Le « Petit Darcos » commenté….

Le ministre de l’Education fait parler les statistiques pour conforter ses réformes. «Libération» a confronté ses calculs aux chiffres réels.

VÉRONIQUE SOULÉ

QUOTIDIEN : vendredi 27 juin 2008

Agrégé de lettres classiques, Xavier Darcos sait aussi manier les chiffres. Pour justifier ses réformes, le ministre de l’Education nationale use et abuse des statistiques pour démontrer que le système français marche mal, qu’il est l’un des plus coûteux au monde et que les résultats des élèves sont malgré tout médiocres, souvent en queue de peloton.

«Pour convaincre du bien-fondé des réformes dans l’éducation, les politiques ont de plus en plus recours aux comparaisons internationales afin de mobiliser l’opinion, souligne Nathalie Mons, spécialiste des systèmes éducatifs dans le monde (1). On retient plus facilement les chiffres que de grands discours.» La chercheuse met toutefois en garde contre les abus : «Un discours déclinologue peut avoir des conséquences négatives à moyen terme. Il risque de décrédibiliser l’institution scolaire aux yeux des parents. Il peut aussi porter atteinte à l’image de l’école française et se ressentir sur notre réseau d’établissements et sur l’expertise française à l’étranger.»

D’autant qu’à y regarder de plus près, les affirmations chiffrées du ministre sont parfois vraies, souvent incomplètes, voire biaisées, quand elles ne sont pas carrément fausses. Libération les a passées au crible.

(1) Les Politiques éducatives, la France fait-elle les bons choix ? Editions PUF, 2007, 202 pp., 19 euros.

«Nous avons un des meilleurs taux d’encadrement au monde : 1 professeur pour 11 élèves»

C’est l’un des arguments massue de Xavier Darcos pour justifier les 11 200 réductions de postes prévues à la rentrée 2008, essentiellement dans le secondaire : jusqu’ici, l’Education nationale avait un train de vie dispendieux, désormais il va falloir compter. Pour enfoncer le clou, le ministre ajoute d’autres chiffres, généralement sur l’augmentation constante du nombre d’enseignants ces dernières années malgré la baisse des effectifs des élèves.

«Un lycéen français coûte 22 % de plus que la moyenne des pays européens»

C’est un autre argument choc, qui vise à souligner le gâchis d’un système très cher et peu efficace puisque les élèves français ne sont pas meilleurs que les autres. Pour appuyer son propos, le ministre rappelle que le budget de l’éducation a doublé ces vingt dernières années – sans préciser qu’il y a eu en même temps l’arrivée massive d’élèves dans le système – ou qu’à lui seul, il pèse plus de la moitié des dépenses de l’Etat.

«Un lycéen français a jusqu’à 35 heures de cours par semaine»

Le ministre l’a beaucoup répété ces derniers temps pour justifier la nécessité de réformer le lycée et de réduire les heures de cours. Il s’agit d’accréditer l’idée qu’en pleine révision générale des politiques publiques (RGPP), la priorité n’est nullement de faire des économies, mais bien d’améliorer le système. Les lycéens ont trop de cours magistraux et s’éparpillent dans les options, estime le ministre. Trop passifs, ils doivent apprendre à travailler en groupe, à faire des recherches.

«Pourtant, trois ans plus tard, la moitié des lycéens n’a aucun diplôme du supérieur»

Pour être frappante, l’assertion est très approximative. On ne sait pas si le ministre parle seulement des bacheliers, s’il vise l’échec à l’université, etc. Cette statistique vient en appui des chiffres précédents : non seulement le lycée est très coûteux, mais il prépare mal au supérieur, preuve – s’il en fallait encore – de son inefficacité.

«Chaque année 15 % des enfants sortent du primaire en grande difficulté, plus 25 % avec des acquis fragiles»

Xavier Darcos a martelé ces chiffres tout l’automne. Il voulait démontrer l’urgence de s’attaquer au primaire, alors que jusqu’ici les critiques et les réformes se concentraient sur le collège, traditionnellement présenté comme le maillon faible du système. Il a même touché à l’un des grands mythes de l’école française : l’excellence de la maternelle que le monde entier nous envie.

«Dans les évaluations du primaire, la Finlande est première en tout, nous sommes dans les six derniers en Europe»

Si certains avaient encore des illusions, le ministre les a anéanties. Xavier Darcos poursuit ici un double objectif : montrer que l’on vit sur un rêve – en étant convaincus d’avoir l’une des meilleures écoles au monde – et qu’il faut tout revoir, à commencer par les programmes. Derrière sont visés les «pédagogues» qui ont concocté les programmes de 2001, jugés trop verbeux et trop compliqués et qu’il avait pourtant lui-même avalisés en tant que ministre délégué à l’Enseignement scolaire.

 

Publié dans : Education | le 27 juin, 2008 |Pas de Commentaires »

Chômage: inquiétant….

Le nombre de chômeurs inscrits fin mai à l’ANPE en catégorie 1 a augmenté de 0,3% comparé au mois d’avril (+5.400), repassant au-dessus de la barre des 1,9 million de demandeurs d’emploi.

AFP

LIBERATION.FR : vendredi 27 juin 2008

Le nombre de chômeurs inscrits fin mai à l’ANPE en catégorie 1 a augmenté de 0,3% comparé au mois d’avril (+5.400), repassant au-dessus de la barre des 1,9 million de demandeurs d’emploi et affichant une baisse réduite à 4,3% sur un an, a annoncé jeudi le ministère de l’Emploi.

La catégorie 1 de l’ANPE, qui sert de baromètre officiel depuis 1995, ne retient que les personnes cherchant un emploi à temps plein en CDI et n’ayant pas travaillé plus de 78 heures dans le mois écoulé.

Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits dans cette catégorie a atteint 1.902.000 fin mai en données corrigées des variations saisonnières (CVS).

L’ampleur de la baisse du chômage s’amenuise au fil des mois. Elle a atteint -4,3% en mai, après -5,7% en avril, -6,5% en mars, -8,2% en février et -8,4% en janvier comparé aux mois correspondants de 2007.

Si l’on inclut les chômeurs de catégorie 6, c’est-à-dire cherchant un emploi à temps plein en CDI mais ayant accepté une activité réduite dépassant 78 heures, le nombre a diminué de 0,8% en un mois à 2,3 millions (-4,1% sur un an).

Le nombre de chômeurs inscrits en catégories 1, 2 et 3 hors activité réduite, prêts à accepter également un temps partiel, un CDD ou un intérim, reculé de 0,4% à 1,99 million et a baissé de 6,6% comparé au mois de mai 2007.

Ce chiffre s’approche de la définition retenue par l’Insee pour calculer son taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT).

Après des mois de polémiques, l’Insee ne publie plus depuis septembre 2007 d’estimation mensuelle du taux de chômage à partir des données de l’ANPE.

Quant aux demandeurs d’emploi inscrits en catégories 1, 2, 3, 6, 7, 8 (y compris avec activité réduite), leur nombre a baissé de 0,7% en mai comparé à avril, reculant de 5,6% sur un an.

Par tranche d’âge, le mois de mai s’est traduit par une nouvelle hausse sur un mois des chômeurs de moins de 25 ans inscrits en catégorie 1 (+0,8% comparé à avril, à 348.900).

Les inscrits en catégorie 1 ont augmenté de 0,2% pour les 25-49 ans à 1,27 million. Le nombre de plus de 50 ans a décliné de 0,2% à 283.400 mais il n’intègre pas quelque 372.000 personnes dispensées de recherche d’emploi.

La courbe est particulièrement mal orientée depuis le début de l’année pour les hommes de moins de 25 ans, comme le confirment les données de mai (+1,3% sur un mois).

Les chômeurs de longue durée (plus d’un an à l’ANPE), qui représentent environ un quart des chômeurs de catégorie 1, ont augmenté sur un mois (+0,6% à 478.500 personnes en données CVS) et baissé sur un an (-13,6%).

Lors des trois derniers mois, les entrées à l’ANPE ont augmenté de 0,8% comparé aux trois mois précédents, notamment après une fin de mission d’intérim (+9,2%), un licenciement autre qu’économique (+3,1%) ou une fin de CDD (+0,9%).

Les sorties de l’ANPE ont baissé de 0,4%. Si les sorties pour reprises d’emploi déclarées ont diminué de 2,1%, les sorties pour entrées en stage ont crû de 1,9% et celles pour radiations administratives ont augmenté de 3,2%.

 

Publié dans : Chômage | le 27 juin, 2008 |Pas de Commentaires »

Il vaut mieux être riche et bien portant que pauvre et malade..

On remet en cause la solidarité avec les malades les plus atteints»

Sécu. Jean-Pierre Davant, président de la Mutualité française, dénonce les déremboursements :

Recueilli par FRANÇOIS WENZ-DUMAS

QUOTIDIEN : jeudi 26 juin 2008

La Fédération nationale de la mutualité française (FNMF), qui regroupe la quasi-totalité des mutuelles de santé (18 millions d’adhérents), appelle l’ensemble des partenaires sociaux à s’opposer aux mesures de déremboursement que le directeur de l’assurance-maladie, Frédéric van Roekeghem, doit soumettre aujourd’hui à son conseil d’administration. Le président de la FNMF, Jean-Pierre Davant, explique à Libération pourquoi ces mesures lui semblent particulièrement injustifiables.

Le directeur de l’Assurance-maladie propose de ne plus rembourser qu’à 35 % certains médicaments qui l’étaient jusqu’ici à 100 % lorsqu’ils étaient prescrits dans le cadre d’affections de longue durée (ALD). En quoi cela vous paraît-il choquant ?

C’est choquant déjà sur la forme. Il n’y a eu aucune consultation des différents acteurs de la politique de santé. Annoncer que pour les patients, cela ne changerait rien parce que les mutuelles allaient rembourser la différence… La moindre des choses aurait été de nous en parler. Mais le plus choquant dans l’annonce de cette mesure est qu’elle inquiète des personnes confrontées à des pathologies lourdes. Tout cela d’ailleurs pour une économie que le directeur de l’assurance-maladie estime à 250 millions d’euros, alors que le déficit de l’assurance-maladie pour 2009 sera de l’ordre de 7 milliards. On remet en cause un des principes essentiels de l’assurance-maladie, la solidarité avec ceux qui sont atteints d’affections les plus graves, pour une mesure qui, vu l’ampleur des déficits, apparaît comme un rapiéçage. S’il faut réguler les dépenses, ce qui paraît effectivement indispensable, mettons-nous autour d’une table au lieu de lancer ce genre de propositions.

La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, assure que les complémentaires peuvent prendre le relais, et que si le prix des médicaments baisse, cela ne leur coûtera rien.

S’il suffisait que les caisses d’assurance-maladie remboursent moins pour que le prix des médicaments baisse, cela se saurait ! On peut se renvoyer la balle entre la Sécurité sociale, les mutuelles et les patients : à l’arrivée, ce sont toujours les Français qui paient. Ce que nous voudrions mettre sur la table des négociations, ce sont les moyens de réguler intelligemment une croissance des dépenses de santé, par ailleurs inéluctable.

La proposition de Frédéric van Roekeghem sur les ALD n’est-elle pas un ballon d’essai préparant d’autres mesures plus drastiques ?

Si c’est un ballon d’essai, le gouvernement à la réponse : cela ne passe pas. Le conseil d’administration de la Caisse d’assurance-maladie devrait le confirmer ce jeudi. La sagesse voudrait que l’on prenne le temps de discuter avec les partenaires sociaux et tous les acteurs des politiques de santé. Nous y sommes prêts.

Le gouvernement peut-il passer outre un vote négatif du conseil d’administration de la Caisse d’assurance-maladie, où siègent syndicats, patronat et mutualité ?

En dernier ressort, c’est le gouvernement qui décide. Mais je lui conseillerai de ne pas passer en force. Ce n’est pas comme cela que l’on pourra réguler les dépenses et améliorer le dispositif de santé.

Faut-il lancer une nouvelle réforme de l’assurance-maladie, après celle de 2004 dont on constate qu’elle n’a pas tenu ses objectifs ?

Franchement, je ne crois pas à une réforme qui serait le grand soir de l’Assurance-maladie. A quoi cela sert-il de faire voter par le Parlement une grande réforme qui ensuite n’est pas appliquée ? Rappelez-vous tout ce qui a été dit sur le dossier médical partagé il y a quatre ans. Pour arriver à quoi ? A ce qu’en 2008 on considère que ce dossier n’existera que pour ceux qui le veulent bien. Autre exemple : en 1996, on misait sur la formation médicale continue pour responsabiliser les médecins. Douze ans plus tard, on en est au même point. Il faut admettre qu’il est naturel que les dépenses de santé augmentent, en raison de la démographie et des progrès de la recherche médicale. Donnons-nous les moyens de gérer sérieusement le dispositif de santé, pour le moderniser, pour qu’il ne perde pas en qualité, et pour ne pas faire porter la dette sur les générations futures. Le traitement des pathologies lourdes – les affections de longue durée – a changé. Réfléchissons à adapter la prise en charge de ces pathologies au lieu de proposer des déremboursements.

Publié dans : SANTE | le 26 juin, 2008 |Pas de Commentaires »

La « Télésarko » au programme….

Éditorial

ORTF

laurent joffrin

QUOTIDIEN : jeudi 26 juin 2008

L’hypocrisie, on le sait, est un hommage du vice à la vertu. Hypocrite, le système de gouvernance de la télévision publique l’était, sans nul doute. Quoique nommé par une instance en théorie indépendante, le président de France Télévisions devait son poste à une succession de manœuvres dans lesquelles le pouvoir politique pesait de tout son poids. Mais, hommage à la vertu, ce président pouvait aussi s’appuyer, dans l’exercice de ses fonctions – et selon son caractère – sur le principe d’autonomie que lui promettait la loi. De même, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) faisait écran, par exemple en cas de changement de majorité, aux injonctions trop directes du pouvoir exécutif. L’indépendance est un combat et dans ce combat, le CSA pouvait être une arme, plus ou moins efficace. La réforme de la procédure annoncée tout de go par Nicolas Sarkozy balaie d’un mot cette construction. Comme il le dit lui-même : «C’est clair.» Désigné officiellement par le prince et confirmé par le CSA (en majorité lié à la droite) et le Parlement (dominé par l’UMP), le futur président d’une ORTF relookée sera, par définition, l’obligé de celui qui l’aura distingué. Au nom de quoi, dans ce système, lui résisterait-il ? Fin de l’hypocrisie, donc, place au vice ostensible de la dépendance sans fard. Dangereusement influent dans l’audiovisuel privé, l’hyperprésident place le secteur public sous son contrôle politique direct. La France avait mis des décennies à se dégager imparfaitement d’une sujétion archaïque. Elle y revient d’un seul geste. Sous les atours de la modernisation, nous vivons une formidable régression

Publié dans : Médias | le 26 juin, 2008 |Pas de Commentaires »

Réforme constitutionnelle…au train de sénateurs..

Les sénateurs torpillent la réforme

ALAIN AUFFRAY

QUOTIDIEN : mercredi 25 juin 2008

Le Sénat prend ses aises. Et démontre, dans un sursaut d’orgueil, qu’il ne se laisse pas dicter sa conduite par le gouvernement, et encore moins par l’Assemblée nationale. En deux semaines – au rythme paisible qu’ils affectionnent – les sénateurs ont méthodiquement démonté le fragile compromis sur la réforme des institutions auquel avaient abouti en première lecture les députés UMP. Ces derniers vont de nouveau se saisir du texte la semaine prochaine. Et le ministre des Relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, paraissait bien seul, hier, à croire à la possibilité d’une «voie de passage» qui rendrait possible l’adoption du projet de loi constitutionnelle par la majorité requise des trois cinquièmes du Parlement réuni en congrès. Même le patron des députés UMP, Jean-François Copé, reconnaissait que le sort du texte «dépendra de la souplesse du Sénat»

«Leurre.» Le plus souvent contre l’avis du gouvernement, la majorité UMP au Sénat a voté des mesures qui mécontenteront tantôt les députés de droite, tantôt ceux de gauche, et parfois même ceux des deux camps. Hier après-midi, les sénateurs sont allés jusqu’à revenir sur la limitation de l’usage de l’article 49.3 qui, dans son actuelle rédaction, permet au gouvernement de faire adopter un texte sans vote. Roger Karoutchi avait pourtant prévenu que cette limitation du 49.3, approuvée par l’Assemblée, était un «élément clé du projet de réforme», «un gage d’adaptation au quinquennat». Cet article emblématique d’une réforme qui prétend donner plus de pouvoir au Parlement a été balayé par les sénateurs de droite. «Vous ne pourrez pas faire les réformes si vous vous en privez», a expliqué Josselin de Rohan (UMP). Réagissant à ce vote, le chef du groupe PS au Sénat Jean-Pierre Bel constatait hier, dans un communiqué, que «la supposée revalorisation du Parlement s’avère être de plus en plus un leurre».

D’autant plus qu’avant cette reculade sur le 49.3, plusieurs autres initiatives de la droite sénatoriale avaient fortement contrarié à gauche : abandon de la reconnaissance des langues régionales, rétablissement du droit de grâce collectif du chef de l’Etat, et surtout verrouillage de l’actuel mode d’élection des sénateurs, fondé sur une surreprésentation des grands électeurs issus des communes rurales.

Pessimisme. Dans ces conditions, même Jack Lang, membre actif de la commission Balladur chargée de préparer cette révision, admettait que le texte retaillé par le Sénat «ne pouvait être accepté». Le député (PS) Christophe Caresche, l’un des plus disposé à voter ce texte, ne cachait pas son pessimisme. Selon lui, les députés socialistes auraient dû laisser de côté la question sénatoriale pour chercher, dès la première lecture, un accord avec leurs homologues de l’UMP. Laisser les sénateurs en paix, pour ne pas les pousser à faire du zèle.

 

Publié dans : Politique | le 25 juin, 2008 |Pas de Commentaires »

Le SMIC augmenté…….de (très) peu….

Social. Le gouvernement a annoncé hier une hausse minimale pour le salaire minimum.

LUC PEILLON

QUOTIDIEN : mardi 24 juin 2008

Huit petits centimes de plus. Et en brut. La hausse du Smic, annoncée hier par le gouvernement devant les partenaires sociaux, s’est faite sans le traditionnel «coup de pouce». Une tradition déjà abandonnée l’année dernière, lors de la première revalorisation de l’ère Sarkozy. Résultat : la hausse du salaire minimum au 1er juillet se limitera à 0,9 % (8,71 euros brut de l’heure, 1 037,53 euros net mensuels), après une première revalorisation mécanique de 2,3 % en mai dernier, en raison d’une inflation galopante.

La seule feuille de paie que le gouvernement peut augmenter directement restera donc indexée à la formule classique et minimale, basée sur l’inflation et l’évolution de ce que l’on appelle le salaire horaire de base ouvrier (SHBO). Cette hausse, qui intéresse directement 15 % de la population active (près de 2,5 millions de salariés), pourrait même être déléguée, dans l’avenir, à une commission d’experts. Se priver ainsi, pour le pouvoir politique, de l’unique outil dont il dispose sur une partie des rémunérations du privé est plutôt surprenant, au moment où la dernière note de conjoncture de l’Insee pronostique des jours sombres pour le pouvoir d’achat des Français.

Embellie passagère. Dévoilées jeudi, les prévisions de croissance et d’inflation pour 2008 annoncent ainsi une hausse des prix de 3,2 % sur l’année, «un niveau inobservé depuis plus de quinze ans». Conséquence : le pouvoir d’achat de l’ensemble des ménages ne devrait progresser que de 0,9 % en moyenne annuelle, contre 3,3 % en 2007. Plus inquiétant encore, le pouvoir d’achat par unité de consommation évoluerait à hauteur de… 0 %. Selon l’Insee, les raisons du marasme sont d’abord internationales : l’embellie de l’économie mondiale au premier trimestre 2008 serait «passagère», et le ralentissement, «à l’œuvre depuis la mi-2007», devrait se poursuivre «sur le reste de l’année 2008». Alimenté par la crise immobilière et financière, ainsi que par la hausse des matières agricoles et pétrolières, ce contexte économique morose devrait conduire, selon l’Insee, à une baisse de la demande des ménages (qui tirait jusqu’ici la croissance française), et à «un retournement des anticipations des chefs d’entreprise qui touche l’ensemble des secteurs».

Chômage. Avec une croissance estimée à 1,6 % sur l’année, le dernier indicateur encore en forme pourrait lui aussi pâlir : «La baisse du chômage […] devrait quasiment s’interrompre et le taux de chômage s’établir à 7,1 % en fin d’année.» Pour le gouvernement, il va peut-être falloir plus qu’une campagne de communication pour redresser la barre.

Publié dans : Economie | le 24 juin, 2008 |Pas de Commentaires »

Vincennes………..

Iniquité

Laurent joffrin

QUOTIDIEN : mardi 24 juin 2008

La politique des reconduites à la frontière a enregistré un résultat en hausse de 80 %. Mais son principal symbole, le centre de rétention de Vincennes, a brûlé à 100 %.

Entre ces deux chiffres, y a-t-il une relation de cause à effet ? C’est toute la question. Dans le détail des faits, nul ne peut se prononcer aujourd’hui de manière définitive. Un homme est mort, apparemment de causes naturelles. La colère s’est répandue dans le bâtiment, certains de ceux qui y étaient enfermés ont mis le feu à leur matelas, puis tout a brûlé. Enchaînement fatal…

Mais comment s’abstraire du contexte ? La politique du chiffre revendiquée par le gouvernement peut-elle produire autre chose qu’une aggravation des tensions ? On parle de «retenus» à propos des sans-papiers regroupés dans ces centres. Mais cette litote, on le sait bien, désigne en fait une forme d’emprisonnement, qui frappe la plupart du temps des hommes et des femmes honorables dont le seul tort est de vouloir travailler et vivre en paix.

On ne peut pas ouvrir totalement les frontières ? Certes. Mais en fixant des objectifs en hausse brutale à la police et à l’administration, on désigne comme cible des familles entières installées depuis longtemps sur le territoire français et on multiplie les occasions de drame et d’iniquité. L’UMP, de manière inadmissible, met en cause le rôle des associations de défense des sans-papiers, qui dispensent dans ces conflits un peu d’humanité. Alors que les gouvernants qu’elle soutient, avant et après cet incendie, ne cessent d’accumuler les combustibles.

Publié dans : Droit de l'homme | le 24 juin, 2008 |Pas de Commentaires »

Les heures sup font flop…..

Les heures sup n’ont pas la cote

Luc Peillon

QUOTIDIEN : lundi 23 juin 2008

Les 35 heures ont la peau dure. Destinées à lancer le «travailler plus pour gagner plus», les lois sur les heures supplémentaires et le rachat de jours de RTT devaient faire s’envoler le temps de travail.

Défiscalisation. Sept mois après le lancement du dispositif, le dernier bilan de l’Acoss (la «banque» de la Sécu) marque plutôt un plafonnement du système. Après une montée en charge au dernier trimestre 2007, et une décrue en janvier et février, le mois d’avril – pour les entreprises de plus de dix salariés – fait état d’une progression d’à peine 2 % des heures supplémentaires par rapport à mars. Soit une quasi stagnation. Rapportées aux entreprises qui ont recours au dispositif, ces 44 millions d’heures en plus d’avril correspondent à cinq heures par salarié et par mois, soit (pour une rémunération au Smic) un supplément de 53 euros mensuels. Une somme à considérer comme un «gain» de pouvoir d’achat à la seule condition que ces salariés n’aient pas fait d’heures supplémentaires avant la loi, ce qui, pour la plupart d’entre eux, n’est pas le cas. Pour ceux qui en réalisaient déjà, le gain réel réside uniquement entre le brut et le net (exonération de cotisations salariales), soit 20 % de ces 53 euros, c’est-à-dire un peu plus de 10 euros par mois. Reste l’éventuelle défiscalisation à venir, tout en sachant qu’un Français sur deux ne paie pas l’impôt sur le revenu. Mais surtout, ces heures supplémentaires rentreront dans le revenu fiscal de référence, servant de base de calcul pour les abattements relatifs aux impôts locaux ou pour l’estimation de certaines allocations, dont la prime pour l’emploi. Certains risquent ainsi de perdre d’une main ce qu’ils vont gagner de l’autre.

Autre élément du rapport de l’Acoss, publié vendredi, les premiers résultats sur la loi «pour le pouvoir d’achat», concernant le rachat de jours de RTT en 2007. Ce dispositif n’aurait concerné que 20 % des salariés, pour un montant de 25 millions d’euros, et sur un «reliquat de deux à trois jours» de RTT. Si la modestie des chiffres peut s’expliquer par l’annonce tardive de la mesure en fin d’année dernière, l’enquête réalisée par l’Acoss pour les prochains mois n’est pas plus optimiste. Réalisée entre fin mai et début juin, celle-ci dévoile que seuls 21 % des chefs d’entreprise prévoient de proposer à leurs salariés de racheter une partie de leurs jours de RTT d’ici à la fin de l’année.

Démantèlement. Pire, les salariés eux-mêmes ne seraient pas demandeurs : plus de 80 % d’entre eux n’auraient pas fait de demande de rachat de jours de RTT à leur employeur pour cette année. Même financièrement incitatif, ce dispositif, dont le but est d’augmenter le temps de travail des salariés à temps plein, ne séduit pas. Qu’en sera-t-il alors de la prochaine loi sur le démantèlement des 35 heures, qui elle, ne comporte aucun élément financier ?

 

Publié dans : Economie | le 23 juin, 2008 |Pas de Commentaires »

« Bling Bling » dévisse…..

Dans notre baromètre, la cote du Président baisse de trois points.

PASCAL VIROT

QUOTIDIEN : lundi 23 juin 2008

Et trois de chute pour Nicolas Sarkozy. Alors que le président de la République semblait avoir enrayé sa baisse dans les sondages, sa cote de popularité, mesurée par l’institut Viavoice, montre qu’il vient de perdre trois points par rapport à la précédente enquête réalisée début juin. Dans cette dernière étude en date (1), le Président passe de 41 % de bonnes opinions à 38 %. Parallèlement, les opinions négatives grimpent à 59 %, contre 54 % au début du mois. Autre nouveauté, François Fillon creuse son différentiel avec le chef de l’Etat : il obtient 49 % (plus 2 points) d’opinions favorables quand les opinions négatives stagnent à 45 %. L’écart entre les deux têtes de l’exécutif (11 points) retrouve le même niveau qu’aux mois de mars, d’avril et de mai.

Dévissage. C’est chez les jeunes de 18-24 ans que le Président réunit le plus d’insatisfaits (72 %) mais aussi chez les ouvriers et employés (autour de 70 %), qui furent le cœur de cible de sa campagne présidentielle, avec la rhétorique du pouvoir d’achat. Alors que durant les premiers mois de son quinquennat, il rassemblait de larges majorités sur son nom, il n’y a plus que les sympathisant de l’UMP (85 %) et du Nouveau centre à se déclarer satisfaits de Sarkozy. Chez les électeurs socialistes, ils sont 82 % à exprimer une opinion négative.

Plusieurs raisons expliquent ce dévissage. La première tient, selon toutes probabilités, au pouvoir d’achat, toujours en eaux dormantes, mais aussi au fort renchérissement du carburant. Cette hausse de l’essence et du fioul, relève François Miquet-Marty, directeur des études de Viavoice, «forme désormais une préoccupation à part entière pour les consommateurs et n’est plus uniquement l’un des volets de la question « pouvoir d’achat ».»

Miroir. Deuxième explication à la désaffection dont souffre le Président, le non irlandais au traité de Lisbonne, traité pour lequel il s’était investi. Les Français jugent sans doute que la tâche du chef de l’Etat qui prend, au 1er juillet, la présidence de l’Union européenne, s’avérera plus compliquée que prévu. Enfin, ultime raison de la chute : l’annonce de la probable venue à Paris du président syrien, Bachar al-Assad, lors de la Fête nationale qui ternit le lancement, le 13 juillet, de l’Union pour la Méditerranée (UPM), un projet important aux yeux de Sarkozy. Dans sa délicate tentative de reconquête de l’opinion publique, celui-ci peut compter sur la séquence diplomatique qui s’est ouverte hier avec son déplacement en Israël, suivi des débuts de la présidence de l’UE et du sommet de l’UPM : souvent, lorsque les présidents français se situent sur le terrain des relations internationales, ils renvoient une image institutionnelle dont ils peuvent bénéficier dans l’opinion.

Quant à Fillon, il engrange, grâce à un effet miroir déformant : «Le discrédit, analyse Miquet-Marty, concernant la capacité de Nicolas Sarkozy à tenir ses engagements décerne, par contraste, un a priori favorable au style et à la démarche de François Fillon.»

(1) Sondage réalisé les 19 et 20 juin par téléphone auprès de 1 008 personnes

Publié dans : SONDAGES | le 23 juin, 2008 |Pas de Commentaires »

Coucou, le re-voilà….

Chirac boycotte les cérémonies du 14 Juillet

Coucou, le re-voilà.... dans Politique file_333860_188716

Selon RTL, l’absence de l’ancien président serait due à l’invitation lancée par Nicolas Sarkozy au chef de l’Etat syrien Bachar el-Assad.

AFP

LIBERATION.FR : samedi 21 juin 2008

Jacques Chirac ne participera pas aux cérémonies de la fête nationale du 14 juillet à Paris, a-t-on appris samedi dans l’entourage de l’ancien chef de l’Etat, qui n’a pas précisé les raisons de cette absence.

RTL a affirmé samedi que M. Chirac avait décidé de boycotter les cérémonies du 14 juillet en raison de la présence éventuelle du président syrien Bachar al-Assad, invité par le président Nicolas Sarkozy.

M. Assad est invité aux cérémonies du 14 juillet à Paris, comme la quarantaine de dirigeants étrangers qui doivent participer la veille au sommet de lancement de l’Union pour la Méditerranée.

Cette invitation a provoqué de vives critiques de l’opposition de gauche en France et de la majorité anti-syrienne au Liban.

Interrogé par l’AFP, l’entourage de l’ancien chef de l’Etat français a indiqué que Jacques Chirac « n’ira pas aux cérémonies du 14 juillet », sans en donner la raison.

M. Chirac avait coupé les liens avec le régime de Bachar al-Assad après l’assassinat en 2005 de son « ami », l’ex-Premier ministre libanais Rafic Harari, victime d’un attentat pour lequel une commission d’enquête internationale a mis en cause de hauts responsables des services de sécurité syriens. Damas nie toute implication.

La secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme, Rama Yade, interrogée sur RTL sur le choix de l’ancien président français de ne pas assister aux cérémonies du 14 juillet, a déclaré: « je peux le comprendre dans la mesure où il a des relations très personnelles avec la famille Hariri ».

« Mais la visite de Bachar al-Assad est indépendante du fonctionnement du tribunal qui continue à évoluer selon son agenda habituel et cela n’est absolument pas entravé par cette visite », a-t-elle ajouté, à propos du tribunal international qui doit juger les assassins de Rafic Hariri à la fin des travaux de la commission d’enquête mandatée par l’ONU.

« La présence de Bachar al-Assad est la conséquence logique de sa présence au sommet du 13 pour l’Union pour la Méditerranée », a affirmé Rama Yade, en répétant que cette invitation était « une main tendue », mais « pas un quitus, pas un chèque en blanc ».

L’invitation de Bachar al-Assad intervient alors que Paris vient de relancer les contacts avec la Syrie et mène à son égard une politique d’ouverture depuis l’élection en mai du président libanais Michel Sleimane, un scrutin longtemps bloqué par les alliés de Damas.

 

Publié dans : Politique | le 22 juin, 2008 |Pas de Commentaires »
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