Archive pour la catégorie 'SOCIALE'

« Notre seule richesse »…………………………….(13/07/2012)

Suppressions d’emplois à PSA : « Notre boulot, c’est notre seule richesse »

Créé le 12-07-2012 à 18h08 – Mis à jour le 13-07-2012 à 08h52

REPORTAGE – « J’ai fermé Balard, j’ai fermé Levallois. Je ne partirai pas comme ça! » : les salariés du site d’Aulnay, sous le choc, oscillent entre colère et résignation.

Nouvel Observateur

Jean-Pierre Mercier, CGT, est vent debout contre les mensonges de PSA (L. M. - N.O.)

Jean-Pierre Mercier, CGT, est vent debout contre les mensonges de PSA (L. M. – N.O.)

Peu après 13 heures, une clameur monte du parking de la porte 3 à l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois : « Poutou avec nous, Poutou avec nous ! ». L’ancien candidat NPA à la présidentielle est là pour apporter son soutien aux ouvriers en grève qui viennent d’apprendre, jeudi 12 juillet, la fermeture programmée de leur usine et la suppression de 8.000 postes dans le groupe.

« Je suis venu apporter mon soutien aux camarades de PSA mais, au delà d’Aulnay, la question est de savoir comment empêcher ça, comment riposter », explique Philippe Poutou. A ses yeux, la situation d’Aulnay représente un test pour le gouvernement : « Sera-t-il capable d’affronter le patronat ? Saura-t-il interdire les licenciements ? », lance celui qui refuse la résignation et appelle la population à relever la tête et à se battre.

« PSA n’a pas su s’adapter »

Mohammed Hambli est plus mesuré dans ses attaques contre la direction de PSA. Pour ce représentant de la CFTC, le groupe est aculé : « PSA n’a pas su s’adapter. Le segment B [celui des petites voitures comme la C3 fabriquée à Aulnay, NDLR], on est les derniers à le faire en France ». Les projets de Philippe Varin autour de la logistique, pour l’avenir du site, peinent à le convaincre : « Ce terrain n’est pas adapté pour la logistique. L’autoroute ? Mais elle est déjà saturée l’autoroute ! »

Ce qui inquiète le plus ce vieux de la vieille « arrivé en vélo comme grouillot à l’âge de 19 ans », ce sont les jeunes. Que vont devenir ceux qui ont été embauchés récemment, sans diplôme, « des smicards qui vivent déjà dans la précarité, dans une région déjà sinistrée » ? Mohammed Hambli en veut aux gouvernements, qui n’ont pas su faire de barrières douanières. Cet homme fier refuse de se laisser abattre : « Il faut qu’on continue à vivre et à faire vivre nos enfants ». Les Peugeot ont engrangé les bénéfices et maintenant ils veulent nous jeter mais on va se battre pour nos enfants.

« Tout ce qu’ils veulent, c’est que les voitures sortent »

Au cœur de la colère des ouvriers, il y a aussi l’émotion de Hassan. Le vieux travailleur ne comprend pas la brutalité de l’annonce : « Certains sont tombés par terre ce matin, effondrés, en larmes, et personne du service médical n’était là pour les soutenir ». Il ne se remet pas du manque d’humanité des supérieurs, qui ont très vite demandé une reprise du travail : « Ils se foutent des gens, tout ce qu’ils veulent, c’est que les voitures sortent ». Hassan, lui aussi, a passé sa vie professionnelle chez PSA, où il est entré en 1973. Il ne compte pas en rester là, même si la direction vient de lui proposer de partir à la retraite : « J’ai fermé Balard, j’ai fermé Levallois. Je ne partirai pas comme ça. Je reste avec les copains ! »

« On était les meilleurs et maintenant ça s’arrête »

Hassan aussi se fait du souci pour les jeunes. Il appelle David. Le jeune homme est entré dans l’usine en janvier 1999. Depuis ce matin, sa gorge ne parvient pas à se desserrer. Même si, comme les autres, il s’attendait un peu à une mauvaise nouvelle, la fermeture n’était pas imaginable : « Une grosse usine comme ça qui marche bien ! Tous les jours on nous disait qu’on était les meilleurs et maintenant, ça s’arrête. C’est incompréhensible ! »

David se sent vidé, déprimé : « C’est ta vie qui est là et qui, tout à coup, est remise en question ». Il sera pourtant mobilisé à la rentrée. « Avec mon CAP mécanique, qu’est-ce que je peux trouver comme boulot dans ce coin, où il n’y a pas de travail ? » Il va se battre. Espère que le gouvernement fera pression. Mais nombreux sont ceux qui n’y croient plus :

On a un président normal. On va voir ce que c’est le normal ! Depuis les promesses de François Hollande quand on l’a rencontré au débat avec Nicolas Sarkozy, c’est le point mort. »

Comme beaucoup ici, David doute de la volonté de reclassement de PSA à l’extérieur du groupe. « Depuis plusieurs semaines, ils font venir des entreprises comme la RATP. C’est du vent! Il n’y a rien de plus que si on va nous même les voir. Ils font ça juste pour pouvoir dire qu’ils nous ont proposé quelque chose ». Ce qui a le plus choqué les salariés, c’est sans doute l’ouverture d’une cellule psychologique, elle aussi voici quelques semaines : « C’est bien la preuve qu’ils savaient et qu’ils nous ont menti ».

« Ils ont peur qu’on les contamine »

Quant à retrouver un poste à l’intérieur du groupe, tous savent que « ceux d’Aulnay » traînent derrière eux leur réputation de rebelles. : « Certains supérieurs nous ont dit que si Aulnay fermait, c’était grâce à nous et à nos grèves ! Dans les autres usines, ils préfèrent prendre des intérimaires plutôt que des gens de chez nous. Ils ont peur qu’on les contamine », raconte Hassan.

Entre 14 et 15 heures, au moment où se croisent les deux équipes de l’usine, les délégués syndicaux prennent la parole pour une réunion de protestation. Jean-Pierre Mercier, grande-gueule de la CGT, est vent debout contre les « mensonges » de PSA : « La direction nous dit qu’il y aura 1.500 mutations à Poissy et qu’est-ce qu’on apprend ? Que Poissy aurait déjà un sureffectif de 652 ouvriers ! » Pour le syndicaliste, « le vrai combat commencera à la rentrée. Chacune de nos actions doit être un avertissement aux services publics. Ils doivent entendre notre appel : ‘bougez-vous !’ » Et de conclure : « Notre boulot, c’est notre seule richesse ».

 dans SOCIALE

Le NouvelObs.fr

Publié dans:Economie, SOCIALE |on 13 juillet, 2012 |Pas de commentaires »

On se demande vraiment pourquoi…

Le moral des Français baisse en juillet

AFP
24/07/2009 | Mise à jour : 08:56

Le moral des ménages français est reparti à la baisse en juillet, perdant deux points par rapport à juin après plusieurs mois d’amélioration progressive, et se situe à « un niveau très bas », a annoncé ce matin l’Insee.Le solde mesurant le moral des ménages est à -39 points en juillet. Il avait atteint un plancher historique en juillet 2008 à -48 points, était à -43 en février, à -42 en mars, -40 en avril et en mai, puis -37 en juin, selon les enquêtes de l’Institut national de la Statistique. En juillet, la quasi totalité des composantes de cet indice repartent à la baisse.

L’opinion des ménages sur le niveau de vie passé et futur se dégrade et les Français sont aussi plus nombreux à penser que leur situation financière s’est détériorée au cours des douze derniers mois. En revanche, ils sont légèrement plus optimistes sur leur situation financière future. Ils considèrent toujours peu opportun de faire des achats importants. En juillet, les ménages sont à peine moins nombreux qu’en juin à estimer que le chômage va augmenter dans les prochains mois. Le niveau de ce solde d’opinion reste extrêmement élevé.

Les Français ont le sentiment que les prix ont peu augmenté au cours des mois passés et continuent à penser que l’inflation devrait rester faible dans les mois à venir. L’opinion des ménages sur leur situation financière actuelle est stable au mois de juillet.
La proportion de ménages qui estiment que le moment est opportun pour épargner diminue quelque peu. En revanche, davantage de ménages s’estiment capables d’épargner dans les prochains mois

Publié dans:SOCIALE |on 24 juillet, 2009 |Pas de commentaires »

SONDAGE……SONDAGE….SONDAGE….

Faut-il parler de « sondage de popularité » ou « d’impopularité »…..??

 

Sondage : nouveau recul pour Nicolas Sarkozy

NOUVELOBS.COM | 25.03.2008 | 18:26

Réagissez à l'article 17 réactions

La popularité du chef de l’Etat chute de six points en un mois pour s’établir à 44% de bonnes opinions, selon le baromètre Ifop. Bertrand Delanoë demeure la personnalité politique la plus populaire.

Nicolas Sarkozy (Reuters)

Nicolas Sarkozy (Reuters)

 

La popularité du président de la République Nicolas Sarkozy enregistre un nouveau recul de 6 points en mars dans le baromètre Ifop Paris-Match, le socialiste Bertrand Delanoë restant de son côté la personnalité politique la plus populaire.
Nicolas Sarkozy se situe désormais à 44% de bonnes opinions dans ce palmarès réalisé après les municipales, soit une baisse de 15 points au total depuis le début de l’année.
« Le président voit ses soutiens réduit à la portion congrue parmi les sympathisants de gauche (18%, contre 25% en février) » et sa popularité « baisse aussi parmi les proches de la droite (75% de bonnes opinions contre 84% en janvier) », note l’Ifop dans son commentaire du sondage.
La cote de François Fillon est stable par rapport à février (63% d’opinions positives), mais Rama Yade et Christine Lagarde, deux membres du gouvernement qui ont essuyé un échec aux municipales, perdent respectivement 7 points à 53% et 9 points à 36%.

Sévère chute pour Bayrou

François Bayrou, de son côté, « subit certainement le contrecoup des élections municipales qui ne lui ont pas été favorables », et perd 9 points à 56% de bonnes opinions, notent les auteurs du baromètre.
Le dirigeant centriste est rétrogradé à la quatorzième place du classement, alors qu’il était encore en sixième position en février.
Le socialiste Bertrand Delanoë en revanche consolide sa première place, avec une progression de 4 points à 78% de bonnes opinions.
Il est suivi par Bernard Kouchner (69%, -4 points), Valéry Giscard d’Estaing (69%, +2 points), Jean-Louis Borloo (67%, -2 points), Dominique Strauss-Kahn (67%, -2 points), Jacques Chirac (65%, +4 points).
A gauche, François Hollande voit sa cote remonter à 44% de bonnes opinions (+5 points), comme Martine Aubry (+5 points à 63%) et Dominique Voynet (+4 points à 54%).

- Sondage réalisé par téléphone les 20 et 21 mars à partir d’un échantillon de 956 personnes, représentatif de la population française de 18 ans et plus (méthode des quotas). Notice complète disponible à la Commission des sondages.

Publié dans:SOCIALE |on 26 mars, 2008 |Pas de commentaires »

Vérité qui fait mal…..

Urbanisée et rajeunie, la pauvreté est beaucoup plus visible qu’avant»

Social. Les Français ont-ils raison d’avoir peur de devenir pauvres ? L’avis d’un sociologue.

recueilli par GUILLAUME DUVAL (Alternatives économiques) et SONYA FAURE

QUOTIDIEN : lundi 12 novembre 2007

Dans le classement dressé par Julien Damon du Centre d’analyse stratégique, la France n’a pas à se plaindre : l’indice de développement humain – qui prend en compte la santé, la longévité, le niveau de vie et d’éducation – la classe au 9e rang européen devant l’Allemagne et le Royaume-Uni. Mais 13 % des Français pensent qu’ils pourraient devenir un jour sans-abri, un taux parmi les plus élevés de l’Union, juste après la Lettonie et la Lituanie. Un paradoxe ?

 

 

Pauvreté, inégalités sociales… Comment la France se place-t-elle par rapport à ses voisins européens ?

Dans une situation très favorable. Depuis le dernier élargissement, l’Union a accueilli des pays aux niveaux de défaveurs et d’inégalités incomparables avec la situation des pays occidentaux. Et même parmi les Quinze, la France se place très au-dessus de la moyenne. Le taux de pauvreté (1) y est de 13 % contre 16 % pour l’Union européenne des Vingt-Sept. Quant aux inégalités, le rapport entre les revenus des 10% les plus aisés et des 10% les plus modestes se situe exactement dans la moyenne des Quinze.

Mais les Français sont les Européens qui craignent le plus de devenir pauvres…

Neuf Français sur dix répondent «oui» à la question «Pensez-vous que tout le monde peut devenir pauvre?» Ce qui les place au tout premier rang européen. On trouve des scores deux fois moindres dans certains pays de l’Est, pourtant marqués par l’explosion des inégalités…

Sans doute parce que derrière les moyennes statistiques se cachent de grandes inégalités…

C’est vrai. Certains, notamment les jeunes, ont assurément à s’inquiéter de leur avenir et ils l’expriment. D’autres, quadras ou quinquas, établis, mariés ou fonctionnaires n’ont aucun risque. Mais ils expriment des craintes pour la génération qui les suit : celle de leurs enfants. Cette peur de déchoir est également due à un discours alarmiste, tenu depuis vingt ou vingt-cinq ans : les associations et les pouvoirs publics répètent que la pauvreté augmente. Ce n’est tout simplement pas vrai à l’aune de l’indicateur monétaire relatif. La pauvreté se réduit, même si elle se transforme.

Cette «nouvelle pauvreté» serait plus visible ?

Urbanisée, rajeunie, concentrée : elle est au quotidien beaucoup plus visible. Pendant les Trente Glorieuses, les pauvres, c’était surtout des personnes âgées. Depuis, le nombre de bénéficiaires du minimum vieillesse n’a cessé de baisser. Les bénéficiaires du RMI, au contraire, ont augmenté. Une particularité française renforce aussi cette peur : on tolère plus facilement la présence des pauvres dans l’espace public que dans d’autres pays. On côtoie la pauvreté, du coup, on a l’impression qu’elle est plus proche de nous.

Les statistiques sur lesquelles vous vous appuyez, établies sur la base des enquêtes revenus fiscaux, sont à relativiser…

C’est vrai, les très hauts revenus échappent à ces statistiques… tout comme les très bas : les SDF n’apparaissent pas dans ces enquêtes. De plus, si on corrigeait les taux de pauvreté des coûts du logement, on verrait cette fois la pauvreté augmenter. Le logement renforce les inégalités : il paupérise les plus jeunes et enrichit les propriétaires.

Vous soulignez que la proportion des travailleurs pauvres n’augmente pas. Mais la France a la structure des salaires la plus concentrée vers le bas de toute l’Europe, à l’exception de la Bulgarie…

Effectivement, 16 % de la population active touche le Smic. Mais si l’on prend la définition européenne des «travailleurs pauvres» (1) on observe que leur nombre se stabilise.

Votre étude souligne qu’en France, les transferts sociaux divisent par deux le taux de pauvreté.

Les pauvres représentent un quart de la population avant les transferts sociaux et 13 % après les transferts – c’est-à-dire après fiscalité et prestations. En clair, nous avons un système de protection sociale qui divise par deux la pauvreté, ce qui nous met dans le peloton de tête des Etats-providence dans le monde. Nous n’avons pourtant pas un système d’Etat-providence construit pour lutter contre la pauvreté – à l’instar des pays libéraux ou des systèmes sociaux-démocrates. Seules 2 % de nos dépenses de protection sociale sont ciblées sur la pauvreté. Mais les dépenses de pension, de politique familiale, permettent de la réduire. En gros, en France, il y a de moins en moins de pauvres, mais de plus en plus de bénéficiaires de l’Etat-providence. En 1990, les dépenses sociales représentaient 27 % du PIB. On en est à 30 % aujourd’hui.

Les projets du gouvernement visant à réformer le modèle social français ne vont-ils pas inquiéter les Français ?

Quoi qu’on en dise, il existe bien un «trou» de la Sécu. Il n’y a pas que des besoins de financement, il y a des problèmes structurels à gérer. Certains établis peuvent craindre la réforme. Mais on ne peut pas y couper, et il doit être possible de tous en bénéficier.

(1) Est considérée comme «pauvre» une personne dont le revenu se situe au-dessous du seuil de pauvreté, lui-même égal à 60 % du revenu médian de son pays.

 

Liens

Publié dans:Droit de l'homme, Politique, SOCIAL, SOCIALE |on 12 novembre, 2007 |Pas de commentaires »

L’hiver arrive: tant pis pour eux…..

Les associations maintiennent la pression sur Christine Boutin

Cordélia Bonalet François Vignal

QUOTIDIEN : samedi 3 novembre 2007

Une rencontre pour rien, ou presque. C’est un peu le sentiment qui est ressorti vendredi soir, après que Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du Droit au logement (DAL), a rencontré pendant près de deux heures le chef de cabinet de la ministre du Logement, Christine Boutin. «La situation n’a pas beaucoup évolué, mais le dialogue n’est pas rompu», a assuré Jean-Baptiste Eyraud.

Comme prévu, le DAL n’a pas voulu remettre la liste des mal-logés comme le demandait la ministre. Tout juste remettra-t-il lundi «une description à grands traits» de la situation des familles, à savoir, sur les 300 concernées, 80 % qui vivent à l’hôtel, 10 % chez un tiers et 10 % étant menacées d’expulsion.

Bout de trottoir. Rue de la Banque, les familles restent déterminées, malgré une cinquième évacuation jeudi matin. Plus de traces de tentes sur le trottoir, mais toujours des femmes, des enfants, des hommes, adossés à la façade du Ministère de la crise du logement, ce bâtiment squatté par plusieurs associations d’aide au logement. «On n’a même plus le droit de s’asseoir, sinon ils nous tombent dessus», lâche Paulette, membre du DAL, en désignant d’un geste les gendarmes. Fermement évacués la veille et l’avant-veille par les forces de l’ordre, la plupart des mal-logés qui campaient depuis début octobre sur ce trottoir parisien se sont retranchés dans les locaux du Ministère de la crise du logement, entre 150 et 200 personnes selon le DAL. «Légalement, les forces de l’ordre n’ont pas le droit d’intervenir à l’intérieur de l’immeuble, donc pour les mal-logés qui campaient dans la rue, ici il y a un côté “résidence diplomatique”», explique Fanny, membre de Jeudi noir, l’association à l’origine de l’occupation de l’immeuble en décembre 2006. A la porte du bâtiment, on monte la garde. «La relève!» s’exclame Paulette. Des femmes entrent alors dans l’immeuble, d’autres en sortent.

Djidrin et Abdou Aziz, eux, ne bougent pas de leur bout de trottoir. «Quoi qu’il arrive maintenant, on restera là. Même si ça doit devenir ma tombe», lance le second en faisant le signe de tracer un carré dans le bitume autour de lui. Ce Sénégalais, en France depuis dix ans et titulaire d’une carte de séjour, porte un atèle au poignet, «souvenir de l’évacuation d’hier». A côté de lui, Djidrin, d’origine malienne, renchérit : «Ils peuvent nous évacuer à nouveau, on reviendra. C’est un peu le chat et la souris.» Laveur de carreaux le jour, commis de cuisine la nuit, il dit payer sa chambre d’hôtel 20 euros par jour et par personne, soit 3 000 euros par mois pour sa famille de cinq personnes, et ce depuis quatre ans, avec une aide de la mairie «de 500 à 1 000 euros par mois», selon sa fiche de salaire.

Cordons de CRS. Jeudi, le front des mal-logés s’est élargi à la place Stalingrad, dans le XIXe, où une centaine de personnes se sont installées à l’initiative du CAL (Comité actions logement), pour y passer la nuit, sous une banderole «Relogez tous les mal-logés». Sous la pression policière qui entourait les manifestants – deux cordons de CRS selon le CAL –, ils ont choisi de lever le camp en fin de soirée. «On est parti sous la contrainte, menacés d’expulsion par le directeur de cabinet du préfet de police. Il nous a dit appliquer les propos de Christine Boutin», explique Pascal Bidaux, membre du CAL. Mercredi, la ministre du Logement s’était dite «déterminée à ne pas tolérer que des campements s’installent dans Paris».

«Maraudes». Pourtant Christine Boutin pourrait faire face à une nouvelle action des Enfants de Don Quichotte. Fin septembre, Augustin Legrand avait annoncé de nouvelles tentes sur et autour du Pont des arts. «On va essayer de mettre des gens à l’abri cet hiver, vers la mi-novembre», assure-t-il, en dépit de «l’argent qu’il faut trouver pour acheter des tentes» et des «maraudes à lancer». L’acteur engagé, qui se réjouit «du front commun associatif» qui s’organise, compte bien ne pas relâcher la pression : «7 000 personnes dorment dehors à Paris. Ces gens sont désespérés. Sur les 27 000 places promises en janvier par Jean-Louis Borloo, alors ministre de la Cohésion sociale, il en manque 14 000. S’il faut faire un hiver 54 tous les ans, on le fera.»

Liens

Publié dans:Politique, SOCIALE |on 3 novembre, 2007 |Pas de commentaires »

Vu de Corbeil-Essonnes |
ARCHITECTURE D'UN CONGO NOU... |
DEBOUT SAINT ETIENNE |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | PS : UN NOUVEAU SOUFFLE POU...
| Comité de soutien de Quetig...
| Ségolène Royal présidente