Archive pour la catégorie 'SOCIAL'

L’édito de Franck Bouaziz…………………(14/04/2017)

Billet

Face aux plans sociaux, l’indifférence grandissante des candidats

Par Franck Bouaziz — 13 avril 2017 à 20:26
  • Face aux plans sociaux, l’indifférence grandissante des candidats

ÉditoLa visite du candidat en campagne dans les entreprises en difficulté ne fait plus recette. Le distributeur de prêt-à-porter Mim a ainsi été partiellement liquidé par le tribunal de commerce de Bobigny dans la plus parfaite indifférence alors que près de 800 emplois vont être supprimés. Les 300 salariés du fabricant d’électroménager Whirlpool à Amiens, promis à la délocalisation en Pologne, ne sont pas plus prévus dans le road tour des prétendants à l’Elysée. Seule exception notable, Ecopla, en Isère : ce producteur de barquettes en aluminium, repris par un industriel italien alors qu’il existait une proposition de reprise par les salariés. Le site a reçu la visite d’Emmanuel Macron et de Benoît Hamon.

Serait-ce l’ambiance brasero et l’odeur de merguez à l’entrée des ateliers qui feraient fuir les candidats version 2017 ? Il est plus probable que leur absence s’explique par le syndrome Florange 2012. Cette année-là, le candidat François Hollande avait fait le déplacement jusqu’aux hauts fourneaux de Moselle. Il avait alors promis une loi contraignant les grandes firmes désireuses de fermer une unité de production de la céder à un repreneur. Un an plus tard, le site, propriété du sidérurgiste Arcelor, fermait définitivement ses portes.

Depuis, les candidats, toutes tendances confondues, ont effectué un calcul aussi cynique que politique : ils ont plus à perdre qu’à gagner à être présents sur ces champs de bataille économique. Leur capacité d’action y est inexistante. Ce n’est là, finalement, que le constat de l’impuissance du politique face à une décision économique. Qu’importe si quelques années plus tôt c’est la puissance publique qui avait privatisé Arcelor avant d’en autoriser la vente à son concurrent indien Mittal. Et même lorsque l’Etat est actionnaire, sa capacité d’action est tout aussi limitée. En 1997, déjà, Lionel Jospin, Premier ministre, futur candidat à la présidentielle et confronté à la fermeture de l’usine Renault de Vilvorde, en Belgique, avait eu ces mots : «Je ne peux apporter une réponse à une question industrielle.»

Franck Bouaziz

Liberation.fr
Publié dans:Politique, SOCIAL |on 14 avril, 2017 |Pas de commentaires »

Encore des frondeurs !! (27/03/2017)

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  17h56
Alerte info
L’article à lire pour comprendre la situation en Guyane, où se déroule « la plus grosse manifestation jamais organisée » dans la régionBarrages routiers, vols annulés, rassemblements… La Guyane connaît, mardi 28 mars, une « journée morte », à l’appel du collectif « Pou La Gwiyann dékolé » (« Pour que la Guyane décolle »). Les manifestations ont rassemblé entre 8 000 et 10 000 personnes à Cayenne, et 3 500 à 4 000 personnes à Saint-Laurent-du-Maroni, à la mi-journée. La préfecture de Guyane évoque « la plus grosse manifestation jamais organisée » sur ce territoire. Plusieurs organisations syndicales mènent depuis une semaine des actions pour dénoncer la dégradation de la situation générale depuis quelques mois, notamment à cause de la montée de l’insécurité. A moins d’un mois du premier tour de la présidentielle, la situation sociale de cette région française d’Amérique du Sud se retrouve au centre des débats entre les candidats. Franceinfo fait le point.
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Publié dans:SOCIAL |on 28 mars, 2017 |Pas de commentaires »

Migrants………………………………..(10/02/2017)

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  09h17
Alerte info
Aide aux migrants : l’agriculteur Cédric Herrou condamné à 3 000 euros d’amende avec sursisIl comparaissait pour avoir aidé les migrants qui transitent clandestinement dans la vallée de la Roya (Alpes-Maritimes), près de Vintimille en Italie. L’agriculteur Cédric Herrou a été condamné à 3 000 euros d’amende avec sursis, par le tribunal correctionnel de Nice, vendredi 10 février. Le parquet lui reprochait une stratégie militante et un détournement de la loi de décembre 2012 accordant l’immunité pénale à ceux qui apportent une aide humanitaire et désintéressée aux migrants.
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Publié dans:SOCIAL |on 10 février, 2017 |Pas de commentaires »

L’édito de Pap Ndiaye………………………………………..(06/10/2016)

LIBÉ DES HISTORIENS

L’histoire, matériel de récup politique

«Sacre de Louis XV (1710-1774) dans la cathedrale de Reims le 25/10/1722». Peinture de Jean-Baptiste Martin (1659-1735), 1735.
«Sacre de Louis XV (1710-1774) dans la cathedrale de Reims le 25/10/1722». Peinture de Jean-Baptiste Martin (1659-1735), 1735. Josse Leemage

Les candidats à la primaire de la droite Nicolas Sarkozy et François Fillon truffent leurs discours de références qui ne laissent pas de place au débat et ne servent qu’à exalter le sentiment patriotique.

  • L’histoire, matériel de récup politique, par Pap Ndiaye

ÉDITOLa vision de l’histoire de France qu’esquissent Nicolas Sarkozy et François Fillon à longueur de discours ne doit pas être prise à la légère, comme s’il ne s’agissait que de propos de campagne sans conséquence, ce fameux «gros rouge qui tache» dont l’ancien président est familier et qu’il sert tous les jours avec générosité. La place importante tenue par l’histoire dans leurs propos mérite d’être prise au sérieux et analysée. Voilà des hommes qui prétendent aux plus hautes fonctions, et dont on attend qu’ils développent leur manière de se représenter l’histoire, leur manière de donner un sens à leur candidature. Le général de Gaulle et François Mitterrand ne faisaient pas autre chose, eux qui inscrivaient leurs mandats dans l’histoire longue du redressement national ou de la construction européenne.

A LIREle «Libé» des historiens du jeudi 6 octobre 2016

Depuis la IIIe République, l’histoire est une discipline valorisée par le pouvoir politique, qui y trouve une inspiration et une légitimité. Nombreux sont les politiques à écrire – faire écrire le plus souvent – un livre d’histoire valorisant, par exemple une biographie qui invite en toute modestie à comparer l’auteur et le sujet.

Les discours des chefs de la droite «décomplexée», truffés de références historiques, ont ceci d’original qu’ils portent sur le contenu et la méthode. Ce sont des discours autoritaires dans la forme et dans le fond, qui ont moins pour objet de proposer leur vision de l’histoire que d’imposer la bonne manière, la seule manière, de faire et d’enseigner l’histoire. Le contenu, c’est une histoire nationaliste, édifiante, visant à mettre en valeur les grandes figures et les héros, une histoire qui doit tourner le dos à la repentance, à l’autoflagellation, aux approches critiques ou simplement nuancées. Il s’agit pour eux, une bonne fois pour toutes, de tirer un trait sur les demandes particulières, par exemple celles issues des mémoires blessées, pour imposer une histoire patriotique dont nous devons êtres fiers : c’est le fameux «récit national», auquel Nicolas Sarkozy avait tenté de donner forme institutionnelle en 2009 avec sa Maison de l’histoire de France, lancée en même temps que les débats sur l’identité nationale.

La méthode, c’est une histoire qui ne soit pas «source d’interrogations», une histoire sans problème, un récit national qui ne soit pas trop embarrassé de porosités et d’échanges avec le reste du monde, aux antipodes de l’histoire-monde, de l’histoire transnationale, bref de tout ce qui anime la recherche historique contemporaine. De préférence aux débats sur les sources, les interprétations, les représentations de l’histoire, que les historiens ont tant de plaisir à partager avec le public des Rendez-Vous de l’histoire de Blois, il faut une histoire au service d’un projet politique, de préférence emplie d’émotion.

En général, les politiques n’ont cure des travaux de recherches en sciences humaines et sociales, et très rares sont aujourd’hui celles et ceux qui ont une culture historique. Ces travaux peuvent même être suspects : on se souvient des propos stupéfiants de Manuel Valls, selon lequel «expliquer, c’est déjà vouloir un peu excuser». Du côté de la droite dure et de l’extrême droite, on partage certainement le point de vue du Premier ministre, mais on y ajoute une batterie d’essayistes bien connus pour leurs ouvrages où une histoire nationale édifiante occupe une place centrale, avec un appel à revenir à l’histoire telle qu’elle était supposément enseignée jadis. La vie politique française tourne ainsi comme un yo-yo fou, entre un passé mythifié et un présent obscur.

Pap Ndiaye historien, spécialiste de l’Amérique du Nord (Sciences-Po Paris)

Liberation.fr
Publié dans:SOCIAL |on 6 octobre, 2016 |Pas de commentaires »

Flash « france info »……………………………..(05/10/2016)

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ALERTE INFO
Imposer du bénévolat en échange du RSA est illégal, juge le tribunal administratif de StrasbourgLe tribunal administratif de Strasbourg a jugé, mercredi 5 octobre, que le dispositif « RSA contre bénévolat » du conseil départemental du Haut-Rhin était illégal. La collectivité voulait imposer aux bénéficiaires du RSA, à compter de janvier prochain, d’effectuer sept heures de bénévolat par semaine.
Publié dans:SOCIAL |on 5 octobre, 2016 |Pas de commentaires »

Ah bon ! (08/09/2016)

Si, si, les salaires augmentent. Illustration en 5 chiffres
Par région, à profil équivalent, c’est en Ile-de-France que les salaires sont les plus élevés. Mais il s’agit d’une moyenne, tirée vers le haut par des salaires très élevés dans certains secteurs. (AFP)

Les salaires sont en hausse cette année, mais le seront un peu moins l’année prochaine, selon plusieurs cabinets.

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L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) ainsi que les cabinets Deloitte, Aon Hewitt, Expectra et Willis Tower Watson ont publiés en début de semaine des chiffres sur les hausses de salaires révélateurs de la situation économique française.

+2,7% en 2016

C’est le taux d’augmentation global des salaires de base en 2016, selon le cabinet Aon Hewitt, qui a consulté 306 entreprises en France sur l’évolution de leur budget. Ce qui est intéressant, c’est qu’il était prévu une augmentation de seulement 2,4% cette année. Les experts parlent « d’inversion de la courbe », car ces dernières années, les estimations de hausses étaient moins élevées, et les hausses moins élevées que prévues. En 2014, les augmentations étaient de 2,6% au lieu de 2,8% anticipées, en 2015 de 2,4% au lieu de 2,6%.

Reprise de la croissance, crédits d’impôts, baisses de cotisations sociales, baisse du prix du pétrole… ça va mieux cette année pour les entreprises, dont les directions affectent une partie de leurs marges – rétablies depuis 2012 – aux salariés.

Le record : +6,4%

Les hausses de salaires varient considérablement selon les secteurs. Le taux d’augmentation le plus élevé concerne les métiers de chef de projet infrastructure dans l’informatique et les télécom, avec +6,4%. La preuve que la tendance n’est pas homog

Selon le cabinet Expectra, qui a adopté une autre méthode de calcul qu’Aon Hewitt, elles sont de 1,9% dans le secteur informatique et télécom, de 1,5% dans la comptabilité et la finance, et de 1% dans les ressources humaines et les professions juridiques. Ces hausses ne sont pas non plus homogènes selon les entreprises. Pour Willis Tower Watson, 2% des entreprises prévoient des gels, 23% tablent sur moins de 2% de hausses, et 68% entre 2% et 3%. Ni selon les régions, explique le cabinet Deloitte :

« Concernant les non-cadres, bien que l’Insee annonce un écart du coût de la vie de 9% entre l’Île-de-France et les régions, l’écart de rémunération se maintient cette année à 5%. »

Paris vient d’ailleurs d’être classé comme la 4e ville la plus chère du monde par le cabinet Price Waterhouse & Coopers.

Et +2,3% en 2017 ?

2,3%, c’est le taux d’augmentation anticipé par le cabinet Aon Hewitt pour 2017 (Willis Towers Watson anticipe 2,4% et Deloitte 1,8%). Autrement dit, les DRH demandent dans l’ensemble pour l’année prochaine des hausses de salaires inférieures à celles qu’ils avaient demandées pour cette année. La preuve que même si elles vont mieux, les entreprises restent prudentes.

Cela vient aussi du fait qu’elles anticipent une inflation faible, qui est déjà un vecteur de pouvoir d’achat. Elles misent aussi sur d’autres mode de rémunération, disons en nature : dans la dernière enquête d’Aon Hewitt, le « bien-être au travail » s’est hissé à la deuxième place des préoccupations affichées par les entreprises, derrière la « gestion des talents », à égalité avec la « baisse des coûts ». Les entreprises vont aussi davantage opter pour des augmentations individuelles.

0,7 point de plus aux Etat-Unis…

Le taux d’augmentation des salaires anticipé aux Etats-Unisest de 3%, selon Willis Towers Watson. D’une manière générale, les entreprises françaises ont tendance à traîner par rapport à leurs concurrentes étrangères, qui relancent les salaires à la hausse plus rapidement lorsque l’activité redémarre.

Cela est visible avec les entreprises étrangères implantées en France, qui augmentent davantage que leurs concurrentes françaises. Mais aussi avec les entreprises hors du territoire. Pour l’année prochaine, il est prévu des hausses de salaires de 2,9% en Allemagne, de 2,9% auRoyaume-Uni, de 2,5% en Italie, et de 2,2% en Espagne (contre 2,4% en France).

350 euros de moins

Les salaires augmentent, mais il ne faut pas les confondre avec le pouvoir d’achat. D’une part, parce que les prix ne sont pas les mêmes selon les régions, et que les salaires ne s’ajustent pas forcément. D’autre part, parce que cela dépend aussi des impôts et des aides sociales. Enfin, parce que l’inflation est basse.

Selon l’OFCE :

« Le pouvoir d’achat par ménage en France en 2016 est toujours inférieur de 350 euros par rapport à son niveau de 2010. »

C’est en 2010 que la politique de rigueur budgétaire a débuté. Mais selon l’Insee, ce pouvoir d’achat a augmenté de 1,6 % en 2015 et devrait de nouveau progresser de 1,7 % cette année. Afin de retrouver enfin son niveau… de 2010. Et l’année prochaine ? Cela dépendra de l’inflation, mais aussi des DRH.

Donald Hebert

Donald Hebert

L’OBS

Publié dans:SOCIAL |on 8 septembre, 2016 |Pas de commentaires »

Islam et laïcité………………….(30/08/2016)

Islam : le hic avec le laïc Chevènement

Par Bernadette Sauvaget et Jonathan Bouchet-Petersen — 29 août 2016 à 20:41
De gauche à droite : Anouar Kbibech, président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Jean-Pierre Chevènement et Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris, lundi au ministère de l’Intérieur.
De gauche à droite : Anouar Kbibech, président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Jean-Pierre Chevènement et Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris, lundi au ministère de l’Intérieur. Photo Albert FACELLY pour «Libération»

Nommé à la tête de la Fondation pour l’islam de France, l’ancien ministre, souverainiste de gauche, continue de créer la polémique en multipliant les positions controversées.

  • Islam : le hic avec le laïc Chevènement

Si son nom avait vocation à susciter l’engouement, c’est loupé. La confirmation par le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, lundi dans la Croix, de la nomination de Jean-Pierre Chevènement à la présidence de la future Fondation pour l’islam de France continue de susciter des réactions plurielles. Et la prestation lundi matin sur France Inter de celui qui, selon un proche, n’était candidat à rien, est loin d’avoir rassuré. Ils sont certes nombreux, à gauche comme à droite, à louer son expérience et ses qualités de serviteur de l’Etat, comme son ancien collaborateur lorsqu’il était au ministère de l’Intérieur (1997- 2000), Didier Leschi : «A gauche, peu de personnalités bénéficient d’une telle aura dans le monde arabo-musulman. Il a une grande culture sur l’islam, notamment grâce aux liens qu’il a longtemps entretenus avec l’islamologue Jacques Berque, l’un des traducteurs en français du Coran», explique ainsi son ancien chef du bureau central des cultes. D’autres sont (beaucoup) moins convaincus. Parce qu’ils trouvent le casting inadéquat ou jugent avec sévérité les premières sorties du «Che», principale figure à gauche du républicanisme laïc tendance souverainiste.

Appel à la «discrétion»

Cet été, la sénatrice écolo Esther Benbassa avait jugé que le choix d’une personnalité politique «discrédite à l’avance» la fondation, tandis que le maire LR de Tourcoing, Gérald Darmanin, sarkozyste mais partisan d’un concordat avec l’islam, soulignait que la nomination d’un non-musulman pouvait apparaître comme une «idée pour le moins paternaliste, presque coloniale». Sur France Inter lundi, Chevènement, «miraculé de la République» depuis ses huit jours de coma en 1998, a notamment eu une saillie qui a particulièrement braqué les élus socialistes de Seine-Saint-Denis, affirmant qu’on y dénombrait «135 nationalités mais une a quasiment disparu», sous-entendu la nationalité française. Trop pour le président PS du département, Stéphane Troussel, qui demande à Hollande et Cazeneuve «de renoncer à sa nomination», dénonçant ses multiples «confusions et dérapages […] sur des notions aussi importantes que la nationalité et la citoyenneté française». Mathieu Hanotin, député de Seine-Saint-Denis, a lancé en ligne une pétition en ce sens, évoquant des propos tout simplement racistesM’hammed Henniche, le président de l’Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis, juge, lui, que «Chevènement est taillé» pour le job :«L’histoire lui a donné raison. Tout le monde se souvient de sa démission en 1991 lors de son opposition à la guerre en Irak. Si l’Occident n’avait pas créé le chaos dans ce pays, nous n’aurions pas le terrorisme que nous subissons aujourd’hui

Si l’ancien ministre de 77 ans s’est surtout attiré lundi des railleries sur les réseaux sociaux pour avoir lancé «Moi, je connais bien le monde musulman, je suis allé au Caire, à Alger il y a quarante ans ou cinquante ans», c’est que la suite de sa phrase a été le plus souvent zappée («la plupart des femmes ne portaient pas le voile. Il y a une tendance de fond qui correspond à ce qu’il faut bien appeler la montée du fondamentalisme religieux. […] Tout ça, ça traduit quelque chose qui se répercute aussi dans nos cités»). Déjà en août, son appel à la«discrétion» à propos de l’affichage de leur foi dans l’espace public avait fait polémique. Il l’a réitéré et précisé, affirmant que «le but doit être l’apaisement, la non-stigmatisation» et que «chacun doit faire un effort» : «Il me semble qu’il est de mon devoir de dire qu’une certaine discrétion est souhaitable.» Cette fois, ce tenant d’une laïcité restrictive cantonnant la religion à la seule sphère privée a jugé utile d’ajouter : «Ce conseil s’adresse dans mon esprit à toutes les religions en vertu de la laïcité.»

Liberté de ton

Sur la question de l’interdiction du burkini, qui divise jusqu’au sein du gouvernement, il a pointé une «confusion» «On parle d’un problème de laïcité là où il n’y en a pas vraiment. La plage est un espace public. Tout ce que la loi n’interdit pas est permis, les mœurs sont libres», a-t-il d’abord nuancé. Ajoutant : «Mais il y a un problème qui est celui de l’intégration. Toutes les vagues successives de l’immigration ont fait un effort pour coïncider avec les us et coutumes du pays d’accueil.» Or, le burkini «vise à définir une place de la femme subordonnée à celle des hommes dans la société. On peut le tolérer, mais on peut ne pas l’approuver».

Tandis que le choix même d’une personnalité musulmane pour présider la fondation a été interrogé, il a depuis été martelé que celle-ci n’interviendrait pas sur les questions religieuses (lire ci-contre). «La fondation traite de la relation entre la République et les musulmans : qu’un grand républicain en prenne la tête au moment de sa création, avec en son sein de nombreux musulmans, revêt une dimension symbolique», a précisé Cazeneuve lundi. «Elle va s’occuper de l’aspect culturel et universitaire. Cela ne me paraît pas un obstacle que son président ne soit pas lui-même musulman», estime même Mohammed Moussaoui, président de l’Union des mosquées de France (UMF).

Retiré de la vie politique en dépit d’un statut de représentant spécial de la diplomatie économique française en Russie, Chevènement est loin d’être un nouveau venu. Ministre à plusieurs reprises (Défense, Education, Intérieur) et candidat à la présidentielle de 2002 (5,33 %), il est réputé pour sa liberté de ton et les trois fois où il a démissionné d’un gouvernement. L’intéressé a d’ailleurs prévenu qu’il n’avait pas changé :«Cette mission est tellement d’intérêt public qu’aucun responsable ne peut s’y dérober. Je ne m’y déroberai donc pas sauf si ma nomination devait entraîner des problèmes insolubles.» Après avoir petit-déjeuné avec lui vendredi, le président du Conseil français du culte musulman, Anouar Kbibech, confie à Libération : «Il nous a assuré qu’une fois la fondation sur les rails, il se retirerait.» Le «Che» a aussi dit n’avoir «que des coups à prendre» dans cette ultime aventure. Sur ce point il ne s’est pas trompé.

Bernadette Sauvaget Jonathan Bouchet-Petersen

Liberation.fr
Publié dans:SOCIAL |on 30 août, 2016 |Pas de commentaires »

L’édito de Laurent Joffrin…………..(27/08/2016)

EDITORIAL

Désaveu

Par Laurent Joffrin — 26 août 2016 à 21:01

  • Désaveu

ÉDITOAinsi, la loi et le bon sens l’emportent. Ainsi, la critique des arrêtés «anti-burkini» édictés par certains maires égarés n’était pas l’indice d’un gaucho-islamisme échevelé ou d’un aveuglement coupable face aux menées salafistes. Comme nous l’avions espéré, le Conseil d’Etat, gardien du droit administratif, a désavoué des arrêtés dont nous avions souligné la faiblesse juridique et la nocivité politique. Même si certains maires anti-burkini maintiennent leurs décisions, ils seront à coup sûr désavoués par le Conseil d’Etat quand leur cas arrivera en jugement. Les polices municipales ne seront plus dans l’embarrassante obligation de faire, sur les plages, la police du maillot de bain. Cela ne change rien à l’appréciation qu’on peut porter sur certaines tenues islamiques qui sont le signe d’une interprétation archaïque de l’islam. Mais le Conseil d’Etat rappelle que les libertés publiques doivent être respectées dans une république comme la France et, implicitement, qu’il existe des moyens plus sûrs de lutter contre le danger intégriste, dont personne ne doit sous-estimer la réalité. Certains esprits faibles – ou sarkozystes – craindront qu’on ait donné une victoire aux fondamentalistes sur la base «d’arguties juridiques», selon l’expression employée par l’ancien président à propos des principes constitutionnels. Les «sages» du Palais-Royal démontrent au contraire que les musulmans, comme les autres citoyens, ont droit à la protection des lois dans un pays laïque qui laisse la religion à sa place mais ne s’avise pas de la réprimer. L’idée d’un «racisme d’Etat» avancée dans certains cercles militants quelque peu sectaires se trouve ainsi invalidée, de même que la propagande islamiste qui veut faire croire que l’islam est persécuté en France. Les instances juridiques suprêmes de la République ont su, comme souvent, garder la tête froide.

Laurent Joffrin

Liberation.fr
Publié dans:SOCIAL |on 27 août, 2016 |Pas de commentaires »

L’édito de Laurent Joffrin…………………………..(18/08/2016)

EDITORIAL

Force tranquille

Par Laurent Joffrin — 18 août 2016 à 20:21

ÉDITOL’affaire, donc, était plus complexe que ce qu’on en a dit. Si l’on en croit le procureur de la République de Bastia, c’est bien moins un «burkini» (en fait une femme voilée) qui est à l’origine des incidents de Sisco que la volonté de privatiser une crique corse de manière illégitime et, semble-t-il, agressive. Conflit de territoire plus que de religion… Cette première précision une fois donnée (la justice devra faire toute la lumière), notre enquête corse montre bien qu’au-delà de tel ou tel incident ponctuel, c’est une nouvelle fois la visibilité de l’islam dans l’espace public qui attise les inquiétudes et les hostilités. Beaucoup de Corses ont leur solution : non pas la xénophobie, comme on les en accuse parfois sommairement, mais une forme d’assimilation plus ou moins contrainte- en Corse, fais comme les Corses. Cette solution est-elle viable, juste, réaliste dans la République ? Nulle naïveté, nul irénisme dans cette question : dans la majorité des cas, les tenues très couvrantes, à la plage ou ailleurs, ne sont pas des vêtements comme les autres. Ils sont bien plus l’uniforme d’un islam orthodoxe où le statut de la femme, c’est le moins qu’on puisse dire, n’est guère enviable. Pour le contrer, faut-il en interdire l’expression, comme le réclament certains esprits simplistes ? On peut sérieusement en douter. Il faudrait d’abord indiquer sur quel principe constitutionnel se fonderait une législation d’ordre vestimentaire. On le cherche vainement. La prohibition des signes religieux ostentatoires dans l’espace public ne tient guère la route. Limitée à l’islam, elle serait discriminatoire. A moins de l’étendre aux juifs orthodoxes et aux intégristes catholiques…

La France est déjà la démocratie la plus restrictive dans ce domaine, en interdisant le voile dans les salles de classe et la burqua sur la voie publique. Il y a mieux à faire que de proclamer l’état d’urgence textile : combattre politiquement l’intégrisme en soutenant l’islam républicain, en appliquant fermement les principes laïques, bref, en démontrant la force tranquille d’une République aussi accueillante que rigoureuse.

Laurent Joffrin

Liberation.fr
Publié dans:SOCIAL |on 19 août, 2016 |Pas de commentaires »

Lamentable, oui…………………………………..(19/08/2016)

CORSE

Au tribunal, «l’affaire lamentable» de Sisco ramenée aux faits

Par Guillaume Gendron, (en Haute-Corse) — 18 août 2016 à 18:54
Gilles Simeoni, Jean-Guy Talamoni et le maire de Sisco Ange Pierre Vivoni au tribunal de Bastia, jeudi.
Gilles Simeoni, Jean-Guy Talamoni et le maire de Sisco Ange Pierre Vivoni au tribunal de Bastia, jeudi. Photo Pascal Pochard-Casabianca. AFP

Le procureur a tenté de ramener la rixe de samedi dernier à ses proportions. Le procès a été reporté au 15 septembre

  • Au tribunal, «l’affaire lamentable» de Sisco ramenée aux faits

Foule des grands jours au palais de justice de Bastia, jeudi après-midi. Devant les grilles, quelques centaines de personnes, habitants de Sisco et leurs soutiens, pendant que dans la salle d’audience, Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de Corse, et Jean-Guy Talamoni, président de l’Assemblée de Corse, serrent les pinces qui se tendent spontanément vers eux. Dans le box, les trois frères B. se cachent le visage. Le procureur de la République de Bastia, Nicolas Bessone, les accuse d’avoir provoqué la rixe de samedi en tentant de «privatiser» une crique du petit village de Sisco, «dans une logique de caïdat». Un quatrième frère, en situation irrégulière, présent sur les lieux et qui a donné une fausse identité lors de son audition, est en fuite. A leurs côtés, deux Siscais, Lucien S., le boulanger du village, et Pierre B., un employé communal, sont poursuivis pour des faits de violence.

Après des jours durant lesquels ont circulé des versions plus ou moins fantaisistes – allant de la provocation communautariste gratuite au lynchage raciste en réaction au port d’un burkini imaginaire – le procureur a tenté de ramener «cette affaire lamentable» dans ses proportions finalement banales, malgré l’écho médiatique. Même s’il note que seule l’intervention des gendarmes a empêché que tout cela ne finisse aux assises. L’un des villageois a par exemple tenté de pousser un des frères B. du haut de la falaise, empêché in extremis par «un tacle de rugby» d’un gendarme.

«Ce n’est pas le cercle des poètes disparus»

Les faits établis sont les suivants : après avoir installé un signe«interdiction de circuler» à l’entrée de la crique, les frères B. (tous nés au Maroc, deux résidant à Furiani et les deux autres en vacances), accompagnés de leurs femmes et enfants, auraient multiplié les accrochages avec les touristes, délogeant un couple cherchant à s’installer à côté à coups de galets, avant de molester l’un des adolescents du village. Lequel aurait défendu un touriste belge qui prenait des photos du paysage – ou des femmes voilées de la famille, si l’on en croit la version des frères. S’ensuit une altercation avec le père de l’ado, puis avec une quarantaine de locaux venu en renfort. La tension monte, jusqu’à tard le soir et l’incendie des voitures des familles d’origine marocaine, sous les yeux des gendarmes. L’investigation sur les atteintes aux biens (trois voitures brûlées d’un côté, des pneus crevés de l’autre) est toujours en cours.

Car quand les villageois arrivent, «ce n’est pas le cercle des poètes disparus», note le procureur, qui insiste sur l’aspect «inadmissible» de la «riposte grégaire» des villageois. «Où est l’honneur à frapper une personne inanimée à terre ou sur un brancard [les deux faits de violence reprochés aux prévenus du village, ndlr] ?», tonne Nicolas Bessone.

«Leur style, c’est plutôt « niquez vos mères »»

Enfin, dans son réquisitoire, le procureur tient à désamorcer des rumeurs persistantes. Non, il n’y avait pas de machette, mais un couteau de cuisine utilisé pour intimider en «tapotant» avec le manche la tête de l’adolescent. Non, les frères B. n’ont jamais scandé «Allah akbar» («leur style, se lâche Bessone, c’est plutôt « niquez vos mères »»). En revanche, Moustapha B. aurait bien appuyé sur la gâchette de son fusil-harpon pour blesser le père de l’ado, un légionnaire installé de longue date à Sisco. «On a essayé de faire de cette histoire un affrontement entre Corses et Maghrébins, conclut Bessone, mais je constate que j’ai sur la crique une femme colombienne qui ne portait pas de voile et un père et fils d’origine tchèque de l’autre côté !»

A la demande des conseils de la famille B., le procès a été reporté au 15 septembre. Tous les protagonistes sont poursuivis pour violence en réunion, avec armes dans le cas des frères (fusil-harpon, batte de baseball, pierres). Moustapha B., compte tenu de son casier judiciaire chargé (plusieurs condamnation pour trafic de stupéfiant et outrages) et de son rôle central dans les faits, a été placé en détention provisoire. Les autres prévenus restent sous simple contrôle judiciaire.

Guillaume Gendron (en Haute-Corse)

Liberation.fr
Publié dans:SOCIAL |on 19 août, 2016 |Pas de commentaires »
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