Archive pour la catégorie 'SOCIAL'

Et nous sommes au XXI° siècle…………(08/03/2018)

Analyse

Et si on faisait enfin la peau à l’inégalité salariale ?

Par Catherine Mallaval et Virginie Ballet — 7 mars 2018 à 21:06
La secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, à Matignon mercredi pour une réunion sur l’égalité professionnelle.
La secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, à Matignon mercredi pour une réunion sur l’égalité professionnelle. Photo Albert Facelly pour Libération

Quarante-six ans après l’inscription dans la loi de l’égalité de salaires entre les hommes et les femmes, l’écart moyen s’élève toujours en France à 25,7% tous temps de travail confondus, et à 9% à poste équivalent. Pourtant, des solutions existent. Ne reste qu’à les appliquer.

  • Et si on faisait enfin la peau à l’inégalité salariale ?

Du fric, du fric, du fric. Pas des promos, du fric. C’est ce que vont, une fois de plus, réclamer des milliers de Françaises (et qui sait, de Français ?) en cette journée internationale des droits des femmes. Ce grand raout, fixé le 8 mars par l’ONU en 1977, est l’occasion de mettre en lumière les nombreuses inégalités et violences dont les femmes font l’objet, de dénoncer les stéréotypes sexistes… mais surtout, d’insister sur le nerf de la guerre : les inégalités salariales. Ainsi, comme l’année dernière, le Collectif «8 mars 15 h 40» (qui fédère des associations féministes comme le Collectif national pour les droits des femmes, le Planning familial, Osez le féminisme ainsi que Solidaires, la CGT ou encore l’Unef) appelle à la mobilisation dans tout le pays. Grève pour celles et ceux qui le peuvent, rassemblements et manifestations (à Paris, place de la République), port de brassards symboliques, insurrection sur les réseaux sociaux… Le mot d’ordre est clair : il est grand temps de faire la peau à cette différence de traitement pécuniaire. Mais pourquoi à 15 h 40 ? «C’est l’heure à laquelle les femmes cessent d’être payées chaque jour, sur la base d’une journée standard», explique le collectif. Soit une journée débutée à 9 heures et qui s’achève à 17 heures, avec une heure de pause déjeuner. Pour arriver à ce constat, le collectif se fonde sur l’écart salarial moyen, qui s’élève en France à 25,7 %, tous temps de travail confondus, et à 9 % à poste équivalent, selon le ministère du Travail. Une situation qualifiée «d’inadmissible» par la ministre, Muriel Pénicaud. «Il est temps qu’en matière d’égalité, l’Etat devienne un moteur, une locomotive», renchérit Marlène Schiappa, la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes.

A en croire le gouvernement, le train est déjà en marche : l’objectif a été fixé de régler le problème d’ici trois ans. Fort bien. Mais comment ? Des annonces sont attendues ce jeudi. En préambule, Matignon a organisé mercredi une consultation avec les partenaires sociaux auxquels ont été présentées des pistes de travail pour favoriser l’égalité. Ils auront un mois pour s’y plonger. Les mesures retenues pourraient ensuite être intégrées au projet de loi de réforme de la formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’assurance chômage, que présentera Muriel Pénicaud mi-avril en Conseil des ministres. Patience, patience, donc : à en croire les prédictions du Forum économique mondial, et au rythme effréné où vont les choses, il ne faudra attendre que deux cent dix-sept ans, soit l’an 2234, pour (enfin) parvenir à l’égalité.

D’ici là que faire ? Allumer des cierges, croiser les doigts, muscler les lois, taper plus fort sur les doigts, pousser les mâles à pouponner davantage ? Cinq pistes pour espérer avancer.

Et si on commençait par appliquer la loi ?

Forums, débats, tribunes : des années que les femmes réclament l’égalité salariale. En France, des lois sont pourtant bien là et elles ne datent pas d’hier. Ainsi, la règle «à poste égal, salaire égal» est prévue par le code du travail depuis… quarante-six  ans. L’interdiction de toute discrimination fondée sur le sexe est, elle, inscrite dans la loi depuis 1982. Faute de révolution en la matière, des sanctions ont été prévues par la suite. Objectif ? Frapper les contrevenants au portefeuille. Ainsi, un décret paru fin 2012 impose des pénalités financières aux entreprises de plus de 50 salariés qui n’agissent pas contre les inégalités, que ce soit par des négociations avec les partenaires sociaux ou par l’élaboration d’un plan d’action. Montant des pénalités ? Jusqu’à 1 % de la masse salariale. Las, le bilan n’est pas reluisant : depuis la création de ce dispositif, seules 106 sociétés se sont fait taper sur les doigts, alors que 66 % des entreprises concernées seraient hors la loi. «Les agents d’inspection du travail manquent cruellement de moyens et d’outils de contrôle», déplorait en janvier dans Libération Cristelle Gillard, conseillère aux droits des femmes pour le Conseil économique, social et environnemental.

Parmi les pistes qui pourraient apparaître dans le projet de loi Pénicaud prévu pour avril, figure donc l’idée de renforcer les sanctions financières. Alors que la loi actuelle demande aux entreprises qui ne sont pas en règle de présenter des «moyens» d’action, elles pourraient bien à l’avenir être face à une obligation de résultats. Et pour que résultats il y ait, est soumise l’idée de mettre à disposition des sociétés un logiciel libre de droit, intégré aux systèmes de paie, qui fournisse une méthodologie pour améliorer la politique salariale. En cas d’écarts injustifiés de salaire entre les sexes constatés par l’inspection du travail, l’entreprise aurait trois ans pour rentrer dans les clous. Faute de quoi, il lui faudra passer en caisse et s’acquitter d’une amende. Si ces mesures sont, à l’arrivée, intégrées au futur projet de loi, le gouvernement mise sur une entrée en vigueur dès 2019 dans les entreprises de plus de 250 salariés, et l’année suivante pour celles entre 50 et 249 employés.

Et si on dénonçait les tricheurs ?

Face à cette application insuffisante de la loi, certains prônent la méthode forte : le name and shame. Soit balancer les noms des entreprises qui fautent. C’est ce que souhaite notamment le conseiller régional EE-LV d’Ile-de-France Julien Bayou. Avec Osez le féminisme et le collectif les Effronté·e·s, ils ont déposé un recours devant le tribunal administratif de Paris en avril 2015 pour obtenir la liste des entreprises déjà condamnées. «On peut et on doit faire plus pour réduire les inégalités», arguait alors l’élu. «Selon la taille et la richesse des entreprises, les sanctions financières peuvent ne pas être suffisamment dissuasives», appuie Fatima Benomar, porte-parole des Effronté·e·s. Pour elle, «rendre publiques de telles données pourraient avoir un impact sur l’image de marque de ces boîtes». Alors, peut-être, seront-elles acculées, contraintes d’agir. «A l’heure actuelle, les entreprises condamnées mettent vraiment de la mauvaise volonté à se mettre en conformité avec la loi. Il faut dire qu’elles reçoivent d’abord des mises en demeure, et beaucoup de temps s’écoule avant qu’elles ne soient condamnées», estime Fatima Benomar. Et de conclure : «Dans une démocratie, les consommateurs et les consommatrices sont en droit de savoir à qui ils ont affaire, c’est une question de transparence». La réponse du tribunal administratif est attendue pour le 15 mars.

Du côté du gouvernement, on étudie simplement la possibilité d’encourager les entreprises à une certaine transparence sur leur site internet. Rien de bien contraignant, en somme. Et on peut déjà parier que les plus avancées en matière d’égalité salariale seront plus promptes à s’afficher que celles qui traînent les pieds.

Et si on frappait un grand coup comme en Islande ?

«Afram stelpur !» ou «allez les filles !» En 1975, 25 000 Islandaises (pour une population totale de 217 000) envoient massivement bouler leur boulot et manifestent. Une première mondiale. Sur leurs pancartes, elles insistent sur tout ce qu’elles font pour leur pays, au travail ou à la maison. Depuis, ces pionnières de l’égalité n’ont jamais baissé la garde. Une loi très stricte sur l’égalité salariale entre les femmes et les hommes, annoncée en mars 2017 et votée en juin par 80 % des parlementaires, est entrée en vigueur le 1er janvier. Encore une première mondiale : toutes les entreprises islandaises de plus 25 salariés doivent désormais prouver, documents à l’appui, qu’à travail égal, hommes et femmes perçoivent la même rémunération.

Ce nouveau texte inverse la charge de la preuve. Il ne revient plus aux salarié·e·s (eh oui, aujourd’hui le point médian s’impose) de prouver la discrimination en raison de leur genre, mais aux entreprises de démontrer que, s’il y a écart de salaire, le genre n’y a aucune part. Devront ainsi apparaître l’ancienneté de l’employé·e, sa formation, son expérience, sa valeur ajoutée, le stress induit par ses tâches, etc. Un organisme indépendant chargé de vérifier la sacro-sainte règle du «à travail égal, salaire égal» délivrera aux bons élèves un certificat de conformité valable trois  ans. Les plus petites entreprises ont jusqu’au 31 décembre 2021 pour se mettre en règle. Toutes les autres (entreprises de plus de 250 salariés, administrations publiques, ministères) ont jusqu’à fin 2018. Dans le cas contraire, une amende pouvant aller jusqu’à l’équivalent de 400 euros par jour sera appliquée. Par ici la monnaie !

Et si on lançait une opération transparence comme en Allemagne ?

Combien gagnent mes collègues ? Le sexe opposé est-il mieux payé ? Ces questions, qui taraudent bien des employées, les Allemandes sont désormais en droit de les poser très officiellement à leur employeur, depuis l’entrée en vigueur le 6 janvier d’une loi baptisée «EntTranspG». A condition, toutefois, de travailler dans une entreprise comptant plus de 200 salariés, et au sein de laquelle au moins six personnes du sexe opposé occupent le même poste. Si tel est le cas, chaque salarié peut solliciter l’aide de son comité d’entreprise, qui déposera anonymement une demande officielle auprès de la direction. A réception, le patron a alors trois mois pour communiquer les chiffres. Magique ?

Saluée à l’étranger, notamment par la secrétaire d’Etat française Marlène Schiappa pour qui c’est «une bonne idée», la mesure ne fait pourtant pas l’unanimité dans le pays : quid des PME ? Et des entreprises ne disposant pas d’un CE ? Les conservateurs, eux, ont dénoncé dès la gestation du texte des «nouvelles charges bureaucratiques» pour les entreprises. Dans un guide de bonnes pratiques publié fin novembre, le collectif féministe français les Glorieuses estimait pour sa part que «la transparence des salaires au sein des entreprises est une condition évidente de la réduction de l’écart salarial entre femmes et hommes». Balance ton prix ?

Et si les hommes passaient plus de temps à la maison ?

Comment éviter que les femmes soient les premières à mettre la pédale douce dans leur boulot et se mettent à temps partiel pour mieux jongler avec les 3 h 26 qu’elles consacrent chaque jour aux tâches domestiques (ménage, courses, soins aux enfants, etc.) contre 2 heures pour les hommes selon l’Insee, sans compter ce boulet qu’est la charge mentale ? La question est cruciale, quand on sait que temps partiel, forcément, rime avec moindre rémunération. Selon le ministère du Travail, les temps partiels seraient ainsi occupés par des femmes dans 80 % des cas… A en croire ceux qui tentent de secouer le vieux cocotier de l’inégalité, la solution tient dans ce proverbe suédois : «L’émancipation de la femme par le travail, l’émancipation de l’homme par la famille». Très bien, mais concrètement ?

Depuis des années, Jérôme Ballarin, président-fondateur de l’Observatoire de la parentalité en entreprise, association qui œuvre depuis 2008 pour un meilleur équilibre entre vie pro et vie perso, milite notamment pour un congé paternité digne de ce nom. A l’heure où le gouvernement réfléchit à rallonger les fameux onze jours de congé auxquels ont droit les pères (en sus des trois jours de «congé de naissance» automatiquement accordés par le code du travail), Jérôme Ballarin, auditionné par l’Inspection générale des affaires sociales (l’Igas) qui doit remettre un rapport sur cette question, milite pour que les trois jours systématiquement accordés deviennent cinq, et les onze jours de congé paternité, quinze.

Pour mieux inciter les hommes à se lancer dans l’aventure des couches-culottes, il propose aussi que les fameux onze jours soient davantage rémunérés, quand actuellement le plafond maximum de l’indemnité journalière est de 83,58 euros. «Des solutions peuvent être trouvées, soit en relevant le plafond de la Sécu, soit en jouant sur le crédit d’impôt famille (1), ou encore via des contrats de prévoyance.» Et puis, «il faut davantage communiquer auprès des hommes sur le congé parental d’éducation. Dans certaines entreprises, comme Areva, des salariés ne prennent pas le fameux mercredi, mais un 9/10e qui leur permettent d’être présents pendant les vacances scolaires. Il faut être créatif pour séduire les hommes.»

Autre levier pour inciter les femmes à ne pas se mettre en retrait : le télétravail. «Il n’est pas genré, comme le temps partiel, et permet à l’homme qui télétravaille de gérer les devoirs par exemple», ajoute le président de l’Observatoire de la parentalité. Bref, les moteurs sont là. «Aux managers», comme les appelle Jérôme Ballarin, d’appuyer dessus. A bon entendeur…

(1) Ce dispositif assez peu connu permet aux entreprises engageant des dépenses dans le but de permettre à leurs salariés de mieux concilier leur vie professionnelle avec leur vie privée de bénéficier d’un crédit d’impôt.


En Europe aussi…

Les femmes ont gagné en moyenne 16% de moins que les hommes dans l’Union européenne en 2016, selon les chiffres de l’office européen de statistiques Eurostat publiés mercredi. Les écarts dépassent les 20% en Estonie (25,3%), en République tchèque (21,8%), en Allemagne (21,5%), au Royaume-Uni (21%) et en Autriche (20,1%). A l’inverse, les salaires se rejoignent en Roumanie (5,2% d’écart), en Italie (5,3%), au Luxembourg (5,5%). En Belgique, en Pologne, en Slovénie et en Croatie l’écart de salaire est aussi inférieur à 10%.

En France, l’écart de rémunération est de 15,2%. Ce chiffre est inférieur aux 25,7% avancés par le ministère du Travail français. Comment se fait-ce ? Eurostat ne prend pas en compte dans son étude les salaires dans les administrations publiques.

photo Albert Facelly pour Libération

Catherine Mallaval , Virginie Ballet

Publié dans:SOCIAL |on 8 mars, 2018 |Pas de commentaires »

Une grande première…………………(18/01/2018)

Logo Francetv info 14h04
Alerte info
Les syndicats approuvent un projet de rupture conventionnelle collective pour 1 300 personnes chez PSA : une première depuis la réforme du Code du travailC’est la première fois que ce dispositif de départs volontaires, issu de la récente réforme du Code du travail, est appliqué. Un projet de rupture conventionnelle collective concernant 1 300 salariés, présenté par le constructeur automobile PSA, a reçu l’aval d’une majorité de syndicats. FO, CFDT, CFTC et GSEA, qui totalisent à eux tous plus de 58% des voix, ont indiqué jeudi 18 janvier à l’AFP vouloir signer le projet d’accord, qui sera formalisé vendredi. Le projet prévoit en outre autant d’embauches en CDI en 2018.
Cliquez ici pour plus d’informations
Publié dans:SOCIAL |on 18 janvier, 2018 |Pas de commentaires »

Jonas s’est encore fait des copains………(29/09/2017)

Logement

Congrès des HLM : «On n’a pas apprécié le foutage de gueule»

Par Tonino Serafini — 28 septembre 2017 à 21:05
A Strasbourg, ce jeudi.Zoom
A Strasbourg, ce jeudi. Photo Patrick Hertzog. AFP

Au rassemblement des bailleurs sociaux qui s’est tenu à Strasbourg, le secrétaire d’Etat à la Cohésion du territoires, Julien Denormandie a été hué, et chahuté pendant son discours, au lendemain de l’annonce de coupes budgétaires drastiques dans l’APL.

  • Congrès des HLM : «On n’a pas apprécié le foutage de gueule»

Cris, sifflets, noms d’oiseaux, banderoles, et pour finir une partie des congressistes qui quittent les lieux, laissant le secrétaire d’Etat à la Cohésion des territoires devant une salle dégarnie, au Parc des expositions de Strasbourg où se tenait le Congrès annuel des HLM. Julien Denormandie a été conspué tout au long de son intervention. Jean-Louis Dumont, le président de l’Union sociale pour l’habitat (USH), qui fédère tous les organismes de HLM et qui organisait le congrès, a eu beau intervenir à trois reprises pendant le discours du secrétaire d’Etat pour appeler au calme, la salle a continué à protester.

Enormités

Il faut dire que la veille, Bercy a dévoilé le projet de loi de finances 2018 prévoyant une baisse de 1,7 milliard d’euros de l’APL des locataires HLM, que les organismes devront compenser par une baisse équivalente des loyers. Et pour 2019 une taille supplémentaire de 1,5 milliard est annoncée. Dans le monde des bailleurs sociaux, certains considèrent que ces montants sont si extravagants qu’ils témoignent d’une volonté «de détruire le modèle économique et social des HLM». Dans le projet de budget de 2018, Bercy leur fait supporter 11% du total des économies que veut réaliser l’Etat (15 milliards d’euros). Mais à Strasbourg, au lendemain de l’annonce de ces coupes drastiques, Julien Denormandie est venu dire qu’«il n’y aura aucun perdant : ni les bailleurs sociaux, ni les allocataires, ni notre capacité à construire des logements sociaux».

Des énormités face à des dirigeants de HLM qui gèrent des organismes de plusieurs dizaines de milliers de logements et qui savent compter. Devant la salle, le ministre a aussi évoqué le nombre de demandeurs de logements sociaux (1,8 million, dont un tiers est déjà en HLM et veut une mutation) sans expliquer que ce sont les loyers prohibitifs du privé (contre lesquels le gouvernement n’a pas prévu de mesure immédiate) qui poussent massivement des ménages à tenter leur chance en HLM.

Enfin, Julien Denormandie a appelé les congressistes à construire massivement alors que la baisse des loyers qu’on leur impose siphonne leurs fonds propres. «En aucun cas nous ne cherchons à ponctionner des bailleurs sociaux», a prétendu le secrétaire d’Etat. «On n’a pas apprécié le foutage de gueule», dit un congressiste. Les HLM s’estiment victimes de poncifs et d’a priori, et d’une «méconnaissance de [leur] travail» par leurs ministres de tutelle, coupables selon eux de ne pas les avoir défendus face aux coupes budgétaires décidées par Bercy. D’où les cris et les chahuts, comme en témoigne une vidéo tournée par le site Batiactu.com.

Faute lourde

«Quand on vient de la société civile, le minimum c’est d’avoir un peu de formation politique et ne pas provoquer des gens déjà en colère», dit Alain Cacheux, ancien député PS et président de la fédération des offices publics, qui a «quitté la salle au bout de vingt minutes. Un peu plus tard, pendant que je fumais une cigarette dehors, j’ai vu le secrétaire d’Etat repartir». Ce fût une journée de colère donc.

Mais l’affaire n’est pas finie. En traitant avec légèreté le monde des HLM, qui participe à la rénovation urbaine et la renconstruction des quartiers en difficulté, qui loge à des loyers accessibles des ménages pauvres, modestes ou moyens notamment dans les zones tendues où les loyers du privé sont inaccessibles, qui gère 4,8 millions de logements et loge 11 millions de Français en lien avec les élus des territoires, le gouvernement commet une faute politique lourde qu’il risque de regretter à l’avenir.

Tonino Serafini

Liberation.fr
Publié dans:SOCIAL |on 29 septembre, 2017 |Pas de commentaires »

Le social à la Macron…………….(09/09/2017)

Fin des contrats aidés : les Restos du Coeur ne pourront plus distribuer de repas chauds à Grenoble « dès lundi »

Les Restos du Coeur de Grenoble ne pourront plus proposer de repas chauds dès lundi. C’est la conséquence directe de la fin des emplois aidés amorcée par le gouvernement d’Édouard Philippe la semaine dernière.

Une antenne des Restos du Coeur à Paris, le 24 septembre 2014. Image d\'illustration. 
Une antenne des Restos du Coeur à Paris, le 24 septembre 2014. Image d’illustration.  (JOEL SAGET / AFP)
avatar

franceinfoRadio France

Mis à jour le 03/09/2017 | 13:45
publié le 02/09/2017 | 16:24

40409 partages

Conséquence parmi d’autres de la fin annoncée par le gouvernement des contrats aidés : l’association des Restos du Coeur de Grenoble ne pourra plus distribuer de repas chauds à ses bénéficiaires, et cela « dès lundi », a assuré sur franceinfo samedi 2 septembre la présidente des Restos du Coeur de l’Isère, Brigitte Cotte.

« Nous avons un emploi aidé, le cuisinier, qui prépare entre 100 et 120 repas chauds par jour dans notre centre de Grenoble », indique Brigitte Cotte. « Notre salarié en contrat aidé a terminé sa mission et va sur d’autres projets. Quand on a voulu recruter un autre salarié en contrat aidé, on nous a répondu qu’il n’y avait plus de budget », regrette la présidente des Restos du Coeur de l’Isère.

Une solution qui ne se trouvera pas « du jour au lendemain »

C’est pourquoi, « dans l’immédiat nous allons supprimer la partie repas chaud, importante pour nous. Elle va disparaître le temps que nous nous retournions et que trouvions une solution. Mais ça ne se fera pas du jour au lendemain », indique Brigitte Cotte.

Jusqu’à présent le cuisinier salarié était « financé par les Restos du Cœur et le gouvernement nous remboursait tous les mois. Nous payions notre salarié entre 800 et 900 euros et le gouvernement nous donnait environ 300 euros ».

Interrogé à ce sujet dans l’émission « Questions politiques », dimanche 3 septembre, le Premier ministre a indiqué que la suppression du poste de cuisinier ne correspondait pas « aux orientations » que l’executif avaient fixées et qu’un contact avait été pris avec l’association.

Publié dans:SOCIAL |on 9 septembre, 2017 |Pas de commentaires »

La DRH du Travail……………………….(31/08/2017)

Enquête

La première DRH de France

Par Ismaël Halissat — 30 août 2017 à 20:46
Muriel Pénicaud le 30 août sur le perron du ministère du Travail.Zoom
Muriel Pénicaud le 30 août sur le perron du ministère du Travail. Photo LAURENT TROUDE

Passée par le cabinet de Martine Aubry et les conseils d’administration du CAC 40, la cheville ouvrière de la réforme du travail incarne le «en même temps» macronien. Bien que politiquement fragilisée, elle jouit d’un entregent hors norme.

Un soir du mois de mai, peu de temps après sa nomination, Muriel Pénicaud organise un dîner au ministère du Travail. Un repas de vieux potes où l’on trinque au bon temps, et surtout à la nouvelle du moment : celle qui était chargée de la formation professionnelle (1991-1993) auprès de Martine Aubry a repris les rênes. Comme un retour aux origines. Un toast à cette bande de trentenaires, de gauche et ambitieux, qui a vieilli et réussi.

Au fil des années, les anciens du cabinet d’Aubry prennent l’habitude de se réunir plusieurs fois par an. Et se donnent un surnom chic : «les canetons du Châtelet». On retrouve Guillaume Pepy, qui était à l’époque directeur de cabinet, devenu depuis 2008 patron de la SNCF, et des anciens conseillers techniques : Jean-Pierre Clamadieu, désormais à la tête du groupe Solvay, l’un des leaders mondiaux de la chimie, Gilles Gateau, actuel directeur des ressources humaines d’Air France, Yves Barou qui, après avoir été DRH de Thales, préside l’Agence pour la formation professionnelle des adultes, ou encore David Azéma, qui a notamment dirigé l’Agence des participations de l’Etat et a contribué à la campagne d’Emmanuel Macron. Aujourd’hui, la plupart sont convaincus que le projet de loi travail que porte Muriel Pénicaud va dans le bon sens. Hier, ils auraient trouvé tous les arguments pour démontrer le contraire…

Non encartée

Depuis ce dîner, Muriel Pénicaud, 62 ans, a survécu à un remaniement, à l’ouverture d’une instruction dans l’affaire Las Vegas et à une polémique sur ses stock-options empochées avec Danone. Elle a fait plus que tenir. Pendant tout l’été, elle a enchaîné les rounds de négociations avec les différents partenaires sociaux. Sans jamais trop en dire. Ni aux syndicats ni aux Français. Et personne n’a claqué la porte. Ce jeudi, en dévoilant le contenu des ordonnances (lire pages 4-5), elle aura la lourde responsabilité de révéler la première pierre du quinquennat d’Emmanuel Macron.

Ces deux-là étaient faits pour s’entendre. Muriel Pénicaud revendique, comme son credo, la «nécessaire» combinaison de «l’économique» et du «social». Un attelage qui aura été la boussole de toute sa carrière professionnelle, selon elle. Son maître à penser ? Antoine Riboud, proche de la Deuxième Gauche, ancien dirigeant de BSN – ex-Danone -, où Muriel Pénicaud a fait l’essentiel de sa carrière dans le privé. «C’était un patron de gauche, qui avait déjà, dans les années 70, une conscience que la croissance économique devait aussi se soucier de l’écologie et du social», détaille-t-elle. Déjà une forme préhistorique du «en même temps» répété à l’envi par Macron pendant la campagne présidentielle.

Quand elle le rencontre pour la première fois, c’est le coup de foudre. Emmanuel Macron est encore secrétaire adjoint de l’Elysée. «Je me suis tout de suite dit que c’était quelqu’un d’extraordinaire», raconte-t-elle dans son bureau au rez-de-chaussée du ministère de la rue de Grenelle. Les grandes portes-fenêtres sont ouvertes sur le parc. Un léger courant d’air vient faire tinter l’immense lustre au-dessus du bureau. Muriel Pénicaud est tout à la fois prudente et directe. Précise quand ça l’arrange, fuyante quand elle sent le danger.

Jamais élue, non encartée, Muriel Pénicaud, alors inconnue du grand public, représente cette «société civile» que chérit le Président. C’est dans le cadre de ses fonctions de directrice générale de Business France, organisme chargé de la promotion à l’étranger des entreprises françaises, qu’elle fait la connaissance approfondie de Macron, alors son ministre de tutelle. Politiquement, elle lui doit tout. Il lui doit l’organisation du show de Las Vegas, premier acte d’une future candidature à la présidentielle. Et qui va entraîner l’ouverture d’une information judiciaire pour délit de favoritisme et recel. Business France est suspecté de s’être affranchi de la procédure d’appel d’offres en missionnant Havas.

Muriel Pénicaud est née dans une famille de cinq enfants. Père «conseiller financier», mère «au foyer», d’une enfance bourgeoise au Chesnay, à côté de Versailles. Elle a pris l’habitude de raconter une anecdote lorsqu’il faut parler derrière un pupitre, devant du beau monde, pour trouver une origine à cet «engagement social». Comme à l’occasion de sa promotion au grade d’officier de la légion d’honneur en 2014 : «Lorsque j’avais 10 ans, quand une prof au collège m’a demandé quel métier je voulais faire plus tard, j’ai répondu cheffe d’orchestre. Elle s’est énervée et m’a expliqué que ce n’était pas possible, que c’était un métier d’homme.» Muriel Pénicaud en tire un «déclic» auquel s’ajoute «une prise de conscience des inégalités» lors d’un premier engagement associatif à 15 ans. Scolarisée jusqu’au bac dans l’enseignement privé, elle fait des études d’histoire et de sciences de l’éducation à Nanterre. «J’étais une bonne élève, mais je n’ai pas voulu aller vers la voie royale des grandes écoles», assure-t-elle. Elle commence à travailler à 21 ans dans un centre de formation des personnels communaux à Paris puis Nancy, et enchaîne en prenant la direction d’une antenne régionale du ministère du Travail avant d’entrer en 1991 au cabinet de Martine Aubry. «Muriel Pénicaud était le prototype de la conseillère très précieuse qui cumulait les qualités d’une techno avec un grand sens pratique», flatte Guillaume Pepy. «C’est en entrant au cabinet de Martine Aubry en 1991 que j’ai commencé à rencontrer les partenaires sociaux au niveau national», se souvient Muriel Pénicaud. Elle se définit à l’époque comme «sympathisante de gauche» sans jamais franchir le pas de porte d’un parti. «J’avais pensé à entrer au PS mais la place des femmes dans les partis politiques était catastrophique, faire le café ce n’était pas mon truc.»

«Une personne à l’écoute»

Après deux années rue de Grenelle, Muriel Pénicaud part faire carrière dans les ressources humaines, dans le secteur privé. D’abord à Danone pendant neuf ans. Puis elle part chez Dassault Systèmes, pour obtenir le poste qu’elle convoite : directrice générale des ressources humaines. Une histoire d’ambition ? Non, juste l’envie d’avoir «plus d’impact sur les décisions», euphémise-t-elle. En 2008, alors qu’elle s’apprête à monter sa boîte, Franck Riboud, fils du fondateur de Danone, la rappelle. Et lui propose le poste de DRH qu’elle n’avait pu obtenir lors de son premier passage. Sa grande œuvre : la mise en place «d’une protection sociale pour tous les salariés du groupe dans le monde, une première dont se sont inspirées plusieurs grandes entreprises par la suite», raconte-t-elle.

Dans la maison, on garde une bonne impression de son passage. «J’ai le souvenir d’une personne à l’écoute, assez ouverte aux propositions qu’on lui faisait. Elle était capable d’amender son projet, même si c’était souvent à la marge, en fonction de nos remarques», raconte Michel Coudougnes, délégué syndical central CGC de Danone. «Pour certains, le dialogue est uniquement à visée pédagogique, pour convaincre l’autre. Elle, elle prenait en compte l’avis d’en face, sans bien sûr tout accepter», confirme Gaby Bonnand, ancien responsable national de la CFDT, qui siégeait avec d’autres personnalités extérieures dans la commission présidée par Pénicaud chargée de conseiller Danone dans ses bonnes œuvres à l’étranger.

Sa relation avec les syndicats sera pourtant moins idyllique à Business France, où Muriel Pénicaud est nommée en 2014 pour opérer la fusion entre l’Agence française pour les investissements internationaux (Afii) et Ubifrance. En interne, l’ex-directrice générale est rapidement contestée pour sa gestion de ce chantier. Alors que la fusion s’embourbe, les salariés apprennent par une lettre anonyme que l’actuelle ministre du Travail a discrètement augmenté plusieurs de ses proches collaborateurs. L’information a du mal à passer en interne. D’autant qu’elle tombe au pire moment : les syndicats sont aux prises avec les conséquences sociales de la fusion et bataillent dans les négociations salariales. Les représentants du personnel multiplient alors les signaux de détresse.

Fin 2015, les syndicats sont finalement reçus par les deux ministères de tutelle de Business France (Bercy et le Quai d’Orsay) et le secrétariat d’Etat au Commerce extérieur. En l’absence de Pénicaud. Le compte rendu des syndicats charge violemment la directrice générale, pointant des «erreurs de gouvernance dont souffre l’agence», et menace de déclencher un droit d’alerte. Muriel Pénicaud ne laissera que quelques lignes d’au revoir lors de son départ, mi-mai, pour la rue de Grenelle : «Je pars confiante dans l’avenir de l’agence, qui a prouvé son efficacité et sa capacité de rayonnement.»

En cette fin d’été, pourtant, la majorité des commentateurs louent sa conduite de la réforme du code du travail, et notamment son sens de l’écoute, qui lui a pour l’instant permis de contenir la colère de certains syndicats face au passage à la moulinette de quelques pans non négligeables du droit du travail. Avec elle, fini les grands-messes surmédiatisées réunissant l’ensemble des partenaires sociaux en un même lieu, et ses images de leaders syndicaux vitupérant devant les caméras. Sa méthode : une succession de rencontres bilatérales très cloisonnées entre chaque organisation et son cabinet, et des pistes de réforme distillées à l’oral et par petits bouts, afin de laisser le moins de prises possible à ses adversaires. Tout en réussissant à afficher une image d’ouverture.

Pénicaud, reine du dialogue social ? En réalité, la ministre divise. Si le processus de concertation est vanté par la CFDT et Force ouvrière, il exaspère les autres centrales. «C’est une méthode que je qualifierais d’onctueuse, se moque le boss de la CGC, François Hommeril. Car avec elle, on a jamais vraiment négocié, il n’y a d’ailleurs rien à négocier, c’est un projet déséquilibré où ne figure aucune contrepartie pour les salariés.» Pas plus de succès auprès de la CGT : «Le dispositif : elle n’a que pour objectif de jouer sur la division syndicale. On passe les uns derrière les autres, on ne dévoile qu’une partie du texte, le tout sur un calendrier très court, et avec des amendements à la marge pour faire croire qu’il y a du donnant-donnant. Et pouvoir dire ensuite : « Vous voyez, on a discuté »», se désole Fabrice Angei, négociateur de la centrale de Montreuil.

Le dialogue, supposé ou réel, n’est pas la seule carte de Muriel Pénicaud. Elle a aussi le don de cultiver ses puissants réseaux. Les «canetons du Châtelet» de l’époque Aubry, bien sûr, mais aussi le gotha du CAC 40, qu’elle a côtoyé de longues années dans le privé. La ministre sait se placer et a longtemps cumulé un nombre important de sièges dans des conseils d’administration prestigieux : SNCF, Aéroports de Paris, AgroParisTech, Fondation Bettencourt Schueller mais aussi Orange, où elle engrangera 60 000 euros en 2014. Augustin de Romanet, à la tête d’Aéroports de Paris, l’encense : «Elle conjugue une sensibilité du secteur privé avec un vrai sens de l’intérêt général. Elle a notamment été de très bon conseil sur des dossiers d’acquisitions d’aéroports à l’étranger.» Mais Pénicaud ne pouvait pas rêver mieux pour rayonner que de diriger Business France, où elle côtoie petits patrons et politiques. Un entregent qui a longtemps irrité Jean-Paul Bacquet, ancien député socialiste ayant croisé Muriel Pénicaud en tant que président du conseil d’administration d’Ubifrance : «Elle a surtout utilisé l’agence pour sa renommée personnelle en passant son temps dans des événements prestigieux à l’international.» Un cadre raconte une anecdote supposée résumer le personnage : «Elle insistait pour qu’on l’appelle par son titre d’ambassadrice aux investissements internationaux, et pas seulement comme directrice générale.» La socialiste Estelle Grelier, qui a succédé à Bacquet, préfère l’envers de la médaille : «Son réseau a été un véritable atout pour l’agence.»

Mélange des genres

Dans son bureau au ministère du Travail, Muriel Pénicaud a installé deux grandes photos, posées en majesté sur deux chevalets, d’un côté et de l’autre des portes vitrées qui donnent sur le jardin. Deux oiseaux que Muriel Pénicaud a elle-même photographiés sur son temps libre. Artiste confidentielle, elle a pourtant déjà été exposée à l’international, à l’Institut français du Japon, à Tokyo, en mai. Dans un étrange mélange des genres, son vernissage était d’ailleurs annoncé sur le site de Business France. Quelques semaines plus tôt, son travail était exposé à deux pas du ministère, aux côtés des animaux empaillés de la boutique Deyrolle.

Muriel Pénicaud écrit aussi. Une nouvelle publiée sous l’énigmatique pseudo de «Julia J. Joy», dans une revue confidentielle, dont le rédacteur en chef explique : «Julia J. Joy est le pseudonyme d’une personnalité publique circulant régulièrement autour de la planète. […] Ses images sont frappées de la même tension : l’incrédulité devant les affaires humaines.» Pour nourrir cette ardeur artistique, Muriel Pénicaud a aussi créé, fin 2012, le fonds de dotation Sakura, où elle a déjà placé 670 000 euros. Cette structure juridique est une véritable niche fiscale qui permet de bénéficier d’une réduction d’impôt sur le revenu de 66 % du montant des sommes versées. Pour profiter de ce petit paradis pour le mécénat artistique, il faut tout de même satisfaire à quelques exigences. Les fonds versés doivent permettre de financer des projets d’intérêt général. Sauf que l’intérêt général se combine parfois avec son intérêt personnel. Depuis sa création, son fonds de dotation a par exemple financé un petit centre d’art rural géré par Marie-Solange Dubès, l’une des amis avec qui elle a travaillé au cabinet de Martine Aubry. Et où elle expose ses photos depuis plusieurs années. Son fonds est également généreux avec la revue qui accueille ses clichés. «C’est le conseil d’administration du fonds qui décide les projets qui sont financés», commente simplement la ministre… qui présidait le fonds jusqu’à sa nomination.

Policiers anticorruption

Mais le vrai talon d’Achille de Muriel Pénicaud reste Business France. Un mois après son arrivée à la tête du ministère du Travail, elle a dû s’accrocher aux murs pour tenir bon. Le 20 juin au matin, une rencontre officieuse avec une poignée de journalistes est organisée au 127, rue de Grenelle. La ministre veut présenter à la presse sa méthode pour réformer le code du travail. Avec ce sous-texte : tout va bien se passer. Sans raison officielle, ce rendez-vous est finalement annulé la veille à minuit. Le lendemain matin, la nouvelle tombe sur le fil de l’AFP : «Des perquisitions ont été menées […] au siège du groupe publicitaire Havas et de l’agence nationale Business France dans le cadre de l’enquête sur l’organisation d’un déplacement en janvier 2016 à Las Vegas d’Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie.» Les policiers anticorruption visitent son ancien bureau, aspirent sa boîte mail de l’époque et saisissent de nombreux documents. Et ce, à la veille du remaniement ministériel qui doit conduire au gouvernement Philippe 2. L’exécutif est également en pleine promotion de son projet de moralisation de la vie publique, alors que plusieurs ministres sont cités dans des affaires judiciaires. Un jour passe sans nouvelle de son cabinet. La liste des ministres doit tomber dans l’après-midi. Quatre membres du gouvernement sont au tapis : Richard Ferrand, Marielle de Sarnez, Sylvie Goulard et François Bayrou. Mais en fin de journée, Muriel Pénicaud est confirmée à son poste.

Quelques semaines plus tard, la ministre du Travail est rattrapée par les salaires vertigineux qu’elle a touchés dans le privé. Selon sa déclaration d’intérêts qui retrace les cinq dernières années, elle a empoché 4,7 millions d’euros lors de ses deux dernières années à Danone. L’ancienne directrice des ressources humaines de ce géant de l’agroalimentaire a aussi bénéficié d’une belle plus-value boursière de 1,13 million d’euros lors de la revente, en 2013, de stock-options au moment où l’entreprise avait décidé la suppression d’environ 900 postes de cadres en Europe, dont 230 en France. L’annonce de ce plan de départs volontaires avait été suivie d’un bond important du titre au CAC 40. «Les salariés concernés ont eu de bonnes conditions de départ», nous répond Muriel Pénicaud, mal à l’aise pour commenter ses rémunérations de l’époque. Puis s’agace : «L’argent, ce n’est pas un moteur pour moi, je m’en fiche.» Et en même temps, confesse avoir une «opinion» sur la rémunération des grands dirigeants. Laquelle ? «Ce n’est pas le moment.»

Ismaël Halissat

Liberation.fr
Publié dans:SOCIAL |on 31 août, 2017 |Pas de commentaires »

Merci Nadine……………………………(28/07/2017)

Merci Nadine.................................(28/07/2017) dans SOCIAL
Nadine
28 juillet, 03:00
Billet du jour du vendredi 28 juillet 2017

Apl, Als, Alf… au secours, je ne ment à une idée reçue, les aides au logement versées par la Caf ne sont pas réservées aux étudiants !

Ni même réservées aux locataires d’ailleurs : ces aides peuvent aussi concerner des personnes qui deviennent propriétaires de leur résidence principale.

Pour faire simple, il existe 3 aides au logement versées par la Caf :

l’Apl (la plus connue),l’Alset l’Alf.

Derrière ces sigles un peu bizarres se cachent 3 types d’aides qui sont toutes soumises à desconditions de ressources, c’est-à-dire qu’elles ne concernent que les familles ou les allocataires les plus modestes. Plusieurs autres conditions sont prises en compte : la composition de la famille, le respect pour le logement de normes de confort et de décence, le lieu du domicile, le montant du loyer ou de vos mensualités de prêt… Ces conditions sont nombreuses.

En quoi ces aides se différencient-elles les unes des autres ? C’est ce que nous vous expliquons, en résumé, dans la suite de ce billet !

1) L’Apl, l’aide au logement la plus fréquemment versée

L’Aide personnalisée au logement (Apl) concerne à la fois des personnes locataires de leur logement que des personnes qui en sont (ou vont en devenir) propriétaires.

Voici les 2 cas de figure qui peuvent vous donner droit à l’Apl :

vous êtes locataire d’un logement neuf ou ancien qui a fait l’objet d’une convention entre le propriétaire et l’État fixant, entre autres, l’évolution du loyer, la durée du bail, les conditions d’entretien et les normes de confort ;vous allez devenir propriétaire ou vous êtes déjà propriétaire, ET vous avez contracté un prêt d’accession sociale (Pas), un prêt aidé à l’accession à la propriété (Pap) ou encore un prêt conventionné (Pc) pour l’acquisition d’un logement neuf ou ancien, avec ou sans améliorations, l’agrandissement ou l’aménagement du logement.2) Si vous n’avez pas droit à l’Apl, vous pourrez peut-être bénéficier de l’Alf

Lors de l’étude de votre dossier, la Caf va d’abord regarder si vous avez droit à l’Apl.

Si vous n’y avez pas droit (et seulement dans ce cas), votre Caf va alors examiner si vous pouvez bénéficier de l’Afl = l’Allocation de logement à caractère familial.

Voici les conditions qui peuvent vous permettre de bénéficier de l’Alf :

vous avez des enfants (nés ou à naître) ou certaines autres personnes à charge ;ou vous êtes marié(e) depuis moins de 5 ans, le mariage ayant eu lieu avant les 40 ans de chacun des conjoints.

Bon à savoir : Apl et Alf ne sont PAS cumulables.

3) Vous n’avez droit ni à l’Apl, ni à l’Alf ? Vous avez peut-être droit à l’Als

Si votre situation personnelle ne vous permet de bénéficier ni de l’Apl, ni de l’Alf, votre Caf va regarder si vous pouvez prétendre à une dernière aide au logement : l’Als = l’allocation de logement à caractère social.

Vous l’aurez compris : cette aide s’adresse uniquement à ceux qui ne peuvent bénéficier ni de l’Apl, ni de l’Alf (ces 3 aides ne sont donc jamais cumulables). Elle est destinée à aider les personnes qui ne peuvent prétendre à aucune autre aide au logement.

 dans SOCIAL
Billet du jour du vendredi 28 juillet 2017

Apl, Als, Alf… au secours, je ne ment à une idée reçue, …

Publié dans:SOCIAL |on 28 juillet, 2017 |Pas de commentaires »

L’édito de Franck Bouaziz…………………(14/04/2017)

Billet

Face aux plans sociaux, l’indifférence grandissante des candidats

Par Franck Bouaziz — 13 avril 2017 à 20:26
  • Face aux plans sociaux, l’indifférence grandissante des candidats

ÉditoLa visite du candidat en campagne dans les entreprises en difficulté ne fait plus recette. Le distributeur de prêt-à-porter Mim a ainsi été partiellement liquidé par le tribunal de commerce de Bobigny dans la plus parfaite indifférence alors que près de 800 emplois vont être supprimés. Les 300 salariés du fabricant d’électroménager Whirlpool à Amiens, promis à la délocalisation en Pologne, ne sont pas plus prévus dans le road tour des prétendants à l’Elysée. Seule exception notable, Ecopla, en Isère : ce producteur de barquettes en aluminium, repris par un industriel italien alors qu’il existait une proposition de reprise par les salariés. Le site a reçu la visite d’Emmanuel Macron et de Benoît Hamon.

Serait-ce l’ambiance brasero et l’odeur de merguez à l’entrée des ateliers qui feraient fuir les candidats version 2017 ? Il est plus probable que leur absence s’explique par le syndrome Florange 2012. Cette année-là, le candidat François Hollande avait fait le déplacement jusqu’aux hauts fourneaux de Moselle. Il avait alors promis une loi contraignant les grandes firmes désireuses de fermer une unité de production de la céder à un repreneur. Un an plus tard, le site, propriété du sidérurgiste Arcelor, fermait définitivement ses portes.

Depuis, les candidats, toutes tendances confondues, ont effectué un calcul aussi cynique que politique : ils ont plus à perdre qu’à gagner à être présents sur ces champs de bataille économique. Leur capacité d’action y est inexistante. Ce n’est là, finalement, que le constat de l’impuissance du politique face à une décision économique. Qu’importe si quelques années plus tôt c’est la puissance publique qui avait privatisé Arcelor avant d’en autoriser la vente à son concurrent indien Mittal. Et même lorsque l’Etat est actionnaire, sa capacité d’action est tout aussi limitée. En 1997, déjà, Lionel Jospin, Premier ministre, futur candidat à la présidentielle et confronté à la fermeture de l’usine Renault de Vilvorde, en Belgique, avait eu ces mots : «Je ne peux apporter une réponse à une question industrielle.»

Franck Bouaziz

Liberation.fr
Publié dans:Politique, SOCIAL |on 14 avril, 2017 |Pas de commentaires »

Encore des frondeurs !! (27/03/2017)

Logo Francetv info

  17h56
Alerte info
L’article à lire pour comprendre la situation en Guyane, où se déroule « la plus grosse manifestation jamais organisée » dans la régionBarrages routiers, vols annulés, rassemblements… La Guyane connaît, mardi 28 mars, une « journée morte », à l’appel du collectif « Pou La Gwiyann dékolé » (« Pour que la Guyane décolle »). Les manifestations ont rassemblé entre 8 000 et 10 000 personnes à Cayenne, et 3 500 à 4 000 personnes à Saint-Laurent-du-Maroni, à la mi-journée. La préfecture de Guyane évoque « la plus grosse manifestation jamais organisée » sur ce territoire. Plusieurs organisations syndicales mènent depuis une semaine des actions pour dénoncer la dégradation de la situation générale depuis quelques mois, notamment à cause de la montée de l’insécurité. A moins d’un mois du premier tour de la présidentielle, la situation sociale de cette région française d’Amérique du Sud se retrouve au centre des débats entre les candidats. Franceinfo fait le point.
Cliquez ici pour plus d’informations
Publié dans:SOCIAL |on 28 mars, 2017 |Pas de commentaires »

Migrants………………………………..(10/02/2017)

Logo Francetv info

  09h17
Alerte info
Aide aux migrants : l’agriculteur Cédric Herrou condamné à 3 000 euros d’amende avec sursisIl comparaissait pour avoir aidé les migrants qui transitent clandestinement dans la vallée de la Roya (Alpes-Maritimes), près de Vintimille en Italie. L’agriculteur Cédric Herrou a été condamné à 3 000 euros d’amende avec sursis, par le tribunal correctionnel de Nice, vendredi 10 février. Le parquet lui reprochait une stratégie militante et un détournement de la loi de décembre 2012 accordant l’immunité pénale à ceux qui apportent une aide humanitaire et désintéressée aux migrants.
Cliquez ici pour plus d’informations
Publié dans:SOCIAL |on 10 février, 2017 |Pas de commentaires »

L’édito de Pap Ndiaye………………………………………..(06/10/2016)

LIBÉ DES HISTORIENS

L’histoire, matériel de récup politique

«Sacre de Louis XV (1710-1774) dans la cathedrale de Reims le 25/10/1722». Peinture de Jean-Baptiste Martin (1659-1735), 1735.
«Sacre de Louis XV (1710-1774) dans la cathedrale de Reims le 25/10/1722». Peinture de Jean-Baptiste Martin (1659-1735), 1735. Josse Leemage

Les candidats à la primaire de la droite Nicolas Sarkozy et François Fillon truffent leurs discours de références qui ne laissent pas de place au débat et ne servent qu’à exalter le sentiment patriotique.

  • L’histoire, matériel de récup politique, par Pap Ndiaye

ÉDITOLa vision de l’histoire de France qu’esquissent Nicolas Sarkozy et François Fillon à longueur de discours ne doit pas être prise à la légère, comme s’il ne s’agissait que de propos de campagne sans conséquence, ce fameux «gros rouge qui tache» dont l’ancien président est familier et qu’il sert tous les jours avec générosité. La place importante tenue par l’histoire dans leurs propos mérite d’être prise au sérieux et analysée. Voilà des hommes qui prétendent aux plus hautes fonctions, et dont on attend qu’ils développent leur manière de se représenter l’histoire, leur manière de donner un sens à leur candidature. Le général de Gaulle et François Mitterrand ne faisaient pas autre chose, eux qui inscrivaient leurs mandats dans l’histoire longue du redressement national ou de la construction européenne.

A LIREle «Libé» des historiens du jeudi 6 octobre 2016

Depuis la IIIe République, l’histoire est une discipline valorisée par le pouvoir politique, qui y trouve une inspiration et une légitimité. Nombreux sont les politiques à écrire – faire écrire le plus souvent – un livre d’histoire valorisant, par exemple une biographie qui invite en toute modestie à comparer l’auteur et le sujet.

Les discours des chefs de la droite «décomplexée», truffés de références historiques, ont ceci d’original qu’ils portent sur le contenu et la méthode. Ce sont des discours autoritaires dans la forme et dans le fond, qui ont moins pour objet de proposer leur vision de l’histoire que d’imposer la bonne manière, la seule manière, de faire et d’enseigner l’histoire. Le contenu, c’est une histoire nationaliste, édifiante, visant à mettre en valeur les grandes figures et les héros, une histoire qui doit tourner le dos à la repentance, à l’autoflagellation, aux approches critiques ou simplement nuancées. Il s’agit pour eux, une bonne fois pour toutes, de tirer un trait sur les demandes particulières, par exemple celles issues des mémoires blessées, pour imposer une histoire patriotique dont nous devons êtres fiers : c’est le fameux «récit national», auquel Nicolas Sarkozy avait tenté de donner forme institutionnelle en 2009 avec sa Maison de l’histoire de France, lancée en même temps que les débats sur l’identité nationale.

La méthode, c’est une histoire qui ne soit pas «source d’interrogations», une histoire sans problème, un récit national qui ne soit pas trop embarrassé de porosités et d’échanges avec le reste du monde, aux antipodes de l’histoire-monde, de l’histoire transnationale, bref de tout ce qui anime la recherche historique contemporaine. De préférence aux débats sur les sources, les interprétations, les représentations de l’histoire, que les historiens ont tant de plaisir à partager avec le public des Rendez-Vous de l’histoire de Blois, il faut une histoire au service d’un projet politique, de préférence emplie d’émotion.

En général, les politiques n’ont cure des travaux de recherches en sciences humaines et sociales, et très rares sont aujourd’hui celles et ceux qui ont une culture historique. Ces travaux peuvent même être suspects : on se souvient des propos stupéfiants de Manuel Valls, selon lequel «expliquer, c’est déjà vouloir un peu excuser». Du côté de la droite dure et de l’extrême droite, on partage certainement le point de vue du Premier ministre, mais on y ajoute une batterie d’essayistes bien connus pour leurs ouvrages où une histoire nationale édifiante occupe une place centrale, avec un appel à revenir à l’histoire telle qu’elle était supposément enseignée jadis. La vie politique française tourne ainsi comme un yo-yo fou, entre un passé mythifié et un présent obscur.

Pap Ndiaye historien, spécialiste de l’Amérique du Nord (Sciences-Po Paris)

Liberation.fr
Publié dans:SOCIAL |on 6 octobre, 2016 |Pas de commentaires »
12345...54

Vu de Corbeil-Essonnes |
ARCHITECTURE D'UN CONGO NOU... |
DEBOUT SAINT ETIENNE |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | PS : UN NOUVEAU SOUFFLE POU...
| Comité de soutien de Quetig...
| Ségolène Royal présidente