Archive pour la catégorie 'TERRORISME'

Terrorisme……………………..(18/05/2018)

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Attentat déjoué à Paris : l’un des deux Egyptiens interpellés a été mis en examen, l’autre relâché
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Publié dans:TERRORISME |on 18 mai, 2018 |Pas de commentaires »

Terrorisme………………………..(14/05/2018)

Analyse

Attentats : l’arme de la simplicité

Par Pierre Alonso et Ismaël Halissat — 13 mai 2018 à 21:16
Dans le quartier de l’Opéra, à Paris,  dans la nuit de samedi à dimanche.Zoom
Dans le quartier de l’Opéra, à Paris, dans la nuit de samedi à dimanche. Photo Thibault Camus. AP.

L’attaque au couteau qui a coûté la vie à un passant et en a blessé quatre autres samedi soir à Paris montre l’efficacité des modes opératoires rudimentaires, plus difficiles à déjouer. Une faiblesse exploitée par l’Etat islamique.

Un couteau. Pas d’arme automatique, pas de ceinture d’explosifs, seulement une arme blanche et un assaillant unique sur le lieu de l’attentat. Samedi soir, Khamzat Azimov n’avait aucun équipement sophistiqué pour mener son attaque, qualifiée de terroriste par le parquet de Paris et revendiquée très rapidement par l’Etat islamique. Avec sa lame de dix centimètres, le jeune homme de 20 ans a tué un passant et blessé quatre personnes à proximité de l’opéra Garnier, dans le centre de Paris. Dans le radar des services antiterroristes depuis 2016, Khamzat Azimov a eu recours à un mode opératoire rudimentaire, comme bien d’autres avant lui, signe que le terrorisme low-cost reste la menace la plus répandue.

«Les grandes opérations planifiées et spectaculaires sont beaucoup plus rares que les attaques simples. La sophistication entraîne un risque de repérage ou d’échec pour les terroristes», rappelle Marc Hecker, chercheur à l’Ifri et auteur de l’étude «137 nuances de terrorisme, les jihadistes de France face à la justice».

La France a en effet connu deux attaques complexes très meurtrières depuis 2015 : les attentats contre Charlie Hebdo, Montrouge et l’Hyper Cacher, pour lesquels les auteurs se sont coordonnés, et surtout le 13 Novembre, exécuté par un commando formé en Syrie et en Irak, et rentré en France pour le commettre. D’autres, également de grande envergure, ont pu être déjoués. Peu avant l’élection présidentielle de 2017, deux suspects avaient été interpellés in extremis à Marseille. Dans leur appartement, les enquêteurs retrouveront un arsenal et 3,5 kg d’explosif fraîchement conçu. Recherchés par les services de renseignement, ils avaient commis l’erreur de transmettre à un contact de l’EI leur vidéo de revendication, en fait envoyée à un policier infiltré (Libération du 16 juin 2017).

Mais depuis le début de la vague récente d’attentats, la plupart sont réalisés avec peu de moyens. A Marseille, le 1er octobre, Ahmed Hanachi assassine deux étudiantes à la gare Saint-Charles avec un couteau. En août, un homme projette sa voiture sur des militaires de l’opération Sentinelle à Levallois. D’autres, plus ou moins abouties, étaient tout aussi rustiques : attaque au marteau contre des policiers sur le parvis de Notre-Dame, en juin 2017, ou à la machette contre des militaires au Carrousel du Louvre, quelques mois avant. Si ces actions low-cost semblent se multiplier, elles ne sont pas nouvelles. «C’est la « stratégie des mille entailles », l’idée qu’une série de petites attaques peut créer un effet stratégique, notamment à travers la surréaction induite», précise le chercheur Marc Hecker.

Opportunisme

La littérature jihadiste regorge de recommandations de ce type. Inspire, la revue d’Al-Qaeda dans la péninsule arabique créée en 2010, encourageait déjà des actions terroristes en Occident avec des moyens modestes et accessibles, contre des cibles facilement atteignables. L’Etat islamique a repris cette stratégie opportuniste. L’ancien directeur de la DGSI Patrick Calvar l’avait souligné devant les députés en 2016 : «Les terroristes, j’insiste, frappent là où ils le peuvent, forts des compétences dont ils disposent.» En septembre 2014, soit trois mois après la proclamation du «califat» et un mois après le début des frappes de la coalition, le porte-parole de l’EI l’avait formalisé dans un appel qui fera date : «Si vous pouvez tuer un incroyant – en particulier les méchants et sales Français – […] alors tuez-le de n’importe quelle manière.» Et d’énumérer, macabre : «Frappez sa tête avec une pierre, égorgez-le avec un couteau, écrasez-le avec votre voiture, jetez-le d’un lieu en hauteur, étranglez-le ou empoisonnez-le.» Dans une séquence présentée par l’agence de propagande Amaq comme une vidéo de revendication de Khamzat Azimov, le jeune homme fait sien le mot d’ordre de l’EI : «Si vous pouvez faire la hijra [départ dans un pays musulman, ndlr], n’hésitez pas. Si vous ne pouvez pas, agissez ici en terre de mécréance. Ils nous ont fermé la porte à la hijra, alors frappons-les sur leur propre terre.»

Pour Calvar, ce terrorisme low-cost arrivait, en terme de priorité, après la menace des jihadistes ayant combattu sur zone et les petits groupes comme celui de janvier 2015. «Toute une catégorie d’individus voudrait agir mais n’en a pas les moyens. Certains pourraient aller au-delà […] et mener des actions de basse intensité, certes, mais qui n’en sont pas moins de nature à frapper les esprits», disait-il en 2016.

Réactivité

Un mode opératoire qui met en difficulté les forces de sécurité. «Le terrorisme low-cost relève plutôt d’une question de sécurité publique, sur la réaction à l’attaque, que de renseignement», analyse un ancien haut gradé de la sécurité intérieure. Sur les lieux de l’attentat, samedi soir, le Premier ministre a d’ailleurs tout de suite parlé de l’«exceptionnelle réactivité des forces de police». Selon son récit, en effet, un premier appel à la police est enregistré à 20 h 47. «Dans les cinq minutes», les policiers étaient sur place, a poursuivi Edouard Philippe, et «moins de neuf minutes» après, l’auteur de l’attaque était abattu par les tirs des policiers. Cette réactivité des forces de police a été théorisée et mise en œuvre après l’attentat du 13 novembre 2015. L’objectif fixé est de ne pas avoir à attendre les unités d’élite pour que des policiers soient en capacité d’intervenir très vite pour faire cesser l’attaque. Afin d’y parvenir, ont notamment été déployés de nouveaux fusils d’assaut à des brigades auparavant simplement équipées d’une arme de poing. Ou en s’appuyant sur l’opération Sentinelle, qui permet le déploiement de soldats notamment dans les lieux très fréquentés. Comme ce fut le cas lors de l’attentat de la gare Saint-Charles à Marseille, où l’assaillant a été tué rapidement par des militaires après les deux meurtres. Le renseignement semble quant à lui mis en échec par ce type d’attaque. «Il est très compliqué d’intervenir sur des individus agissant seuls ou dans de petites cellules. Il n’y a plus de réseau, avec un cœur qu’on atteint en remontant un fil. Tous sont dangereux isolément désormais», souligne un bon connaisseur du jihad et de la lutte antiterroriste qui concède n’avoir «aucune solution».

Pierre Alonso , Ismaël Halissat

Liberation.fr
desirdavenir77500
Publié dans:TERRORISME |on 14 mai, 2018 |Pas de commentaires »

Terrorisme……………………………..(13/05/2018)

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Le groupe Etat islamique revendique l’attaque au couteau perpétrée dans le centre de Paris. Suivez notre direct
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Terrorisme……………………(13/05/2018)

Attaque au couteau à Paris : l’assaillant était fiché S

Attaque au couteau à Paris : l'assaillant était fiché S
Des policiers à Paris le 12 mai 2018 après l’attaque au couteau. (VAN DER HASSELT / AFP)

Ses parents ont été placés en garde à vue.

Par L’Obs

Publié le 13 mai 2018 à 08h44

L’attaque au couteau qui a coûté la vie samedi soir à un passant dans le 2e arrondissement de Paris, a été perpétrée par un Français né en 1997 en Tchétchénie.

Fiché S (pour « sûreté de l’Etat »), il n’avait pas d’antécédents judiciaires, précisent des sources proches de l’enquête à l’AFP.

Ses parents ont été placés dimanche en garde à vue.

Un mort et quatre blessés

Un homme de 29 ans a été tué et quatre autres blessés par cet homme armé d’un couteau, qui a crié « Allah Akbar » selon des témoins. Les quatre blessés sont désormais hors de danger, a fait savoir dans la nuit le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb.

 

 

Le groupe djihadiste Etat islamique (EI), qui a frappé plusieurs fois la France depuis 2015, a rapidement revendiqué l’attaque. « L’auteur de cette attaque au couteau à Paris est un soldat de l’Etat islamique », a déclaré une « source sécuritaire » à Amaq, l’agence de presse de l’EI.

(Avec AFP)

L'Obs

L’Obs

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Terrorisme……………………….(13/05/2018)

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Terrorisme………………………………..(23/04/2018)

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Salah Abdeslam condamné à 20 ans de prison pour tentative d’assassinat à caractère terroriste, pour une fusillade en Belgique en 2016
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La lettre de Laurent Joffrin…………………(20/04/2018)

Libération 20 avril 2018
Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

L’échec terroriste

La violence fait les gros titres, la fin de la violence rarement. Néanmoins, les dirigeants de l’ETA, l’organisation terroriste basque, viennent non seulement de renoncer définitivement à l’action armée, mais ils se sont aussi lancés dans une contrition spectaculaire. «Nous sommes conscients que dans cette longue période de lutte armée, nous avons provoqué beaucoup de douleur et beaucoup de dommages qui n’ont pas de solution, ont-ils déclaré jeudi. Nous voulons montrer du respect aux morts, aux blessés et aux victimes qu’ont provoqué les actions d’ETA.[…] Nous le regrettons vraiment.» Cette déclaration, qui désavoue quarante années d’actions violentes et proclame que quelque 800 personnes ont été tuées pour rien par l’ETA, sera l’objet d’articles discrets. Et pourtant… En exprimant leur repentance pour les souffrances qu’ils ont causées en vain, les étarras consacrent une des grandes leçons de l’histoire contemporaine, qui vaut aussi pour les conflits en cours : le terrorisme aboutit, la plupart du temps, à un échec lamentable.

Née sous le franquisme et créditée pour cela d’un certain prestige, l’ETA a continué la lutte armée dans l’Espagne démocratique. Malgré sa détermination et sa longévité, elle n’a abouti à rien ou presque. Ce sont les partis légaux qui ont négocié des lois d’autonomie avec Madrid. Les attentats terroristes de cette période ont en général raidi le gouvernement légal. Aujourd’hui, l’organisation, démoralisée et dispersée, négocie en panique un meilleur traitement pour ses prisonniers en échange de sa reddition et de sa contrition. L’indépendance basque reste un espoir lointain, si tant est qu’elle soit atteignable.

Il a été de même pour la plupart des tentatives terroristes depuis deux siècles. Blanqui, théoricien de l’action violente minoritaire, a passé sa vie en prison et ce sont les mouvements de masse qu’il méprisait qui ont fait progresser sa cause. Le terrorisme russe a assassiné le tsar Alexandre II, pourtant réformateur, provoquant un retour en arrière du régime russe. Les anarchistes de Ravachol n’ont réussi qu’à durcir la répression à l’encontre du mouvement ouvrier. Dans l’époque moderne, les activistes de l’IRA ont fini par déposer les armes sans avoir obtenu le rattachement de l’Ulster à l’Irlande. La Fraction armée rouge a été détruite en Allemagne sans avoir fait progresser en rien la lutte contre le capitalisme, idem pour les terroristes italiens qui ont braqué contre eux l’immense majorité du peuple italien, partis de gauche au premier chef. Ce fut a fortiori le cas pour la pathétique équipée groupusculaire d’Action directe. Les terroristes palestiniens n’ont rien obtenu pour leur peuple ; ils ont surtout provoqué la montée en puissance de la droite israélienne qui colonise et réprime de manière encore plus raide. Même genre de résultat pour les Farc de Colombie, le FLNC corse, et une myriade de groupes violents à travers le monde, qui tuent des innocents pour rien, avant de constater l’inanité de leur propre stratégie. L’échec de l’ETA, confessé par ses propres dirigeants, n’est pas une surprise mais une officialisation.

En sera-t-il de même pour le terrorisme islamiste ? On peut raisonnablement le penser. Depuis quarante ans, les groupes islamistes ont été écrasés en Afghanistan (avant de renaître) en Algérie et en Egypte. L’Etat islamique, toujours dangereux, a néanmoins été chassé des terres où il avait constitué une enclave. La puissance morale et militaire de l’Occident, ou celle des Etats musulmans autoritaires, n’a en rien été entamée. Le combat continue : l’hydre renaît sans cesse et l’épreuve sera celle d’une génération ou deux. Mais le moins qu’on puisse dire, c’est que l’expérience historique ne plaide pas pour une victoire terroriste. Dans dix ans, vingt ans, ou plus, d’anciens djihadistes repentis viendront peut-être raconter, avec force regrets, la folle entreprise dans laquelle ils auront brûlé leur jeunesse… Les autres seront morts ou en fuite.

Laurent Joffrin
Publié dans:TERRORISME |on 20 avril, 2018 |Pas de commentaires »

Bouche bée………………….(10/04/2018)

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Une clé USB avec les noms de plus de 2 000 fonctionnaires de police retrouvée chez une jeune femme radicalisée entendue dans l’enquête sur l’attentat de Magnanville
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Publié dans:TERRORISME |on 10 avril, 2018 |Pas de commentaires »

Que justice soit (bien) faite………………..(05/04/2018)

Justice

Terrorisme : début du procès de la «filière de Lunel»

Par Chloé Pilorget-Rezzouk — 5 avril 2018 à 07:10
Le quartier de l'Abrivado à Lunel, dont sont originaires beaucoup de candidats au jihad.
Le quartier de l’Abrivado à Lunel, dont sont originaires beaucoup de candidats au jihad. Photo Pascal Guyot. AFP

Cinq hommes comparaissent jusqu’au 11 avril devant le tribunal correctionnel de Paris. Ils sont soupçonnés d’avoir appartenu à la «filière» de cette commune de l’Hérault funestement connue pour les départs de ses jeunes en Syrie.

  • Terrorisme : début du procès de la «filière de Lunel»

Une filière «particulièrement dangereuse et organisée», avait décrété Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’Intérieur. Trois semaines à peine après les attaques terroristes de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher, le 27 janvier 2015, les policiers du Raid et les gendarmes du GIGN effectuaient une descente au cœur de la petite ville de Lunel (Hérault) et de deux communes environnantes. Orchestré par la DGSI, le coup de filet se soldait par l’arrestation de cinq hommes, dont deux fraîchement rentrés de Syrie. Aujourd’hui âgés de 29 à 47 ans, ils comparaissent à partir du 5 avril devant le tribunal correctionnel de Paris, pour «association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes». Deux d’entre eux seront aussi jugés pour «financement d’une entreprise terroriste» dans ce dossier dit de la «filière» jihadiste de Lunel.

S’ils ne seront que cinq sur le banc des prévenus, ils sont une vingtaine de jeunes Lunellois – femmes et enfants compris – à être partis, entre l’automne 2013 et décembre 2014, rejoindre les rangs de l’Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie. Les morts successives, à partir de l’automne 2014, de huit d’entre eux, avaient jeté Lunel et ses 25 000 habitants sous les projecteurs. Politiques et médias s’étaient rués vers cette commune camarguaise, classée zone de sécurité prioritaire depuis 2012 et bientôt désignée «capitale du jihad», «laboratoire miniature du jihad made in France» ou encore comme l’un des 100 «Molenbeek français».

Parmi les cinq prévenus, seuls Adil B. et Ali A. ont fait le voyage jusqu’en zone irako-syrienne. Malgré les données téléphoniques et électroniques récoltées, le second a nié devant les enquêteurs s’y être rendu, tandis que le premier a invoqué des raisons humanitaires. Hamza M., Jawad S. et Saad B. n’ont, eux, jamais quitté Lunel, où le taux de chômage qui avoisine les 20% est l’un des plus importants du département.

Une bande de copains

Tous ou presque se connaissent depuis l’adolescence, ont fréquenté le même collège ou le même lycée. La bande de copains – et de frères – se rend régulièrement à la mosquée locale El-Baraka, un temps sous le feu des critiques après que son gérant a refusé de condamner le départ de certains jeunes. Mais c’est en marge du lieu de culte que ces Lunellois développent et consolident leur relation dans le cadre d’un «groupe de prière».

Jawad S., 34 ans, est d’ailleurs soupçonné d’avoir organisé des «assises» religieuses durant lesquelles il aurait incité au départ. Selon Adil B., Jawad abordait lors de ces discussions des thèmes comme «l’invisible, les anges, Dieu, le paradis, l’enfer». Trois jeunes Lunellois morts en Syrie, dont Houssem et Karim, les frères de Hamza M. et Saad B., y ont assisté. Devant les enquêteurs, le jeune homme au parcours professionnel chaotique a réfuté cette accusation, assurant être contre le jihad armé, et affirmant avoir été pris dans une «mascarade», après une période éprouvante post-divorce.

Le conflit syrien nourrira pourtant en continu les discussions du groupe qui avait ses habitudes au snack le Bahut, tenu par Karim B., alias «le Chinois», qui sera l’un des premiers à partir. Ensemble, les jeunes hommes regardent sur Internet des photos et vidéos de propagande jihadiste, les partagent entre eux. Un groupe qui, selon l’instruction, «a créé les conditions d’une émulation jihadiste collective», sans pour autant «constituer en soi une filière». À l’époque, une sorte de surenchère régnait dans la ville pour «se faire mousser», arguera l’un des prévenus auprès des enquêteurs, décrivant «une ambiance un peu jihad». C’était «à celui qui en montre le plus, celui qui ne parle que de ça».

Hamza M., «personnage central» ?

La vague de départs, qui vaudra à la ville sa sinistre réputation, commence en novembre 2013. Suivront des voyages tout au long de l’année suivante. Pour les enquêteurs, Hamza M., originaire du quartier de l’Abrivado, comme de nombreux Lunellois partis en Syrie, aurait joué un rôle essentiel auprès des nombreux candidats au jihad. Qualifié de «personnage central», il est soupçonné d’avoir été le plus actif au sein de la cellule lunelloise en devenant le principal «relais» entre la bourgade camarguaise et le Levant.

C’est d’ailleurs par son biais que l’arrivée sur place de Karim B. – pionnier lunellois sur le front irako-syrien et mort dans des combats en décembre 2014 – aurait pu être assurée dans de bonnes conditions. Hamza connaissait bien Karim et son frère Saad, qu’il côtoyait au Bahut. Lorsque Karim se retrouve, en novembre 2013, à la frontière turco-syrienne, Hamza remue ainsi ses contacts pour organiser son accueil et lui permettre d’intégrer une «katiba» (unité de combattants). Il passe notamment par un Albanais du nom de Johan Juncaj, proche de l’un des principaux recruteurs français, Mourad Farès, aujourd’hui incarcéré depuis son retour de Syrie, en septembre 2014.

Sur place, les premiers Lunellois établis, dont Karim, vont faciliter autant qu’ils peuvent l’arrivée de nouveaux compagnons, en mobilisant leurs relations ou en demandant, par exemple, à leurs proches de récolter de l’argent et du matériel. Ce pionnier sollicite ainsi l’aide de son frère Saad B., aujourd’hui accusé de lui avoir transmis 190 euros et d’avoir envoyé sa femme à l’aéroport de Marseille pour qu’elle puisse le rejoindre.

Crises de panique

Comme l’attestent des écoutes téléphoniques, Hamza M. est quant à lui resté en contact, toujours depuis Lunel, avec des Français présents dans la zone irako-syrienne. Le jeune homme – qui a perdu ses frères cadets (Houssem, 23 ans, et Sabri, 19 ans), officiellement dans un bombardement en octobre 2014 imputé à l’armée de Bachar al-Assad – est notamment effrayé à l’idée que ses copains lunellois s’affrontent au sein de brigades ennemies.

Au printemps 2014, bien informé, il renseigne ainsi Karim sur une potentielle offensive de l’Etat islamique, auprès duquel s’engageront ensuite les Lunellois, sur la katiba «Jaych Mohamed». C’est dans cette même brigade qu’Adil B., lui aussi parmi les premiers à partir, passe quelques semaines où il reste assigné aux tâches ménagères et à la cuisine à cause de fortes crises de panique. Avant de rentrer rapidement, en janvier 2014. Décrit par son entourage comme «influençable», il dira aux policiers être habité par un «djinn» et être parti en Syrie pour des raisons humanitaires.

Devant les enquêteurs, Hamza M. a reconnu être resté en lien avec des Lunellois, mais a réfuté toute activité de recruteur. Dans une ville rongée par le racisme, scindée en deux entre les «Pescalunes» – Lunellois de naissance – et les autres, le Lunellois d’origine tunisienne a aussi expliqué s’être enfermé dans un repli communautaire, après deux ans de chômage et un parcours professionnel chaotique : «J’ai fait un BTS compta, et à l’issue de ce BTS, tous les Français « de souche » ont trouvé un taf et les deux seuls Arabes de la classe, on n’a pas trouvé de travail.»

Il a notamment été décrit aux enquêteurs comme «le plus religieux de tous» par l’ex président de la mosquée El-Baraka. Placé sur écoute, Hamza flambait en décembre 2014, en pleine conversation avec son copain Adil B.: «Lunel, c’est la ville française la mieux représentée au sein de l’Etat islamique». Le procès se tiendra jusqu’au 11 avril.

Chloé Pilorget-Rezzouk

Liberation.fr
Publié dans:TERRORISME |on 5 avril, 2018 |Pas de commentaires »

Pour ou contre ? (29/03/2018)

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Interdiction du salafisme, expulsion des étrangers fichés S… Une large majorité de Français favorables à des mesures d’exception contre le terrorisme
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Publié dans:SONDAGES, TERRORISME |on 29 mars, 2018 |Pas de commentaires »
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