« Faut-il pleurer, faut-il en rire…… » (Aragon)

Lumignon

laurent joffrin

QUOTIDIEN : mardi 8 avril 2008

La pleutrerie olympique des autorités sportives françaises et internationales vient de produire son inévitable résultat.

 

La décision de confier à Pékin l’organisation des JO avait été assortie d’une promesse : utiliser – aussi – la fête mondiale pour poser la question des droits de l’homme en Chine. Le CIO s’étant refusé avec une constance maniaque à honorer sa parole, il se coupait de l’opinion et laissait le champ libre aux militants. Faut-il rappeler que cette neutralité à front bas contredit l’esprit même de la charte olympique, qui se réfère explicitement aux valeurs de «dignité humaine» et condamne par là même les exactions de l’Etat chinois ?

Paris, qui a retrouvé pour l’occasion son sens de la révolte, s’est chargé de rappeler, par le truchement d’une minorité active et astucieuse, que l’hypocrisie avait une limite. Mise sous éteignoir policier, anémiée par l’impéritie du CIO, étouffée par le cynisme stalinoïde du régime chinois, la flamme olympique s’est changée en lumignon honteux. Le relais mondial, on en est sûr aujourd’hui, va se changer en chemin de croix pour l’orgueil de Pékin.

A moins de courir à un désastre dans la bataille des symboles, il n’y a plus qu’une seule issue pour le CIO et les autorités chinoises : demander pour le premier et accepter pour les secondes un geste significatif, au Tibet et en Chine, en faveur des citoyens opprimés. A cette condition seulement la flamme olympique pourra redevenir un emblème digne de respect et l’olympisme justifier sa prétention à incarner des valeurs universelles.

 

Publié dans : Droit de l'homme | le 8 avril, 2008 |Pas de Commentaires »

Des promesses, encore des promesses….non tenues!!

Si les talibans s’y mettent aussi………

Les talibans accusent Sarkozy d’avoir trahi sa parole

CHRISTOPHE AYAD

QUOTIDIEN : lundi 7 avril 2008

Réagissant à l’annonce la semaine dernière au sommet de l’Otan de l’envoi de 700 soldats français supplémentaires en Afghanistan, les talibans accusent Nicolas Sarkozy d’avoir trahi une promesse électorale. Le Conseil du commandement des talibans a rappelé, samedi : « Durant sa campagne électorale, il a promis de se concentrer sur le retrait des troupes françaises d’Afghanistan. Maintenant il semble avoir oublié sa promesse.» Le mouvement fondamentaliste avait relâché deux humanitaires français, Céline Cordelier et Eric Damfreville, après les déclarations de Sarkozy du 26 avril 2007 où il expliquait que «la présence à long terme des troupes françaises [en Afghanistan]» ne lui semblait «pas décisive

Publié dans : Politique | le 7 avril, 2008 |Pas de Commentaires »

Cacophonie gouvernementale….

de piste pour Rama Yade

Cacophonie gouvernementale.... dans Politique file_319748_54389

La secrétaire d’Etat a posé des conditions au voyage chinois de Sarkozy. Avant de démentir.

PAUL QUINIO

QUOTIDIEN : lundi 7 avril 2008

«La cérémonie des JO a lieu le 8 août.» Hier après-midi, l’entourage de Nicolas Sarkozy se bornait à rappeler cette évidence. Manière de dire que d’ici là, de l’eau peut couler sous les ponts chinois et que la doctrine élyséenne au sujet du boycott de la cérémonie officielle d’ouverture des JO reste, en attendant, toujours la même, c’est-à-dire celle exprimée à Tarbes le 25 mars : «Toutes les options sont ouvertes […] Je veux que le dialogue commence et je graduerai ma réponse en fonction de la réponse qui sera donnée par les autorités chinoises» , avait précisé le chef de l’Etat.

 

Mais d’ici le 8 août, le gouvernement aura aussi le temps de s’emmêler les pinceaux, comme ce fut le cas ce week-end. En cause ? Rama Yade, la secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme, qui, dans un entretien au Monde daté de dimanche-lundi, a exposé les «trois conditions indispensables» pour que Nicolas Sarkozy se rende à la cérémonie d’ouverture : «La fin des violences contre la population et la libération des prisonniers politiques, la lumière sur les événements tibétains et l’ouverture du dialogue avec le dalaï-lama». «Conditions» , autant dire un gros mot diplomatiquement très incorrect. Et très éloigné de la volonté de Nicolas Sarkozy de ne pas «se ligoter les mains», comme le confiait hier un ministre. Rama Yade a samedi immédiatement démenti avoir utilisé le mot, Le Monde assurant de son côté avoir «fidèlement» retranscrit ses propos.

A l’arrivée, un joli pataquès qui a obligé le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, à corriger – sur France 2 dès samedi soir, dans le JDD hier -, les propos de la secrétaire d’Etat. «Ce serait vraiment torpiller une éventuelle participation au dialogue que de poser des conditions», a-t-il déclaré. Dans le genre recadrage, on ne fait pas mieux. «Bernard Kouchner a remis les choses en place» , décrypte une source gouvernementale, en évoquant la «sortie peu appréciée» par l’Elysée et Matignon de Rama Yade. «La réponse est non» , a également déclaré, hier sur Radio J, le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, à propos d’éventuelles «conditions» mises sur la table par Paris.

Quant à la thèse, favorable à Rama Yade, d’une répartition des rôles pour mieux accentuer la pression sur Pékin, elle est écartée par les mêmes sources : «Inutile de chercher à donner du sens à cette cacophonie, confie-t-on. Elle n’a rien d’organisée.»

Pataquès il y a donc bien eu, même s’il n’a pas valu à Rama Yade d’être convoquée à l’Elysée comme elle l’avait été après ses déclarations lors de la visite du colonel Kadhafi à Paris. «Notre pays n’est pas un paillasson», avait-elle déclaré. La secrétaire d’Etat, elle, continue en tout cas de se prendre les pieds dans le tapis de la diplomatie.

Publié dans : Politique | le 7 avril, 2008 |Pas de Commentaires »

Du rififi au MoDem…..!

Jean Arthuis quitte le MoDem et veut refonder l’UDF

NOUVELOBS.COM | 06.04.2008 | 11:24

Réagissez à l'article 7 réactions

Le sénateur centriste estime que le parti de François Bayrou est « inaudible » et demande « que soit rapidement convoqué le comité directeur de l’UDF ».

Le sénateur de Mayenne Jean Arthuis le 11 octobre

Le sénateur de Mayenne Jean Arthuis le 11 octobre
(c) AFP 

Le sénateur de Mayenne Jean Arthuis, président de la Commission des Finances du Sénat, annonce sa décision de quitter le Mouvement démocrate (MoDem), aujourd’hui « inaudible », dans un entretien au Journal du Dimanche paru 6 avril.
« Je ne reviendrai pas sur ma décision. Je quitte le MoDem. Je n’y ai plus ma place. Et la plupart des sénateurs du groupe pensent comme moi », dit-il.
Il estime qu’ »aujourd’hui, le MoDem est inaudible. Il ne dit plus rien sur rien ».
Le président du conseil général de Mayenne ne rejoint pas pour autant le Nouveau Centre, créé entre les deux tours de la présidentielle par les ex-UDF ralliés à Nicolas Sarkozy.
« Il n’en est pas question », dit-il. « Je n’irai pas au Nouveau Centre, pas plus qu’à l’UMP. Je suis centriste, viscéralement attaché à l’existence d’un centre indépendant en mesure de nouer des alliances dans la clarté. »

« On ne gouverne pas un parti comme une secte »

« L’UDF n’est pas morte, contrairement à ce que certains tentent de faire croire », ajoute-t-il, demandant de nouveau « que soit rapidement convoqué le comité directeur de l’UDF ».
Jean Arthuis fait partie des élus qui avaient pris leurs distances avec le président du MoDem François Bayrou ces derniers mois. Au lendemain des municipales, il avait jugé que ces élections montraient « l’échec de la stratégie d’autonomie » du MoDem et réaffirmé sa volonté de « faire revivre » l’UDF.
« J’ai plusieurs fois tiré la sonnette d’alarme: on ne gouverne pas un parti comme une secte », dit-il au JDD. « Le MoDem, ce n’est pas le Temple solaire. Un parti doit avoir une ligne politique claire assumée. Ne pas être ballotté au gré des humeurs des uns et des autres. »
Evoquant la « crise financière mondiale qui nous menace », il dit attendre « une expression publique forte sur le sujet ».
« Je ne l’entends pas chez François Bayrou. Cela ne peut plus durer », juge-t-il.
Le groupe centriste au Sénat, présidé par Michel Mercier, est composé de trente membres.
Après le départ de Jean Arthuis, ils ne sont plus que dix (dont Michel Mercier) à faire partie du bureau exécutif du MoDem. Cinq sont membres du Nouveau Centre, les autres ne s’étant pas clairement déterminés. (AFP)

Publié dans : Politique | le 6 avril, 2008 |Pas de Commentaires »

« Boutefeux » se fait des amis….

Manifestations contre la politique du gouvernement

- Manifestation à Paris contre la politique du gouvernement en matière d'immigration, le 5 avril 2008 - AFP / Patrick Kovarik -

Manifestation à Paris contre la politique du gouvernement en matière d’immigration, le 5 avril 2008

© AFP / Patrick Kovarik

Plusieurs manifestations étaient organisées samedi contre la politique d’immigration du gouvernement

Plusieurs milliers de personnes ont défilé à Paris, à Lyon et à Marseille à l’appel du collectif Unis contre l’immigration jetable, le Réseau éducation sans frontières, l’extrême gauche, la CGT.

Partout, les allusions étaient nombreuses à la mort, vendredi, d’un Malien de 29 ans qui s’est jeté dans la Marne pour échapper à un contrôle de police.

Des manifestations étaient aussi organisées à Toulouse, Metz, Thionville et Angers.

« L’actualité montre malheureusement que la politique du gouvernement tue et nous voulons faire cette démonstration alors que dans trois mois la France va vouloir imprimer sa politique à toute l’UE » lors de la présidence tournante de l’UE, a fait valoir Nathalie Serré, porte-parole du Gisti, membre  du collectif Ucij (Unie-e-s contre une immigration jetable), à la manifestation parisienne.

En tête de cortège défilaient notamment Arlette Pierre Cordelier, un des porte-parole de RESF (Réseau éducation sans  frontière), Arlette Laguiller (Lutte ouvrière), la sénatrice PCF Nicole Borvo et  Jean-Pierre Dubois (Ligue des droits de l’Homme).

A Marseille, un millier de personnes ont défilé, dénonçant l’ »immigration jetable », à l’appel d’une quarantaine d’associations et de partis, dont Alternative Libertaire, le PCF, la CGT, la Cimade,  la FSU, le collectif Sans Papiers 13, la Ligue des droits de l’Homme.

« La xénophobie d’Etat tue, hier encore, la politique du chiffre a tué: il était malien, il avait 29 ans, il s’est jeté dans la Marne pour fuir la police: il est mort », pouvait-on lire sur une des affichettes.

A Lyon, 1500 à 2000 personnes ont manifesté, scandant des slogans comme « Sans-papiers traqué, sans-papier noyé », à l’appel des réseaux RESF du Rhône et des deux Savoie, rejoints par la LCR, Lutte Ouvrière, la CNT ou encore la Ligue  des droits de l’Homme.

Toutes les 20 minutes (allusion au fait qu’un étranger sans-papier est  expulsé toutes les 20 minutes de France) les manifestants étaient invités à  s’asseoir pour la lecture de courts textes critiquant la politique d’immigration du gouvernement et la « criminalisation » de l’aide au séjour des étrangers en  situation irrégulière.

Publié dans : Droit de l'homme, Etranger, SOCIAL | le 6 avril, 2008 |Pas de Commentaires »

Mais faites-la taire….!

Yade dément avoir évoqué des «conditions» à la présence de Sarkozy aux JO

Mais faites-la taire....! dans Politique file_319552_26346

Dans un entretien au journal «Le Monde», la secrétaire d’Etat aux droits de l’homme affirmait que Paris exigeait notamment de Pékin l’ouverture d’un dialogue avec le dalaï-lama.

LIBERATION.FR (AVEC SOURCE AFP)

LIBERATION.FR : samedi 5 avril 2008

Marche arrière toute. La France ne pose « pas de conditions » à la Chine pour que le président Nicolas Sarkozy participe à la cérémonie d’ouverture des JO de Pékin. Ce sont déclarations du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner samedi soir sur France 2.

Il confirme ainsi la position de la secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme, Rama Yade, qui a démenti avoir parlé de « conditions » dans un entretien publié samedi par le quotidien Le Monde.

« En fonction de l’évolution le président décidera », a dit M. Kouchner. « L’évolution (de la situation au Tibet) doit être suivie mais toutes les possibilités sont ouvertes », a-t-il précisé. « Tout est ouvert, la position n’est pas encore arrêtée. L’évolution nous importe ».

« Il n’y a pas de conditions dans la position de la France », a ensuite souligné le ministre. « Ce serait vraiment torpiller une éventuelle participation au dialogue que de poser de conditions », a-t-il estimé, alors que Paris propose de faciliter un dialogue entre Pékin et le dalaï lama. « Il n’y a pas de conditions et d’ailleurs Mme Rama Yade a démenti ce mot’.

Le Monde assure néanmoins « avoir fidèlement retranscrit les propos de Rama Yade ».

« Comme depuis le début de la crise au Tibet, j’ai veillé à exprimer la position de la France en termes précis. Le président de la République a déclaré que toutes les options sont ouvertes, qu’il se prononcera le moment venu, en fonction de l’évolution de la situation au Tibet quant à sa participation à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques », indiquait plus tôt Mme Yade dans un communiqué.

Selon Le Monde, Rama Yade a déclaré que « trois conditions sont indispensables pour qu’il (Nicolas Sarkozy)«  se « rende » à la cérémonie d’ouverture: « la fin des violences contre la population et la libération des prisonniers politiques, la lumière sur les évènements tibétains et l’ouverture du dialogue avec le dalaï lama ».

L’Elysée de son côté ne souhaitait faire aucun commentaire sur l’entretien renvoyant « aux déclarations du président de la République à Tarbes le 25 mars ». M. Sarkozy avait déclaré ce jour là que « toutes les options étaient ouvertes » sur un éventuel boycott de la cérémonie d’ouverture des JO de Pékin.
Dans l’entretien publié par «Le Monde», Rama Yade affirme que la France demande que la Chine « entreprenne un dialogue réellement constructif avec le dalaï-lama ». « Ces discussions doivent porter sur la reconnaissance de l’autonomie tibétaine et de l’identité spirituelle, religieuse et culturelle des Tibétains », ajoute-t-elle.

Mme Yade demande également « la remise en liberté immédiate de Hu Jia », dissident chinois condamné cette semaine à trois ans et demi de prison pour tentative de subversion du pouvoir de l’Etat après avoir publié des articles critiques sur Internet et accordé des entretiens à la presse étrangère.

Publié dans : Politique | le 6 avril, 2008 |Pas de Commentaires »

La presse et la vraie/fausse rigueur…

La réforme de rigueur

NOUVELOBS.COM | 05.04.2008 | 13:22

Les commentaires de la presse, samedi 5 avril, sur les annonces d’économies faites vendredi par Nicolas Sarkozy.

LIBERATION
Laurent Joffrin

« (…)Pour autant, le plan annoncé par Nicolas Sarkozy souffre d’au moins deux défauts. Une grande sécheresse technocratique en premier lieu. La réforme de l’Etat suppose une redéfinition de ses missions qui débouche, ensuite, sur l’organisation des moyens; elle exige tout autant concertation, négociation et popularisation du changement auprès des agents et des usagers. Faute de quoi les mesures tombent d’en haut, d’autant plus incomprises qu’elles obéissent à une logique des comptes et non du service public. Ainsi l’éducation subira une grande partie des coupes sombres alors qu’elle est priorité nationale. Le plan Sarkozy, aussi bien, s’avance masqué. Pris à contre-pied par la conjoncture, le gouvernement sait qu’il devra aller plus loin dans les économies, sauf à jeter par dessus les moulins ses engagements européens. Sarkozy, qui se voyait président du pouvoir d’achat, ne se résoud pas à être celui du tour de vis. Il faudra bien pourtant, un jour ou l’autre, manger le morceau. »

LE FIGARO
Étienne Mougeotte

« (…)Qu’importe le flacon : rigueur, austérité ou diète, pourvu qu’on ait le résultat : l’arrêt des gaspillages. C’est un bon début, mais ce n’est qu’un début car 5 milliards d’euros d’économies nettes représentent tout juste 10 % de notre déficit budgétaire annuel de 52 milliards. On peut faire plus, on doit faire plus. Donnons acte au président de la République du bon choix de la méthode : une petite équipe, réunie autour du secrétaire général de l’Élysée et du directeur de cabinet du premier ministre, a, en quelques mois, passé au peigne fin, secteur par secteur, la totalité des dépenses de l’État et ainsi ouvert les pistes à la réforme en profondeur des modes d’intervention et de financement public. La volonté ardente de Nicolas Sarkozy de réformer la France en mettant fin à l’obésité paralysante d’un État tentaculaire n’est pas discutable. Mais il faut maintenant que l’intendance suive.(…) »

L’HUMANITE
Pierre Laurent

« (…)on imagine ce qui peut découler d’une application généralisée et intangible du principe de non-remplacement d’un départ en retraite sur deux dans la fonction publique. Nicolas Sarkozy veut en faire une règle intouchable. Lancé à plein régime, c’est un missile qui pourrait déstabiliser l’éducation nationale, la santé hospitalière, la justice, les services de l’État dans leur ensemble, et pour tout dire l’action publique en général. C’est d’ ailleurs bien celle-ci, et non quelques dépenses excessives, qui est visée. L’action publique au sens large, d’ailleurs, et dans toutes ses dimensions, y compris internationales. Dans une verve aussi démagogique que populiste, le chef de l’État s’est par exemple laissé aller à ridiculiser les effectifs diplomatiques de la France au Sénégal, laissant entendre qu’il fallait sérieusement les dégraisser. (…) »

L’ALSACE
Jérôme Arnoux

« (…) Depuis hier, Sarkozy la cigale a donc fait sa mue pour tenter d’entrer dans le costume de Sarkozy la fourmi. La cigale était surtout vouée à la communication tapageuse et au ‘bling-bling’, la fourmi se veut austère, sérieuse, consciente que la situation est grave et soucieuse de mener les réformes nécessaires. On regrettera au passage que la cigale ait réussi à danser pendant tout l’hiver, alors qu’une cure de minceur s’imposait depuis très longtemps. Ancien ministre des Finances, Nicolas Sarkozy ne pouvait pas l’ignorer. Mais il ne voulait pas envoyer un tel signal négatif car il avait, paraît-il, des élections à faire gagner… avec le succès que l’on sait ! La fourmi Sarkozy, donc, a entrepris hier de reconstituer des réserves bien entamées par son passé de cigale – et notamment par le trou annuel de 15 milliards qu’a creusé le ‘paquet fiscal’, sans produire le choc de croissance espéré. L’objectif affiché est d’économiser 7 milliards d’euros à l’horizon 2011. (…) »

LA PREPUBLIQUE DES PYRENEES
Jean-Marcel Bouguereau

« (…) Il s’agit d’un plan de ‘réforme’ et non de ‘rigueur’, a affirmé le président de la République : ‘Je le dis et je le répète, ce ne sont pas les économies qui feront la réforme, c’est la réforme qui permettra les économies’. Le vrai problème c’est que le gouvernement a fait une erreur de pilotage. Car il est un peu tard pour se réveiller : en 2007, au lieu d’essayer d’assainir les comptes alors que la conjoncture s’y prêtait beaucoup plus qu’aujourd’hui, le gouvernement a décidé de dépenser près de 14 milliards dans le paquet fiscal, dont les effets sont tout à fait incertains, le choc tant annoncé n’ayant pas eu lieu. Alors que les économies annoncées hier par Nicolas Sarkozy se montent à 7 milliards d’euros, rappelons que le paquet fiscal représente une dépense de…75 milliards d’euros sur cinq ans. »

L’EST REPUBLICAIN
Chantal Didier

« ‘Austérité’, pour les syndicats; ‘Insuffisant’, pour les économistes. Les 166 mesures, annoncées hier par Nicolas Sarkozy, pour réformer l’Etat suscitent des commentaires opposés. Des jeux de rôle qui témoignent de la difficulté du politique à faire bouger les lignes, chacun jugeant le verre à moitié plein ou à moitié vide en fonction des intérêts à défendre. Même quand il y a urgence à agir. Tout a été dit sur la nécessité de réduire les déficits publics, pas seulement pour satisfaire aux impératifs européens, mais parce que la dette du pays (plus de 1000 milliards d’euros !) devra être payée par les générations suivantes. A défaut d’augmenter des impôts déjà trop lourds, il reste à dépenser moins. Mais le politique reste frileux par crainte des oppositions au changement. Un premier pas vient d’être franchi; d’autres devront suivre. »

LA NOUVELLE REPUBLIQUE DU CENTRE OUEST
Hervé Cannet

« Alors puisqu’il faut jouer sur les mots, commençons par cette formule magique : ‘Ce ne sont pas les économies qui permettront de faire les réformes, ce sont les réformes qui permettront de faire des économies !’ Du coup, le nouveau slogan élyséen, c’est : ‘La réforme, oui, la rigueur, non !’ Le Conseil de modernisation des politiques publiques (titre ronflant destiné à faire comprendre que c’est désormais l’Élysée qui a la haute main sur le dossier et non plus Bercy) a donc accouché de 166 mesures. Celles des coupes claires dans la fonction publique et du plafonnement des loyers sociaux cachent un inventaire dont le détail tient plus de la correction de tir que d’un profond changement de cap. Ce qui n’empêche pas les partenaires sociaux et la gauche de crier au plan de rigueur. Politiquement, la bataille des mots (re)commence. Économiquement, celle de l’austérité est à gagner. Dans les deux cas, ce ne sera pas facile. »

LES DERNIERES NOUVELLES D’ALSACE
Olivier Picard

« (…) Ainsi, le président de la République a-t-il promis hier qu’il n’y aurait pas de rigueur. Qui aurait imaginé que ce substantif féminin devienne un jour tabou ? C’est qu’il est trop porteur d’ondes indésirables quand le moral du pays nécessite la mobilisation de tous les courages. S’il faudra faire cinq milliards d’économies net, c’est donc une énergie positive qui y parviendra, pas la hache d’un pouvoir castrateur d’espoirs. Pourquoi pas ? L’effort est donc gommé. La réforme fera le travail ! La voilà redéfinie au passage. On croyait qu’elle véhiculait le progrès, elle servira d’abord à apurer le passé. Avouons-le, le raisonnement est -comment dire ?- audacieux. (…) »

LA CHARENTE LIBRE
Dominique Garraud

« (…)Nicolas Sarkozy a ouvert la porte à une rigueur à pas comptés dans laquelle il souhaite apparaître personnellement le moins possible en dehors de la réforme structurelle de l’Etat dont chacun mesure la nécessité. A lui la vision à moyen terme, au gouvernement l’intendance au quotidien. Il revient maintenant à François Fillon et à Christine Lagarde de présenter la note exacte d’une rigueur qui ne veut pas dire son nom mais qui sera bien réelle dès cette année avec la perspective du gel de 7 milliards de crédits. »

SUD OUEST
Frank De Bondt

« Le volontarisme politique, surtout lorsqu’il n’est pas mis au service d’une idéologie, est une posture séduisante, fort commode en campagne électorale, mais malheureusement soumise au bon vouloir de la réalité économique. Le jour où le chef de l’Etat a admis que les caisses étaient vides -après avoir participé du reste à leur écumage par la distribution de cadeaux fiscaux superflus-, il se condamnait à devoir assumer une forme quelconque de  » rigueur « . Peu importe le mot d’ailleurs et s’il est conseillé de parler plutôt d’économies ou de cure d’amaigrissement, disons que les mesures annoncées ne seront pas sans effets sur le quotidien des Français (…). »

LE JOURNAL DE LA HAUTE-MARNE
Patrice Chabanet

« (…) les 7 milliards d’euros d’économie dans les dépenses de l’Etat suffiront-ils à inverser la courbe maudite de nos déficits? Non, si l’on rapporte ce chiffre à l’enveloppe globale des dépenses publiques chiffrées à 1 000 milliards d’euros. Nicolas Sarkozy, en fait, ne s’est pas livré à une simple opération comptable. Son objectif est surtout psychologique : amener les Français à ne plus croire à la chimère de l’Etat-Providence. D’où cette batterie de 166 mesures, comme pour montrer que, dans chaque ministère ou dans chaque ambassade, on peut sûrement racler des fonds de tiroir. En clair, se convaincre qu’il n’y a pas de petites économies. L’exemple nous vient du Canada, où l’Etat fédéral a décidé, il y a quelques années, de passer en revue chaque dépense pour juger de sa pertinence ou de son efficacité. La mutualisation de certains services administratifs annoncée hier s’inscrit dans cette logique. La potion amère a été préférée à la purge. »

NORD ECLAIR
Jules Clauwaert

« Bien terne fin de semaine, si le chroniqueur était contraint de ratiociner sur les subtilités sémantiques autour des notions de réforme, à laquelle quatre Français sur cinq seraient favorables, et la rigueur, vertu morale devenue synonyme de vaches maigres et de nouvelles impositions. Monsieur de la Palice aurait préconisé quelques gestes symboliques d’une plus juste répartition des richesses, quand les écarts de revenus étalés sans vergogne par les bénéficiaires dépassent les simples limites du savoir-vivre ensemble. Aux politiques de mettre en musique une économie sociale de marché qui récompense le mérite, mais ne laisse personne sur le carreau.(…) »

LE REPUBLICAIN LORRAIN
Pierre Fréhel

« (…)Certes, l’attribution de logements sociaux donne trop souvent lieu à des abus, mais en durcissant les règles d’entrée, le gouvernement semble vouloir avant tout couper dans des programmes qui n’intéressent pas particulièrement son électorat. Au risque d’aggraver les inégalités et les tensions sociales qui minent la société française. Si les réformes destinées à réduire la dépense publique produisent la croissance et le plein-emploi espérés, le pari sera gagné. Mais cela suppose que les Français patientent encore un peu avant de voir s’améliorer un pouvoir d’achat rongé par l’inflation. Cette perspective pourrait leur sembler trop aléatoire pour qu’ils retrouvent un moral actuellement au plus bas. Le temps de la réforme est peut-être venu, mais tout aurait été incontestablement plus simple si le climat économique avait été meilleur ».

LA VOIX DU NORD
Hervé Favre

« (…)Fusionner les directions des impôts et celles du trésor public est une réforme de bons sens – la première tentative avait tout de même coûté son portefeuille à un ministre de Lionel Jospin – tout comme la mutualisation’ des services d’intendance de nos trois armées. Personne, à part bien sûr les intéressés, ne protestera non plus contre la remise en cause des retraites dorées des fonctionnaires sous les tropiques. La réorientation des avantages fiscaux pour les investisseurs locatifs vers les zones qui en ont vraiment besoin aurait déjà dû être décidée par les gouvernements précédents ; de même, le resserrement des conditions d’accès au logement social ne choquera que ceux qui en bénéficient indûment, et qui ne sont pas tous aussi exposés médiatiquement que l’ex-directeur du cabinet du ministère du Logement ! Mais au final, tout cela paraît encore un peu court pour un programme de ‘rupture’. Les décisions les plus douloureuses, notamment du côté de la défense et de ses programmes budgétivores, sont encore à venir. »

L’UNION
Hervé Chabaud

« (…)Cette fois, au pied du mur et avec l’exigence de donner des gages de rigueur de gestion aux autorités européennes, le gouvernement n’a pas d’autres choix que la fermeté. De fait, au sein de l’Union, la France se distingue par une administration lourde dont l’efficacité supérieure à celle de ses voisines est loin d’être démontrée. Notre pays est considéré comme la cigale de la fable de La Fontaine. Il dépense sans compter jusqu’à se mettre en grave danger.
Pour relever le défi, le gouvernement doit serrer les cordons de la bourse, être très économe ou choisir l’option scandinave d’une fiscalité accablante. Il est évident que, sans réforme, ce sont tous les impôts qui augmenteront. Et bien plus que l’inflation ! Les Français déjà déprimés peuvent-ils mieux se projeter dans l’avenir avec un catalogue épais de 166 mesures ? Le gris de l’austérité domine le bleu de leur pragmatisme. »

 

Publié dans : Médias | le 5 avril, 2008 |Pas de Commentaires »

MAM est d’une pudeur…..!

MAM réinvente sans le dire la police de proximité

CORDÉLIA BONAL

QUOTIDIEN : samedi 5 avril 2008

Dans un peu plus d’une semaine, le 14 avril, une cinquantaine de policiers prendront leur nouvelle affectation dans trois secteurs «sensibles» de Seine-Saint-Denis. Chargés de reprendre pied dans les cités, ils répondront au nom d’Uteq, pour unités territoriales de quartier. Michèle Alliot-Marie en avait annoncé la mise en place en janvier dans le cadre du plan de sécurité du département. Au ministère de l’Intérieur comme à la préfecture de Seine-Saint-Denis, on se défend toujours de rétablir la police de proximité mise en place en 1997 sous le gouvernement Jospin et supprimée en 2003 par Nicolas Sarkozy qui l’accusait de faire augmenter la délinquance. Les îlotiers version 2008 ressemblent pourtant à s’y méprendre à leurs prédécesseurs. Même volonté de «rétablir la confiance» et de «restaurer la tranquillité publique» en «fidélisant» les agents dans un seul quartier. Même polyvalence : discuter et rassurer d’un côté, arrêter les délinquants de l’autre.

Une nuance cependant, que souligne David Skuli, directeur départemental de la sécurité publique : à la différence de la police de proximité les Uteq n’auront pas de «bureaux propres» mais seront rattachés aux commissariats. MAM avait prévenu, en janvier, qu’elle ne voulait pas «d’une fausse proximité […] ni d’une police qui joue le rôle des associations». Allusion à l’ancienne «pol prox» raillée par la droite comme des «patrouilles sympathiques et conviviales», en plus de plomber budget et effectifs. Oui au dialogue et à la prévention donc, mais exit les matches de foot avec les jeunes : les Uteq seront aussi là pour interpeller, quitte à employer tasers et flash-balls s’il le faut.

Volontaires. Reconnaissables par un discret logo «Uteq 93» sur leur uniformes, ces policiers de quartier patrouilleront à pied ou en voiture. Déjà en poste dans le département pour la plupart, ils ont au moins quatre ans d’expérience derrière eux et se sont portés volontaires. Au programme de leurs deux semaines de formation complémentaire, en plus d’un volet pratique, figurent la connaissance des «communautés étrangères» et les «techniques de communication avec la population et les publics difficiles».

«Renseignement». Le major Catherine Vaillot, 47 ans, est l’une des cinq femmes de l’équipe. Elle qui a déjà passé plusieurs années dans une brigade d’îlotiers est prête à retenter l’expérience dans le secteur de la Courneuve, d’où elle est originaire. «Les gens nous verront tout le temps. Nous pourrons développer un lien de confiance avec la population, aider les victimes qui n’osent pas porter plainte à le faire.» Sans oublier le «renseignement opérationnel» pour démanteler l’économie souterraine dans les cités.

Expérimenté dans un premier temps dans trois secteur de la Seine-Saint-Denis (les 4000 et le quartier Jean-Vilar à La Courneuve, plusieurs quartiers de Clichy-Montfermeil, les Francs-Moisins et Bel-Air à Saint-Denis), le dispositif devrait être prochainement élargi à d’autres départements.

Publié dans : Police | le 5 avril, 2008 |Pas de Commentaires »

Rigueur or not rigueur ?, That is the quetion..

Quand Sarko se prend pour Zorro et avance masqué…On a envie de lui dire: »retires ton masque, on t’a reconnu… » Cachotier va..!

Tour de vis

laurent joffrin

QUOTIDIEN : samedi 5 avril 2008

Réformer l’Etat ? Evidemment ! Chacun ou presque sait, à gauche et à droite, que cette vaste machine, indispensable à l’équilibre social, souffre aussi d’entropie bureaucratique. Qu’on veuille réduire les prélèvements – si l’on est libéral – ou renforcer l’action collective – si l’on ne l’est pas -, les ressources se trouveront principalement dans une meilleure efficacité de la dépense.

 

La gauche, qui rejette «l’austérité», oublie volontairement cette réalité élémentaire, qui ne manquerait pas de la rattraper si, d’aventure, elle revenait au pouvoir.

Pour autant, le plan annoncé par Nicolas Sarkozy souffre d’au moins deux défauts. Une grande sécheresse technocratique en premier lieu. La réforme de l’Etat suppose une redéfinition de ses missions qui débouche, ensuite, sur l’organisation des moyens ; elle exige tout autant concertation, négociation et popularisation du changement auprès des agents et des usagers. Faute de quoi les mesures tombent d’en haut, d’autant plus incomprises qu’elles obéissent à une logique des comptes et non du service public. Ainsi l’éducation subira une grande partie des coupes sombres alors qu’elle est priorité nationale.

Le plan Sarkozy, aussi bien, s’avance masqué. Pris à contre-pied par la conjoncture, le gouvernement sait qu’il devra aller plus loin dans les économies, sauf à jeter par dessus les moulins ses engagement européens. Sarkozy, qui se voyait président du pouvoir d’achat, ne se résoud pas à être celui du tour de vis. Il faudra bien pourtant, un jour ou l’autre, manger le morceau.

Publié dans : Politique | le 5 avril, 2008 |Pas de Commentaires »

AVIS AUX LECTEURS…AVIS AUX LECTEURS….

Bonjour à tous, le printemps étant là, même si le temps ne l’indique pas réellement, ce blog change d’allure: vois avis seront les bienvenus.

Merci et bonne journée.

Publié dans : AVIS | le 5 avril, 2008 |Pas de Commentaires »
1...10981099110011011102...1203

Vu de Corbeil-Essonnes |
ARCHITECTURE D'UN CONGO NOU... |
DEBOUT SAINT ETIENNE |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | PS : UN NOUVEAU SOUFFLE POU...
| Comité de soutien de Quetig...
| Ségolène Royal présidente