Kadhafi: ce qu’ils en pensent….

Les socialistes et le centriste François Bayrou dénoncent la venue du Libyen.

P.Q.

QUOTIDIEN : lundi 10 décembre 2007

Mouammar Kadhafi, avant même de mettre le pied sur le sol français, aura réussi un exploit: faire l’unanimité au sein du Parti socialiste! Ségolène Royal, François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Pierre Moscovici se sont relayés tout le week-end pour condamner la visite à Paris du leader libyen. Et plus largement le bradage des droits de l’homme sur l’autel du business de la nouvelle diplomatie Sarkozy.

«Faut-il se mettre à genoux devant les intérêts financiers», s’est interrogée Ségolène Royal hier sur Canal +, en considérant que Sarkozy «piétine la tradition française de défense des droits de l’homme». L’ex-candidate PS a jugé «tout simplement odieux, choquant et même inadmissible» que la France cautionne «un système de torture en prison» : «On sait dans quelles conditions les infirmières bulgares ont été torturées. Cela ne s’est pas fait à l’insu de Kadhafi.»

«Aucune signature de contrats commerciaux ne peut légitimer un tel aveuglement de la part de Sarkozy», a renchéri François Hollande. Le Président étant coupable à ses yeux de recevoir «un chef d’Etat qui justifie le recours au terrorisme international». Pour le député Pierre Moscovici, président de la commission d’enquête parlementaire sur la libération des infirmières bulgares, cette visite «laisse un vrai malaise». Le président du groupe des députés PS, Jean-Marc Ayrault, a lui demandé à Bernard Accoyer, président UMP de l’Assemblée nationale, d’annuler la réception de Kadhafi prévue mardi à l’Hôtel de Lassay. Et que les socialistes ont décidé de boycotter. «Cette réception s’inscrit dans le cadre de la visite officielle du chef d’un Etat qui, depuis 2003, a montré sa volonté de normaliser ses relations avec la communauté internationale», lui a répondu Bernard Accoyer.

Les socialistes ont trouvé sur ce sujet un allié en la personne de François Bayrou, patron du Modem, pour qui cette «visite est indigne de la France et indigne pour la France». Et le député centriste de condamner la diplomatie «du carnet de chèques» de Sarkozy.

Li

Publié dans : Etranger, Politique | le 10 décembre, 2007 |Pas de Commentaires »

Kadhafi à Paris…..honteux……

Indignité

François Sergent

QUOTIDIEN : lundi 10 décembre 2007

 

Sarkozy n’aura jamais à féliciter chaleureusement son ami Kadhafi pour une victoire électorale. En Libye, le Guide de la révolution ne s’embarrasse pas de pareilles formalités. Kadhafi est Guide à vie, les partis politiques sont interdits, et le critiquer est passible de la peine de mort. Commanditaire d’attentats monstrueux, Lockerbie, le vol de l’UTA, Kadhafi a encore défendu le terrorisme ce week-end à Lisbonne. Geôlier pendant neuf ans des infirmières bulgares torturées en prison, Kadhafi est récompensé aujourd’hui d’une longue visite officielle en France. Sans compter 400 millions de dollars, une centrale nucléaire et quelques autres bricoles.

C’est cet homme que Sarkozy est «très heureux de recevoir à Paris». Comme le dit si bien Patrick Ollier, président des amitiés franco-libyennes (sic), «il n’y a plus rien à lui reprocher». Sarkozy et les siens expliquent que Kadhafi a changé, qu’il vaut mieux accompagner la mutation de la Libye et que tous les autres pays ont renoué avec Tripoli, supposé en pleine rédemption. Mais la Grande-Bretagne, l’Italie ou les Etats-Unis ont pris des longues cuillères pour pactiser avec Kadhafi. Ils ont évité le ridicule de le recevoir avec toute la pompe de la République. Rien n’oblige la France à marquer pareil empressement et pareille indignité. Quant à l’évolution vers la démocratie de la Jamahiriya, les opposants apprécieront. Que Sarkozy parle par exemple à son nouvel ami de Fathi al-Jahmi, incarcéré sans jugement pour avoir donné une interview critiquant Kadhafi et risquant pour cet outrage la peine de mort.

Li

Publié dans : Politique | le 10 décembre, 2007 |Pas de Commentaires »

Sacré Sarko qui se prend pour Machiavel…!!

Tactique

laurent joffrin

QUOTIDIEN : samedi 8 décembre 2007

 

Certes la date n’est pas fixée ni le dispositif arrêté. Mais la volonté n’est pas douteuse : le Président prépare, par des contacts discrets et des conciliabules subreptices, l’acte II de l’ouverture. Avant, après, pendant les municipales ? L’essentiel est que, si cette opération réussit – et même si elle est populaire -, elle ne marquera aucun progrès dans le fonctionnement de notre démocratie, bien au contraire. L’acte I avait sa légitimité. Marqué par une féminisation et une promotion de la «diversité», il jouait sur la modernité. Aussi bien, on ne saurait reprocher à Nicolas Sarkozy de chercher à marquer des points contre une opposition dont il se méfie toujours. Mais il arrive un moment où cette opération apparaît pour ce qu’elle est : une tactique purement électorale, sans aucun débat de fond, et qui consiste moins à résoudre les problèmes qu’à faire taire ceux qui les posent. Si tel ou tel ancien responsable de la gauche rejoint à son tour l’attelage sarkozien, le vaisseau fatigué de l’opposition recevra un nouveau missile de plein fouet. Si les «minorités visibles» sont au gouvernement, le PS, lui, devient une minorité invisible… La droite s’en réjouira. Mais croit-on qu’un pays sans opposition ira mieux ? Croit-on qu’une majorité qui aura gelé la minorité gouvernera mieux ? Il n’y a pas de démocratie sans critique, sans polémique. Un pouvoir qui occupe toute la scène ne représente plus l’opinion. Il devient aveugle et la République, hémiplégique. Les personnalités – par ailleurs honorables – qui se prêteraient à cette nouvelle offensive contre leurs propres amis ne rendraient pas service au pays.

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Publié dans : Politique | le 8 décembre, 2007 |Pas de Commentaires »

ATTENTION: Jeudi, grève……

La CGT, principal syndicat des cheminots, et la CFE-CGC ont déposé un préavis de 24 heures. Les deux syndicats entendent peser ainsi sur les négociations en cours sur le régime des retraites.

AFP

LIBERATION.FR : samedi 8 décembre 2007

C’est reparti. La CGT et la CFE-CGC des cheminots ont déposé chacune un préavis de grève national de 24 heures à la SNCF pour jeudi 13 décembre, afin de peser sur les négociations sur la réforme de leur régime spécial de retraite.
«On prend nos responsabilités, on ne peut pas repousser un mouvement», a déclaré à l’AFP Laurent Russeil, secrétaire général adjoint de la CGT-cheminots, alors que l’ensemble des syndicats de l’entreprise ferroviaire ont tenté en fin de semaine de se mettre d’accord sur la forme du mouvement et une date, sans y parvenir. «Il n’y a plus de réunion commune» des syndicats prévue, a ajouté le secrétaire CGT, premier syndicat de l’entreprise (43% des voix aux dernières élections des délégués du personnel).

Pour Gérard Blanc, président de la CFE-CGC des cheminots (0,62% des voix), «entre ceux qui voulaient une grève reconductible (comme FO et Sud Rail, ndlr) et ceux qui voulaient une grève plus tard (comme la CFDT), nous avons choisi de peser dès maintenant sur les négociations qui doivent se terminer le 18 décembre» à la SNCF, a-t-il déclaré à l’AFP.La direction de la SNCF a indiqué que les deux préavis, déposés vendredi soir, prévoient une grève de mercredi 20 heures à jeudi 20 heures. Ce sont les seuls préavis déposés pour cette date. La réforme des régimes spéciaux a déjà provoqué une grève le 18 octobre et surtout dix jours de grève en novembre à la SNCF.

Jeudi, le secrétaire général de la CGT-cheminots, Didier Le Reste, avait affirmé que «le principe est acquis d’une nouvelle étape de grève “carrée” (24 heures) des cheminots pour peser sur la négociation», à l’issue d’une réunion de six syndicats de la SNCF (CGT, FO, Unsa, CFTC, CFDT, CFE-CGC). La CGT avait proposé la date du 12 décembre, mais faute d’unanimité sur le sujet, les syndicats avaient décidé de reporter la réunion à vendredi, réunion qui n’a pu se tenir en raison de divergences syndicales.

La direction de la SNCF avait fait part jeudi de sa «stupéfaction», en apprenant l’intention des syndicats d’appeler à une nouvelle grève, qui serait selon elle «incompréhensible» et «dépourvue d’objet, en plein coeur d’un processus de négociation qui se déroule depuis le 21 novembre dans un climat constructif et sérieux». Discours repris par le ministre du Travail Xavier Bertrand, qui a estimé jeudi «complètement incompréhensibles» les grèves annoncées.

A Paris, la CGT de la RATP a également prévu une journée de 24 heures de grève mercredi, pour peser aussi sur les négociations avec direction et représentants de l’Etat, qui doivent prendre fin dès mardi.

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Publié dans : SOCIAL | le 8 décembre, 2007 |Pas de Commentaires »

La justice sociale est en marche….grace à qui….?

780.000 foyers jusqu’ici exonérés de la redevance devront en payer la moitié en 2008. Et la totalité en 2009.

AFP

LIBERATION.FR : jeudi 6 décembre 2007

L’Assemblée nationale a fixé ce jeudi à 50% la réduction de la redevance audiovisuelle accordée à quelque 780.000 foyers âgés modestes qui bénéficiaient jusqu’à maintenant d’une exonération totale et devront donc verser 58 euros de taxe pour l’année 2008.

Les députés, qui ont repris jeudi l’examen des articles du Collectif budgétaire pour 2007, ont adopté un amendement UMP prévoyant ce dispositif, au terme d’un débat d’une demi-heure marqué par de vifs échanges dans l’hémicycle.

Les députés PS, partisans d’une exonération totale, ont voté contre cet amendement, y voyant «une régression sociale en défaveur de nos retraités».

L’amendement adopté stipule que «pour l’année 2008, les redevables âgés de plus de 65 ans au 1er janvier 2004» et disposant d’un revenu modeste «bénéficient d’un dégrèvement de 50% de la redevance audiovisuelle».

La fin de l’exonération totale de la redevance télé (116 euros) est programmée au 1er janvier 2008.

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Publié dans : Economie, SOCIAL | le 7 décembre, 2007 |Pas de Commentaires »

L’amélioration du pouvoir d’achat est en marche….!!

En ces temps de préoccupation élyséenne sur le pouvoir d’achat (lire page 12), il y a des demandes qui tombent mal. Comme celle que s’apprête à faire la direction de Gaz de France au ministère de l’Economie. Le groupe présidé par Jean-François Cirelli va ainsi réclamer une augmentation des tarifs pour les particuliers. Selon la Tribune et les Echos, la hausse demandée serait de 6 %. Ni la direction ni le ministère de l’Economie n’ont confirmé le chiffre. «Nous n’avons encore reçu aucune demande», expliquait hier Bercy. Mais d’ores et déjà, le gouvernement semble avoir accepté le principe d’une hausse des tarifs. «Il est difficile d’imaginer que les prix n’augmentent pas», confiait hier une source gouvernementale. «Il est probable qu’il y ait une hausse, mais elle sera la plus modeste possible», a déclaré hier Bernard Accoyer, le président de l’Assemblée.

«Actionnaires». Plusieurs arguments sont avancés. Depuis dix-huit mois, les prix administrés du gaz sont restés stables, alors que les coûts d’approvisionnement ont augmenté. De quoi provoquer un manque à gagner de 950 millions d’euros, selon GDF. Les contrats d’approvisionnement passés entre le français et ses fournisseurs étrangers sont indexés sur le prix du pétrole. Qui est passé de 53 dollars, au 1er janvier 2007, à un peu plus de 90 dollars (62 euros) ces derniers jours. GDF est soumis aussi à une pression boursière importante, alors que son projet de fusion avec Suez n’est toujours pas engagé. Un nouveau gel des tarifs serait mal perçu par les investisseurs, le cours de Bourse pourrait en pâtir, et cela compliquerait les parités de fusion avec Suez.

Des arguments qui ne convainquent pas la CGT Energie. Le syndicat estime, au contraire, que GDF devrait baisser ses tarifs de 10 %. «Le coût du gaz importé a été inférieur en 2007 à celui de 2006, de l’ordre de 10 %, affirme Olivier Barrault, administrateur du groupe. La hausse du prix du baril a été compensée par la baisse du dollar par rapport à l’euro.» Qui cite l’augmentation du résultat opérationnel de l’activité «ventes» de 500 millions d’euros, hors effet climats, sur les six premiers mois de l’année, alors que les autres branches de l’entreprise se portent moins bien. «La facturation du gaz à un prix excessif reste ainsi le seul moyen de tenir les promesses faites aux actionnaires», poursuit Olivier Barrault. Après avoir multiplié par 2,5 les dividendes depuis deux ans, GDF a promis, dans le cadre de sa fusion, une hausse de ses dividendes de 15 % par an.

«Consensus». L’opposition, elle, dénonce déjà cette future décision. «Alors que l’actualité témoigne des problèmes croissants de l’immense majorité des Français confrontés au recul de leur pouvoir d’achat, l’éventualité d’une hausse du coût du gaz doit être résolument écartée», a écrit Alain Bocquet (PC) dans une lettre publique à François Fillon. François Hollande, lui, a proposé, en ironisant, à l’UMP un «consensus» : ne pas augmenter le prix du gaz pour faire «progresser la cause du pouvoir d’achat des plus modestes».

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Publié dans : Economie | le 6 décembre, 2007 |Pas de Commentaires »

Les promesses de « SarkoMaltaise »…..

Chavez, Poutine, Kadhafi, Déby, Al-Assad, Hu Jintao… Le président français a renié ses engagements de campagne au profit d’une diplomatie «réaliste».

MARC SEMO

QUOTIDIEN : jeudi 6 décembre 2007

C’était au soir de son élection et il martelait dans son premier discours de président que Paris «sera du côté des opprimés tout autour du monde, car c’est son histoire». Etait-ce l’ivresse de la victoire ? Tout au long de la campagne, Nicolas Sarkozy, qui promettait de «faire ce qu’il dit et dire ce qu’il fait», annonçait que, s’il était élu, la France n’allait plus transiger sur «les questions de démocratie, de respect des droits de l’homme et de bonne gouvernance». A ceux qui lui reprochaient d’avoir rencontré Bush il rétorquait que c’était moins honteux «que de serrer la main de Poutine», et il rappelait les dizaines de milliers de morts de la guerre en Tchétchénie. «Le nouveau président avait promis une nouvelle vision française du monde», espérait Isabelle Lasserre en conclusion de l’Impuissance française (1), accablant bilan d’une décennie de très calamiteuse diplomatie chiraquienne.

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Sur des points essentiels, Nicolas Sarkozy a tenu ses promesses. Par exemple celle «d’un retour de la France en Europe» avec le «traité simplifié», dont il fut avec Angela Merkel le grand maître d’œuvre au sein de l’UE. Mais si la chancelière allemande continue d’affirmer haut et fort ses principes (lire page suivante), l’hyperprésident français, après un peu plus de six mois au pouvoir, semble de plus en plus se convertir en matière de politique extérieure au réalisme de ses deux prédécesseurs.

Même s’il garde une constance dans sa volonté de relancer le lien atlantique et dans son lien personnel affiché avec George W. Bush, Nicolas Sarkozy, qui reconnaît volontiers être un affectif, n’hésite pas à revendiquer de nouvelles amitiés encore moins recommandables. Au nom du pragmatisme et pour faire des coups comme la libération des infirmières bulgares emprisonnées par le régime de Kadhafi. Ce dernier sera d’ailleurs reçu lundi à l’Elysée.

«Nombre de pays européens, la Grande-Bretagne en premier lieu, ont normalisé leurs relations avec Kadhafi quand il avait renoncé aux armes de destruction massive. Ces rapports avec le dictateur libyen étaient le prix à payer pour la libération des infirmières», rétorque François Heisbourg, président de l’IISS (International Institute for Strategic Studies) de Londres, qui admet avoir été «troublé» par le coup de téléphone du président français à son homologue russe après la victoire du parti de ce dernier aux législatives de dimanche. Un scrutin dénoncé comme «inéquitable» par les gouvernements occidentaux. «Un tel coup de fil ne s’imposait pas puisque Vladimir Poutine n’était même pas candidat, et j’en suis d’autant plus étonné que, lors de leur visite à Moscou, Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner n’avaient pas mis leur drapeau dans leur poche sur les droits de l’homme», souligne cet expert des questions géostratégiques. Ils avaient en effet rencontré les dirigeant de l’ONG Memorial. Sur la Chine, en revanche, il n’y a pas eu le moindre état d’âme. Pour lever toute ambiguïté, la secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme, Rama Yade, avait même été au dernier moment débarquée du voyage.

(1) Ed. Flammarion.

Lie

Publié dans : Politique | le 6 décembre, 2007 |Pas de Commentaires »

Questions de vocabulaire…..

Le verbe d’Amara reste en travers de la gorge de l’UMP

ALAIN AUFFRAY

QUOTIDIEN : mercredi 5 décembre 2007

L’ouverture fait toujours grincer. Après plus de six mois d’un gouvernement dont les énarques ont été quasiment éradiqués, le style de Fadela Amara reste très controversé.

Une secrétaire d’Etat chargée de la Politique de la ville peut-elle utiliser le vocabulaire des jeunes des cités ? Peut-elle, comme vendredi dernier sur Canal +, évoquer les «boîtes aux lettres pétées», les cages d’escalier où «ça pue» pour dénoncer les conditions de vie des habitants de certains quartiers. A en croire le porte-parole du gouvernement Laurent Wauquiez, cette spontanéité est très appréciée au sommet de l’Etat. En sortant du Conseil des ministres décentralisé de Strasbourg, le 7 septembre, il avait rapporté mot à mot la première intervention d’Amara sur son plan banlieue : «Je vous le dis très cash : maintenant il faut agir. Il est hors de question qu’on continue à se la raconter sur la question des banlieues.» Et Wauquiez, enthousiaste, ajoutait : «Ça a été un des moments très forts de ce Conseil des ministres, tout simplement parce que Fadela a traduit avec beaucoup de simplicité, mais avec un langage très clair, direct, ses convictions.»

Limites. Un mois plus tard, le 9 octobre, alors que beaucoup de militants UMP s’indignaient qu’Amara ait qualifié de «dégueulasse» l’amendement prévoyant le recours aux tests ADN dans le cadre du regroupement familial, Wauquiez avait encore applaudi : «Fadela Amara n’a pas les codes de la langue de bois, tant mieux. Ça fait du bien, ça apporte de l’oxygène.» Le patron de l’UMP, Patrick Devedjian, n’était pas du tout de cet avis : pour lui, Amara avait «injurié les députés UMP».

Après les émeutes de Villiers-le-Bel, l’exaspération à droite est montée d’un cran. C’est la porte-parole de l’UMP Nadine Morano qui a dit tout haut ce que beaucoup se contentent de penser : tout en rappelant qu’elle a, elle aussi, grandit dans un quartier populaire, la députée estime qu’Amara «enferme les jeunes dans une caricature. « Faut y aller à donf » ou « J’te kiffe », c’est tout ce contre quoi je me bats. Je fais tout pour casser ces codes». En privé, la très sarkozyste Morano estime qu’on touche là aux limites du «casting à la Fogiel» de ce gouvernement. Elle n’avait pas caché sa frustration, en juin, quand les Fadela, Rama et Rachida étaient propulsées au gouvernement. Ce fut un cri du cœur : «Ce n’est pas de ma faute si je m’appelle Nadine!»

Invitée de RTL, lundi matin, Fadela Amara a mis les rieurs de son côté : «Nadine Morano, elle est sympa, mais elle énerve tout le monde, et tout le monde la fuit !» a-t-elle lâché après avoir comparé la députée à «la Castafiore». A l’UMP, beaucoup trouvent que c’est assez bien vu.

Attaques. Sur le fond, la polémique est loin d’être close. Dans l’entourage de la secrétaire d’Etat, on revendique un vocabulaire qui permet de «toucher du doigt la violence sociale». Qu’elle vienne de la droite ou de la gauche (notamment de celle qui qualifia la fondatrice de Ni putes ni soumises de représentante de la «gauche tajine»), les attaques contre Amara «démontrent que les élites restent incapables de prendre la mesure des discriminations», assurait hier un proche. Il ne reste plus à la secrétaire d’Etat à démontrer que son plan banlieues, attendu courant janvier, en prendra lui la mesure…

Liens

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Publié dans : Politique, SOCIAL | le 5 décembre, 2007 |Pas de Commentaires »

Souvenirs, souvenirs….

Le gouvernement algérien continue à demander des excuses pour la colonisation à Nicolas Sarkozy, reçu dans un climat glacial.

De notre envoyé spécial à Tipaza et Alger  ANTOINE GUIRAL

QUOTIDIEN : mercredi 5 décembre 2007

Une banderole célèbre «l’amitié algéro-française», un orchestre folklorique tambourine sur fond de youyous, quelques mains agitent des fanions tricolores… Mais les barrières métalliques censées contenir la foule restent vides sur des centaines de mètres. Nicolas Sarkozy doit arriver dans une heure sur le site archéologique de Tipaza (70 kilomètres à l’ouest d’Alger), où il va faire un bide.

En l’attendant, chacun y va de sa rancœur à l’encontre du président français. Un jeune homme assure «ne rien [avoir] oublié de la racaille et du Kärcher. Sarko, il n’aime pas les Arabes». Son voisin Zacharia, étudiant en droit, dit ne pas comprendre : «C’est pourtant si facile de dire je m’excuse pour pouvoir passer à autre chose…» Le ministre de l’Intérieur, Yazid Zerhouni, confie, en faisant les cent pas, que les propos de la veille au soir de Sarkozy reconnaissant que «le système colonial a été injuste» sont un «progrès, mais encore très insuffisant». Curieuse visite d’Etat du président français, où les griefs et les arrière-pensées sont légion.

«Lobby pieds noirs?» Il y a la politique restrictive des visas, les tests ADN, la loi (abrogée) de février 2005 sur les «effets positifs de la colonisation», ou encore la perception d’un alignement de la diplomatie française sur celle de Bush. Mais le reproche majeur concerne le passé colonial de la France en Algérie et le refus de toute forme de repentance, de tout début d’excuse. «Est-il tenu par un lobby pieds noirs en France?» interroge sans malice ce vieil homme. Ses nombreux discours fustigeant «la mode détestable de la repentance» durant la campagne présidentielle ont traversé la Méditerranée. Il en paie aujourd’hui le prix auprès de la population algérienne, presque nostalgique de Chirac. Et si la presse algérienne notait hier les avancées de Nicolas Sarkozy, elle dénonçait, comme La Tribune, que «la mémoire passe après les affaires».

Le Président, qui doit prononcer aujourd’hui un discours à l’université de Constantine dans lequel il reviendra sur l’histoire commune des deux pays, ne changera pas sa ligne. Elle consiste à condamner le colonialisme en tant que système «contraire aux trois mots fondateurs de notre République» tout en expliquant que tout n’a pas été si mauvais pour autant. Il renvoie dos à dos colonisés et colonisateurs, en assurant que les souffrances et les crimes sont le lot des deux camps. Et lorsqu’il propose «un travail de mémoire aux Algériens», c’est dans son esprit pour «honorer toutes les victimes». Les plaies sont si vives que le quotidien El Watan soupçonnait hier Sarkozy de s’exprimer depuis Constantine, où de Gaulle prononça un discours «pour casser dans une ultime tentative de division l’élan libérateur» des Algériens.

Pour un haut diplomate de l’Elysée, «il faudra encore une génération pour effacer les plaies du passé». Un autre observe que «les dirigeants instrumentalisent depuis plus de quarante ans les cicatrices de la guerre». «Il n’y a pas d’excuses à faire, mais un long travail sur soi-même avec les autres. La morale ce n’est pas de l’histoire», philosophe le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, en déambulant dans les ruines de Tipaza. A fleur de peau lorsqu’on évoque les propos du ministre algérien des Moudjahidines qui a vu en Sarkozy un homme prisonnier du «lobby juif», Kouchner s’emporte: «Qui est monsieur Abbès ? Je ne veux même pas prononcer son nom.»

«Prêts». Et le ministre de confier que, la veille au soir, Nicolas Sarkozy et son homologue Abdelaziz Bouteflika ont eu «un début de dialogue fort, nécessaire, mais très douloureux» sur les questions de mémoire. Lors du déjeuner d’Etat d’hier au Palais du peuple, Sarkozy est allé un peu plus loin sur le système colonial lors d’un toast: «Nous sommes prêts à regarder en face cette partie de notre histoire et à la considérer sans tabou, y compris dans ce qu’elle a de plus sombre.» Mais, aussitôt après, il a dit vouloir «saluer la mémoire de la guerre d’Algérie, civiles et militaires», sans oublier «le million d’hommes et de femmes qui furent contraints d’abandonner la terre où ils avaient vécu, travaillé». Il faudra encore beaucoup de visites d’Etat pour lever les ambiguïtés et les incompréhensions.

Liens

Publié dans : Etranger, Politique | le 5 décembre, 2007 |Pas de Commentaires »

Des « mesurettes »…..

Le texte portera notamment sur le rachat des jours de RTT et des comptes épargne-temps ainsi que le déblocage de la participation.

REUTERS

LIBERATION.FR : lundi 3 décembre 2007

François Fillon annonce qu’un « dispositif législatif » sera soumis prochainement au Parlement pour mettre en oeuvre des mesures en faveur du pouvoir d’achat annoncées par Nicolas Sarkozy.

Le texte portera notamment sur le rachat des jours de RTT et des comptes épargne-temps et le déblocage de la participation, a précisé le Premier ministre.

Il a également annoncé que le ministre du Budget et de la Fonction publique, Eric Woerth, engagerait dès cette semaine une concertation avec les syndicats sur les mesures pour les fonctionnaires.

« J’ai décidé que dans les tout prochains jours serait soumis au Parlement un texte permettant le rachat des heures de RTT et des comptes épargne-temps, le déblocage de la participation et la mise en place d’une prime de 1.000 euros dans les entreprises de moins de 50 salariés qui n’ont pas vocation à mettre en oeuvre le système de la participation », a dit le Premier ministre lors d’une brève déclaration à Matignon.

François Fillon a précisé que la participation des salariés pourrait être débloquée dans la limite de 10.000 euros.

« J’ai demandé à Eric Woerth d’engager immédiatement, dès la semaine prochaine, la concertation avec les organisations syndicales de la fonction publique pour l’application des mesures spécifiques à la fonction publique sur les heures supplémentaires et sur les rachats de RTT », a-t-il précisé.

« J’ai demandé au ministre du Logement, Christine Boutin, d’engager dès cette semaine la concertation avec les professionnels du logement pour que dès le 1er janvier, les loyers soient indexés sur les prix et non plus l’indice de la construction et pour qu’elle prépare un projet de loi qui permettra de supprimer dès le début de 2008 les cautions et de réduire à un mois les dépôts de garantie », a-t-il poursuivi.

Selon François Fillon, « l’ensemble des ministres concernés va travailler à la préparation de la conférence sociale qui se tiendra à la mi-décembre et qui permettra de traiter de l’assouplissement des 35 heures et de la réforme du dialogue social (…), de la conditionnalité des allègements de charges en fonction des politiques salariales qui sont conduites dans les branches et dans les entreprises, du travail du dimanche ».

« Le gouvernement est au travail, et d’ici la fin de l’année, les mesures proposées par le président de la République seront effectives ou seront en cours de débat au Parlement », a-t-il souligné à l’issue d’une réunion à Matignon à laquelle ont notamment participé Christine Lagarde (Economie), Xavier Bertrand (Travail), Eric Woerth, Luc Chatel (Consommation), André Santini (Fonction publique) et Hervé Novelli (Commerce extérieur).

Li

Publié dans : Economie, Politique | le 3 décembre, 2007 |Pas de Commentaires »
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