4% des plaintes déposées auprès des instances disciplinaires de l’Ordre des médecins concernaient des agressions sexuelles et des viols commis par des médecins. Reste que « les actes sexistes dans le suivi gynécologique et obstétrical sont encore largement impunis », observe le HCE.

Les recommandations. Pour y remédier, le HCE estime que les femmes doivent d’abord être informées de leurs droits. Il recommande également de renforcer l’implication des ordres professionnels, en formant les membres des chambres disciplinaires aux violences sexistes et sexuelles. Objectif : systématiser la transmission à la justice des plaintes relatives à des pratiques sanctionnées par la loi. Il lui apparaît aussi nécessaire de renforcer la formation des forces de l’ordre et des magistrats sur ces violences.

La profession est majoritairement masculine et la formation, trop centrée sur la technique

Le constat. Selon le HCE, plusieurs facteurs favorisent les actes sexistes durant le suivi gynécologique et obstétrical. A commencer par la surreprésentation des hommes dans ces spécialités médicales. Ils représentent 90% des membres du Conseil national de l’Ordre des médecins et 74% des membres du bureau du Collège national des gynécologues et obstétriciens français.

Deuxième facteur, le nombre de consultations, plus élevé que pour d’autres suivis médicaux. Une femme va avoir en moyenne 50 consultations gynécologiques et obstétricales au cours de sa vie (frottis réguliers, renouvellement de contraception, interruptions volontaires de grossesse, consultations pré et post-accouchements…).

Dernier constat : le caractère particulièrement intime de ces consultations n’est pas suffisamment pris en charge dans la formation initiale et continue des médecins. Celle-ci reste centrée sur la technique, « au détriment de la relation humaine et du respect du consentement », écrit le Haut Conseil à l’égalité. Et ce, malgré l’obligation légale d’une formation sur les violences sexistes et sexuelles, prévue par la loi du 4 août 2014.

Les recommandations. Pour le HCE, il est essentiel de renforcer la prévention et la lutte contre le sexisme pendant les études de médecine. L’accent doit aussi être mis, dans la formation initiale et continue, sur la « bientraitance », le « respect du consentement » et le « dépistage des violences sexistes et sexuelles ». Il est aussi impératif d’écrire noir sur blanc, dans le Code de déontologie médicale, l’interdit des actes sexistes. Il est temps, enfin, de faire appliquer les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé et de la Haute Autorité de santé, qu’il s’agisse de la position de la femme au moment de l’accouchement, de la liberté de choix quant au moyen de contraception ou de la fréquence des épisiotomies et césariennes.

Publié dans:SANTE |on 29 juin, 2018 |Pas de commentaires »

Autisme……………….(06/04/2018)

Handicap

Autisme : cinq fronts contre un scandale français

Par Eric Favereau — 5 avril 2018 à 20:36
Pendant plus de vingt ans, de 1994 à 2016, le photographe français Olivier Coulange (de l’agence Vu) a suivi le quotidien d’Antonin, enfant autiste, et de sa famille. Année après année, il a partagé l’intimité d’Antonin, âgé de 8 ans au début de ce travail photographique et de 32 ans en 2016.
Pendant plus de vingt ans, de 1994 à 2016, le photographe français Olivier Coulange (de l’agence Vu) a suivi le quotidien d’Antonin, enfant autiste, et de sa famille. Année après année, il a partagé l’intimité d’Antonin, âgé de 8 ans au début de ce travail photographique et de 32 ans en 2016. Photo Olivier Coulange. Vu

Le plan pour une meilleure prise en charge globale, présenté ce vendredi, est articulé autour de cinq ambitions : la recherche, la détection et l’intervention précoces, la scolarisation, l’accompagnement des adultes handicapés et le soutien aux familles.

  • Autisme : cinq fronts contre un scandale français

Plus de 340 millions d’euros et «cinq ambitions». Ce vendredi par la voix du Premier ministre et jeudi par celle du président de la République lors d’une visite sur le terrain à Rouen, la «stratégie pour l’autisme au sein des troubles neuro-développementaux» a été dévoilée.

Il est peu de dire qu’elle était très attendue. Lors de sa campagne présidentielle, Emmanuel Macron en avait fait l’une de ses priorités, d’autant que la situation française (comme le répètent les rapports de l’Igas ou de la Cour des comptes) est au minimum chaotique, mais surtout inégalitaire et incohérente. «En matière de politique de l’autisme, la France n’est pas au niveau, a carrément reconnu à l’Assemblée nationale la secrétaire d’Etat chargée du handicap, Sophie Cluzel. Les familles concernées sont exposées à un parcours du combattant indigne de notre République et la France se trouve loin derrière de nombreux pays de l’OCDE en matière de recherche.» «Les progrès réalisés dans la prise en charge des enfants, mais surtout des adultes, sont insuffisants», soulignait encore la Cour des comptes dans son rapport de janvier 2018. En juillet, un tribunal administratif avait même condamné l’Etat français pour «des carences» dans la prise en charge d’enfants autistes.

Après trois plans successifs depuis 2005, Emmanuel Macron a donc lancé en juillet la concertation sur de nouvelles mesures. «On attend que ce quatrième plan prenne le taureau par les cornes, mais on n’est pas sûrs que la volonté politique existe», s’inquiétait d’avance Danièle Langloys, présidente d’Autisme France. Sera-t-elle rassurée ? «Ce plan a de la gueule», nous dit Claire Compagnon, militante des droits des malades et inspectrice générale des affaires sociales- qui a présidé, il est vrai, la concertation pour l’élaboration du plan. «L’idée maîtresse est l’inclusion. Tout est fait pour que l’on passe d’une logique de relégation des autistes dans les établissements à une logique d’inclusion dans la cité. Avec la volonté d’intervenir précocement, le plus tôt possible, en mettant de la science le plus possible et non plus de l’idéologie ou des postures.»

A lire aussi Victimes de querelles de chapelles et d’incurie

Un objectif que nul ne conteste. Mais dans ce dossier, l’important est la cohérence des pouvoirs publics, dans la durée. Exemple de l’hypocrisie des autorités sanitaires : depuis des années, elles ont mis en avant le souhait d’un dépistage le plus précoce, mais dans les faits, que voit-on ? Le délai d’attente moyen que subissent les familles pour accéder à un diagnostic dans un centre ressources autisme est de 446 jours. Une durée insupportable, qui les laisse dans un désarroi profond.

Ce plan se veut de rupture, tant par les moyens que dans les objectifs fixés. Conforté par la nomination prochaine d’un délégué interministériel auprès de la secrétaire d’Etat chargée du handicap, il s’articule autour de cinq ambitions.

Le repérage précoce

La première est de booster la recherche sur ces maladies, tous les acteurs notant un manque de structuration et de coordination. A cet effet, un groupement d’intérêt scientifique sera créé, avec trois centres d’excellence. Le gouvernement n’a pas choisi de créer une grosse structure qui aurait chapeauté toute la prise en charge (comme pour le cancer), mais une organisation sur la seule recherche. «Il faut remettre la science au cœur, et balayer les fake news en tout genre. En matière de prise en charge, c’est la science qui doit prévaloir», préconise la secrétaire d’Etat, Sophie Cluzel.

Deuxième objectif, présenté comme la pierre angulaire du plan : l’intervention précoce, qui est l’une des grandes faiblesses de la prise en charge, les bilans des enfants étant effectués en moyenne entre 6 et 16 ans. «Plus on intervient tôt, plus on peut corriger les parcours, rappelle Claire Compagnon. Aujourd’hui, cela dysfonctionne à toutes les étapes. Il faut reprendre en main toute la chaîne.» Pour cela, le plan prévoit un effort massif sur la formation des professionnels de la petite enfance, qui vont se retrouver en première ligne (médecins, pédiatres, PMI), avec des examens diagnostics renforcés. Si ce premier niveau révèle un problème chez l’enfant, des plateformes de coordination (au moins une par département) vont être créées, avec la mission de rassembler les dossiers, puis de proposer un parcours en ville. «Tous les examens seront remboursés», insiste le plan.

A lire aussi «Il ne faudrait pas que l’Etat oublie les cas les plus sévères»

Troisième volet, essentiel : la scolarisation. Les objectifs sont élevés. A partir d’un dépistage précoce qui permettra une intervention rapide, tous les enfants devront pouvoir aller dans des maternelles «normales», dès l’âge de 3 ans. Ensuite ? De nouvelles équipes médico-sociales pour le primaire seront créées ou renforcées. Le nombre d’instituts médico-éducatifs (IME) doit passer de 700 à 2 100. «C’est tout le dispositif qui va être renforcé, avec l’objectif de l’inclusion scolaire au maximum», assure Sophie Cluzel. Au collège et au lycée, l’idée sera de consolider l’assistance scolaire personnalisée (ASP) par des contrats plus longs et plus solides.

Des solutions de logement pour les adultes

Quid des adultes ? C’est le quatrième objectif, et peut-être le plus difficile. Qui sont-ils ? Où sont-ils ? Il n’existe aucun chiffre, aucune donnée. Un certain nombre d’entre eux reste des années, sans raison valable, dans des lits d’hôpitaux psychiatriques. D’autres, seuls dans des lieux insalubres. D’autres encore échouent dans des pays voisins. Seuls 11 % disposeraient d’un logement personnel. La stratégie du plan consiste, par le biais des agences régionales de santé, à procéder dans un premier temps à un repérage, puis à multiplier des solutions de logement : «10 000 logements accompagnés avec des colocations sociales seront ainsi prévus». Et surtout, est-il écrit dans le plan, il s’agit de «ne pas enfermer».

Enfin, le plan préconise de s’appuyer sur les familles, leur expérience, leur savoir. «Il faut reconnaître leur expertise, et les associer dans la gouvernance». Mais aussi les «soutenir» : une «plateforme de répit» doit être créée dans chaque département, pour leur permettre de faire des pauses mais aussi d’échanger leurs expériences. «Les autistes doivent avoir la vie la plus normale possible», a rappelé Emmanuel Macron à l’issue de sa visite, hier à Rouen. Les annonces sont là, les objectifs aussi, l’argent également. Mais ce n’est que dans cinq ans que l’on saura si ce plan marque vraiment une rupture.

Eric Favereau

Liberation.fr
Publié dans:SANTE |on 6 avril, 2018 |Pas de commentaires »

Urgences…………………………(21/03/2018)

Alerte info
TRIBUNE. « L’hôpital entier est malade » : le cri d’alarme des médecins urgentistes face à l’engorgement de leurs services
Cliquez ici pour plus d’informations
Publié dans:SANTE |on 21 mars, 2018 |Pas de commentaires »
12345...22

Vu de Corbeil-Essonnes |
ARCHITECTURE D'UN CONGO NOU... |
DEBOUT SAINT ETIENNE |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | PS : UN NOUVEAU SOUFFLE POU...
| Comité de soutien de Quetig...
| Ségolène Royal présidente