Histoire d’une fausse négociation….

Alors que la CFDT et la CGT appellent à la mobilisation aujourd’hui contre la remise en cause des 35 heures, «Libération» raconte les dessous d’une négociation où le ministre du Travail a mêlé RTT et représentativité syndicale… jusqu’à braquer les deux syndicats.

FRANÇOIS WENZ-DUMAS

QUOTIDIEN : mardi 17 juin 2008

Qui a décidé de livrer bataille à la CGT et la CFDT sur les 35 heures? Ce bras de fer avec les deux plus gros syndicats français, rejoints par la FSU et Solidaires, personne n’en voulait. Pas même le Medef. Et aujourd’hui, les appels à manifester visent à protester contre les projets du gouvernement contre les retraites et les 35 heures. Mais c’est aussi et presque surtout pour dénoncer un manquement à la parole donnée par le gouvernement que la CGT et la CFDT se mobilisent. Dans leur ligne de mire, le ministre du Travail Xavier Bertrand, coupable à leurs yeux d’avoir tenu un double discours sur la nécessité de rénover le dialogue social. Retour sur une négociation lancée en juin 2007, et qui s’est conclue avec deux grands syndicats qui traitent un ministre de «menteur».

Juin 2007

35 heures et représentativité, les négociations impossibles

L’assouplissement des 35 heures, nul ne le conteste, était au programme du candidat Sarkozy. Et comme le dit aujourd’hui le conseiller social de l’Elysée, Raymond Soubie, «le président de la République n’a jamais varié sur le sujet». Dès juin 2007 donc, soit un mois à peine après son élection à l’Elysée, Matignon envoie deux lettres aux partenaires sociaux. L’une pour leur demander de négocier sur la modernisation du marché du travail. L’autre sur la représentativité syndicale.

Les syndicats pensent à l’époque qu’ils n’ont aucune chance d’arriver à un accord sur la représentativité. «Dès le départ, on se doutait que ce serait très, très compliqué, se souvient Marcel Grignard, secrétaire nationale et négociateur pour la CFDT. Car si avec la CGT, on était à peu près sur la même ligne, les trois autres (FO, CFTC et CGC, ndlr) savaient qu’ils allaient y laisser des plumes.»

Dans le camp patronal, les choses sont au moins aussi compliquées. L’équipe dirigeante du Medef, autour de Laurence Parisot, est plutôt d’accord avec la CGT et la CFDT pour trouver un système qui renforce la légitimité des gros syndicats. Mais sa principale fédération, l’UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie), y est farouchement opposée. Elle estime que Force ouvrière et la CFTC doivent rester des alliés indispensables du patronat.

Quant aux 35 heures, on estime côté Medef que les pouvoirs publics auraient dû supprimer purement et simplement la notion même de durée légale du travail. Les syndicats rappellent, eux, que depuis la loi Larcher de janvier 2007, tout sujet social doit être ouvert à la négociation pendant six mois avant de légiférer. Le gouvernement doit donc renoncer à sa première idée d’intégrer les 35 heures dans sa loi Tepa (travail, emploi, pouvoir d’achat) votée dès août 2007.

Automne 2007

Le scandale UIMM change la donne

En novembre, Xavier Bertrand gère en douceur le conflit des régimes spéciaux. Il soigne son image auprès des syndicalistes qu’il reçoit régulièrement rue de Grenelle. On ne parle pas des 35 heures. De la représentativité syndicale non plus. Mais la mise sur la touche de l’UIMM va changer la donne. Quand l’affaire des retraits en liquide sur les comptes de la fédération patronale a éclaté, le 26 septembre 2007, le Medef et les syndicats n’ont qu’une idée en tête : clamer haut et fort qu’ils n’ont rien à voir avec les turpitudes des patrons de la métallurgie et leur une caisse noire dotée de près de 600 millions d’euros. La polémique vire à l’aigre entre Laurence Parisot et «ces messieurs de l’UIMM», qu’elle traite de «sacrés menteurs». Les têtes tombent, à commencer par celle du président, Denis Gautier-Sauvagnac, mis en examen et contraint par ses pairs de démissionner. Et l’UIMM, qui avait toujours mis son veto à une modification des règles de représentativité et cumulait les postes de négociateurs au nom du Medef, se retrouve hors-jeu.

19 décembre 2007

La mise en demeure de Nicolas Sarkozy

Les cheminots ont repris le travail. Nicolas Sarkozy se dit qu’il est temps de reprendre la main sur le terrain social. Il convoque patronat et syndicats le 19 décembre à l’hôtel de Marigny, en face de l’Elysée, où le colonel Kadhafi vient juste de replier sa tente. Il leur fixe trois figures imposées: achever la négociation sur le marché du travail, ouvrir celle sur la représentativité syndicale, et faire dans ce cadre des propositions visant à «simplifier la réglementation sur le temps de travail».

L’accord sur la modernisation signé par quatre syndicat sur cinq (CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) sera bouclé le 11 janvier. Deux semaines plus tard, le 24 janvier, s’ouvrent les discussions sur la représentativité. Les négociateurs conviennent de se retrouver chaque jeudi matin. «Très vite», raconte Marcel Grignard, «on a compris que, côté syndical, on n’avait aucune chance d’arriver à contenter tout le monde. Et côté patronal, ça tiraillait au moins aussi fort». Et «à aucun moment, la question du temps de travail n’a été abordée, assure Marcel Grignard. Nous n’avons discuté que de la représentativité.»

8 avril 2008

Le Medef met les 35 heures sur la table

Les négociateurs se sont fixés deux jours, le mardi 8 et le mercredi 9 avril, pour conclure ou constater l’échec de la négociation. «On a reçu la veille au soir le document préparatoire du Medef. A notre grande surprise, il comportait un nouvel article 17, sur les 35 heures», raconte un des négociateurs. Le Medef a-t-il pris tout seul l’initiative d’ajouter le sujet temps de travail à la représentativité? Ou cette idée lui a-t-elle été soufflée, et si oui par qui? «Ce n’est pas nous qui avons imposé le sujet, fait-on remarquer chez Xavier Bertrand. C’est le Medef qui a pris l’initiative de proposer cet article 17». Le 7 avril pourtant, lors de la remise de la Légion d’honneur à la Danièle Karniewiscz, présidente CGC de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav), le ministre s’est lourdement répandu auprès des syndicalistes présents pour expliquer qu’il leur fallait «aller beaucoup plus loin sur les 35 heures».

Le 10 avril à 3 heures du matin, la négociation est bouclée. La CGC a obtenu que la représentativité puisse être appréciée séparément pour les cadres. La CFTC a réussi à faire descendre à 8% le seuil à partir duquel un syndicat est jugé représentatif dans une branche et au niveau interprofessionnel. Du coup, la CFDT, la CGT et le Medef espèrent à ce moment-là que la CFTC et la CGC se rallieront à cette «position commune», d’autant que sur le fameux article 17 sur les 35 heures, chacun a l’impression d’avoir trouver une porte de sortie honorable avec les verrous de l’expérimentation et de l’accord majoritaire.

21 mai 2008

CGT et CFDT s’estiment trahies

Xavier Bertrand commence ses consultations dès le 10 avril. A la CFTC, le secrétaire général de la fédération de la métallurgie est le plus virulent contre l’accord. Et la CGC indique très vite qu’elle ne signe pas non plus. Les «petits syndicats» naguère choyés par l’UIMM ont bien compris que leur existence était menacée. Et à Force ouvrière, on active tous les réseaux, en particulier francs-maçons, pour tirer la sonnette d’alarme auprès du ministre, dont on sait depuis une enquête publiée en février par l’Express qu’il est lui-même membre du Grand Orient de France. S’il ne peut pas toucher à l’accord sur la représentativité, Xavier Bertrand se rallie à l’idée de donner une petite leçon au Medef, à la CGT et à la CFDT en refusant de ratifier l’article 17 sur les 35 heures. Comme ministre du Travail, il se complique la tâche. Mais comme secrétaire général adjoint de l’UMP, il flatte ses troupes.

Le vendredi 16 mai, le ministre réunit les signataires de la «position commune». Il leur tient un discours rassurant sur la représentativité, mais se montre sibyllin sur les 35 heures, rappelant juste, comme l’avait fait Nicoals Sarkozy, que le gouvernement ne toucherait pas à la durée légale du travail. «On s’est demandé ce qu’il préparait. Mais comme il parlait de transposer l’esprit et la lettre de notre accord, on ne s’est pas trop inquiété», raconte Marcel Grignard.

Le lundi 19 mai, Patrick Devedjian, secrétaire général de l’UMP, parle lors de son point de presse hebdomadaire d’un «démantèlement définitif des 35 heures». Invités ce jour-là rue de Grenelle pour parler de la mission européenne sur la fléxisécurité, les syndicalistes demandent à Xavier Bertrand ce que cela veut dire. Les conseillers du ministre du Travail tentent de les rassurer. Ils ne sont visiblement pas encore au courant de la décision prise quelques heures plus tôt, lors d’un petit déjeuner à l’Elysée, de lancer l’offensive sur les 35 heures. Patrick Devedjian est en fait chargé de préparer le terrain, ce qu’il a fait «un peu maladroitement», reconnaît un ténor de l’UMP.

Deux jours plus tard, le mercredi 21 mai, Michel Donnedu, le négociateur CGT, est reçu au ministère du Travail. Il comprend que le gouvernement les a menés en bateau. Reçue le lendemain, la CFDT en a confirmation.

Les deux organisations syndicales décident alors d’appeler à la mobilisation générale pour le 17 juin, sous les commentaires goguenards du secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, qui reproche à ses homologues de pousser des grands cris après avoir «mis le doigt dans la porte». Seule consolation pour les signataires : la présidente du Medef ne les lâche pas. Le 10 juin, devant les parlementaires UMP, Laurence Parisot redit que le gouvernement aurait dû respecter l’accord, le Medef ne souhaitant pas «une victoire à la Pyrrhus» sur les 35 heures.

 

Publié dans : SOCIAL | le 17 juin, 2008 |Pas de Commentaires »

Médecine: dépassements d’honoraires….

Médecine: les honoraires en roue libre

Un collectif d’associations de malades met à jour l’explosion des dépassements.

ERIC FAVEREAU

QUOTIDIEN : mardi 17 juin 2008

C’est le point le plus noir de la médecine libérale en France : les dépassements d’honoraires. Il y en a partout, de plus en plus. Et ils frappent en priorité les plus démunis, ceux qui n’ont pas de «bonnes mutuelles». Roselyne Bachelot a déclaré, hier au micro de RMC, «son intention de fixer à 80 euros le montant minimum obligeant un médecin à informer préalablement par écrit son patient en cas de dépassement d’honoraires au-delà des tarifs remboursables».

«80 euros… Comme si c’était cela le problème», lâche, exaspéré, le Collectif interassociatif sur la santé (CISS) et son président (lire ci-dessous) qui vient de rendre publique une enquête passionnante sur l’état des lieux de ces dépassements en France.

L’année dernière, déjà, l’Igas (Inspection générale des affaires sociales) avait tiré la sonnette d’alarme en montrant que les dépassements d’honoraires ont fortement augmenté dans les dix dernières années, représentant aujourd’hui 2 milliards d’euros sur les 19 milliards d’honoraires perçus au total par les médecins. Et l’Igas ajoutait : «Cela pose un grave problème d’accès aux soins.»Inventaire. L’enquête du CISS est complémentaire, car elle met en exergue la timidité extrême des caisses primaires d’assurance maladie (CPAM) devant ce phénomène alors qu’elles ont tous les moyens pour réagir. En avril dernier, le CISS a écrit aux 82 CPAM pour avoir leurs données sur les dépassements. Problème : seuls 22 CPAM ont répondu et 9 ont pu fournir des données exploitables. Le résultat est néanmoins ahurissant. On dirait un inventaire à la Prévert des manquements à la légalité conventionnelle. Rappelons que dans la médecine conventionnée, il y a deux secteurs : le secteur 1, où les dépassements sont normalement interdits ; et le secteur 2, où le médecin peut demander un dépassement. 

Que voit-on dans l’étude du CISS ? D’abord, une énorme surprise : pour les médecins (généralistes et spécialistes) du secteur 1, on dépasse à tour de bras alors que cela est formellement interdit. En Saône-et-Loire, la CPAM note que «71,5 % des dépassements pratiqués par les médecins du secteur 1 ne sont pas autorisés». A Belfort, deux spécialistes en secteur 1 font des dépassements dont le montant est le double du tarif légal. A Longwy (Meurthe-et-Moselle), «les dermatologues totalisent, chacun, près de 8 400 euros de dépassements en 2007. Et dans cette même ville, les rhumatologues pratiquent en moyenne près de 5 000 euros de dépassements». En Corrèze, «au cours du premier trimestre 2008, 2 338 actes réalisés par les généralistes ont déjà fait d’objet d’un dépassement sans motif». Dans la Drôme, 96 % des généralistes facturent des dépassements d’honoraires non autorisés : «Les dermatologues, les gynécologues, les gastroentérologues, les ORL et les pneumologues ont tous cette pratique, interdite faut-il le rappeler… Et ces dépassements sont élevés, supérieurs à 30 euros pour les cardiologues et les neurologues.» Et la liste continue. Dans la Meuse, pour les visites à domicile, le nombre de généralistes pratiquant des dépassements est passé de 26 en 2004 à 98 en 2006.

Le secteur 2 maintenant. On savait la dérive généralisée, mais manifestement, cela s’amplifie. Dans le Gard, un neuropsychiatre demande un dépassement par acte technique de 325 euros. A Pau, le dépassement moyen est de 42 euros pour les ORL, de 99 pour les gynécos et de 130 euros pour les urologues. En Corrèze, tout s’envole : plus de 100 euros de dépassement par acte pour les ophtalmos, plus de 140 pour les cardiologues et cela va jusqu’à 400 euros pour les stomatologues.

Quant aux chirurgiens, le dépassement est devenu la règle. Toujours dans le Gard, aucun chirurgien n’exerce en secteur 1 ; en Haute-Vienne, le montant moyen du dépassement est de 106 euros pour les actes techniques.

Ces chiffres peuvent paraître anecdotiques ou éclatées. Il n’en est rien. Même le très diplomate directeur de l’Union nationale de l’Assurance maladie (Uncam), Frédéric van Roekeghem, l’a reconnu : «Le taux de dépassement des spécialistes du secteur 2, qui était de 2 % en 1985, est aujourd’hui à plus de 50 %.»

Moyens. Telle est donc la situation aujourd’hui. Les CPAM ont pourtant à leur disposition tous les moyens – de l’avertissement au blâme, jusqu’à la mise hors convention du médecin fautif – pour réagir. Elles ne le font pas. Le directeur de l’Uncam vient d’être mandaté «pour assurer une meilleure régulation des dépassements d’honoraires». Mais qui peut le croire, tant la situation est gangrenée ?

 

Publié dans : SANTE | le 17 juin, 2008 |Pas de Commentaires »

Les godillots parisiens au bord du ring….!

A Paris, au groupe UMP, c’est verbe haut et couteaux tirés

CHRISTOPHE FORCARI

QUOTIDIEN : lundi 16 juin 2008  loadNbReaction(‘NbReactions’,curDocId);

«Tu me cherches ou quoi ?» L’ambiance serait-elle tendue au sein du groupe UMP à la mairie de Paris ? C’est peu de le dire si l’on en croit le récit fait d’une réunion, il y a une semaine, destinée à préparer le conseil de Paris qui doit se tenir aujourd’hui.

Réplique. Ce jour-là, Claude Goasguen, député-maire du XVIe arrondissement, s’en prend violemment au président du groupe, Jean-François Lamour, qui refuse de lui redonner à nouveau la parole. D’où la réplique, «Tu me cherches ou quoi», de l’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports. «Disons que cela a été viril. Ils ont quasiment failli en venir aux mains», raconte un des témoins de cette passe d’armes pour qui «Claude Goasguen cherche à exister par tous les moyens, quitte à dire blanc quand c’est noir et réciproquement. Du coup, Lamour est débordé». «Goasguen avait soutenu Legaret [maire du Ier arrondissement, ndlr] lors de l’élection à la tête du groupe. Maintenant, il essaye de se faire Lamour tous les jours», regrette un autre élu. «La défaite des dernières municipales a creusé de gros clivages au sein du groupe. Le bilan de cette élection n’a pas vraiment été fait», regrette un des nouveaux élus.

L’UMP Paris se divise en trois grands groupes. D’abord, les nouveaux élus. En provenance majoritairement de l’Est parisien, ils se plaignent du manque de moyens qui leur est attribué. Ils ambitionnent également de «changer le logiciel UMP sur Paris pour mieux tenir compte de l’évolution sociologique de la ville, notamment sur les questions de société». Comme sur le vote des résidents extracommunautaires aux élections locales.

Ces prises de position de la jeune garde progressiste baptisée «Pari Paris», et réunie autour de Roxane Decorte et de Pierre-Yves Bournazel, heurtent la deuxième tendance, les élus plus traditionnels de l’Ouest parisien, confortés dans leur fauteuil. «Comme ils ont retrouvé leurs bureaux, leurs voitures, que l’UMP a conservé le même nombre d’arrondissements, certains feignent d’ignorer que nous nous sommes pris une vraie raclée. La droite recule en voix sur Paris. Nous sommes en danger», analyse un des élus de la nouvelle génération. «Il y a une érosion dans nos arrondissements traditionnels», reconnaît Jean-Didier Berthault, le secrétaire départemental de la fédération de Paris, l’une des plus importantes de France.

Enfin, l’UMP doit compter avec ses électrons libres, tel Claude Goasguen, objet de tous les ressentiments de la part de Pierre Lellouche, candidat battu dans le VIIIe arrondissement face à Jean-François Lebel, le maire sortant. Face à ces rancœurs et à ces querelles, «Jean-François Lamour ne dispose pas de la masse critique nécessaire pour imposer ses choix», juge Pierre Lellouche.

Bataille. Le malaise au sein du groupe UMP à l’Hôtel de Ville n’est évidemment qu’une réplique de la bataille en cours pour la présidence de la fédération de Paris. La garde des Sceaux, Rachida Dati, ainsi que la ministre de l’Economie et des Finances, Christine Lagarde, n’excluent pas d’y concourir. Tout comme Lynda Asmani, la jeune élue du Xe arrondissement. Le chef de l’Etat a réuni l’ensemble des élus parisiens pour tenter de calmer le jeu et surtout bien leur spécifier qu’il surveillera la vie du groupe «comme le lait sur le feu», selon un des conseillers de l’Elysée.

 

Publié dans : Politique | le 16 juin, 2008 |Pas de Commentaires »

Quelques pistes pour sauver l’Europe…

Après le non irlandais au traité de Lisbonne, les pistes pour une Union plus démocratique.

De notre correspondant à Bruxelles (UE) JEAN QUATREMER

QUOTIDIEN : lundi 16 juin 2008

Si le non irlandais ne paraît pas aussi insurmontable que le double non franco-néerlandais de 2005, il oblige néanmoins les dirigeants européens à s’interroger sur la façon dont ils font l’Europe au quotidien, sur leur pratique démocratique et sur l’adhésion de leurs citoyens au projet communautaire. «Nous avons connu trois accidents industriels en trois ans. Si j’étais chef d’entreprise je m’interrogerais sur le processus de fabrication même si le produit final reste bon», risque Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes interrogé par Libération. Plusieurs pistes sont d’ores et déjà explorées pour rapprocher l’Europe des citoyens.

A court terme

Rendre l’Europe plus attentive aux problèmes quotidiens

A Paris, on est persuadé que l’Union doit davantage s’intéresser à la vie des gens : «Nous avons un devoir d’être plus efficaces au service de la vie quotidienne des Européens», a ainsi plaidé samedi Nicolas Sarkozy. «Le Président veut par exemple qu’on débatte du prix du pétrole lors du sommet de jeudi et de vendredi», souligne l’Elysée. «La Commission sait très bien être réactive pour les catastrophes naturelles dans les pays tiers en envoyant de l’aide d’urgence. Pourquoi ne pas réagir de la même façon dans l’Union quand il y a des catastrophes économiques ?» estime Jouyet. Si à Berlin, on ne peut qu’approuver, on met néanmoins en garde contre les «fausses promesses» : «C’est bien de parler du prix du pétrole, mais il n’y a aucune compétence européenne dans ce domaine. On donne donc l’impression que l’Union pourrait faire, mais ne fait rien.»

Renforcer la légitimité du Parlement européen

«Si nous voulons que les citoyens soutiennent l’Europe, nous devons créer une Europe des citoyens», prévient le président du Parti socialiste européen, le Danois Poul Nyrup Rasmussen. Cela tombe bien, puisque c’est justement le rôle du Parlement européen. Mais les campagnes pour les élections européennes ont toujours été nationales et aucun des grands groupes qui dominent l’Europarlement n’a jamais proposé un vrai projet pour l’Europe. «Or, la démocratie s’organise à partir des partis politiques», souligne-t-on à Berlin. «Que chaque groupe aille aux élections de juin 2009 en disant quel est son candidat pour la présidence de la Commission au lieu d’attendre que le Conseil des chefs d’Etat et de gouvernement ne leur propose un nom.» Une analyse à laquelle adhère Paris.

Démocratiser la nomination des dirigeants européens

«La démocratie s’incarne dans des personnalités», note justement Sylvie Goulard, la présidente du Mouvement européen France. Or, les dirigeants de l’Union sont toujours choisis à l’issue de tractations de couloirs entre les chefs d’Etat et de gouvernement, le Parlement européen n’ayant qu’à ratifier les choix des «chefs». Nicolas Sarkozy, qui voulait obtenir un paquet de nominations (président de la Commission, président du Conseil européen, ministre des Affaires étrangères, etc.) lors du sommet de décembre prochain, avant même les élections européennes de juin 2009, n’avait aucune intention de changer de méthode. Ce n’est plus tenable. Le président de la Commission propose ainsi que les partis politiques désignent leur candidat. Pour le président du Conseil européen qui doit être élu par les vingt-sept chefs d’Etat et de gouvernement, il faudrait un appel à candidature et un débat public afin que les raisons du choix soient claires. «Et surtout, il faudrait arrêter de nommer des couillons», prévient crûment Sylvie Goulard.

Impliquer davantage les Parlements nationaux

Le traité de Lisbonne donnait pour la première fois aux Parlements nationaux une place dans le fonctionnement de l’Union : ils deviennent directement destinataire de tous les projets de directives et de règlements communautaires ainsi que des propositions de révisions des traités, ils peuvent bloquer le passage du vote à l’unanimité à la majorité qualifiée ou tirer la sonnette d’alarme s’ils estiment que l’Union empiète sur les compétences nationales. Pourquoi ne pas appliquer immédiatement ces dispositions ?

A moyen terme

Démocratiser le fonctionnement du Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement

Sylvie Goulard estime que cette instance, qui se réunit quatre à six fois par an et qui décide à l’unanimité, est «le trou noir de la démocratie» : «Ils sont au sommet de la pyramide européenne mais ils ne sont responsables collectivement devant personne.» Pour la présidente du Mouvement européen France, «aucun des chefs n’a été élu sur un programme européen. Et pourtant, ils décident de toutes les questions importantes, comme le budget européen, le choix des dirigeants ou encore les frontières de l’Union, c’est-à-dire de tout ce qui intéresse les citoyens. Le problème de la démocratie dans l’Union, c’est eux». «Il faut sortir de ce système de directoire», admet Jean-Pierre Jouyet. Wolfgang Schaüble propose ainsi que le président du Conseil européen soit élu au suffrage universel direct…

Permettre une Europe à plusieurs vitesses

«Il faut arrêter de vouloir imposer le même rythme à tout le monde. Tout ce qui est solide a été fait à quelques-uns», estime Jean-Luc Sauron, président de l’Association des juristes européens. «Il faut se donner les moyens de gérer la diversité au sein de l’Union», acquiesce Jouyet. Si l’Irlande refuse de revoter ou vote une seconde fois «no», la question de sa sortie sera posée et sans doute résolue par la création d’une Union de deuxième division à côté de la première qui fonctionnerait selon les règles du traité de Lisbonne.

Organiser un référendum européen sur les objectifs de l’Union

Ni Paris, ni Berlin ne sont opposés par principe à une telle idée. Il ne s’agirait pas de faire voter tous les citoyens européens sur un nouveau traité, par essence complexe, mais plus simplement de s’assurer qu’ils acceptent toujours les objectifs de l’intégration communautaire. «Cela permettrait de vérifier que nous sommes collectivement toujours d’accord avec l’objectif final», réfléchit Jean-Pierre Jouyet. Il n’est, en tout état de cause, pas question d’aller plus loin, notamment en renégociant une nouvelle constitution. Quant à créer une Assemblée constituante européenne, Berlin en écarte tout simplement l’éventualité : «Le pouvoir constituant appartient aux Etats. Pour qu’il en aille différemment, il faudrait modifier non seulement les traités européens mais aussi l’ensemble des constitutions nationales. Et ça, ce n’est pas pour demain.»

 

Publié dans : Europe | le 16 juin, 2008 |Pas de Commentaires »

La baisse du chômage en question…

Derrière le miracle de la baisse du chômage

 Par Guillaume Duval , rédacteur en chef d’Alternatives économiques, auteur de « Sommes-nous des paresseux ? Et trente autres questions sur la France et les Français », aux éditions du Seuil

 Le 5 juin dernier l’Insee publiait les chiffres officiels du chômage au 1er trimestre 2008. Ils faisaient apparaître une baisse sensible du nombre des chômeurs, descendu à 2 000 000 de personnes, ainsi que du taux de chômage, ramené à 7,2 %, pour la première fois depuis 1982. Cette (bonne) nouvelle a immédiatement donné lieu à un grand exercice d’autosatisfaction de la part du gouvernement : « grâce à l’accélération des réformes pour libérer le travail, moderniser le service public de l’emploi et soutenir la compétitivité des entreprises, l’économie française crée des emplois », s’est félicité Christine Lagarde, ministre de l’économie. Pourtant ce n’est pas, en réalité, le dynamisme des créations d’emplois qui explique cette baisse. Au contraire : sa véritable cause, la stagnation de la population active, a plutôt de quoi inquiéter si elle devait se confirmer au cours des prochains mois.

Les chiffres publiés par l’Insee ont surpris tous les observateurs. A commencer par l’Insee lui-même qui avait pronostiqué, dans sa note de conjoncture publiée en mars dernier, que le chômage cesserait de baisser cette année. De plus, le chiffre des créations d’emplois au premier trimestre 2008, publié également par l’Insee quelques semaines auparavant, avait été très mauvais : avec 39 000 emplois supplémentaires seulement dans le secteur concurrentiel on avait créé presque quatre fois moins d’emplois qu’au premier trimestre 2007. De son côté le nombre des chômeurs inscrits à l’ANPE faisait apparaître, une fois corrigé des variations saisonnières, l’inflexion prévue par l’Insee : avec 7700 chômeurs de plus au premier trimestre 2008 par rapport au dernier trimestre 2007, leur nombre augmentait de nouveau pour la première fois depuis 2005.

Au cours des dernières années les chiffres du chômage avaient donné lieu à de vives polémiques du fait que le nombre des chômeurs inscrit à l’ANPE baissait davantage que ceux recensés par l’Insee sur la base d’enquêtes réalisées directement auprès des français. D’où des accusations de manipulation à travers une politique de radiation agressive des chômeurs inscrits à l’ANPE. Au premier trimestre 2008, on s’est retrouvé dans la situation inverse : le chômage a baissé davantage selon l’Insee que ce qu’on pouvait attendre au vu de l’évolution des inscrits à l’ANPE. Or, il paraît peu probable, dans le contexte actuel, que l’agence soit brutalement devenue laxiste au premier trimestre 2008. Comment expliquer dès lors le miracle des bons chiffres de l’INSEE ? 

La réponse se trouve dans le détail des données publiées : entre le premier trimestre 2008 et le dernier trimestre 2007, ce qu’on appelle la population active, c’est-à-dire l’ensemble des gens qui ont un emploi ou en recherchent un, n’a augmenté, selon l’Institut statistique, que de 5 000 personnes en France, soit à un rythme annuel de 20 000 personnes. Alors que l’an dernier ce nombre avait augmenté de 122 000 personnes et plutôt de 200 000 personnes par an au cours des années antérieures. Il fallait donc créer au minimum autant d’emplois supplémentaires chaque année, pour commencer à faire baisser le chômage. Le départ en retraite des baby boomers explique bien sûr cette inflexion, mais son effet n’aurait pas dû être aussi important que ne le mesure l’Insee au premier trimestre. En effet, il aurait dû être compensé en partie par le fait que des gens, jusque là découragés de prendre un emploi, se remettent à tenter leur chance sur le marché du travail. Or cela ne s’est pas produit : à force de ne créer pour l’essentiel que des petits boulots mal payés et à temps très partiels dans les services aux personnes, les gens ont été manifestement découragés de chercher un emploi. Et du coup, l’Insee trouve qu’il y a moins de chômeurs. Il faut toujours prendre les évolutions mesurées sur un seul trimestre avec beaucoup de pincettes, mais si cette tendance devait perdurer, elle n’aurait rien de rassurant pour l’économie et la société française. Même si elle contribue à limiter le nombre des chômeurs officiellement reconnus comme tels…


 

Publié dans : Chômage | le 16 juin, 2008 |Pas de Commentaires »

Quelle famille…………!!!

Le fils cadet de Nicolas Sarkozy est candidat à la tête du groupe UMP dans les Hauts-de-Seine. Patrick Devedjian, président du conseil général, soutient lui un autre candidat.

afp

LIBERATION.FR : vendredi 13 juin 2008

Ce n’est jamais simple dans les Hauts-de-Seine. Jean Sarkozy s’est porté candidat à la tête du groupe UMP-Nouveau Centre au conseil général du riche département de l’ouest parisien, alors que le président de l’assemblée départementale Patrick Devedjian soutient pour sa part le centriste Hervé Marseille (NC)…

Le fils cadet du président de la République, élu en mars aux cantonales à Neuilly-sur-Seine, a «adressé un courrier à ses collègues pour les informer de sa volonté d’être candidat», a expliqué un membre de son entourage, confirmant une information des quotidiens Le Parisien et Le Figaro.

«Jean n’a aucune intention de défier Patrick Devedjian. Cependant, un certain nombre de conseillers généraux sont allés le voir pour lui dire que la présidence du groupe revenait à l’UMP», a ajouté cette source, précisant que Jean Sarkozy ne souhaitait pas s’exprimer «tout de suite». Les services du conseil général ont indiqué que Patrick Devedjian ne souhaitait pas non plus réagir.

Le siège de chef du groupe UMP-NC et apparentés est vacant depuis la démission de l’UMP Jean-Jacques Guillet du conseil général, pour cause de cumul des mandats. Patrick Devedjian a laissé entendre à plusieurs reprises qu’il souhaitait voir le maire de Meudon, Hervé Marseille (Nouveau Centre), remplacer Jean-Jacques Guillet.

L’annonce de cette candidature risque fort de relancer les tensions au sein de l’assemblée et les commentaires sur le rôle joué auprès de Jean Sarkozy par la vice-présidente du conseil général Isabelle Balkany, qui entretient de mauvaises relations avec Patrick Devedjian. En mars, alors que les conseillers généraux s’apprêtaient à réélire Patrick Devedjian, elle avait ouvertement critiqué le secrétaire général de l’UMP, avant de finalement voter pour lui.

Publié dans : Politique | le 14 juin, 2008 |Pas de Commentaires »

Un plan « B » pour l’Europe….

Les stratégies pour passer outre

Le vote irlandais n’est pas considéré comme aussi gênant que le «non» français de 2005.

De notre correspondant à Bruxelles (UE) JEAN QUATREMER

QUOTIDIEN : samedi 14 juin 2008

Le scénario tant redouté s’est donc produit : en votant «non» au traité de Lisbonne, les citoyens irlandais replongent l’Union dans la crise. Même les marchés financiers ont marqué le coup : l’euro a atteint son plus bas niveau en un mois face au dollar. Pourtant, la configuration politique et diplomatique n’est pas exactement la même qu’en 2005, lorsque les Français et les Néerlandais avaient rejeté le projet de Constitution européenne. D’une part, l’Irlande, qui n’est pas un Etat fondateur, est un pays périphérique et, d’autre part, les partenaires de Dublin semblent déterminés à mener le processus de ratification à son terme, ce qui risque de placer l’Irlande dans une position pour le moins inconfortable.

 

Hypothèque. L’Allemagne et la France ont ainsi fait savoir dès hier, dans une «déclaration commune» que, s’ils prenaient «acte de la décision démocratique des citoyens irlandais avec tout le respect qui lui est due», il n’était pas question de suspendre la ratification du traité de Lisbonne : ils espèrent que les chefs d’Etat et de gouvernement, qui se retrouvent les 19 et 20 juin à Bruxelles, le réaffirmeront avec force.

En juin 2005, confrontés au refus de Tony Blair, alors Premier ministre britannique, de soumettre la Constitution à un référendum après le double «non», les Vingt-Sept avaient laissé chacun libre de faire ce qu’il voulait et décrété dans la foulée une «période de réflexion». Mais, cette fois, Gordon Brown, son successeur, pourtant très affaibli sur le plan interne, a assuré à ses partenaires qu’il irait jusqu’au bout : il est vrai que la Chambre des communes a déjà donné son feu vert et que celui de la Chambre des Lords ne fait plus aucun doute. On espère même à l’Elysée que Brown, qui s’est entretenu à ce sujet avec Nicolas Sarkozy, aura ratifié le traité mercredi, à la veille du sommet européen. Un symbole fort, l’attitude britannique étant considérée dans les capitales européennes comme la principale hypothèque qui pèse désormais sur l’avenir du traité de Lisbonne. Un «no» de Londres l’aurait, pour le coup, définitivement enterré. La République tchèque, où Nicolas Sarkozy se rend lundi et qui est tout aussi eurosceptique, hésitera donc avant de jouer les francs-tireurs.

Deuxième division. Si tout se passe comme on l’espère à Bruxelles, les ratifications seront achevées fin novembre dans les vingt-six Etats membres qui ont choisi la voie parlementaire. A ce moment, la balle sera dans le camp des Irlandais, car aucun Etat, absolument aucun, n’envisage de renégocier un nouveau traité. L’alternative est simple : soit en rester à l’Union telle qu’elle est aujourd’hui, soit demander aux Irlandais de revoter le même texte, comme ils l’ont fait pour le traité de Nice en 2002, moyennant quelques protocoles additionnels (sur l’avortement, le divorce, la neutralité, etc.). Si l’Irlande refuse, tout en excluant de quitter l’Union, une autre solution, plus complexe et plus longue, consisterait à créer une Union de deuxième division à laquelle adhéreraient les pays qui le souhaitent. Les 862 000 Irlandais qui ont voté non auraient ainsi concouru à créer un «noyau dur» européen, plus intégré, auquel rêvent tous les fédéralistes européens.

 

Publié dans : Politique | le 14 juin, 2008 |Pas de Commentaires »

Où va l’Europe…………?

Pleureuses

didier pourquery

QUOTIDIEN : samedi 14 juin 2008

A chaque crise que traverse l’Europe c’est la même comédie : il y a les pleureuses qui clament que l’Union est au bord du gouffre, et les brutaux qui disent que tout va continuer comme avant puisque «l’Europe en a vu d’autres».

Les pleureuses sont au choix «effondrées» ou «tristes» selon leur tempérament, mais en général rejouent une partition maintes fois donnée à Bruxelles qui consiste à annoncer l’apocalypse pour forcer une solution. Les brutaux, eux, considèrent que l’Europe, toute couturée de cicatrices et si souvent raccommodée, peut avancer vaille que vaille.

Sauf que ces jeux de rôle classiques ne s’appliquent plus à cette grosse Union à 27. Cette Union-là n’avance plus par des finesses diplomatiques ou des coups de menton volontaristes. Elle a besoin de démocratie, de pédagogie. Elle doit associer les peuples de l’Europe à sa construction.

La présidence française qui devait se dérouler sans accrocs jusqu’au 1er janvier 2009 et l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne doit changer de stratégie. Elle va certes devoir faire avancer les dossiers qu’elle souhaitait privilégier (immigration, climat, défense, Méditerranée) mais en y ajoutant une forte dose d’explication.

Car le non irlandais traduit une inquiétude qui n’est pas propre aux Irlandais. Gageons que si ce traité si complexe était passé par les urnes il aurait ailleurs reçu le même accueil. Les Européens sentent la crise monter, se méfient des conférences au sommet et veulent qu’on les écoute. La France a souvent été un moteur de la construction européenne. A elle de jouer. Sans pleurnicher ni brutaliser.

Publié dans : Politique | le 14 juin, 2008 |Pas de Commentaires »

Paroles…paroles….paroles…

QUOTIDIEN : vendredi 13 juin 2008

Passer de 100 000 à 200 000 personnes pouvant bénéficier de soins palliatifs en France et investir 229 millions sur cinq ans. Aujourd’hui à Bourges, après le plan autisme, le plan handicapés, le plan Alzheimer et avant le nouveau plan cancer, Nicolas Sarkozy va présenter son plan «soins palliatifs 2008-2012».

Un plan qui inscrit totalement dans la nouvelle logique actuelle que résumait dans Libération le Dr Régis Aubry, responsable du comité de suivi du développement des soins palliatifs. «La course aux moyens n’est plus à l’ordre du jour. L’urgence est de réfléchir à un changement de culture. Tous les acteurs doivent intégrer cette nouvelle culture des soins palliatifs. C’est la formation, et la formation encore et toujours. Et bien sûr la formation contre la douleur où il reste bien des progrès à réaliser.»

De fait, à l’Elysée on insiste sur le souci de «respecter le souhait des Français de pouvoir choisir le lieu de leur fin de vie», et de permettre la diffusion de la culture palliative «au moyen d’une grande campagne de communication à destination des professionnels et du grand public». «Il faut continuer à les développer à l’hôpital, mais il faut aussi les faire sortir de l’hôpital.» Pour autant, le plan ne prévoit toujours pas «un vrai statut pour l’accompagnant», c’est-à-dire pour une personne qui décide, pendant un temps, de s’arrêter de travailler, afin d’accompagner un de ses proches.

Nicolas Sarkozy a décidé d’annoncer ses mesures à Bourges, «dans un département sous-médicalisé, et dans lequel la moitié des médecins généralistes ont plus de 50 ans».

Publié dans : SANTE | le 13 juin, 2008 |Pas de Commentaires »

Le RSA….sauce UMP……

RSA : l’UMP lorgne les niches fiscales

ALAIN AUFFRAY

QUOTIDIEN : vendredi 13 juin 2008

L’avant-garde a encore frappé. Sur la question controversée du Revenu de solidarité active (RSA) et de son financement, le secrétaire général de l’UMP Patrick Devedjian s’est hier félicité que le parti joue son rôle «d’aiguillon». «Comme sur les 35 heures, nous voulons que le gouvernement aille plus loin sur le plafonnement des niches fiscales», a-t-il confié en marge de la «convention sociale» de l’UMP sur la justice sociale, en présence de François Fillon et de plusieurs ministres.

C’est qu’à l’UMP, on ne veut surtout pas que la généralisation du RSA se traduise pour les contribuables modestes par une réduction de la prime pour l’emploi. Pour le député d’Ille-et-Vilaine Pierre Méhaignerie, il importe que le gouvernement affirme «la priorité au salaire direct plutôt qu’à un accroissement de l’assistanat».

«J’entends les craintes», a assuré le haut commissaire aux Solidarités actives Martin Hirsch à la tribune de la convention. Très applaudi, Hirsch a suggéré que le financement du RSA passe par un plafonnement des niches fiscales plus large que celui envisagé par le gouvernement. Le député UMP Marc-Philippe Daubresse, organisateur de cette convention, assure que «la majorité du groupe UMP» est sur la même ligne : «Nous sommes nombreux à vouloir aller plus vite et plus loin.» Mardi, devant l’Assemblée nationale, la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, avait rejeté le plafonnement global, préférant «cibler» les niches les plus «injustes». Dans les coulisses de la convention, le ministre du Budget, Eric Woerth, était tout aussi sceptique sur le plafonnement global, mesure qui, selon lui, aurait pour effet de rendre imposable des ménages modestes.

Sans préciser son financement, François Fillon a confirmé hier sur France 2 que le RSA serait «mis en place par un texte législatif qui sera examiné par le Parlement à l’automne». Pour mettre «la dernière main au réglage», les syndicats, les partis et les associations seront invités, «avant la fin juillet», à une conférence de consensus.

 

Publié dans : SOCIAL | le 13 juin, 2008 |Pas de Commentaires »
1...10821083108410851086...1206

Vu de Corbeil-Essonnes |
ARCHITECTURE D'UN CONGO NOU... |
DEBOUT SAINT ETIENNE |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | PS : UN NOUVEAU SOUFFLE POU...
| Comité de soutien de Quetig...
| Ségolène Royal présidente